Kitabı oku: «Sa Princesse Vierge»
Sa Princesse Vierge
Programme des Épouses Interstellaires: Les Vierges - 5
Grace Goodwin

Sa Princesse Vierge
Copyright © 2020 by Grace Goodwin
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Goodwin, Grace
Sa Princesse Vierge
Dessin de couverture 2020 par KSA Publishing Consultants, Inc.
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Note de l’éditeur :
Ce livre s’adresse à un public adulte. Les fessées et toutes autres activités sexuelles citées dans cet ouvrage relèvent de la fiction et sont destinées à un public adulte. Elles ne sont ni cautionnées ni encouragées par l’auteur ou l’éditeur.
Table des matières
Bulletin française
Le test des mariées
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Chapitre 10
Chapitre 11
Chapitre 12
Chapitre 13
Chapitre 14
Chapitre 15
Chapitre 16
Chapitre 17
Épilogue
Contenu supplémentaire
Le test des mariées
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Bulletin française
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Le test des mariées
Programme des Épouses Interstellaires
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1

Danielle Gunderson Planète Everis, Périphérie de Feris 5
Le froid me glaçait jusqu’aux os, montant de la terre dure sur laquelle je m’étais allongée. Les couvertures thermiques argent et noir m’empêchaient de mourir d’hypothermie. La nourriture que j’étais parvenue à voler avant de quitter la Pierre Angulaire commençait à manquer. Moi ? Je pouvais survivre avec très peu. S’il le fallait, je pourrais poser des pièges et survivre dans la nature. Je l’avais déjà fait. Mais j’ignorais dans quelle condition serait mon compagnon. Il me bloquait, refusait de me laisser pénétrer ses rêves, m’ordonnait de rester à l’écart.
— T’as qu’à croire, soufflai-je.
Je n’osais pas enlever mes bottes, alors je me contentai de les fourrer au fond de mon sac de couchage. Si je les enlevais, je n’arriverais jamais à les remettre, après toute la marche que j’avais faite. Ma cheville blessée était tellement gonflée que je sentais mes orteils devenir bleus. Je surélevai mon pied à l’aide d’une grosse pierre et je poussai un soupir.
— Je te trouverai, Gage, et quand je le ferai, tu auras des comptes à me rendre.
Oui, je parlais toute seule, ce que je faisais souvent dans les bois. Mais si mon compagnon avait appris quoi que ce soit à mon propos, il devrait comprendre que je n’étais pas une princesse qui se satisfaisait de se parer de soieries et de parfum et de rester sur la Pierre Angulaire tandis que Chasseur après Chasseur tentait de la séduire. Même mes amies, Lexie et Katie, me sous-estimaient. D’accord, j’étais plutôt petite. Un mètre cinquante-cinq avec mes chaussures. Non, je ne pesais pas grand-chose. Mais être petite ne voulait pas dire être faible, ou être bonne à rien. C’était mon père qui me l’avait appris. Il ne faisait qu’un mètre soixante-quinze, mais il avait été commando de marine. Lorsqu’il avait pris sa retraite, il m’avait appris à aimer la nature autant que lui. Nous avions passé des heures à explorer les zones humides de la Floride, et nos étés à nous promener dans les montagnes du Montana. Jusqu’à ce qu’il meure, et que mes montagnes bien-aimées se retournent contre moi.
Mais tout ça, c’était dans une autre vie. Une autre planète. Une vie que j’avais laissée derrière moi, quitte à traverser tout l’univers pour ce faire. Et il était hors de question que je laisse un Chasseur éverien borné me priver de mon avenir heureux. Bon, j’avais peut-être une part de princesse en moi, en fin de compte.
J’étais capable de traquer presque n’importe quoi. Une compétence héritée de mon père. Mais depuis que j’étais arrivée sur Everis, j’avais également découvert que c’était une caractéristique éverienne, que la traque était inhérente à cette planète. Je portais leur marque sur ma main, comme mon père. D’après la Gardienne Égara, du Centre de Test des Épouses Interstellaires, la marque prouvait que nous descendions d’extraterrestres, d’Everiens, pour être exacte. J’avais de l’ADN éverien dans le sang. Dans l’âme, plutôt. Comprendre pourquoi je n’avais jamais réussi à tenir en place en classe, pourquoi j’avais lâché la fac pour retrouver le grand air, avait été un soulagement. Mes amies terriennes n’avaient jamais compris mon besoin de grands espaces. Il avait toujours été en moi. Me poussant à partir. À découvrir. À chasser. Quelque chose. N’importe quoi.
Venir ici avait été comme réaliser un rêve, comme rentrer chez moi.
Jusqu’à ce que mon compagnon décide de ne pas se présenter sur la Pierre Angulaire pour me revendiquer. Il enflammait la marque sur ma main ‒ et mon corps ‒, mais ne se montrait pas. Gros con. Puis j’avais découvert qu’il avait été capturé, kidnappé, ou quelque chose comme ça, et il m’avait dit de ne pas m’en mêler, de ne pas me mettre en danger, de trouver quelqu’un d’autre. Comme si je voulais qu’un autre homme me touche alors que je saurais qu’il n’était pas « le Bon ». Je m’étais réservée pour quelqu’un d’exceptionnel, j’avais voulu que ma première fois représente plus qu’un coup vite fait dans le pick-up d’un type sympa, et mon compagnon comptait me voler tout cela.
Non. J’étais capable de traquer un puma par monts et par vaux. De pister un alligator à travers un marécage. Je pouvais bien trouver mon emmerdeur de compagnon. Et j’approchais du but. Il ne pourrait plus me garder hors de son esprit, à présent. Pendant deux jours, j’avais marché dans sa direction générale, en suivant quelque chose que je ne pouvais pas expliquer, même à moi-même. Ce n’était pas quelque chose de visible, de tangible. Il n’y avait pas de miettes de pain à suivre.
C’était de l’instinct. La part la plus profonde de moi exigeait que je mette un pied devant l’autre dans cette direction. Je me demandais si c’était ce que ressentaient les pigeons, à voler dans une direction sans savoir pourquoi. Sans savoir si quelqu’un les accueillerait à la fin de leur long et pénible voyage.
J’essuyai les larmes qui coulaient sur ma joue droite et me roulai en boule sur le sol. Je tournai le dos aux rochers, protégée du vent, et la couverture thermique me tiendrait assez au chaud pour que je dorme. Si la douleur lancinante dans ma cheville me le permettait, en tout cas. C’était l’aube et j’avais marché toute la nuit. À présent, il fallait que je récupère pendant quelques heures, que je repose ma vieille blessure, que ma cheville dégonfle.
Je regardai l’étrange ciel éverien, dans lequel deux lunes brillaient bas à l’horizon. La petite était argentée et s’appelait Incar. C’était la prison la plus célèbre de la galaxie, d’après ce qu’on m’avait dit. La plus grande, vert pâle, s’appelait Seladon et devait sa couleur à la vie qui se trouvait à sa surface. Elle servait de germe à Everis et à sa planète jumelle dans ce système, Everis 8. Je me trouvais actuellement sur Everis 7, la planète mère, techniquement. Les Everiens appelaient l’autre planète Huit et l’avaient colonisée des siècles plus tôt. J’avais lu que plus d’un milliard de personnes vivaient désormais sur Huit et je me demandai si les humains coloniseraient un jour Mars. Je tentai d’imaginer autant de gens sur la planète rouge, à regarder la Terre sans jamais avoir visité leur monde d’origine.
Cette idée me rendit triste. Mais cela m’arrivait souvent, ces derniers temps. J’étais frustrée. En colère.
Attendre que Gage me rejoigne m’avait laissé beaucoup de temps libre pour lire, mais allongée là alors que les dernières étoiles disparaissaient, j’étais contente. Ce ciel me donnait l’impression que cet endroit était moins inconnu, plus familier. Et j’espérais que quand je trouverais mon compagnon, je ne penserais plus que m’inscrire au Programme des Épouses Interstellaires avait été la plus grosse erreur de ma vie.
J’étais près du but. J’arrivais à le sentir, à présent, même quand j’étais éveillée. Son énergie appelait quelque chose de primitif chez moi, et je savais que je préférerais encore mourir plutôt que de renoncer. Cela ne suivait aucune logique, alors j’avais renoncé à rationaliser ce que je faisais là, à des kilomètres et des kilomètres de la ville la plus proche, seule, glacée, à passer entre les montagnes et les grottes à la recherche d’un homme qui n’existait peut-être même pas.
— Tais-toi, Dani.
Je tirai sur mes couvertures et m’en recouvris la tête, fermant les yeux alors que l’obscurité m’enveloppait.
— Tais-toi et trouve-le.
Il y avait une différence entre le traquer et partager ses rêves. Je pouvais percevoir sa localisation et me sentir aimantée par elle, mais ça avait été la seule chose à laquelle j’avais pu me raccrocher. Cette aimantation. Jusqu’à ce moment, où je me retrouvais de nouveau assez près pour partager des rêves avec lui. Il était mien, que ça lui plaise ou non, ce qui voulait dire qu’il était obligé de me laisser entrer dans sa tête. Il n’avait pas le choix.
J’en avais assez de jouer les petites filles sages. J’ignorais qui il était ou quel était son rôle dans ce monde. Criminel ou saint. Moche et balafré, ou beau comme un dieu. Et cela ne m’importait pas. Il était mien.
Je fermai les yeux et poussai mon corps à se mettre en veille, mon esprit à trouver le sien...

