Kitabı oku: «Озорные рассказы / Les contes drolatiques. Уровень 1», sayfa 3
L’amie du Roi
Il y avait en ce temps un orfèvre logea aux forges du Pont-au-Change. Sa fille était très belle. Beaucoup d’hommes s’intéressaient à elle.
Un voisin de l’orfèvre, avocat au parlement, promit d’offrir un hôtel particulier34 au père de la belle. Et l’orfèvre décida lui faire son gendre.
Mais quand la belle fille vit ce voisin, elle dit:
– Merci Dieu! je n’en veux pas.
Son père ne l’écoutait pas. Alors la belle décida de tout raconter à son fiancé.
Et le soir même, après le dîner, elle dit:
– Mon père vous a vendu mon corps; mais j’aimerais mieux un passant que vous.
Le voisin n’en a pas tenu compte35.
– Et quand sera la noce? demanda-t-il.
– Demain, fit-elle, pour que je puisse avoir des amants bientôt36.
Ce jour-là le Roi retourna d’un voyage. Il entendit les gens parler d’une belle fille qui refusa à tous les hommes. Le Roi s’intéressa à elle. Il alla aux forges du pont. Et là il dit à la belle fille:
– Ma mie, vous n’êtes pas faite pour vendre des pierres, mais pour en recevoir.
– Ah! Sire, reprit la belle fille, je me marierai demain. Mais, si vous me baillez le poignard qui est à votre ceinture, je défendrai ma fleur et vous la réserverez.
Le Roi lui donna le petit poignard.
Le lendemain, l’avocat et la belle fille se marièrent. Le soir le mari vint dans la chambre pour coucher avec sa femme. Mais elle ne voulait pas. Elle se battait même, et il ne pouvait pas s’approcher d’elle.
– Que voulez-vous de moi? dit la belle fille.
– Je veux tout! fit-il.
– Voici le poignard du Roi. Je vous tuerai, si vous m’approche.
Elle prit un charbon et écrivit une raye sur le plancher, puis elle dit:
– Ici seront les confins du domaine du Roi.
Mais l’avocat cria:
– Je ne veux pas vivre sans avoir ce beau corps et ces merveilles d’amour! Donc, tuez-moi!
La belle fille répondit:
– Ce n’est pas vous, c’est moi, que je tuerai…
Son regard farouche effraya le pauvre avocat. Il ne toucha pas la fille.
Le lendemain, la belle alla voir le Roi.
Le servant du roi attendait devant la maison de l’avocat. Il raconta à la fille quel homme était le Roi et l’emmena au palais.
Le pauvre avocat laissa sa femme au Roi. Et ceci l’aimée soir et matin.
Un monsieur de Bridoré, qui voulait offrir à la belle fille sa terre en Touraine, se tua pour elle. Cette mort l’attrista. Et elle décida qu’à l’avenir elle accepterait secrètement tous les domaines pour sauver son âme.
Un jour l’amie du Roi alla se promener dans la ville. Là son mari la vit. Après cette rencontre il passa la nuit en disant: «Oh! oui! Ah! je l’aurai37! Je suis son mari!»
Le lendemain un client de l’avocat, un homme de grand nomme, vint pour dire qu’il avait besoin de douze mille écus.
– C’est à cause de l’amie du Roi! Сe soir, moyennant douze mille écus et ma terre de Brie, je m’occuperai d’elle38.
L’avocat pâlit.
– Mais, demanda-t-il, est-ce donc à elle que vous donnez de l’argent?
– Non, dit ce monsieur, à sa servante.
L’avocat accepta d’aider son client dans cette affaire. Le soir, il invita la servante et lui montra douze mille écus.
– C’est à vous! dit-il, voici douze mille écus. Je veux que vous alliez chez le monsieur qui croit être aimé cette nuit par la belle, et que vous lui mentiez. Vous devez dire que le Roi vient souper chez elle ce soir. Mais c’est moi, son mari, qui serai au lieu du monsieur et du Roi. Prenez les douze mille écus, et je vous en promets deux fois autant, si en fraudant j’ai ce qui m’appartient39.
– Venez après souper, répondit la servante.
Ils convinrent de l’heure, de la porte, du signal, de tout. Quand la nuit vint, l’avocat se dirigea vers l’hôtel particulier du Roi. La servante lui ouvrit la porte.
L’avocat se cacha près du lit de sa femme et la regarda se déshabiller.
Soudain la servante dit:
– Taisez-vous40, mademoiselle. Il est là.
– Qui?
– Votre mari.
– Lequel?
– Le vrai.
Et la servante tout raconta.
– Oh bien! il en aura pour son argent, dit la belle fille. Tu me remplaceras. Couche toi dans mon lit. Et je retournerai le matin.
Cette nuit-là la servante en donna à l’avocat pour plus de cent mille écus41. Vers le matin la femme de l’avocat la remplaça.
Cette histoire fit connue42. Le pauvre avocat mourut de dépit.
Ceci nous apprend à ne pas nous attacher aux femmes qui refusent de nous obéir.
L’héritier du Diable
Il y avait un bon vieux chanoine de Notre-Dame de Paris. Ce chanoine était venu comme simple prêtre à Paris43. Mais, étant un homme très beau, il s’adonna à la confession des dames.
La femme de maréchal Dequerdes lui bailla un os de saint Victor. Cet os faisait des miracles. Aussi44 vécut il comme un roi; battant monnaye avec son goupillon, et transmuant l’eau bénite en bon vin45.
Mais un jour le courageux chanoine se sentit faible parce qu’il avait bien soixante-huit ans. Alors, il crut pouvoir cesser ses travaux apostoliques, d’autant qu’il possédât environ cent mille écus. Dès ce jour il ne confessa plus que les femmes de haute naissance46, et très bien.
