Kitabı oku: «Manuel théorique et pratique du bibliothécaire»

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Jules Cousin

Manuel théorique et pratique du bibliothécaire

De l'orgaanistion et de l'administration des bibliothèques publiques et privées


Publié par Good Press, 2022

goodpress@okpublishing.info

EAN 4064066336059

Table des matières

PRÉFACE

PREMIÈRE PARTIE

CHAPITRE PREMIER

CHAPITRE DEUXIÈME

CHAPITRE TROISIÈME

SECTION PREMIÈRE

SECTION DEUXIÈME.

CHAPITRE QUATRIÈME.

SECTION PREMIÈRE.

SECTION DEUXIÈME

SECTION TROISIÈME

SECTION QUATRIÈME

SECTION CINQUIÈME

DEUXIÈME PARTIE

CHAPITRE PREMIER

CHAPITRE DEUXIÈME

SECTION PREMIÈRE

SECTION DEUXIÈME.

SECTION TROISIÈME

CHAPITRE TROISIÈME

SECTION PREMIÈRE

SECTION DEUXIÈME.

CHAPITRE QUATRIÈME

SECTION PREMIÈRE

SECTION DEUXIÈME

APPENDICE

Arrêté du 18 mars 1855 portant organisation des bibliothèques des académies|(1) .

Circulaire du 20 mars 1855 sur la création des bibliothèques des académies.

Circulaire du mois de mars 1867 relative aux inventaires et catalogues.

Établissement, par la loi de finances du 29 décembre 1873, d’un supplément de droit de 10 fr. destiné à créer un fonds commun pour les bibliothèques des facultés (Loi de finances, art. 9) .

Instruction du 2 décembre 1873 sur la perception du nouveau droit pour les bibliothèques des facultés, établi par la loi de finances du 29 décembre 1873.

Etablissement, par la loi de finances du 3 août 1875 d’un nouveau anode de perception du droit de bibliothèque, établi par la loi de finances du 29 décembre 1873.

Instruction sommaire du 30 décembre 1876 sur le classement des bibliothèques populaires.

Ordre des. matières du catalogue méthodique.

Circulaire ministérielle du 30 décembre 1876 relative au classement des bibliothèques.

Circulaire du 4 mai 1878, à propos de l’«Instruction générale relative au service des bibliothèques universitaires.»

Instruction générale relative au service des bibliothèques universitaires.

Instruction générale relative au service des bibliothèques universitaires.

Circulaire du 11 novembre relative aux droits de bibliothèque

Institution d’une commission centrale des bibliothèques académiques. — 31 janvier 1879.

Arrêté du 31 janvier 1879 portant nomination de membres de la commission centrale des bibliothèques académiques.

Circulaire du 23 août 1879 relative à l’organisation des bibliothèques universitaires.

Règlement pour les bibliothèques universitaires.

Bibliothèques universitaires.

Bibliothèques universitaires.

Circulaire ministérielle du 25 août 1879, relative à l’examen pour les fonctions de bibliothécaire.

Arrêté.

Arrêté du 22 janvier 1880 portant nomination de deux membres de la commission centrale des bibliothèques académiques.

Règlement pour le service de la bibliothèque de la faculté de droit de Paris.

Mesures d’ordre relatives au service de lecture.

Circulaire ministérielle du 22 avril 1880 relative au service des bibliothèques universitaires et aux achats de livres.

Inspection des bibliothèques universitaires .

Circulaire du 12 mai 1880 concernant l’institution des bibliothèques circulantes.

Circulaire du 22 septembre 1880 sur l’achat des livres destinés aux bibliothèques circulantes et sur leur mode de transport.

Circulaire du 15 octobre 1880 relative au nombre de volumes qui peuvent être empruntés par les professeurs de Facultés et à la durée du prêt.

Arrêté du 26 octobre 1880 portant nomination de Membres de la Commission centrale des Bibliothèques universitaires.

Circulaire du 29 octobre 1880 relative à l’envoi de rapports trimestriels sur l’état des catalogues.

Circulaire ministérielle du 9 novembre 1880 relative aux inventaires et catalogues, rappel de la circulaire du 29 décembre 1875.

Circulaire du 20 janvier 1881, relative à la disposition du budget pour achats de livres dans les Facultés. — Achats anticipés.

Circulaire et instruction ministérielles du 31 mai 1882, sur le service des échanges avec les universités étrangères.

Instruction pour les bibliothécaires des bibliothèques universitaires sur le service des échanges avec les universités étrangères.

Circulaire du 21 juillet 1882 sur le service des échanges de thèses entre les facultés françaises.

Arrêté fixant la répartition des thèses pour l’année scolaire 1882-1883.

Instruction pour les secrétaires des facultés et les bibliothécaires des bibliothèques universitaires sur le service des thèses.


PRÉFACE

Table des matières

Ce livre est un simple manuel: c’est là le caractère que nous avons voulu y faire prédominer d’un bout à l’autre. Pénétré de cette pensée que beaucoup peuvent désirer avoir constamment sous la main un guide à la fois complet, clair et précis, nous avons entrepris ce travail dans l’intérêt de tous ceux qui, par leurs fonctions, leurs aspirations ou leurs goûts, ont besoin de connaître les principes de la bibliographie et de la bibliothéconomie. Bien des auteurs ont développé ces matières dans leurs ouvrages, et nous-mêmes avons tiré de leurs travaux le plus grand profit. Mais ce qu’il fallait, avons-nous pensé, c’était trouver réunis dans un volume de médiocre étendue, tous ces renseignements qu’on peut bien rencontrer ailleurs, mais épars et renfermés dans des livres plus ou moins développés et de genres très divers.

C’est donc des principes qui doivent présider à l’organisation et à l’administration des bibliothèques, publiques et privées, que nous voulons nous occuper ici. C’est là une science très complexe et dont il importe avant tout de se faire une juste idée. Aussi, avant d’entrer dans le développement de notre matière, nous allons présenter quelques observations générales, qui nous semblent indispensables.

Le mot Bibliothèque, formé de deux mots grecs (βιξλίον, livre, θήϰη, armoire, cassette, dépôt), est susceptible de plusieurs sens. On appelle ainsi, d’abord, un édifice construit pour recevoir une grande collection de livres, quelquefois aussi une ou plusieurs salles, la partie d’un bâtiment où ces livres sont réunis.

On donne également ce nom au meuble lui-même, armoire munie de rayons ou tablettes, à découvert, à vitraux ou à grillages, où les livres sont placés.

Ces deux premiers sens sont conformes à l’étymologie indiquée ci-dessus. On emploie encore le mot bibliothèque pour désigner la collection même des livres rangés, suivant un certain ordre, sur des rayons ou tablettes. C’est à ce sens, ainsi qu’au premier mentionné plus haut, que Festus, d’après l’abrégé de Paul Diacre, s’était autrefois arrêté : «Bibliotheca, dit-il, et apud Græcos et apud Latinos, tam librorum magnus per se numerus, quam locus ipse in quo libri collocati sunt, appellatur» (De verbor. signif. V. Bibliotheca).

Enfin, le même mot de bibliothèque se prend encore dans le sens d’un choix d’ouvrages, en entier ou par extraits, se rapportant à une même matière ou à des matières ayant ensemble une certaine analogie, de même qu’à des recueils, extraits, catalogues raisonnés d’ouvrages de même nature ou de natures diverses.

Nous nous occuperons plus particulièrement ici de la collection des livres, et de l’ordre et de l’arrangement à leur donner pour les rendre d’un usage utile aux travailleurs. Mais nous ne devrons pas négliger l’édifice ou la partie de l’édifice où ils seront renfermés, ni les armoires où ils seront rangés.

Dans la suite de notre travail, d’ailleurs, nous ne perdrons pas de vue que le but de l’établissement d’une bibliothèque est de faciliter le travail des personnes studieuses. Posséder des livres pour le seul plaisir de les posséder; les transformer en bijoux propres à être soigneusement placés dans leurs écrins, ou pour les montrer à des amis comme on montre des objets d’art; y attacher plus ou moins de valeur suivant qu’ils sont plus ou moins richement reliés: qu’est-ce que cela? Autant vaudrait n’avoir point de livres. Pour nous, les livres ne valent que par ce qu’ils contiennent, et si nous ne dédaignons pas la reliure, si nous la désirons souvent même belle (c’est par une heureuse disposition de la nature, en effet, que nous nous sentons attirés par ce qui est beau, tandis que ce qui est laid nous inspire de la répulsion), nous n’y voyons avant tout qu’un moyen de conservation du livre. C’est donc pour l’usage que la bibliothèque doit être établie; les livres ne sont que des instruments de travail.

Mais pour que le but proposé puisse être atteint, il ne faut pas seulement une grande quantité de livres, il faut aussi que ces livres soient rangés dans un ordre convenable et méthodique; il faut que leur place soit bien marquée, pour éviter des pertes de temps par des recherches longues et souvent infructueuses; il faut enfin que leur conservation soit bien assurée par un service régulier.

Tous ces soins réclament des connaissances assez étendues, beaucoup d’attention et beaucoup de goût. Celui qui en est chargé, et que l’on nomme bibliothécaire, doit être en même temps bibliophile, tout en s’efforçant de ne point devenir bibliomane . Tous les deux aiment les livres; mais le premier les aime d’un amour raisonné, pour ce qu’ils contiennent et pour l’utilité qu’ils peuvent procurer; le second ne se règle que sur sa passion. Le vrai bibliophile recherche les bons auteurs, les meilleures éditions, et il ne s’arrête pas tant à l’enveloppe matérielle qu’au fond des livres. Ce n’est pas à dire qu’il soit indifférent à la qualité du papier, à la beauté de l’impression, à la largeur des marges, au fini des reliures: il a, au contraire, une grande attention à avoir des livres irréprochables sous le rapport de l’exécution matérielle. Il sait qu’il y a plus de charme à lire ou étudier un livre bien imprimé et correct, en beaux caractères et sur bon papier, comme disaient les anciens règlements, qu’un livre imprimé sur du papier à la chandelle et où les fautes fourmillent, mal relié et sans marges. Mais si, dans ces simples dehors du livre, il ne dédaigne pas le beau, s’il le recherche même, c’est qu’il y voit une incitation plus vive pour l’étude.

Il n’en est pas de même du bibliomane. La bibliomanie est, comme son nom l’indique, la manie des livres. C’est une passion non raisonnée, ou plutôt mal raisonnée des livres; car le bibliomane sait pourquoi il aime tel livre plutôt que tel autre. L’un recherche les éditions principes, un autre celles sorties de telles ou telles presses; un troisième s’attachera aux reliures, aux grandes marges, aux gravures, etc.; mais tous ne voient dans les livres qu’un objet de possession, comme l’avare dans son trésor. «Il a des livres pour les avoir, dit Diderot, pour en repaître sa vue; toute sa science se borne à connaître s’ils sont de la bonne édition, s’ils sont bien reliés; pour les choses qu’ils contiennent, c’est un mystère auquel il ne prétend pas être initié ; cela est bon pour ceux qui ont du temps à perdre.» En un mot, si la bibliophilie est une qualité, la bibliomanie est une maladie, ou tout au moins c’est un travers .

Un bibliothécaire, avons-nous dit, doit être bibliophile, sans être bibliomane. Pour cela, il faut qu’il apprenne à connaître la véritable valeur des livres, qu’il sache les apprécier, et au point de vue matériel et au point de vue du fond. Cette connaissance s’appelle la bibliographie. Elle comprend nécessairement deux parties: la bibliographie matérielle, et la bibliographie littéraire. La première consiste dans la connaissance des livres au point de vue de leurs conditions extérieures: format, impression, papier, reliure, âge, etc.; la seconde se rapporte à la nature des idées qui sont développées dans les livres et au mérite intrinsèque de leur exposition.

La bibliographie matérielle, pour être un peu mécanique, n’en est pas moins très-importante, et elle prête un utile concours à la bibliographie littéraire. Elle est indispensable au libraire: c’est la clef du commerce des livres; elle est également nécessaire au bibliothécaire: sans elle, il marcherait souvent à l’aventure et sans guide.

La bibliographie littéraire est d’une étendue immense: elle embrasse l’universalité des connaissances humaines. Aussi une bibliographie littéraire générale est impossible: on ne peut songer qu’à des bibliographies littéraires spéciales, soit à un pays, soit à une époque, soit à un genre d’ouvrages.

Nous devrions exposer ici les principes généraux de la bibliographie matérielle et de la bibliographie littéraire. Quant à la première, nous aurons, dans le cours de cet ouvrage, l’occasion de donner la plupart des renseignements qui s’y rapportent et qu’il peut être utile à un bibliothécaire de connaître. Nous nous bornerons donc à donner quelques indications succinctes concernant la seconde, en renvoyant, pour les détails, aux auteurs qui en ont traité plus ou moins complètement les différentes parties.

La bibliographie littéraire a évidemment pour objet de guider les recherches des savants et des travailleurs. Elle doit faire connaître, sur telle ou telle partie de la science, les auteurs qui en ont traité, et analyser leurs œuvres d’une manière plus ou moins complète. Elle indique les sources où l’on peut puiser et le profit qu’on en peut tirer.

La bibliographie littéraire est d’origine relativement récente: elle ne date guère de plus de trois siècles: elle eut pour père Conrad Gesner, savant distingué, surnommé le Pline de l’Allemagne, et qui mourut en 1565. Son ouvrage, intituté Bibliotheca, Zurich, 1545, embrassait toutes les contrées, toutes les époques et toutes les sciences. Mais, en raison du nombre toujours croissant des productions de l’esprit, on ne pouvait longtemps marcher sur ses traces. Ainsi que nous l’avons dit ci-dessus, il n’est plus guère possible de songer à une bibliographie littéraire générale; au contraire, on en trouve de spéciales en assez grand nombre. Les bulletins bibliographiques que l’on rencontre dans la plupart des journaux et revues se rattachent à ce genre; de même aussi les analyses littéraires que les professeurs des facultés sont amenés à faire dans leurs cours ou conférences. Il y a seulement ceci à noter, que le choix que font ces derniers pour leurs analyses sont déterminés par les sujets qu’ils traitent, comme ceux des publicistes par la variété des productions de la librairie contemporaine: c’est, en quelque sorte, une bibliographie littéraire doublement spéciale.

Mais, pour en revenir au fond de notre sujet, nous pourrions partager en trois classes les écrits qni se rapportent à la bibliographie littéraire: 1° les bibliographies littéraires spéciales à un pays, ou même a quelque province ou à certaines localités; 2° celles spéciales à une époque; 3° celles spéciales à un genre d’ouvrages.

Il suffit d’indiquer cette division pour qu’on la saisisse: elle nous semble suffisamment nette et précise par elle-même. Nous allons citer quelques ouvrages appartenant à chacune de ces classes.

Dans la première, nous citerons: Bibliothèque des auteurs de la province de Bourgogne, par l’abbé Phil. Papillon, Dijon, 1742, 2 vol. in-folio; — La France littéraire, de Quérard, Paris, 1837-40, 10 vol., avec ses compléments; — le Bibliographer’s Manual, de Lowndes, Londres, 1854, 4 vol.; — les Serie de Testi, de Gamba, 4e éd., Venise, 1859; — la Bibliographie russe, de Sopikoff, Saint-Pétersbourg, 1813-21, 5 vol.; — la Bibliotheca judaïca, de Furst, Leipzig, 1850, 3 vol., etc.

A la seconde classe se rapporte: l’Allgemeines Repertorium der Literatur, d’Erch, Iéna et Weimar, 1795-1809, comprenant toute la littérature des quinze années 1785-1800.

Enfin, on peut citer comme appartenant à la troisième classe, certainement la plus abondante: la Bibliotheca Petrarchesca, de Mansard, Milan, 1826; les Serie degli scritti impressi in dialetto veneziano, de Gamba, Venise, 1822; — la Science des Écritures du blason, de Bernd, Bonn, 1850-41, 4 vol.; — le Manuel de littérature théologique, de Winer, 3e éd., Leipzig, 1857-40, 2 vol.; — le Thesaurus litteraturæ botanicæ, de Pretzel, Leipzig, 1847; — la Bibliographie biographique, d’Œttinger, Leipzig, 1850; — Bibliographie raisonnée du droit civil, par E. Dramard, 1879.

Nous ne pouvions citer ici que quelques noms dans chacune de ces grandes classes. Mais, dans ces divisions principales, on peut marquer encore des subdivisions plus ou moins nombreuses, suivant que les recueils seront plus ou moins complets dans leur spécialité. Ainsi, une bibliographie spéciale à un pays peut ne comprendre que telle ou telle époque, tel ou tel genre d’ouvrages, ou même, en poussant encore plus loin, ne se rapporter qu’à tel genre d’ouvrages parus à une époque déterminée et dans tel pays. On peut également ne s’attacher qu’à des choix d’ouvrages d’une manière plus ou moins générale, ou bien à des collections déterminées. Donnons seulement ici les quelques exemples suivants: Dictionnaire bibliographique, historique et critique des livres rares, singuliers, curieux, estimés et recherchés, soit imprimés, soit manuscrits; par l’abbé Duclos, avec supplément par Brunet, 1790-1802, 4 vol. in-8° ; — Bibliographie historique de la France, par le P. Lelong, augmentée et publiée par Fevret de Fontette, Paris, 1768, 5 vol. in-fol.; — Essai historique sur les éditions des Elzeviers, par Bérard; — la Bibliothèque orientale du Vatican, par Assemani (en latin); — la Bibliothèque arabe de l’Escurial, par Casiri; — Bibliographie générale des Gaules, par Ch. Emile Ruelle, en cours de publication.

