Kitabı oku: «Calligrammes: Poèmes de la paix et de la guerre (1913-1916)»

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Guillaume Apollinaire

Calligrammes: Poèmes de la paix et de la guerre (1913-1916)


Publié par Good Press, 2022

goodpress@okpublishing.info

EAN 4064066077853

Table des matières

ONDES

ÉTENDARDS

CASE D'ARMONS

LUEURS DES TIRS

OBUS COULEUR DE LUNE

LA TÊTE ÉTOILÉE

TRANSCRIPTIONS des CALLIGRAMMES

ONDES

Table des matières

LIENS



Cordes faites de cris


Sons de cloches à travers l'Europe

Siècles pendus


Rails qui ligotez les nations

Nous ne sommes que deux ou trois hommes

Libres de tous liens

Donnons-nous la main


Violente pluie qui peigne les fumées

Cordes

Cordes tissées

Câbles sous-marins

Tours de Babel changées en ponts


Araignées—Pontifes

Tous les amoureux qu'un seul lien a liés


D'autres liens plus ténus

Blancs rayons de lumière

Cordes et Concorde


J'écris seulement pour vous exalter

Ô sens ô sens chéris

Ennemis du souvenir

Ennemis du désir


Ennemis du regret

Ennemis des larmes

Ennemis de tout ce que j'aime encore





LES FENÊTRES




Du rouge au vert tout le jaune se meurt

Quand chantent les aras dans les forêts natales

Abatis de pihis

Il y a un poème à faire sur l'oiseau qui n'a qu'une aile

Nous l'enverrons en message téléphonique

Traumatisme géant

Il fait couler les yeux

Voilà une jolie jeune fille parmi les jeunes Turinaises

Le pauvre jeune homme se mouchait dans sa cravate

blanche

Tu soulèveras le rideau

Et maintenant voilà que s'ouvre la fenêtre

Araignées quand les mains tissaient la lumière

Beauté pâleur insondables violets

Nous tenterons en vain de prendre du repos

On commencera à minuit

Quand on a le temps on a la liberté

Bigorneaux Lotte multiples Soleils et l'Oursin du couchant

Une vieille paire de chaussures jaunes devant la fenêtre


Tours

Les Tours ce sont les rues

Puits

Puits ce sont les places

Puits

Arbres creux qui abritent les Câpresses vagabondes

Les Chabins chantent des airs à mourir

Aux Chabines maronnes

Et l'oie oua-oua trompette au nord

Où les chasseurs de ratons

Raclent les pelleteries

Étincelant diamant

Vancouver

Où le train blanc de neige et de feux nocturnes fuit

l'hiver

Ô Paris

Du rouge au vert tout le jaune se meurt

Paris Vancouver Hyères Maintenon New-York et les

Antilles

La fenêtre s'ouvre comme une orange

Le beau fruit de la lumière





PAYSAGE


Transcription

LES COLLINES



Au-dessus de Paris un jour

Combattaient deux grands avions

L'un était rouge et l'autre noir

Tandis qu'au zénith flamboyait

L'éternel avion solaire



L'un était toute ma jeunesse

Et l'autre c'était l'avenir

Ils se combattaient avec rage

Ainsi fit contre Lucifer

l'Archange aux ailes radieuses



Ainsi le calcul au problème

Ainsi la nuit contre le jour

Ainsi attaque ce que j'aime

Mon amour ainsi l'ouragan

Déracine l'arbre qui crie



Mais vois quelle douceur partout

Paris comme une jeune fille

S'éveille langoureusement

Secoue sa longue chevelure

Et chante sa belle chanson



Où donc est tombée ma jeunesse

Tu vois que flambe l'avenir

Sache que je parle aujourd'hui

Pour annoncer au monde entier

Qu'enfin est né l'art de prédire



Certains hommes sont des collines

Qui s'élèvent d'entre les hommes

Et voient au loin tout l'avenir

Mieux que s'il était le présent

Plus net que s'il était passé



Ornement des temps et des routes

Passe et dure sans t'arrêter

Laissons sibiler les serpents

En vain contre le vent du sud

Les Psylles et l'onde ont péri



Ordre des temps si les machines

Se prenaient enfin à penser

Sur les plages de pierreries

Des vagues d'or se briseraient

L'écume serait mère encore



Moins haut que l'homme vont les aigles

C'est lui qui fait la joie des mers

Comme il dissipe dans les airs

L'ombre et les spleens vertigineux

Par où l'esprit rejoint le songe



Voici le temps de la magie

Il s'en revient attendez-vous

À des milliards de prodiges

Oui n'ont fait naître aucune fable

Nul les ayant imaginés



Profondeurs de la conscience

On vous explorera demain

Et qui sait quels êtres vivants

Seront tirés de ces abîmes

Avec des univers entiers



Voici s'élever des prophètes

Comme au loin des collines bleues

Ils sauront des choses précises

Comme croient savoir les savants

Et nous transporteront partout



La grande force est le désir

Et viens que je te baise au front

