Kitabı oku: «Озорные рассказы / Les contes drolatiques. Уровень 1», sayfa 2
II
Comment le senechal se battit avec
le pucelage de sa femme
Durant les premiers jours de son mariage, le sénéchal inventa de notables bourdes pour sa femme.
Un soir, par accident15, Bruin parla d’enfants. Il se plaignait d’un gars condamné par lui de grandes fautes, en disant que, pour sûr, celui-là naquit16 de gens chargez de péchés mortels:
– Si vous voulez me donner un enfant, dit Blanche, je l’éduquerai si bien, que vous serez content de lui…
– Comment, ma mie17, voulez-vous être mère? fit Bruin. Mais vous ne savez pas encore le métier de dame18.
– Oh! dit-elle. Je l’apprendrai!
Alors, pour obtenir un enfant, Blanche commença à chasser le cerf. Le pauvre sénéchal avait déjà peine à19 accompagner sa dame à la chasse.
Mais il était fou d’elle, et comme sa femme devenait de plus en plus rêveuse, Bruin voulut chasser des pensées qui la hantaient.
– D’où vient votre souci, ma mie? dit-il.
– De honte. Je ne suis pas une femme vertueuse, si je n’ai pas d’enfant. Je sais qu’il doit sortir de moi puisque à l’église on dit que Jésus était le fruit du ventre20 de la Vierge.
– Donc, prions Dieu et la Vierge que cela soit ainsi, s’écria le sénéchal.
Le jour même Blanche partit à la cathédrale pour prier la Vierge. Le vieux sénéchal était avec elle, mais il s’endormit en chemin. Monsieur Gauthier de Montsoreau chevauchait devant Blanche, en dispersant le peuple.
Une des paysannes dit:
– Voyez! Monsieur de Montsoreau est assez mignon pour ouvrir le cœur de cette dame.
Blanche rougit, et monsieur Montsoreau la regarda attentivement. La femme du sénéchal pensa
à ce regard tout le chemin, et, en arrivant au pont de Tours, elle était déjà amoureuse du jeune Montsoreau.
Quand ils atteignirent21 finalement la cathédrale, Blanche alla à la chapelle où les dames demandaient les enfants à Dieu et à la Vierge, et y entra seule, comme c’était la coutume. Là, elle vit un vieux prêtre, et elle demanda:
– Et voyez-vous souvent de jeunes femmes avec aussi vieil époux que l’est monsieur le sénéchal?
– Rarement, fit-il.
– Mais celle-là ont les enfants?
– Toujours. Avant cet âge, Dieu seul s’en mêle; après, ce sont les hommes.
– Vous êtes bien joyeuse! dit à sa femme le sénéchal en rentrant à la maison.
– Je ne doute plus d’avoir un enfant. Mais le prêtre a dit que quelqu’un d’autre doit travailler pour cela, je prendrai Gauthier…
Monsieur Bruin immédiatement éloigna Gauthier pour protéger le pucelage de Blanche. Au lieu du jeune Montsoreau le sénéchal invita René, un garçon de quatorze ans, dont il fit son page.
III
Ce qui n’est que péché véniel
Le dimanche suivant l’arrivée de René, Blanche alla chasser. Dans les bois elle vit un moine qui serra une fille contre lui plus fort que n’avait besoin être.
– Ah! Empêchez qu’il ne la tue22! s’écria Blanche.
Mais quand elle s’approcha, elle fut choquée. Elle rentra pensive à la maison. Elle comprit tout.
Elle dit à son mari:
– Bruin, vous m’avez trompé. Vous devez me faire ce que le moine a fait à la fille dans les bois.
Le vieux Bruin se douta de l’aventure. Il répondit doucement:
– Hélas, ma mie! En vous prenant pour femme, j’ai plus eu d’amour que de force. Ce chagrin hâte ma mort. Bientôt vous serez libre!.. Mais attendez mon décès. Ne trahissez pas l’honneur de mes cheveux blancs!..
Puis le pauvre sénéchal prit le petit poignard qui était sur la table de lit, et dit avec rage23:
– Ma mie, tue-moi, ou laisse-moi espérer que tu m’aimes un peu!
– Oui! oui! fit-elle tout effrayée, je vous aimerai beaucoup24.
Voilà comment ce jeune pucelle s’empara de ce vieillard et l’asservit.
– Mon bon Bruin, je veux ceci! Bruin! je veux cela! Allons! Bruin! Bruin!
Un soir Blache dit à son mari:
– Mon bon Bruin, je suis prise par des fantaisies25. Je rêve du moine des Carneaux…
– Ma mie, répondit le sénéchal, allez à confesse au digne abbé de Marmoutier, notre voisin; il vous conseillera bien.
Le lendemain Blanche alla au monastère. Elle trouva l’abée dans un jardin secret. La femme de sénéchal ne savait pas qu’il était de mèche avec26 monsieur Bruin.
– Ah! mon père, fit-elle, je dois vous avouer que je meurs d’envie de faire un enfant. Est-ce mal?
– Non, dit l’abbé.