Gage... En Plein Rêve
Elle envahit mon esprit comme une experte, floutant d’abord les contours de ma douleur avec des promesses chaleureuses et sensuelles, avant de m’arracher à la réalité pour m’emmener dans un monde que je n’aurais jamais pu imaginer tout seul.
— Danielle, murmurai-je, debout et entier derrière elle.
Elle portait une drôle de tenue, un pantalon marron foncé et une veste vert forêt. Ses bottes étaient faites pour des treks en montagne, mais ses cheveux dorés étaient lâchés, le soleil jaunâtre de son monde transformant ses mèches en un halo éthéré. Elle se tourna vers moi et me tendit la main, ses yeux bleus chaleureux et hypnotiques.
— Gage. Viens. Regarde comme ma maison est jolie.
Je tendis les bras. Nos mains se touchèrent, et elle me tira pour que je me place à côté d’elle, face à un paysage de montagne, une rivière d’un bleu éclatant déchaînée en contrebas. Le Chasseur en moi fit entrer l’odeur fraîche de la forêt et le parfum féminin de Dani comme si j’étais un homme affamé. Ce qui était le cas.
— Tu ne devrais pas être ici, Dani.
— Où est-on ?
Son sourire était coquin, séduisant, et tout ce que j’avais espéré qu’il soit. Ma compagne était parfaite. Pleine d’impertinence, de vie et de fougue. Tout ce que les femmes de la capitale n’étaient pas.
— Dans ma tête, compagne. Proches l’un de l’autre. C’est trop dangereux. Quelqu’un veut ma mort, et je ne veux pas te faire prendre de risques.
Je m’approchai d’elle et posai le pouce sur sa lèvre inférieure pour en caresser la douceur. Je savais que ce n’était pas réel. Je m’en fichais.
— Partager nos rêves, c’est la seule chose que l’on pourra avoir, ajoutai-je.
— Je ne suis pas d’accord, mais ce n’est pas le moment d’argumenter. C’est le moment de faire ce que je veux.
Son regard passa mon corps au peigne fin. De haut en bas. Plus bas. Dans ce rêve, j’avais retrouvé ma santé, mon corps était puissant. Excité.
— Et tu ne devrais pas être habillé.
À l’instant où ces mots quittèrent ses lèvres roses et pulpeuses, je me retrouvai nu, et je réalisai mon erreur. Ce n’était pas elle qui était dans ma tête, c’était moi qui étais dans la sienne, et j’étais trop faible pour refuser ce qu’elle me proposait. Un répit. Après deux jours de torture et de douleur dans cette grotte sombre, je n’étais pas prêt à y retourner. Seule la mort m’y attendait. Et ce que je voulais en cet instant, c’était Dani. Ma Compagne Marquée.
Ses lèvres tracèrent un chemin brûlant de ma poitrine à mon abdomen. Plus bas, jusqu’à ce qu’elle passe les mains autour de mon érection et me sourit. Je remarquai un oreiller moelleux et blanc sous ses genoux, et elle me regarda.
— C’est mon rêve, beau gosse.
— Je ne pense pas, dis-je en lui caressant la joue du bout des doigts. C’est clairement mon rêve, pas le tien.
— Alors, dis-moi ce que tu désires, Gage.
Pas Seigneur Gage, ou Seigneur des Sept, ou même Seigneur tout cours. Seulement mon nom.
— Je veux ce qui m’appartient.
Elle se lécha les lèvres et plaça le pouce au bout de mon sexe alors que de l’autre main, elle caressait mes bourses sensibles.
— Et qu’est-ce que c’est ?
Je poussai un soupir face à cette sensation délicieuse.
— Ta bouche, Dani. La première des trois virginités sacrées à devoir être revendiquée par ton compagnon.
— Et c’est ce que tu es, Gage ? me demanda-t-elle en me regardant à travers ses cils pâles, l’air hautain, alors que sa position face à mon membre affamé me faisait penser à une tentatrice. Es-tu mon compagnon ? Es-tu vraiment mien ?
Je l’avais repoussée si longtemps, pour la protéger, mais elle m’avait désobéi. Elle était venue me chercher quand même, malgré mes avertissements et mes refus. Elle devait être proche, assez proche pour pénétrer à nouveau dans ma tête. Je n’avais d’autre choix que de trouver un moyen de survivre, de la trouver. C’était peut-être parce qu’elle me tenait par les bourses, ou à cause de la brûlure de ma marque, mais je ne pouvais plus lui dire non.
— Oui. Je suis tien, Dani. Et tu es mienne.
— Il était temps, gros con.
Avant que je puisse lui reprocher son impolitesse, sa bouche se retrouva autour de mon membre, à me sucer pour me faire entrer dans un paradis chaud et mouillé. Je gémis, la douce succion de ses lèvres m’aspirant en elle. Elle me caressait avec sa langue, m’avalant comme si j’étais sa friandise préférée. Cette vision était addictive. Puissante. Elle me rendait humble.
Comment pouvais-je aimer une femme que je n’avais jamais rencontrée ? Que je n’avais jamais touchée ? Jamais pris dans mes bras ?
C’était le pouvoir des Compagnons Marqués, du lien que nous partagions. C’était mon cadeau de la part des dieux, et j’avais désespérément envie d’elle. Mon sexe, mais surtout, mon cœur, avaient envie d’elle.
Mon orgasme monta très vite, me traversant comme un éclair sans prévenir. Je ne luttai pas, car c’était à présent mon tour de me repaître de la chatte délicieuse de ma compagne. Même en rêve, je pourrais la dominer. La déshabiller et lui faire crier mon nom. Seulement mon nom.
La soulever dans mes bras fut aisé, tant elle était menue. Tellement plus petite que moi. Il fallait que je me souvienne que la tentatrice qui s’était mise à genoux devant moi était fragile. Je la plaquai contre un tronc d’arbre et l’embrassai comme l’homme en pleine noyade que j’étais, lui enlevant ses vêtements alors qu’elle m’aidait à la mettre à nu dans ce monde sauvage qu’elle avait un jour eu pour foyer. Son amour pour la montagne résonnait dans son esprit, les oiseaux qui chantaient, l’eau qui glougloutait, et les hurlements d’une meute de bêtes sauvages me poussèrent à marquer une pause et à tendre l’oreille. Leur chant était beau et fascinant, tout comme ma compagne.
— Des loups, dit-elle. Ça s’appelle des loups.
— Est-ce qu’ils sont beaux ?
— Très.
Je la regardai dans les yeux, la pressai contre moi, toute nue.
— J’ai envie de voir cet endroit. Et tes loups.
— Alors tu les verras.
La conviction dans ses yeux me serra le cœur, et je posai mes lèvres sur les siennes pour la conquérir de nouveau. Pour la goûter. Mienne. Elle était mienne.
— Tu es mienne, Dani. Ta petite chatte est à moi, rien qu’à moi. Je la revendique. Tout de suite. Est-ce que tu te donnes à moi ?
Elle hocha la tête, et ses longs cheveux lui glissèrent sur les épaules.
— Oui.
Je la posai par terre, surpris de trouver une épaisse couverture étalée sous nos pieds. Le tissu était rayé, doux et chaud au toucher malgré l’air frais.
— Qu’est-ce que c’est ? demandai-je.
— De la flanelle garnie de plumes. Elle vient de mon lit. C’est mon rêve, tu te rappelles ?
Je l’allongeai sur la couverture bleu et rouge.
— C’est là que tu te trouves en ce moment, compagne ? Dans ton lit ?
Son regard se fit sombre et grave.
— Tu sais bien que non.
— Alors où es-tu ?
J’aurais dû m’abstenir de poser la question. Je savais que la réponse me rendrait furieux, me donnerait l’impression d’être impuissant. Si nous partagions un rêve, cela signifiait qu’elle ne se trouvait pas sur la Pierre Angulaire. Elle était proche.
— Je suis en sécurité. C’est tout ce que tu as besoin de savoir.
Ses mots me rassurèrent, et mon regard revint se poser sur ses formes, sur sa silhouette fine et sa poitrine menue. Elle n’était pas voluptueuse, mais mince. Forte. Superbe. L’odeur de son centre mouillé s’élevait depuis son corps, me faisant saliver. Je lui passai une main sur les seins. Sur la taille. Les hanches. Plus bas.
— Gage.
Elle se cambra sur le sol alors que je posais ma bouche sur son clitoris, que j’aspirais son essence afin de ne jamais oublier sa saveur. Son odeur. Je glissai précautionneusement un doigt dans son vagin serré et poussai un gémissement alors que son corps se contractait dessus comme un poing.
— Mienne, soufflai-je contre sa chair sensible.
— Oui.
Je lui écartai les petites lèvres et savourai cette vision, la goûtant et la suçant, caressant son clitoris sensible avec ma langue alors que j’allais et venais avec mon doigt dans sa chaleur mouillée, frottant contre les parois internes de son sexe tout en la poussant de plus en plus vers le précipice.
Elle enfouit les doigts dans mes cheveux et poussa un cri qui résonna dans le canyon sous nos pieds alors qu’elle jouissait, son vagin resserré sur mon doigt comme pour le traire, en manque de mon érection.
J’étais dur, même si je venais de lui jouir dans la gorge. J’étais excité, mon membre si lourd que j’avais l’impression d’y avoir suspendu des poids. J’avais envie d’elle. Besoin d’elle.
Ses cheveux étaient étalés autour de sa tête comme un halo. Ses lèvres étaient pleines et rougies par mes baisers. Sa peau pâle était rose, ses yeux brillaient de passion, de désir et d’un plaisir sans bornes. Elle ressemblait à une déesse. Ma déesse.
— J’ai envie de toi, Dani. Envie d’être en toi. De te baiser. De te faire mienne.
