Kitabı oku: «Озорные рассказы / Les contes drolatiques. Уровень 1», sayfa 5

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La pucelle de Tilhouse

La femme de monsieur de Valennes dépouilla son mari des douceurs et des caresses. Pour être juste68, il faut dire que ce seigneur était sale, toujours chassant les bêtes fauves, et il n’était pas amusant du tout. En plus, il avait soixante ans.

Monsieur de Valennes cherchait la femme jeune et innocente. Et un jour il entendit qu’à Tilhouse il y avait une veuve d’un tisserand, laquelle avait un vrai trésor: la fille de seize ans.

La veuve et sa fille étaient pauvres. Monsieur de Valennes vint chez eux comme pour se sécher et ordonna au serviteur d’apporter du bois. Quand le feu dans le four fut allumé, le chasseur dit à la veuve:

– Ah! cela réchauffe presque autant que les yeux de votre fille.

– Hélas! monsieur, fit-elle, nous ne pouvons rien cuire à ce feu là…

– Si, répondit-il.

– Et comment?

– Ah! ma mie, prêtez votre fille à ma femme, qui a besoin d’une servante. Je vous donnerai tout: une maison, un lit, des poêles!

– Ma foi69! s’écria la mère, c’est vrai? Et que donnerez-vous à ma fille?

– Tout ce qu’elle voudra gagner à mon service.

– Oh! mon seigneur, vous plaisantez!

– Non, dit-il.

– Eh bien, si vous ne plaisantez pas, reprint la bonne mère, fixons tout sur papier.

Ils invitèrent un notaire, et il prépara un contrat.

Quand ce contrat fut signé, le notaire dit:

– Eh bien, la mère, ne répondez-vous donc plus du pucelage de votre fille à Dieu?

– Ah! dit la veuve, ma fille est bien raisonnable.

Puis elle tourna vers sa fille:

– Marie Fiquet, l’honneur est la chose la plus chère de tout ce que tu as. Ne l’oublie pas.

– Oui, ma mère, fit la pucelle.

Et elle quitta la pauvre maison de sa mère et vint au château de Valennes, pour y servir la dame, qui la trouva fort jolie.

Marie Fiquet suivit le sage conseil de sa mère, et ne voulut entendre aucune des douces paroles de son maitre.

Quand le vieux seigneur voulait l’embrasser, elle criait: «Je le dirai à Madame.»

Pour ne donner aucune raison de refus à cette fille, le monsieur prit à partie70 son sommelier, âgé de plus de soixante ans. Il laissa entendre71 qu’il était temps pour ce sommelier de se marier. Et monsieur dit que Marie Fiquet serait la meilleure candidate.

Alors la fille, priva de tous les arguments, céda au souhait du monsieur.

Les noces faites72, monsieur de Valennes se rendu à la chambre de Marie. Il se mit immédiatement au travail.

Après un moment, la bonne fille dit innocemment à son vieux cavalier:

– Monsieur, si vous y êtes, comme je pense, donnez, s’il vous plaît, un peu plus de force à vos cloches.

Si vous me demandez maintenant en quoi consiste la moralité de ce Conte, je répondrais que les Contes drolatiques sont plus faits pour apprendre la morale du plaisir, que pour procurer le plaisir de faire de la morale73.

Le frère d’armes74

Au commencement du règne du roi Henri II, il y avait encore une cérémonie qui disparut tout à fait75 aujourd’hui. Cette belle et noble coutume était le choix d’un frère d’armes que faisaient tous les chevaliers. Ils étaient plus proches que les frères.

En ce temps-là, deux jeunes gentilshommes de Touraine, dont l’un était le cadet de Maillé, l’autre monsieur de Lavallière, se firent frères d’armes le jour où ils gagnèrent leur première bataille.

Au retour d’Italie, le cadet de Maillé découvrit que sa mère lui trouva une femme en la personne de76 mademoiselle d’Annebault, laquelle était une fille riche et gracieuse. Mais Maillé dut quitter la Cours pour une affaire très grave à Piedmont. Bien sûr il ne voulait pas laisser sa femme. Tourmenté par la jalousie, il demanda à son frère d’armes de garder Marie d’Annebault.

– Mon frère, lui dit Lavallière, je te jure que personne ne touche ta femme…

– Je serai toujours ton obligé, s’écria Maillé.

Et il partit. Mais la dame surprit la conversation de deux chevaliers. Elle décida de faire Lavallière choisir entre l’amitié et le plaisir.

Tantôt77 elle le faisait rester près d’elle jusques à douze heures de la nuit. Tantôt elle se promenait avec lui dans les jardins de son hôtel. Puis c’étaient mille gentilles paroles:

– Avez-vous coutume de prendre quelque chose au matin, dans le lit… Mangez-vous bien? Vous avez peur de me demander… Allons!