Puis, enfin, le chanoine devint, par force de nature, un beau nonagénaire.
A cause de l’immobilité du chanoine; à cause de sa réclusion muette, sa florissante santé et autres choses longues à dire, il y avait des gens qui disait que le vrai chanoine est mort il y a longtemps, et que depuis plus de cinquante ans le diable logeât à son corps.
De toutes les rumeurs suivit que le vieux chanoine, diable ou non, demeurât en son logis, ne voulut point trépasser, et avait trois héritiers qui attendaient sa mort.
Un de ces héritiers était un très mauvais soldat. Il tenait de son oncle47 la force et la fidélité au service. Ce neveu du diable avait un nom le capitaine Cochegrue, mais ses créanciers l’appelaient le Singe, parce qu’il était malicieux autant que fort; en plus il avait une bosse.
Le second avait étudié le Droit. Il était devenu un bon procureur et menait les affaires des dames que jadis le chanoine avait le mieux confessées. Il se nommât Pille-grue. Son corps était faible et son visage était pâle.
Les deux frères trouvaient leur part de l’héritage insuffisant. La troisième partie destinait à un pauvre cousin qui était berger.
Les frères lui conseillèrent de venir à Paris. Et le berger s’installa chez son oncle. Cochegrue et Pille-grue espéraient que la grossièreté de leur cousin déplairait au chanoine. Le berger s’appelait Chiquon. Et il s’efforçait d’aider son oncle.
Un soir, monsieur le chanoine parlait du diable.
– Le diable n’est pas utile… dit Chiquon.
– Tu n’as pas peur, Chiquon, de nier le diable?… demanda son oncle.
– Nullement! Dieu me défendra bien du diable.
Là-dessus, les deux autres neveux entrèrent et reconnurent à la voix du chanoine qu’il ne haïssait pas Chiquon.
– Alors, fit Cochegrue, tout sera à Chiquon?
– Non, répondit le chanoine en souriant, héritage sera au plus fin de vous trois.
Après cela les deux frères décidèrent de tuer le berger. Mais ce dernier tout entendit. Il se souvint qu’un soir son frère Pille-grue avait raconté d’une femme d’orfèvre avec laquelle il passait les nuits:
– Il y a, dans une pièce voisine, un grand coffre où je me cache. Quand son bon mari rentre, ma maitresse lui dit qu’elle se sent un peu malade. Elle le laisse coucher seul. Puis elle va dans une pièce voisine où je l’attends.
Chiquon courut chez l’orfèvre. Il l’a tout raconta.
– Faites semblant48 que j’achète ce coffre, et que je serai sur le pont avec un charretin.
L’orfèvre rentra chez lui avec Chiquon. Il ordonna de sortir le coffre. Puis le berger, accompagné du bon orfèvre, emmena ce bagage au bord de l’eau. Ils le jetèrent dans la Seine.
Puis Chiquon visita la rue du port Saint-Landri, près de Notre-Dame. Là, il trouva une maison et cria: «Ouvrez! Ouvrez! Au nom du Roi!».
Un vieil homme, le fameux lombard Versoris, arriva à la porte.
– Je suis envoyé pour vous prévenir, dit Chiquon, que le bossu qui vous a dévalisé est de retour.
Après avoir dit49 tout cela, le berger courut chez Cochegrue, qui dinait avec Pâquerette.
De la maison de Cochegrue il y eut des cris: «Au secours!», puis la lourde chute du léger corps de la jolie fille. Chiquon entra. Il vit que Pâquerette était morte. Le Singe resta à côté d’elle.
– Allons! ma petite Pâquerette, ne prétend pas être morte! répéta-t-il.
La Pâquerette ouvrit l’œil.
– Et pourquoi donc il vous a tué? demanda le berger.
– Pourquoi? Je n’ai plus de monnaye, et il me reproche de vouloir faire plaisir à un joli seigneur, qui m’a promis de me sauver.
– Mon bon ami! dit Chiquon, je vous apporte de notables sommes!
– Et d’où? demanda Cochegrue.
– J’ai pour amie une servante du lombard. Et elle m’a dit que ce bonhomme est parti à la campagne, après avoir enfoui sous un poirier de son jardin une somme impressionnante d’or.
Cochegrue s’égaya et fit bien boire son bon cousin. Chiquon fit semblant d’être ivre. Puis ils allèrent chez le lombard. Là, Cochegrue sauta sur le poirier. Versoris l’attendit. Il frappa le voleur trois fois. Le corps de Cochegrue tomba à terre.
Le lendemain Chiquon se leva avec le soleil, et vint à la chambre de son oncle pour demander s’il avait eu bon sommeil50. Mais la servante dit que le chanoine était parti à la cathédrale pour déjeuner avec l’archevêque de Paris.
– Oh! Il peut gagner un rhume51… dit le berger.
Il descendit dans la salle où le chanoine aimais passer son temps. Là il vit son oncle assis sur une chaise.
Il ne bougea pas. Il ne dit pas un mot. Ses jambes était rouge.
– Il est mort! pensait Chiquon.
En ce moment, la porte de la salle s’ouvrit, et il vit encore le chanoine.
– Oh! Oh! fit Chiquon, mon oncle! Il ne peut pas y avoir deux chanoines comme vous au monde!
– As-tu la berlue? je suis seul ici.
– Ah! fit le berger, c’était le diable!
Et, là-dessus, il raconta naïvement au chanoine tout ce qui s’était passé la nuit.
Voilà comment les Chiquons devinèrent riches.