Avec un sourire, elle écarta les jambes, exposant son sexe rose et mouillé. Elle avait beau être vierge, elle était d’un naturel passionné et ne s’en cachait pas.
— Oui, dit-elle en s’appuyant sur ses pieds pour lever les hanches dans une invitation impatiente.
Mais elle poussa un cri de douleur et se tint la cheville.
— Eh merde.
Je la pris dans mes bras et la berçai, en inspectant chaque centimètre de son corps.
— Tu es blessée ? C’est moi qui t’ai fait mal ?
— Non. C’est seulement une vieille blessure... Merde. Ce n’était pas censé arriver. Je suis en train de me réveiller. Je suis désolée. C’est trop douloureux.
— Quoi ? Dani ?
La montagne s’évanouit. Dani disparut, et je me réveillai, enchaîné. En sang. Mourant. Glacé. Laissé pour mort dans une grotte de montagne si lointaine que personne n’arriverait à me retrouver à temps. Mon sexe était dur comme du bois, mais mon cœur était brisé, le goût imaginaire de Dani s’attardant sur ma langue.
2

Dani, Planète Everis, localisation exacte inconnue
Il était là. Après des heures de marches suivant mon réveil, après mon corps en manque suite à notre rêve passionné, je l’avais enfin trouvé. J’avais suivi mon instinct de descendante de Chasseur, mon cœur de Compagne Marquée à la recherche de sa moitié d’âme. Mon cœur battait la chamade dans ma poitrine. Je vis la chaîne rouillée fixée au mur, qui serpentait sur le sol et sous son corps. À des années-lumière de la Terre, j’avais trouvé l’homme qui me correspondait parfaitement. La Gardienne Égara et le Test l’avaient su. Je le savais. J’étais en sueur à cause de mon trek, mais dans la grotte, je frissonnais.
Ce trou à rat. Dans lequel on l’avait laissé souffrir. Mourir.
Personne ne l’aurait trouvé. Jamais. Seulement moi, seulement sa Compagne Marquée, à cause de notre lien. La marque sur ma paume se mit à brûler, et je poussai un sifflement. Un gémissement s’éleva de sa silhouette blessée, et je sus qu’il ressentait la même chose. Qu’il ressentait ma présence.
Je parcourus la distance qui nous séparait, et j’ouvris l’énorme verrou de la cage en métal rouillé qui le maintenait prisonnier. Je jetai le lourd morceau de métal le plus loin possible et ouvris la porte, avant de me laisser tomber à genoux devant lui. Ma cheville protesta, mais je n’y prêtai pas attention. Je survivrais, mais Gage ? Je ne connaissais pas la gravité de ses blessures.
Il était assis sur le sol dur, adossé à la pierre nue derrière lui. Des chaînes pendaient au-dessus de sa tête en dehors de la cage, hors de portée, les liens de métal sombre accrochés aux menottes qu’il avait aux poignets. Il dormait, ou il était inconscient. Je l’ignorais. Son corps et ses bras étaient tous mous, ses mains posées sur ses genoux. Son visage, Seigneur, son magnifique visage était plein d’ecchymoses, ses lèvres tuméfiées, ses cheveux trempés de sang qui lui coulait sur la tempe. Je tendis la main et la lui posai sur l’épaule. Il était froid, son torse nu couvert de sang et de brûlures, sa peau glacée. On lui avait laissé son pantalon, mais ses pieds étaient nus. Une veste épaisse était posée par terre, hors de sa portée. Elle ressemblait à celle portée par les Chasseurs sur la Pierre Angulaire, sauf qu’elle était sale.
— Gage.
Quand il ne répondit pas, je le secouai.
— Gage !
Je savais qu’il était vivant, grâce à ma marque, et à sa réaction face à notre proximité.
— Dani ?
— Je suis là. Allez, réveille-toi.
Je le sentis se crisper, car il venait peut-être de réaliser qu’il ne rêvait pas, que j’étais vraiment devant lui, à l’encourager à bouger.
— Dani ? demanda-t-il encore, cette fois avec des yeux écarquillés, conscient de ce qui se passait.
Il poussa un grognement, les dents serrées. Son pantalon noir était en lambeaux, le tissu visiblement imprégné de sang en plusieurs endroits. Je regardai son torse plus attentivement, ses muscles couverts d’entailles, de brûlures et de sang. Il semblait avoir vécu un enfer, mais j’ignorais si ses blessures étaient uniquement superficielles, ou s’il souffrait également d’hémorragies internes. Des côtes cassées ? Un rein perforé ? Il était dans un sale état, et le voir blessé faisait hurler toutes mes cellules.
Il était mien. Je ne pouvais pas le permettre.
— Tu es dans un sale état.
— Que fais-tu ici ? rétorqua-t-il en serrant les genoux contre la poitrine.
Nous nous observâmes, nos regards baladeurs. Il était grand. Gigantesque, même avec ses jambes repliées. Ses cheveux noirs étaient un peu longs et ses boucles lui retombaient sur les oreilles. Ils étaient épais, et j’eus envie d’enfouir mes doigts dedans, de découvrir leur texture. Une barbe recouvrait sa mâchoire carrée. Même dans la lumière tamisée provenant de l’entrée de la grotte, je voyais qu’elle avait des reflets roux, contrairement à ses cheveux. Ses lèvres étaient gonflées, mais aussi ouvertes et ensanglantées. Son visage était plus fin que dans mes rêves, comme s’il n’avait pas mangé à sa faim depuis quelques jours, mais ses yeux me transperçaient, me clouaient sur place. Des yeux de prédateur. Complètement concentrés sur moi, repérant chaque détail, ne ratant rien. Il s’attarda sur ma cheville, sur ma hanche relevée pour ne pas m’appuyer sur mon pied. On aurait dit qu’il pouvait lire dans mes pensées, qu’il connaissait déjà mon corps, que nous étions en symbiose.
Ses yeux étaient presque noirs, perçants par leur intensité. Je le reconnaissais, pas seulement grâce aux rêves que nous avions partagés, mais dans mon cœur, dans mon ADN lui-même.
Il m’examinait avec tout autant d’attention et il leva la main vers moi, avant de la laisser retomber.
— Tu es réelle ? demanda-t-il d’une voix rocailleuse sèche. Est-ce que je rêve ?
Je pris mon sac à dos et en sortis une gourde. J’enlevai le bouchon et la tendis à Gage.
— Je suis réelle. Bois.
Il prit la gourde et avala l’eau à grandes gorgées. Depuis combien de temps se trouvait-il dans cette grotte ? Avait-il été privé d’eau et de nourriture pendant des jours. Alors qu’il buvait, je regardai autour de moi. On l’avait laissé dans une grotte abandonnée, assez grande pour que quatre ou cinq hommes la traversent en marchant de front. Je parvenais largement à me tenir debout à son entrée. Si je levais les bras, je ne parviendrais pas à en toucher le plafond. Le sol était fait de pierre. De la terre et des feuilles mortes couvraient la roche grise et froide comme un tapis pourrissant. Nous étions à cinq mètres de l’entrée environ, la lumière du jour étouffée par les épaisses parois. J’entendais de l’eau couler au loin, un petit plop, plop. Les chaînes qui maintenaient Gage étaient épaisses et lourdes, mais vieilles et rouillées, tachées par l’âge. Les anneaux et les verrous de métal fixés aux murs étaient là depuis longtemps, comme si Gage n’était pas le premier à avoir été emmené ici. À avoir été torturé et négligé jusqu’à ce qu’il en meure presque.
Une cage au milieu de nulle part ? Pourquoi ?
— Quel genre de monstre créerait un endroit comme ça ? me demandai-je à voix haute.
— Mon arrière-grand-père, répondit-il.
Je tournai immédiatement le regard vers lui. Il souriait, mais sans joie.
— C’est ma grotte, Dani. Amusant, n’est-ce pas ?
— Non. Pas du tout, dis-je en ramassant sa veste et en la lui passant autour des pieds. Il va falloir qu’on te sorte de là.
Du dos de la main, il s’essuya la bouche.
— Je te repose la question. Que fais-tu là ?
Je fronçai les sourcils.
— Je te sauve.
Il secoua lentement la tête.
— Tu n’aurais pas dû. Trop risqué.
— Tu allais mourir.
Il croisa mon regard. Une veine battait à sa tempe.
— Je sais.
— Alors...
Il leva une main, mais elle retomba sur ses genoux, comme s’il était trop affaibli. Je fouillai de nouveau dans mon sac à dos et lui tendis une espèce de barre protéinée parmi les rations militaires que j’avais volées dans le garde-manger de la Pierre Angulaire.
— Mange lentement, dis-je.
Il en cassa un morceau, qu’il mit dans sa bouche et mâcha. Je regardai cet acte simple, le mouvement de sa gorge alors qu’il avalait. Je pris sa main libre et la retournai.
Juste là.
La marque.
Je plaçai ma main dessus, paume contre paume pour la première fois.
La sensation m’arracha une exclamation, et la brûlure dévorante me traversa tout le corps. Un désir s’épanouit en moi, mais ce n’était pas le moment. Je me sentais complète, toutefois. Comme si une part de moi m’avait toujours manquée. Je me demandais comment j’avais fait pour vivre ma vie, pour supporter mon existence. C’était peut-être parce que je n’avais pas su que j’étais incomplète.
Mais à présent... il n’y avait plus de retour en arrière possible. Gage était mien et il pourrait me crier dessus autant qu’il voudrait, je m’en fichais.
— Quelqu’un veut ma mort, dit-il avant de fourrer un autre morceau de barre protéinée dans sa bouche. Je ne veux pas qu’on s’en prenne à toi.
