Kitabı oku: «Manuel de médecine dosimétrique vétérinaire»
G Gsell, P Renier
Manuel de médecine dosimétrique vétérinaire
Guide pratique pour le traitement des maladies aiguës et chroniques

Publié par Good Press, 2022
EAN 4064066335168
Table des matières
A MONSIEUR LE DOCTEUR BURGGRAEVE,
A MONSIEUR CHARLES CHANTEAUD,
PRÉFACE.
CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES.
DES PRINCIPALES MALADIES DE NOS ANIMAUX DOMESTIQUES ET DE LEUR TRAITEMENT DOSIMÉTRIQUE.
ABCÈS.
ACROBUSTITE.
AGALAXIE.
ALBUMINURIE.
AMAUROSE OU GOUTTE SEREINE.
ANASARQUE.
ANÉMIE.
ANGINE,
ANHÉMATHOSIE.
ANOREXIE.
ANTHRAX.
APHTHES (FIÈVRE APHTHEUSE) .
ARTHRITE.
ASCITE.
ASPHYXIE.
ASTHÉNIE
ASTHME.
ATAXIE LOCOMOTRICE.
ATROPHIE.
ATTEINTE.
AVORTEMENT
BALANITE.
BLEIME.
BLENNORRHÉE.
BLÉPHARITE.
BLESSURES.
BOITERIE.
BOULETURE.
BRONCHITE.
BRULURE.
CACHEXIE AQUEUSE.
CALCULS.
CANCER.
CAPELET.
CARDITE.
CARIE.
CATALEPSIE.
CATARACTE.
CATARRHE.
CÉPHALITE ET CÉRÉBRITE.
CHALEUR (COUP DE)
CHAMPIGNON.
CHANCRE.
CHARBON
CHOLÉRA DES VOLAILLES.
CHOLURIE.
CHORÉE.
CLAVELÉE.
CLOU DE RUE.
COLIQUES.
CONGESTION
CONJONCTIVITE.
CONVULSIONS.
COR.
CORNAGE.
CORYZA.
COW-POX.
CRAPAUD.
CRAPAUDINE.
CREVASSES,
CROUP.
CYSTITE.
DANSE DE SAINT-GUY.
DARTRES.
DENTS (MALADIES DES) .
DIABÈTE.
DIARRHÉE.
DIASTASHÉMIE.
DIPHTHÉRITE.
DISTOMATOSE.
DOURINE.
DUODÉNITÉ.
DYSSENTERIE.
EAUX-AUX-JAMBES.
ÉCART.
ÉCHAUBOULURE.
EFFORT.
ÉCLAMPSIE DES CHIENNES NOURRICES.
EMBARRURE.
EMPHYSÈME.
EMPOISONNEMENT.
ENCASTELURE.
ENCÉPHALITE.
ENCHEVÊTRURE.
ENCLOUURE.
ENDOCARDITE.
ENTÉRITE.
ÉPARVIN.
ÉPILEPSIE.
ÉPONGE.
ERGOTISME
ÉRÉTHISME SEXUEL.
ÉRYSIPÈLE.
ÉVENTRATION.
EXOMPHALE.
EXOSTOSE.
FARCIN
FICS.
FIÈVRE APHTHEUSE.
FIÈVRE CHARBONNEUSE.
FIÈVRE INTERMITTENTE.
FIÈVRE TYPHOIDE.
FIÈVRE VITULAIRE PARALYTIQUE.
FISTULE.
FLUXION PÉRIODIQUE DES YEUX.
FLUXION DE POITRINE.
FORME.
FOURBURE.
FOURCHET.
FOURCHETTE (MALADIE DE LA) .
FRACTURE.
FURONCLE.
GALE.
GANGRÈNE.
GASTRITE.
GASTRO-ENTÉRITE.
GLOSSANTHRAX.
GOITRE.
GOURME.
GOUTTE.
GOUTTE SEREINE.
CRAVELLE.
GRAPPES.
HAUT-MAL.
HEMINTHES.
HÉMATURIE.
HÉMIPLÉGIE.
HÉMORRHAGIE.
HERNIE.
HERPÈS.
HORSEPOX.
HYDARTHROSE.
HYDROCÈLE.
HYDROCÉPHALIE.
HYDROHEMIE.
HYDROMÉTRIE.
HYDROPÉRICARDE.
HYDROPISIE.
HYDROTHORAX.
HYGROMA.
IMMOBILITÉ.
ICTÈRE.
INDIGESTION.
INVAGINATION.
JARDE OU JARDON.
JAVART.
KÉRAPHYLLOCÈLE.
KÉRATITE.
KYSTE.
LADRERIE.
LAIT (ALTÉRATIONS DU) .
LARYNGITE.
LEUCOCYTHÉMIE.
LIMACE.
LOMBAGO.
LUXATION.
LYMPHANGITE.
MAL.
MALADIE APHTHEUSE.
MALADIE DE BRIGHT.
MALADIE DES CHIENS.
MALADIES DU COEUR.
MALADIE DU COIT.
DES MALADIES CONTAGIEUSES EN GÉNÉRAL.
MALADIE ÉPIZOOTIQUE DES OISEAUX DE BASSE-COUR.
MALADIE NAVICULAIRE.
MALADIES PARASITAIRES
MALADIE ROUGE DE SOLOGNE.
MALADIE TREMBLANTE DES MOUTONS.
MALADIES VERMINEUSES.
MAMMITE.
MÉLANÉMIE.
MÉNINGITE.
MÉTÉORISME.
MÉTRITE.
MÉTRO-PÉRITONITE.
MÉTRORRHAGIE.
MOLETTE.
MORVE.
MUGUET.
MYÉLITE.
MYITIS.
NAVICULAIRE (MALADIE) .
NECROSE.
NÉPHRITE.
NERFÉRURE.
NÉOPLASIES PATHOLOGIQUES.
NON-DÉLIVRANCE.
NYMPHOMANIE.
OBÉSITÉ.
OEDÈME.
OESOPHAGITE.
OIGNON.
OMBILIC (MALADIES DE L’) .
ONANISME
OPÉRATIONS CHIRURGICALES.
OPHTHALMIE.
ORCHITE.
OSTÉOCLATIE ET OSTÉOMALACIE.
OTITE.
OZÈNE.
PANSEMENT.
PARALYSIES.
PAROTIDITE.
PARTURITION.
PÉRICARDITE.
PÉRIPNEUMONIE.
PÉRITONITE.
PESTE BOVINE.
PHARYNGITE.
PHLÉBITE.
PHLEGMON.
PHTHIRIASE.
PHTHISIE.
PICA OU MALACIA.
PICOTTE.
PIERRE.
PIQURE.
PISSEMENT DE SANG.
PIÉTIN.
PLAIES.
PLÉTHORE.
PLEURÉSIE.
PNEUMOÉMIE.
PLEUROPNEUMONlE.
PNEUMO-ENTÉRITE INFECTIEUSE.
PNEUMONIE.
PODOTROCHYLLITE.
POLYPES.
POLYURIE.
POMMELIÈRE
POURRITURE.
POUSSE.
PRURIT.
POUX.
PUSTULE MALIGNE.
PYOHÉMIE.
RACHITISME.
RAGE.
RENVERSEMENT.
RÉTENTION D’URINE.
RHUMATISME.
ROUGEOLE.
SANG DE MATE
DE LA SAIGNÉE.
SARCOCÈLE.
SATYRIASIS.
SCORBUT.
SCROFULOSE.
SEIME.
SEPTICOHÉMIE.
STOMATITE.
SUROS,
SYNOVITE.
TÉNOSITE.
TÉTANOS.
TORSION DU COL DE LA MATRICE.
THROMBUS.
TIC.
TOURNIS.
TRANCHÉES ROUGES.
TREMBLANTE.
TRICHINOSE.
TUBERCULOSE.
TUMEURS.
TYMPANITE.
TYPHOÏDE.
ULCÈRE.
URÉTHRITE.
URÉMIE.
VAGINITE.
VARIOLE.
VERRUE.
VERS.
VERTIGE.
VESSIGON.
VIANDES.
VICES REDHIBITOIRES.
VOLVULUS.
PHARMACODYNAMIE
CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LES ALCALOIDES.
CLASSIFICATION ET NOMENCLATURE DES ALCALOIDES.
I er GROUPE.
II e GROUPE.
III e GROUPE.
IV e GROUPE.
V e GROUPE.
VI e GROUPE.
VII e GROUPE.
VIII e GROUPE.
IX e GROUPE.
POSTFACE PHARMACODYNAMIQUE.
Cocaïne.
Gelsémine.
Lobéline.
Valérianate d’atropine.
Cyclamine.
Évonymine.
Guaranine.
Hydrastine.
Juglandine.
Iridine.
Leptandrine.
Lycopine.
Tannate de pelletiérine.

A MONSIEUR LE DOCTEUR BURGGRAEVE,
Table des matières
Officier de l’Ordre de Léopold, Commandeur de l’Ordre du Christ de Portugal et de l’Ordre de Charles III d’Espagne, professeur émérite de l’Université de Gand (Belgique), membre titulaire de l’Académie royale de médecine de Belgique, membre honoraire et correspondant de nombreuses Sociétés savantes de tous les pays, etc., auteur de la Nouvelle méthode dosimétrique.
Cher et très-vénéré maître,
La médecine pratique voguait dans les épais brouillards de la routine, comme une barque sans pilote, comme un navire désemparé et sans boussole. Au lieu d’être une science positive, elle était une science d’augures. Elle était notoirement impuissante aux yeux du public sensé et intelligent, et, dans ces derniers temps, les plaintes étaient devenues générales. Le scepticisme avait envahi tout le corps médical et partout l’on ne rencontrait que:
«D’incrédules enfants de ce siècle sans foi»
qui se plaignaient de l’infidélité des drogues introduites dans l’organisme malade comme agents thérapeutiques. Déjà bon nombre de doctrines médicales ont essayé de réformer la thérapeutique; après avoir joui de la vogue du moment, elles ont sombré avec la mort de leurs créateurs, pourquoi? Parce qu’elles n’ont pas été sanctionnées par les faits, ces juges inflexibles des théories spéculatives, car, de même qu’on juge un arbre par les fruits qu’il donne, de même on juge de la vitalité d’une doctrine, par les résultats qu’elle fournit à la pratique.
A votre tour, vous avez cru devoir quitter votre paisible retraite pour arborer l’étendard de la foi scientifique et du progrès médical, dans l’intérêt de l’humanité et de l’agriculture. Et bien que votre grand âge, de longs services rendus à l’enseignement et des travaux importants sur la médecine, vous permettaient de jouir d’un repos justement mérité, vous avez été, en quelque sorte, sollicité d’engager la lutte pour faire triompher votre méthode dosimétrique, c’est-à-dire l’alcaloïdo-thérapie. L’utilité et la nécessité de la réforme de la thérapeutique et de la pharmacie vous étaient d’ailleurs suggérés par une longue expérience. Bien que défenseur d’une noble cause, vous avez trouvé de la résistance et de l’opposition là où vous auriez dû trouver un appui. Vous avez demandé la discussion au grand jour; votre ennemi se contentait de vous faire la guerre du silence, en prétextant que votre système était de la b.....! de l’homœopathie déguisée, du charlatanisme enfin. Il cherchait même à discréditer votre éminente personnalité. Mais vous vous attendiez à ces déboires, à ces tristesses, et, au lieu de vous laisser abattre par les intrigues de la conspiration, votre ardeur juvénile renaissait. Sans vous soucier des fatigues et des sacrifices imposés par la vie militante, vous avez continué votre œuvre de propagande, par la parole, par la plume, par le livre et par le journal, par des conférences et des congrès, et cela dans presque tous les pays. Et votre réforme a gagné du terrain; et votre œuvre a grandi, au grand désappointement des sceptiques, des incrédules et des indifférents qui, redoutant la lumière, condamnent sans lire, sans voir, sans expérimenter, et qui par erreur croient qu’il faut laisser les maladies suivre leur évolution naturelle. C’est que la vérité est lente à se faire accepter et votre réforme troublait les habitudes routinières du plus grand nombre.
Vous avez recruté toute une armée de disciples bien convaincus de la supériorité de votre méthode et qui, en alimentant votre Répertoire avec des faits et toujours des faits, n’ont qu’un but: revendiquer ce qui est l’expression de la vérité médicale et concourir, dans la mesure de leurs faibles forces, à la consolidation du grand monument scientifique que vous avez élevé à la postérité.
Si des chimistes distingués ont doté la thérapeutique d’une classe de médicaments précieux, vous avez d’abord su tirer ces prétendus poisons des bocaux où on les avait renfermés; ensuite, en étudiant l’action physiologique de ces puissants agents, vous avez fait connaître les immenses services que ces simples peuvent rendre à l’art de guérir, tant dans la médecine de l’homme que dans celle des animaux. En présentant sous la forme granulaire ces médicaments, qui sans cela seraient restés des curiosités scientifiques, vous avez mis entre les mains des médecins de véritables armes de précision, ce qui leur permet de combattre efficacement le grand ennemi de tout ce qui a vie: la maladie.
Vous avez enfin su créer la vraie thérapeutique, c’est-à-dire cette partie de la médecine qui a pour but de prévenir et de guérir.
«Principiis obsta, sero medicina paratur
Cum mala per longas invaluere moras»
Et
«Omne tulit punctum qui miscuit utile dulci»
ont dit Ovide et Horace, et ils avaient bien raison.
Nous admirons l’étendue de votre savoir, l’énergie de vos convictions et votre persévérance de chef d’École. Aussi permettez-nous, cher et très-vénéré maître, de vous dédier ces pages, qui sont l’expression d’une sincère estime et d’une vive reconnaissance. Que votre enfant (la dosimétrie) prospère et grandisse, qu’il sème des germes féconds aux quatre coins de l’univers: c’est là notre souhait.
Puisse ce petit livre rallier à votre saine doctrine ceux de nos confrères qui par crainte n’ont pas encore osé toucher aux alcaloïdes!
Puissiez-vous le recommander aux praticiens dans l’exercice de leur art!
Si les médecines humaine et vétérinaire ont le même but: guérir, il y a cependant de notables différences entre elles. Car, tandis que dans l’une il s’agit de conserver la vie à n’importe quel prix, voire même au sacrifice d’une mutilation quelconque, dans l’autre, il faut guérir complètement ou sacrifier. En effet, à quoi bon de conserver à la vie un animal estropié pour la fin de ses jours et incapable de rendre aucun service? En outre, une maladie qui traîne en longueur rend improductif le capital représenté par l’animal malade, qui, pendant tout ce laps de temps, dépense de toutes manières. Enfin, un traitement trop long, en devenant dispendieux, peut aussi absorber la valeur de la bête, et le propriétaire le mieux disposé, a raison de reculer, en pareil cas, devant les frais et une guérison incertaine. Il faut aussi éviter, autant que possible, les lésions apparentes, les tares indélébiles, qui déprécient plus ou moins la marchandise animale.
Voilà des considérations qui, de tout temps, ont été imposées à la thérapeutique vétérinaire et qui ont engagé les praticiens de rechercher les moyens permettant de guérir rapidement, sûrement et économiquement. Si donc votre méthode a trouvé parmi les vétérinaires de France d’enthousiastes partisans, c’est qu’elle répondait à tous les desiderata de notre profession.
Notre petit livre sera surtout utile aux jeunes praticiens qui, à peine descendus des degrés de l’amphithéâtre, sont encore imbus des doctrines officielles, dont ils ont subi le long enseignement. Il leur servira de vade mecum et leur facilitera leur pénible métier.
Bien que nous n’ayons point la prétention d’instruire nos confrères, nous souhaitons que notre travail puisse contribuer à faire ouvrir les yeux aux maîtres distingués de nos Ecoles vétérinaires. Qu’ils fassent l’essai loyal des médicaments dosimétriques, ils pourront alors juger de quel côté est la vérité. Si le père de la médecine (Hippocrate) et le grand réformateur de la vétérinaire (Bourgelat), qui était aussi des Officiels, qui ont tant honoré la profession par leurs travaux et leur exemple, n’ont pas pu faire tout le bien qu’ils espéraient, c’est qu’il leur manquait des armes perfectionnées et assez puissantes pour juguler les maladies dès leur début.
Mais l’enseignement officiel, dont la nature propre est l’immobilité, ne saurait être qu’un obstacle temporaire au progrès. S’il repousse systématiquement les idées nouvelles et les hypothèses hardies avec une sorte d’horreur instinctive, la vérité, sanctionnée par l’expérimentation et le temps, finit peu à peu par le pénétrer, comme à son insu, et alors, ce qui, à l’origine, paraissait être une sorte d’hérésie dangereuse et damnable, finit par être inscrit au credo de la science officielle.
De tous côtés nous entendons des plaintes relatives aux difficultés croissantes des études médicales vétérinaires et au long temps qu’il faut y consacrer avant de pouvoir emporter le diplôme et s’établir. Eh bien! l’enseignement officiel, au lieu de consacrer tant de temps à dessiner et à classer les maladies, à étudier les lésions organiques; au lieu d’apprendre aux élèves une inutile histoire naturelle (Amédée Latour), ne serait-il pas plutôt de son devoir, dans l’intérêt général, de consacrer le plus de temps possible à la médecine clinique. Il convient d’apprendre aux étudiants, non à faire des autopsies, mais la science de la vie, c’est-à-dire les moyens à l’aide desquels on peut régulariser les troubles physiologiques qui impressionnent si fâcheusement le principe vital. D’ailleurs, que demande le public au vétérinaire? sinon de veiller à la santé des animaux et à la conservation de l’énorme capital représenté par ses animaux utiles à l’homme, lequel est sans cesse rançonné par des maladies ordinaires et épizootiques.
On conçoit, d’après cela, que grand doit être le rôle joué par le modeste vétérinaire dans la société, rôle dont l’importance ne fera qu’augmenter avec les années, lorsque notamment notre situation professionnelle sera améliorée par une bonne, une sage, une prévoyante et une indispensable réglementation().
Malheureusement le praticien de la campagne, en lutte constante avec les empiriques, avec ces parasites inutiles ou nuisibles qui vivent aux dépens de la société, n’est le plus souvent appelé qu’en dernier ressort, après l’intervention restée sans succès des guérisseurs; il s’ensuit naturellement que l’occasion d’enrayer la marche d’une affection aiguë ne lui est pas souvent fournie. C’est que les gens de la campagne, en général peu disposés à accepter le progrès, fut-il même économique pour eux, préfèrent se laisser exploiter par des individus complètement ignorants dans les choses de la médecine, plutôt que de croire des hommes de mérite et désintéressés. Et cette mauvaise habitude, fondée sur un motif d’économie fort mal comprise, sur l’ignorance, la routine et la superstition, n’est pas près de disparaître parmi nos populations rurales. Si les vétérinaires de la campagne végètent, si beaucoup d’entre eux tombent dans la pauvreté et même la misère, c’est qu’ils n’ont pas pu pourvoir aux besoins résultant d’infirmités précoces ou de la vieillesse, c’est qu’ils n’ont pas été à même de rendre à l’agriculture les services que celle-ci ne devrait demander qu’à leur science et à leur pratique raisonnée. Depuis fort longtemps ces déshérités de la fortune, ces victimes du devoir et du dévouement professionnels réclament, non pas un privilége, mais une protection légale, à laquelle ils ont droit de par le diplôme. Et à quoi ont servi leurs légitimes plaintes? Ils ont beau attendre le progrès; cette terre promise du bien-être semble toujours fuir devant eux et leur situation ne change pas.
Si les gouvernements ont toujours fait de l’agriculture un des principaux objets de leur sollicitude, c’est que ceux qui président aux destinées des États savent bien que la prospérité de ceux-ci dépend de la prospérité de leur agriculture. Or la terre et les animaux, c’est-à-dire l’agriculture, et la médecine vétérinaire y étant intimement liées, pourquoi le gouvernement de la République française, à l’exemple de la Belgique, de l’Angleterre, de l’Italie et de certains États allemands, refuse-t-il à celle-ci la protection et les satisfactions qu’il accorde à celle-là ; pourquoi ne veut-il pas sévir contre un fléau qui compromet les intérêts de l’agriculture et partant la fortune publique? Il faut avouer que c’est là une honte pour notre époque. C’est au Parlement qu’incombe le devoir de la faire disparaître, en portant remède au mal que nous lui signalons; nous avons la ferme espérance qu’il ne faillira pas à cette tâche. Et la vétérinaire saura bien prouver, par les travaux de ses membres, que, loin d’être un état d’abaissement et un art grossier pouvant être exercé par le premier venu, elle est digne d’occuper une place honorable dans la série des sciences.
Pardonnez-nous, cher maître, d’être entré dans ces considérations; mais nous avions à cœur d’exprimer ici les justes revendications de notre Corps professionnel.
Veuiller agréer, cher et très-vénéré maître, l’expression de notre respectueuse considération et de notre dévouement.
P. RENIER.
G. GSELL.
A MONSIEUR CHARLES CHANTEAUD,
Table des matières
Pharmacien de première classe, Chevalier de l’Ordre de Charles III d’Espagne, Commandeur d’Isabelle la Catholique, fondateur de la Pharmacie dosimétrique à Paris.
Cher maître,
Permettez-nous aussi de dédier ce Manuel à l’éminent et infatigable collaborateur du professeur Burggraeve.
En fournissant à la médecine pratique des médicaments granulés, soigneusement préparés, d’une pureté parfaite et d’un maniement commode, de l’emploi desquels nous avons toujours obtenu les meilleurs résultats, dans la jugulation des maladies aiguës, vous avez bien mérité de l’humanité et de l’agriculture.
Loin de désorganiser la pharmacie, ainsi que le prétendent vos adversaires, vous cherchez, au contraire, à la ramener à son véritable but, en lui permettant de fournir aux médecins des armes de précision, dans lesquelles ils peuvent avoir toute confiance.
D’ailleurs la polypharmacie, avec ses formules compliquées, ses drogues inertes, ses préparations infidèles, ses mélanges grossiers et ses breuvages nauséabonds et indigestes, loin d’être un ministère de science et de charité, est tout bonnement de la vieille routine, du charlatanisme, en un mot. Elle avait donc grand besoin de se transformer, et cela dans l’intérêt des malades.
Veuillez agréer, cher maître, l’assurance de nos vives sympathies et de notre dévouement.
P. RENIER.
G. GSELL.
PRÉFACE.
Table des matières
La médecine vétérinaire ou l’art de traiter les maladies des animaux domestiques a subi trois phases: la première empirique, la seconde spéculative, la troisième positive ou dosimétrique. Nous ne parlons pas de l’experientia in anima vili, qui, bien conduite, a son bon côté puisqu’elle éclaire l’état fonctionnel tant physiologique que pathologique.
Dans la première période la médecine vétérinaire a été grossière dans les moyens qu’elle employait; on croyait même cette grossièreté nécessaire, surtout pour les grands animaux, comme l’indique le terme vulgaire: «médecine de cheval», pour dire quelque chose de fort, emportant la bouche, exfoliant l’intestin. Aussi les affections traitées de la sorte prenaient-elles un caractère ataxo-adynamique à cause de l’épuisement de la vitalité. On concluait alors à un état typhoïde et on y opposait de nouveaux irritants dont la mort était la conséquence.
Ou bien, on épuisait les sujets par des saignées aux kilos, comme si l’animal n’avait besoin de son sang pour vivre. On n’empêchait point ainsi la fièvre, qui jetait ses dernières lueurs, comme un incendie qui s’éteint après avoir tout consumé.
En général, on ignorait ce qu’était prévenir les maladies aiguës; à plus forte raison on ne savait point les juguler. On croyait même à la nécessité de la fièvre et on cherchait plutôt à la susciter qu’à l’abattre.