Ô légère comme une flamme

Dont tu as toute la souffrance

Toute l'ardeur et tout l'éclat



L'âge en vient on étudiera

Tout ce que c'est que de souffrir

Ce ne sera pas du courage

Ni même du renoncement

Ni tout ce que nous pouvons faire



On cherchera dans l'homme même

Beaucoup plus qu'on n'y a cherché

On scrutera sa volonté

Et quelle force naîtra d'elle

Sans machine et sans instrument



Les secourables mânes errent

Se compénétrant parmi nous

Depuis les temps qui nous rejoignent

Rien n'y finit rien n'y commence

Regarde la bague à ton doigt



Temps des déserts des carrefours

Temps des places et des collines

Je viens ici faire des tours

Où joue son rôle un talisman

Mort et plus subtil que la vie



Je me suis enfin détaché

De toutes choses naturelles

Je peux mourir mais non pécher

Et ce qu'on n'a jamais touché

Je l'ai touché je l'ai palpé



Et j'ai scruté tout ce que nul

Ne peut en rien imaginer

Et j'ai soupesé maintes fois

Même la vie impondérable

Je peux mourir en souriant



Bien souvent j'ai plané si haut

Si haut qu'adieu toutes les choses

Les étrangetés les fantômes

Et je ne veux plus admirer

Ce garçon qui mime l'effroi



Jeunesse adieu jasmin du temps

J'ai respiré ton frais parfum

À Rome sur les chars fleuris

Chargés de masques de guirlandes

Et des grelots du carnaval



Adieu jeunesse blanc Noël

Quand la vie n'était qu'une étoile

Dont je contemplais le reflet

Dans la mer Méditerranée

Plus nacrée que les météores



Duvetée comme un nid d'archanges

Ou la guirlande des nuages

Et plus lustrée que les halos

Émanations et splendeurs

Unique douceur harmonies



Je m'arrête pour regarder

Sur la pelouse incandescente

Un serpent erre c'est moi-même

Qui suis la flûte dont je joue

Et le fouet qui châtie les autres



Il vient un temps pour la souffrance

Il vient un temps pour la bonté

Jeunesse adieu voici le temps

Où l'on connaîtra l'avenir

Sans mourir de sa connaissance



C'est le temps de la grâce ardente

La volonté seule agira

Sept ans d'incroyables épreuves

L'homme se divinisera

Plus pur plus vif et plus savant


Il découvrira d'autres mondes

L'esprit languit comme les fleurs

Dont naissent les fruits savoureux

Que nous regarderons mûrir

Sur la colline ensoleillée



Je dis ce qu'est au vrai la vie

Seul je pouvais chanter ainsi

Mes chants tombent comme des graines

Taisez-vous tous vous qui chantez

Ne mêlez pas l'ivraie au blé



Un vaisseau s'en vint dans le port

Un grand navire pavoisé

Mais nous n'y trouvâmes personne

Qu'une femme belle et vermeille

Elle y gisait assassinée



Une autre fois je mendiais

L'on ne me donna qu'une flamme

Dont je fus brûlé jusqu'aux lèvres

Et je ne pus dire merci

Torche que rien ne peut éteindre



Ou donc es-tu ô mon ami

Qui rentrais si bien en toi-même

Qu'un abîme seul est resté

Où je me suis jeté moi-même

Jusqu'aux profondeurs incolores



Et j'entends revenir mes pas

Le long des sentiers que personne

N'a parcourus j'entends mes pas

À toute heure ils passent là-bas

Lents ou pressés ils vont ou viennent



Hiver toi qui te fais la barbe

Il neige et je suis malheureux

J'ai traversé le ciel splendide

Où la vie est une musique

Le sol est trop blanc pour mes yeux



Habituez-vous comme moi

À ces prodiges que j'annonce

À la bonté qui va régner

À la souffrance que j'endure

Et vous connaîtrez l'avenir



C'est de souffrance et de bonté

Que sera faite la beauté

Plus parfaite que n'était celle

Qui venait des proportions

Il neige et je brûle et je tremble



Maintenant je suis à ma table

J'écris ce que j'ai ressenti

Et ce que j'ai chanté là-haut

Un arbre élancé que balance

Le vent dont les cheveux s'envolent



Un chapeau haut de forme est sur

Une table chargée de fruits

Les gants sont morts près d'une pomme

Une dame se tord le cou

Auprès d'un monsieur qui s'avale



Le bal tournoie au fond du temps

J'ai tué le beau chef d'orchestre

Et je pèle pour mes amis

L'orange dont la saveur est

Un merveilleux feu d'artifice



Tous sont morts le maître d'hôtel

Leur verse un champagne irréel

Qui mousse comme un escargot

Ou comme un cerveau de poète

Tandis que chantait une rose



L'esclave tient une épée nue

Semblable aux sources et aux fleuves

Et chaque fois qu'elle s'abaisse

Un univers est éventré

Dont il sort des mondes nouveaux



Le chauffeur se tient au volant

Et chaque fois que sur la route