— Je sais prendre soin de moi. Et je refuse de te laisser mourir.
Il bougea son poignet menotté, et la chaîne tinta.
— Comme tu peux le voir, dit-il, je n’irai nulle part. Ça fait des jours que j’essaye de trouver un moyen de sortir d’ici.
Je fouillai de nouveau dans mon sac.
— J’ai récupéré des choses qui pourraient nous être utiles sur la Pierre Angulaire. Un appareil de communication.
Je plaçai le petit objet sur le sol, mais il le ramassa immédiatement.
— Récupéré ?
Je lui jetai un rapide regard, puis repris ma tâche. Je n’allais pas lui dire que je les avais volés. Mon intention était de les emprunter et de les rendre une fois que j’aurais sauvé Gage et que je serais rentrée avec lui. Mieux valait demander pardon que de demander la permission, surtout que ces hommes des cavernes ne m’auraient jamais laissée les accompagner. Et ils n’auraient pas réussi à le trouver, pas sans moi. Sans la marque qui m’appelait comme un phare dans le brouillard.
— Une unité de communication ? Comment ça se fait qu’ils ne t’aient pas retrouvée avant que tu te sois éloignée à plus d’un kilomètre de la Pierre Angulaire ?
— Elle n’est pas allumée. Évidemment. J’ai retiré la batterie. Je ne voulais pas qu’on puisse me suivre, parce que connaissant mes amies, une fois qu’elles auraient impliqué leurs compagnons, ils se seraient lancés sur mes traces. M’auraient arrêtée.
— Qui sont ces compagnons dont tu parles ?
— Des Chasseurs de la Pierre Angulaire.
— Ils auraient dû t’arrêter. Je parlerai de cet échec avec eux.
Je fronçai les sourcils, les lèvres pincées. Il aurait dû me remercier, pas m’énerver, mais je lui laissais le bénéfice du doute pour l’instant. Il devait délirer. Et comme nous nous trouvions dans une grotte... pas étonnant qu’il se prenne pour un homme des cavernes.
— Eh bien, je suis là. Avec une unité de communication. Et ça.
— Bon sang ! Un pistolet à ions ? s’écria-t-il en m’arrachant l’arme des mains et en vérifiant quelque chose, sûrement que la sécurité était enclenchée. Tu aurais pu te tirer dessus.
Je poussai un soupir.
— Tu n’es pas accouplé à une idiote. Je sais me servir d’un flingue. Je sais tirer. Je connais les mesures de sécurité à respecter pour ne pas me blesser. Si tu n’avais pas encore remarqué, je t’ai pisté. Je ne suis pas une citadine, Gage.
Il plissa les yeux, mais garda le silence.
— Personne d’autre ne t’a trouvé, si ? ajoutai-je.
Il expira et me regarda presque à contrecœur, réalisant que j’avais raison. J’étais là, à lui sauver les miches. Il replaça le pistolet dans son holster et se leva lentement, avant de pointer l’arme vers le mur au-dessus de nos têtes, là où la chaîne était fixée, non loin de la cage.
— Place-toi derrière moi.
J’obéis, mais son bras me poussa quasiment encore plus loin.
Le tir résonna sur les parois de la grotte, tout comme le cliquètement de la chaîne lorsqu’elle heurta le sol. Je regardai autour du corps de Gage et constatai qu’il n’était plus attaché à la caverne.
— Encore, dit-il en visant son poignet, trois anneaux au-dessus de sa menotte. Je voulais d’abord faire un test. Voir ce qui se passerait. J’aimerais éviter de me faire exploser la main.
Il tira une nouvelle fois, et une grande longueur de chaîne tomba au sol comme un serpent mort. L’autre était toujours fixée à la menotte de son autre poignet, et je réalisai qu’on l’avait attaché à une sorte de poulie. Il prit le pistolet dans son autre main et tira une troisième fois. Je poussai un soupir de soulagement quand la chaîne tout entière cliqueta contre la paroi de la grotte comme si elle était morte. En tout cas, j’aimais voir les choses ainsi. Il avait toujours une menotte autour de chaque poignet, mais il était libre de ses mouvements. Un problème à la fois.
Gage se tourna vers moi et me souleva le menton.
— Tirons-nous d’ici.
Il enfila sa veste, profitant du peu de chaleur qu’il pouvait trouver. Il se dirigea vers l’entrée de la grotte, et je le suivis. Lentement. En réfléchissant à voix haute.
— On ne peut pas regagner la Pierre Angulaire à pied. C’est trop loin. On n’aura pas assez d’eau ou de nourriture. Je pourrais cueillir des fruits et chasser s’il le faut, mais tu es affaibli. Blessé. On n’a pas le temps.
— Toi aussi, tu es blessée.
Il regarda ma cheville, comme s’il arrivait à voir qu’elle était gonflée à l’intérieur de ma botte. À la lumière du jour, je voyais son teint olivâtre sous tout ce sang, ses lèvres légèrement plus foncées et pulpeuses, le jeu d’ombres sur son torse et son dos très musclés. Nom de Dieu. Quel beau gosse. J’étais gâtée. Sa grosse voix rauque me donnait des frissons, et pas de froid.
— Tu as apporté une baguette ReGen ?
Je fronçai les sourcils. Une quoi ?
— Je ne sais pas ce que c’est.
Il poussa un soupir, puis me sourit pour la première fois.
— Ce n’est pas grave. Tu as fait du bon travail. Merci.
Je lui rendis son sourire.
— Maintenant que je t’ai trouvé, on peut appeler les hommes des cavernes à la rescousse.
— Les hommes des cavernes ?
— Les compagnons de mes deux amies terriennes.
Je lui repris l’unité de communication des mains et fouillai dans mon sac à la recherche d’outils ‒ un couteau que j’avais volé dans la cuisine, et la batterie (si c’était bien le nom de ce drôle de morceau de métal que je plaçais dans l’unité pour la faire fonctionner.)
— Tes amies sont accouplées à des Chasseurs qui vivent dans des cavernes ? Je n’ai jamais entendu parler de tels Chasseurs. Pas même dans les vieilles légendes.
Il secoua lentement la tête et prit une nouvelle bouchée de barre protéinée.
— Je ne pense pas que nous devrions faire appel à d’étranges Chasseurs primitifs. Quelqu’un veut ma mort. Si tu ne m’avais pas trouvé, ils auraient réussi.
— Qui ?
Il haussa ses larges épaules.
— Je n’en ai aucune idée.
Il regarda le ciel et ferma les yeux. Inspira profondément. C’était comme s’il s’était attendu à ne plus jamais revoir le ciel ou sentir l’air frais sur sa peau.
— On ne peut faire confiance à personne, ajouta-t-il.
— Pas même à tes amis ? À ta famille ? Tu en as une ?
Il me caressa la joue du bout du doigt.
— Je suis membre des Sept. Sur Everis, j’ai un rang très élevé. Je suis connu sur toute la planète. Ma famille possède ce siège depuis des millénaires, et nous nous le transmettons de génération en génération. Mais je suis également le dernier de ma lignée. J’ai beaucoup d’ennemis, Danielle. Il y a beaucoup de suspects potentiels. Je n’ai pas envie d’impliquer la compagne de mon père ou ma sœur. Quant aux amis ? Je n’en ai pas, seulement des gens qui tentent de profiter de moi.
— C’est horrible.
— Ça a toujours été comme ça, dit-il avec un grognement.
Il n’ajouta rien. Sa résignation me peinait. Sa vie n’avait pas l’air drôle.
— Eh bien, moi, j’ai des amies. On va appeler Katie et Lexi. Elles viennent de la Terre, comme moi. Elles ne sont sur Everis que depuis peu de temps, comme moi, et je peux te promettre qu’elles ne complotent pas pour te tuer. Elles ne savent même pas où tu te trouves. D’ailleurs, quand on s’est portées volontaires, on ne savait pas qu’on serait envoyées sur Everis. Tu peux leur faire confiance.
— Je ne les connais pas.
— Tu me fais confiance ? lui demandai-je en levant les yeux vers lui.
Il se redressa, comme si je l’avais insulté. Il bomba le torse.
— Tu es ma Compagne Marquée. Je te fais confiance les yeux fermés. Tu es la seule.
Je lui posai une main sur le bras. Mécontente que nos peaux soient séparées par des vêtements froids et rêches, je fis glisser ma paume jusqu’à ce que nos mains, nos marques, se touchent.
— Alors, fais-moi confiance là-dessus. Katie et Lexi nous aideront. Leurs compagnons ‒ des Chasseurs d’Élite ‒ nous aideront.
— Je ne sais pas. Le fait qu’ils vivent dans des cavernes ne m’inspire pas confiance. Comment font-ils pour prendre soin de leurs compagnes comme il se doit ?
J’éclatai de rire. Je ne pus pas m’en empêcher. Visiblement, les références terriennes aux hommes des cavernes n’étaient pas bien transposées par l’unité langagière de la Gardienne Égara.
— Ils ne vivent pas vraiment dans des cavernes. Sur Terre, c’est comme ça qu’on appelle les hommes trop protecteurs, dominants et autoritaires.
— Qui ça, on ?
— Les femmes.
Cela le fit sourire, et je sus que je voudrais le voir amusé beaucoup plus souvent à l’avenir.
— Alors ils doivent être d’excellents compagnons, car c’est exactement comme ça que je compte me comporter avec toi. Trop protecteur, autoritaire et certainement dominant.
Je battis des cils dans sa direction et je souris pour la première fois depuis une éternité.