Que n’a-t-on pas dit de la fièvre typhoïde, par exemple, dont on comptait sur les doigts les septenaires, pendant que le malade succombait faute de résistance vitale?
Dans sa deuxième période, l’art s’est attaché à reconnaître la spécificité des maladies, soit dans des virus ou miasmes, soit dans des microbes. Nous n’avons pas besoin de rappeler ici les belles recherches de MM. Pasteur, Davaine, ainsi que la théorie de l’inoculation qui date déjà de trente ans, mais qui est entrée dans ces derniers temps dans sa phase de culture.
Au point de vue de la prophylaxie des maladies infectieuses et contagieuses c’est un grand pas de fait; mais il lui fallait un couronnement, c’est-à-dire une thérapeutique à la fois sûre, rapide et commode: Cito, tuto, jucunde; c’est sa troisième période ou dosimétrique.
On peut dire maintenant de la médecine vétérinaire qu’elle est faite, ou plutôt qu’elle s’est faite. «Fara de se.» Il n’y a plus qu’à marcher devant soi, les yeux ouverts, et non comme l’aveugle frappant autour de lui avec son bâton au risque d’atteindre les passants.
Les passants, ce sont les propriétaires d’animaux qui subissent des pertes énormes quand un traitement est mal institué.
Nous ne parlons pas de pauvres bêtes pour lesquelles le mot «abatage» est vite prononcé, comme s’il n’y avait là aussi un crime de lèse humanité, puisque nous avons fait de nos animaux domestiques les compagnons de nos travaux, sinon les esclaves de nos joies et de nos plaisirs. Trop heureux encore qu’on abrège leur existence au lieu de leur laisser traîner une vieillesse misérable et prématurée!
Voyez les haridelles de nos grandes villes, portant, la plupart, des traces des mauvais traitements qu’on leur fait subir, en dépit des Sociétés protectrices. Elles ont eu leurs beaux jours (les haridelles), hélas! suivis de jours d’autant plus misérables. Et cependant en les soumettant, à une bonne hygiène, en leur administrant de temps à autre quelques granules d’arséniate de strychnine, point ne serait nécessaire de se servir du fouet, car on les fouetterait intérieurement. Leurs forces musculaires reviendraient et avec elles le calorique et l’électricité, ces deux facteurs de la vie.
Telles sont les réflexions qui nous sont venues en parcourant le Manuel de médecine dosimétrique vétérinaire, de MM. P. Rénier et G. Gsell, et nous les félicitons d’avance du succès qu’ils obtiendront auprès des vétérinaires et des propriétaires d’animaux, et cela d’autant plus que les animaux ont une valeur vénale, et que c’est par l’intérêt qu’il faut prendre les hommes.
Dr BURGGRAEVE.
CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES.
Table des matières
Prévenir le développement des lésions organiques, guérir vite, sûrement et avec le moins de frais possibles, tel est le but de la dosimétrie. Cette nouvelle méthode thérapeutique, logiquement basée sur l’observation et l’expérimentation physiologiques, a été fondée par un homme de génie, M. le professeur Burggraeve, de l’université de Gand. Ayant pour unique objectif la jugulation de la fièvre, qui est la source nosopoétique de toutes les maladies aiguës et organiques, elle a cet immense avantage d’être fort simple dans ses procédés, rapide dans ses effets et sûre dans ses résultats.
En dosimétrie on admet, d’après les données de la physiologie pathologique, que la maladie est dans la fonction avant d’être dans l’organe et que la fièvre initiale précède toujours les altérations matérielles des organes; il en résulte cette conséquence logique qu’en combattant, dès le début, le trouble fonctionnel ou la lièvre, tout rentre dans l’état normal; la maladie n’a pas le temps d’éclore, elle se trouve étouffée en quelque sorte. Il n’en est plus de même si la maladie n’est pas arrêtée dans sa période dynamique; alors elle devient spécifique, se localise et rentre dans sa seconde période ou organique, caractérisée par des désordres profonds dans la texture des organes ou une altération, une décomposition des liquides, ainsi qu’on l’observe dans les maladies zymotiques. La médecine expectante appelle cela une affection chronique, c’est-à-dire un état morbide dont la guérison est toujours longue, difficile, sinon impossible, à obtenir. Aussi la jugulation des maladies aiguës s’impose-t-elle aujourd’hui comme un devoir professionnel à tout praticien sincèrement soucieux des intérêts de son client. Pour occuper dignement la place qui lui appartient dans la société, le vétérinaire doit marcher avec le progrès scientifique et, par conséquent, embrasser la nouvelle méthode du maître, non pas de visu, mais après une expérimentation préalable et rigoureuse.
La dosimétrie emploie, pour combattre les maladies, les alcaloïdes ou principes actifs des substances médicamenteuses, auxquels est due, en réalité, la vertu médicinale des végétaux. C’est en n’employant que des substances chimiquement pures, que la dosimétrie a pris charge de transformer la polypharmacie, dont les médicaments ordinaires et les préparations magistrales n’ont jamais offert au médecin la moindre garantie. La pharmacie dosimétrique, dont le fondateur est M. Chanteaud, le zélé et dévoué collaborateur de l’œuvre burggraevienne, nous fournit les alcaloïdes sous forme de granules exactement dosés, d’une solubilité facile et d’une absorption immédiate, agissant donc de suite, ce qui empêche les effets de l’accumulation dans le conduit digestif.
La forme granulaire et le petit volume des agents dosimétriques ont souvent été l’objet de critiques et ont inspiré des doutes sur leurs effets, notamment chez les grands animaux domestiques, habitués que sont les vétérinaires à leur administrer des doses énormes ou allopathiques. Cependant l’expérience a prouvé à tous ceux qui ont bien voulu essayer les nouveaux agents thérapeutiques, d’après les règles établies par le maître, que le granule dosimétrique, loin d’être un granule hahnemannien, agit qualitativement et non pas quantitativement. Le père de la dosimétrie a rendu à l’humanité et à l’agriculture le plus grand bienfait, en nous faisant connaître les immenses services que les alcaloïdes, par leurs précieuses propriétés, peuvent rendre à l’art de guérir.
Les médicaments dosimétriques doivent être administrés jusqu’à effet désiré et par petites doses d’autant plus rapprochées que l’affection est suraiguë, c’est-à-dire plus grave, plus rapidement mortelle. Le praticien reste seul juge de ce qu’il doit faire,
A toute maladie aiguë, c’est-à-dire où il y a une combustion trop active et rapidement mortelle, il faut opposer un traitement aigu ou rapide, et à toute maladie chronique, où il y a une consomption toujours atale, il faut une médication chronique ou lente, régulière et persistante.
Dans toute maladie il y a deux éléments: la cause morbide et l’effet de celle-ci. On combat l’élément causal, fonctionnel, organique ou diathésique, avec la dominante du traitement; comme la source d’une affection est souvent difficile à reconnaître, les alcaloïdes servent ici de pierre de touche; leur administration doit être continuée jusqu’à la disparition complète du trouble morbide pour lequel ils sont donnés. Quant à l’effet, il se traduit extérieurement par des symptômes plus ou moins variés, indiquant les diverses souffrances de l’organisme. On calme d’abord, puis on fait disparaître cette expression symptomatologique d’un état maladif quelconque, laquelle constitue un danger pour la vie, au moyen de la variante du traitement. Celui-ci, sans être en rien illogique, peut à la fois être diurétique, tonique, évacuant, défervescent, anti-putride et reconstituant. Notons que chaque alcaloïde a une action physiologique élective bien déterminée, et donnés simultanément, ils agissent indépendamment les uns des autres et sans se nuire. D’après ce que nous venons de dire, le traitement dosimétrique comporte donc deux indications, appelées la dominante et la variante.
La médication dosimétrique défervescente a pour but de rétablir l’équilibre physiologique entre le centre et la périphérie, en faisant tomber le pouls et la chaleur morbides sans affaiblir l’économie et en rafraîchissant le sang au moyen de la perspiration cutanée et muqueuse. Pour obtenir cet effet, c’est-à-dire pour empêcher une maladie aiguë de suivre ses diverses périodes, pour l’enrayer dans son évolution naturelle, pour la juguler en un mot, il faut donner concurremment: la digitaline qui calme le cœur, ralentit la circulation et favorise la diurèse; l’aconitine ou la vératrine qui ramènent à sa normale l’exagération de la chaleur animale; un sel de strychnine qui, en vertu de son action excito-motrice, combat la prostration, prévient la paralysie des nerfs vaso-moteurs, tonifie les vaisseaux et empêche ainsi les stagnations et les infiltrations; enfin le sel vétérinaire Chanteaud, qui renouvelle l’eau du sang et lui rend les principes salins qu’il a perdus par le fait même de la combustion. S’il y a nécessité absolue, il faut pratiquer une saignée modérée et recourir, en même temps, aux frictions excitantes ou révulsives sur la peau. D’après cela, la méthode défervescente se propose donc d’atteindre les effets en même temps que les causes, et le vieux aphorisme hippocratique: Sublata causa, tollitur effectus, y trouve sa rationnelle application.
Les considérations qui précèdent font voir nettement que la dosimétrie est basée sur les lois du vitalisme et constitue, non plus une médecine routinière ou empirique, mais une médecine raisonnée, n’employant que les moyens de la science moderne, c’est-à-dire ces puissants modificateurs vitaux, lesquels permettent au médecin de régler l’organisme absolument comme on règle sa montre et de guérir: Tutò citò et jucundè. Sous ce rapport elle diffère essentiellement de toutes les autres doctrines médicales, notamment de l’allopathie, qui ne fait qu’affaiblir l’économie, déjà fatiguée par un excès de fièvre, au moyen des déplétions sanguines, des évacuants, des hypersécrétions et de la diète; de l’homœopathie où par suite de doses infinitésimales, le médicament a perdu sa matérialité et n’a plus qu’une action virtuelle; de l’expectation, où l’on abandonne sciemment le malade aux vicissitudes de la maladie, où l’on ne fait rien pour modérer la fièvre intense, pour éteindre le feu qui dévore le corps vivant, où enfin le médecin, sous prétexte de prudence, attend la localisation du mal et néglige ainsi de sauver le malade en temps utile.
Les granules préparés par l’habile et consciencieux directeur de l’Institut dosimétrique, sous le contrôle du docteur Burggraeve, sont inaltérables et renferment un demi-milligramme, un milligramme ou un centigramme de substance active, laquelle se trouve emprisonnée dans une enveloppe de matière sucrée. Conservés dans des tubes et placés dans une trousse, ils sont très-portatifs.
Le vétérinaire, appelé souvent à d’assez grandes distances et loin des villes, peut ainsi toujours avoir sur lui de quoi parer aux premiers accidents et agir de suite, sans perdre un temps précieux à attendre, car la maladie n’attend pas.
Les médicaments dosimétriques sont d’une administration des plus faciles. Il suffit d’enduire d’un peu de miel semi-liquide, contenant un peu de farine, une spatule de bois sur laquelle on place les petits grains, puis on l’essuie sur la surface de la langue; les granules, adhérant à la muqueuse buccale par l’intermédiaire du miel qui est un excipient visqueux, ne peuvent s’échapper hors de la bouche, et forcément, les animaux les déglutissent. On peut même les mêler à un peu d’avoine ou de son frisé, quand les malades ont conservé l’appétit. Aux petits sujets, il suffit d’ouvrir la gueule, de placer le granule sur la langue, puis de maintenir les mâchoires serrées pendant quelques secondes.
Nous méconseillons vivement l’habitude qu’ont quelques praticiens de triturer les granules ou de les faire dissoudre dans une potion quelconque.
La quantité de granules à administrer, aux grands animaux, n’est pas si considérable comme on serait tenté de le croire au premier abord; il suffit de donner cinq a six granules, répétés chaque quart d’heure, chaque demi-heure ou chaque heure, selon la gravité des cas, aux grands quadrupèdes; de deux à quatre granules aux moyens animaux et de un à deux aux petits. Mais comme il y a de notables différences dans la taille des petits animaux, nous conseillons, pour éviter tout empoisonnement, de ne jamais donner, au petit chien basset ou havanais, au chat, aux volailles, aux oiseaux et autres animaux forts petits, un granule de chaque alcaloïde du même coup; ou aura soin de dissoudre le ou les granules dans une petite quantité d’eau, qui sera ensuite administrée avec une cuillère à café durant la journée ou dans l’espace de quelques heures, suivant l’intensité de la maladie.
Nous pouvons affirmer que le traitement dosimétrique remplit, on ne peut mieux, les conditions économiques qui ne doivent jamais être perdues de vue dans la médecine des animaux. Le prix des granules nécessaires pour la guérison d’une maladie quelconque est de beaucoup inférieur à ce que coûterait, dans un cas semblable, n’importe quel autre genre de médication. L’expectation, par exemple, est on ne peut plus onéreuse pour le possesseur d’animaux malades, puisqu’elle mène infailliblement à la mort.
Nous recommandons surtout à nos confrères de se méfier des granules de contrefaçon que le commerce leur livre à bas prix. Ces granules, préparés au pilulier, s’altèrent très-vite, sont fort peu solubles et occasionnent ainsi des accidents toxiques. C’est pour leur éviter des mécomptes que nous leur conseillons de s’adresser, pour les commandes, directement à l’Institut, rue des Francs-Bourgeois, 54, à Paris.
Le vétérinaire devant constamment se rappeler les signes qui caractérisent l’état fébrile, nous donnons ci-après, pour lui servir de critérium, un petit tableau indiquant l’état physiologique de la respiration, de la circulation et de la calorification, c’est-à-dire la moyenne des mouvements respiratoires et du nombre des pulsations exécutés pendant une minute, de même que la température moyenne, prise avec le thermomètre introduit dans le rectum, chez les principaux animaux de la ferme:


DES PRINCIPALES MALADIES DE NOS ANIMAUX DOMESTIQUES ET DE LEUR TRAITEMENT DOSIMÉTRIQUE.
Table des matières
ABCÈS.
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Collection de liquide purulent dans une cavité accidentelle creusée dans le tissu des organes. Divisés en chauds et en froids, ils peuvent aussi être superficiels ou profonds.
Abcès chauds. — Très-fréquents au niveau des téguments, ils sont dus, soit à une cause traumatique ou externe, comme des coups, des blessures, des frottements, soit à une cause interne, générale ou locale, ainsi que cela a lieu chez les jeunes chevaux gourmeux. Ces abcès murissent d’autant plus facilement que la partie où ils se trouvent est plus riche en tissu cellulaire.
Les abcès profonds, dont le développement se fait d’ordinaire lentement, sont d’un diagnostic fort difficile en vétérinaire, et souvent, si leur siège est dans un organe important, ils peuvent amener une mort plus ou moins rapide, soit qu’à un certain moment leur présence est incompatible avec la vie, soit en entraînant une résorption purulente.
Les téguments des animaux étant, en général, durs et épais, il importe, dès le début, de provoquer la maturation de l’abcès, par l’application de cataplasmes de farine de lin, de son torréfié chaud, si la région malade le permet, ou bien par des frictions de pommade mercurielle, camphrée, belladonée, mais surtout d’onguents et de liniments vésicants.
Aussitôt que la collection purulente est formée et que la fluctuation est devenue manifeste, on ponctionne avec le bistouri, un trocart approprié ou enfin avec un cautère pointu chauffé à blanc. Ce dernier procédé est plus avantageux quand il s’agit d’ouvrir un foyer purulent profond et existant surtout dans une région de structure anatomique complexe, parce qu’il expose bien moins à des hémorrhagies, parfois inquiétantes.
Le trocart convient pour ponctionner les abcès très-profonds, où il y a nécessité absolue d’explorer d’abord afin de s’assurer de l’existence de la matière sanieuse.
Mais lorsque l’abcès est gêné dans son développement par une cause quelconque et que sa formation s’accompagne d’une fièvre plus ou moins intense, il faut, outre les topiques indiqués plus haut, employer les alcaloïdes défervescents, lesquels, en faisant tomber le calorique morbide, précipitent la maturation de l’abcès et préviennent des complications. A cet effet, on administre aconitine ou vératrine et digitaline. Les douleurs lancinantes sont calmées avec le chlorhydrate de morphine, en cas de besoin.
Si l’on a à faire à des abcès métastatiques, telles que les collections purulentes accompagnant la pyohémie, les affections septiques, on ajoute à l’emploi des alcaloïdes défervescents l’administration d’un sel de strychnine et d’un sel de quinine (arséniate ou hydro-ferro-cyanate).
Le traitement des abcès, après leur ouverture, n’exige que des soins de propreté, des lotions extérieures et des injections détersives, excitantes, astringentes ou désinfectantes, selon les cas. Dans quelques cas, où le pus n’est pas louable, il faut l’emploi de digestifs introduits à l’aide d’une mèche d’étoupes fines.
Si la suppuration persistait au delà du délai ordinaire, il faudrait bien examiner l’intérieur de l’abcès et s’assurer si elle n’est pas entretenue par la présence d’un corps étranger.
Abcès froids. — Plus fréquents chez le bœuf que chez le cheval, leur formation n’occasionne pas de fièvre. On favorise l’abcédation au moyen d’un mélange, à parties égales, d’onguent vésicatoire et de pommade mercurielle, et on ponctionne sitôt que la fluctuation se montre en un point. Très-souvent, pour faciliter la résolution d’un abcès froid, on est obligé de passer à travers la tumeur une mèche de séton qui, en avivant l’inflammation de ses parois, le transforme, en quelque sorte, en abcès chaud. En cas d’induration périphérique, on a recours à la cautérisation inhérente en plusieurs points.
ACROBUSTITE.
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Voir Balanite.
AGALAXIE.
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Suppression de la sécrétion lactée, caractérisée par des mamelles flasques et vides.
Elle reconnaît pour cause la faiblesse, l’épuisement par de rudes travaux ou des maladies graves, le défaut d’alimentation, la phlegmasie de la glande mammaire.
Il faut relever les forces au moyen d’un bon régime; administrer les arséniates de strychnine, de fer et la quassine. Combattre la phlegmasie des mamelles par les moyens convenables. S’il y a obstruction des mamelons, on les débouche en introduisant dans le canal excréteur et jusqu’aux canaux galactophores, une sonde ou un trocart très-fin. Enfin si l’absence de lait dans les mamelles est un signe précurseur d’une affection interne, la sécrétion de lait ne se rétablit qu’autant qu’on aura combattu cette autre maladie.
ALBUMINURIE.
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Maladie caractérisée par la présence d’une notable quantité d’albumine dans les urines. On l’observe dans divers états pathologiques des reins, la paraplégie, les hydropisies et maladies chroniques de la poitrine, les affections typhoïdes, la maladie du coït, chez les femelles pleines, etc.
Les signes qui annoncent l’albuminurie sont: sensibilité dans la région des reins, raideur dans la démarche, injections des muqueuses apparentes, parfois signes de coliques, faiblesse générale et amaigrissement progressif du malade. L’urine, d’abord rougeâtre, devient ensuite jaunâtre, épaisse et floconneuse. On reconnaît que l’urine est albumineuse quand elle donne un précipité blanc par la chaleur et par l’acide nitrique sans en fournir par l’acide acétique.
Les causes dé l’albuminurie résident dans une alimentation insuffisante, de mauvaise qualité.
Le traitement consiste dans l’administration des arséniates de strychnine et de fer, de la quassine trois ou quatre fois par jour. S’il y a de la fièvre, on prescrit les alcaloïdes défervescents. En cas de tempérament lymphatique, on donne l’iodure de fer. S’il y a tendance à l’hydropisie, on a recours à là digitaline, la colchicine ou la scillitine.
AMAUROSE OU GOUTTE SEREINE.
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Affaiblissement ou abolition de la faculté visuelle sans qu’aucun obstacle empêche l’arrivée des rayons lumineux au fond de l’œil. Cet affaiblissement ou cette perte de la vue dépendent, soit d’une paralysie de la rétine ou d’un état pathologique du nerf optique ou de la partie du cerveau chargé de recevoir les perceptions lumineuses (amaurose idiopathique), soit de lésions d’organes indépendants dé la vision (amaurose symptomatique).
L’amaurose est caractérisée par l’absence de troubles des humeurs de l’œil, la dilatation exagérée de la pupille et l’immobilité de l’iris, qui ne se contracte plus sous l’influence de la lumière.
Le traitement varie suivant les causes étiologiques de la goutte sereine. La forme idiopathique, étant due à une sorte d’anesthésie ou de paralysie de la rétine ou du nerf optique, il s’agit de stimuler ces parties composantes de l’œil. Pour cela on donne le sulfate de strychnine, dont on proportionne l’administration en raison de l’acuité de la maladie.
Comme médication externe, on fait sur les yeux malades deux instillations par jour avec de l’huile phosphorée. On rafraîchit l’amaurotique en lui faisant prendre, matin et soir, du sulfate de magnésie ou du sel vétérinaire Chanteaud, en dissolution dans les barbotages.
Si le malade a de la fièvre, on prescrit un régime diététique et on administre les alcaloïdes antithermiques: vératrine et digitaline.
Le traitement de l’amaurose symptomatique dépend naturellement de l’affection qui l’a produite et l’entretient.
ANASARQUE.
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Maladie caractérisée par des infiltrations séreuses du tissu cellulaire, nombreuses et étendues.
Elle est idiopathique ou symptomatique. Sous la première forme c’est une affection par altération des éléments du sang, tandis que sous la seconde, l’anasarque dépend de maladies très-variées, telles que les maladies de cœur et des gros vaisseaux, celles du foie, du poumon, des reins, l’anémie, l’hydrohémie, les hydropisies des cavités viscérales, la distomatose des ruminants.
L’anasarque se décèle par l’apparition très-rapide de tumeurs œdémateuses plus ou moins grandes, sous le ventre, sur les membres, à la tête et parfois sur le corps tout entier. En même temps que les œdèmes se forment, on voit apparaître des pétéchies sur les muqueuses apparentes.
Bien qu’on attribue généralement l’anasarque idiopathique à l’influence d’un froid humide sur l’organisme, la cause prédisposante consiste dans une altération du sang par appauvrissement des éléments plastiques et par prédominance de la partie séreuse. Très-fréquente surtout sur les sujets affaiblis ou surmenés, elle a souvent de la tendance à se compliquer de gangrène, de purpura hémorrhagica.
Il est essentiel, pour vaincre avantageusement cet état pathologique, de proscrire les moyens débilitants, notamment l’emploi irrationnel de la saignée et l’application d’exutoires.
Il faut donner aux animaux une nourriture corroborante, très-alibile sous un petit volume; il est même bon, en cas de nécessité, de recourir au lait, le plus complet et le plus précieux de tous les aliments.
On évite les métastases en fixant, le plus rapidement possible, les œdèmes avec des frictions révulsives, vésicantes. Le feu Renault remplit fort bien cette indication.
Quand les œdèmes présentent un certain volume, on y pratique des scarifications, on applique des pointes de feu fixes et pénétrantes.
A l’intérieur, comme dominante du traitement, on combat l’altération du sang avec le salicylate de quinine, de préférence. A titre d’incitants vitaux, on donne un sel de strychnine, qui fouette le sang trop paresseux et trop faible.
Enfin, pour favoriser la disparition des engorgements œdémateux, on s’adresse aux diurétiques: digitaline, colchicine ou scillitine.
Quand il y a complication de purpura hémorrhagica on a recours à l’ergotine, qui agit en resserrant et en tonifiant les vaisseaux.
Lorsque l’œdème trop volumineux de la tête gêne la respiration, au point de faire craindre l’asphyxie, on relève les ailes du nez à l’aide de lames de plomb, de petits crochets et de fils; dans certains cas on est forcé de pratiquer la trachéotomie.