Elle accompagnait ces mots doux de cent mignardises, comme de dire en entrant:

– Je vous gêne, renvoyez-moi!.. Allons!

Et toujours elle était gracieusement invitée à rester.

Un soir Lavallière, redoutant les jeux de la dame, lui parla de l’amour de Maillé.

– Pourquoi donc, dit-elle, il vous a mis ici?

– Pour vous protéger contre les mauvais… répondit Lavallière.

– Alors, vous êtes mon gardien? fit-elle.

– J’en suis fier78! s’écria Lavallière.

– Mais, dit-elle, il a mal choisi…

Elle le regarda ardemment. Mais le frère d’armes ne répondit pas à ce regard. Il se leva et quitta la salle.

La dame resta seul. Et en réfléchissant, elle comprit qu’elle était amoureuse.

Marie d’Annebault décida que, pour se sauver de ses pièges, le chevalier devait avoir une autre dame à aimer. Alors, Marie fit ferme79 et essaya de saisir le cœur du chevalier.

Un soir où elle était tombée de mauvaise humeur, quoiqu’elle fût gaie au fond de l’âme, elle se fit demander par son gardien:

– Qu’avez-vous donc?

Elle répondit qu’elle avait épousé80 Maillé à l’encontre de81 son cœur, qu’elle en était bien malheureuse, et que celui avec qui elle voulait connaitre l’amour ne voulait pas l’entendre.

– Ah! madame, cria Lavallière, je suis malheureux et indigne… Le bonheur d’être à vous m’est interdit.

– Comment?… dit-elle.

– Hélas!.. fit-il, l’autre soir, quand vous m’avez dit cette si gracieuse parole, j’étais si passionné que j’ai couru à cet endroit où vont les gentilshommes… Alors, maintenant je suis en danger de82 mourir de la maladie italienne…

Et il quitta Marie pour aller chez sa belle Limeuil.

Un jour Lavallière conduisit la dame de son ami au bal de la reine Catherine. Là, il dansa avec Limeuil. Jalouse, Marie d’Annebault raconta à tout le monde la maladie du chevalier.

Déshonoré, Lavallière quitta la Cour.

– Mon cher, je vous ai fait un grand dommage83!.. dit Marie d’Annebault. Mais je suis sûre maintenant que vous seriez toujours à moi. Je dois être à jamais84 votre amie et votre dame, mieux encore, votre esclave.

Mais Lavallière, privé de l’amour et du mariage85, ne pensait qu’à Limeuil.

La belle Marie le tourmentait avec ses caresses.

– Tu es ma force et ma vie, mon bonheur! disait-elle.

– Et vous, devait-il répondre, vous êtes une perle, un ange!

– Toi, la voix de mon âme!

– Vous, ma seule joie!

– Je ne vis que pour toi.

– Je ne respire que pour vous.

Quand Maillé annonça son retour, c’était à temps86, parce qu’aucune vertu n’aurait pu résister à cette torture.

Laissant Marie d’Annebault, Lavallière alla au-devant de87 son ami. Et les deux frères couchèrent ensemble, suivant la mode antique88, dans la ville de Bondy.

Le lendemain tous les trois firent réunis, et Lavallière annonça son départ pour la guerre.

– Madame, fit-il à Marie d’Annebault, je vous aime plus que la vie, mais non plus que l’honneur.

Maillé était attristé par la décision de son ami.

– Il est trop honteux ici, expliqua Marie, parce qu’ici chacun connaît qu’il a la maladie de Naples.

– Lui! fit Maillé. Je l’ai vu, quand nous nous sommes couchés à Bondy. Il n’en est rien!

Et la dame se mit à pleurer89, admirant cette loyauté envers le frère d’armes.

Le curé d’Azay-le-rideau

En ce temps-là, les prêtres ne pouvaient pas se marier, mais ils avaient de bonnes concubines. Maintenant c’est interdit. Le dernier prêtre de notre pays qui vivaient avec une femme était un certain curé d’Azay-le-Ridel, maintenant Azay-le-Rideau, dont le château est une des merveilles de Touraine.

Jamais plus à Azay n’a eu un curé pareil! Un beau curé, aimant mieux les noces et baptêmes que les enterrements; un gaillard, religieux en église, homme partout.

Aussi90 a-t-on raconté longtemps des contes sur ce curé!.. Mais l’histoire de la perte de sa dernière concubine est vraie.

Un soir, le curé revint souper, la face toute mélancolique, à cause de la morte étrange d’un métayer. Voyant qu’il ne mangeait rien, sa concubine demanda:

– Qui vous chagrina?

– Ma mie, je suis encore tout épouvanté de la mort de ce pauvre Cochegrue.

– Et qu’est-ce qui s’est passé?