Nous ne pousserons pas plus loin ces développements. Nous croyons avoir donné une idée suffisante des principes généraux de la bibliographie, comme aussi du but qu’on doit se proposer dans l’organisation et l’administration des bibliothèques. Nous appuyons seulement sur ce point que la science de la bibliographie est celle qui doit être la plus familière à un bibliothécaire. Il est nécessaire qu’il s’y applique assidûment, et qu’il s’efforce d’en pénétrer le plus possible tous les secrets. Tout ce qui regarde l’administration et le gouvernement d’une bibliothèque ne doit point non plus lui être étranger: d’une bibliothèque bien ordonnée les personnes studieuses tireront tous les secours qu’elle est susceptible de fournir. Enfin, il est bon qu’il soit initié aux principes généraux qui concernent l’établissement et l’organisation des bibliothèques, car c’est là un point important pour le bon fonctionnement de l’institution.

Mais tous ces points demandent des études sérieuses et une longue pratique. Toutefois, ne voulant faire de notre livre, comme nous l’avons déjà dit, qu’un simple manuel, nous en avons écarté tous les longs développements historiques, toutes les savantes digressions; nous avons essayé de dire le plus simplement et le plus clairement possible tout ce qu’il peut être utile à un bibliothécaire de savoir: pour toutes les questions d’érudition proprement dite, et pour tout ce qu’on pourrait appeler le luxe de la science, assez d’autres auteurs en ont parlé plus savamment et mieux que nous n’aurions pu le faire. Nous croirons, au contraire, n’avoir pas perdu notre peine, si ceux qui nous liront s’éprennent du désir d’étudier les travaux de ces maîtres en bibliographie qui ont noms: de Bure, Gab. Naudé, Peignot, Callot, Nodier et autres. Désireux, avant tout, de coopérer, dans la mesure de nos forces, au développement de la science, nous n’avons rien négligé pour rendre notre travail utile, et nous accueillerons avec empressement et reconnaissance toutes les communications que sa lecture pourra suggérer.

Il nous reste maintenant à indiquer brièvement la marche que nous avons suivie dans ce travail.

Prenant le mot bibliothèque dans le sens d’une collection de livres logiquement ordonnée et distribuée, nous devions nous préoccuper d’abord de la manière de la former et de l’organiser, et ensuite des meilleurs moyens à employer pour pourvoir à sa conservation et à son développement, et en même temps pour en rendre l’usage aussi facile et aussi utile qu’il se pourrait. Comprenant ainsi notre tâche, et voulant avant tout rester constamment sur le terrain de la pratique, nous avons cru qu’il y avait lieu de diviser cet ouvrage en deux grandes parties:

1° De l’établissement et de l’organisation de la bibliothèque;

2° De son entretien, de sa conservation et de son usage.

Dans ce cadre ainsi distribué, il nous a semblé facile de faire rentrer tous les développements que nous avions à fournir. Dans la première partie, en effet, nous pouvions exposer lès principes généraux concernant l’emplacement et la construction de la bibliothèque, ceux relatifs à ses dispositions intérieures et à son ameublement; ensuite tout ce qui regarde les livres, soit au point de vue de leur acquisition, soit au point de vue de leur arrangement et de la confection des catalogues; enfin tout ce qui se réfère au personnel y trouverait également place.

Dans la seconde partie, il nous restait à traiter d’abord des soins à donner au local et au mobilier; ensuite de ceux à donner aux livres, qui forment l’objet principal de la bibliothèque (soins préventifs, soins restauratifs, soins administratifs). La comptabilité devait aussi former un chapitre spécial de cette partie, et un autre chapitre devait être consacre à l’usage de la bibliothèque et aux règlements.

En écrivant ce livre, nous ayons eu en vue toute espèce de bibliothèques: bibliothèques publiques en général et bibliothèques privées. Toutefois l’institution récente des bibliothèques universitaires nous faisait un devoir d’appeler plus particulièrement l’attention sur ce point. C’est pour cela que nous avons pris, autant que possible, pour base de nos développements, les règlements spéciaux dont ces bibliothèques ont été l’objet, tout en nous efforçant de ne pas nous écarter du plan que nous nous étions tracé dans l’exposé des principes généraux de la matière.

A côté des bibliothèques universitaires, et pour leur servir, en quelque sorte de prolongement, ont été établies des bibliothèques circulantes aux chefs-lieux académiques. Cette nouvelle institution a pour but de venir en aide aux jeunes professeurs des collèges communaux, éloignés des facultés et candidats à la licence. Nous avons cru que notre travail ne serait pas complet, si nous négligions ce point, et nous nous sommes efforcé de faire ressortir, avec toute la clarté possible, les particularités dont les bibliothèques circulantes pouvaient être l’objet.

Pour achever de rendre aussi pratique que possible notre travail, nous n’avons pas hésité à entrer quelquefois dans des détails qu’on pourra regarder comme minutieux, de même que nous avons présenté sur différents points de nombreux modèles. Nous avons dû cependant nous borner, pour ne point remplir trop de pages. Les renseignements que nous avons donnés suffiront néanmoins, croyons-nous, aux esprits judicieux pour se déterminer utilement.

En outre, et toujours dans le même but, nous avons pensé qu’il serait avantageux d’ajouter à notre traité, sous forme d’appendice, l’ensemble des arrêtés, règlements, circulaires et instructions ministérielles concernant les bibliothèques universitaires et les bibliothèques circulantes, avec quelques renseignements sur les bibliothèques populaires. Tous ceux qui, d’une manière plus ou moins directe, ont part à l’administration de ces diverses bibliothèques, trouveront ainsi, réunis dans un petit nombre de pages, tous les renseignements qu’il peut leur être utile de consulter de temps à autre. En même temps, les aspirants aux fonctions de bibliothécaire auront également sous la main une sorte de code manuel, qui leur permettra de s’initier peu à peu à la connaissance des règlements, qu’ils seront appelés à appliquer plus tard.

Enfin, pour permettre à chacun de consulter facilement notre livre, et de trouver rapidement le renseignement dont il peut avoir besoin à un moment donné, nous avons ajouté à la fin du volume plusieurs tables très complètes, savoir: 1° une table alphabétique détaillée des divers points traités dans l’ouvrage; 2° une table alphabétique des documents reproduits dans l’appendice; 3° une table générale méthodique des principales divisions adoptées; 4° une table chronologique des documents contenus dans l’appendice.

Ce complément de renseignements nous semblait, en effet, indispensable; car, nous le répétons, nous avons voulu avant tout faire un ouvrage pratique.

Aux lecteurs maintenant à juger si nous avons réussi dans la tâche que nous nous étions imposée. Quant à nous, nous n’avons eu qu’une pensée en le composant: simple ouvrier d’un jour, apporter notre modeste pierre à l’édifice de la science contemporaine, en aidant, dans la mesure de nos forces, à de plus vaillants à s’élever à des hauteurs qu’un petit nombre seulement peuvent atteindre.

J. C.

PREMIÈRE PARTIE

Table des matières

ÉTABLISSEMENT ET ORGANISATION DE LA BIBLIOTHEQUE

L’établissement et l’organisation d’une bibliothèque comprennent plusieurs choses diverses, qu’il importe de ne pas confondre. Il y a d’abord à considérer l’emplacement et la construction; puis les dispositions intérieures et l’ameublement; ensuite les livres eux-mêmes, qui en forment l’objet principal; enfin le personnel. Nous allons examiner successivement ces différents points, et exposer le plus succinctement possible ce qu’il est indispensable de connaître à leur égard. Nous donnerons surtout un soin particulier au chapitre consacré aux livres, à leur arrangement et à la confection des catalogues, que nous regardons comme une partie essentielle pour le bon fonctionnement d’une bibliothèque.

CHAPITRE PREMIER

Table des matières

DE L’EMPLACEMENT ET DE LA CONSTRUCTION DE LA BIBLIOTHÈQUE

Le choix d’un emplacement pour l’établissement d’une bibliothèque est très important. Suivant que ce choix sera fait d’une manière judicieuse ou peu réfléchie, la bibliothèque rendra plus ou moins de services. Il suffit d’exprimer cette proposition, et il ne nous semble pas utile de nous y appesantir. C’est d’ailleurs à celui qui doit être le propriétaire de l’établissement, simple particulier, municipalité ou corporation quelconque, qu’il appartiendra de décider à cet égard. Des exigences particulières ou locales, de nature parfois très diverse, expliqueront souvent certains choix qui, au premier abord, pourraient paraître peu conformes aux principes théoriques. Ces principes, toutefois, ne doivent jamais être perdus de vue, et nous croyons utile de placer ici quelques réflexions générales, qui pourront servir de guides dans la plupart des circonstances.

Il importe avant tout de se faire une idée exacte de la nature de la bibliothèque qu’il s’agit d’établir et de l’importance qu’elle doit avoir. Or, au point de vue des personnes qui sont appelés à en user, on divise généralement les bibliothèques en deux grandes classes: les bibliothèques publiques et les bibliothèques privées.

Cette division nous paraît, à cause de sa généralité même, manquer un peu d’exactitude. Il serait plus conforme à la réalité des choses de distinguer trois classes de bibliothèques: publiques, semi-publiques ou privées. Dans les premières, le public en général est admis: elles sont à l’usage de tous; quel que soit leur propriétaire, leurs richesses sont à la disposition de tout le monde: tous indistinctement peuvent y venir travailler. Dans les secondes, dans les bibliothèques semi-publiques, on ne reçoit que certaines catégories de personnes (membres d’une corporation, d’une compagnie, d’une société, étudiants de facultés ou d’écoles spéciales): quiconque n’appartient pas aux catégories prévues ne peut y être admis: elles ne sont point publiques dans le sens absolu du mot. Enfin les bibliothèques privées, appartenant à un particulier, sont, en principe, à son usage exclusif: s’il y admet d’autres personnes, c’est un pur effet de son bon vouloir.

Nous devons encore ajouter ici une observation: c’est que, quel que soit d’ailleurs le caractère que devra revêtir la bibliothèque à former, il y a deux choses qu’il est opportun de ne pas perdre de vue: en premier lieu, elle doit avoir pour objet de favoriser le plus possible l’étude; en second lieu, c’est un dépôt précieux, qu’il faut autant qu’on le peut mettre à l’abri des dangers de détérioration et de destruction. Plus on donnera satisfaction à cette double exigence, plus la bibliothèque sera placée dans une situation convenable. Il ne saurait y avoir d’hésitation à admettre ces points.

Supposons d’abord qu’il s’agisse d’une bibliothèque publique. La plupart du temps, cette bibliothèque devra être un établissement indépendant et d’une certaine importance. Souvent même il y aura lieu de construire exprès l’édifice qui doit la former. D’autres fois, on voudra aménager un bâtiment déjà existant. Dans le premier cas, l’on aura une plus grande liberté d’action pour le choix d’un emplacement, et l’on devra s’efforcer de réunir toutes les conditions d’utilité et sécurité désirables. C’est à cette première hypothèse que nous nous orrêtons tout d’abord.

Nous supposons donc que tout soit à faire, construction et le reste. Pour atteindre le premier but mentionné ci-dessus, à savoir que la bibliothèque doit le plus possible favoriser l’étude, il faudra choisir dans la ville un quartier assez calme, et en même temps assez rapproché de ceux habités par les personnes que l’on suppose devoir être la clientèle ordinaire de la bibliothèque. C’est à quoi l’on ne songe pas toujours assez. Cependant il n’y a guère de ville où l’on ne trouve certains quartiers qui paraissent plus spécialement désignés pour l’érection d’établissements d’études. Pourquoi ne choisirait-on pas de préférence un de ces quartiers? Sans doute, lorsqu’il s’agit d’une bibliothèque publique, tous ont le même droit de profiter de ses richesses; néanmoins il serait peu équitable de subordonner aux commodités d’un petit nombre de personnes celles d’un beaucoup plus grand nombre. Nous voudrions que la bibliothèque fût mise à portée de tous, mais surtout à portée de ceux qui en useront certainenement.

Nous avons ajouté que le quartier choisi devrait avoir assez de calme pour favoriser l’étude. Tout travail, en effet, demande du calme et de la tranquillité ; le travail de l’esprit, plus que tout autre, craint le bruit et le tumulte:

Carmina secessum scribentis et otia quærunt,

dit le poète; c’est dans la retraite et loin des foules que s’enfantent les œuvres du génie. Est-ce à dire, pourtant, qu’il faille placer la bibliothèque en un lieu tout à fait retiré du mouvement de la population? Non, certes: tout est relatif en ce monde. Ce que nous désirons, c’est que le bâtiment de la bibliothèque soit assez éloigné du bruit de la rue, pour que l’étude n’en soit point troublée. Même dans les quartiers les plus populeux et les plus agités, on trouvera toujours, pourvu qu’on le veuille sincèrement, un endroit réunissant ces conditions d’une manière suffisante.

Il est encore, avons-nous dit, un autre but que nous devons nous efforcer d’atteindre, un autre point qu’il faut tâcher de concilier avec le premier: c’est de mettre la bibliothèque à l’abri des dangers de détérioration et de destruction. Pour cela, ne choisissons pas, d’abord, des terrains bas et humides: l’humidité engendre la moisissure, et peut à la longue causer aux livres de grands dommages. Ensuite, évitons également le voisinage trop rapproché d’un établissement dangereux, tel qu’une usine ou un magasin contenant des matières inflammables. Pour ne devoir être souvent que vaine, cette dernière précaution n’a pas moins en elle-même une grande importance. En tout cas, le danger de feu sera toujours considérablement amoindri, si l’on peut isoler le bâtiment de la bibliothèque . Dans le cas, en effet, de quelque sinistre dans le voisinage, la communication deviendrait bien difficile, pour ne pas dire impossible.

Si maintenant nous arrivons à la construction même du bâtiment et à la disposition qu’il faudra lui donner, nous nous inspirerons encore des mêmes idées, et nous tâcherons de concilier toujours le besoin de la sécurité avec l’utilité des travailleurs. Nous ne songeons pas à entrer dans les détails de la construction: ceci est l’affaire de l’architecte chargé du travail; nous voulons seulement donner quelques indications générales qui nous paraissent bonnes à signaler.

D’abord si la configuration du terrain le permet, il serait à désirer que le bâtiment fût disposé de façon à avoir des ouvertures des deux côtés, et que ces ouvertures fussent au levant et au couchant: on aurait ainsi le plus de jour possible, avec la facilité d’établir de temps à autre des courants d’air, ce qui serait très avantageux pour la bonne conservation des livres.

Mais on peut être contraint de subir la loi de nécessités plus fortes. Alors, et s’il n’est possible de donner au bâtiment d’ouvertures que d’un côté, tâchons au moins de les avoir du côté du soleil levant.

Ce conseil nous est donné par un grand architecte, Vitruve, dont l’autorité doit être pour nous de quelque poids. Voici d’ailleurs comment ce maître de la construction s’exprime à propos du point qui nous occupe: «Cubicula et bibliothecæ ad orientem spectare debent; usus enim matutinum postulat lumen. Item in bibliothecis libri non putrescent; nam in his, quæ ad meridiem et occidentem spectant, a tineis et humore vitiantur, quod venti humidi advenientes procreant eas et alunt, infundentesque humidos spiritus pallore volumina corrumpunt .» Vitruve, en effet, avait bien raison, et ce qui était vrai de son temps l’est encore aujourd’hui. D’une part, l’aspect du midi favorise la naissance et le développement des insectes, fléau redoutable pour les bibliothèques; d’autre part, l’aspect du couchant rend la bibliothèque humide et expose les livres à la moisissure. Pour ce qui est du nord, il a, lui, les bises sifflantes, les rigueurs persistantes de l’hiver, les brumes, qui donnent aussi l’humidité. Au contraire, l’orient apporte un air doux et fortifiant, pur, tiède et léger suffisamment sec et tempéré par une suave fraîcheur: l’orient, c’est la vie en sa jeunesse; il donne la vigueur, égaie le cœur et rend à l’homme le travail agréable et facile. En même temps, cette exposition permettra de faire pénétrer souvent l’air à l’intérieur, et cet air, abondant et assez chaud, sans être brûlant comme celui du midi, sera toujours extrêmement avantageux à la conservation des livres.

Le même besoin de préserver les livres de l’humidité nous. fera encore désirer qu’ils ne soient point placés au rez-de-chaussée, mais au moins au premier étage. Si cependant le bâtiment est exclusivement destiné à recevoir le dépôt des livres, et qu’il soit nécessaire d’occuper même le rez-de-chaussée, il sera opportun de le surélever un peu au-dessus du sol et de le munir d’un bon parquet: par ce moyen, l’on conjurera, dans une certaine mesure, l’inconvénient que nous signalons ici.

Quant à la forme à donner au bâtiment de la bibliothèque, elle dépendra généralement beaucoup de la configuration du terrain que l’on aura à sa disposition. Toutefois, la forme qui nous paraît la plus commode et où l’espace pourra être le mieux ménagé, est sans contredit celle d’un carré long: c’est celle, en effet, qui peut donner les surfaces les plus étendues et les plus régulières pour le placement des rayons.

Si le bâtiment est assez large pour pouvoir être divisé en deux dans le sens de la longueur, on pourra avoir, d’un côté, une salle de lecture suffisante, puis d’autres salles pour le service, peut-être même aussi une salle pour les manuscrits et les ouvrages précieux; de l’autre côté, on aurait une grande salle formant la bibliothèque proprement dite, et cette salle pourrait encore recevoir des accroissements de surfaces au moyen de travées transversales, en ménageant seulement un couloir dans toute la longueur. La figure ci-dessous peut donner une idée de cette disposition, que nous croyons très avantageuse. Nous y supposons la bibliothèque et ses dépendances au premier, ou, si l’on veut, au second étage.

Figure 1.


On pourrait aussi placer, a l’une des extrémités du bâtiment, la salle de lecture et les salles de service, et à l’autre extrémité, la bibliothèque formant deux salles contiguës, assez grandes encore, mais moins longues. Voici alors les dispositions que l’on pourrait avoir. Voir ci-dessous, fig. 2.

Figure 2.