On abrège la convalescence en relevant les forces du sujet épuisé au moyen de l’arséniate de fer, qui reconstitue le sang, et de la quassine qui, en raison de ses propriétés amères et toniques, excite l’appétit. On fait prendre les granules un peu avant les repas, trois ou quatre fois par jour.
Régime salin; on donne environ 20 grammes de sel journellement.
La liberté du ventre doit être entretenue pendant toute la durée de la maladie, par l’administration, dans les barbotages, du sel vétérinaire Chanteaud, chaque fois une cuillerée à soupe.
Promenade régulière quand la saison le permet, en ayant soin de recouvrir les convalescents d’une bonne couverture. On ne remet ces derniers au travail que graduellement.
L’anasarque symptomatique, conséquence d’une affection grave d’un organe ou résultat d’une maladie infectieuse ou virulente, doit, en outre, être traitée d’après la cause qui lui a donné naissance.
ANÉMIE.
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État morbide résultant de la diminution de la masse du sang, qui subit une modification dans la proportion de ses éléments essentiels, notamment une réduction dans le chiffre des globules et un abaissement de l’albumine et des sels.
L’anémie se manifeste par une faiblesse musculaire excessive, la pâleur générale des muqueuses apparentes, la petitesse du pouls et un trouble plus ou moins prononcé de toutes les fonctions.
L’anémie est essentielle, primitive ou symptomatique et secondaire. La première, ayant une cause lente et peu connue, est constamment grave.
Le traitement dosimétrique consiste dans l’emploi de l’arséniate de fer et de la quassine, auxquels on peut ajouter l’iodure de manganèse.
On soumet les malades à un régime substantiel et de digestion facile: marschs, carottes, farineux, pain chez les grands animaux; lait, viandes et élixir alimentaire de Ducro pour les félins de race ou affectionnés.
On ne doit pas oublier de mêler du chlorure de sodium aux aliments ou aux boissons, parce que ce sel est indispensable à l’accomplissement de toutes les grandes fonctions. Le sel de cuisine favorise la nutrition et, en passant dans le sang, il pousse à la création et à l’augmentation des globules rouges.
Joindre à cela une hygiène bien entendue et un travail léger servant de promenade, de gymnastique fonctionnelle.
Dans l’anémie symptomatique il faut ajouter à la médication précitée des moyens contre la cause: hémorrhagies et suppurations abondantes, affections aiguës ou chroniques graves. Lorsque, dans ces cas, l’anémie est tellement avancée et que l’animal est affaibli au point qu’on peut avoir des craintes sérieuses pour son existence, on doit recourir à un moyen extrême, la transfusion du sang().
ANGINE,
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Phlegmasie de la muqueuse de l’arrière-bouche et du larynx, dans laquelle il y a lésion de la déglutition et de la respiration, ensemble ou séparément.
De là, en vétérinaire, trois espèces principales d’angine:
1° Inflammation de la muqueuse du larynx ou laryngite (voir ce mot);
2° Inflammation de la muqueuse du pharynx ou pharyngite (voir ce mot);
3° Inflammation intéressant à la fois les muqueuses du larynx et du pharynx ou laryngo-pharyngite (voir ce mot).
Enfin l’angine, au lieu d’être franchement inflammatoire, peut revêtir des caractères spéciaux. Voir, pour angine croupale, le mot diphthérite et pour angine gourmeuse, l’article gourme.
ANHÉMATHOSIE.
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Affection, vulgairement dénommée coup de chaleur, très-fréquente chez le cheval, le bœuf et le mouton pendant les grandes chaleurs.
Due à un défaut d’hématose du sang, l’anhémathosie n’est pas le résultat d’une congestion ou apoplexie pulmonaire, ainsi qu’on le croit généralement, mais bien d’une asphyxie rapide (H. Bouley). Elle a pour cause principale la raréfaction de l’atmosphère par une température élevée. Cette asphyxie du sang provient de la brusque suppression de la perspiration cutanée, suivie de l’introduction, dans les voies circulatoires et respiratoires, d’une certaine quantité d’acide carbonique.
Il existe donc une véritable intoxication générale, entraînant une sidération considérable du système nerveux, par suite une paralysie des poumons et des fibres du cœur, paralysie qui est la cause de l’effrayante et persistante symptomatologie qu’on observe.
En voici les principaux signes: grande anxiété ; muqueuses apparentes cyanosées; respiration très-accélérée et profonde, à tel point que le battement tumultueux des flancs fait craindre à chaque instant la chute imminente du malade; pouls vite et dur, et température variant entre 40 et 42°.
Il faut remédier au plus vite à cet état de choses et combattre la paralysie des viscères affectés, si l’on veut prévenir l’asphyxie, par conséquent une mort rapide.
Les saignées, les douches froides sur la tête et le corps, les frictions révulsives, l’installation du malade dans un endroit aéré, sont des moyens suffisants quand la maladie est légère. Mais dans les cas graves on doit administrer coup sur coup, toutes les huit ou dix minutes, des granules d’arséniate de strychnine et d’acide phosphorique.
Cette médication, énergiquement poursuivie, donne presque toujours d’heureux résultats, les symptômes inquiétants disparaissent graduellement et le retour à la santé a généralement lieu en quelques heures. Néanmoins il est prudent de maintenir les sujets malades, pendant deux jours, au régime de la paille, et des barbotages tenant en dissolution un mélange de sulfate de soude et d’azotate de potasse ou de sel salicylé Chanteaud.
ANOREXIE.
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Diminution ou perte de l’appétit. Elle est consécutive à la plupart des maladies; mais elle peut dépendre aussi d’un état pathologique quelconque de la cavité buccale, d’une irritation des voies digestives, etc.
Il faut remédier aux maladies des dents, traiter les plaies de l’intérieur de la bouche, pratiquer l’opération du lampas quand le palais paraît tuméfié, administrer le sel vétérinaire Chanteaud dans les barbotages.
ANTHRAX.
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Voir Charbon.
APHTHES (FIÈVRE APHTHEUSE).
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En médecine vétérinaire on désigne sous ce nom une maladie générale, éruptive et contagieuse, affectant l’espèce bovine, les petits ruminants et les porcs. Elle se communique même à l’homme par l’usage de lait cru ou incomplètement bouilli provenant d’animaux malades. On l’appelle vulgairement la cocotte.
La fièvre aphtheuse a reçu cette appellation en raison de l’éruption vésiculaire qui en forme le symptôme prédominant. Ce sont de petites vésicules transparentes, blanches et arrondies, se développant sur la muqueuse de la bouche, sur le nez, les mamelles et dans les espaces interdigités.
Sa nature parasitaire est encore inconnue jusqu’à présent.
Bien que la cocotte soit loin de présenter la gravité de la peste bovine, elle occasionnée néanmoins des pertes considérables à l’agriculture; elle prédispose notamment les femelles en état de gestation à de fréquents avortements.
Au début on constate de la lièvre; cessation de la rumination; mufle sec, langue rouge, sèche et chaude. Dans cette première période il faut donner les défervescents: aconitine, vératrine et digitaline.
Dans la deuxième période on voit apparaître des vésicules isolées ou confluentes, occasionnant une salivation abondante, de mauvaise odeur et rendant la préhension et la mastication des aliments difficile el même impossible.
Quand il existe des aphthes sur les mamelles et dans les espaces interdigités, les sujets souffrent beaucoup: alors le trayage et la marche deviennent très-difficiles.
Si la maladie s’est déclarée dans une étable renfermant plusieurs individus, nous conseillons l’inoculation de la bave, soit avec la lancette ou ce qui est plus économique, en faisant distribuer à tout le bétail une petite poignée de regain, sali par la salive des malades. De cette façon on produit une épizootie artificielle, dont la marche est plus rapide, plus bénigne et dont on est quitte plus vite.
On touche les plaies, laissées par les vésicules déchirées sous l’influence des mouvements de la langue et des lèvres, avec du jus de citron, de l’hydrate de chloral boraté ou une solution astringente quelconque miel 25 grammes, HCL 15 grammes, HO 300 grammes. Cette dernière composition pharmaceutique nous a toujours donné de bons résultats.
Dans ces derniers temps on s’est aussi servi très-avantageusement d’eau salicylée avec laquelle on lave la bouche et les naseaux des bêtes malades, trois fois par jour. La solution est composée d’acide salicylique, deux ou trois grammes par litre d’eau.
S’il existe des fongosités dans les ulcères interdigités, on les cautérise avec le nitrate d’argent ou la liqueur de Villate.
On doit traire souvent et avec ménagement; il est bon, en cas d’une éruption vésiculeuse très-abondante aux trayons, de se servir de tubes trayeurs. Onctions avec le glycérolé saturné.
On combat l’élément infectieux ou parasitaire par l’administration de salycilate de quinine et de sulfure de calcium.
Litière molle et abondante, arrosée entre temps, avec un peu d’eau phéniquée, ou d’eau salicylée, à la dose 25-30 grammes dissous dans un seau d’eau chaude, afin de détruire les germes virulents. Soins hygiéniques et de police sanitaire pour empêcher la propagation de l’épizootie. Aliments de mastication facile et barbotages avec un sel laxatif.
ARTHRITE.
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Inflammation des articulations, caractérisée par le gonflement et la douleur.
On reconnait l’arthrite aiguë, l’arthrite traumatique et l’arthrite des jeunes animaux.
1° Forme aiguë ou essentielle. — Etant toujours aggravée par une fièvre plus ou moins intense, il s’agit d’abord de faire tomber celle-ci au moyen des alcaloïdes défervescents.
Saignée modérée en cas de besoin. Ensuite, comme traitement local, on a recours aux cataplasmes émollients, à des frictions avec de la pommade camphrée et belladonée, des fomentations, des bains, si la région le permet, des douches ou des frictions révulsives.
On soumet le malade à une diète blanche et au sel vétérinaire Chanteaud dans les boissons.
Dans le cas où l’arthrite revêt le caractère chronique et qu’il en résulte une claudication, on a recours à la cautérisation.
2° Forme traumatique. — Celle-ci est compliquée par l’existence d’une fistule donnant abondamment du pus cailleboté et très-fétide. S’il y a fièvre, on prescrit les défervescents comme dans le cas précédent.
Les vésicatoires, l’onguent égyptiac, les douches d’eau froide, les injections de glycérine et notamment de glycérolé à base d’hydrate de chloral peuvent être employés comme traitement local.
En cas de plaie articulaire ou tendineuse on peut, dès le début, obtenir l’occlusion de celle-ci, en introduisant dans le conduit fistuleux un petit trochisque fait avec de la dextrine et du sublimé corrosif, qui coagule la synovie et forme une escharre faisant l’office de bouchon obturateur.
Si un corps étranger est resté dans la plaie, comme une esquille d’os, il faut l’extraire.
Quand la maladie est ancienne et que l’animal est épuisé par la souffrance, on relève les forces de l’organisme avec arséniate de strychnine, de fer et la quassine. Le traitement local par excellence, celui dont l’emploi donne toujours des succès certains, est l’irrigation d’eau froide, continuée jour et nuit jusqu’à cicatrisation de la plaie.
Quand l’arthrite est suppurative, il faut débrider largement, passer des mèches, pratiquer des mouchetures et des injections antiseptiques, avec eau chlorurée, eau phéniquée ou permanganate de potasse, avec H0 salicylée.
3° Arthrite des jeunes animaux. — Maladie très-fréquente dans les pays d’élevage. On sait, depuis les recherches modernes, que l’inflammation, dont les articulations sont le siège, n’est que symptomatique et que cet état morbide est dû à une altération du sang, à un manque d’éléments minéraux dans ce liquide, à une véritable diathèse cachectique. On la voit assez souvent régner à l’état enzootique et elle frappe les animaux seulement pendant les premiers mois qui suivent leur naissance, pendant la période d’allaitement.
Cette affection est toujours grave et d’autant plus meurtrière que les individus sont plus jeunes.
On combat la fièvre avec les défervescents et on active la nutrition au moyen de l’arséniate de strychnine. L’altération du liquide circulatoire est combattu avec les granules ostéotrophiques, composés de phosphate de chaux et d’hypophosphite de soude: trois granules de chaque toutes les heures.
Sur les tuméfactions articulaires on peut donner des douches ou faire des embrocations calmantes et résolutives. En cas d’abcédation on traite selon les indications.
S’il existe une diarrhée dyssentérique épuisante, on s’en rend maître avec le sous-nitrate de bismuth, l’acide tannique ou l’ergotine.
Dans les pays où cette maladie est enzootique, on peut la prévenir, en mieux nourrissant les mères pendant toute la durée de la gestation et en ajoutant même à leurs aliments des sels calcaires, afin de remplacer ceux qui y font défaut. Régime salin. En procédant ainsi le développement du fœtus se fait dans de bonnes conditions et ce dernier ne voit pas le jour dans un état d’anémie et de faiblesse.
Une forme de l’arthrite, qu’on observe dans certaines régions, mais plus souvent sur les jeunes animaux que sur ceux adultes, consiste dans une synovite de l’articulation fémoro-tibio-rotulienne, compliquée parfois de luxation de la rotule. Cette affection, qui se traduit par une boiterie plus ou moins forte, peut intéresser un seul ou les deux grassets et est due à un violent effort ou à une cause contondante, chez les individus d’un certain âge, tandis que chez les jeunes poulains, par exemple, elle se rattache à une diathèse scrofuleuse. On conçoit aisément que les os de ces petits êtres, ayant reçu de leur mère un lait peu riche en substances alcalines, étant peu consistants et les jointures articulaires mal soudées, cet accident doit se produire facilement sous l’influence de mouvements quelque peu désordonnés.
Pour combattre cet état morbide, qui entraîne toujours le dépérissement et puis la mort, on institue le traitement général indiqué plus haut.
Comme médication locale, le seul agent curatif est la pommade de bichromate de potasse, dont on fait deux frictions sur la partie externe de la région rotulienne, à un jour d’intervalle. On emploie de 1-2 grammes de bichromate potassique sur environ 20-30 grammes d’axonge, cela dépend de la finesse de la peau des animaux. Il faut être prudent dans l’emploi de ce sel, qui, en raison de son action escharrotique, peut produire des tares indélébiles ou des intoxications incurables.
ASCITE.
Table des matières
Affection caractérisée par un épanchement de sérosité dans la cavité abdominale.
L’ascite essentielle est le résultat d’une péritonite chronique. Ses signes pathognomoniques sont: fort gonflement du ventre avec fluctuation évidente dans les parties déclives; pouls faible et lent; muqueuses pâles; souvent tuméfaction du bas-ventre et œdématie des extrémités.
Le traitement externe consiste dans l’application d’un sinapisme dérivatif, de frictions avec du vinaigre scillitique jusqu’à rubéfaction complète de la peau ou d’onctions avec de la pommade mercurielle.
Le traitement interne, le plus important, exige l’administration de l’arséniate de strychnine, de la colchicine ou de la scillitine et parfois du calomel, environ cinq fois par jour. Il faut surtout pousser à l’uropoïèse.
Sel vétérinaire Chanteaud dans les boissons.
Régime substantiel et quassine avant chaque repas.
La paracenthèse de l’abdomen, c’est-à-dire la ponction du sac péritonéal avec un trocart, donne quelquefois de bons résultats, surtout chez le chien. On se sert avantageusement de l’aspirateur Landrin avec trocart capillaire. L’on ne doit pas toujours se contenter de la ponction simple, qui n’amène que l’évacuation du liquide épanché dans le péritoine et que l’on est obligé de réitérer très-fréquemment. C’est ainsi qu’après l’opération on peut faire une injection iodée, composée d’un cinquième de teinture d’iode et de quatre cinquièmes d’eau distillée, avec addition d’une petite quantité d’iodure de potassium, pour précipiter l’iode. Retirer le liquide après une ou deux minutes.
L’ascite symptomatique est, le plus souvent, le résultat de maladies organiques du foie, de la rate, du mésentère, des reins, de l’utérus, etc. Il faut alors essayer de lutter d’abord contre ces maladies pour faire disparaître l’ascite qui en est consécutive.
ASPHYXIE.
Table des matières
État morbide caractérisé par la suspension des phénomènes de la respiration, entraînant celle des fonctions cérébrales, musculaires, et de toutes les autres fonctions vitales.
Toute cause qui empêche l’hématose du sang amène l’asphyxie: submersion, strangulation, compression. de la poitrine ou de la trachée, aspiration de gaz irrespirables ou délétères, abcès du pharynx et du larynx, lésion des nerfs pneumo-gastriques déterminant le cornage, pousse outrée, parturitions laborieuses entraînant la mort apparente des nouveau-nés.
On comprend qu’il faut d’abord supprimer la cause. Exposer le malade en plein air. Recourir à la respiration artificielle, aux irrigations d’eau froide ou application de glace sur la tête, aux frictions excitantes sur toute la surface du corps, à la trachéotomie, à l’injection intra-veineuse de 2-4 grammes d’AzH3, moyen surtout à utiliser alors que tous les autres sont restés inefficaces. On conseille aussi de plonger les nouveau-nés dans un bain d’eau chauffée à 48° ; ce moyen réussit souvent.
Ne jamais oublier de stimuler les forces de l’organisme au moyen d’un sel de strychnine, administré tous les quarts d’heure et même toutes les huit ou dix minutes.
ASTHÉNIE
Table des matières
Synonyme de débilité, faiblesse, prostration. Elle consiste dans une diminution générale ou partielle de l’action organique et peut dépendre de la constitution de l’individu ou être consécutive à beaucoup de maladies.
Cette affection est très-fréquente chez les chevaux mal nourris, soumis à un service trop pénible.
Donner régulièrement aux animaux fatigués du chlorure de sodium et du sel salicylé vétérinaire dans les aliments ou les boissons et administrer journellement, matin et soir, des granules d’arséniate de strychnine.
ASTHME.
Table des matières
Voir Pousse.
ATAXIE LOCOMOTRICE.
Table des matières
Il arrive souvent qu’à la suite de variations atmosphériques, notamment quand une forte chaleur succède à un froid humide, les chevaux présentent les signes suivants: torpeur, inappétence, pouls petit et filant, battements de cœur faibles et marche vacillante, pénible. A l’écurie, ils demeurent immobiles, sommeillent, changent souvent d’appui, puis se couchent. On rafraîchit l’intestin avec le sel vétérinaire Chanteaud, et l’on prescrit arséniate de caféine pour relever le cerveau de sa torpeur, et arséniate de strychnine pour réveiller l’excitabilité de la moelle épinière. Deux ou trois jours de traitement suffisent pour faire disparaître le malaise.
ATROPHIE.
Table des matières
Défaut de nutrition des parties organiques qui, par suite, diminuent de volume et s’amaigrissent.
Frictions irritantes, application de sétons, douches froides, électricité, contre l’anémie locale.
A l’intérieur, on combat la paralysie du système nerveux à l’aide d’un sel de strychnine.
Exercice régulier.
ATTEINTE.
Table des matières
Contusion, avec ou sans plaie, dans les régions de la couronne, du paturon ou du boulet.
Remédier avant tout aux causes qui les produisent et les aggravent.
Compresses d’eau saturnée, douches, cataplasmes émollients, bains astringents. Si l’atteinte a son siège près du bourrelet, il faut empêcher la compression du biseau de l’ongle, par l’amincissement de la paroi à l’aide de la feuille de sauge et de la rainette. Réprimer les exhubérances charnues avec la liqueur de Villate.
Quelquefois il y a un léger mouvement fébrile avec inappétence; donner alors un mélange de sulfate de magnésie et de sel de nitre.
AVORTEMENT
Table des matières
Expulsion du fœtus avant le terme naturel et avant qu’il soit viable.
Divisé en sporadique ou accidentel, enzootique et artificiel ou provoqué.
1° Avortement sporadique. — Dù à des causes mécaniques agissant directement sur l’utérus et son fruit; à un travail excessif; à l’administration de médicaments énergiques; à de violentes coliques; à des affections générales qui déterminent un trouble dans les principales fonctions; à une disposition individuelle et constitutionnelle des femelles.
Si l’on est appelé assez à temps, il faut chercher à prévenir cet accident. Saignée modeste chez les sujets pléthoriques et administration d’un sel de morphine, de croton-chloral et d’iodoforme, cinq granules de chaque toutes les quelques minutes.
Régime diététique et bonne litière.
Quand il n’y a plus moyen d’empêcher l’expulsion du fœtus et que le travail est déjà commencé, il faut aider sa prompte sortie par tous les moyens usités en pareil cas. Si le col de l’utérus est peu ouvert et si le travail est languissant, on donne l’arséniate de strychnine conjointement avec l’hyosciamine ou l’atropine, à des intervalles très-répétés. Ces médicaments combattent le spasme et la paralysie et provoquent les contractions de la matrice.
Bien s’assurer chaque fois qu’il ne reste aucun débris du placenta dans la cavité utérine, puis retirer, avec une éponge bien propre, les liquides qui peuvent y être épanchés; procéder, en quelque sorte, à une toilette préventive, qui est de la plus haute importance. Si on néglige ces simples précautions, les produits restés dans l’utérus entrent vite en putréfaction, sont ensuite absorbés par toute la surface de la plaie utérine, et, en passant dans le torrent de la circulation, ils déterminent une irritation du sang, un empoisonnement général de ce liquide, une scepticémie, c’est-à-dire un état pathologique contraire aux fonctions vitales. Dans ce cas on doit employer les injections intra-utérines et vaginales astringentes (décoction d’écorce de chêne) et antiputrides, désinfectantes, à base d’acide phénique, de permanganate de potasse, d’hydrate de chloral boraté, préconisé par le docteur Hébert ou d’acide salicylique. Il est indispensable, à la suite de ces injections, de retirer soigneusement, avec une éponge propre, le liquide restant dans l’utérus qui, chez nos femelles domestiques, présente une inclinaison de haut en bas et d’arrière en avant, disposition anatomique empêchant le liquide injecté de s’échapper librement et totalment hors des voies génitales.
On combat la fièvre par l’emploi des défervescents.
Les complications étant faciles, soit pendant, soit après l’avortement, exigent des soins spéciaux. (Voir hémorrhagie, renversement et déchirure de l’utérus, non-délivrance, fourbure aiguë.)
Avortement enzootique. — Accident de la gestation de nature épizootique, fréquent dans certaines localités sur la jument et la vache et très-préjudiciable aux intérêts des éleveurs, non-seulement à cause de la perte des produits, mais aussi à cause des conséquences qu’il peut avoir pour les mères.
On attribue l’avortement épizootique aux années très-pluvieuses, humides, ne produisant que des fourrages aqueux, avariés, vasés, rouillés, recouverts de moisissures et prédisposant ainsi les femelles pleines à une faiblesse générale, à l’aglobulie. Cet état adynamique, surtout dans les terrains bas et facilement inondés, exerce une action stupéfiante sur l’organisme génital, d’où il résulte ceci: le fœtus et ses annexes cessent peu à peu leurs rapports intimes avec l’utérus, meurent et puis entrent en voie de décomposition, avec formation de microcoques ou de bactéridies, et ceux-ci, agissant à la manière du seigle ergoté, provoquent alors l’expulsion du fruit, laquelle a généralement lieu au bout de quelques jours. On trouve toujours les enveloppes décolorées, friables, et le fœtus plus ou moins emphysémateux.
Une fois que le mal enzootique s’est déclaré dans une habitation, on peut être sûr que toutes les autres femelles pleines vont avorter l’une après l’autre. C’est donc, en même temps, une maladie infectieuse; cette infection miasmatique a lieu par la muqueuse génitale.
Dans les contrées où l’on craint l’avortement épizootique, on doit administrer aux femelles pleines: cinq granules arséniate de strychnine, pour stimuler l’économie, et autant de granules de salicylate ou d’hydro-ferro-cyanate de quinine, pour lutter contre l’élément infectieux, pour neutraliser l’action nocive des êtres cryptomagiques. Régime salin.