– Cochegrue retournait du marché, ayant vendu son blé et ses deux cochons. Il revenait sur sa jolie jument. Et ils rencontrèrent un étalon, qu’un monsieur de la Carte nourrissait pour en avoir des beaux poulains. Cet étalon commença à chasser la jument. Le bon fermier, sentant que la mort approche avec l’amour de la bête, éperonna sa jument, et jument de courir91; enfin, Cochegrue atteint sa maison. Il crie: «Au secours! à moi! ma femme!..» Mais personne n’osait ouvrir la porte. Enfin, la femme de Cochegrue réussit à laisser entrer le fermier sur la jument, mais, juste à la porte l’étalon atteignit son but. Cochegrue fut écrasé.

– Oh! la jument! s’écria la concubine du curé.

– Quoi? fit le bon prêtre étonné…

– Mais oui! Vous autres ne feriez rien pour les femmes!

– Ah! cria le curé, vous me reprochez à tort!

Le bon mari la jeta sur le lit; et de son poinçon l’étampa si rude, qu’elle mourut.

Les honnêtes gens du pays, voire les femmes, convinrent qu’il n’avait pas eu tort92 et qu’il était dans son droit93.

Mais ce noble curé n’était pas fort que dans cette affaire, et avant ce malheur, il y eut une histoire après laquelle aucun voleur n’osait plus jamais s’approcher de lui.

Un soir, il y avait toujours sa bonne femme, après souper, il reçut une lettre du monsieur de Saché qui préparait de rendre l’âme94. «C’est un bon homme, j’y vais!» dit le curé.

Il passa à son église, prit un coffre d’argent où étaient les pains sacrés et partit. Mais un voleur l’attendait sur le chemin. Quand le curé le vit, il dit:

– Oh! Reste là sans bouger.

Puis il marcha au voleur, lui donna un croc-en-jambe, lui arracha son bâton ferré et l’enfonça d’un coup au ventre. Après tout cela le curé reprit le chemin.

Je ne peux pas finir mon récit sans avoir raconté comment le curé était généreux. Un jour, il revenait de Tours à Azay, monté sur sa mule. Près de Ballan il rencontra une belle fille pauvre qui allait à pied. Il proposa à cette belle de monter sur la mule. Mais quand ils reprièrent le chemin la fille commença à glisser. Le curé lui conseilla de tenir à lui, et aussitôt la belle fille croisa ses bras sur le pectoral de son cavalier.

– Etes-vous bien? dit le curé.

– Oui, Je suis bien. Et vous?

– Moi, fit le prêtre, je suis mieux.

La belle et le curé finirent par avoir une pensée commune.

– Ah! fit le curé, qui se retourna vers sa compagne, voici un beau petit bois…

– Il est trop près de la route, dit la fille.

– Et n’êtes-vous pas mariée? demanda le curé.

– Non, fit-elle.

– Et c’est honteux à votre âge…

– Oui, monsieur; mais, voyez-vous, une pauvre fille avec un enfant…

Alors, le prêtre promit que personne ne saurait jamais ce qui était entre eux.

– Si vous parlez ainsi, je vais descendre, répondit-elle durement au curé.

Le bon curé continua de lui parler. Quand ils atteignirent les bois d’Azay, la fille descendit. Elle se précipita au bois en criant:

– Oh! méchant, vous ne me trouverez pas!

Mais elle s’embrouilla dans l’herbe. Le curé vint à elle; puis là, comme il avait sonné la messe, il la dit.

– Ah! mignonne, s’écria le bonhomme, pourquoi nous nous soyons accordez seulement près d’Azay?

68.Pour être juste… – справедливости ради…
69.Ma foi! – Право же!
70.pris à partie – привлёк
71.laissa entendre – намекнул
72.les noces faites – после свадьбы (независимый причастный оборот – proposition participiale)
73.faire de la morale – морализировать
74.le frère d’armes – брат по оружию
75.tout à fait – совсем, окончательно
76.en la personne de – в лице
77.tantôt… tantôt… – то… то…
78.J’en suis fier – я горжусь этим
79.fit ferme – стояла на своём, держалась
80.elle avait épousé – она вышла замуж (avait épousé – предпрошедшее время – le plus-que-parfait глагола épouser)
81.à l’encontre de – против, наперекор
82.je suis en danger de… – мне угрожает опасность
83.je vous ai fait un grand dommage – я принесла вам большой ущерб (много вреда)
84.à jamais – навсегда, навеки
85.privé de l’amour et du mariage – лишённый любви и свадьбы
86.a temps – вовремя, в срок
87.alla au-devant de… – поехал навстречу…
88.…suivant la mode antique… – …следуя древнему обычаю…
89.…se mit à pleurer – расплакалась
90.Aussi – в начале предложения означает «поэтому», «вот почему»
91.et jument de courir – а кобыла бежать (повествовательный инфинитив – infinitif de narration)
92.n’avait pas eu tort – он не был неправым
93.il était dans son droit – он был прав, в своём праве
94.rendre l’âme – испустить дух

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