— Tu sais ce qui est arrivé aux hommes des cavernes, sur Terre ?
Il me serra contre lui, nos corps pressés l’un contre l’autre dans une étreinte chaleureuse qui était bien plus qu’un premier contact. J’avais l’impression d’avoir trouvé mon foyer. Quand il pencha la tête et que ses lèvres s’attardèrent dans ma masse de cheveux emmêlés, juste au-dessus de mon oreille, je le sentis sourire.
— Ils ont gardé leurs compagnes en sécurité et très, très nues pour qu’elles ne passent pas une seule journée sans faire l’expérience d’un plaisir passionné et charnel aux mains de leurs maîtres ?
— Non.
Bon sang, est-ce que mon sexe était mouillé et douloureux ? Maintenant ? Dans ce trou à rats, alors que mon compagnon était blessé et plein de sang, couvert de plusieurs jours de sueur et de saletés ? Beurk.
Il me grogna à l’oreille et me serra davantage, jusqu’à ce que je sente son membre long et dur.
— C’est ce qui va t’arriver, Danielle, une fois qu’on aura échappé à cet endroit et que tu seras guérie. Je te revendiquerai selon l’ordre sacré des trois. J’apprendrai tous les secrets que ton corps tentera de me cacher. Je te pousserai à me supplier de te faire jouir et à crier mon nom. Je t’embrasserai de la tête aux pieds, compagne. Je te conquerrai. Te ferai mienne.
Beau parleur.
— Dès que je serai guérie ? Tu es dans un état lamentable. Moi, je vais bien.
— Non. Pas du tout. Et dès que nous aurons une baguette ReGen sous la main, tu seras soignée.
— Et toi ? demandai-je en reculant pour lever les yeux ‒ très haut ‒ vers les siens.
— Mes blessures ne sont rien comparées aux tiennes. Tu seras soignée en premier.
Il était sérieux ? Il tenait à peine debout. Il était en sang, à cause de blessures innombrables. Il était glacé. Affamé. Et c’était pour ma cheville qu’il s’inquiétait ?
— Ma blessure à la cheville date d’il y a plusieurs mois, sur Terre. Ce n’est rien. Elle me fait juste un peu mal parce que j’ai beaucoup marché.
— Tu seras soignée en priorité. Ce n’est pas négociable, Danielle. Si tu refuses, je te fesserai pour te punir de ta désobéissance, comme je devrais d’ailleurs le faire maintenant, puisque tu m’as défié.
— Je t’ai sauvé la vie.
Son regard passa de l’intensité à la sensualité en un instant.
— Et tu as risqué la tienne.
— Tu pourrais essayer de te montrer reconnaissant.
— Je suis content que par un miracle des dieux, tu m’aies trouvé et que tu aies survécu. Tu ne referas plus jamais rien d’aussi imprudent.
— Merde. Et moi qui croyais que Von et Bryn étaient autoritaires.
— Le Commandant Von ? Le Chasseur d’Élite ?
Son ton changea une fois de plus, passant de l’arrogance et l’autorité agaçantes à la curiosité. J’avais du mal à suivre, avec tous ces changements d’humeur. J’avais l’impression d’être un chat en train de courir après le faisceau d’un rayon laser. Saute ici. Non, là. Non...
— Oui. Von et Bryn sont des Chasseurs d’Élite. Ils sont accouplés à mes amies, Katie et Lexi. Je te l’ai déjà dit. C’est eux que nous devrions appeler. Je leur fais confiance.
Son visage se détendit et devint presque calme, même si je sentais la tension dans son corps alors qu’il restait attentif au monde environnant, observant, écoutant. Mais je faisais la même chose. Et je n’étais pas à moitié morte. Nous étions bel et bien seuls ici.
— Tu les connais ? demandai-je.
— J’ai entendu parler de Von lors de réunions du Conseil. Il y a peu de temps, nous avons confié une mission délicate à Bryn.
— Oui, sur Rogue 5. C’était un vrai bordel, dis-je en le regardant, les sourcils froncés.
Mais ma désapprobation n’était rien comparée à sa réaction.
— C’est une information top secrète, Danielle. Une affaire politique très sensible. Comment connais-tu ces détails ?
Je levai les yeux au ciel.
— Katie est la compagne de Bryn, tu te rappelles ? Et elle est l’une de mes seules amies là-bas. Elle a failli se faire revendiquer par ce type, Styx. Ça n’aurait pas été une bonne chose.
— Nos opérations sur Rogue 5 sont hautement sécurisées. Le fait qu’il y ait eu une brèche dans le protocole est inquiétant. Il a emmené sa compagne avec lui ? Bryn sera tenu pour responsable.
— Et moi qui croyais que Von était un dur à cuire, marmonnai-je.
Il était sérieux ? Il était à moitié mort, et il se préoccupait du protocole ?
— Je croyais que tu avais dit que Von était un homme des cavernes.
— Oui, enfin, il est du genre impitoyable quand il fait appliquer les règles, ce qui fait de lui un dur à cuire et un homme des cavernes.
Je reculai d’un pas, mais ma cheville céda. J’agitai les bras pour garder l’équilibre, mais Gage réagit plus vite. Avant même de pouvoir prendre une inspiration, je me retrouvai dans ses bras, à être portée comme un enfant.
— Repose-moi.
— Tu es blessée. Il est hors de question que tu marches avant d’être guérie.
— Tu es ridicule. Repose-moi. J’ai parcouru des kilomètres et des kilomètres pour arriver là, Votre Majesté. Je peux me débrouiller toute seule.
— Non. Et je ne suis pas une majesté. Je suis un prince. Un descendant des Sept originels.
Je poussai un soupir et rendis les armes, la tête appuyée conte son épaule, absorbant le plus de chaleur possible.
— Comme tu voudras, homme des cavernes.
— Facile à cuire.
Je restai interdite.
— Comment tu viens de m’appeler ?
— Tu ne respectes pas les règles, contrairement à Von. Alors tu dois être une facile à cuire.
Sa main se posa sur mes fesses et entama un massage qui me fit très vite perdre toute combativité. Seigneur, s’il me déshabillait un jour, j’allais avoir des ennuis. Je ferai tout ce qu’il voudrait, où il voudrait.
— Oui, tu es facile à soulever dans tous les sens.
— Cette expression n’existe pas.
— Maintenant, si.
Il continua son massage, et je ne tentai même pas de retenir un soupir satisfait. Il était en sécurité, n’était pas mourant ‒ pas pour le moment, en tout cas ‒, et ma cheville me faisait effectivement un mal de chien. Mais mon émotion principale, celle qui faisait que j’avais baissé les armes, c’était le soulagement. Nous étions ensemble, à présent. Tout le reste s’arrangerait. Forcément.
— Sers-toi de cette unité de communication pour appeler Von et nous faire sortir d’ici, s’il te plaît, lui dis-je.
— Ces Chasseurs sont loin ?
Je parvins à hausser les épaules.
— Je ne sais pas. Ils sont sur la Pierre Angulaire. Mais ils ont été très occupés par cette histoire de « trois virginités » depuis qu’ils ont trouvé leurs compagnes. Ils les ont revendiquées, mais ils ne s’arrêtent pas pour autant. Ils ne seront peut-être pas disponibles... tout de suite.
Je sentis le rouge me monter aux jours alors que je tentais de lui expliquer l’évidence. Il avait dû percevoir quelque chose dans ma voix, car son regard était braqué sur mon visage, et ses yeux étaient pleins d’avidité. De fascination.
De possessivité.
J’avais vu cette expression sur le visage des autres Chasseurs quand ils avaient trouvé leurs compagnes. Et j’avais beau avoir l’impression d’être une amoureuse éperdue, romantique et un peu idiote, la voir sur le visage de Gage fit battre mon cœur à cent à l’heure et me fit oublier tout le reste tant je le désirais. J’avais envie qu’il me regarde comme ça quand il serait en mesure de passer à l’action.
Il réfléchit à ce que j’avais dit. J’étais patiente, lui laissais du temps. Je ne lui en voulais pas. Des gens voulaient sa mort. Vu son boulot, la liste devait être longue. Trop longue. Il ne voulait pas finir dans une grotte à nouveau.
— Bon, d’accord. On va appeler tes amis. Leur demander de nous aider dès qu’ils arriveront à se décoller de leurs compagnes.
Il n’y aurait pas de décollage à faire. Lexi et surtout Katie n’étaient pas du genre à jouer les femmes au foyer, mais je ne dis rien. Il apprendrait la vérité lorsqu’ils arriveraient. S’ils venaient nous chercher.
Il le fallait.
Je me servis de l’unité de communication pour appeler Katie. Je ne fus pas surprise lorsque Bryn répondit quelques secondes plus tard, en exigeant de savoir où je me trouvais. Je ne leur parlai pas de Gage. Lorsque Bryn m’assura qu’ils étaient en chemin, je raccrochai.
— Je pense qu’il est plus sûr de ne pas dévoiler ton nom par le système de communication avant qu’ils arrivent.
Il hocha la tête, son regard chaleureux alors qu’il m’observait.
— Tu es une femme intéressante, Danielle. Je ferai confiance à tes amis, mais pour l’instant, n’avertis personne d’autre.
Il leva les yeux pour regarder l’horizon, et je vis le Chasseur en lui pour la première fois. Dur. Froid. Impitoyable.
— La cérémonie de l’ascension se tient dans quelques jours. Jusque-là, nous devrons nous montrer prudents.
— Et ensuite ?
— Ensuite, je passerai cette planète au peigne fin, accompagné de Chasseurs loyaux, jusqu’à ce que le traître subisse le sort qu’il mérite.