On combat la fièvre, toujours intense, qui accompagne l’évacuation du produit de la conception, avec les alcaloïdes défervescents.
A la suite de l’opération, on doit immédiatement détruire le fœtus et la poche des eaux, retirer la femelle de l’étable pour nettoyer et désinfecter la place qu’elle a occupée, avec une solution de chlorure de chaux, d’acide phénique ou de l’eau salicylée.
Injections désinfectantes dans l’utérus et le vagin.
Grands soins de propreté dans l’habitation. Enfouissement du fumier suspect. Lavage à grande eau et notamment avec de l’eau acidulée d’S03. Fumigations désinfectantes avec un mélange de CaCI, d’HCI et d’H0, dans la proportion de 3: ½ et 1 ½. Bonne litière et demi-diète.
Combattre les complications s’il en survient.
En suivant ponctuellement ces prescriptions, nous pouvons affirmer que les animaux sont guéris en moins de trois jours, et, d’un autre côté, l’on évitera à l’agriculture des pertes considérables.
Le moyen le plus sage pour prévenir cet accident dans les pays où il sévit comme un fléau, ce serait de pousser activement dans la bonne voie du progrès agricole.
Avortement artificiel. — Celui qui est provoqué artificiellement par le vétérinaire pour conserver la vie à la mère quand des obstacles du côté de celle-ci s’opposent à la sortie du fœtus, ayant une fois acquis son entier développement.
1° Irritation du col utérin avec la main. — 2° Ponction des enveloppes à l’aide d’une sonde pointue. — 3° Irrigations vaginales avec de l’eau ordinaire, faites toutes les trois heures.
Ces divers procédés amènent progressivement la dilatation du conduit utéro-vaginal. On provoque les douleurs de la parturition avec ergotine ou arséniate de strychnine et hyosciamine.
En cas de complications instituer le traitement dosimétrique défervescent.
BALANITE.
Table des matières
Inflammation de la membrane muqueuse qui revêt la partie inférieure du pénis. Elle est caractérisée par du gonflement, de la douleur, de la rougeur et de la chaleur.
On nettoie la verge et on prescrit des bains locaux froids et astringents. Dans le cas de phimosis ou de paraphimosis, recourir aux douches, aux mouchetures, à l’application de sangsues sur les parties œdématiées et combattre la dysurie en recourant à l’action combinée du sulfate de strychnine et de l’hyosciamine, et cela à des doses d’autant plus rapprochées que la miction est plus difficile.
BLEIME.
Table des matières
Inflammation des tissus sous-ongulaires dans la région des talons des équidés, produite par des foulures, des compressions ou des contusions.
Bien parer le pied, amincir le talon foulé, mais sans faire saigner et donner des bains astringents.
Si la bleime, au lieu d’être sèche ou humide, est suppurée, il faut enlever toutes les parties altérées et l’on fait un pansement avec de la liqueur de Villate ou un pansement à la glycerine iodée, trois parties de glycérine pour une de teinture d’iode. Ce pansement donne d’exellents résultats.
Bonne ferrure; appliquer un fer à planche ou à éponge large. Onctions fréquentes avec de l’onguent de pied.
BLENNORRHÉE.
Table des matières
Écoulement chronique mucuso-purulent de la muqueuse génito-urinaire, fréquente chez le chien.
On lui oppose des soins de propreté, des injections astringentes deux ou trois fois par jour avec sulfate de zinc 1 gramme ou acide tannique 2 grammes sur 50 grammes d’eau.
A l’intérieur, donner 2-6 granules de cubébine, quatre ou cinq fois par jour, et le matin, une cuillerée de Sedlitz Chanteaud, dissous dans 50 grammes d’eau.
BLÉPHARITE.
Table des matières
Voir Ophthalmie.
BLESSURES.
Table des matières
Voir Plaies.
BOITERIE.
Table des matières
Irrégularité plus ou moins prononcée dans les allures. La claudication n’étant que le symptôme d’une maladie, il s’agit, pour asseoir sûrement son diagnostic: 1° de déterminer le membre boiteux; 2° le siège de la boiterie et 3° la nature de celle-ci.
Pour établir avec précision le diagnostic d’une boiterie, il ne faut pas seulement se fier aux signes plus ou moins certains fournis par l’exercice et par un examen attentif des diverses régions du membre boiteux, comparativement à celui du côté opposé ; il est de la plus grande importance et de première utilité d’examiner préalablement et minutieusement le sabot, chez les solipèdes, et les onglons chez les animanx à pied fourchu, parce que c’est justement le pied qui recèle le plus grand nombre de lésions cachées, lesquelles sans cela passent inaperçues et ne se découvrent que par la persistance de la boiterie, la résistance de celle-ci aux moyens de traitement jusqu’alors employés et surtout par les progrès du mal. N’est-il par arrivé à nombre de praticiens de traiter une boiterie qu’ils supposaient exister dans les régions supérieures, tandis qu’effectivement elle avait son siège dans le pied? Si les sujets sont ferrés, il faut déferrer soi-même le pied boiteux, ensuite le parer convenablement et l’explorer, le sonder, non pas avec des tricoises, mais avec des pinces spéciales, permettant d’exercer sur toutes les parties du sabot une compression suffisante, de manière à faire préciser le siège de la douleur. L’expérience nous a appris qu’il ne faut jamais se fier aux maréchaux. On découvre ainsi souvent, très-souvent même, l’existence d’une bleime, d’une piqûre de maréchal ou d’un clou de rue, siégeant sur un point quelconque de la surface plantaire.
Les boiteries sont généralement dues à des violences extérieures, telles que heurts, coups, contusions, piqûres, introduction d’un corps étranger dans la sole ou la fourchette, ou mauvaise ferrure.
Le traitement d’une boiterie varie nécessairement d’après sa nature et la cause qui l’a occasionnée ou l’entretient.
BOULETURE.
Table des matières
Déviation variable du boulet en avant de la ligne d’aplomb, causée par une rétraction tendineuse. Ferrure méthodique; on applique un fer nourri en éponges ou ayant des crampons assez élevés.
On attaque l’engorgement tendineux avec les vésicants, et, s’il est chronique, il faut recourir à la cautérisation en raies ou en pointes pénétrantes. Cette dernière est préférable.
Si la rétraction est trop prononcée, l’unique ressource est l’opération de la ténotomie, laquelle donne assez souvent un succès complet.
Après la guérison de la plaie, mettre le feu en pointes sur l’engorgement tendineux consécutif à l’opération.
BRONCHITE.
Table des matières
Inflammation de la muqueuse des bronches; on l’appelle encore catarrhe pulmonaire.
On distingue plusieurs espèces de bronchite d’après les causes qui la produisent.
Bronchite aiguë. — L’impression du froid en est la cause la plus ordinaire; très-fréquente au moment des changements de saisons. Elle est quelquefois produite par une cause directe, comme l’introduction d’un corps étranger dans les voies respiratoires, ce à quoi le praticien est exposé en administrant un breuvage médicamenteux.
La bronchite aiguë peut être légère ou intense. Dans le premier cas la guérison s’obtient au moyen de quelques soins hygiéniques.
Quant à la forme intense, elle offre dans son cours trois périodes.
Une première période pendant laquelle on constate: toux profonde, sèche, rauque, quinteuse; pouls fort, dur et accéléré ; muqueuses apparentes injectées; flanc un peu irrégulier et agité ; peau sèche. Constipation légère et arrêt de la rumination chez les bêtes bovines.
On combat le mouvement fébrile avec les alcaloïdes défervescents, et si la toux est pénible, douloureuse, on prescrit des granules de narcéine, codéine, hyosciamine, atropine, chlorhydrate de morphine, cicutine, un ou plusieurs de ces alcaloïdes à la fois, suivant que c’est le spasme ou la douleur qui domine.
Pendant la deuxième période la toux devient plus grasse et s’accompagne d’un jetage blanchâtre plus ou. moins abondant par les deux narines. Pour faciliter l’expectoration, on donne, par jour, de 20-40 granules de sulfure de calcium et autant d’émétine aux grands animaux et quatre à cinq granules de cette substance aux petits. Inutile d’ajouter que s’il y a fièvre on se comporte comme nous l’avons indiqué ci-dessus. Les fumigations émollientes avec décoction d’orge, de son, goudron végétal sont aussi bien indiquées. Une friction vésicante le long du bord antérieur de l’encolure peut également être utile.
Dans la troisième période, la fièvre disparaît; la peau est humide et la toux plus rare; l’appétit renaît. On donne le chlorure de zinc et la quassine, trois ou quatre fois par jour, et l’on peut appliquer un séton au poitrail, si l’on redoute l’état chronique.
Pendant toute la durée de la maladie, on doit faire prendre le sel vétérinaire Chanteaud, et l’on ne doit jamais négliger les soins hygiéniques.
Quand l’altération du flanc est prononcée et que la bronchite menace de se compliquer d’engouement pulmonaire, on applique sous la poitrine un large sinapisme ou de l’onguent vésicatoire.
Bronchite chronique. — Lorsque le jetage purulent persiste, que la toux continue à se faire entendre, surtout le matin et le soir et que les poils se piquent, il faut stimuler l’organisme avec arséniate de strychnine, donné trois ou quatre fois par jour, et comme modificateurs profonds, s’adresser au sulfure de calcium, à l’iodoforme, à l’iodure de soufre, aux arséniates de soude, d’antimoine, de fer, administrés matin, midi et soir.
Donner des aliments abondants et substantiels, pour empêcher l’amaigrissement, et paille arrosée d’une solution de sel marin. Aux chiens de prix on peut donner deux ou trois fois par jour une cuillerée à café de l’élixir alimentaire de Ducro.
Bronchite capillaire. — Très-fréquente chez le chien. Elle se distingue par une oppression excessive, une menace d’asphyxie presque constante, une toux fréquente, quinteuse et fort douloureuse, un jetage visqueux, jaunâtre et adhérent. A l’auscultation on constate les râles muqueux, sibilants, mais surtout souscrépitants.
Il faut parer à la détresse respiratoire par l’emploi de l’arséniate de strychnine, et, chez les chiens, de la brucine, un granule environ sept fois par jour. Combattre la fièvre, le spasme et la douleur par les moyens précités. Sinapismes ou vésicatoires sur la poitrine.
Bronchite pseudo-membraneuse ou croupale. — Voyez Diphthérite
Bronchite vermineuse. — Maladie vermineuse, essentiellement parasitaire et épizootique, dans laquelle l’intérieur de la trachée et des bronches de nos animaux domestiques devient le réceptable de divers helminthes, entraînant un dépérissement continu, l’émaciation et puis la mort.
1° Chez le mouton. — Due à la présence dans les bronches d’un ver nématoïde, le strongle filaire. Le seul signe pathognomonique de cette maladie est la présence dans les matières fécales de quelques helminthes.
Les indications à remplir sont multiples: tuer le parasite; en obtenir l’évacuation; combattre l’état catarrhal et inflammatoire et ramener la fonction de nutrition à sa normale.
La maladie étant transmissible d’un animal à un autre par génération continue de sa cause, il faut isoler les bêtes malades ou même suspectes, et leur donner coup sur coup, tous les quarts d’heure, deux granules de santonine ou de kousséine; on fait prendre, en outre, deux ou trois fumigations par jour, soit au goudron végétal, à l’essence de térébenthine ou à l’huile empyreumatique. Cette médication a pour but de tuer les vers, puis leur rejet des bronches par l’expectoration.
En cas de fièvre, recourir aux défervescents, et s’il y a une trop grande gêne respiratoire, il faut employer l’arséniate de strychnine ou la brucine, à la dose de 4-6 grains par jour et, au besoin, le sulfure de calcium, l’iodoforme, dix à douze granules dans le même temps.
Donner, pendant la durée du traitement, des aliments nourrissants, arrosés ou soupoudrés d’un peu de sel marin.
A la fin du traitement, l’arséniate de fer et la quassine (deux granules de chaque trois fois par jour), sont donnés pour exciter l’appétit et tonifier l’organisme.
Il va sans dire qu’il faut nettoyer et désinfecter à fond la bergerie, les auges et l’abreuvoir et maintenir séparés les sujets guéris ou infectés de ceux nouvellement introduits dans l’exploitation agricole. Si on ne peut observer rigoureusement cette mesure, il est préférable de livrer à la boucherie tous les animaux infectés, avant qu’ils soient devenus cachectiques.
2° Chez le veau. — Cette affection est due à la présence dans les bronches du strongylus micrurus.
On doit employer le même traitement, en augmentant, bien entendu, le nombre des granules à administrer à la fois, suivant l’âge, la taille et la force des sujets malades.
3° Chez le porc. — C’est le strongylus paradoxus ou elongatus qui, chez cet animal, produit le mal.
Même traitement que ci-dessus.
4° Chez le chat. — On ne connaît pas encore la nature du strongle qui occasionne ce que M. Colin a appelé la phthisie vermineuse du chat.
Administrer iodoforme et sulfure de calcium, six granules par jour et, matin et soir, un grain d’arséniate de soude. En cas de faiblesse et de maigreur prononcée, prescrire arséniate de caféine et quassine, un granule de chaque, trois fois par jour.
Dans tous les cas ne jamais négliger les mesures de police sanitaire, d’hygiène et de diététique que la prudence recommande impérieusement.
Bronchite gourmeuse. — Voir Gourme.
BRULURE.
Table des matières
Altération à des degrés divers produite sur une partie vivante par l’action du calorique, par le feu, par un corps fortement chauffé ou par un médicament caustique.
Recourir, au début, aux réfrigérants, tels que la neige, la glace pilée, les douches, les bains prolongés d’eau froide ou les compresses d’eau blanche. S’il existe des phlyctènes, il faut ouvrir ceux-ci avec la lancette, mais sans enlever l’épiderme; quand celui-ci manque, appliquer un corps gras, huile d’olive, beurre, axonge frais ou glycérine phéniquée ou encore de la poudre fine de tan. Si l’inflammation est violente on applique sur la plaie de l’onguent digestif ou le liniment oléocalcaire, et on fait sur les parties enflées, mais intactes, une légère friction vésicante. En cas d’escharre, favoriser la chute de celle-ci au moyen de cataplasmes émollients, miel, etc. S’il y a désorganisation profonde des tissus, recourir aux caustiques: nitrate d’argent, liqueur de Villate ou chlorure de zinc.
On combat la fièvre, s’il en existe, à l’aide d’une saignée modérée ou des alcaloïdes défervescents.
CACHEXIE AQUEUSE.
Table des matières
Voir Distomatose.
CALCULS.
Table des matières
Concrétions inorganiques qui se forment accidentellement dans le corps des animaux par la précipitation des éléments salins.
Calculs salivaires. — Fréquents chez l’âne, le cheval et le bœuf; ils sont communément logés dans les conduits excréteurs des glandes parotides, sous-maxillaires et sub-linguales.
Ils sont composés de phosphate de chaux, de carbonate de chaux et de matière organique; le développement de ces calculs étant lent, ils ne deviennent préjudiciables qu’autant, par leur volume, ils gênent la mastication en mettant obstacle à l’excrétion normale de la salive, d’où naissent de mauvaises digestions et des indigestions plus ou moins graves. Il faut se se servir du pas d’âne pour explorer la cavité buccale avec soin.
Calculs gastro-intestinaux. — Ils s’observent plus particulièrement chez les solipèdes, soit dans l’estomac, soit dans le renflement gastro-diaphragmatique du gros côlon. On appelle communément ces calculs des bézoards. Chez les ruminants on rencontre plus particulièrement ce qu’on nomme des égagropiles; ceux-ci sont logés dans le bonnet, le rumen, quelquefois dans la caillette; exceptionnellement dans l’intestin. Chez les carnassiers il n’y a que des calculs gastriques. Les bézoards sont formés principalement de phosphate ammoniaco-magnésien, lequel paraît surtout provenir des écorces de céréales, et notamment du son, d’où l’indication de ne pas trop bourrer les chevaux de cette substance alimentaire. Les égagropiles sont composés, chez les veaux, de poils d’animaux agglutinés, et de fibres ligneuses chez les sujets adultes. Ils peuvent occasionner, en obstruant la lumière de l’intestin, des coliques plus ou moins graves, des tympanites, des déchirures du conduit gastro-intestinal, quand ils acquièrent un volume démesuré. On peut quelquefois les sentir par l’exploration rectale.
Calculs biliaires. — Ils sont très-difficiles à diagnostiquer chez nos animaux domestiques et plus fréquents chez le bœuf, soumis à une stabulation permanente, que chez les autres animaux. On les rencontre dans la vésicule et les conduits biliaires. Ils sont composés de cholestérine et de quelques sels minéraux à base de chaux et de soude. Quand ces calculs obstruent le canal cystique ou cholédoque, ils donnent naissance à ce qu’on a appelé des coliques hépatiques, rapidement mortelles.
Calculs urinaires. — Ce sont les plus communs et les plus importants de tous, parce que l’appareil urinaire est chargé d’éliminer de l’économie toutes les matières devenues inutiles à la nutrition. Ils sont ordinairement composés d’acide urique, d’oxalate de chaux, de phosphates et de cystine. Tantôt sous forme de granulations très-fines, ils peuvent aussi acquérir un volume considérable pouvant dépasser plusieurs kilogrammes. On distingue les calculs urinaires en rénaux, urétéraux, vésicaux, uréthraux et préputiaux. Ils peuvent gêner l’excrétion de l’urine; on voit les malades se camper fréquemment pour uriner; ils ont des coliques très-violentes, pouvant occasionner la rupture de la vessie et par suite une péritonite très-rapidement mortelle.
Calculs mammaires. — Se rencontrent quelquefois dans les canaux galactophores et les sinus des mamelles et le plus souvent chez la vache et la chèvre.
D’après ce que nous venons de dire, les calculs, en général, sont susceptibles de produire un assez grand nombre d’accidents, dépendant de leur volume, de leur poids, de leur forme, de leur nombre et surtout de l’importance physiologique de l’organe qui les renferme. Agissant comme corps étrangers, ils finissent par devenir nuisibles, en provoquant l’inflammation, la suppuration, la gangrène, l’atrophie des canaux ou des réservoirs qui les contiennent, enfin une obstruction grave, très-souvent mortelle. De là l’urgence de débarrasser rapidement les organes de leurs calculs, afin que ceux-ci n’entravent pas leurs fonctions.
Pour tous ces calculs, en général, la thérapeutique dosimétrique consiste dans l’emploi de l’acide benzoïque, des benzoates, du podophyllin et du sel vétérinaire Chanteaud, les premiers comme dissolvants et les seconds comme purgatifs. On ajoute à ces médicaments l’administration d’un sel de strychnine, uni à l’hyosciamine ou à l’atropine pour détruire les spasmes des sphincters.
Il est inutile d’ajouter que les opérations chirurgicales, telles que sondages, extirpation directe des calculs du lieu où ils se trouvent logés, gastrotomie, gastro-entérotomie, lithotritie ou lithotripsie, cystotomie, ne sont point proscrites, quand ces opérations sont jugées utiles, indispensables. (Voir Opérations chirurgicales.
CANCER.
Table des matières
Altération particulière de l’élément cellulaire du tissu conjonctif, se montrant sous la forme d’une tumeur particulière, généralement dure, plus ou moins volumineuse, et ayant de la tendance à s’ulcérer, à croître, à se multiplier et à se reproduire sur place quand on l’a détruite. On distingue les tumeurs cancéreuses suivantes: le fibrome, l’encéphaloïde, le colloïde, la production fibro-plastique et le cancer mélanique. Toutes ces productions anatomo-pathologiques s’observent sur le cheval, mais plus souvent sur les ruminants et surtout le chien; elles peuvent avoir leur siège dans tous les organes, tant internes qu’externes, et dans les tissus les plus variés.
Quand le cancer ne se rattache pas à une prédisposition morbide ou diathésique, il est indiqué de faire son ablation le plus tôt possible, afin de prévenir sa tonte ou ramollissement et sa dégénérescence. On peut aussi le détruire à l’aide de la cautérisation actuelle, potentielle ou en flèches, de l’ignipuncture, de la ligature en masse (ligature élastique). Le meilleur procédé d’amputation consiste dans l’écrasement linéaire, qui évite des hémorrhagies redoutables.
S’il y a généralisation et empoisonnement général de l’économie par la matière parasitaire du cancer, le traitement est le plus souvent infructueux.
On peut néanmoins essayer les modificateurs dyscrasiques, tels que les arséniates de potasse ou de soude, l’iodure de mercure et l’hypophosphite de strychnine. Ces médicaments, en modifiant l’état général de nutrition, peuvent, en grande partie, neutraliser l’infection cancéreuse et, sinon rétablir complètement la santé, au moins prolonger la vie des animaux.
CAPELET.
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Tumeur de grosseur variable qui se montre à la pointe du jarret du cheval. C’est un hygroma ou une hydropisie de la bourse muqueuse sous-cutanée de cette région.
Tare très-rebelle. Au début, douches ou des frictions avec une pommade fondante composée de parties égales de pommade mercurielle et d’onguent vésicatoire.
Si la tumeur est chronique et s’il y a kyste, on obtient de bons résultats de l’injection iodée, de la cautérisation pénétrante. L’expérience nous a démontré qu’on réussit plus souvent par l’emploi simultané de ces deux moyens à la fois. Quand le capelet est trop volumineux, il est préférable de passer un séton à travers la poche séreuse.
CARDITE.
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Voir Maladies du cœur.
CARIE.
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Maladie du système osseux, caractérisée par le ramollissement à l’endroit où elle existe, l’infiltration purulente et des végétations superficielles.
Carie dentaire. — Cautérisation avec la créosote, l’acide phénique. Est difficile à pratiquer chez les animaux.
Quand la carie est étendue, on doit procéder à l’extraction de la dent malade au moyen d’un davier.
Carie des os. — La principale indication est d’arrêter sa marche, en substituant à l’inflammation suppurative une ostéite franche. On peut opérer la destruction de la partie malade au moyen du cautère chauffé à blanc, introduit plusieurs fois dans la carie; on obtient ainsi une escharre, qui est ensuite éliminée par la suppuration et la cicatrisation s’opère. Mais si la carie est un peu étendue et profonde, il est préférable de recourir aux caustiques liquides, tels que le chlorure d’antimoine, les acides minéraux concentrés, la créosote, l’acide phénique. Le sublimé corrosif, en trochisque, dans une carie fistulaire, de même que les injections de liqueur de Villate, sont également des moyens à utiliser dans certains cas. Quelquefois il peut être bon d’opérer l’ablation de la partie cariée au moyen de la rugine.
CATALEPSIE.
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Affection intermittente et souvent apyrétique qui n’a encore été observée que sur les chiens (Hertwig).
Elle est caractérisée par la perte instantanée de la motricité, c’est-à-dire de l’action du système musculaire, avec aptitude de la tête et des membres à conserver toutes les positions qu’on leur fait prendre.
Le seul traitement à ordonner c’est le camphre mono-bromé, pendant l’intermittence, quatre à cinq grains par jour et l’hyosciamine, un granule matin et soir.
CATARACTE.
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Affection de l’œil consistant dans l’opacité, soit du cristallin, soit de sa capsule, soit de l’humeur de Morgagni; cette opacité empêche les rayons lumineux d’arriver à la rétine et entraîne ainsi la perte de l’oeil, la cécité. Elle est tantôt produite par des causes directes ou traumatiques, d’autres fois par une prédisposition individuelle, diathésique.
S’il y a forte inflammation de l’œil, on donne les antithermiques pour calmer la réaction fébrile. Donner atropine, bromhydrate de cicutine et colchicine contre la photophobie. En cas de prédisposition morbide, insister sur l’emploi des arséniates de manganèse, de potasse, des iodures de fer, de mercure, de soufre.