Mais il peut arriver encore que le bâtiment n’ait pas assez de largeur pour être divisé en deux. Dans ce cas, et en supposant que le bâtiment pût néanmoins être éclairé des deux côtés, il ne serait pas sans avantage de disposer les salles de la manière indiquée en la fig. 3 ci-contre:

Comme on peut le remarquer dans les dessins que nous avons présentés, nous avons toujours eu soin de placer la salle de lecture à l’entrée du bâtiment, afin que les lecteurs ne fussent pas obligés de traverser d’autres salles pour y arriver. Le cabinet du bibliothécaire, qu’il faut toujours réserver pour ses travaux particuliers, y est contigu, afin qu’il y soit toujours aussi présent que possible. Puis, autant que le local le permettra, une autre salle pour les livres reçus récemment et non encore catalogués, ou pour ceux qui auraient été retirés des rayons pour cause de réparations ou autrement. Ensuite une salle pour les manuscrits et les ouvrages précieux. La bibliothèque proprement dite vient après.

Figure 3.


Si la bibliothèque doit occuper plusieurs étages, il va sans dire que la salle de lecture et le cabinet du bibliothécaire occuperont l’étage inférieur. De même la salle des manuscrits. Les étages supérieurs formeront la bibliothèque proprement dite.

Jusqu’ici, nous avons toujours supposé le cas d’une bibliothèque à construire, et d’une bibliothèque devant former par elle-même un établissement indépendant. Mais il arrivera souvent que la bibliothèque à former devra faire partie d’un établissement plus ou moins complexe, comme une école quelconque, faculté ou autre, un tribunal ou une cour, etc.: ce sera le cas de ce que nous avons appelé une bibliothèque semi-publique. Ici, nous n’avons rien à dire du choix de l’emplacement général. Mais ce choix étant fait, on ménagera le plus possible la partie des bâtiments destinée à la bibliothèque suivant les principes exposés ci-dessus, c’est-à-dire qu’on s’efforcera de placer les ouvertures au soleil levant, et que l’on prendra de préférence un premier, et même, si on le peut, un second étage.

Quand il s’agit de construction à élever, il n’y a généralement pas de grandes difficultés à concilier ces exigences. Mais s’il est nécessaire de choisir un local dans des bâtiments déjà existants, sauf à l’aménager en vue du but à atteindre, on sera souvent moins à l’aise. Toutefois nous croyons qu’il sera bon de ne pas perdre de vue, dans le choix à faire, les idées qui ont été exposées plus haut: la bibliothèque sera placée dans des conditions d’autant plus favorables, qu’on s’en sera rapproché davantage.

S’agit-il enfin d’une bibliothèque privée? Nous n’avons rien de particulier à ajouter ici. La plupart du temps, le propriétaire choisira, pour l’établir, quelque partie de ses appartements. S’il a de l’espace suffisant, et si la disposition des bâtiments le permet, nous l’engagerons à déterminer le plus possible son choix dans les conditions que nous avons indiquées. La situation la plus avantageuse sera toujours celle où il y aura le moins à craindre de l’humidité, où l’on pourra jouir d’un beau jour et où l’on pourra faire pénétrer l’air facilement.

Dans les développements qui précèdent, nous n’avons, en parlant du choix d’un emplacement et de la construction de la bibliothèque, considéré que le présent. Mais une bibliothèque est généralement appelée à recevoir dans l’avenir des accroissements successifs plus ou moins importants, plus ou moins rapides. C’est là une considération qui mérite examen.

Il est évident, d’une part, qu’il serait abusif et absurde de construire une bibliothèque pouvant contenir 100,000 volumes, lorsqu’on est certain que dès l’abord elle n’en aura pas plus d’une vingtaine de mille. Combien d’années s’écouleront avant qu’on ait. atteint ce chiffre de cent mille? Quel espace resté inoccupé, et que de sommes dépensées sans profit? Mais, d’un autre côté, il est bien à prévoir que le chiffre de 20,000, que l’on suppose devoir former le premier fonds de la bibliothèque, sera augmenté d’année en année. N’y aura-t-il pas des achats à faire de temps à autre? Ne peut-on pas recevoir quelques dons, soit de particuliers, soit du gouvernement? Il n’est donc pas téméraire de prévoir qu’un jour viendra, où le local de la bibliothèque, largement suffisant aujourd’hui, deviendra trop resserré ; qu’elle voudra émerger au dehors et reculer ses limites. Il sera donc prudent, dans le premier choix d’un emplacement, de se demander si, plus tard, le cas échéant, il serait possible de donner à la bibliothèque de l’extension. Quant à la construction elle-même, l’architecte aurait soin de la disposer de telle sorte qu’elle fût plus tard susceptible de recevoir des développements qui ne nuisissent pas à l’unité du plan primitif. Quel que soit d’ailleurs le caractère que doive revêtir la bibliothèque que l’on a en vue, il est indispensable de songer, d’une manière immédiate, au présent; mais il est bon de jeter en même temps un coup d’œil vers un avenir plus ou moins éloigné.

CHAPITRE DEUXIÈME

Table des matières

DES DISPOSITIONS INTÉRIEURES ET DE L’AMEUBLEMENT DE LA BIBLIOTHÈQUE

La bibliothèque aura-t-elle une salle unique, ou en comprendra-t-elle plusieurs? Si elle doit en comprendre plusieurs, comment seront-elles proportionnées et distribuées, et comment se correspondront-elles? Bien que l’exécution soit ici du ressort de l’architecte, nous ne devons néanmoins pas nous en désintéresser absolument. Plus, en effet, la disposition intérieure du bâtiment sera convenable, et plus aussi le service de la bibliothèque sera facile, en même temps que les lecteurs trouveront toute la commodité désirable pour leurs travaux. Nous avons, du reste, déjà touché ce point dans le chapitre précédent; mais il importe de nous y arrêter encore un peu.

Et d’abord, quant à savoir s’il faudra se décider pour une seule salle ou pour plusieurs, c’est une question sur laquelle on peut se diviser: chacun des deux systèmes trouvera aisément des partisans. Une salle unique, aux vastes proportions, ornée de larges et magnifiques galeries, et recevant sans parcimonie un jour splendide, a certes de quoi tenter les amis du grandiose, tous ceux dont l’âme aspire à s’élever et à secouer le joug du terre-à-terre. En pénétrant dans ce temple de la science, il semble qu’un saint recueillement vous saisit, comme lorsque, âme fidèle, vous franchissez le seuil du temple de Dieu. Mais, d’un autre côté, une salle de lecture aux proportions plus modestes, distincte de la salle ou des salles où les livres sont placés, a aussi ses avantages. Bien des détails du service ne s’y faisant point, il y aura plus de calme pour l’étude. Les catalogues s’y trouvant cependant, il suffira d’une simple indication aux employés pour avoir bien vite ce que l’on désirera.

Quoi qu’il en soit, en principe et en théorie, on peut défendre l’un et l’autre système. Voyons ce que, dans la pratique, il serait opportun de préférer.

Nous avons déjà remarqué qu’une bibliothèque peut être ou publique, ou semi-publique, ou privée.

Quant aux bibliothèques privées, comme elles seront généralement moins importantes, et que d’ailleurs elles sont à l’usage exclusif de leurs propriétaires, il n’y a point d’inconvénient à ce qu’elles ne forment qu’une seule salle. Cette salle contiendra à la fois les livres et servira pour l’étude. Tout. autour seront disposés les rayons, et au milieu, ou du moins, suivant l’étendue et la forme de la salle, à la commodité du propriétaire, une table de travail ou un bureau. Cette disposition, lorsqu’elle sera possible, aura toujours cet avantage que l’on aura plus facilement sous la main et à sa portée les ouvrages que l’on voudrait consulter. Si même la disposition du bâtiment ne permettait pas de réunir tous les livres dans une seule salle, il faudrait du moins s’efforcer de les placer dans des salles contiguës et s’ouvrant l’une dans l’autre: l’une d’elles servirait alors en même temps de salle de lecture.

Pour les bibliothèques publiques ou semi-publiques, c’est-à-dire où il peut se présenter à la fois un certain nombre de personnes plus ou moins étrangères les unes aux autres, pour peu qu’elles aient quelque importance, il serait généralement bon qu’il y eût une salle de lecture distincte. Dans cette salle se trouveraient des tables et des sièges en nombre suffisant; puis un bureau pour le bibliothécaire, et, à sa portée, le registre de prêts; ensuite, les catalogues. En outre, si cela est possible, on réunira aussi dans cette salle, sur un rayon disposé à cet effet, les principaux dictionnaires et encyclopédies qui peuvent être d’un usage habituel. On pourra même y ajouter, si l’espace est suffisant, au moins les derniers numéros des principales revues. Quant au dépôt proprement dit des livres, il sera placé dans une ou plusieurs autres salles attenant. Toutefois, s’il s’agissait en particulier d’une bibliothèque semi-publique, d’une importance d’ailleurs peu considérable, la salle de lecture pourrait contenir aussi tout ou partie des livres, pourvu cependant qu’il y eût un espace suffisant pour que le service ne gênât point les lecteurs.

Ainsi, en résumé, pour une bibliothèque privée, une seule salle sera généralement préférable, à moins que l’importance du dépôt des livres ne rende nécessaire l’adjonction d’une ou de plusieurs autres salles: dans ce cas, l’une d’elles servira en même temps de salle de lecture. Pour une bibliothèque semi-publique, il serait désirable qu’on pût avoir une salle de lecture distincte. Toutefois, eu égard à l’importance plus ou moins grande de la bibliothèque, au nombre ordinaire des lecteurs et à la facilité du service, on pourra souvent se comporter comme dans le cas précédent. Enfin, s’il s’agit d’une bibliothèque absolument publique, le mieux sera toujours qu’il y ait une salle de lecture distincte, et disposée comme il a été dit ci-dessus.

Quant aux salles destinées à recevoir les livres, il se représente la même question de savoir si l’on se décidera pour une seule ou pour plusieurs. Au point de vue de l’ensemble et de la beauté, une grande salle nous attirera davantage; mais au point de vue pratique et économique, plusieurs salles d’étendue plus restreinte sembleront préférables. Car, pour une bibliothèque, surtout si elle doit contenir des richesses assez considérables, ce qu’il faut rechercher, ce sont des murailles pouvant donner des surfaces planes assez étendues pour y adosser des armoires. Une succession de pièces se communiquant entre elles par une sorte de corridor ouvert ou de couloir, courant tout le long des fenêtres, d’un bout à l’autre du bâtiment, serait peut-être la meilleure disposition à choisir. On aurait ainsi à la fois le jour et la facilité de placer le plus grand nombre possible de volumes. Le couloir libre pourrait aussi être ménagé au milieu de la salle, ce qui lui donnerait peut-être plus d’aspect; mais il y aurait un peu d’espace de perdu aux angles.

Voyons maintenant comment seront confectionnées les armoires, et comment disposés les rayons. De courtes observations suffiront d’ailleurs pour cet objet.

Il n’est pas indifférent, d’abord, de bien choisir le bois qui devra être employé. Si nous avions en vue une bibliothèque d’amateur, nous rechercherions des bois de prix, du cèdre, du cyprès, du mahogon ou de l’ébène: ces bois sont très durs, et le travail d’ébénisterie dont ils peuvent être l’objet en rehausse encore la valeur. Ils conviennent aux bibliothèques des riches particuliers, qui ne songent pas seulement à posséder de bons et beaux livres, mais qui veulent aussi que les meubles qui les renferment aient par eux-mêmes un grand prix. Pour nous, c’est aux livres que nous nous attachons avant tout; les armoires qui doivent les renfermer ne sont que des moyens d’ordre et de conservation. Ce que nous rechercherons donc, ce sera un bois bien sec et bien sain, et le plus dur possible, le chêne en particulier, mais non de ces bois exotiques, dont le prix est toujours très élevé, et qui absorberaient à eux seuls des sommes considérables, susceptibles d’être mieux employées à l’achat des livres. A défaut du chêne, qui est dur et ne se laisse pas facilement percer par les insectes, on pourrait choisir le sapin, qui est plus léger et qui, lorsqu’il est bien sec, offre aussi beaucoup de résistance.

Il s’agit maintenant de confectionner les armoires. Elles devront avoir au moins une profondeur égale à la largeur des plus grands volumes que l’on aura à y placer. Or les volumes in-folio ordinaires ont toujours 28 à 50 centimètres de largeur. Nous pourrons dès lors prendre, pour moyenne de profondeur, environ 35 centimètres, plutôt plus que moins. Mais en outre, si nous y prenons un peu garde, il ne nous échappera pas que les volumes in-folio sont toujours les moins nombreux dans les bibliothèques. Par conséquent, on pourrait se contenter de cette profondeur seulement jusqu’à la hauteur nécessaire pour placer, par exemple, deux rayons de volumes in-folio: le reste de la hauteur serait 10 à 12 centimètres moins large. Cette disposition ne servirait, du reste, qu’à ajouter une certaine grâce à l’ensemble.

Voici encore un point de détail, sur lequel il n’est pas inutile d’appeler l’attention: je veux parler de la manière dont seront construits les montants séparant les différentes travées. Il suffit d’ailleurs d’un mot pour tout dire: que la face antérieure de ces montants ne déborde pas sur l’intérieur des rayons. Cette recommandation n’est pas sans importance. En effet, lorsque, pour éviter une certaine maigreur, on néglige de tenir compte de cette observation, il arrive que les volumes qui commencent ou finissent un rayon, se trouvent plus ou moins cachés et enfermés sous le rebord du montant; il faut souvent en tirer plusieurs autres pour les prendre ou les remettre en place, et il en résulte toujours des pertes de temps, qui, dans une bibliothèque un peu importante, peuvent devenir considérables. Ce sera donc ici le cas de sacrifier l’élégant à futile, et l’on tiendra moins à quelques détails de menuiserie qu’à la commodité du maniement des livres.

Il faut dire aussi un mot de la pose des rayons dans les travées. Il y a ici deux systèmes en présence: celui des crémaillères, et celui des rayons fixes. Le système des crémaillères est très avantageux, en ce sens qu’il permet d’élever ou d’abaisser à son gré la hauteur des rayons, suivant la grandeur des volumes que l’on a à y placer. Mais la main-d’œuvre est beaucoup plus longue, et partant plus coûteuse. De plus, s’il s’agit d’une bibliothèque publique, c’est-à-dire d’un établissement destiné à durer, il n’y a point d’inconvénient à fixer dès l’abord les rayons d’une manière définitive. Les accroissements qui pourront survenir dans la suite ne changeront rien à l’ordre établi dans le fonds déjà existant. Il y aura seulement un grand soin à avoir: ce sera de bien proportionner la hauteur des rayons suivant les formats que l’on aura à placer, car il serait aussi disgracieux pour l’œil qu’il y aurait de l’espace perdu, à voir des volumes in-12 et peut-être in-18 dans des rayons capables de recevoir des in-4°.

Ainsi, pour ce qui est de ce point, nous pensons qu’en général, pour une bibliothèque publique, le système des rayons fixes est préférable, et que, pour une bibliothèque particulière, le système des crémaillères sera plus avantageux. Toutefois, c’est là un détail sur lequel nous ne voudrions pas insister fortement.

Il serait opportun de dire aussi un mot des tables qui devront garnir la salle de lecture en particulier, et même les autres au besoin. Leur forme et leurs dimensions dépendront de l’espace qu’on aura libre. Le plus souvent, elles seront plus longues que larges, mais assez larges pourtant pour que les lecteurs puissent s’y placer des deux côtés, et disposées de façon que l’on puisse facilement circuler autour. De cette manière, les personnes qui viendront y prendre place ou se retireront ne gêneront pas celles qui sont occupées à travailler, et en même temps le service pourra se faire sans trouble et sans confusion. Qu’elles soient, autant que possible, placées aussi dans un jour favorable, c’est-à-dire que les lecteurs le reçoivent de côté plutôt qu’en face ou derrière. Ces détails paraîtront peut-être de peu d’importance; ils en ont pourtant une réelle dans l’économie générale de la bibliothèque, et c’est à ce titre que nous n’avons pas négligé d’en parler.

Nous devons aussi nous arrêter sur quelques autres points de matériel, qu’il importe de ne pas passer sous silence.

D’abord, pour le service des livres, c’est-à-dire pour leur placement dans les rayons et leur déplacement, il faudra dans chaque salle une ou plusieurs échelles. Quel système y aura-t-il lieu d’adopter de préférence? Ce que nous devons rechercher, c’est, sans aucun doute, qu’elles soient légères, d’un maniement facile, et sûres tout à la fois: ce sont là les conditions les plus propres à un service vraiment utile.

Dans certaines bibliothèques, on voit des échelles roulantes, de dimensions fort grandes, et qui tiennent par elles-mêmes un espace assez étendu: ce sont de véritables édifices; on dirait des tours roulantes des anciens croisés; nous en avons même vu qui étaient à plusieurs étages et pourvues de plates-formes, où l’on pouvait se tenir commodément. Quelquefois, ce sont des échelles doubles, que l’on peut amener devant les rayons, et sur lesquelles on monte à telle ou telle hauteur, suivant la hauteur des rayons où l’on veut atteindre.

A ces divers systèmes, nous préférerions encore une échelle simple, dont le haut serait muni de crochets, telles que celles dont se servent les ouvriers chargés de l’entretien des becs de gaz dans les rues des villes. Seulement, tout le long des rayons serait fixée, à une hauteur convenable, une forte tringle en fer d’environ 2 centimètres de diamètre, et à laquelle s’accrocherait l’échelle: de cette manière, celle-ci aurait toute la solidité désirable. Ce système est en usage dans la plupart des bibliothèques de Paris. Il a l’avantage de tenir peu de place; son usage est commode et facile, et il joint la solidité à la légèreté. Il est aussi recommandé par M. J. Petzholdt, dans l’ouvrage que nous avons déjà cité, et qui, sur ce point particulier, s’exprime ainsi: «Pour conjurer le plus possible tout danger de la part des échelles, il faut avoir, soin, en les rendant d’un maniement facile, qu’elles soient fermes et munies, à leur extrémité supérieure, de crochets de fer, qui empêchent tout écartement, en s’engageant dans une rainure laissée en avant du deuxième ou troisième rayon à partir du haut, et assurée par une sorte de rail en fer placé en avant» . Cette disposition, comme on le voit, est d’une grande simplicité pratique, ce qui n’est pas un faible mérite.