3

Dani, demeure de Bryn, Feris 5
Je me trouvais dans la plus grande baignoire que j’avais jamais vue. Sur Terre, on l’aurait prise pour un jacuzzi, mais l’eau n’était pas aussi brûlante. Et cette baignoire se trouvait dans une salle de bains, pas dehors. En fait, elle se trouvait même dans le sol. L’eau était chaude, pleine d’huiles parfumées qui sentaient la nature, et j’avais une vue splendide.
Gage se trouvait sous la douche, ce que les habitants d’Everis appelaient une cabine de lavage, et était en train de se savonner le torse. Il n’avait pas d’inhibitions, pas la moindre pudeur, car il savait très bien que j’étais en train de le regarder.
Von et Bryn avaient répondu à notre appel en un temps record. Quand Gage leur avait expliqué ce qui s’était passé, ils avaient admis qu’il valait mieux qu’il reste caché. La personne qui voulait le tuer devait croire qu’elle avait réussi, en tout cas pour l’instant. Jusqu’à ce que nous découvrions qui était impliqué.
Bryn nous avait prêté sa maison afin que nous récupérions et que nous nous cachions. Comme Gage et lui ne s’étaient jamais rencontrés et n’avaient aucun lien hormis le fait qu’ils avaient des compagnes terriennes, Gage estimait que cette solution était convenable. Nous n’en avions pas beaucoup. En tant que chef des Sept, Gage menait une vie très publique. J’imaginais qu’il devait être comme les célébrités terriennes, que tout le monde était mis au courant dès qu’il était victime du moindre éternuement.
C’est pour cela que nous avions donné nos coordonnées à Bryn et qu’il était venu nous chercher, accompagné de Von, Lexi et Katie, en navette. C’était le terme qu’il avait employé. Moi ? Je trouvais que ça ressemblait à un petit vaisseau spatial sorti tout droit de Star Trek.
Me téléporter tout droit depuis la Terre était une chose ; j’étais endormie. Mais ça ? J’avais été éveillée, et émerveillée. D’accord, je venais de trouver mon Compagnon Marqué, l’avais sauvé d’une mort certaine, et là je me trouvais dans un vaisseau spatial ! Je survolais Everis ! Cela m’avait fait réaliser que, comme dans le Magicien d’Oz, nous n’étions plus au Kansas.
Et lorsque Bryn avait tendu à Gage un bâton bleu luisant qui guérissait apparemment toutes sortes de blessures quand il était agité, j’avais fait une overdose de technologies. Mais quand Gage s’était accroupi devant moi et l’avait passée au-dessus de ma cheville, et que ma douleur s’était réduite, puis avait disparu, j’avais été émerveillée. Et agacée. Il avait été torturé et laissé pour mort, et il voulait soigner ma cheville ? Quel imbécile ! J’avais fini par le convaincre que j’allais bien, et il avait enfin utilisé la baguette sur lui. Avec toutes ses entailles, ses bleus et son sang séché, il était difficile de déterminer s’il était guéri, mais son visage s’était détendu, et les plis d’amertume autour de ses lèvres s’étaient lissés.
Et à présent que nous étions installés dans la maison de Bryn ‒ une demeure étonnamment spacieuse ‒, nous étions seuls. Bryn nous avait montré où séjourneraient Von et Lexi, et Von avait hissé sa compagne sur son épaule pour l’emmener avec lui. Je ne pensais pas les entendre de sitôt, sauf si leurs cris de plaisir me parvenaient à travers les longs couloirs.
Quand nous fûmes seuls dans notre suite ‒ il n’y avait pas qu’une pièce, mais trois, en plus de la salle de bains avec son énorme baignoire ‒, je devins pudique. Nous n’étions pas en train de partager un rêve. Gage n’était pas en danger. Il était guéri et en un seul morceau, juste devant moi.
D’après son regard, cela faisait un moment qu’il voulait me toucher, m’embrasser, et bien plus encore. Reprendre là où nous nous étions arrêtés dans le rêve, avant que ma maudite cheville me réveille. Mais il était hors de question que je le laisse m’approcher avant que j’aie pris une douche. J’étais partante pour une partie de jambes en l’air spontanée et passionnée, mais je n’avais pas envie de sentir le bouc quand je me déshabillerais enfin dans le monde réel. Je ne voulais pas qu’il me voie avec des cheveux gras et des aisselles puantes pour notre premier véritable baiser.
Il avait allumé le robinet de la baignoire pour la laisser se remplir pendant que je me lavais sous la douche en premier. Je pourrais me détendre dans l’eau profonde ensuite. Je n’allais pas dire non à ça, alors j’avais hoché la tête. Il était sorti et m’avait laissée seule... jusqu’à une minute après que j’avais éteint la douche. Puis, il avait frappé à la porte et était entré. Mon corps était masqué grâce à la profondeur de la baignoire, et quand il m’avait regardée, si grand, beau et ténébreux, mon cœur avait fondu. Pas seulement mon cœur, d’ailleurs.
J’avais pensé qu’il voudrait que je me retourne, mais non. Un petit sourire s’était étalé sur son visage alors qu’il se débarrassait de ses vêtements sales, exposant chaque magnifique centimètre carré de son corps musclé. Il était peut-être un peu plus mince qu’à l’ordinaire, comme il avait été laissé pour mort, mais il restait superbe. Des épaules larges, une peau olivâtre et ferme. Il avait des poils noirs sur le torse, qui traçaient un chemin jusqu’à son nombril ‒ rentré ‒ puis continuaient en fine ligne jusque sous son pantalon. Lorsqu’il le retira, je découvris qu’il ne portait pas de sous-vêtement. Il était également en érection, et lorsqu’il me vit l’admirer, elle devint encore plus forte. Elle s’allongea, et son gland bulbeux s’incurva vers son ventre, et... Ouah, est-ce que ça allait entrer ? Partout ? Ce n’était pas parce que je l’avais sucé en rêves que je parviendrais forcément à le faire passer dans ma gorge. Ou entre mes fesses.
Mes tétons durcirent, et mes parois intérieures se contractèrent à cette idée.
Ce n’est que quand je réalisai que je le reluquais, les yeux écarquillés, la bouche grande ouverte, que je détournai le regard. Mes joues étaient aussi chaudes que l’eau du bain. Il se tourna, entra dans la cabine de lavage, et commença à se frictionner. Et la vue de dos n’était pas mal non plus.
À présent, je le regardais savonner ses pectoraux musclés et ses cuisses puissantes, et mes ovaires bondissaient de joie.
— Ta famille ne risque pas de s’inquiéter pour toi ? lui demandai-je.
Ses mains se figèrent sur son ventre, et j’eus envie de me glisser dans la cabine pour le nettoyer moi-même, pour passer les paumes sur chaque centimètre carré de sa peau. J’étais persuadée que cela ne le dérangerait pas, mais je n’étais pas encore assez sûre de moi. Je ne savais pas ce que je faisais et je ne voulais pas me ridiculiser. En tout cas, pas avant notre premier baiser.
— Ma mère est morte quand j’avais deux ans. Je ne me souviens pas d’elle.
— Et ton père ?
— Il est décédé depuis près d’un an. La cérémonie de l’ascension est censée se dérouler le jour de l’anniversaire de sa mort.
— Je suis désolée.
Et je l’étais. Je sentais pratiquement la douleur irradier de lui. Un corps si fort. Un esprit puissant, guerrier. Le voir souffrir était pire que de ressentir la douleur moi-même.
— Comment était-il ?
— Il était fort. Honorable. Un membre des Sept. Un vrai prince. Je ne peux qu’espérer être à sa hauteur.
— Comme prince ?
Par ce terme, voulait-il dire « je suis membre de la famille royale », ou était-ce simplement un titre donné aux politiciens les plus hauts gradés d’Everis ? Je l’ignorais. Mais je n’étais pas une princesse. J’étais plus à l’aise avec des chaussures de marche qu’avec une tiare.
— Comme homme.
Il se tenait fièrement et me regardait, la faim dans ses yeux si intense que j’aurais juré pouvoir sentir son contact à travers la pièce. L’eau coulait sur son corps guéri, gouttant sur chaque courbe. Chaque ombre. Plus bas. Seigneur, il était sublime. Bien bâti. De partout. Je jetai un coup d’œil vers son visage pour voir si mon inspection lui plaisait. Visiblement, je n’étais pas douée pour cacher l’intérêt que je portais à son corps parfait.
— Et les autres membres de ta famille ?
— Mes parents n’étaient pas des Compagnons Marqués, alors mon père s’est accouplé une seconde fois. Toujours pas une Compagne Marquée.
— J’ai entendu dire que trouver son Compagnon Marqué était rare.
Je passai la main sur la surface de l’eau, jouant avec les quelques bulles, tentant de ne pas prêter attention à la chaleur dégagée par mon compagnon, et pas au sens propre. Je n’avais encore jamais désiré d’homme comme je le désirais lui, et l’attente me mettait sur les nerfs, me rendait plus attentive que d’habitude à mon environnement. La fraîcheur de l’eau sur mes épaules, la chaleur de l’eau, les bulles qui éclataient sur mes tétons sensibles.
— C’est vrai. Très rare. Mon père est mort il y a près d’un an. Comment s’appelle la compagne ou le compagnon d’un parent, sur Terre ? Et leurs enfants ?
— Une belle-mère ou un beau-père. Un demi-frère ou une demi-sœur.
— Alors j’ai une belle-mère, Mauve, et une demi-sœur, Rayla, qui a trois ans de moins que moi. Rayla est née de la première union de Mauve, avec un Chasseur tué alors qu’il traquait un criminel prillon.