Comme topique externe, on applique l’huile phosphorée sous forme de collyre. Les dérivatifs sont des adjuvants parfois précieux; c’est ainsi qu’on peut placer un ou deux sétons près de l’œil malade.
L’opération de la cataracte n’est guère applicable en médecine vétérinaire; elle est indispensable, pour rétablir la vision, quand il y a opacité complète de la lentille ou de sa capsule.
CATARRHE.
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On donne le nom générique de catarrhe à toute inflammation aiguë ou chronique d’une membrane muqueuse, provoquant une hypersécrétion mucoso-purulente.
Catarrhe nasal. — Voir Coryza.
Catarrhe bronchique. — Voir Bronchite.
Catarrhe des cornes. — Encore appelée mal de tête de contagion, cette maladie est fréquente sur le bœuf de trait et règne tantôt à l’état sporadique, tantôt sous forme enzootique. Elle est caractérisée par une inflammation douloureuse de la base des cornes, accompagnée d’abord de fièvre intense, de suspension de la rumination et de constipation, puis, d’un jetage verdâtre, renfermant des parcelles de fourrages et provenant du pharynx, d’œdème des extrémités.
Tout à fait au début, on fait tomber la fièvre par une saignée légère, aidée par l’emploi des défervescents, unis à un sel de strychnine. Réfrigérants sur la nuque, le front et la base des cornes ou frictions vésicantes le long du cou et sel vétérinaire Chanteaud dans les boissons.
Si le catarrhe persiste, on pratique l’amputation de la corne pour donner écoulement au pus et l’on fait des injections astringentes à base de sulfate de zinc, d’acide phénique, d’hydrate de chloral. Des fumigations empyreumatiques, par l’ébrouement qu’elles déterminent, sont aussi indiquées au début, parce qu’elles contribuent à vider les sinus et à prévenir les collections purulentes.
Quand le catarrhe prend la forme chronique, il faut vider les sinus au moyen de la trépanation et administrer l’iodoforme et le sulfure de calcium, quatre ou cinq fois par jour. En cas d’amaigrissement et de faiblesse, donner arséniate de fer et quassine, trois fois journellement.
Catarrhe auriculaire du chien. — Très-fréquent chez le chien. L’oreille est gonflée, très-douloureuse à la pression; sa muqueuse est rouge et il existe un écoulement mucuso-purulent, parfois très-fétide. Cette maladie est très-tenace.
Il faut nettoyer tous les jours l’oreille malade avec de l’eau savonneuse, puis sécher. Faire trois fois par jour une injection avec la composition suivante: acide tannique 20 grammes, hydrate de chloral 5 grammes et eau distillée 200 grammes.
Administrer matin et soir 1-2 granules de podophyllin, suivant la race, la taille et l’âge des sujets.
Le pansement fait on adapte un béguin sur les oreilles, pour les relever, permettre l’introduction de l’air et empêcher l’animal de les secouer constamment, ce qui aggrave le mal. En cas d’ulcérations, on cautérise celles-ci avec le nitrate d’argent. Dans les cas graves, un séton, de chaque côté de l’encolure, agit comme dérivatif.
CÉPHALITE ET CÉRÉBRITE.
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Voir Vertige.
CHALEUR (COUP DE)
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Voir Anhémathosie.
CHAMPIGNON.
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Tumeur indurée, plus ou moins volumineuse, formée par l’inflammation du tronçon du cordon testiculaire, suivie d’une exsudation plastique, après la castration.
On peut distinguer un champignon superficiel vrai, siégeant à l’extrémité libre du cordon coupé ; un pseudo-champignon ou faux, formé de végétations cellulo-vasculaires et occupant les lèvres de la plaie et enfin un champignon profond, qui peut-être extra-inguinal, intra-inguinal ou abdominal.
Tout à fait au début, on peut essayer d’obtenir la résolution de l’inflammation du cordon par l’emploi de lotions de perchlorure de fer ou de caustiques pulvérulents.
Quand l’induration est formée, il faut en faire l’ablation, mais en opérant sur la partie saine du cordon; celle-ci peut se pratiquer par divers procédés: casseau courbe, ligature simple ou élastique, écraseur linéaire; cela dépend des circonstances où l’on se trouve pour appliquer ces diverses méthodes d’amputation.
Si le champignon remonte dans l’abdomen, on a recours aux pointes de feu pénétrantes, aux applications d’onguent fondant ou vésicant, à des trochisques de sublimé corrosif introduits dans plusieurs points de la tumeur.
Dans tous les cas la dosimétrie peut rendre des services, surtout au début. Contre la fièvre on donne les alcaloïdes défervescents et contre l’induration du cordon, l’arséniate de manganèse ou l’iodure d’arsenic et la colchicine, plusieurs fois par jour. Avec cette médication on peut transformer un traumatisme aigu en un cas relativement bénin.
CHANCRE.
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On désigne sous ce nom divers ulcères de mauvaise nature, tendant à s’étendre et à ronger les parties environnantes. On distingue le chancre morveux, le chancre syphilitique, le chancre aux oreilles du chien. C’est la thérapeutique de ce dernier qui doit spécialement attirer l’attention du vétérinaire.
Les chancres aux oreilles du chien sont des plaies ulcéreuses, ayant leur siège au bord de la conque et affectant surtout les sujets à oreilles longues et pendantes.
Le meilleur traitement, celui dont l’efficacité est constante, consiste à passer un petit séton à proximité de l’ulcère, pour obtenir un effet dérivatif, et de panser la plaie avec du perchlorure de fer et de la poudre de tan. Soins de propreté et application d’un béguin, afin d’empêcher le frottement, le battement presque continuel des oreilles et l’action de gratter avec les pattes, conséquences du prurit dont l’oreille malade est le siège et circonstances qui rendent la cure de ces lésions fort difficile.
A l’intérieur on peut donner iodure de fer et colchicine, trois ou quatre fois par jour.
CHARBON
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Maladie générale transmissible par contagion ou par inoculation, à l’aide du virus charbonneux, provenant, soit d’un organisme malade, soit de corps vivants ou inertes, imprégnés de matière virulente. L’agent actif ou contagifère du virus charbonneux est la bactérie ou bactéridie, espèce de bâtonnet ou baguette de forme extrêmement variable; c’est purement un parasite de nature cryptogamique qui, en agissant sur le fluide nourricier à la manière d’un ferment septique, entraîne une altération profonde du sang et des lésions anatomo-pathologiques dans tous les rouages organiques.
Tous les animaux domestiques et même les espèces sauvages, sans excepter l’homme lui-même, peuvent être atteints de charbon. Celui-ci peut se montrer à l’état sporadique, mais c’est sous forme enzootique ou épizootique qu’on le voit ordinairement régner, surtout dans certaines contrées, et alors il cause à l’agriculture des pertes incalculables.
Le charbon peut se présenter sous diverses formes, mais qui au fond, ne sont que des variétés de manifestation symptomatologique de la même maladie. C’est ainsi que l’on peut distinguer:
1° La fièvre charbonneuse foudroyante, encore appelée charbon apoplectique et sang de rate dans la Beauce, caractérisée par une apparition soudaine, une absence complète de signes précurseurs apparents et des effets immédiatement mortels. Les sujets frappés succombent au bout d’une à douze heures, parfois même en quelques minutes. Les bœufs, les moutons, les plus gros et les mieux soignés sont souvent atteints épizootiquement par cette terrible affection.
2° La fièvre charbonneuse à marche plus lente, qui permet au praticien d’arriver à temps et d’agir. L’absence d’appétit et des coliques légères annoncent l’invasion du mal. Dans cette première période, qui peut durer ainsi plusieurs heures et même toute une journée, il n’existe pas encore de symptôme pathognomonique. Une épizootie régnante peut seule faire craindre l’apparition de la maladie. L’on peut cependant et l’on doit même, pour que toute incertitude soit levée, recourir à l’examen micrographique faite sur une très-petite quantité de sang, soustraite dans ce but expérimental. Ce moyen d’investigation, encore peu usité dans la pratique vétérinaire, permet de déterminer immédiatement la nature du trouble morbide existant, ce qui met le praticien à même d’agir de suite dans l’intérêt du malade. Quoiqu’il en soit, dans la seconde période, de graves symptômes apparaissent: bouche sèche, livide, laissant bien souvent échapper par les commissures des lèvres une bave écumeuse; pouls petit, vite, filant et irrégulier; battements du cœur tumultueux; respiration accélérée, accompagnée de dyspnée; conjonctives d’un rouge-bleuâtre; diarrhée violente, et un jetage jaunâtre et sanieux par les naseaux; température générale d’abord très-élevée, entre 41 et 42°, puis diminuant progressivement, à mesure que la terminaison fatale approche.
3° Le charbon symptomatique qui, outre les symptômes généraux à peu près identiques dans toutes les maladies charbonneuses, présente, à l’extérieur, et sur diverses parties du corps, des tumeurs, variables par leur forme, leur volume, leur aspect et leur position. Elles sont constituées d’abord par une simple nodosité, placée dans le tissu cellulaire sous-cutané et dont le volume augmente rapidement, au point d’acquérir, en quelques heures, une grosseur parfois considérable. Ces tumeurs sont généralement œdémateuses ou emphysémateuses et toujours crépitantes. Chez le porc les engorgements charbonneux sont remplacés par des taches rouges ou brunâtres, particulièrement aux oreilles, au cou, sous le ventre et à la face interne des cuisses. Ces taches, qui sont d’abord séreuses et dont les soies et l’épiderme s’arrachent aisément, deviennent ensuite de larges plaques gangréneuses. Les tumeurs charbonneuses, au lieu d’apparaître à la surface du corps, sont quelquefois localisées dans la bouche; ce sont d’abord des phlyctènes et plus tard des plaies ulcéreuses, existant aux côtés de la langue, aux gencives et à la face interne des lèvres. Autrefois on donnait à ce mode de manifestation du charbon le nom de glossanthrax. Toujours chaudes et douloureuses au début, les tumeurs charbonneuses deviennent ensuite froides et indolentes. Le sang extravasé de ces œdèmes contient de nombreux microbes, mais d’une espèce autre que la bactéridie.
Le charbon, décimant aussi souvent la basse-cour, on peut le reconnaître aux signes suivants que présentent les volailles: plumes hérissées, ailes pendantes, taches ecchymatiques noires sous la peau, crête couleur lie de vin, diarrhée fétide, bec entr’ouvert et coma profond.
Dans toutes les affections charbonneuses, si l’on fait une saignée d’essai, celle-ci est baveuse; le sang retiré est noir, poisseux et se coagule difficilement. Ce sang se décompose et se putréfie très-vite, et l’examen microscopique y constate la présence de bactéries en quantité innombrable.
Les soins à donner aux animaux affectés de charbon dépendent beaucoup de la forme de la maladie.
Dans la fièvre charbonneuse foudroyante le vétérinaire arrive presque toujours après la mort des animaux; d’autres fois ses soins sont tout à fait superflus. Il doit alors borner son intervention aux moyens prophylactiques pour le reste du troupeau: prescrire les règles hygiéniques ordonnées par la loi; faire administrer aux troupeaux suspects ou menacés le salicylate de soude et de quinine, de 3-6 granules de chaque, quatre ou cinq fois par jour et sel vétérinaire en dissolution dans les boissons. Ce traitement doit être ponctuellement exécuté, à moins que le vétérinaire soit à même de pratiquer, séance tenante, l’inoculation préventive de tout le troupeau.
Le traitement interne de la fièvre charbonneuse, à marche plus lente, comporte deux indications: il faut, d’un côté, réveiller et soutenir la vitalité de l’organisme, et de l’autre, combattre directement l’agent morbide qui produit l’intoxication charbonneuse. Dans tous les cas, il faut agir avec célérité, pour arrêter les progrès de l’empoisonnement et prévenir la localisation des lésions organiques.
Il faut isoler le malade et assainir immédiatement sa place, voire même toute une habitation, par un blanchissage à la chaux, l’enlèvement de la litière et des matières fécales, qui seront détruites par le feu, et un bon lavage de l’aire de l’habitation avec de l’eau acidulée d’SO3, après quoi l’on pourra faire des aspersions phéniquées, salicylées. Placer le charbonneux dans une écurie saine et bien aérée. Administrer coup sur coup (tous les quarts d’heure), l’arséniate de strychnine, pour prévenir ou combattre la paralysie de la moelle allongée et relever la dépression adynamique causée par l’infection bactéridienne; le salicylate de soude et un sel de quinine, comme antifermentatifs ,et antiputrides (toutes les demi-heures); le chlorhydrate de morphine et l’hyosciamine contre les douleurs de l’abdomen. Contre l’hématurie, si fréquente chez le mouton, la diarrhée et le jetage sanguinolent, on donne l’ergotine, toutes les heures.
Avec la médication antivirulente, on agit directement sur le sang, dont on détruit rapidement la virulence. On fait, dans ce but, des injections sous-cutanées et même intraveineuses, d’acide phénique, d’acide thymique, et mieux d’iode ioduré au 2/100, c’est-à-dire que l’on fait un mélange d’iode 2 grammes, d’iodure de potassium 4 grammes et d’eau distillée 100 grammes. Dans cette proportion, l’iodure de potassium atténue les propriétés irritantes de l’iode et le rend plus soluble dans l’eau. Ces injections doivent être faites sur divers points du corps et renouvelées selon la gravité du cas. On a constaté que ces médicaments possédaient, au plus haut point, la propriété de neutraliser l’agent toxique dans l’empoisonnement charbonneux.
Pour ce qui concerne le charbon symptomatique, il faut, s’il y a menace d’épizootie, faire exécuter, d’une façon rigoureuse, les prescriptions de police sanitaire et employer les moyens prophylactiques déjà indiqués plus haut.
Si le charbon est déclaré, on nettoie d’abord le tube digestif avec le sel vétérinaire Chanteaud, et l’on se conduit comme nous venons de l’indiquer. Le traitement local contre les tumeurs charbonneuses, doit uniquement consister en injections sous-cutanées d’une solution iodurée au 1/100, de façon à faire baigner, en quelque sorte, les tumeurs dans le liquide antivirulent. Avec cette médication on circonscrit également le volume de ces tumeurs.
Le charbon consistant dans une altération du sang, il est indispensable de reconstituer ce liquide; à cet effet, on prescrit les arséniates ou les salicylates de fer, de soude et la quassine.
La digitaline peut être donnée comme sédatif du cœur.
Il n’est pas inutile de rappeler ici que, d’après les nouvelles découvertes de la science, les cadavres d’animaux charbonneux ne doivent plus être enfouis dans le sol, parce que l’enfouissement, en conservant vivaces les spores de la bactéridie, est un lieu de culture pour les maladies charbonneuses dans les pays où elles sévissent habituellement. Il faut détruire les cadavres charbonneux, soit par les procédés de l’équarrissage, soit au moyen de l’incinération ou crémation des corps tout entiers, afin qu’il ne reste point de germes virulents.
Enfin, pour terminer, nous dirons que l’on peut aujourd’hui préserver sûrement tous les animaux des atteintes des maladies charbonneuses, au moyen de la vaccination préventive, qui confère l’immunité, pendant un laps de temps encore indéterminé. Mais le charbon bactéridien différant complètement, par sa nature, du charbon symptomatique, il va sans dire que le procédé d’inoculation préventive doit nécessairement varier dans les deux cas. Ainsi la vaccination contre la fièvre charbonneuse se pratique avec le virus bactéridien atténué, découvert par M. Pasteur, tandis que, contre le charbon symptomatique, elle se fait avec le virus naturel dans toute son énergie, que l’on introduit, au moyen d’une injection intra-veineuse, directement dans le milieu sanguin où, d’après les récentes et belles recherches de MM. Arloing, Cornevin et Thomas, ce virus infectieux joue le rôle de vaccin. Le moment n’est, probablement pas éloigné ou, par la vaccination préventive, devenue une mesure obligatoire, surtout dans les localités où les maladies charbonneuses règnent épizootiquement, on rendra fort rares ces terribles affections.
CHOLÉRA DES VOLAILLES.
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C’est la maladie la plus meurtrière de toutes celles qui atteignent nos animaux de basse-cour. Eminemment contagieuse et virulente au plus haut degré, le typhus épizootique des volailles frappe les poules, dindes, faisans, pintades, canards, oies, pigeons et lapins.
Les signes qui caractérisent la maladie sont: tristesse, inappétence, diarrhée fétide, stupeur, ailes tombantes, plumes hérissées, coloration brunâtre ou violette de la crête et température égalant 43°. Elle a une courte durée, deux ou trois jours au plus; souvent même les malades succombent dans l’espace de quelques heures.
Le choléra des oiseaux de basse-cour est de nature microbienne; ce sont des parasites microscopiques qui en constituent l’élément virulent et l’agent de la contagion. Par leur rapide pullulation dans l’organisme ces cryptogames altèrent le fluide sanguin, aux dépens duquel ils vivent en le désoxygénant et en le rendant impropre à l’entretien de la vie.
Il faut, dès qu’un poulailler est atteint, séparer les bêtes saines des volailles malades. Enfouir profondément les animaux morts ou non consommés, de même que leurs déjections, et même mieux, les détruire par le feu. Désinfection soignée du poulailler; il faut gratter les murs et le plancher et faire un long lavage soit avec de la lessive chaude, soit avec de l’eau acidulée d’SO3, qui a la propriété de détruire les germes virulents. Blanchissage des parois avec un lait de chlorure de chaux et fumigations désinfectantes dans l’intérieur du poulaillier avec un mélange de CaCI trois parties, de SO3 ½ et de HO 1 ½ ; à cet effet on met le sel de chaux dans un grand vase, on y verse l’eau et on remue bien le mélange avec un long bâton; ensuite on y verse l’acide, en remuant avec le bois, afin d’éviter les inhalations de Hcl, gaz irritant pour les bronches et le poumon. Après cette opération on ferme hermétiquemeni le poulaillier pendant deux jours environ, après lesquels on ouvre portes et fenêtres, afin de permettre le renouvellement de l’air. On ne doit faire réoccuper la basse-cour, ainsi désinfectée, qu’au bout de plusieurs semaines.
Le traitement prophylactique et même curatif consiste dans l’emploi d’une infusion ou décoction de geranium Robertianum, dans laquelle on fait dissoudre préalablement de l’acide phénique ou de l’acide salicylique.
Aux sujets de prix on peut donner des granules de salicylate de quinine, de deux à quatre grains chaque heure, et arséniate de caféine pour combattre la stupeur.
Nourriture tonique et séquestration complète de la ferme infectée.
Mais pour éviter que ce fléau fasse irruption dans les basse-cours, pour prévenir ses effrayants ravages, le meilleur sera de recourir à la vaccination préventive en masse, soit avec le virus atténué de M. Pasteur, soit avec le sang de lapins morts de septicémie et obtenu par M. Toussaint. L’inoculation préservatrice devra se faire à l’extrémité de l’aile.
CHOLURIE.
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Maladie se traduisant par les signes de l’ictère et produite par l’accumulation dans le sang des principes acides de la bile, qui, à la place de se transformer en urée, se changent en matières colorantes. Dans cette affection l’urine prend une couleur jaune très-foncée et donne une réaction acide. On constate la présence dans l’urine des matières colorantes de la bile, en la traitant par l’acide azotique; ce liquide prend alors une teinte verte, passant au violet, puis au bleu et enfin au rouge.
Cette maladie est fréquente sur les bêtes bovines, qui deviennent maigres, avec une faiblesse de l’arrière-train, le poil terne et hérissé, la peau collée aux os, les yeux enfoncés dans les orbites et les muqueuses présentant une teinte ictérique prononcée. Le lait devient jaunâtre et exhale une mauvaise odeur.
La cholurie est combattue par l’arséniate de strychnine et la digitaline, donnés quatre fois par jour; sel Chanteaud dans les boissons. Enfin on stimule le foie avec la quassine. Régime analeptique: orge, seigle, tourteaux, gâteaux de graines de lin, trèfle séché, bon regain, soupes, etc.
CHORÉE.
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Encore appelée danse de Saint-Guy, cette affection consiste dans des mouvements continuels, irréguliers et involontaires, d’un certain nombre des organes mus par le système locomoteur volontaire. Elle est très-fréquente chez les chiens épuisés par la maladie du jeune âge.
Les jeunes chiens atteints de chorée, étant affaiblis, on leur donne une nourriture alibile: lait, viande, jus de viande et on prescrit, trois fois par jour, la quassine, l’arséniate de fer et même le sulfate de strychnine ou la brucine, environ six granules par jour.
Contre le symptôme chorée, on donne le camphre mono-bromé, le phosphore ou le valérianate de zinc, deux granules environ six à huit fois par jour, suivant l’intensité des mouvements choréiques. L’hyosciamine, à la dose de 4-5 granules par jour, a également réussi. Il est rare que la chorée, ainsi traitée, résiste à cette médication, surtout lorsque celle-ci est bien conduite.
On observe assez souvent la chorée aiguë chez le cheval, surtout à la suite d’impressions vives. Les mouvements continuels irréguliers et involontaires peuvent frapper une ou plusieurs régions. Cette affection disparaît rapidement sous l’influence de l’hydrate de chloral et du camphre mono-bromé.
CLAVELÉE.
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Maladie éruptive, virulente et éminemment contagieuse, propre aux bêtes à laine et caractérisée par une éruption de pustules semblables d’aspect à celles du cowpox et de la variole de l’homme. C’est la petite vérole des moutons.
La clavelée revêt le plus souvent la forme enzootique ou épizootique et n’affecte qu’une fois le même individu. On donne le nom de claveau au liquide virulent des pustules; il renferme une grande quantité de vibrions qui sont les agents de la contagion.
La clavelée régulière et discrète est généralement bénigne, tandis qu’elle devient souvent mortelle sous la forme irrégulière et confluente.
On peut reconnaître à la clavelée régulière cinq périodes:
1° Période d’incubation, qui dure de 6-12 jours et pendant laquelle l’animal garde toutes les apparences de la santé.
2° Période d’invasion, caractérisée par de la tristesse, de l’abattement, la perte d’appétit et une fièvre générale; sa durée est de 3-6 jours.
2° Période d’éruption, avec apparition de points ou taches rouges, lesquelles se transforment peu à peu en nodosités hémisphériques aplaties; sa durée est de 3-6 jours.
4° Période de sécrétion, avec transformation des boutons claveleux en vésicules ombiliquées renfermant un liquide limpide, jaunâtre, lequel devient ensuite purulent et se concrète.
5° Enfin la période de dessiccation ou de desquammation, caractérisée par le desséchement et la chute des croûtes, qui laisse à nue la cicatrice des pustules.
La durée individuelle de la clavelée est d’environ trois semaines; mais cette affection n’atteint pas tout le troupeau à la fois, parce qu’il n’y a pas prédisposition égale chez tous les sujets. Il y a généralement trois périodes d’attaque, appelées bouffées ou lunées, ayant ensemble une durée de 3-4 mois.
La clavelée irrégulière et confluente est toujours très-grave et bien souvent mortelle. Dans ce cas, comme dans toutes les fièvres éruptives, c’est la fièvre qui tue, car l’intensité de celle-ci est parfois si considérable, qu’elle fait périr les animaux avant que l’éruption ait pu se produire. De nombreuses complications viennent souvent aggraver cette forme de la maladie d’une façon déplorable; ce sont: la pyohémie, les destructions gangréneuses de la muqueuse des cavités nasales, buccale et pharyngienne; l’inflammation des voies respiratoires; les ulcérations de la muqueuse de l’appareil digestif occasionnant une diarrhée opiniâtre; les tumeurs ganglionnaires; des abcès sous-cutanés; des kératites ulcéreuses; des ophthalmies purulentes; l’avortement des femelles pleines, etc.