Il corne en passant le tournant

Il paraît à perte de vue

Un univers encore vierge



Et le tiers nombre c'est la dame

Elle monte dans l'ascenseur

Elle monte monte toujours

Et la lumière se déploie

Et ces clartés la transfigurent



Mais ce sont de petits secrets

Il en est d'autres plus profonds

Qui se dévoileront bientôt

Et feront de vous cent morceaux

À la pensée toujours unique



Mais pleure pleure et repleurons

Et soit que là lune soit pleine

Ou soit qu'elle n'ait qu'un croissant

Ah! pleure pleure et repleurons

Nous avons tant ri au soleil



Des bras d'or supportent la vie

Pénétrez le secret doré

Tout n'est qu'une flamme rapide

Que fleurit la rose adorable

Et d'où monte un parfum exquis





ARBRE



À Frédéric Boutet Tu chantes avec les autres tandis que les phonographes galopent Où sont les aveugles où s'en sont-ils allés La seule feuille que j'aie cueillie s'est changée en plusieurs mirages Ne m'abandonnez pas parmi cette foule de femmes au marché Ispahan s'est fait un ciel de carreaux émaillés de bleu Et je remonte avec vous une route aux environs de Lyon Je n'ai pas oublié le son de la clochette d'un marchand de coco d'autrefois J'entends déjà le son aigre de cette voix à venir Du camarade qui se promènera avec toi en Europe Tout en restant en Amérique Un enfant Un veau dépouillé pendu à l'étal Un enfant Et cette banlieue de sable autour d'une pauvre ville au fond de l'est Un douanier se tenait là comme un ange À la porte d'un misérable paradis Et ce voyageur épileptique écumait dans la salle d'attente des premières Engoulevent Blaireau Et la Taupe-Ariane Nous avions loué deux coupés dans le transsibérien Tour à tour nous dormions le voyageur en bijouterie et moi Mais celui qui veillait ne cachait point un revolver armé Tu t'es promené à Leipzig avec une femme mince déguisée en homme Intelligence car voilà ce que c'est qu'une femme intelligente Et il ne faudrait pas oublier les légendes Dame-Abonde dans un tramway la nuit au fond d'un quartier désert Je voyais une chasse tandis que je montais Et l'ascenseur s'arrêtait à chaque étage Entre les pierres Entre les vêtements multicolores de la vitrine Entre les charbons ardents du marchand de marrons Entre deux vaisseaux norvégiens amarrés à Rouen Il y a ton image Elle pousse entre les bouleaux de la Finlande Ce beau nègre en acier La plus grande tristesse C'est quand tu reçus une carte postale de La Corogne Le vent vient du couchant Le métal des caroubiers Tout est plus triste qu'autrefois Tous les dieux terrestres vieillissent L'univers se plaint par ta voix Et des êtres nouveaux surgissent Trois par trois LUNDI RUE CHRISTINE La mère de la concierge et la concierge laisseront tout passer Si tu es un homme tu m'accompagneras ce soir Il suffirait qu'un type maintînt la porte cochère Pendant que l'autre monterait Trois bec de gaz allumés La patronne est poitrinaire Quand tu auras fini nous jouerons une partie de jacquet Un chef d'orchestre qui a mal à la gorge Quand tu viendras à Tunis je te ferai fumer du kief Ça a l'air de rimer Des piles de soucoupes des fleurs un calendrier Pim pam pim Je dois fiche près de 300 francs à ma probloque Je préférerais me couper le parfaitement que de les lui donner Je partirai à 20 h. 27 Six glaces s'y dévisagent toujours Je crois que nous allons nous embrouiller encore davantage Cher monsieur Vous êtes un mec à la mie de pain Cette dame a le nez comme un ver solitaire Louise a oublié sa fourrure Moi je n'ai pas de fourrure et je n'ai pas froid Le Danois fume sa cigarette en consultant l'horaire Le chat noir traverse la brasserie Ces crêpes étaient exquises La fontaine coule Robe noire comme ses ongles C'est complètement impossible Voici monsieur La bague en malachite Le sol est semé de sciure Alors c'est vrai La serveuse rousse a été enlevée par un libraire Un journaliste que je connais d'ailleurs très vaguement Écoute Jacques c'est très sérieux ce que je vais te dire Compagnie de navigation mixte Il me dit monsieur voulez-vous voir ce que je peux faire d'eaux fortes et de tableaux Je n'ai qu'une petite bonne Après déjeuner café du Luxembourg Une fois là il me présente un gros bonhomme Qui me dit Écoutez c'est charmant À Smyrne à Naples en Tunisie Mais nom de Dieu où est-ce La dernière fois que j'ai été en Chine C'est il y a huit ou neuf ans L'Honneur tient souvent à l'heure que marque la pendule La quinte major LETTRE-OCÉAN