Nous ne pouvons terminer ce chapitre sans dire aussi quelques mots du chauffage et de l’éclairage des salles.

Pour ce qui regarde le premier de ces deux points, le système que nous devrons préférer sera certainement celui qui fournira le chauffage le plus régulier, qui donnera à toutes les parties une température uniforme, et que l’on pourra mesurer facilement suivant les rigueurs de la saison. Dans cette vue, un calorifère dont le foyer serait dans le sous-sol et qui aurait des bouches s’ouvrant dans les différentes salles, serait le plus avantageux. Il faudrait prendre garde toutefois que les bouches ne s’ouvrissent pas trop près des rayons chargés de livres: une chaleur trop intense pourrait endommager les reliures. Si l’on pouvait les ouvrir de distance en distance au milieu du parquet même, cela serait pour le mieux. Si cette disposition n’était pas possible, il serait bon de ménager, au pied de l’un des murs, un espace libre. En outre, on pourrait adapter, au-dessus de la bouche, une plaque de tôle qui renverrait la chaleur à l’intérieur de la salle et garantirait les volumes placés au-dessus.

Toutefois l’établissement d’un calorifère à foyer souterrain peut n’être pas toujours praticable. Dans ce cas, qu’il y ait dans chaque salle un appareil proportionné à son étendue, mais dont le foyer ne soit point, autant que possible, découvert. La forme de cet appareil sera le plus souvent assez indifférente. On peut choisir la forme cylindrique ou octogonale, ou encore la forme d’une colonne. En tout cas, si l’on doit y brûler de la houille, il serait bon qu’il y fût adapté un récipient capable de contenir une certaine quantité d’eau. La vapeur de cette eau, se répandant dans la salle, viendrait corriger le mauvais effet du charbon.

Quant à l’éclairage, il nous suffira de quelques mots. Dans les bibliothèques où, aux jours d’hiver, il sera nécessaire, vu la prolongation des séances, de recourir à la lumière artificielle, il faudra avoir soin d’en disposer les foyers pour que les lecteurs puissent travailler sans fatigue, et qu’en même temps le service se fasse commodément. La lumière du gaz est celle dont l’usage est le plus simple et le plus facile. Pour l’usage des lecteurs, il y aura lieu de placer, au-dessus de chaque table et à une hauteur convenable, un ou deux becs, suivant la grandeur des tables. Ces becs seront munis de globes dépolis. Dans les salles qui ne seront pas affectées à la lecture, le nombre des becs sera proportionné à la grandeur des salles, mais ces becs seront placés beaucoup plus haut, pour ne pas gêner la circulation et le service.

CHAPITRE TROISIÈME

Table des matières

DES LIVRES.

Les livres forment l’objet principal de la bibliothèque: c’est vers eux que tout converge, c’est à eux que tout se rapporte; c’est par les livres que la bibliothèque existe: sans eux, il y aura tout ce que l’on voudra, il n’y aura pas de bibliothèque. Mais il n’y aura pas non plus, réellement de bibliothèque, si L’on n’a qu’un amas de livres acquis au hasard et sans choix, et jetés là sans ordre et pêle-mêle. Qui dit bibliothèque, dit collection de livres savamment organisée et distribuée, et dont la formation a été conduite avec intelligence, suivant le caractère plus ou moins spécial qu’on se proposait de faire dominer dans l’établissement projeté. Il y a donc deux choses à considérer ici: l’acquisition des livres, et leur rangement. Ces deux choses, quoique très distinctes, concourent toutes deux à une bonne organisation de la bibliothèque. Il importe d’y arrêter un moment notre attention, et nous allons nous en occuper successivement dans les deux sections suivantes.

SECTION PREMIÈRE

Table des matières

DE L’ACQUISITION DES LIVRES.

Il faut supposer d’abord qu’il s’agit d’une bibliothèque à établir. La question qui se présente est de savoir par quelle voie on en formera le premier fonds. Puis, ce premier fonds existant, il sera nécessaire de rechercher par quels principes on devra se guider pour augmenter le dépôt déjà formé suivant sa nature et ses besoins, et aussi suivant les ressources que l’on aura à sa disposition. Voilà encore deux points qu’il importe de ne pas confondre, et que nous devrons également séparer dans notre exposition.

§ 1. Acquisition du premier fonds.

Lorsqu’il s’agit d’établir une bibliothèque nouvelle, il est rare qu’on n’ait pas en vue un certain nombres d’ouvrages provenant soit d’établissements déjà existants, soit de libéralités publiques ou particulières. En pareil cas, il n’y a évidemment pas de choix à faire, et l’on doit recevoir avec reconnaissance ce qui est offert.

Si, ce qui peut encore arriver, l’offre était faite d’une manière conditionnelle, en ce sens que, dans une certaine quantité de livres, on pourrait en choisir un nombre plus ou moins grand, il faudrait tâcher alors de faire le choix le plus judicieux possible. Quelle sera, dans cette hypothèse, la règle à suivre?

Avant tout, et ce point est essentiel, il faut se faire une idée exacte de la nature du dépôt que l’on veut former. Il est certain, en effet, qu’un particulier que son goût porte de préférence vers les sciences exactes, se souciera fort peu, en général, des ouvrages de pure littérature. A l’inverse, un littérateur délaissera sans beaucoup de regrets les traités spéciaux sur les mathématiques, l’astronomie, la physique, etc. Ainsi, pour la formation d’une bibliothèque particulière, les choix se feront sans trop de peines.

Mais s’il s’agit d’une bibliothèque publique ou semi-publique, il est clair qu’on ne saurait se gouverner par les mêmes principes, et qu’on ne peut prendre pour guide le goût particulier d’un seul homme. Comment donc fraudra-t-il, dans ce cas, régler les choix à faire?

D’abord, pour une bibliothèque publique, comme elle doit généralement être à l’usage de personnes de goûts très différents, il faudra tâcher d’y réunir le plus d’ouvrages possible, anciens et modernes, sur les différentes branches des connaissances humaines. En outre, on rencontre encore des villes qui présentent certaines particularités. Il y en a qui sont essentiellement industrielles, d’autres commerçantes, d’autres tout à fait maritimes. Il y en a aussi qui sont spécialement des villes d’études, et parmi elles de certaines où le droit ou la médecine sont particulièrement en honneur, par suite des écoles qu’on y rencontre. Il sera bon, dans les choix à faire, de consulter ces caractères spéciaux des populations.

S’agit-il enfin d’une bibliothèque semi-publique, comme celle d’une corporation quelconque ou une bibliothèque de faculté ? Le champ se restreint ici, et ce qu’il faudra surtout rechercher, ce sont les ouvrages qui rentrent d’une manière plus spéciale dans les besoins ou les goûts des personnes qui seront appelées à en user: pour une société d’archéologie, les ouvrages sur l’histoire ancienne et moderne et sur l’histoire locale; pour un tribunal, une cour ou un barreau, les ouvrages de droit; pour une faculté de lettres, les ouvrages de littérature; pour une faculté de sciences, les ouvrages scientifiques, etc.

Toutefois ce premier élément, lorsqu’il existera, sera souvent insuffisant, et il y aura lieu de le compléter à prix d’argent. Quelquefois même, cette libéralité dont nous parlons manquant tout à fait, il sera nécessaire de se procurer par achat les livres qui devront former le noyau de la bibliothèque. L’on aura alors une liberté d’action d’autant plus grande; mais il faudra aussi être d’autant plus circonspect pour ne déterminer ses choix qu’à bon escient; ensuite, on devra s’efforcer de faire les achats dans les meilleures conditions.

D’abord, en ce qui concerne les choix à faire, on en chargera généralement, pour une bibliothèque publique ou semi-publique, une commission spéciale nommée soit par la municipalité, soit par la corporation elle-même, et composée des personnes les plus familiarisées avec les matières qui doivent être représentées dans la bibliothèque. Cette commission devra s’entourer de différents catalogues anciens et modernes, et aussi de catalogues spéciaux, s’il en est besoin. Il serait bon, en tout cas, pour arriver à un résultat plus satisfaisant et plus complet, que chaque membre eût un champ d’investigation bien marqué. Dans leurs recherches particulières, ces membres noteraient les livres dont l’acquisition leur paraîtrait la plus désirable, avec l’indication des prix; puis, dans une réunion générale, on arrêterait les choix définitifs.

Une remarque est ici à faire: c’est que, surtout pour une bibliothèque publique ou semi-publique, il sera bon de réunir, dans la mesure du possible, quelques-unes de ces collections indispensables, qu’on s’attend toujours à trouver dans une bibliothèque bien organisée. Ainsi, dans une bibliothèque de droit, on ne peut pas se dispenser de posséder, une collection des lois anciennes et modernes, les recueils de Dalloz ou de Sirey. Dans une faculté de lettres, on devra trouver les collections des auteurs latins et grecs, l’histoire littéraire de la France, etc.

Mais ce n’est pas assez d’avoir noté les ouvrages à acquérir et d’en avoir dressé la liste; on ne peut pas les aller chercher soi-même dans toutes les librairies particulières où ils se trouvent. Voici quel est peut-être alors le procédé le plus simple et le plus pratique. Une fois la liste arrêtée et remise à la personne, le bibliothécaire ou autre, chargée de faire les achats, celle-ci se met en rapport avec deux ou trois libraires qui lui paraissent inspirer le plus de confiance. Ces libraires, en effet, ayant avec leurs confrères des relations de commerce plus ou moins étendues, seront plus à même de vous procurer certains ouvrages que vous trouveriez difficilement vous-mêmes. Vu l’importance des commandes à leur faire, ils vous concéderont souvent des remises, dont profitera la bibliothèque. Pour les livres anciens en particulier et pour ceux qu’on ne trouve qu’à l’étranger, ces libraires correspondants vous seront d’un utile secours pour les découvrir, et souvent à de meilleures conditions que vous n’obtiendriez vous-mêmes. Mais il est quelquefois bon de ne se pas trop presser, et, pour certains livres anciens ou spéciaux, de ne pas accepter du premier coup les conditions proposées: tel ouvrage qu’on veut vous faire payer aujourd’hui 200 francs, peut-être le trouverez-vous dans six mois moyennant 50 francs. A l’inverse, vous pourrez trouver aujourd’hui à des conditions avantageuses un très bon livre, qui n’était pas prévu dans les achats à faire, et que plus tard vous ne retrouveriez que très difficilement. C’est ici affaire de tact et de connaissance des livres, et il est bon que la commission d’achat laisse, sur ce point, une certaine latitude à celui qui est chargé de traiter avec les libraires.

§ II. Des accroissements successifs de la bibliothèque.

Jusqu’ici nous ne nous sommes occupé que de l’acquisition du premier fonds de la bibliothèque. Mais ce premier fonds sera le plus souvent destiné à être accru d’année en année. Il est nécessaire de donner quelques détails sur ce sujet. Nous avons, du reste, peu de chose à ajouter à ce que nous avons déjà dit.

Il est toujours ici un point très essentiel, dont nous avons déjà parlé, et que le bibliothécaire ne doit jamais perdre de vue: c’est le caractère plus ou moins général ou spécial de la bibliothèque qu’il a à gouverner. Il devra donc rechercher avec soin quelles sont les parties qui, suivant ce caractère reconnu et admis, demanderaient plus particulièrement à recevoir des développements. Même dans une bibliothèque publique et d’un caractère tout à fait général, il y aura toujours des points sur lesquels se porteront de préférence les études des travailleurs et les recherches des lecteurs. Ce sera au bibliothécaire à bien saisir ce courant, et à s’efforcer, dans les acquisitions successives à faire, de donner le plus possible satisfaction aux besoins des habitués. Pour arriver à se renseigner exactement, il serait bon qu’il eût un registre, ou un’ simple cahier, où il noterait, à mesure qu’on lui demanderait un livre qu’il n’aurait pas, ou à mesure qu’il s’apercevrait qu’un ouvrage manquant dans ses classes y serait utilement placé, les desiderata à combler. Ce relevé, fait au jour le jour, ne demanderait pour ainsi dire point de travail et ne causerait aucun embarras. Alors, au moment de la réunion de la commission de la bibliothèque, on ferait passer sous les yeux de ses membres la liste de ces desiderata. La commission les discuterait, et, dans la mesure des ressources mises à la disposition de la bibliothèque, arrêterait la liste des acquisitions à faire . Dès lors, il ne resterait plus qu’à procéder aux achats. Le bibliothécaire les ferait de la manière la plus avantageuse possible pour la bibliothèque, en se mettant directement en rapport avec le ou les libraires, qui pourront lui offrir les meilleures conditions.

En ce qui concerne les bibliothèques universitaires en particulier, chaque année les professeurs des différentes facultés et le bibliothécaire dressent des listes distinctes des livres dont ils désireraient que la bibliothèque fît l’acquisition. Sur ces listes, la commission de la bibliothèque arrête un état de proposition, qui est d’abord soumis à l’examen du comité de perfectionnement, et ensuite à l’approbation du ministre. Puis, après ouverture des crédits, le bibliothécaire fait les achats dans l’ordre indiqué par la commission .

La même règle sera suivie pour les bibliothèques dites circulantes, récemment instituées dans les académies à l’effet de faciliter les études des candidats à la licence éloignés des facultés . Les professeurs des facultés dressent séparément, et jusqu’à concurrence des crédits alloués, des, listes d’ouvrages à acquérir. Ces listes, une fois réunies et contrôlées par le recteur, sont soumises à l’approbation ministérielle. Puis, après approbation, elles sont remises au secrétaire d’académie, qui fait les achats, comme il a été dit ci-dessus.

SECTION DEUXIÈME.

Table des matières

DE L’ARRANGEMENT DES LIVRES, ET DE LA CONFECTION DU CATALOGUE.

Pour avoir réellement une bibliothèque, il ne suffit pas de posséder une certaine quantité de livres; il faut encore que ces livres soient rangés dans un ordre convenable, qui permette de trouver aisément le volume dont on a besoin au cours de ses travaux. Il faut, de plus, un catalogue exact et bien ordonné, et dans une étroite et constante relation avec cet arrangement.

Pour une bibliothèque appartenant à un particulier et dont lui seul à l’usage, si elle ne contient d’ailleurs qu’un nombre restreint d’ouvrages, son propriétaire, avec quelque habitude, parviendra encore à se reconnaître, sans trop de peines, au milieu de ses richesses. Mais s’il s’agit d’une bibliothèque publique ou seulement d’une bibliothèque semi-publique, l’usage n’en peut être vraiment utile qu’a la condition d’avoir un répertoire toujours au courant et d’un maniement facile des ouvrages qu’elle renferme. Un professeur de droit ou un étudiant en droit demande le commentaire de l’ordonnance du commerce de Jousse; ou bien un littérateur demande la chanson de Roland ou quelque ouvrage sur la poésie dramatique des Grecs; un autre demande l’Art d’écrire de Condillac ou quelque traité de physiologie, etc., etc.: comment répondre à toutes ces demandes, si vous n’avez pas sous la main un catalogue qui permette d’aller prendre sur les rayons et sans trop de recherches, le volume dont la communication est sollicitée de vous? Quelquefois même vous pourrez chercher longtemps un livre qui n’existe pas dans la bibliothèque.

Mais comment doivent être rangés les livres, et comment doit être ordonné le catalogue pour rendre les services qu’on est en droit d’en attendre?

En ce qui concerne le rangement des livres, il importe assez peu en lui-même, pourvu que le catalogue indique toujours sûrement la place où se trouve chaque volume. Quel qu’il soit, cependant, il devra toujours être fait avec une certaine méthode, et correspondre exactement avec le catalogue. Pour cela, il faudra donner à tous les ouvrages des numéros distincts, qui marqueront leurs places respectives sur les rayons, et dont la suite sera reportée sur un registre spécial avec indication sommaire des titres.

Quant au catalogue proprement dit, il est à peine besoin de dire qu’il devra être fait avec le plus grand soin, et disposé de façon à rendre les recherches aussi rapides que faciles. Comment arriver à ce résultat? Et suivant quelle méthode le catalogue devra-t-il être rédigé, pour satisfaire à ces exigences Pour répondre à cette question, il suffit de nous demander de quelle manière on peut rechercher, dans une bibliothèque, un livre dont on a besoin.

Il peut arriver, d’abord, que l’on connaisse parfaitement le nom de l’auteur et le titre de l’ouvrage que l’on veut consulter: dans ce cas, un catalogue alphabétique par noms d’auteurs avec l’indication sommaire de leurs ouvrages remplira le but désiré.

Il peut arriver aussi que l’on cherche des renseignements sur telle ou telle partie de la science, sans connaître d’une manière suffisante les auteurs qui ont écrit sur cette partie. Une autre méthode est alors nécessaire; il faut un catalogue d’un genre différent, où les matières se trouvent rangées dans un ordre convenable, non plus suivant les noms des auteurs, mais d’après un système logiquement distribué et présentant dans une suite facile à saisir les différentes branches des connaissances humaines.

Mais, dans l’un et l’autre catalogue, il est nécessaire que chaque ouvrage soit distingué par un numéro spécial qui l’individualise, qui marque sa place sur les rayons et qui permette de le retrouver facilement.