Quand la clavelée fait irruption dans un troupeau, on doit faire la déclaration exigée par la loi, isoler ce même troupeau et suivre, d’une façon absolue, les lois de la police sanitaire. En même temps, le vétérinaire chargé du service des épizooties, devra pratiquer la clavelisation de toutes les bêtes encore saines du troupeau, c’est-à-dire l’inoculation prophylactique avec du claveau pris sur une bête affectée de clavelée régulière. On devra choisir de la matière virulente claire, visqueuse et roussâtre, c’est-à-dire qu’elle devra être prise entre la deuxième et la troisième période, et la prendre sur une bête jeune et vigoureuse. L’opérateur fait, avec une lancette, une piqûre sous-épidermique, dans laquelle il dépose en même temps le virus; il doit pratiquer l’inoculation à proximité de la base de la queue. Généralement on fait trois piqûres à chaque sujet. La clavelisation est une mesure de prudence et tout avantageuse, parce qu’elle fait naître chez le sujet inoculé une maladie artificielle, à marche généralement bénigne; d’un autre côté elle abrège de beaucoup la durée de l’épizootie.
Il faut donner aux moutons malades des aliments de facile digestion et y mêler un peu de sel marin. En même temps il faut vigoureusement combattre la fièvre, vu que l’expérience a démontré que sans fièvre, la clavelée reste régulière et discrète, contre laquelle des soins hygiéniques sont suffisants. Il faut donc administrer, coup sur coup, l’aconitine, la vératrine, la digitaline, une ou plusieurs de ces substances, suivant la gravité du cas.
On relève les forces vitales au moyen de l’arséniate de strychnine uni à l’acide phosphorique, deux granules de chaque quatre ou cinq fois par jour. Si les animaux sont affaiblis, épuisés, on prescrit la quassine pour exciter l’appétit et l’arséniate de fer comme reconstituant du sang. S’il y a diarrhée persistante, on s’en rend maître avec sous-nitrate de bismuth, acide tannique ou ergotine, deux grains quatre à cinq fois par jour.
Les plaies ulcéreuses sont lotionnées avec une solution d’hydrate de chloral, d’acide salicylique ou d’acide phénique, ou encore avec une solution de sulfure de calcium.
Dans le cas de lésions dans la bouche on prescrit des gargarismes avec une solution peu concentrée d’hydrate de chloral ou d’acide salicylique. Traiter les complications, s’il en survient.
CLOU DE RUE.
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Blessure de la face plantaire du sabot, déterminée par des corps aigus ou tranchants sur lesquels le solipède marche. Au début, ne pas se hâter d’opérer. Il faut déferrer le pied boiteux, retirer le corps vulnérant, amincir la sole et mettre le fond de la plaie à découvert, autant que possible. On panse ensuite, selon les cas, avec du digestif ordinaire, de l’onguent égyptiac, de la teinture d’aloès, le sulfate de cuivre, la liqueur de Villate, la teinture d’iode, l’acide phénique, la poudre de sublimé, la glycérine iodée au tiers. On maintient le pansement en place avec des éclisses. Les bains astringents avec un mélange à parties égales de sulfate de cuivre et de sulfate de fer (200 grammes de chaque dans six litres d’eau) sont également très-efficaces. Ces simples soins suffisent souvent pour obtenir une rapide cicatrisation du clou de rue simple ou superficiel.
Si la piqûre de la zone antérieure a entamé l’os du pied, on enlève toutes les parties décollées de la sole, puis on rugine l’os avec une rainette et on panse avec de l’alcool phéniqué. On peut également provoquer la chute de la portion d’os carié, au moyen d’une petite application d’SO3 médication permettant d’obtenir une escharre circonscrite.
Lorsqu’il y a plaie fistuleuse, avec écoulement synovial, soit tendineux, soit articulaire, on peut boucher la fistule par l’introduction d’un petit trochisque de sublimé ; d’autres fois il est préférable de débrider et de recourir à l’irrigation continue d’eau fraîche, qu’on conduit directement sur la plaie fistuleuse à l’aide d’un tube de caoutchouc convenablement fixé.
S’il se forme un abcès sur la couronne, on le ponctionne.
Mais si le clou de rue est trop profond et compliqué, s’il y a des délabrements plus ou moins étendus à la sole et à la fourchette, s’il y a écoulement d’une synovie purulente et enfin que la boiterie soit très-intense, il faut se décider à pratiquer l’opération du clou de rue pénétrant.
Dans tous les cas, si la douleur est vive et qu’il existe une réaction fébrile, on les combat dosimétriquement; on donne les alcaloïdes défervescents pour faire tomber la fièvre, et un sel de strychnine pour relever les forces; de cette façon la guérison devient plus sûre et se fait plus vite.
COLIQUES.
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Terme générique pour désigner des douleurs qui caractérisent un certain nombre de maladies de l’abdomen. La colique est donc un symptôme consistant dans la tendance qu’ont les animaux à se rouler, à trépigner, à gratter avec les pieds.
Le traitement des coliques diffère suivant les causes qui les provoquent. Voir congestion intestinale, indigestion, entérite, météorisme, hernie, néphrite, cystite, etc.
Il n’est pas inutile de rappeler ici que l’on doit, autant que possible, empêcher les animaux de se livrer à des mouvements désordonnés, lesquels entraînent bien souvent une déchirure de l’estomac ou du gros côlon, soit encore un volvulus, une invagination, une hernie quelconque.
CONGESTION
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On désigne sous ce nom tout afflux ou accumulation du sang dans les vaisseaux d’un organe d’ailleurs sain, soit par suite de l’exagération de la force impulsive du centre circulatoire, soit par suite de la paralysie des nerfs vaso-moteurs et des vaisseaux de l’organe, amenant la stagnation et par conséquent l’accumulation du sang dans cet organe.
On traite les congestions suivant les causes qui les déterminent.
Congestion intestinale. — Accumulation du sang dans l’appareil digestif; elle est très-fréquente chez le cheval et caractérisée par de violentes coliques. L’animal n’a pas un moment de repos; il se couche et se relève sans cesse, se roule sur le dos; il se laisse tomber sur le sol comme une masse inerte, sans avoir conscience du danger de sa chute. Le pouls, fort et dur, accuse environ 70 pulsations par minute; les muqueuses sont rouges, souvent violacées et les reins raides. Les battements du cœur sont exagérés, parfois irréguliers, et la température toujours un peu baissée. Il y a arrêt des mouvements péristaltiques dans la portion du viscère intéressée et forte hyperhémie de la muqueuse intestinale. La météorisation accompagne presque constamment cet état pathologique; elle est due à la décomposition des gaz intestinaux et non à la fermentation des matières alimentaires. Les gaz intestinaux produits, tels que C02, C0 ou HS, gênent la respiration, produisent de la dyspnée et empêchent l’hématose complète du sang; il s’ensuit une véritable intoxication, une sorte d’asphyxie lente, ce qui explique l’anéantissement de tout instinct de conservation.
Le point de départ de la congestion intestinale consiste dans l’arrêt d’une embolie dans une des ramifications de l’artère grande mésentérique, surtout dans celles qui se rendent au cœcum et au côlon; cette embolie est due à l’existence d’un anévrysme vermineux de l’artère mésaraïque.
La maladie a une marche très-rapide; aussi faut-il y porter remède le plus tôt possible.
Il faut faire, au début, une saignée large et prompte de 2-6 litres, suivant la taille, la force, l’âge et la race du sujet, puis un bouchonnement vigoureux sur toute la surface du ventre, préalablement aspergé avec de l’essence de térébenthine, aiguisée d’un peu d’Az H3.
Mais cette médication est très-souvent insuffisante; il faut chercher à calmer les douleurs intestinales pour éviter des complications rapidement mortelles. A cet effet, on fait prendre, toutes les dix minutes au moins, du sulfate de strychnine, dans le but de combattre la paralysie des nerfs vaso-moteurs; du chlorhydrate de morphine contre l’élément douleur, et enfin de l’hyosciamine contre le spasme, vingt granules de Chaque à la fois.
Si malgré l’emploi de ce traitement les coliques tendent à persister (ce qui est rare), on donne, d’un seul coup, 20 granules de chlorhydrate de morphine et 20 d’hyosciamine, dose qu’on répète toutes les dix minutes, jusqu’à amélioration sensible. Le malade s’assoupit bientôt, se couche sur la litière et s’endort pour se réveiller sans coliques.
Tant que l’animal se tourmente, il doit être promené au pas et tenu en main; des lavements mucilagineux, avec une décoction de graine de lin, sont administrés toutes les demi-heures au moins.
Après la disparition des coliques on soumet le cheval à une demi-diète et on lui donne des boissons tenant en dissolution du sulfate de magnésie. On accorde au malade deux jours de repos avec promenade matin et soir.
Congestion pulmonaire. — Voir Pneumonie.
Congestion de la moelle. — Voir Paraplégie.
Congestion cérébrale. — Voir Vertige.
CONJONCTIVITE.
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Inflammation de la membrane muqueuse qui tapisse la face antérieure de l’œil et la face interne des paupières. Elle peut être essentielle ou symptomatique.
L’essentielle, qui est occasionnée par des blessures, l’introduction de corps étrangers dans l’œil, quelquefois par des brûlures, n’exige que des soins externes. Si un corps étranger quelconque s’est introduit accidentellement dans le sac conjonctival, il faut de suite débarrasser celui-ci de sa présence. On combat l’inflammation locale et le larmoiement au moyen du collyre suivant: H0 40 grammes, sulfate de zinc 0gr.18 et chlorhydrate de morphine 0gr04. On écarte et relève chaque paupière, sur la conjonctive de laquelle on applique ensuite le collyre à l’aide d’un petit pinceau ou d’une plume de pigeon (trois fois par jour). On obtient aussi un bon résultat en déterminant sur la muqueuse hyperhémiée une inflammation dérivative, au moyen du crayon de nitrate d’argent.
La conjonctivite symptomatique, signe d’une maladie interne, est intimement liée à celle-ci; il s’ensuit que son traitement dépend entièrement de l’affection qui l’engendre.
CONVULSIONS.
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On a donné ce nom à une contraction involontaire et instantanée des muscles, assez énergique pour produire un mouvement irrégulier du tronc et des membres. La convulsion est tantôt persistante, tantôt intermittente.
Les jeunes chiens, surtout ceux à tempérament nerveux et élevés dans les appartements, sont assez souvent sujets à des convulsions, qui effraient le propriétaire au point de lui faire croire à la rage.
Dans cette affection, l’animal paraît affolé, les yeux pirouettent dans leurs orbites, une bave écumeuse s’échappe par les commissures des lèvres; le malade pousse des aboiements plaintifs et s’en va courir de tous côtés, ce qui indique un désordre grave dans les fonctions de l’innervation.
L’hydrate de chloral et le camphre mono-bromé, administrés par petites doses, d’autant plus rapprochées que le mal est plus aigu, se rendent rapidement maîtres de cette maladie si effrayante à priori,
Quand les convulsions des jeunes chiens ont un caractère nettement intermittent et moins aigu, elles reconnaissent généralement pour cause des vers intestinaux. (Voyez Maladies vermineuses de l’intestin.)
COR.
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Mortification limitée en un point du tégument cutané ; elle est le résultat d’une contusion souvent lente et continue, accompagnée d’une désorganisation de la peau.
Les cors de la nuque, du garrot, du dos et des reins ne sont pas toujours exempts de complications; de ce nombre sont les collections purulentes profondes, les fistules, la carie des ligaments et des os.
On guérit rapidement les cors en provoquant leur élimination. D’abord onctions avec un corps gras, ou mieux application d’une petite couche de vésicatoire. Le moment venu, on enlève le cor par dissection, avec le bistouri ou des ciseaux; ensuite on applique sur la plaie de l’onguent égyptiac, de la liqueur de Villate, de la poudre de tan. On combat les complications, s’il en existe.
Il faut modifier aussi les harnais pour éviter la compression et le frottement sur la plaie.
CORNAGE.
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Bruit particulier consistant en un ronflement plus ou moins fort produit par le passage de l’air dans les voies respiratoires. Ce n’est pas une maladie à proprement parler, mais un symptôme de divers états pathologiques gênant les mouvements de l’inspiration et de l’expiration. Très-fréquent sur l’espèce chevaline.
On distingue le cornage aigu ou temporaire et le cornage chronique.
Le cornage aigu, du à un état maladif récent, est généralement continu; la respiration est bruyante, pénible, plus ou moins laborieuse, au point de pouvoir entraîner parfois une asphyxie imminente. Le cornage aigu disparaît toujours avec la maladie dont il est l’un des symptômes. Ses causes déterminantes sont: les raclures récentes des sus-naseaux, des sus-maxillaires ou des palatins; les contusions sur les parties composantes des cavités nasales entraînant une déformation de la cloison médiane ou des cornets et une tuméfaction locale ou générale de la membrane muqueuse; la compression violente du larynx ou de la trachée; l’inflammation des ganglions lymphatiques situés à l’entrée de la poitrine; les collections purulentes des poches gutturales; l’introduction d’un corps étranger dans les voies respiratoires, enfin la paralysie des nerfs pneumogastriques, laryngés ou récurrents, ce qui entraîne l’inaction des muscles du pharynx et du larynx. Nous croyons être dans le vrai en admettant que sur 100 cas de cornage les huit dixièmes sont dus à une paralysie nerveuse. On observe le cornage aigu dans la plupart des maladies catarrhales des cavités nasales, du larynx et des bronches, dans la gourme, parfois dans l’anasarque, etc.
Le cornage chronique, du à des lésions anciennes, est généralement intermittent et ne devient bien appréciable que par l’exercice.
Le cornage chronique, considéré par quelques auteurs comme héréditaire, est un vice grave qui compromet les services du cheval et lui enlève une grande partie de sa valeur commerciale. Il est toujours dû a des lésions chroniques qu’on a laissées s’établir petit à petit, faute d’avoir employé dès le début une médication rationnelle. Ses causes habituelles sont: des tumeurs ou altérations pathologiques existant dans les divers conduits de l’appareil respiratoire; une déformation persistante de l’une ou de l’autre des parties composantes des cavités nasales; l’atrophie des muscles du pharynx et du larynx, ce qui entraîne un rétrécissement de la glotte; le resserrement ou aplatissement d’un ou de plusieurs cerceaux de la trachée; le gonflement et l’induration des ganglions antéthoraciques; les lésions diverses du système nerveux présidant aux fonctions de la respiration. La prudence exige qu’on éloigne de la reproduction tout étalon corneur.
Dans toutes les affections où il existe du cornage, on doit combattre ce symptôme avec l’arséniate de strychnine et l’hyosciamine ou l’atropine, dont on précipite les doses suivant la plus ou moins grande gêne de la respiration. En procédant ainsi dès le début des malaladies aiguës, on combat directement la paralysie nerveuse, on prévient les altérations organiques locales qui en sont la conséquence et on rendra le cornage chronique de plus en plus rare.
S’il y a imminence d’asphyxie on pratique la trachéotomie, on applique un tube ad hoc et on ne ferme l’ouverture de la plaie trachéale que lorsque la maladie aiguë est guérie. L’opération de la trachéotomie, faite sur des chevaux très-corneurs, permet d’utiliser ceux-ci, souvent fort longtemps, à un service actif, voire même à des allures rapides; seulement il ne faut pas négliger les soins de propreté que l’on doit constamment donner à la plaie de la trachée et au tube qui doit s’adapter à demeure à celle-ci.
Dans tous les cas, il faut convenablement traiter les maladies aiguës susceptibles de produire du cornage; il faut traiter les engorgements de la tête avec les fondants et les vésicants, ponctionner les abcès, pratiquer l’hyospondylotomie, extraire les corps étrangers, extirper les tumeurs molles ou osseuses et les cornets ossifiés, réduire les fractures des divers os composant les cavités nasales, extraire les esquilles et entourer les plaies de soins intelligents, etc.
CORYZA.
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Inflammation catarrhale de la membrane muqueuse des fosses nasales. Le coryza peut être aigu ou chronique.
Le coryza aigu s’annonce par un état général de malaise, des éternuements ou ébrouements, une toux d’abord sèche, un écoulement abondant par les deux narines d’un jetage d’abord limpide, visqueux, puis blanc et muco-purulent.
Quand le coryza passe à l’état chronique, la matière du jetage devient souvent fétide, de mauvaise apparence et se dessèche au pourtour des naseaux. On peut également constater sur la cloison médiane de petites ulcérations, qu’il ne faut pas confondre avec les chancres morveux. Bien souvent aussi, par suite de l’extension de la phlegmasie à la muqueuse des sinus frontaux et maxillaires, ainsi qu’à celle des poches gutturales, il se forme des collections mucoso-purulentes dans ces cavités.
Enfin il n’est pas rare de voir le coryza se compliquer d’angine, de bronchite ou d’adénite, avec tuméfaction des ganglions lymphatiques de l’auge, se terminant généralement par abcédation.
Le coryza aigu, étant toujours précédé par un mouvement pyrétique, il faut combattre celui-ci avec les alcaloïdes défervescents. Fumigations avec du goudron végétal, soins hygiéniques, écurie sans courant d’air, couverture, aliments de facile digestion et sulfate de magnésie ou sel vétérinaire Chanteaud, en dissolution dans les barbotages. Ces simples soins suffisent généralement pour guérir la maladie, si on ne peut à temps enrayer son évolution naturelle.
Quant au coryza chronique, où le jetage a lieu par un seul naseau, il est très-tenace et il faut souvent pratiquer la trépanation des sinus ou l’hyovertébrotomie, avec injections détersives, si l’on veut supprimer la cause de l’écoulement nasal. En même temps l’on peut administrer l’iodoforme, le sulfure de calcium et un iodure (d’arsenic, de soufre ou de mercure), cinq granules de chaque, quatre ou cinq fois par jour. On excite l’appétit par la quassine et on donne sel vétérinaire de Chanteaud dans les boissons.
Le coryza du bœuf, surtout celui de travail, est plus grave que celui du cheval, parce qu’il se complique facilement de catarrhe des cornes. (Voir Catarrhe). Parfois aussi le coryza du bœuf se termine par gangrène; il faut alors recourir aux injections phéniquées, salicylées ou à base de permanganate de potasse, d’hydrate de chloral et prescrire l’arséniate de strychnine et le salicylate de quinine, cinq ou six grains de chaque alcaloïde toutes les heures.
Le coryza essentiel du mouton n’est généralement pas grave et n’exige que des soins hygiéniques; il n’en est pas de même de celui qui reconnaît pour cause la présence de larves d’oestres dans les cavités nasales. (Voir Maladies parasitaires).
Le coryza des porcs ou ronflement est une maladie pernicieuse qui produit souvent le marasme et pendant laquelle le nez et le groin se déforment. Cette affection est fort grave, à cause de sa tendance rapide à la gangrène; il faut faire des frictions excitantes sur le groin et administrer un sel de strychnine et un sel de quinine, deux ou trois granules de chaque toutes les deux heures. Rafraîchir l’intestin au moyen du sel vétérinaire Chanteaud, en dissolution dans les boissons, à la dose d’une cuillerée à soupe, matin et soir.
Le coryza du chien doit être traité tout à fait au début par l’émétine ou la vératrine, deux granules tous les quarts d’heure jusqu’à vomissement. Nettoyage fréquent des ailes du nez et prescription de codéine ou de cicutine et de sulfure de calcium, deux granules toutes les heures; boissons tièdes, lait, bouillon de têtes de moutons, etc.
COW-POX.
Table des matières
On désigne sous ce nom ou sous celui de vaccine une maladie contagieuse par virus fixe et qui attaque la femelle de l’espèce bovine. Epizootique et parfois enzootique, cette maladie est caractérisée par l’apparition d’un exanthème pustuleux dont le siège principal est aux mamelles. Cette affection est transmissible de la vache à la vache, à l’homme et au cheval.
L’éruption pustuleuse consiste dans le développement de papules ombiliquées, se transformant ensuite en vésicules, déprimées à leur centre, de la grosseur d’un haricot, entourées d’une auréole rougeâtre et renfermant un liquide séreux, visqueux et jaunâtre. Celui-ci contient de nombreux microzymes ou corpuscules vaccinogènes, lesquels constituent les éléments de la virulence du cow-pox. Ce virus possède la précieuse propriété antivariolique; son inoculation préserve l’homme de la petite vérole. Aussi entretient-on cette affection sur des génisses bien choisies pour avoir constamment du vaccin frais et de première qualité.
Le cow-pox est peu grave; pourtant, dans certains cas, il y a perte d’appétit et un certain mouvement fébrile, qui modifient la production laiteuse.
Le traitement de cette maladie consiste en soins de propreté et en onctions de glycérine sur les pustules. On doit toujours traire les vaches atteintes en dernier lieu, pour empêcher la contamination.
CRAPAUD.
Table des matières
Maladie chronique, externe et essentiellement parasitaire du pied des solipèdes, caractérisée par une sécrétion caséeuse qui se substitue à celle de la corne et par le développement de tumeurs appelées fies à la surface des parties dénudées, principalement à la fourchette. L’agent parasitaire de cet état morbide est un pseudo-vibrion, découvert par M. Mégnin et auquel celui-ci a donné le nom de kéraphyton.
Mettre nettement à découvert toute la partie malade du sabot, et amincir la corne tout autour du mal, puis exciser les fies avec une feuille de sauge ou des ciseaux partout où ils existent. Il faut cependant éviter d’empiéter sur les parties vives. On applique ensuite un fer à dessolure et l’on procède au pansement avec une substance médicamenteuse propre à modifier la sécrétion de la corne. On recouvre ensuite le pansement avec des éclisses. Le pansement dans le crapaud doit se faire tous les jours, et même matin et soir, si l’on veut avoir plus de réussite dans le traitement. Les agents thérapeutiques qui se sont spécialement montrés utiles dans le traitement du crapaud, sont: le goudron de bois, la créosote, l’huile de cade, l’acide phénique, le perchlorure de fer, l’onguent égyptiac de Schaak, la teinture d’iode, le chlorure de chaux, la chaux éteinte, le sulfure de calcium, etc.
Quand il existe de profondes altérations, on est parfois obligé de pratiquer des opérations assez compliquées, notamment la dessolure plus ou moins complète, selon les cas. Malgré cela il y a souvent des rechutes au bout de quelques mois, et finalement il est préférable de sacrifier ces animaux, pour éviter un traitement long, fatigant et dispendieux.
Le traitement du crapaud, étant le plus souvent de longue durée, il faut prévenir l’affaiblissement des sujets affectés et modifier la constitution de l’organisme, au moyen des arséniates de fer, de soude, de manganèse, cinq granules quatre fois par jour.
CRAPAUDINE.
Table des matières
Encore appelée mal d’âne, à cause de sa fréquence sur cette espèce animale, la crapaudine consiste dans une altération de la sécrétion cornée du bourrelet. La substance cornée de la région antérieure de la couronne se trouve déformée et est sillonnée par des crevasses transversales.
Il faut amincir avec la rainette et la feuille de sauge la corne fendillée qui recouvre le bourrelet périoplique, puis cautériser ce dernier superficiellement avec un pinceau trempé dans l’acide azotique. Entretenir la souplesse de la corne au moyen de l’onguent Hévid.
CREVASSES,
Table des matières
Solutions de continuité affectant le pli du pâturon; elles peuvent tantôt naître accidentellement, tantôt tenir à un état constitutionnel des animaux.
Pansements, suivant les cas, avec extrait de saturne, teinture d’aloès, un mélange de glycérine et de perchlorure de fer, la liqueur de Villate. Quand il y a plaie, on saupoudre celle-ci avec amidon et poudre de tan, parties égales.
Les crevasses, étant fréquentes sur les chevaux lymphatiques, hydro-anémiques, il faut relever les forces avec arséniates de strychnine, de fer, de manganèse. Il est bon d’interrompre le travail dans les premiers temps du traitement et puis éviter l’action irritante de la boue. Les mamelons du pis des vaches sont quelquefois le siège de crevasses, qu’on guérit avec des onctions de glycérine saturnée. Eviter les froissements résultant de la traite et faire sortir le lait à l’aide de tubes trayeurs.