— Pas d’autres frères et sœurs ? Des oncles ? Des cousins ?
Il secoua la tête, puis se tourna et pencha la tête en arrière pour se laver les cheveux. Ils étaient touffus, et sa barbe de trois jours lui donnait un air ténébreux, redoutable et sexy. Tellement sexy. Je le dévorais des yeux.
— Non. Aucun. Je suis l’héritier du siège de mon père au Conseil des Sept. Ma famille descend des familles dirigeantes originelles. Je suis un prince pour mon peuple, et toi, Danielle, tu seras leur princesse.
Une princesse ? Moi ? Dani, de Floride. Une princesse ? C’était dingue.
Je dus détourner les yeux pour tenter de former une pensée cohérente. Tout ce qui me venait en tête, c’était les personnages principaux des films Disney. Je ne savais même pas chanter. J’étais trop maigre. Trop petite. Je n’avais pas les courbes pour remplir ce genre de robes. Je ne parlais pas aux souris, aux oiseaux, ou à toute autre créature. Les biches, je les chassais et je les servais au dîner. Je ne leur parlais pas et je ne dansais pas dans les bois en chantant pour les écureuils. Je n’étais ni royale ni raffinée, et les petits coucous ridicules de la main que les aristocrates faisaient au public dans les images que je voyais à la télé terrienne me provoqueraient un syndrome du canal carpien. Sérieusement ? Qu’est-ce qu’il me racontait ? Une princesse ? Moi ?
Non.
Concentrons-nous sur la famille. Je m’éclaircis la gorge et chassai le mot princesse de mon esprit.
— Je n’ai plus de famille non plus. Je ne me souviens pas de ma mère. Elle n’est pas morte, elle a simplement décidé qu’elle voulait retourner vivre en ville. Elle est partie quand j’avais quatre ans, avec le prof de yoga du centre social. Il paraît qu’ils se sont mariés et qu’ils sont partis vivre en Californie.
Gage était en train de faire mousser ses cheveux, à présent, et je me tus. Le regarder était plus intéressant que ma bonne à rien de mère. Et ce n’était pas que son visage sublime que je matais. Alors qu’il avait les bras levés, le dos cambré et qu’il me montrait son profil, son sexe semblait ressortir de son corps. Je ne pouvais pas rater ça. Je me léchai les lèvres alors que je me remémorais le goût de la goutte de fluide qui était sorte de son gland dans mon rêve. Son érection. Chaude et pulsante contre ma langue.
— Et ton père ? me demanda-t-il.
Je sentis la douleur familière à la pensée de mon père, mais je ne me sentais plus seule. Mon cœur se remplissait lentement de Gage.
— Mon père est mort l’an dernier. Il m’a appris tout ce que je sais sur la survie dans la nature. Il était guide de chasse et de pêche. Il emmenait les gens dans les zones humides pour chasser, à la rivière pour pêcher. On passait au moins deux mois dans les montagnes du Montana tous les étés. C’était un homme bien. Un excellent père.
La douche s’éteignit, et il ouvrit la porte de la cabine. En sortit. Je le regardai, son corps dégoulinant d’eau, ses muscles contractés puis relâchés alors qu’il se mouvait avec assurance. Facilité. Même avec le gourdin qu’il avait entre les cuisses.
— Je suis désolée qu’il soit allé rejoindre les dieux, dit Gage.
Je clignai des yeux à toute vitesse. Je refusais de pleurer maintenant. Alors, je hochai la tête.
— Avant que ma marque se réveille, j’étais censé épouser Rayla, dit-il. Les fiançailles royales avaient déjà été annoncées.
Je restai bouche bée. On semblait au beau milieu d’un feuilleton télévisé.
— Tu es fiancé à ta sœur ?
Il sourit alors qu’il se glissait dans la baignoire jusqu’à ce que ses épaules soient immergées et qu’il venait se placer devant moi. Il plaça les mains sur le rebord de la baignoire de chaque côté de ma tête. J’étais coincée.
— Pas de sang. Le peuple l’adore, une roturière qui deviendrait princesse. Elle est gentille et altruiste et elle est impliquée dans plusieurs associations qui viennent en aide aux gens du commun.
Seigneur. Il ne venait quand même pas de parler de gens du commun alors qu’il parlait de sa sœur. Demi-sœur. Peu importe.
— Elle est belle ?
J’eus envie de me gifler, mais les mots avaient quitté ma bouche avant que je puisse contenir la jalousie qui venait de pointer le bout de son nez. C’était un vilain défaut, et je n’avais vraiment pas envie de détester ma future belle-sœur.
— Oui. Très, dit-il en me passant une main dans les cheveux, avant de poser le regard sur mes lèvres. Mais pas aussi belle que toi.
Je rougis ; je ne pouvais pas m’en empêcher, pas alors qu’il me regardait comme s’il était prêt à bondir. J’avais envie de lui hurler de se dépêcher, mais j’étais coincée comme un lapin pris dans les phares d’un voiture, figée. J’attendais qu’il me touche. Inquiète qu’il en désire une autre.
— Elle est au courant ? Pour moi ?
Son regard s’adoucit et se porta sur mes lèvres. J’avais le souffle court.
— Oui. Elle était ravie.
Je fronçai les sourcils.
— Elle était ravie de ne pas devenir princesse ?
Ça n’avait aucun sens. Personne ne pourrait être content à l’idée de renoncer à cet homme à tomber.
— Oui. Nous étions tous les deux coincés dans le carcan du devoir. À présent, elle est libre de faire un mariage d’amour, pas de raison. Je l’aime, Danielle. Elle fait partie de ma famille, elle est sous ma protection.
— Tu l’aimes ?
Pff ! Je parlais comme une parfaite idiote. Mais c’était complètement sa faute. Je n’arrivais pas à réfléchir. Pas alors que la chaleur de son corps me parcourait comme une drogue. Et ses lèvres. J’avais le regard braqué dessus. J’étais avide. J’avais rêvé de lui nuit après nuit, je l’avais trouvé, mais il n’avait jamais été à moi. Réel. Pas comme ça. Et la faim qui s’éveillait en moi n’était pas normale. C’était terrifiant. Trop intense. Trop fort. Je perdais le contrôle. Mon corps ne m’appartenait plus, il était sien. Je percevais les battements de son cœur, celui de son pouls à la base de son cou. Bon sang, son odeur était enivrante, elle emplissait tout mon corps de chaleur.
Et l’imaginer avec une autre femme ? La partie de moi que cela faisait hurler était sauvage, à vif, primitive. Je n’avais encore jamais ressenti une chose pareille. J’avais peur de bouger, peur qu’en contractant le moindre muscle, je perde le contrôle et bondisse. Que je le marque. J’avais envie de frotter mon corps à lui, comme un foutu chat marquant son territoire, le marquer de mon odeur ‒ parce que je savais que les autres sentiraient ma peau sur lui, sauraient qu’il était mien. C’était mal. Étrange.
Mais je ne pouvais pas m’empêcher d’en avoir envie.
Seigneur, j’étais peut-être bel et bien une extraterrestre, finalement, car tout cela était inné. Instinctif. J’avais l’impression d’être une Chasseuse.
Nous n’étions plus sales. Plus blessés.
— Je l’aime comme une sœur, rien de plus. Mais ce n’est rien comparé à ce que je ressens pour toi. Je suis ta famille, désormais. Et tu es la mienne.
Tremblements. Souffle coupé. Souffle coupé. J’avais besoin qu’il me touche. Encore plus besoin que de respirer. Je me léchai les lèvres, satisfaite quand son regard suivit mon geste et que ses yeux se firent sombres et brûlants.
— Prouve-le.
Je fendis l’eau et pressai mon corps contre le sien, torse contre torse, levant les doigts pour les promener dans ses cheveux, comme je voulais le faire depuis un moment.
Ce premier contact fut comme un courant électrique, mon corps crépitant de chaleur, de désir et d’excitation. Ce fut à son tour de se figer, de lutter pour se maîtriser. Je fermai les yeux, impatiente de le goûter, et je pressai les lèvres contre les siennes, revendiquai sa bouche dans un baiser.
J’étais douce. Tendre. Mes lèvres s’attardèrent. Se retirèrent. C’était une invitation à laquelle il serait incapable de résister, j’en étais sûre. Je le désirais. J’avais besoin qu’il me touche, qu’il me fasse sentir que je lui appartenais véritablement après m’être tant battue pour être avec lui. Mais je n’étais pas expérimentée. Je ne savais pas quoi faire d’autre, à part lui donner la permission de me faire n’importe quoi.
Non, tout ce qu’il voudrait. Tout ce dont nous avions tous les deux besoin.
Je rompis notre baiser et passai les bras autour de lui pour le serrer fort. Contre moi. Le plus près possible. Je luttai contre une vague d’émotion, d’amour, d’excitation et d’un million d’autres choses que j’étais incapable de comprendre, et encore moins de nommer. Je ravalai les larmes brûlantes qui me montaient aux yeux et pressai les lèvres contre son oreille.
— J’ai besoin de toi, Gage. S’il te plaît. Je veux devenir tienne.
— Tu es mienne.
Il passa les bras autour de moi et me serra contre lui durant de longues minutes alors que nous luttions tous les deux pour nous maîtriser, nos respirations haletantes. Ses bras étaient comme des anneaux d’acier autour de moi, et je ne m’étais jamais sentie aussi en sécurité, aussi liée à un autre être. Était-ce de l’amour ? Je n’en savais rien. Le mot amour semblait tellement terne pour ce que je ressentais. C’était de l’obsession. De la dévotion. Un désir qui plantait ses griffes dans mon corps comme une bête sauvage, menaçant de me déchirer de l’intérieur.