Ainsi donc, rangement des livres sur les rayons suivant une méthode quelconque, mais, quelle qu’elle soit, exactement suivie, avec affectation à chaque ouvrage d’un numéro spécial reporté dans un registre ad hoc, que nous appellerons registre d’entrée-inventaire; deux catalogues distincts, l’un alphabétique, l’autre méthodique ou systématique, en correspondance exacte avec l’ordre numérique adopté : telles sont les conditions nécessaires et suffisantes pour que la bibliothèque réponde à son but, aider les recherches des travailleurs. C’est de ces divers points que nous devons maintenant nous occuper. Nous prendrons surtout pour guide les récentes instructions ministérielles sur les bibliothèques universitaires. Comme les principes généraux de la matière sont toujours les mêmes, les développements que nous donnerons pourront s’appliquer sans peine, quoique d’une manière plus ou moins rigoureuse, à toute espèce de bibliothèque. Nous nous efforcerons, en tout cas, en élaguant tout ce qui nous semblerait superflu, de mettre toute la clarté désirable dans cette partie si importante de notre travail, et nous étudierons successivement ce qui concerne:

1° L’arrangement des livres et le registre d’entrée-inventaire;

2° Le catalogue alphabétique;

5° Le catalogue méthodique ou systématique.

Dans un quatrième paragraphe, nous ajouterons quelques mots sur la concordance à établir entre les différents catalogues.

Enfin, comme il pourra se présenter, dans ces différentes parties, certains points qui demanderaient des détails particuliers, pour ne pas briser la suite de nos développements, nous les réunirons dans un paragraphe spécial, que nous placerons à la suite de ceux indiqués ci-dessus.

§ I. Arrangement des livres et inscription au registre d’entrée-inventaire.

Nous réunissons à dessein ces deux choses, parce qu’elles sont intimement liées entre elles et qu’elles dépendent, en quelque sorte, l’une de l’autre. De même que ces deux opérations ne se sépareraient pas avantageusement dans la pratique, de même nous ne pouvons guère les séparer dans notre exposition.

Mais avant de procéder à l’arrangement des volumes et à l’inscription au registre d’entrée-inventaire, il est nécessaire que la bibliothèque fasse acte de propriétaire. S’il s’agit d’une bibliothèque particulière, d’une bibliothèque privée, son propriétaire fera preuve de goût en n’appliquant point sur ses livres une estampille ou un timbre quelconque; mais qu’il fasse emploi de l’ex libris: cette affirmation de propriété suffira amplement. Du reste, ce serait une faible dépense que de faire dessiner et imprimer un certain nombre de vignettes portant son nom et augmentées, si l’on veut, d’une courte devise, mais sans prétention et d’une grande sobriété de détails .

S’agit-il, au contraire d’une bibliothèque publique ou semi-publique, ce simple ex libris dont nous venons de parler ne suffit plus; il faut que les livres soient timbrés d’une manière ineffaçable, afin de prévenir tout détournement et de reconnaître partout les volumes qui auraient pu s’égarer par le fait de personnes plus ou moins mal intentionnées. La règle à suivre ici, c’est de timbrer la première et la dernière page de chaque volume, et en outre une page déterminée dans l’intérieur. On aura soin de placer le timbre le plus avant possible dans le corps de la page, sans toutefois couvrir le texte, afin qu’il ne suffise pas de couper la marge pour le faire disparaître. Quant au timbre à mettre dans l’intérieur du volume, si ce volume est d’une certaine épaisseur, on pourra choisir la page 99, ou une autre si on le préfère, pourvu qu’on choisisse toujours la même. Cette méthode offre l’avantage que, dans le cas où un livre trouvé dans des mains étrangères serait suspecté appartenir à la bibliothèque, il suffira de se reporter à la page adoptée; la présence ou l’absence de timbre à cette page lèvera tous les doutes qui pourraient exister. Si le volume contient moins de cent pages, on pourrait prendre, par exemple, la page 25. En outre, pour les livres qui contiennent des gravures, pour les atlas et les recueils d’estampes, il faudra timbrer chaque gravure, carte ou estampe.

Mais, s’il est important de timbrer ainsi d’une manière uniforme tous les volumes de la bibliothèque, il faut faire en sorte que le timbrage se fasse proprement et légèrement. Pour cela, que le timbre lui-même, d’abord, ne soit pas trop grand. Une simple légende, désignant clairement la bibliothèque, et entourée d’un mince filet, suffit largement pour atteindre le but qu’on se propose. On rejettera donc tout ornement inutile, et l’on adoptera de préférence des caractères maigres: ils sont moins sujets à s’empâter, et la légende est plus propre et plus lisible. La forme du timbre sera généralement oblongue, afin de pouvoir plus facilement s’appliquer sur les marges sans atteindre le texte. Voici deux exemples qui pourront servir de modèles:


Il est important aussi de se servir de bonne encre pour l’impression du timbre. Celle qui est préférable est l’encre grasse ou encre d’imprimerie proprement dite, à laquelle, pour que l’empreinte sèche vite et ne macule pas, on ajoutera une certaine quantité de vernis, siccatif. Du reste, on trouve dans le commerce des encres à tampon toutes préparées, et dont on peut se servir immédiatement. Seulement, il faut faire attention de n’en pas trop charger le drap du tampon sur lequel on l’étend, et en outre que ce drap en soit imbibé bien également partout; car, sans cela, on s’exposerait à empâter le timbre, et l’on n’aurait que des empreintes sans netteté et qui saliraient les volumes.

En ce qui concerne l’arrangement des livres dans les rayons, nous ne devons les considérer ici qu’au point de vue matériel, c’est-à-dire au point de vue de la dimension des volumes, sans avoir égard à la matière dont ils traitent; il nous suffit de donner à chaque ouvrage une place fixe. Pour faire ce rangement d’une manière convenable, il faudra diviser les ouvrages par formats. Dans une bibliothèque bien ordonnée, en effet, on comprend qu’il soit indispensable de ménager le plus possible la place dont on dispose sur les rayons. D’ailleurs, les volumes de grandeurs trop inégales se conservent mal, placés les uns à côté des autres, outre qu’une rangée de livres se succédant avec une trop grande disproportion de hauteur est d’un aspect désagréable pour l’œil. Il faudra ensuite avoir soin de placer, dans les rayons inférieurs, les plus grands volumes, les in-folio; dans les rayons intermédiaires, les in-quarto, et dans les plus élevés, les volumes in-octavo et au-dessous.

A propos du format des livres, nous devons ajouter ici une observation.

Dans les premiers temps de l’imprimerie, la grandeur du papier était assez uniforme pour que les formats in-folio, in-4°, in-8° fissent des volumes d’égale hauteur. Il n’en est plus de même aujourd’hui, avec les différentes espèces de papiers employés dans l’impression des livres. Il est donc nécessaire de s’arrêter à une mesure fixe, qui serve de point de départ pour la distribution des volumes d’après leur grandeur. La détermination de cette mesure sera arbitraire; mais il faudra, autant que possible, se rapprocher de la réalité des choses. Les instructions ministérielles ont adopté la suivante, qui n’est que conventionnelle et qu’on pourrait remplacer par une autre, mais qui répond suffisamment aux besoins et que nous ne répugnons pas à admettre:

1° Grand format, comprenant tous les volumes dépassant 55 centimètres;

2° Moyen format, comprenant les volumes de 25 à 35 centimètres;

3° Petit format, comprenant tous les volumes au-dessous de 25 centimètres .

Les volumes seront donc placés dans les rayons suivant ces proportions de hauteur et dans l’ordre que nous avons dit, c’est-à-dire ceux de grand format (qui sont en général des in-folio) dans les rayons inférieurs, ceux de moyen format (ou in-4°) dans les rayons intermédiaires, et ceux du petit format (ou in-8° et au-dessous) dans les rayons supérieurs. On observera encore d’aller, dans chaque travée de bas en haut, et dans chaque rayon de gauche à droite. On pourra alors procéder à l’inscription et au numérotage sans la moindre hésitation.

En ce qui concerne le registre d’entrée-inventaire, véritable catalogue numérique, c’est le relevé général de tous les ouvrages dont se compose la bibliothèque; il attribue à chacun d’eux un numéro spécial une fois donné, et qu’il conserve toujours: c’est, en quelque sorte, le registre matricule des livres. Comme, d’autre part, les volumes seront toujours placés sur les rayons, dans l’ordre invariable des numéros qu’ils ont reçus, il sera à chaque instant possible de les retrouver et de les suivre sans aucune crainte d’erreur.

C’est assez dire que le registre d’entrée-inventaire est d’une importance capitale. Aussi, l’instruction du 4 mai 1878 entre-t-elle, sur sa confection, dans des détails d’une précision minutieuse. Il devra être, dit-elle, «de papier de fil bien collé et réglé (espacement des lignes 2 centimètres). Ménager des marges assez larges pour permettre plus tard une seconde reliure, s’il est nécessaire.»

Le registre d’entrée-inventaire a donc pour but d’individualiser tous les ouvrages de la bibliothèque par des numéros distincts. Il n’y a absolument qu’une seule série de numéros, et sans aucun sous-chiffre, ce qui évite toute confusion en passant d’une classe à l’autre.

Les numéros se suivent sans interruption dans l’ordre où les ouvrages arrivent . Ce n’est pas le lieu de distinguer les différentes matières, ni les subdivisions qu’elles peuvent comporter: les divers catalogues donneront à cet égard tous les renseignements désirables: nous n’avons besoin ici que d’un simple répertoire permettant de vérifier à chaque instant la situation numérique des richesses de la bibliothèque.

Il faut remarquer aussi qu’on ne doit placer et inscrire les ouvrages sur le registre d’entrée-inventaire, avec un numéro définitif qu’autant qu’ils sont complets, ou du moins, s’il s’agit d’ouvrages périodiques, qu’autant qu’une série est complète: jusque-là, l’inscription se fait sur un cahier à part ayant pour titre: Ouvrages non terminés et périodiques, avec des numéros provisoires . La disposition et le tracé de ce cahier seront d’ailleurs les mêmes que ceux du registre d’entrée-inventaire et l’on pourra prendre, pour chaque format, des chiffres que l’on prévoira ne pas devoir de longtemps être atteints par le registre d’entrée-inventaire lui-même.

Nous avons dit que les numéros doivent se suivre sans interruption. Mais il faut concilier cette règle avec celle de la division par formats dont nous avons déjà fait l’application pour le placement des livres sur les rayons. Quant à l’attribution de numéros aux ouvrages et à l’inscription au registre d’entrée-inventaire en tenant compte de cette division par formats, voici les principes qui devront nous guider.

D’abord, le registre d’entrée-inventaire sera divisé en trois tomes, un pour chaque format. Ensuite il faudra, dès le premier moment, attribuer à chaque format un certain nombre de numéros, de manière à pouvoir faire marcher ensemble l’inscription des trois formats. Pour cela, après s’être fait une idée générale de l’importance actuelle de la bibliothèque, il sera nécessaire de laisser, pour chaque format, un espace libre assez grand pour être assuré qu’il ne sera pas comblé de longtemps par les accroissements futurs. Par exemple, pour une bibliothèque que l’on suppose être aujourd’hui de 15 à 20,000 volumes, il est bien certain qu’il n’y aura pas 1000 in-folio: la proportion des in-folio est, en effet, généralement assez faible. Supposez, pour un moment, que ce nombre 1000 soit atteint, le nombre des numéros nécessaires à leur inscription sera, en tout cas, bien moindre, et l’on peut prévoir qu’il faudra bien des années et plus d’une génération pour arriver seulement au chiffre de 2 ou 5000 numéros. Vous pourriez, sans crainte d’encombrement, fixer à 3000 le nombre réservé pour vos in-folio. Pour plus de sûreté encore, ne commencez qu’a 4001 la série de vos in-4°.

En ce qui concerne les in-4°, faites le même raisonnement qu’à propos des in-folio. Les in-4° sont généralement plus nombreux dans une bibliothèque que les in-folio; mais leur proportion est pourtant encore assez faible. Si donc vous réservez -4000 numéros pour les in-folio, vous pourrez parfaitement en réserver 6000 pour les in-4°, peut-être plus. Vous ne commencerez donc pas l’inscription des in-8° avant le numéro 10,001. Une fois arrivé aux in-8°, vous pouvez aller en avant: comme vous n’avez plus de formats inférieurs à noter, vous avez à votre disposition une suite aussi indéfinie de numéros que vous pourrez désirer.

Cette manière de procéder qui, au premier abord, semble en contradiction avec le principe posé plus haut, que les numéros doivent se suivre sans interruption, est cependant absolument nécessaire, si l’on ne veut pas confondre à chaque instant les formats. Nous ne supposons pas, en effet, qu’il s’agisse d’une bibliothèque absolument fermée, et qui, par conséquent, ne doive plus, dans la suite, recevoir aucun accroissement. S’il en était ainsi, il est incontestable qu’après le dernier in-folio inscrit, on devrait prendre immédiatement, et sans lacune le premier in-4°, de même qu’après le dernier in-4° on devrait inscrire de suite le premier in-8°. Mais ce cas ne se présentera que rarement, ou plutôt ne se présentera jamais. C’est pourquoi nous devons laisser, entre chaque format, un certain espace libre. Ainsi, si l’on arrive, par exemple, pour les in-folio au n° 1527, on laissera libres, en vue des accroissements futurs, les nos 1328 à 4000, et on inscrira le premier in-4° sous le n° 4001. De même pour les in-4°, supposé que le dernier ouvrage de ce formatait atteint le n° 8215, on laissera libres, dans le même but, les nos 8216 à 10,000 et le premier in-4° portera le n° 10,001. Il arrivera ainsi que, pour connaître le nombre d’ouvrages que possède la bibliothèque, il ne suffira pas de prendre le dernier chiffre inscrit, mais qu’il faudra faire l’addition du nombre des numéros inscrits à chaque format.

Nous croyons avoir suffisamment expliqué dans quel ordre et suivant quelles règles il faut inscrire les ouvrages de la bibliothèque au registre d’entrée-inventaire. Mais nous avons remarqué aussi que cette inscription a surtout pour but de bien individualiser les ouvrages et de permettre de constater à chaque instant leur identité. Il faudra donc porter (et cela suffira) toutes les indications de nature à permettre sûrement la constatation de cette identité. C’est pourquoi, outre le numéro, on écrira le titre abrégé, mais le plus complet possible, de l’ouvrage, avec l’indication de l’édition, le lieu et la date de l’impression. S’il s’agit d’un ouvrage traduit, il sera bon de noter également le nom du traducteur. Il faudra, de plus, porter le nombre de volumes, mentionner les détails de. reliure, ajouter au besoin les observations particulières que pourrait suggérer l’inspection des volumes, et marquer la date d’entrée à la bibliothèque. Pour recevoir ces indications, on prendra les deux pages en regard du registre, verso et recto, qu’on distribuera en un certain nombre de colonnes. Nous donnons ci-après le modèle proposé par l’instruction du 4 mai 1878. On remarquera seulement que le tracé proposé contient une série de colonnes étroites pour porter les absences aux récolements annuels: nous en parlerons ailleurs .


Jusqu’ici, nous ne nous sommes occupé que du registre d’entrée-inventaire lui-même. Mais les inscriptions qu’on y porte supposent une autre opération, qui doit se faire concurremment: c’est celle du numérotage même des volumes. L’inventaire et ses numéros ne seront vraiment utiles, en effet, qu’autant que les volumes porteront les mêmes numéros d’une manière à la fois ostensible et autant que possible ineffaçable. Pour arriver à ce résultat, on procédera ainsi. On inscrira d’abord le numéro attribué à l’ouvrage au coin supérieur de la page du titre, à droite; puis on répétera le même numéro sur une étiquette collée au dos du volume, près du talon. Si l’ouvrage compte plusieurs volumes, il faudra répéter ces deux inscriptions sur chacun des volumes. L’on aura ainsi deux sûretés pour une; de sorte que, si l’étiquette du dos, qui est destinée à frapper d’abord le regard, se décollait et tombait, il resterait encore l’inscription placée à l’intérieur du volume.

En ce qui concerne les étiquettes, il est bon d’en choisir de rondes de préférence aux carrées: elles se décollent moins facilement. De plus, comme on les trouve généralement gommées d’avance chez les papetiers, l’emploi en est facile. Si elles ne l’étaient pas, on pourrait les coller avec de la colle liquide ou de la colle de farine saupoudrée d’alun, ce qui la défend contre les insectes.

Quant à l’inscription à mettre dans l’intérieur des volumes, elle exige une certaine précaution, à cause de l’habitude que l’on a prise depuis quelque temps d’imprimer les livres sur du papier non collé. La première chose à faire est donc de vérifier sur ce point la qualité du papier du titre. Pour cela on fait, le plus près possible du bord inférieur de la page, un petit point ou un petit trait avec la plume. Si ce point ou ce trait reste bien net, c’est un signe que le papier a été collé, et l’on peut écrire sans crainte. Si l’encre s’étend, en d’autres termes, si le papier boit, c’est un signe que le papier n’est pas ou est trop peu collé. L’on étend alors un peu de sandaraque sur le coin où l’on veut écrire, on la frotte légèrement avec le bout du doigt, et l’on essuie; puis l’on écrit comme sur du papier collé : les chiffres tracés auront la même netteté, ou du moins une netteté suffisante. Avec un peu de pratique, cette manière de rendre le papier non collé propre à l’écriture ne demandera pas un temps bien long. Il vaudra toujours mieux, d’ailleurs, écrire les chiffres à l’encre qu’au crayon, afin qu’ils ne soient pas exposés à s’effacer peu à peu par l’usage.

§ II. Catalogue alphabétique.

Le catalogue alphabétique a pour objet d’indiquer immédiatement où se trouve placé, dans la bibliothèque, tel livre dont on connaît à la fois l’auteur et le titre, le titre sommaire du moins. C’est un véritable dictionnaire, où les noms des auteurs sont placés dans l’ordre des lettres de l’alphabet. Mais on comprend tout d’abord sans peine qu’il n’est pas possible d’écrire de prime abord sur un registre cette suite de noms dans un ordre convenable. Il importe donc avant tout de les écrire tous séparément sur autant de bulletins ou de fiches, que l’on distribuera ensuite dans l’ordre voulu. Ce premier travail est indispensable, en ce qu’il permet de mettre sûrement chaque nom à sa place. Il suffira alors de recopier sur un registre toutes ces cartes dans l’ordre où elles se présenteront. Nous verrons plus loin la manière de placer toutes ces cartes à leur rang, pour en recopier ensuite le contenu sur un registre. Mais comment doit-on confectionner chacune de ces cartes, et quels principes doivent nous guider en cette matière? Puis, comment en fait-on le classement? Ensuite, quel mode de conservation peut-on employer? Enfin, de quelle manière se fait la transcription des cartes sur le registre à ce destiné ? Tels sont les principaux points qu’il nous faut examiner.