CROUP.
Table des matières
Voir Diphthérite.
CYSTITE.
Table des matières
Inflammation de la vessie produite par une cause quelconque. Elle s’annonce par des coliques sourdes, des piétinements sur place, des envies fréquentes d’uriner, sans que l’animal puisse satisfaire ce désir, ou s’il y parvient, l’urine s’échappe en petite quantité, par jets et avec une grande difficulté, provoquant même des plaintes, surtout si le ténesme a pour siège le col vésical. Il y a dysurie, ischurie, strangruie. L’urine excrétée est tantôt claire et aqueuse, d’autres fois sédimenteuse, trouble, rougeâtre ou sanguinolente. Par suite de la rétention et de l’accumulation de l’urine dans la poche vésicale, celle-ci se distend outre mesure et, en fouillant le rectum, elle se présente sous la forme d’une tumeur dure, tendue et fluctuante. Le mâle a la verge pendante, tandis que chez la femelle la vulve s’ouvre et se ferme alternativement. L’animal a perdu l’appétit; par contre la soif est très-vive. La fièvre est toujours intense, la défécation pénible, car. les excréments sont souvent secs et coiffés. La région hypogastrique se montre douloureuse à la pression.
Il faut se hâter de remédier à cet état de choses, sans quoi les souffrances et l’agitation augmentent, l’anxiété se manifeste et la vessie finit par se rupturer. Il y a épanchement dans la cavité abdominale et il se déclare une péritonite rapidement mortelle. Entre autres complications, on peut encore citer: la gangrène, caractérisée par des douleurs atroces et l’expulsion d’une urine de couleur noirâtre; la formation d’abcès dans les parois de l’organe; l’état chronique ou catarrhe vésical, caractérisé par une excrétion de pus de la muqueuse.
On fait tomber la fièvre par les défervescents, administrés toutes les demi-heures. Contre le spasme, la strangurie et la paralysie, on prescrit le sulfate de strychnine uni à l’hyosciamine. Enfin contre l’élément douleur on donne le chlorhydrate de morphine et la cicutine.
Diète. Mettre à la disposition du malade de la tisane de graine de lin, tenant en dissolution un sel laxatif. Paille et barbotages pour les grands animaux, lait pour les petits.
La cystite pouvant aussi être symptomatique, il faut traiter la maladie principale; s’il y a des. calculs il faut les extraire.
En cas de nécessité absolue, on peut avoir recours au cathétérisme chez les femelles, et à l’uréthrotomie chez le mâle. La ponction de la vessie par le rectum a quelquefois été employée avec succès; mais c’est toujours un moyen extrême et l’on n’a jamais besoin d’y recourir avec la dosimétrie.
DANSE DE SAINT-GUY.
Table des matières
Voir Chorée.
DARTRES.
Table des matières
On désigne sous ce nom diverses maladies de la peau engendrées par des parasites cryptogamiques. C’est ainsi qu’on distingue:
1° La dartre tonsurante ou herpès tonsurant, assez fréquent chez le cheval et le bœuf. Due à la présence du trichophyton tonsurant, cette dartre est contagieuse du cheval au cheval, du bœuf au bœuf, d’une espèce animale à une autre et enfin aussi à l’homme, chez lequel elle détermine l’herpès circiné.
2° La dartre parasitaire du chien, produite par un champignon semblable au précédent; elle est transmissible au cheval et à l’homme.
3° La dartre ou teigne faveuse du cheval, occasionnée par un végétal, appelé Achorion Schœnleinie, lequel provient de la souris ou du chat.
L’érythème dartreux, l’urticaire chronique, le lichen, le prurigo, le psoriasis, le pityriasis, l’eczéma, l’herpès et le pemphigus dartreux, sont toutes des affections à peu près identiques.
Au point de vue de la pratique, on peut distinguer: a. la dartre sèche, caractérisée par des plaques rougeâtrès plus ou moins étendues; b. la dartre furfuracée, qui consiste dans le détachement de l’épiderme par petites écailles qu’on a comparées à du son; c. la dartre humide ou ulcéreuse, où il y a formation de petites vésicules, agglomérées sur une petite surface, lesquelles se rongent au bout de quelques jours, et alors elles exhalent un liquide vireux, jaunâtre, qui se concrète et entraîne ensuite une exfoliation épidermique.
Toutes ces affections sont caractérisées par des démangeaisons parfois très-vives, ce qui porte les animaux à se gratter ou à se frotter aux objets avec lesquels ils peuvent se mettre en contact, circonstance qui les rendent souvent difficiles à guérir. Elles sont toujours chroniques et quelquefois sujettes à récidives; alors les animaux affectés finissent toujours par succomber dans le marasme.
Quand les maladies dartreuses sont localisées, elles se guérissent bien plus facilement et plus vite que si elles affectent une grande surface ou la totalité du tégument cutané.
On emploie contre ces diverses états pathologiques de la peau des médicaments antiparasiticides, notamment des lotions de sublimé corrosif (3 à 5 grammes pour 100 grammes d’eau); des frictions avec huile de cade, créosote, pommade mercurielle, pommade camphrée et de nitrate d’argent à parties égales. Le sulfure de calcium, l’acide phénique et le perchlorure de fer, ces derniers médicaments ayant pour véhicule la glycérine, sont très-recommandables car ils nous ont procuré de nombreuses guérisons et cela très-rapidement. L’acide chromique pourrait aussi être essayé.
Il est souvent bon d’alterner l’emploi de ces substances médicamenteuses avec un bon lavage d’eau tiède et du savon noir. Il faut être prudent dans l’emploi des pommades hydrargiriques et de l’huile de cade, par exemple, surtout quand on est obligé d’appliquer ces agents thérapeutiques sur une très-grande surface; il faut alors renoncer à leur emploi, pour prévenir une intoxication rapidement mortelle.
DENTS (MALADIES DES).
Table des matières
On se rend un compte exact de la nature de ces lésions par l’examen direct de la bouche, préalablement maintenue ouverte à l’aide du pas-d’âne.
S’il y a usure irrégulière, on pratique l’abrasement des dents avec le rabot odontriteur ou une râpe ad hoc, suivant les cas.
S’il existe une carie dentaire, le meilleur est de recourir à l’extirpation de la dent malade avec un davier. La cautérisation avec la créosote ou le fer rouge n’est guère en usage en vétérinaire, parce qu’elle est difficile à pratiquer, tant sur les petits que sur les grands animaux.
DIABÈTE.
Table des matières
Maladie peu connue chez nos animaux domestiques. (Voir Polyurie.)
DIARRHÉE.
Table des matières
État morbide caractérisé par la fréquence et la liquidité des matières alvines. Il est idiopathique chez les jeunes animaux encore à la mamelle, tandis que chez les sujets adultes il est généralement le symptôme d’une autre affection. Ainsi presque toutes les maladies adynamiques et infectieuses s’accompagnent de flux intestinal.
La diarrhée peut être simple ou compliquée d’une entérite. Simple, elle est toujours bénigne et caractérisée par une expulsion d’excréments, fréquente mais non douloureuse. On n’a à lui apposer que des soins hygiéniques bien compris.
Lorsqu’elle est compliquée d’entérite, les symptômes sont plus graves. On constate de la dyspepsie, de l’accélération dans les mouvements circulatoires et respiratoires. La bouche est chaude et sèche, la langue recouverte d’un enduit fuligineux; il y a quelques symptômes de coliques et émission fréquente d’excréments, qui salissent la queue et le jarret.
La diarrhée est plus grave chez les jeunes animaux que chez les adultes. Les signes généraux sont plus alarmants, la fièvre est intense; les matières fécales, d’abord inodores, ne tardent pas à répandre une odeur acide, infecte; dans certains cas elles sont sanguinolentes. Il y a inappétence et les malades maigrissent très-rapidement.
Chez les adultes, atteints d’entérite diarrhéique, on combat le mouvement fébrile par l’emploi des défervescents; des granules d’hyosciamine et d’atropine sont donnés contre les coliques. Quand on veut arrêter le flux on a recours aux granules d’ergotine ou d’acide tannique. Les révulsifs peuvent aussi être appliqués. Des lavements amidonnés et laudanisés ou astringents, avec de la décoction d’écorce de chêne, peuvent être d’un utile secours. Changer le régime.
Chez les jeunes animaux il faut commencer par supprimer la cause. Celle-ci tient le plus souvent au lait de la mère, qui est ou trop échauffé ou trop substantiel; il faut en diminuer la ration et ne jamais faire têter quand la mère revient du travail.
Le traitement dosimétrique de l’affection est le même que celui des adultes, bien entendu à doses proportionnées à la taille et à l’intensité de la maladie. Le sous-nitrate de bismuth est un remède héroïque contre la diarrhée des jeunes animaux. A la fin du traitement on peut donner aux sujets affaiblis la brucine, la quassine et l’arséniate de fer (3 fois par jour, 1 ou 2 granules de chaque à la fois).
DIASTASHÉMIE.
Table des matières
Voir Anasarque.
DIPHTHÉRITE.
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On désigne sous ce nom une affection infectieuse, ayant pour caractère la tendance à la formation de fausses membranes, particulièrement dans les voies aériennes, notamment la muqueuse de la bouche, du nez, du pharynx, du larynx et des bronches. Les muqueuses intestinale et génito-urinaire peuvent aussi être affectées.
Désignées plus spécialement, en médecine vétérinaire, sous les noms d’angine croupale ou couenneuse, la diphthérite frappe assez rarement nos animaux domestiques. Elle atteint plus fréquemment nos poulaillers.
Le symptôme pathognomonique de cette maladie est la fausse membrane qui, d’après de récentes recherches micrographiques, doit sa propriété contagieuse à la présence d’organites, tels que le displosporium fuscum, le leptothrix buccalis et l’oïdium lactis. Le sang même des malades paraît imprégné de ces champignons.
L’importance capitale, dans cette affection, est de détruire les fausses membranes. A cet effet, on badigeonne, à l’aide d’un pinceau trempé dans du jus de citron, toutes les parties accessibles recouvertes de fausses membranes. On a constaté qu’il exerce sur la muqueuse une simple substitution irritative, et que, grâce à sa propriété antiseptique, il arrête la décomposition des fausses membranes, et, par conséquent, la résorption putride qui en est la conséquence.
L’acide phénique, le permanganate de potasse et l’acide salicylique sont employés avec avantage dans les cas de gangrène.
On ne pratique la trachéotomie que lorsqu’il y a danger imminent d’asphyxie.
Le sulfure de calcium est donné toutes les heures pour détruire le champignon. Contre le spasme on donne l’hyosciamine ou l’atropine. Sel vétérinaire Chanteaud dans les boissons.
Enfin, pour relever promptement les forces du malade, on a recours, à la fin de la maladie, à l’arséniate de strychnine comme incitant vital; à la quassine, pour exciter les fonctions digestives et à l’arséniate de fer pour reconstituer le sang.
DISTOMATOSE.
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Encore appelée cachexie ictérico-vermineuse, cette affection est chronique, parasitaire, enzootique ou épizootique. Elle frappe les ruminants et en particulier les moutons, chez lesquels elle revêt un caractère exceptionnel de gravité.
La distomatose est due à la présence, dans le foie, d’un ver trématode, appelé distome hépatique, vulgairement connu sous le nom de douve. Les œufs de distomes subissent leurs premières métamorphoses dans l’eau des mares. C’est sous forme de chrysalides qu’ils sont acrelés par les verminants pour passer de l’estomac dans les canaux biliaires, où ils prennent leur état parfait ou sexué. On les voit se loger par milliers dans le foie, dont ils déterminent l’atrophie, et, par suite, une cachexie essentielle. D’où il suit que l’état hydropique ou cachectique, n’est que l’effet symptomatique de la maladie parasitaire, en sorte que le distoma hepaticum est à l’affection ce que l’acare est à la gale, ce que la bactéridie est à la fièvre charbonneuse.
Comme pour toutes les maladies parasitaires, la cachexie ictérico-vermine use est beaucoup plus grave chez les agneaux que les moutons adultes.
Il faut, pour prévenir cette maladie, éviter les pâturages humides, les lieux trop frais, les sous-sols argileux trop souvent submergés, parce que, dans ces conditions, les troupeaux rencontrent des flaques d’eau et des mollusques servant de véhicules aux cercaires ou têtards du distome, qui seraient ainsi forcément absorbés.
Chaque fois qu’un pâturage ou une mare servant d’abreuvoir sont suspects, il faudra nourrir les animaux à la bergerie et leur distribuer des aliments secs, de bonne qualité et arrosés de sel marin. Donner de l’eau claire, potable et filtrée, au besoin, avec adjonction de sel vétérinaire Chanteaud.
L’émigration dans un lieu sec, élevé, est ordonnée toutes les fois qu’elle est possible.
Enfouir profondément le fumier provenant des bêtes malades, parce qu’il est infecté d’oeufs de distomes. Il ne devra jamais servir à engraisser les terres destinées un jour à servir de pâtures.
En procédant, comme nous venons de le dire, on combat la maladie dans ses causes, et cela est de beaucoup préférable, parce que le traitement de la cachexie aqueuse est toujours inefficace, dès qu’il y a altération organique du foie et que, d’un autre côté, la période de début est fort difficile à saisir.
La thérapeutique dosimétrique consiste dans l’emploi de la santonine, de la kousséine, de l’iodoforme et du podophyllin (deux à trois granules, trois fois par jour).
Quand les sujets sont trop affaiblis, on a recours à l’arséniate de fer, à la quassine et même à l’arséniate de strychnine (trois fois par jour).
Quand la maladie affecte un grand nombre d’animaux dans un troupeau, il est de l’intérêt du propriétaire de les livrer à la boucherie, mais avant leur dépérissement, parce qu’il arrive un moment où la viande des moutons cachectiques acquiert un aspect repoussant, n’a plus de valeur nutritive et produit chez les personnes qui la consomment, un effet plutôt laxatif que tonique; dans ce cas elle doit toujours être rejetée de la consommation.
DOURINE.
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Nom arabe de la maladie du coït. (Voir ce mot.)
DUODÉNITÉ.
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Inflammation du duodénum. (Voir Enterite.)
DYSSENTERIE.
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Phlegmasie intestinale consistant dans un flux diarrhéique plus ou moins sanguinolent.
Elle peut être sporadique ou épizootique.
La dyssenterie sporadique est le plus souvent une entérite diarrhéique très-grave. Ses signes principaux sont: dégoût de l’appétit, soif très-vive, douleurs abdominales plus ou moins intenses, épreintes, ténesme, efforts expulsifs répétés, fréquentes évacuations de /matières muqueuses sanguinolentes qui sont souvent lancées à distance.
On oppose, à cette forme de la dyssenterie, le traitement de la diarrhée grave. (Voir Diarrhée.) Parfois elle est le symptôme d’une affection générale (typhus, maladies charbonneuses, fièvre putride, clavelée); sa thérapeutique est alors sous la dépendance de cet état morbide.
La dyssenterie épizootique diffère de la sporadique par le grand nombre de sujets qu’elle atteint à la fois, dans une même localité ou région, et par l’intensité des symptômes qui l’accompagnent. La fièvre est alors intense, la bouche chaude et sèche, la langue recouverte d’un enduit fuligineux, anorexie complète, facies abattu, prostration vitale absolue, marche titubante, variations brusques de la température et déjections de matières puriformes, sanguinolentes et très-fétides.
La dyssenterie épizootique est une affection spéciale, infectieuse, et due souvent à la préhension d’aliments chargés de cryptogames, qu’on retrouve en grand nombre dans les fèces. Pour la plupart des auteurs l’infection se produit par les matières du flux dyssentérique, même les exhalations pulmonaire et cutanée.
La dyssenterie épizootique étant une maladie d’encombrement, de marches forcées et de privations, il faut, avant tout, faire disparaître les causes de la maladie.
Administrer le sel vétérinaire Chanteaud en dissolution dans les boissons. Ce sel, en raison de ses propriétés laxatives, nettoie l’intestin et calme la sensation brûlante et douloureuse dont ses parois sont le siège; faire tomber le pouls et la chaleur morbide par les défervescents (toutes les demi-heures ou toutes les heures, jusqu’à effet). Arséniate de strychnine contre la prostration vitale et chlorhydrate de morphine, atropine et hyosciamine contre les coliques et spasmes. Les sels de quinine et les salicylates contre l’élément infectieux. Enfin on combat directement le flux dyssentérique avec acide tannique ou ergotine.
Pendant la convalescence on met à la disposition des malades une nourriture alibile, de facile digestion et on peut administrer la quassine et l’arséniate de fer (trois fois par jour).
Le vétérinaire fera preuve de sagesse et de prudence en isolant, autant que possible, les malades des animaux sains.
EAUX-AUX-JAMBES.
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. Maladie locale et parasitaire de même nature que le crapaud, par conséquent mêmes indications.
Nous devons dire cependant que c’est le perchlorure de fer, uni à la glycérine, qui, de tous les médicaments possédant des propriétés phytocides, réussit le mieux dans le traitement de cette affection. Il faut alterner son emploi avec des bains de son ou un bon nettoyage avec du savon noir. La puissance antiparasitaire du perchlorure de fer est si marquée, qu’on peut avec cet agent guérir des eaux-aux-jambes chroniques, invétérées et ayant résisté à toutes les autres médications.
ÉCART.
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Boiterie dont le siège est dans l’épaule et la cause dans une distension des fibres musculaires, une lésion des surfaces articulaires ou du plexus brachial, par suite d’un effort ou d’une cause traumatique. La claudication résultant de l’écart de l’épaule varie, en gravité, suivant la nature de la lésion qui la détermine et suivant que le mal est récent ou ancien.
Au début, recourir aux douches d’eau froide ou une friction révulsive avec feu Renault. Quand la boiterie date de quelques jours, on peut encore recourir aux vésicants, mais il est souvent préférable d’appliquer de suite un ou deux sétons, l’un en avant et l’autre en arrière de l’épaule. Si le mal est ancien, le feu doit être appliqué sur toute la région de l’épaule.
ÉCHAUBOULURE.
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Encore appelée ébullition, cette affection consiste dans une congestion de la peau, caractérisée par l’éruption, à la surface de la peau, de petites tumeurs disséminées et du volume d’une noix ou d’une noisette. Elle est toujours précédée par un léger mouvement fébrile.
On saigne et on administre les alcaloïdes défervescents. S’il y a prurit, on peut donner la cicutine. Sel vétérinaire Chanteaud et nitrate de potasse en dissolution dans les boissons. Diète blanche. Lotions d’eau vinaigrée ou d’eau sédative légère sur les tumeurs.
EFFORT.
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Nom qui sert à désigner les effets de la distention des tendons, des ligaments, ou des muscles assujettissant les surfaces articulaires de certaines régions.
Contre l’effort du boulet, friction révulsive ou vésicatoire; feu en pointe autour de l’articulation, si le mal est ancien et qu’il existe de l’induration.
Même traitement contre l’effort de la couronne. Contre l’effort de la hanche, frictions vésicantes, et, dans les cas persistants, appliquer un séton à rouelle ou deux sétons dont l’un passe en avant et l’autre en arrière de l’articulation coxo-fémorale. Quand le mal est chronique, appliquer la cautérisation en raies ou en pointes.
Enfin, contre l’effort des reins, encore appelé tour des reins, entorse dorso-lombaire, lombago, on peut essayer les compresses d’eau froide, les charges révulsives, les frictions vésicantes et, en dernier lieu, la cautérisation transcurrente.
ÉCLAMPSIE DES CHIENNES NOURRICES.
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M. Landrin a donné ce nom à une maladie qu’on observe chez les chiennes, vers la fin de la lactation et même peu de temps après qu’elles ont cessé de nourrir leurs petits. Les symptômes sont les suivants: du début, tristesse, vomissements ou nausées répétées; yeux hagards; conjonctives injectées; muscles agités. Une bave mousseuse se forme sous l’influence des mouvements convulsifs des lèvres. La respiration ne tarde pas à devenir haletante; les yeux sont fixes ou pirouettent dans leur orbite; il y a des convulsions musculaires violentes.
On traite cette affection en donnant tous les quarts d’heure un granule de camphre mono-bromé dans une cuillerée à café d’une solution d’hydrate de chloral (hydrate de chloral 5 grammes et HO 100 grammes). Afin d’aider à tarir la sécrétion lactée, on devra administrer un peu d’huile de ricin ou de un à deux granules de podophyllin pour les chiennes d’appartements; appliquer sur les mamelles de l’acétate de chaux, deux fois par jour.
EMBARRURE.
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Excoriation ou plaie intéressant une région quelconque du membre postérieur et produites accidentellement.
Bains froids, s’il existe un fort engorgement et application de la glycérine saturnée, de la teinture d’aloès, ou de liqueur de Villate, en cas de plaie.
EMPHYSÈME.
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Infiltration de gaz dans les mailles du tissu cellulaire sous-cutané et résultant généralement d’une lésion traumatique.
Il faut supprimer la cause de ces accidents. Pratiquer des scarifications, puis, à l’aide d’un massage méthodique, exprimer l’air infiltré par les ouvertures faites à la peau.
Emphysème pulmonaire. — Voir Pousse.
EMPOISONNEMENT.
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On désigne sous ce nom l’ensemble des effets produits par un agent toxique introduit dans l’organisme. Les empoisonnements sont encore assez fréquents sur nos animaux domestiques et se produisent généralement accidentellement, soit que les animaux trouvent au dehors des substances vénéneuses qu’ils ingèrent, soit qu’une trop grande quantité d’un poison leur soit administrée par suite de négligence ou d’erreur. Mais l’empoisonnement peut aussi être produit intentionnellement et alors il rentre dans le domaine de la médecine légale. (Voir dict. d’Arboval, par Zundel, t. I, p. 702).
L’expression symptomatique des empoisonnements est excessivement variée; on peut même dire que chaque empoisonnement a sa physionomie caractéristique. Quoi qu’il en soit, les symptômes en sont toujours si graves et si alarmants, la vie est si vite compromise, qu’il faut de la part du vétérinaire des secours très-prompts et énergiques. Mais comme le diagnostic des empoisonnements est souvent un problème difficile à résoudre, le praticien doit soigneusement recueillir tous les commémoratifs et passer un sérieux examen clinique de l’animal malade; sitôt qu’il y a sérieux soupçon d’empoisonnement, il doit aussitôt se mettre à la recherche du poison qui est la cause des désordres observés. Dans tous les cas, le vétérinaire a deux indications principales à remplir: 10 arrêter l’absorption du poison et 2° neutraliser ses effets.
On remplit la première indication, en évacuant la partie du poison qui reste dans les viscères digestifs; à cet effet, on administre un purgatif d’un effet rapide aux herbivores (podophyllin coup sur coup ou Sedlitz Chanteaud chez les petits sujets), et un vomitif chez les carnassiers (un-deux granules d’émitine jusqu’à effet).
Les moyens pour obtenir la neutralisation du poison varient nécessairement d’après la nature dé celui-ci; nous allons successivement considérer les diverses introxications:
a. Intoxication saturnine. — Caractérisée par une teinte noirâtre des gencives et des dents, par une haleine fétide, une grande difficulté dans la déglutition et une forte rétraction du ventre.
Ce genre d’empoisonnement s’observe quelquefois dans les usines où l’on travaille le plomb et dans les mines; il s’effectue spécialement par les voies respiratoires.