Il me serra jusqu’à ce que mes tremblements s’évanouissent, jusqu’à ce que je me détende dans ses bras, contente de le laisser me tenir, ses mains caressant mon dos, traçant les contours de mes courbes, découvrant mon corps alors que je me soumettais à son contact.
— Tu as déjà été avec un homme, Dani ?
— Non. Pas dans ce sens-là.
J’étais contente que ma joue soit posée contre son épaule, qu’il ne puisse pas voir la rougeur qui me montait au visage.
— J’ai embrassé quelques garçons au lycée, mais jamais... tu sais.
— Alors mon premier objectif sera de chasser le goût de tous ces autres hommes de tes lèvres.
Ouah. Mais ce ne serait pas grand-chose. Ce n’était pas comme si ces quelques caresses maladroites...
Mes pensées furent interrompues lorsque Gage me passa les mains derrière la tête et me leva doucement le visage vers le sien. Il était tendre, mais son baiser ne le fut pas. Ses lèvres me revendiquaient, sa langue plongeant profondément pour me goûter, me conquérir. Me faire oublier qui avait été là le premier.
Je fondais. C’était la seule façon de décrire ce qui arrivait à mon corps. Je l’embrassai en retour, un profond gémissement provenant du fond de ma gorge un son que je ne reconnaissais pas. Mais lui si, et sa bouche devint plus agressive, plus exigeante, et je lui donnai tout, impatiente de goûter et d’être goûtée.
Il arracha ses lèvres aux miennes et me souleva sur le bord de la baignoire pour que je sois assise face à lui. Haletante. Prête à en avoir plus.
Ses mains chaudes se posèrent sur mes genoux et les écartèrent lentement.
— Écarte les jambes, Dani. Je veux revendiquer ce qui m’appartient.
Mes cuisses furent grandes écartées avant que mon cerveau puisse pousser un cri de protestation. Je n’étais pas comme ça. Je n’étais pas cette amante sauvage et désinhibée.
Mais si.
Avec un sourire qui fit durcir mes tétons et pulser mon sexe, il plaça une main entre mes seins et me repoussa lentement jusqu’à ce que mon dos soit collé au carrelage lisse qui entourait la baignoire. Je m’étais attendue à avoir froid, mais des serviettes épaisses et douces étaient étalées par terre, et je réalisai qu’il avait tout prévu depuis le début. Qu’il avait pensé à mon confort, alors même qu’il...
— Oh, la vache.
Les mots avaient quitté mes lèvres lorsque sa bouche s’était refermée sur mon clitoris. Pas de lente séduction, pas de montée en puissance progressive ou de petits baisers. Il m’aspira dans sa bouche comme si j’étais un bonbon, son grognement et ses mains tremblantes la preuve qu’il en avait envie. Qu’il avait envie de moi.
La bouche sur mon clitoris, la langue s’agitant sur mon bouton sensible, il glissa profondément un doigt en moi, m’emplissant, et j’arrêtai de l’admirer. Ma tête se renversa en arrière sur les serviettes et je cambrai le dos, levant les hanches, les doigts enfoncés dans ses cheveux, en le suppliant silencieusement de m’en donner plus.
Il maniait mon corps comme un expert, et j’abandonnai toute maîtrise de moi-même alors que le monde explosait encore et encore, mon sexe contracté sur son doigt comme un poing, les contractions musculaires me faisant sangloter, puis supplier, puis crier. C’était trop. Trop intense, les émotions qui me parcouraient le corps étaient trop puissantes. Mes oreilles tintaient, des couleurs dansaient derrière mes paupières fermées.
Quand je m’arrêtais enfin, tremblante et épuisée, ma voix rauque d’avoir tant crié, il retira son doigt, m’embrassa le clitoris une dernière fois avec douceur et me prit dans ses bras pour me remettre dans l’eau. Il me serrait contre lui, comme si je l’empêchais d’être entraîné par le courant. Son sourire était plein d’une satisfaction toute masculine, mais ses yeux contenaient autre chose. Quelque chose de tendre et de vrai, que je n’avais encore jamais vu. Je n’arrivais pas à détourner les yeux.
— Gage, murmurai-je.
Il m’ordonna de me taire avec douceur et posa ses lèvres sur les miennes, le goût épicé de mon excitation sur sa langue réveillant mon désir. Mon sentiment de satiété hébété s’envola, remplacé par de l’avidité. J’ignorais si c’était l’Everienne en moi qui se réveillait, la Chasseresse en manque de son compagnon, mais j’avais besoin de connaître son véritable goût. J’avais besoin de le conquérir comme il m’avait conquise.
Je nous fis tourner dans la baignoire, et il me laissa l’embrasser. Je le dévorai, le pressant en arrière jusqu’à ce qu’il se retrouve là où j’avais été quelques instants plus tôt, le dos collé à la paroi.
— Dehors, Gage. C’est à mon tour.
Il ne dit pas un mot, mais le désir dans ses yeux était pur et viril alors qu’il se hissait pour s’asseoir sur le rebord de l’énorme baignoire. Il ne s’allongea pas en arrière, et je lui en fus reconnaissante. L’eau qui coulait sur son torse en béton et ses abdominaux ciselés me donnait envie de parcourir le même chemin avec ma langue. Alors je m’approchai, et c’est exactement ce que je fis.
Je me mis à genoux pour l’embrasser une dernière fois, avant de suivre une goutte d’eau le long de son cou, de sa clavicule. De sa poitrine. Je m’y attardai, goûtai un téton dressé. L’odeur musquée d’un homme, de mon homme, m’emplit la tête, me donna le vertige. Ces sens de chasseresse étaient plus forts que tout. Puissants.
C’était le paradis.
Tout mon être fut empli de son essence. Je l’aspirai dans mes poumons. Mon regard s’attarda sur chaque centimètre carré pour s’assurer que la baguette ReGen n’avait pas raté la moindre contusion ou égratignure. Je me souvenais d’une brûlure particulièrement grave et d’ecchymoses noires sur ses côtes. Ma main parcourut les contours de son corps, l’examinant alors que ses yeux suivaient les miens.
— Je suis guéri, compagne.
— Chut.
C’était à mon tour de m’occuper de lui. De m’inquiéter. De me rassurer en constatant qu’il était sain et sauf. En un seul morceau. Mien. J’embrassai la zone où s’était trouvée la blessure, encore et encore, lui disant sans un mot à quel point il était important pour moi. Il poussa un gémissement, et ses mains vinrent s’enfoncer dans mes cheveux mouillés, pas pour me presser, mais pour nous lier, pour reconnaître le don que je lui faisais.
Une fois prête, je descendis le long de son ventre, admirant chaque centimètre carré de ce Chasseur d’Élite et de son corps musclé. Il était trop beau pour être vrai. Et surtout, trop beau pour être mien. Mais je n’allais pas argumenter avec le destin, ou avec le protocole de la Gardienne Égara, pas maintenant. Pas avec son gland à quelques centimètres de mes lèvres.
J’en léchai le bout, la goutte de liquide pré-séminal qui y brillait. Elle était à moi, elle aussi. Il était à moi. Tout entier.
— Dani.
Mon nom était une imploration, et j’étais impatiente de donner à mon compagnon ce dont il avait besoin.
Comme lui, je ne fus pas douce. Je l’avalai, le pris dans ma bouche avec une agressivité qui me surprit. Mais son gémissement, le mouvement de ses hanches, ses doigts qui se serrèrent sur mes cheveux, me confirmèrent qu’il était désormais sous ma coupe. Mien, comme dans le dernier rêve que nous avions partagé.
J’entourai la base de son membre avec ma main et le caressai avec ma bouche. Mes lèvres. Je le suçai, le léchai. Le goûtai. Il était comme de l’acier couvert de soie. Imposant. Dur. Je consacrai une seconde à imaginer la sensation de son sexe entre mes fesses. En train d’étirer mon vagin. Cette idée même me contractait le sexe, rendait mes seins lourds, me faisait respirer plus vite. Je venais de jouir, et pourtant, je le désirais encore. J’en voulais plus.
Seigneur, son goût était parfait. Sauvage, musqué et très viril.
Je le pris profondément et levai ma main libre pour passer de ses cuisses à ses bourses, que je caressai. Je les revendiquais elles aussi. Elles m’appartenaient. Sa semence m’appartenait. Je porterais son enfant. Je serais toute sa vie.
Mon nom passa ses lèvres, ses mains s’enfoncèrent dans mes cheveux et me maintinrent alors qu’il jouissait, sa semence épicée, différente. À moi. Je l’avalai, jusqu’à la dernière goutte.
Épuisé, il se laissa de nouveau glisser dans l’eau et me prit dans ses bras. Il me garda là pendant un long moment, sans que nous prononcions le moindre mot alors que sa respiration s’apaisait, que son rythme cardiaque ralentissait. Nous n’avions pas besoin de parler.
Quand je fus toute fripée, il me souleva de la baignoire et me sécha avant de s’occuper de lui. Il continua sur la même lancée alors que nous nous préparions à aller au lit. Il s’assura que je me brosse les dents. Il me regarda brosser et tresser mes cheveux. Quand je lui demandai un pyjama, il fronça les sourcils et refusa, puis me dit que nous dormirions toujours peau contre peau.
Cela m’allait très bien.
Et quand il se blottit contre moi, chaque muscle de son corps pressé contre moi, et que nous nous glissâmes dans les bras de Morphée, pour une fois, je n’éprouvai pas le besoin de rêver.
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