A. — CONFECTION DES CARTES.

La confection des cartes doit être, de la part du catalographe, l’objet d’un soin tout particulier. Bien qu’elle ne soit en réalité, qu’un travail préliminaire (car on ne peut point, à proprement parler, appeler catalogue une collection de cartes) de sa régularité, cependant, et de la bonne disposition des renseignements portés sur les cartes, dépend en grande partie la bonne ordonnance du catalogue alphabétique, qu’elles serviront à faire. Quels sont donc ici les points qui doivent surtout appeler notre attention, et qu’il ne faut pas omettre de noter? En un mot, comment faudra-t-il disposer chaque carte, pour la rendre d’un usage commode et utile?

Et d’abord, en ce qui concerne la carte elle-même, elle sera de carton léger, et aura au moins 10 centimètres sur 6: il sera même généralement convenable de les tenir un peu plus grandes. Ces dimensions peuvent servir à la fois pour le catalogue alphabétique et pour le catalogue méthodique, dont nous parlerons plus loin.

La carte destinée au catalogue alphabétique comporte toujours au moins six indications, souvent sept, et quelquefois huit, savoir: le mot d’ordre, — le numéro attribué à l’ouvrage au registre d’entrée-inventaire, — le titre sommaire, — le lieu d’impression, — la date, — le format; quelquefois il faut ajouter l’édition et le nombre de volumes, ou bien l’une ou l’autre seulement de ces mentions.

La première indication, et la plus importante, est celle que l’on peut appeler le mot d’ordre: c’est le mot qui doit être mis en relief, et que l’on cherchera quand on se servira du catalogue; c’est le nom de l’auteur, ou le mot qui en tient la place. Ce mot-là devra être bien détaché, écrit d’un caractère assez ferme, et occuper le haut de la carte à gauche. Au nom propre constituant le mot d’ordre, il sera bon d’ajouter entre parenthèses les prénoms, au moins par leurs initiales.

Le numéro qui répond à ce mot sur le registre d’entrée-inventaire occupera l’angle qui se trouve au haut de la carte à droite, sur la même ligne que le mot d’ordre.

Un peu au dessous, et en ménageant un espace suffisant, on écrira le titre sommaire du livre: le titre entier ne doit être porté que sur le catalogue méthodique, où il sera toujours facile de le retrouver.

A la suite de ce titre sommaire, on mentionnera le lieu de l’impression, ou plutôt celui de la publication , puis la date, et enfin le format du livre. Voici un exemple:


Outre ces indications, il faut aussi mentionner l’édition lorsque celle que nous avons à cataloguer n’est pas la première, et de plus le nombre de volumes s’il y en a plusieurs. Prenons, pour ce nouveau cas, l’exemple suivant:


Cette disposition, comme on le voit, donne tous les renseignements que l’on peut désirer. Cependant, comme il y a certains points qui, dans la pratique peuvent soulever des difficultés, nous allons donner quelques règles générales relatives à la recherche du mot d’ordre, ainsi qu’à l’indication du lieu d’impression et de celle de la date de publication dans les titres que nous aurons à relever.

I. — Du MOT D’ORDRE. En ce qui concerne ce premier point, nous puiserons surtout nos développements dans l’excellent Manuel bibliothécaire de Namur, ouvrage plein d’utiles renseignements et de sages préceptes .

Pour le catalogue alphabétique, le mot d’ordre est:

1° Le nom de famille de l’auteur.

a — Si ce nom se trouve clairement indiqué sur le titre, on le prend pour mot d’ordre.

b — S’il se trouve après la préface, ou dans la dédicace, ou enveloppé d’une manière secrète entre les mots du titre même, ou si le nom est connu du bibliothécaire; dans ces cas, on doit considérer l’ouvrage comme anonyme , faire un second bulletin pour le véritable auteur, et renvoyer au mot d’ordre adopté.

c — Si le nom de famille est abrégé, on prend le nom abrégé pour le mot d’ordre, en ajoutant à côté ou entre parenthèses le nom en entier.

d — Si le nom de famille n’est indiqué que par sa lettre initiale, alors on considère l’ouvrage comme anonyme, à moins que le bibliothécaire ne sache la vraie signification des lettres initiales; dans ce cas, on suit les règles indiquées sous les lettres b et c.

Un nom fictif ou pseudonyme passe, dans le catalogue, pour le vrai nom de l’auteur, de même qu’un nom anagramme . On met entre parenthèses et à côté du nom fictif ou anagramme la particule (sic), et l’on renvoie à un second bulletin qui porte le vrai nom de l’auteur.

e — Si plusieurs auteurs ont travaillé à la composition d’un ouvrage, on peut considérer l’éditeur comme auteur; et, si l’éditeur n’est pas connu, on peut choisir un mot d’ordre parmi les noms indiqués, en renvoyant à ce mot d’ordre les différents auteurs ou collaborateurs.

Dans le cas encore où un ouvrage aurait plusieurs auteurs, et qu’il se trouverait indiqué dans une édition sous le nom de l’un, et dans une autre édition sous le nom d’un autre, on pourrait prendre pour mot d’ordre l’un ou l’autre nom, mais en ayant soin de faire des cartes de renvoi pour les noms négligés.

S’il s’agissait d’un ouvrage traduit, on prendrait pour mot d’ordre l’auteur ou l’un des auteurs, et, à défaut d’auteurs indiqués, le traducteur ou l’un d’eux, s’il y en avait plusieurs: dans tous les cas, on ferait toujours des cartes de renvoi pour les noms omis.

f. Il arrive souvent qu’un auteur a deux ou plusieurs noms de famille, ou que ses prénoms sont difficiles à distinguer du nom de famille; dans ces cas, on peut choisir pour mot d’ordre le dernier des noms indiqués: on fait alors, pour chacun des autres noms, autant de bulletins qui renvoient au mot d’ordre adopté.

g. Souvent on choisit pour mot d’ordre les prénoms des personnes qui sont élevées à une nouvelle dignité, par exemple: les princes, les papes, les évêques, les carmélites, etc. la même chose a souvent lieu pour les noms patronymiques auxquels on peut assimiler ici les noms de terre ou de fief, et même certains surnoms. Ainsi pour Charles d’Orléans, on prendrait pour mot d’ordre Orléans, en le faisant suivre du mot Charles, entre parenthèses.

2° A défaut du nom de famille de l’auteur, on prendra pour mot d’ordre le nom d’un sujet pouvant être regardé comme remplaçant le nom de l’auteur, par exemple, celui de l’éditeur, du traducteur, du commentateur. Le nom du copiste des manuscrits ne peut cependant pas être regardé comme remplaçant celui de l’auteur, et ne sera pas, en conséquence, pris pour mot d’ordre.

3° Pour les livres anonymes, le mot d’ordre pourrait être le substantif principal du titre. Mais, comme dans certains titres on pouvait hésiter dans la détermination du substantif principal, il sera plus simple et d’une règle plus sûre de prendre toujours le premier substantif. Ainsi dans ce titre: Bibliothèque de l’École des Chartes, quel est le substantif principal? Est-ce Bibliothèque? Est-ce École? Est-ce Chartes? Il y aura certainement lieu à hésitation. Pour trancher alors toute difficulté, nous prendrons le mot Bibliothèque.

Il peut arriver qu’après le vrai titre d’un ouvrage, il y en ait un autre pour servir d’explication au premier, ce qui est indiqué juste soit par le mot ou, soit par la locution c’est-à-dire, et que dans ce second titre seulement se trouve le nom de l’auteur ou celui de son remplaçant: dans ce cas, on peut prendre ce nom du second titre pour mot d’ordre. Dans tout autre cas, les mots du premier titre doivent avoir la préférence.

4° A défaut de substantif, on prendra le premier mot du titre.

Pour ce qui regarde les éditions du XVe et du commencement du XVIe siècle, le titre est souvent enveloppé dans la préface, ou à la fin de l’ouvrage, avec le lieu d’impression et la date, sous la formule: Finit feliciter, etc.; souvent même il n’y a pas de vrai titre. Dans ce cas le bibliothécaire devra faire ressortir le vrai titre où, s’il est embarrassé, recourir aux ouvrages qui traitent des éditions du XVe et du XVIe siècles.

Quant aux écrits académiques (Programmata, series, etc), quoique leurs titres n’indiquent pas toujours le contenu de l’ouvrage, il est cependant nécessaire de les maintenir pour la copie des titres, en mettant seulement à la fin de cette copie le vrai titre entre parenthèses. En outre, si ces recueils contiennent des morceaux d’auteurs qui se soient nommés, on fera pour eux des cartes de renvoi au mot d’ordre adopté ; à moins que ces morceaux ne soient l’objet principal de la publication, auquel cas on en choisirait l’auteur pour mot d’ordre, et le titre de leur travail serait le véritable titre à retenir.

Il peut arriver aussi qu’un ouvrage ait deux titres, (l’un de l’ouvrage entier, l’autre d’une partie qui, étant séparée, fait un ouvrage à part): dans ce cas, on choisit le mot d’ordre du titre général, en renvoyant à celui-ci pour les ouvrages qui sont contenus dans cette collection, et pour lesquelles on fait des copies de titres séparées.

Quelquefois aussi on trouve des ouvrages dont les titres sont écrits en plusieurs langues à la fois. Il faut alors choisir le mot d’ordre dans le titre qui est écrit en caractères latins ou en caractères qui leurs ressemblent le plus.

Aux règles ci-dessus exposées concernant la manière de trouver sûrement dans un titre le mot d’ordre, il faut ajouter quelques observations sur la manière de l’écrire. Il nous suffira, pour cet objet, de noter les points suivants:

1° Tous les mots d’ordre, noms de famille ou substantifs, doivent se mettre, sur la copie du titre, au nominatif, singulier ou pluriel, suivant que le titre l’exige.

2° Quand un mot d’ordre se trouve écrit tantôt d’une manière, tantôt d’une autre, on choisit la forme la plus ordinaire et on fait des bulletins de renvoi pour toutes les autres. Ainsi les noms propres des personnes qui sont traduits dans une autre langue, de même que les mots qui ont seulement changé d’orthographe, lorsqu’on doit les prendre pour mots d’ordre, s’écrivent dans la langue où ils paraissent le plus souvent, ou avec leur orthographe la plus ordinaire, en faisant des cartes de renvoi pour les autres formes. Ainsi pour Virgilius, Vergil, Virgile, on prendra pour mot d’ordre la dernière de ces formes, et on y renverra les deux autres.

3° Si le titre d’un livre est écrit dans une langue dont les caractères diffèrent des caractères latins, par exemple, en caractères allemands, grecs, hébreux, etc., le mot d’ordre sera, pour l’uniformité des copies, écrit en caractères latins. Quant au titre lui-même, il sera bon de le copier avec ses caractères naturels, à moins que le catalographe n’en ignore l’écriture, auquel cas il pourra l’écrire en lettres latines. A plus forte raison si le titre est écrit d’abord en caractères étrangers, puis traduit et répété en caractères latins, c’est à cette dernière forme qu’il faudra donner la préférence.

4° Les mots d’ordre composés, comme Van Praet, Van Mons, La Fontaine, La Rochefoucauld, doivent être considérés comme ne faisant qu’un seul mot. Mais si la composition provient de l’adjonction devant un nom propre, de quelque particule indiquant un titre de noblesse, cette particule se sépare et se met à la suite entre parenthèses, et le nom propre lui-même devient le mot d’ordre. Ainsi Van Praet,. Van Mons seront placés sous la lettre V, La Fontaine sous la lettre L, De Bry sous la lettre D; mais de Reiffenberg, van Aelbroeck, von Schlegel seront rangés parmi les lettres R, A, S, et non parmi les D, V.

II. DU LIEU D’IMPRESSION ET DE LA DATE. — Nous nous arrêterons ici aux quelques règles suivantes:

1° Les noms des lieux d’impression doivent se mettre, sur la copie des titres, au même cas où on les trouve, et non pas au nominatif, comme nous l’avons vu pour le mot d’ordre

2° La date se marque toujours en chiffres arabes, cette forme étant la plus lisible et la plus simple. Toutefois, pour les incunables, il est d’usage d’écrire la date en chiffres romains; mais alors, pour éviter tout danger d’erreur dans la lecture, on répète, à la suite et entre parenthèses, cette même date en chiffres arabes;

3° Si l’une ou l’autre de ces deux indications manque dans le titre, on la remplace par un tiret ( — ), ou mieux encore par la mention abrégée de la partie manquante. Ainsi pour le lieu d’impression, on mettra s. l. (sans lieu); pour la date, s. d. (sans date); si les deux indications manquent à la fois, on les remplace par la mention s. l. n. d. (sans lieu ni date).

Si cependant le catalographe connaissait l’un ou l’autre, il pourrait, après la mention de l’absence, ajouter entre parenthèses la date ou le nom qu’il a découvert.

Quant aux noms de lieux reconnus fictifs, le catalographe les inscrit tels qu’il les trouve; puis s’il connaît le véritable nom, il le met aussi entre parenthèses à la suite du nom fictif. La même règle est applicable aux dates qui ont pu être changées ou mal imprimées;

4° Si tous les volumes d’un ouvrage ne portent pas la même date et le même lieu d’impression, il est nécessaire d’indiquer cette particularité sur la copie du titre. Cependant, pour ne pas trop surcharger cette copie, il est d’usage, en ce qui concerne le premier point, de n’indiquer que les deux dates extrêmes en les réunissant par un trait d’union. Ainsi: 1840-1847, ou 1840-47. Pour les lieux d’impression, lorsqu’il y en a un certain nombre, on prend les deux premiers ou les deux plus connus, en les réunissant aussi par un trait d’union et en les faisant suivre de quelques points. Ainsi: Paris-Lyon....

B. — CLASSEMENT DES CARTES.

Lorsque les copies de titres sont faites de la manière que nous venons d’indiquer, lorsque du moins il y en a déjà un assez grand nombre de faites, on peut procéder à leur classement. Pour cela, voici comment on opère.

On s’arrête d’abord à la première lettre du nom ou plutôt du mot d’ordre, et on en fait autant de paquets qu’il y de lettres de l’alphabet. Puis, prenant chaque paquet, et s’arrêtant à la seconde lettre, on fait une nouvelle série de 25 paquets. Si les paquets sont encore assez forts, on les subdivise de la même manière, en prenant, pour point de départ, la troisième lettre, et ainsi de suite pour chaque paquet, jusqu’à ce qu’on ait placé chaque carte à son rang.

Nous ferons toutefois ici une double observation:

1° D’abord les lettres i et j, de même que les lettres u et v, quoique étant en réalité identiques, doivent néanmoins, dans le classement être séparées. Dans l’usage ordinaire, d’ailleurs, on en fait des lettres distinctes: l’i et l’u sont mis au nombre des voyelles, le j et le v au nombre des consonnes. D’un autre côté, le mélange rendrait la recherche des copies trop difficile;

2° Ensuite, il faut toujours considérer comme des diphthongues les lettres a, o, u, surmontées d’un tréma, et comme l’équivalent de ae, oe, ue. C’est là, en effet, leur valeur réelle, et il importe, d’ailleurs, d’établir à leur égard une règle uniforme.

Mais dans ce travail de classement, une difficulté peut souvent se présenter. Il peut arriver, en effet, que l’on ait à classer plusieurs copies ayant le même mot d’ordre. Comment alors fixera-t-on le rang de chacune d’elles? Il importe d’établir, à cet égard, quelques principes, qui nous empêcheront de rien laisser au hasard. Voici, croyons-nous, quelles sont les principales règles auxquelles on pourra s’arrêter:

1° Lorsque plusieurs copies portent pour mot d’ordre le même nom propre, on le range d’après l’ordre alphabétique des prénoms, pour lesquels on suit la marche indiquée ci-dessus. Ainsi une carte portant pour mot d’ordre Dumesnil (J.) sera placée avant une autre portant Dumesnil (M.); ainsi encore Morel (A.) précédera Morel (V.).

De même, si le mot d’ordre est un substantif commun, on se réglera sur le mot suivant pour le classement. Ainsi, Bibliothèque amusante sera placé avant Bibliothèque instructive;

2° Lorsque plusieurs auteurs d’ouvrages différents ont même nom de famille et même prénoms, on fait pour un moment abstraction de ces noms, et on donne à leurs ouvrages la même place respective que s’ils étaient anonymes.

S’il s’agit d’ouvrages réellement anonymes ayant même mot d’ordre, on se guide sur l’ordre alphabétique des mots qui suivent immédiatement le mot d’ordre adopté ;

3° Lorsque tous les ouvrages d’un même auteur, ainsi que les différentes éditions d’un ouvrage anonyme sont rassemblés, on les place entre eux d’après l’ordre chronologique de leur publication, en observant cependant de placer d’abord les œuvres complètes quand le cas se présente, et de ne pas séparer les différentes éditions d’un même ouvrage, lors même que quelque interversion de date en résulterait.