Le meilleur des antidotes est le sulfure de calcium, dont on précipite l’administration suivant l’intensité de la dyscrasie. Il se forme du sulfure de plomb, qui est éliminé par voie d’exsudation.
b. Intoxication mercurielle. — Caractérisée par une diarrhée et une salivation épuisantes, d’une odeur désagréable; station chancelante; mouvements difficiles; battements du cœur tumultueux, tandis que le pouls reste petit, misérable; yeux caves et larmoyants; urines jaunâtres et fétides; œdèmes et infiltrations à la tête, au fanon, sous le ventre et aux membres; température baissée; maigreur très-prononcée.
Il faut supprimer toute administration de médicament mercuriel et combattre la cachexie mercurielle avec l’iodure de potassium, de manganèse ou de soufre. Contre les accidents de la bouche, chlorate de potasse. Exercice modéré et régime analeptique.
c. Intoxication arsénicale. — Caractérisée |par une salivation très-abondante; une soif intense; douleurs abdominales et agitation très-violentes; constipation; pouls irrégulier et presqu’insensible; respiration accélérée et dyspnéique; peau et extrémités froides.
Le contre-poison le plus recommandable est le sucre Chanteaud à l’oxyde de fer soluble. On peut encore employer l’hydrate de peroxyde de fer et même le sulfate de fer, donné dans les boissons.
d. Intoxication cuprique. — Caractérisée par le vomissement chez les carnassiers et la purgation chez tous les animaux, des coliques intenses, une agitation violente et continuelle et une fièvre très-forte.
On administre l’hydro-ferro-cyanate de quinine et l’hyosciamine. Boissons mucilagineuses.
e. Intoxication par les drastiques. — Caractérisée par la superpurgation, des coliques, ventre douloureux à la pression.
On prescrit les dérivatifs, à l’extérieur, et à l’intérieur, le chlorhydrate de morphine, l’ergotine et le bromure de camphre.
f. Intoxication par les alcooliques. — Caractérisée par des mouvements désordonnés; des accès de fureur; une démarche automatique et irrégulière; yeux hagards et brillants. Puis survient une période de coma, où les animaux restent étendus par terre et immobiles.
On combat cet état avec des frictions irritantes sur la surface du corps et acétate d’AzH3, et pepsine, à l’intérieur.
g. Intoxication par l’émétique. — On prescrit l’acide tannique et le citrate de caféine.
h. Intoxication par le sel de nitre. — Donner des mucilagineux et la cicutine.
i. Introxication par le phosphore. — Assez fréquent chez les jeunes animaux. Elle s’annonce par des coliques, des tremblements généraux, la roideur des reins; par des troubles des systèmes circulatoire et nerveux; parfois vomissements ou déjections alvines formées de sang pur; puis prostration profonde et hyposthénie; température au-dessous de la normale. Ce qui caractérise surtout cet empoisonnement, c’est l’odeur alliacée du phosphore répandue par l’haleine, par les éructations et les matières vomies.
On donne le sulfate de strychnine, l’acétate de soude et la digitaline. Quelques auteurs préconisent aussi l’essence de térébenthine.
j. Intoxication par les gaz asphyxiants, — Voir asphyxie.
k. Intoxication par les végétaux: tels que la digitale, l’aconit et le camphre (hyposthénisants); l’opium, la jusquiame, la ciguë et la belladone (stupéfiants); la noix vomique (tétanique); et enfin le tabac, la stramoine, la mandragore, la morelle noire, le colchique, l’if, l’ivraie enivrante et les champignons vénéneux (narcotico-âcres). On constate les signes suivants: Peau froide au toucher, pouls petit, irrégulier, à peine perceptible, faciès anxieux, pupilles dilatées, marche vacillante, diarrhée fétide et involontaire, anorexie complète, attaques tétaniques, paraplégie, collapsus.
Employer douches froides sur la tête et des compresses sur la région dorsale, bouchonnements et administrer citrate de caféine, arséniate de strychnine, atropine, chlorhydrate de morphine, hyosciamine, valérianate de quinine, camphre mono-bromé.
l. Intoxication par le seigle ergoté. (Voir Ergotisme).
Dans tous les cas on donne contre les coliques le sulfate de strychnine et l’hyosciamine; le premier combat la paralysie des parois de l’intestin, tandis que le spasme des fibres circulaires est vaincu par la seconde.
Enfin on ne doit jamais négliger le lavage journalier avec le sel salicylé vétérinaire.
ENCASTELURE.
Table des matières
Resserrement du sabot des solipèdes, spécialement en talons et en quartiers.
Prévenir la dessiccation de la corne au moyen d’un graissage rationnel des sabots avec l’onguent de pied Hévid. Au début, remédier à l’encastelure avec une ferrure méthodique; employer de préférence le fer à planche, le fer à lunette de Lafosse et celui de M. Charlier.
Quand l’encastelure est très-prononcée et date d’un certain temps, le meilleur est de recourir à la dilatation mécanique directe des talons, à l’aide de l’étau désencasteleur de Defays. Appliquer préalablement sur le sabot infirme un cataplasme émollient, puis opérer la dilatation tous les deux jours de 1-2 millimètres chaque fois.
ENCÉPHALITE.
Table des matières
Voir Vertige.
ENCHEVÊTRURE.
Table des matières
Blessure faite par la longe dans le pli du paturon d’un membre postérieur ou même plus haut. (Voir Embarrure).
ENCLOUURE.
Table des matières
Blessure faite au pied des solipèdes par un ou plusieurs clous, implantés maladroitement dans la paroi. Déferrer, parer le pied, amincir la corne au voisinage de la piqûre, puis panser avec un peu d’étoupe imbibée de teinture de créosote, de liqueur de Villate. Si la suppuration existe, enlever les parties décollées de la paroi et de la sole et donner des bains astringents ou panser avec le CuO, SO3 en poudre. En cas d’altérations profondes, il faut recourir à une opération sanglante.
ENDOCARDITE.
Table des matières
Voir Maladies du cœur.
ENTÉRITE.
Table des matières
C’est l’inflammation de la muqueuse du tube intestinal. Elle peut être idiopathique ou symptomatique, et, dans ces cas, présenter des caractères d’une nature différente.
a. Entérite aiguë. — Elle est caractérisée, chez le cheval, par les signes suivants: tristesse; anorexie; soif vive; léger mouvement fébrile; pouls tantôt fort et dur, tantôt mou, large et ralenti; coliques sourdes; reins inflexibles; bouche chaude; langue sèche, chargée, sédimenteuse sur sa face supérieure, rouge sur ses bords et à la pointe; il existe un liséré violet au pourtour des gencives; oreilles alternativement chaudes et froides; ventre resserré et douloureux à la pression; constipation opiniâtre parfois suivie de diarrhée; le plus souvent crottins secs ou coiffés d’un enduit muqueux.
On combat la fièvre avec la saignée, surtout sur les sujets forts et vigoureux; on doit la faire modérée et la renouveler, en cas de besoin. On administre à l’intérieur les alcaloïdes défervescents, unis à un sel de strychnine.
Contre les douleurs abdominales on donne les sels de morphine, l’hyosciamine, l’atropine, la daturine, la cicutine.
Présenter souvent au malade des boissons, légèrement coupées, à l’eau de graine de lin, tenant en dissolution du sel vétérinaire Chanteaud et cela toujours par petites quantités.
Frictions révulsives sur le ventre et lavements à l’eau de graine de lin, un toutes les deux heures.
Quand la constipation est opiniâtre, on prescrit le podophyllin, plusieurs fois par jour.
L’entérité aiguë, chez le bœuf, est caractérisée par la suspension de la rumination et de la lactation chez la vache, des coliques, de la constipation et de la fièvre.
Même traitement que précédemment.
Chez le chien, il y a anorexie, fièvre intense, décubitus prolongé au frais, plaintes fréquentes, ventre douloureux, colonne vertébrale voussée en contre-haut, démarche insolite, souvent vomissements. Au début, constipation opiniâtre, plus tard, diarrhée fétide.
Cataplasmes de farine de lin sous le ventre. Boissons à l’eau de graine de lin, tisane d’orge perlée édulcorée par un jaune d’œuf et un peu de miel; brucine, hyosciamine et chlorhydrate de morphine, un granule de chaque, quatre ou cinq fois par jour. Un granule d’aconitine, toutes les heures jusqu’à cessation de la fièvre. Huile de ricin ou podophyllin, trois ou quatre administrations par jour, jusqu’à ce qu’il y ait débâcle des matières fécales; lavements laxatifs, mucilagineux. Contre la diarrhée, sous-nitrate de bismuth, acide tannique ou ergotine.
b. Entérite suraiguë. — Encore appelée tranchées rouges, entérorrhagie, coliques sanguines, apoplexie intestinale, cette forme de l’entérite est fréquente chez le cheval et rapidement mortelle.
Ses signes caractéristiques sont: coliques d’une violence extrême; agitation continue; faciès grippé, exprimant la plus grande anxiété ; yeux fortement injectés et proéminents; pouls fort, grand et plein, donnant 70 pulsations par minuté ; artère tendue et dure; système artériel et veineux sous-cutané gorgé de sang, ce qui fait que les veines sont dessinées en relief sous la peau; sueurs abondantes.
Pris à cette époque de la maladie, l’animal peut encore guérir. (Voir pour le traitement Congestion intestinale.) Mais plus tard, lorsqu’il y a entérorrhagie, tous les soins sont inutiles, le malade est fatalement voué à la mort.
c. Entérite chronique. — Assez fréquente chez les bêtes bovines, les chevaux épuisés et aussi sur de jeunes animaux. Ici, on constate: appétit capricieux, souvent nul; poils ternes et piqués; coliques légères et intermittentes; météorisations fréquentes; constipation suivie de diarrhée, avec rejet de fèces liquides, plus ou moins fétides et contenant des parcelles d’aliments mal digérés, quelquefois des stries sanguines et des mucosités. Le malade languit, la faiblesse augmente et le dépérissement s’accuse tous les jours davantage.
Dans cette affection il faut accorder une grande place aux bons soins. Écurie chaude, litière abondante, pansages réguliers, promenade et aliments faciles à digérer.
Insister spécialement sur l’administration du sel vétérinaire Chanteaud (50 grammes par jour, donnés en trois ou quatre fois, dans les barbotages).
Prescrire contre l’affaiblissement, l’arséniate de strychnine, et contre la paresse, l’atonie du canal intestinal, l’élatérine, la jalapine ou la colocynthine (trois ou quatre fois par jour).
Traiter les coliques, si elles apparaissent et prévenir la fièvre hectique, en donnant tous les soirs, aconitine et digitaline, cinq granules de chaque alcaloïde.
d. Entérite gangréneuse. — On l’observe sur les chevaux et les mulets dans les régions méridionales de la France. Elle est surtout fréquente pendant les saisons chaudes et humides et reconnaît pour cause le mode d’alimentation de la région sud-est de la France, où l’on nourrit presque exclusivement avec de la luzerne très-échauffante.
Dans la plupart des cas, le propriétaire, en faisant appeler le vétérinaire, ne croit pas à la gravité de la maladie. Il ne consulte le praticien que parce que l’animal a sué au travail plus que de coutume et qu’il a boudé sur son fourrage à la rentrée de l’écurie. On constate des coliques légères, de l’intermittence dans le pouls qui est petit et faible; les muqueuses revêtent une teinte grisâtre. Il existe presque toujours une diarrhée répendant une odeur sui generis de gangrène. Il n’y a pour ainsi dire, rien de changé, dans les habitudes extérieures de l’animal, dont l’état est souvent désespéré, ce qui étonne fort le propriétaire.
Il faut modifier le régime; donner une nourriture et des barbotages avec adjonction de sel salicylé vétérinaire. Tout à fait au début, administrer, tous les quarts d’heure, arséniate de strychnine, codéine et salicylate d’ammoniaque.
e. Entérite couenneuse. — Fréquente chez nos grands quadrupèdes. C’est une affection spéciale reconnaissant pour cause la production de fausses membranes sur la muqueuse de l’intestin.
Il faut recourir au traitement de l’entérite simple et y ajouter celui de la diphthérite, c’est-à-dire administrer le sulfure de calcium, toutes les heures. (Voir Diphthérite.)
f. Entérite diarrhéique. — Voir Diarrhée.
g. Entérite dyssentérique. — Voir Dyssenterie.
h. Entérite adynamique ou typhoïde. — Elle n’est que la localisation d’une maladie générale.
Le symptôme entérite est combattu par les moyens sus-indiqués.
Pour le traitement causal ou typhoïde, voir Fièvre typhoïde.
ÉPARVIN.
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Tumeur osseuse située à la face interne et à la base du jarret et déterminant une boiterie plus ou moins forte du membre qui en est le siège. On l’apelle encore éparvin calleux, pour le distinguer de l’éparvin sec, où il n’existe aucune trace apparente de grosseur.
Au début, essayer des frictions révulsives, fondantes, notamment avec la préparation suivante: onguent vésicatoire 50 grammes, pommade mercurielle 50 grammes et bi-iodure de mercure 7 grammes. Si la boîterie persiste, ce qui a lieu ordinairement; il faut appliquer le feu en raies et surtout en pointes pénétrantes. Dans quelques cas tenaces on peut essayer la ténotomie de la bride cunéenne à son passage sur le scaphoïde inférieur.
ÉPILEPSIE.
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Encore dénommée haut mal, mal caduc, c’est une affection cérébrale qui se manifeste par des accès périodiques. Au moment des accès, qui peuvent être plus ou moins rapprochés et dont l’apparition est soudaine, il y a abolition complète des fonctions des sens et de l’entendement, ce qui entraîne la chute du malade sur le sol, avec des mouvements convulsifs et une salivation écumeuse abondante.
Tous les animaux domestiques peuvent être atteints par l’épilepsie, mais c’est le chien qui en est le plus souvent frappé. Chez cet animal, cette terrible affection a généralement pour cause l’affaiblissement de l’organisme produit par la maladie du jeune âge. On combat cet état de faiblesse par les toniques, une nourriture très-alibile, la quassine et l’arséniate de fer (trois fois par jour avant les repas).
Contre l’épilepsie proprement dite, on donne le phosphure ou le valérianate de zinc, le camphre monobromé et l’hyosciamine (un granule de chaque, environ cinq fois par jour).
L’épilepsie peut aussi être symptomatique d’un autre état morbide; c’est ce qui a lieu surtout chez le chien, où des accès épileptiformes sont dus à la présence de vers dans l’intestin. Dans ce cas on administre la santonine ou la kousséine (deux granules toutes les heures) et le podophylin (matin et soir). Les vers expulsés, les accès disparaissent.
ÉPONGE.
Table des matières
Tumeur mollasse, circonscrite, plus ou moins volumineuse, située sur le sommet du coude du cheval et résultant d’une action contondante des talons répétée sur la région du coude, quand le cheval se couche en vache.
Le traitement préventif consiste à préserver le coude des pressions exercées par le pied pendant le décubitus, en appliquant un fer dont la branche interne est tronquée et arrondie à son angle extérieur, et même en l’incrustant un peu dans la corne, de manière à ne pas former de saillie prolongée. Éviter aussi les pressions du sabot sur le mal, une fois qu’il existe, à l’aide d’un bandage matelassé, pendant le séjour à l’écurie.
La résolution de l’éponge œdémateuse s’obtient au moyen d’applications réfrigérantes, voire même une légère application révulsive.
Contre l’éponge phlegmoneuse, appliquer une couche d’onguent vésicatoire, puis, faire la ponction avec le bistouri ou une pointe de feu, sitôt que la fluctuation se montre. Des soins de propreté et des injections détersives hâtent la guérison de l’abcès.
On traite l’éponge kysteuse par la ponction, suivie d’une injection iodée. Appliquer ensuite une bonne couche de vésicatoire sur les parois de l’hygroma. Quelquefois il est préférable de passer à travers la poche un séton qui, en provoquant la suppuration, modifie les parois de la poche.
Enfin l’éponge indurée se traite par l’application de plusieurs pointes de feu, fines et pénétrantes, suivie d’une couche d’un mélange d’onguent vésicatoire et de pommade mercurielle. Dans quelques cas, quand l’éponge est vieille et très-indurée, on peut en tenter l’extirpation avec l’écraseur linéaire; mais pour cela il faut que l’éponge soit très-mobile par sa base.
ERGOTISME
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Empoisonnement déterminé par l’usage alimentaire de l’ergot du maïs, de l’orge, du riz et d’autres graminées.
Les symptômes sont: vertiges; assoupissement; mouvements convulsifs, soit épileptiformes, soit tétaniques; coliques, diarrhée; parfois gangrène de l’extrémité des membres, des oreilles, de la queue.
Prescrire une nourriture tonique et proscrire sévérement l’usage de fourrages avariés contenant des végétaux à ergot ou couvert de cryptogames. Contre l’intoxication, on donne le café noir, le citrate de caféine, le mono-bromure de camphre, le valérianate de quinine.
ÉRÉTHISME SEXUEL.
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Voir Nymphomanie.
ÉRYSIPÈLE.
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Inflammation plus ou moins localisée de la peau, provenant de proche en proche et s’accompagnant de fièvre générale.
Contre l’érysipèle simple, vrai, phlegmoneux, on emploie les frictions révulsives, l’onguent vésicatoire.
La médication rubéfiante est d’une efficacité remarquable, particulièrement dans l’érysipèle ambulant, celui accompagné de lymphangite.
Les scarifications sont indiquées dans certains cas, quand il existe un fort œdème.
Si la fièvre est intense, on la régularise au moyen des défervescents. Sel vétérinaire Chanteaud dans les boissons.
Il existe une forme de l’érysipèle, très-fréquente chez le porc et le mouton: on lui donne le nom d’érysipèle gangréneux ou épizootique, de mal rouge. Le docteur Klein l’a appelée pneumo-entérite infectieuse, parce que ce sont les poumons, les intestins et les ganglions lymphatiques qui présentent les lésions les plus importantes; l’état pathologique de la peau n’est que secondaire.
Dans cette affection, les animaux se montrent tristes, abattus et se fourrent sous leur litière; la température est plus élevée; souvent il existe une diarrhée épuisante et une certaine faiblesse de l’arrière-train, qui rend la démarche vacillante. Mais le symptôme principal consiste dans l’apparition sur divers points de la peau, notamment aux groins, aux oreilles, au cou, au ventre et à la face interne des cuisses, de taches rouges, plus ou moins étendues, avec petites ampoules remplies d’un liquide séreux. Ces taches se compliquent aisément de gangrène. On constate aussi souvent de l’enrouement, une respiration plus bruyante et la difficulté de la déglutition; dans ce cas les ganglions sous-maxillaires et la muqueuse des voies respiratoires sont vivement enflammés.
Cette affection est très-contagieuse et sa transmission s’effectue par l’intermédiaire de parasites microscopiques, que contiennent les tissus des sujets malades.
Il faut, dès le début, combattre l’état fébrile avec les alcaloïdes défervescents et appliquer sur les parties malades de la peau un glycérolé phéniqué, salicylé ou à base de permanganate de potasse, d’hydrate de chloral. Contre l’élément infectieux, on donnera l’arséniate de quinine (un ou deux granules toutes les demi-heures).
Donner comme boissons des rafraîchissants, du lait coupé avec de l’eau, les résidus de la fabrication du fromage ou du beurre, de l’eau d’orge, contenant un peu de sel salicylé Chanteaud.
Ne pas négliger, en temps d’épizootie, les mesures de police sanitaire et pratiquer la désinfection des porcheries suspectes.
ÉVENTRATION.
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Hernie d’une portion variable des intestins à travers une plaie pénétrante de l’abdomen.
Il faut opérer la réduction des viscères sortis de leur cavité et faire la suture de la plaie, qu’il faut approprier à la forme et à l’étendue de celle-ci.
Consolider ensuite le tout à l’aide d’un bandage en ceinture.
Lotions réfrigérantes sur la plaie et médication anti-fébrile par les défervescents. Sel salicylé vétérinaire dans les barbotages pour prévenir la constipation.
EXOMPHALE.
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Voir Hernies.
EXOSTOSE.
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Tumeur de nature osseuse se développant à la surface des os et provoquant une boiterie plus ou moins forte, quand leur siège est aux membres, notamment au voisinage des articulations. Les exostoses sont très-communes sur tous les animaux domestiques, mais surtout chez le cheval qui, en raison de ses services, y est en quelque sorte prédisposé.
Les causes ordinaires des exostoses sont: les contusions, les coups, les heurts, les chutes, les efforts violents, le travail prématuré, la vieillesse.
Les exostoses qui intéressent le plus le vétérinaire sont: la jarde ou jardon, à la face externe du jarret, la courbe et l’éparvin, à sa face interne; les osselets, au genou; les suros, au canon; enfin les formes, dans la région coronaire.
Employer d’abord les fondants, les vésicants, et, si la tumeur osseuse résiste au traitement médical, il faut recourir à la cautérisation actuelle en pointes fines ou pénétrantes, plus ou moins espacées suivant les régions. Dans quelques cas, essayer la périostotomie et même l’ablation de l’exostose, si son siège le permet.
FARCIN
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Maladie générale, spéciale aux solipèdes, de même nature que la morve et pouvant se communiquer à l’homme. Le farcin et la morve ne sont que deux formes différentes de la même maladie virulente, de l’affection farcino-morveuse.
L’infection de l’économie par le virus se traduit par des lésions locales apparentes, qui, au lieu de se fixer spécialement sur les muqueuses, ont leur siège sur la peau, le tissu cellulaire sous-cutané et les lymphatiques. Ces lésions sont donc symptomatiques de l’état morveux, absolument comme le chancre l’est de la syphilis de l’homme.
Le farcin aigu se confond avec la morve aiguë.
Le farcin chronique est dit cordé, quand les lymphatiques indurés forment des cordes cylindriques; en chapelet, lorsque les cordes sont noueuses; en cul-de-poule, quand les boutons ramollis et abcédés, forment des plaies ulcéreuses à bords renversés, à bourgeons exubérants. Ces ulcères sont très-réfractaires à la cicatrisation et constituent de grands chancres cutanés.
Mais la manifestation ordinaire du farcin est le bouton. dont le volume ne dépasse pas celui d’une noix, ou la tumeur, dont la grosseur varie depuis un œuf jusqu’au poing d’un homme. Les boutons et les tumeurs peuvent être à l’état de crudité ou de ramollissement. En général, il s’y fait un travail d’ulcération, qui, une fois accompli, laisse une plaie, plus ou moins vaste, à bords indurés, déchiquetés et donnant écoulement à un ichor huileux, jaunâtre et un peu fétide.
Parfois, enfin, le farcin se présente sous forme d’un engorgement œdémateux froid, affectant un ou plusieurs membres, les testicules, etc.
Le traitement local ou externe du farcin consiste dans la cautérisation, par pointes de feu pénétrantes, des boutons et des tumeurs, sur lesquelles on applique ensuite, en frictions, un glycérolé au bi-iodure de mercure ou le baume caustique de Gombault. Laver les plaies farcineuses avec de l’alcool phéniqué ou une solution de permanganate de potasse, puis les saupoudrer avec de la poudre de tan.
Mais ce genre de traitement ne guérit que les manifestations extérieures et non la nature intime du mal; il ne détruit pas le virus farcino-morveux qui, par l’intermédiaire du sang, est charrié dans tous les points de l’organisme. Il faut donc aussi instituer un traitement interne ou général, consistant dans l’emploi de l’arséniate de strychnine, de l’acide salicylique ou du salicylate de quinine six granules de chaque (six ou huit fois par jour). Donner ensuite les iodures d’arsenic, de soufre, de fer et le bi-iodure de mercure (cinq granules de chaque trois ou quatre fois par jour).
Pour terminer le traitement, prescrire la quassine et l’arséniate de fer.
Donner un régime réparateur, des fourrages arrosés de sel marin. Soigneusement séquestrer les sujets malades et faire abattre ceux chez lesquels la maladie semble trop invétérée ou la guérison douteuse.
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