– Mais, reprit-elle, mon mari ne peut pas m’en donner.
– Alors, dit le prêtre, vous devez vivre sage et vous vous abstenir de toute pensée de ce genre.
– Et comment donc a fait la vierge Marie?…
– Oh! répondit l’abbé, ceci est un mystère.
– Et, fit-elle, ne pourrais-je faire un mystère27?
– Ça, dit l’abbé, n’est arrivé qu’une fois.
– Eh! mon père, quand je suis à l’église, je ne vois ni prêtre, ni autres. Je ne vois que l’enfant Jésus, et je sens mon désir. Oh, si je pèche…
Et l’abbé parla à Blanche de sainte Lidoire qui se fut endormi sur le soleil, et un jeune homme l’a fait enceinte. Elle ne réveilla pas et ne fit aucun mouvement.
– Oh! mon père, dit-elle, soyez sûr que je ne bougerais pas plus qu’elle28!
Quand elle revint, elle vit Renée.
– Ah! se dit Blanche, si ce page avait plus que quinze ans, je m’endormirais bien fort près de lui.
Le soir même, elle restait songeuse dans son fauteuil. Monsieur Bruin demanda ce qui fait sa femme se soucier.
– La pensée, fit-elle, que vous avez dû lancer dans les aventures quand vous étiez très jeune, si vous êtes ruiné maintenant…
– Oh! répondit-il en souriant, à l’âge de treize ans et demi, j’avais engrossé la servante de ma mère…
IV
Comment et par qui fut fait un enfant
D’habitude le Sénéchal dormait pendant l’après-midi. Blanche décida de profiter de ce temps libre pour parachever l’éducation de René.
D’abord elle demanda le garçon de lire les litanies de madame la Vierge. Puis elle fit semblant de dormir29. Elle attendait. Mais le jeune homme amoureux n’embrassa que le pied de Blanche et sortit de la salle.
Le lendemain le page fut appelé de nouveau, et Blanche s’endormit pour la deuxième fois. René passa la main sur la jambe de la femme. Mais il eut peur. Ne supportant plus, Blanche s’écria:
– Va donc, René! Je dors!
Effrayé, le garçon s’enfuit.
Pendant le dîner René reçut de Blanche un regard si éloquent qu’il transforma de l’enfant à l’homme immédiatement. Après le dîner il trouva la dame endormie et lui donna plus qu’elle ne pensait. À la fin Blanche s’écria:
– Oh! René, tu m’as éveillée!
Ils commencèrent à passer chaque après-midi comme ça. Blanche s’inquiéta enfin de l’avenir de son page bien-aimé.
– Tu sais, dit-elle, que j’ai un enfant, et qu’on ne pourra pas le cacher. Tu dois aller à l’abbé de Marmoutier pour lui confesser tes péchés.
– Le voulez-vous donc, ma mie?
– Oui, répondit-elle.
– Eh bien, j’irai30; mais dormez encore, que je vous dise adieu!
Le lendemain, plus pour sauver sa chère dame que pour soi, et aussi pour obéir à elle, René alla à l’abbé.
V
Comment dudit péché d’amour fut faite pénitence et mené grant deuil31
– Vrai Dieu! s’écria l’abbé, lorsqu’il attendit l’histoire de René. Sais-tu que tu perds le ciel pour toujours?!
– Hélas! mon père, fit un garçon tout épouvanté, quinze ans seraient-ils assez pour m’acquitter de tant de plaisirs?32
– Allez! reprit le vieil abbé; ne péchez plus.
René rentra et raconta tout au sénéchal.
Monsieur Bruin voulut tuer le pécheur. Mais la jeunesse de garçon toucha son cœur.
– Va-t’en au diable d’où tu viens! s’écria le sénéchal, et René s’enfuit.
Et monsieur Bruin trouva Blanche qui attendait son bien-aimé.
– Ha! madame, pensez-vous que suis-je un enfant, pour croire que ce page n’avait vous éveillé?
Blanche comprit tout. Elle commença à dire des mots doux pour calmer son époux. Quand le pauvre sénéchal s’apaisa, elle demanda:
– Et où est le page?
– Il est au diable!
– Quoi! l’avez-vous tué? dit-elle.
Elle passa les jours suivants frappée de mélancolie33.
– Où est-il, ce pauvre malheureux? – disait-elle parfois.
Cependant elle eut un jour l’enfant tant désiré! Blanche se consola. Comme personne ne savait rien de l’aventure de Blanche et de son page tout le monde pensait que c’était l’enfant de Bruin. Mais Blanche ne pouvait pas oublier son page, envoyé en Croisade.
Enfin le sénéchal mourut. Blanche ne voulait pas se remarier. Elle vécut ainsi quatorze années dans le souvenir d’un seul jour de bonheur.
Un jour son fils entra en courant dans la salle où Blanche était assise entourée de dames et s’écria:
– Ma mère, j’ai vu dans la cour un pèlerin qui m’a serré dans ses bras bien fort et pleuré.
– Il a pleuré? fit-elle. Ah! c’est le père!
Et elle mourut.
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