C. MODE DE CONSERVATION DES CARTES.

La confection des cartes, avons-nous déjà remarqué, n’est qu’un travail préliminaire; mais le préliminaire, ici, peut quelquefois durer très longtemps. Ainsi supposez qu’un bibliothécaire ait seulement 10,000 ouvrages a cataloguer, et que l’assistance qu’il reçoit de ses subordonnés pour le service des lecteurs lui permette de consacrer régulièrement cinq heures par jour à son travail. En faisant, en moyenne, dix cartes par heure, il en fera 50 par jour, soit 300 par semaine. Il lui faudra donc 33 semaines pour avoir achevé le catalogue alphabétique; en admettant d’ailleurs, ce qui est improbable, qu’il n’y aura point à faire de cartes de renvoi. De plus, nous ne comptons pas le temps qu’il faudra passer pour le classement. Et ce n’est encore là que la plus petite partie du travail; car pour le catalogue méthodique, dont les inscriptions seront toujours beaucoup plus longues, plus de temps encore sera nécessaire. Il est donc important de trouver un mode de conservation qui prévienne non-seulement la perte, mais encore la dispersion et l’éparpillement des cartes, et qui, en même temps, permette de les consulter au besoin pour le service de la bibliothèque.

On a proposé, dans ce but, plusieurs systèmes. Le plus simple, croyons-nous, consiste à faire confectionner un certain nombre de boîtes en bois léger et à trois ou quatre compartiments, dans chacun desquels on rangera les cartes déjà faites dans l’ordre du classement. La largeur des compartiments dépassera de un ou deux millimètres celle des cartes, de manière que celles-ci puissent s’y mouvoir à l’aise. Au contraire la hauteur sera de deux ou trois centimètres moindre que celle des mêmes cartes, pour permettre d’en voir facilement le haut, en les tournant sans les faire sortir. Le dessin ci-dessous peut donner une idée de la disposition des boîtes. Les deux compartiments de droite sont vides; les deux de gauche sont remplis de cartes.

On remarque au bas de la face antérieure de la boîte figurée une sorte de bouton. Voici son usage. Comme dans un si long travail de la confection des cartes, bien que celles-ci soient placées dans des boîtes construites comme nous venons de le dire, il y a toujours quelque danger d’éparpillement par suite de l’usage même qu’on en peut faire, il pourrait en résulter un long travail pour la reconstitution de l’ordre perdu. On a donc cherché différents moyens de prévenir ce danger. Celui auquel nous nous sommes arrêté, et qui nous semble très simple, consiste à percer le milieu de la partie inférieure de chaque carte d’un trou ovale de 4 à 5 millimètres pour le petit diamètre et de 6 à 7 millimètres pour le grand. En même temps, la boîte sera percée également d’un trou dans sa partie inférieure et au milieu de la face antérieure et postérieure de chaque compartiment. Comme les cartes auront été percées à l’emporte-pièce, et toujours au même endroit, les trous se correspondront exactement entre eux et avec ceux de la boîte elle-même. Il sera alors facile d’y glisser une tringle, dont un bout sera terminé par un bouton, ou simplement recourbé. Les trous des cartes étant ovales, comme nous l’avons dit, celles-ci auront assez de jeu pour être consultées facilement. En même temps, les intercalations s’opéreront d’une manière très aisée: il suffira, en effet, de retirer la tringle, de placer la carte, et de réenfiler la tringle, ce qui se fera sans difficulté.

Figure 4.


Pour séparer entre elles les différentes lettres de l’alphabet, et n’être pas exposé à de longs tâtonnements dans les recherches et les intercalations qu’on aura à faire dans la suite, il serait bon d’avoir de petites planchettes de la grandeur des cartes et d’une épaisseur d’environ 5 millimètres, sur le bord supérieur desquelles on marquerait chacune des lettres de l’alphabet, On les placerait alors à leur rang au milieu des cartes elles-mêmes, en ayant soin de les percer aussi dans le bas d’un trou assez grand, qui correspondrait à ceux perces dans les cartes.

De plus, comme il faudra probablement plusieurs boîtes semblables pour le catalogue alphabétique, et que, d’autre part, il en faudra de pareilles pour le catalogue méthodique, il sera nécessaire, pour distinguer les unes des autres, de mettre sur la face antérieure de chacune, l’indication de sa nature. Pour cela, il suffit de coller, pour le catalogue alphabétique, une bande de papier, sur laquelle on écrira, en caractères voyants, ces mots: catalogue alphabétique, et à la suite, la première et la dernière dans l’ordre alphabétique, des lettres contenues dans chaque boîte. Ainsi: catalogue alphabétique. — A-C. — Pour le catalogue méthodique, on mettrait, d’une manière analogue, à la suite ou au-dessous de cette mention, l’indication des classes représentées dans chaque boîte. Toute erreur et toute hésitation seront ainsi; évitées dans le maniement des boîtes à cartes.

D. — TRANSCRIPTION DES CARTES SUR UN REGISTRE SPÉCIAL.

Le catalogue alphabétique, pour être complet et régulier, devait nécessairement être exécuté comme nous l’avons dit, c’est-à-dire pas fiches ou cartes distinctes, susceptibles d’être transposées à volonté et de recevoir des intercalations continuelles au cours du travail. Mais un pareil catalogue n’est évidemment pas maniable, pour le public, et il est toujours périlleux de le mettre à la disposition de tout venant, quelque soin qu’on ait mis à en assurer la conservation. Il faudra donc se hâter le plus passible de mener à bonne fin le travail, et, quand toutes les cartes seront faites et placées dans un ordre convenable, d’en recopier la suite sur un registre spécial.

Pour le catalogue alphabétique, dont nous nous occupons ici, il y a lieu de diviser la page du registre en neuf colonnes, pour y placer chacune des indications dont nous avons parlé plus haut , en ayant soin de ménager la plus large pour le titre de l’ouvrage.

Voici la disposition réduite du tracé qu’il suffira de reproduire suivant la dimension d’un registre ordinaire:


Prenant alors chaque carte, et dans l’ordre marqué par le classement déjà fait, on en écrira les indications dans les différentes colonnes indiquées ci-dessus. Quand l’édition n’est pas portée sur la carte, c’est un signe que l’ouvrage à inscrire est de la première; de même, si le nombre de volumes n’est pas indiqué, c’est qu’il n’y en a qu’un. Mais il reste encore une colonne, dont jusqu’ici nous n’avons pas marqué l’usage: c’est la troisième, portant cette rubrique: Pages du catalogue méthodique. Nous la laisserons provisoirement en blanc, jusqu’à ce que le catalogue méthodique soit fait à son tour. Reprenant alors chaque article de ce dernier catalogue, nous en noterons la page dans la colonne que nous avons avons ainsi ménagée, et nous trouverons de cette manière un renvoi souvent bien utile. Nous reviendrons, du reste, plus loin sur ce sujet.

En reportant sur le registre alphabétique le contenu de nos différentes cartes, il faudra cependant avoir un soin. Le catalogue est destiné à recevoir des accroissements, comme la bibliothèque. C’est même, en partie, pour cela que nous avons fait notre premier travail sur des fiches, afin d’y pouvoir faire a mesure les intercalations nécessaires. Mais nous avons reconnuu que le catalogue par fiches étant incommode, il fallait, aussitôt que possible, fondre le tout dans un registre. L’inconvénient signalé ci-dessus reparaissait alors dans toute sa force. Il fallait donc sur le registre ménager des espaces libres pour les accroissements futurs. Mais, à quels endroits de préférence? C’était là la difficulté. Voici, croyons-nous, le moyen le plus sûr à employer.

Dans le registre alphabétique, n’écrivez que sur la page de droite, et laissez la page de gauche en blanc pour l’avenir. Ensuite, pour plus de sûreté encore, laissez entre chaque ouvrage porté l’espace nécessaire pour en écrire encore deux ou trois. Comme vous avez déjà un grand nombre de noms sous chaque lettre de l’alphabet, il est à présumer que vos accroissements se répartiront assez uniformément dans les espaces laissés libres.

Nous faisons toutefois ici une observation. Quand vous aurez plusieurs ouvrages sous le même mot d’ordre, ne faites point de séparation, et ne répétez pas le mot d’ordre: à sa place vous marquerez seulement un trait d’une certaine force ( — — ), et vous continuerez les autres indications dans les colonnes suivantes. Cette manière de faire ne vous épargnera pas seulement un certain travail, mais elle aura surtout pour avantage de faire saisir davantage à l’œil l’identité du mot d’ordre.

§ III. — Catalogue méthodique.

Le catalogue méthodique ou systématique a pour objet de présenter dans un ordre logique les différentes branches des connaissances humaines représentées dans la bibliothèque. Ce travail est d’une importance capitale, et l’on ne saurait prendre trop de soin pour y faire régner l’ordre le plus parfait, pour que chaque chose soit mise à sa place, pour que tous les ouvrages soient distribués dans leurs classes respectives suivant un plan à la fois simple et logique et rigoureusement déterminé à l’avance. C’est ici surtout que le bibliothécaire fera preuve d’un savoir étendu et d’une grande pénétration d’esprit, et son travail aura d’autant plus de mérite, qu’il saura réunir, dans un cadre concis et clair. et où tout le monde pourra se retrouver facilement, les renseignements les plus complets et les plus exacts.

La première chose à faire avant de mettre la main au catalogue méthodique, c’est de s’être tracé un système de classement, avec des divisions et subdivisions plus ou moins nombreuses suivant l’importance du fonds que l’on a à cataloguer. Si l’on n’a pas, dès l’abord, fait ce travail préliminaire, si l’on n’a pas au moins marqué les grandes lignes du plan que l’on s’astreindra à suivre rigoureusement, on marchera au hasard, et a la place de l’ordre et de la clarté, on n’aura que confusion et chaos. Mais comment ce plan devra-t-il être tracé ? D’après quels principes devra-t-il être conçu? Quel sera l’ordre le plus convenable à suivre? Pour montrer le mieux à faire, il n’y a, croyons-nous, rien de plus sage que d’indiquer ce qui s’est déjà fait, et d’interroger l’expérience des hommes les plus compétents. Aussi nous proposons-nous ici de jeter d’abord un coup d’œil en arrière, puis de proposer quelque modèles propres à nous servir de guides pour l’adoption d’un plan et d’un système bibliographique en harmonie avec nos collections. En arrivant ensuite au catalogage lui-même, nous nous occuperons, comme pour le catalogue alphabétique et pour la même raison, de la copie des titres sur des cartes séparées, de la classification de ces cartes, de leur conservation, et enfin de leur transcription sur un registre spécial.

A. ORIGINE ET DÉVELOPPEMENTS DES SYSTÈMES BIBLIOGRAPHIQUES.

De bonne heure, et surtout dès les premiers temps où l’imprimerie multiplia les productions de l’esprit, oh sentit le besoin de cataloguer les livres dans un ordre propre à faciliter les recherches. Dès ta fin du XVe siècle, en 1498, Alde l’ancien-publie un simple feuillet des livres grecs, contenant quatorze articles divisés en cinq classes, savoir: Grammatica, Poetica, Logica, Philosophia, Sacra scriptura.

Puis vient, en 1546, le catalogue de Robert Estienne, divisé aussi en 14 classes, qui sont: 1° Hebræa, 2° Græca, 3° Sacra, 4° Profana, 5° Grammatica, 6° Poetica, 7° Historica, 8° Rhetorica, 9° Oratoria, 10° Dialectica, 11° Philosophica, 12° Arithmetica, 13° Geometrica, 14° Medica.

Peu après, en 1549, Gesner publia ce qu’on peut appeler réellement le premier système de classification bibliographique. Ce système forme la seconde partie de sa Bibliotheca universalis, et sous le titre de Pandectarum, sive partitionum universalium libri XXI, contient vingt et une classes. Ces classes dépendent toutes de la philosophie, dans laquelle rentrent les arts et les sciences.

Les voici disposées en un tableau, que nous empruntons à l’ouvrage de M. Rouveyre, «Connaissances nécessaires à un bibliophile», 2° part. p. 12:


Nous ne nous arrêterons pas sur bien d’autres systèmes de ce siècle encore; nous nous contenterons seulement de relever celui de Christophe de Savigny, en 1587, et réimprimé en 1619. Il portait le titre de: Tableaux accomplis de tous les arts libéraux. Une première planche présentait l’Encyclopédie ou la suite et liaison de tous les arts et sciences. Puis venait une succession de seize tableaux spéciaux pour un pareil nombre de sciences, savoir: 1° Grammaire, 2° Rhétorique, 3° Dialectique, 4° Arithmétique, 5° Géométrie, 6° Optique, 7° Musique, 8° Cosmographie, 9° Astrologie, 10° Géographie, 11° Physique, 12° Médecine, 13° Ethique, 14° Jurisprudence, 15° Histoire, 16° Théologie. La poésie et la chronologie ne se trouvaient pas dans la première, mais seulement dans la seconde édition, de 1619. A la suite de chaque partition, on rencontrait. un grand nombre de divisions et de subdivisions .

Au XVIIe siècle, il se produisit aussi bien des systèmes, parmi lesquels nous ne citerons que celui de Gabriel Naudé, en 1643. A partir de ce moment, on commence à adopter, dans les catalogues, un système plus rationel, suivant ce que cet aimable bibliothécaire du cardinal Mazarin disait dans son advis pour dresser une bibliothèque: «Je croy que le meilleur est «toujours celui qui est le plus facile, le moins intrigué, le «plus naturel, usité, et qui suit les facultez, Théologie, Médecine, « etc.», «paroles pleines de bon sens, ajoute Brunet, et qui sont tout aussi justes, tout aussi applicables aujourd’hui, qu’elles l’étaient il y a deux siècles» .

Au XVIIIe siècle, vient le système de Gabriel Martin. Aidé des observations de Prosper Marchand, il perfectionna le système que le jésuite Jean Garnier avait produit au siècle précédent. Il classa les livres en cinq grandes divisions: Théologie, Jurisprudence, Sciences et Arts, Belles-lettres, et Histoire. Cette division était claire et naturelle, et il était facile de la suivre sans trop d’efforts. Aussi presque tous les libraires de Paris l’adoptèrent, et il servit de patron à celui de de Bure.

Le système de Gabriel Martin fut le modèle suivi par J. Ch. Brunet, qui admit les mêmes grandes divisions, et qui se contenta de perfectionner certains détails. Le Manuel du libraire et de l’amateur de livres de Brunet est devenu classique et il répond parfaitement à tous les besoins, aussi bien à ceux du commerce qu’à ceux de la science. C’est celui, d’ailleurs, que recommandent spécialement les instructions ministérielles, et qui, pour tous ces motifs, doit le plus attirer notre attention. Aussi, nous ferons-nous un devoir de le reproduire plus loin avec assez de détails, sinon d’une manière absolument complète.

Nous devons présenter maintenant, au moins dans leurs grandes lignes et à titre de modèles, les principaux systèmes qui se sont disputé la préférence dans notre siècle. Ces diverses manières d’entrevoir le développement de la science nous semblent de nature à offrir aux bibliothécaires, par la comparaison, des idées dont ils pourront tirer un grand profit pour leurs travaux.

B. PRINCIPAUX SYSTÈMES BIBLIOGRAPHIQUES.

Pour ne pas étendre cette partie au-delà de toute limite, nous avons nécessairement dû laisser de côté beaucoup de systèmes qui y auraient figuré avec honneur. Nous avons du moins cherché, devant nous borner, à ce que nos modèles fussent pris parmi les meilleurs.

Voici d’abord la classification adoptée par la Bibliothèque nationale à Paris pour ses imprimés, avec les lettres qui servent à indiquer chaque subdivision:

Théologie.

A. Ecriture Sainte. — Interprètes juifs et chrétiens. — Critiques sacrés.

B. Liturgies. — Conciles et synodes.

C. Pères de l’Eglise. — Pères de l’Eglise grecs. — Pères de l’Eglise latins.

D. Théologiens. — Théologiens de l’Eglise grecque. — Théologiens de l’Eglise romaine.

D2. Théologiens hétérodoxes. — Auteurs d’erreurs particulières.

Jurisprudence.

E. Droit canon.

E*. Droit de la nature. — Droit des gens.

F. Droit civil. — Droit ancien. — Droit moderne. — Droit national de la France.

Histoire.

G. Géographie. — Chronologie. — Histoire universelle. — Histoire ancienne. — Histoire générale.

H. Histoire ecclésiastique. — Histoire de l’Ancien Testament. — Histoire du Nouveau Testament. — Histoire des ordres religieux. — Histoire des ordres militaires. — Histoire des hérésies. — Histoire des inquisitions.

J. Histoire ancienne. — Histoire grecque. — Histoire byzantine et des Turcs. — Histoire romaine ancienne. — Histoire des antiquités.

K. Histoire d’Italie. — Histoire de Rome moderne. — Histoire des différents Etats d’Italie. — Histoire des îles adjacentes.

L. Histoire de France. — Histoire des provinces.

M. Histoire d’Allemagne. — Histoire de l’empire des pays de l’Europe orientale. — Histoire des pays du Nord.

N. Histoire des trois royaumes d’Angleterre, d’Ecosse et d’Irlande.

O. Histoire d’Espagne. — Histoire du Portugal.

O2. Histoire d’Asie.

O3. Histoire d’Afrique.

P. Histoire d’Amérique.

P2. Histoire d’Océanie.

Q. Histoire littéraire. — Journaux. — Bibliographie.

Philosophie.

R. Philosophes anciens. — Philosophes grecs. — Philosophes romains. — Philosophes modernes. — Traités de logique. — Traités de métaphysique. — Traités de morale. — Traités de physique.

S. Histoire naturelle en général. — Histoire des animaux. — Histoire des végétaux. — Histoire des minéraux.

T. Médecins anciens. — Médecins grecs. — Médecins arabes. — Médecins latins. — Médecins modernes. — Anatomistes et chirurgiens. — Chimistes. — Alchimistes.

V. Sciences, Arts et métiers.

Vm. Musique.

Belles-Lettres.

X. Grammairiens. — Orateurs.

Y. Mythologie. — Poëtes. — Fabulistes.

Y2. Romans, contes et nouvelles.

Z. Philologues. — Épistolaires. — Polygraphes.

Z2. Commerce. — Quelques arts dépendant des Belles-Lettres. — Pompes. — Tournois.