Transcription

SUR LES PROPHÉTIES



J'ai connu quelques prophétesses

Madame Salmajour avait appris en Océanie à tirer les cartes

C'est là-bas qu'elle avait eu encore l'occasion de participer

À une scène savoureuse d'anthropophagie

Elle n'en parlait pas à tout le monde

En ce qui concerne l'avenir elle ne se trompait jamais



Une cartomancienne céretane Marguerite je ne sais plus quoi

Est également habile

Mais Madame Deroy est la mieux inspirée

La plus précise

Tout ce qu'elle m'a dit du passé était vrai et tout ce qu'elle

M'a annoncé s'est vérifié dans le temps qu'elle indiquait

J'ai connu un sciomancien mais je n'ai pas voulu qu'il

interrogeât mon ombre

Je connais un sourcier c'est le peintre norvégien Diriks

Miroir brisé sel renversé ou pain qui tombe

Puissent ces dieux sans figure m'épargner toujours

Au demeurant je ne crois pas mais je regarde et j'écoute

et notez

Que je lis assez bien dans la main

Car je ne crois pas mais je regarde et quand c'est

possible j'écoute



Tout le monde est prophète mon cher André Billy

Mais il y a si longtemps qu'on fait croire aux gens

Qu'ils n'ont aucun avenir qu'ils sont ignorants à jamais

Et idiots de naissance

Qu'on en a pris son parti et que nul n'a même l'idée

De se demander s'il connaît l'avenir ou non

Il n'y a pas d'esprit religieux dans tout cela

Ni dans les superstitions ni dans les prophéties

Ni dans tout ce que l'on nomme occultisme

Il y a avant tout une façon d'observer la nature

Et d'interpréter la nature

Qui est très légitime





LE MUSICIEN DE SAINT-MERRY



J'ai enfin le droit de saluer des êtres que je ne connais pas

Ils passent devant moi et s'accumulent au loin

Tandis que tout ce que j'en vois m'est inconnu

Et leur espoir n'est pas moins fort que le mien



Je ne chante pas ce monde ni les autres astres

Je chante toutes les possibilités de moi-même hors de

ce monde et des astres

Je chante la joie d'errer et le plaisir d'en mourir




Le 21 du mois de mai 1913

Passeur des morts et les mordonnantes mériennes

Des millions de mouches éventaient une splendeur

Quand un homme sans yeux sans nez et sans oreilles

Quittant le Sébasto entra dans la rue Aubry-Le-Boucher


Jeune l'homme était brun et ce couleur de fraise sur les joues

Homme Ah! Ariane

Il jouait de la flûte et la musique dirigeait ses pas

Il s'arrêta au coin de la rue Saint-Martin

Jouant l'air que je chante et que j'ai inventé

Les femmes qui passaient s'arrêtaient près de lui

Il en venait de toutes parts

Lorsque tout à coup les cloches de Saint-Merry se mirent

à sonner

Le musicien cessa de jouer et but à la fontaine

Qui se trouve au coin de la rue Simon-Le-Franc

Puis Saint-Merry se tut

L'inconnu reprit son air de flûte

Et revenant sur ses pas marcha jusqu'à la rue de la Verrerie

Où il entra suivi par la troupe des femmes

Qui sortaient des maisons

Qui venaient par les rues traversières les yeux fous

Les mains tendues vers le mélodieux ravisseur

II s'en allait indifférent jouant son air

Il s'en allait terriblement




Puis ailleurs

À quelle heure un train partira-t-il pour Paris



À ce moment

Les pigeons des Moluques fientaient des noix muscades



En même temps

Mission catholique de Borna qu'as-tu fait du sculpteur



Ailleurs

Elle traverse un pont qui relie Bonn à Beuel et disparaît

à travers Pützchen



Au même instant

Une jeune fille amoureuse du maire



Dans un autre quartier

Rivalise donc poète avec les étiquettes des parfumeurs




En somme ô rieurs vous n'avez pas tiré grand chose des

hommes

Et à peine avez-vous extrait un peu de graisse de leur

misère

Mais nous qui mourons de vivre loin l'un de l'autre

Tendons nos bras et sur ces rails roule un long train de

marchandises



Tu pleurais assise près de moi au fond du fiacre



Et maintenant

Tu me ressembles tu me ressembles malheureusement

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