Un Nouveau système bibliographique, en trois parties, publié par Forcia d’Urban (1 vol. in-12, Paris, 1822), désigne, au moyen d’un certain nombre de lettres, le sujet que traite chaque ouvrage. En tête du système, figurent les encyclopédies; puis, vient une succession de cinq classes; savoir: 1° Belles-Lettres, 2° Sciences et arts, 3° Théologie, 4° Jurisprudence, 5° Histoire. Voici la succession des classes et des sections, avec les lettres qui les distinguent:

A. Encyclopédies.

1re Classe, — Belles-Lettres.

B. Grammaire. — Rhétorique.

C. Poétique.

D. Philologie. — Polygraphie.

2° Classe. — Sciences et arts.

E. Philosophie.

F. Mathématiques.

G. Physique.

H. Histoire naturelle.

I. Médecine.

J. Arts et métiers.

3e Classe. — Théologie.

K. Écriture sainte.

L. Conciles.

M. Liturgies.

N. Saints-Pères.

O. Théologiens.

4e Classe. — Jurisprudence.

P. Droit canonique.

Q. Droit civil.

5e Classe. — Histoire.

R. Prolégomènes historiques.

S. Géographie.

T. Chronologie.

U. Histoire ecclésiastique.

V. Histoire profane des monarchies anciennes.

X. Histoire moderne de l’Europe.

Y. Histoire moderne hors de l’Europe.

Z. Paralipomènes historiques. Antiquités. Histoire littéraire. Extraits historiques.

Nous reproduisons également les divisions principales de la classification du journal général de l’Imprimerie et de la Librairie . Ces divisions sont au nombre de vingt, avec des subdivisions plus ou moins nombreuses, suivant l’importance des matières. En voici la succession:

I. Religion.

1. Culte catholique. — Écriture-sainte, patrologie, etc.

2. Culte protestant.

3. Culte israélite.

4. Cultes orientaux, mythologie ancienne, paganisme.

II. Droit.

III. Philosophie et morale.

IV. Sciences occultes.

V. Sciences morales et politiques.

1. Économie politique et économie sociale.

2. Finances, impôts, etc.

3. Administration.

4. Politique.

VI. Sciences militaires; marine et navigation.

VII. Sciences mathématiques.

1. Mathématiques en général.

2. Astronomie, météorologie, mécanique.

VIII. Sciences naturelles.

1. Physique et chimie.

2. Histoire naturelle, géologie, botanique, zoologie.

IX. Sciences médicales.

Anatomie, physiologie, thérapeutique, etc.

X. Sciences agricoles.

XI. Arts industriels.

1. Ponts et chaussées, travaux de navigation, chemins de fer, télégraphie, etc.

2. Économie domestique.

XII. Histoire et études accessoires.

1. Histoire.

2. Archéologie, numismatique, inscriptions, etc.

3. Biographie.

XIII. Géographie, ethnographie, ethnologie, éthologie, voyages, guides.

XIV. Littérature française.

1. Œuvres diverses, lettres, correspondances, discours, etc.

2. Romans et contes.

3. Théâtre.

4. Poésies.

5. Ouvrages écrits en idiomes romans.

XV. Littérature étrangère ancienne et moderne, et traductions en prose et en vers.

XVI. Littérature ancienne.

1. Littérature grecque.

2. Littérature latine.

3. Ouvrages modernes écrits en latin ou en grec (textes et traductions).

XVII. Beaux-Arts.

1. Dessin, peinture, sculpture, etc.

2. Musique.

XVIII. Éducation et enseignement.

1. Instruction publique.

2. Pédagogie, anthologies, mélanges.

3. Livres d’éducation et de récréation.

4. Livres d’enseignement.

5. Linguistique.

XIX. Ouvrages de vulgarisation.

1. Vulgarisation des sciences.

2. Éditions populaires.

XX. Divers.

1. Académies et sociétés savantes, encyclopédies.

2. Franc-maçonnerie.

3. Chasse, pêche, courses, équitation, exercices, jeux divers.

4. Bibliographie.

Nous croyons utile de donner aussi la table du Répertoire universel de Bibliographie de Techner. Comme on va le voir, Techner suit la même marche générale que Brunet. Seulement, réunissant la jurisprudence et les sciences et arts, il ne donne que quatre grandes divisions, au lieu de cinq, que le système de Brunet nous présente.

Théologie et histoire des religions. — Droit canonique.

I. Théologie.

1. Écriture sainte.

2. Liturgie.

3. Conciles et Saints-Pères,

4. Théologiens.

5. Opinions singulières.

II. Histoire des religions.

1. Histoire de l’Eglise chrétienne.

2. Histoire des schismes, des hérésies et des sociétés secrètes.

3. Mythologie.

III. Droit canonique.

Jurisprudence, sciences et arts.

I. Sciences.

1. Sciences philosophiques.

2. Sciences physiques.

3. Sciences naturelles.

4. Sciences médicales.

5. Sciences mathématiques. — Art militaire.

6. Sciences occultes.

II. Arts.

Mnémonique. — Écriture.

Beaux-Arts.

1. Introduction. — Dessin et peinture.

2. Vies de peintres et d’artistes.

3. Recueils d’estampes d’après les tableaux, galeries, musées, etc.

4. Gravure.

5. Portraits, costumes, modes.

6. Architecture.

7. Grands ouvrages à ligures. — Recueils.

III. Arts mécaniques.

Métiers. — Exercices gymnastiques. — Equitation. — Chasse. — Jeux.

Belles-Lettres.

I. Linguistique.

1. Introduction. — Langues grecque et latine.

2. Langue française et langues étrangères.

II. Rhétorique.

III. Poésie.

1. Introduction. — Recueils. — Poètes grecs.

2. Poètes latins.

3. Poètes français.

4. Poètes étrangers.

IV. Poésie dramatique.

1. Histoire générale. — Théâtre grec et latin.

2. Poètes dramatiques français.

3. Poètes dramatiques étrangers.

V. Fictions en prose.

1. Apologues et fables (en prose et en vers).

2. Romans, contes et nouvelles.

VI. Facéties et dissertations singulières.

1. Facéties.

2. Dissertations singulières.

3. Dissertations sur l’amour.

4. Traités sur les femmes et le mariage.

VII. Philologie.

1. Philologues grecs, latins et français.

2. Satires générales ou personnelles.

3. Proverbes, sentences, bons mots et ana.

4. Emblèmes et devises.

VIII. Dialogues et entretiens.

IX. Epistolaires.

X. Polygraphes. — Collections.

Histoire.

I. Introduction. — Géographie et voyages.

II. Chronologie. — Histoire universelle.

III. Histoire ancienne.

1. Histoire de plusieurs peuples anciens.

2. Histoire grecque.

3. Histoire romaine. — Bas-Empire.

IV. Histoire moderne.

Europe.

1. Histoire générale.

2. Histoire de France (avec les nombreuses subdivisions que l’abondance des matières peut comporter).

3. Histoire de la Belgique et de la Hollande.

4. Suisse.

5. Savoie, Italie.

6. Espagne, Portugal.

7. Allemagne.

8. Angleterre, Irlande et Ecosse.

9. Suède, Danemark et Russie.

Asie.

1. Histoire générale. — Terre sainte.

2. Arabie, Perse, Inde, Chine, etc.

Afrique.

Amérique.

1. Histoire générale.

2. Amérique septentrionale.

3. Iles Antilles.

4. Amérique. méridionale.

V. Histoire de la chevalerie et de la noblesse.

1. Chevalerie, duel.

2. Ordres militaires.

3. Histoire de la noblesse.

4. Art du blason, histoire héraldique.

5. Histoire généalogique de la noblesse.

VI. Archéologie.

1. Mœurs et usages des anciens peuples.

2. Traités et descriptions de monuments en tous genres.

VII. Histoire littéraire.

VIII. Paléographie, diplomatique.

IX. Bibliographie.

1. Histoire de l’imprimerie.

2. Traités relatifs à la connaissance des livres et aux bibliothèques en général.

3. Bibliographies spéciales.

4. Bibliographies qui traitent des écrivains de chaque nation.

5. Monographies bibliographiques.

6. Bibliophilie et reliure.

7. Mélanges bibliographiques.

8. Mémoires et notices biographiques se rattachant à la bibliographie.

9. Catalogues des livres manuscrits ou imprimés.

10. Isographie; catalogues d’autographes, de cartes, etc.

X. Biographie.

XI. Mélanges, extraits historiques.

On nous saura peut-être gré de donner maintenant l’ordre des matières du catalogue méthodique proposé par le ministère de l’instruction publique pour le classement des bibliothèques populaires. Le voici tel que nous le trouvons dans une instruction sommaire du 50 décembre 1876:

Répertoire, encyclopédie, et dictionnaires .

1. Théologie. 1° Ouvrages généraux. — 2° Religion chrétienne (2 A. Catholique: 2 B. Réformée). — 5° Religions diverses et mythologies.

2. Philosophie. 1° Ouvrages généraux. — 2° Ouvrages spéciaux. — 3° Morale.

5. Jurisprudence. 1° Ouvrages généraux. — 2° Droit ancien. — 3° Droit moderne (depuis 1789).

4. Sciences économiques. 1° Économie politique (statistique; administration; finances). — 2° Instruction publique (éducation; pédagogie; enseignement).

5. Sciences pédagogiques. 1° Cosmographie. — 2° Géographie. — 3° Ethnographie. — 4° Voyages.

6. Histoire. 1° Ouvrages généraux. — 2° Histoire ancienne à 1789 (2 A. France; 2 B. Etranger). — Histoire pospostérieure à 1789 (5 A. France; 3 B. Étranger). — 4° Histoire des villes de France et archéologie locale. — 5° Documents biographiques (Mémoires autobiographiques; biographies; oraisons funèbres et correspondances originales). — 6° Journaux et revues. — 7° Bibliographie.

Littérature. 1° Ouvrages généraux. — 2° Étude des langues; philologie et grammaire. — 3° Critique et préceptes littéraires. — 4° Poésie. — 5° Romans. — 6° Théâtre.

Mathématiques. 1° Mathématiques pures (Algèbre: calcul différentiel). — 2° Mathématiques appliquées (Géométrie; trigonométrie; mécanique; astronomie; hydrographie).

Physique. 1° Ouvrages généraux. — 2° Ouvrages spéciaux (statistique; optique; chaleur; électricité ; météorologie; télégraphie).

Chimie. 1° Ouvrages généraux. — 2° Ouvrages spéciaux (chimie minérale; chimie organique; chimie médicale; chimie industrielle; chimie agricole).

Sciences militaires. — 1° Ouvrages généraux. — 2° Tactique et stratégie, — 3° Artillerie. — 4° Fortifications. — 5° Marine.

Sciences naturelles. 1° Ouvrages généraux. — 2° Règne animal. — 3° Règne végétal. — 4° Règne minéral. — 5° Géologie et paléontologie.

Sciences médicales. 1° Ouvrages généraux. — 2° Anatomie. — 5° Physiologie. — 4° Hygiène et médecine. — 5° Chirurgie. — 6° Pharmacie. — 7° Art vétérinaire.

Sciences agricoles. 1° Ouvrages généraux. — 2° Ouvrages spéciaux (agriculture; zootechnie; viticulture; horticulture; silviculture, etc.).

Sciences industrielles. 1° Génie civil (ponts-et-chaussées; chemins de fer; constructions navales, etc.). — 2° Arts, métiers et commerce.

Beaux-Arts. 1° Ouvrages généraux et esthétique. — 2° Peinture, sculpture, dessin et gravure. — 3° Archéologie et architecture. — 4° Musique, — 5° Gymnastique, escrime, chasse, équitation et jeux.

Il nous reste à développer le système de J. Ch. Brunet. Ce système, à la fois commode, facile à suivre dans son ensemble et dans ses détails, et se prêtant aisément à tous les besoins, a pour objet, comme on l’a dit, l’arrangement d’une grande bibliothèque, formée sur un plan qui embrasse tous les genres. Il commence par la théologie, c’est-à-dire la science de la divinité, celle qui est la plus élevée dans l’ordre des connaissances humaines. Puis vient la jurisprudence, ou la science du gouvernement des hommes, suite naturelle de la théologie. En troisième lieu, nous trouvons les livres qui traitent des sciences et arts, et qui s’occupent plus spécialement de la satisfaction des besoins des hommes. Après les sciences et arts, les belles-lettres, dont l’objet est la culture de l’esprit. Enfin l’histoire, qui s’adresse plus particulièrement à la mémoire, celle de nos facultés dont le développement est moins indispensable dans le commerce de la vie, et qui est le complément de notre instruction.

Voici la suite des différentes classes du système, avec leurs principales divisions et subdivisions:

Théologie.

I. Ecriture-Sainte.

1. Textes et versions. — 2. Interprètes de l’Ecriture-sainte. — 3. Philologie sacrée.

II. Liturgie.

1. Traité sur les Rites et Cérémonies de l’Eglise, et principalement les Offices divins. — 2. Collections de Liturgies en différentes langues. — 3. Liturgies des Eglises grecques et orientales. — 4. Liturgies de l’Eglise latine . — 5. Liturgies gallicanes. — 6. Liturgie mozarabe, et autres liturgies particulières. — 7. Liturgies anglicanes.

III. Conciles.

1. Traités touchant les conciles et les synodes. — 2. Collections de conciles. — 5. Conciles généraux. — 4. Conciles nationaux, provinciaux et diocésains.

IV. Saints-Pères.

1. Introduction à l’étude des SS. Pères. — 2. Collections, Extraits et Fragments d’ouvrages des SS. Pères. — 3. Ouvrages des SS. Pères grecs. — 4. Ouvrages des SS. Pères latins et de quelques autres écrivains ecclésiastiques. — 5. Ouvrages des SS. Pères arméniens.

V. Théologiens.

1. Théologie scolastique et dogmatique. — 2. Théologie morale. — 5. Théologie catéchétique. — 4. Théologie parénétique, ou Sermons, comprenant aussi les Homélies, les Prônes, etc. — 5. Théologie ascétique ou mystique. — 6. Théologie polémique. — 7. Théologiens chrétiens séparés de l’Eglise romaine.

VI. Opinions singulières.

1. Ochin, Postel, Bruno-Nolano, Beverland, etc. — 2. Illuminés et autres fanatiques.

VII. Religion judaïque.

Doctrine, culte, institutions.

VIII. Religion des peuples orientaux.

(L’histoire du paganisme et celle des religions orientales forment un appendice à l’histoire des religions).

1. Recueil de livres sacrés de différents peuples. — 2. Mahométisme. — 3. Magisme ou religion des anciens Persans; Brahmanisme ou religion des Indiens. — 4. Bouddhisme et Religions de la Chine. 5. Sabéisme, etc.

IX. Appendice à la Théologie.

Ouvrages philosophiques sur la Divinité et sur les cultes religieux.

1. Déistes et incrédules. — 2. Athées.

Jurisprudence.

Introduction (Histoire de la législation et des tribunaux, Etude du droit, Philosophie du droit, Dictionnaires et Traités généraux.

I. Droit de la Nature et des Gens.

1. Traités généraux. — 2. Droit international. — 5. Ouvrages spéciaux qui se rapportent au Droit des Gens.

II. Droit politique.

III. Droit civil et Droit criminel.

1. Généralités. — 2. Droit des anciens peuples autres que les Romains. — 3. Droit romain. — 4. Droit français. — 5. Droit maritime. — 6. Droit étranger.

IV. Droit canonique ou ecclésiastique.

1. Introduction. Traités élémentaires, Dictionnaires, etc. — 2. Lettres des papes, Canons, Décrétales et Bulles. — 3. Traités généraux sur le droit ecclésiastique, Traités particuliers sur les matières canoniques, et Procédure contre les hérétiques. — — 4. Juridictions ecclésiastiques de la cour de Rome. — 5. Traités pour et contre l’autorité ecclésiastique. — 6. Eglise gallicane. — 7. Droit ecclésiastique étranger, et statuts des ordres religieux.

8. Appendice: Droit des Eglises non catholiques.

Sciences et arts.

Introduction et dictionnaires.

I. Sciences philosophiques.

1. Introduction, histoire et dictionnaires. — 2. Philosophie générale et mélanges. — 3. Logique. — 4. Métaphysique. — 5. Morale. — 6. Application de la morale (économie, politique, économie politique avec les applications de cette science à l’économie sociale).

II. Sciences physiques et chimiques.

1. Physique proprement dite. — 2. Chimie.

III. Sciences naturelles.

1. Généralités. — 2. Géologie. — 3. Botanique. — 4. Zoologie, ou histoire naturelle des animaux. — 5. Mélanges d’histoire naturelle et de physique. — 6. Ecarts de la nature; monstres; prodiges. — 7. Cabinets et collections d’histoire naturelle, préparation et conservation des objets. — 8. Appendice de l’histoire naturelle: agriculture et économie rurale.

IV. Sciences médicales.

1. Introduction. — 2. Traités généraux. — 3. Anatomie. — 4. Physiologie. — 5. Hygiène. — 6. Pathologie médicale. — 7. Séméiologie, ou traité sur les signes des maladies. — 8. Spécialités médicales. — 9. Thérapeutique; matière médicale, générale et spéciale. — 10. Médecine légale. — 11. Mélanges et journaux de médecine. — 12. Chirurgie. — 13. Pharmacie et pharmacopée; secrets de médecine. — 14. Médecine vétérinaire, et traités d’hippiatrique.

V. Sciences mathématiques.

1. Généralités. — 2. Mathématiques pures. — 5. Mathématiques appliquées (calcul des probabilités; mécanique; astronomie; optique, dioptrique, catoptrique et perspective; marine; art militaire; génie des ponts-et-chaussées; chemins de fer; canaux).

VI. Appendice aux sciences.

1. Philosophie occulte. Introduction et histoire; dictionnaires (cabale et magie, apparitions, Démons, possessions, exorcismes, sortiléges et choses analogues, divination par les songes, par les lignes de la main, par les cartes). — 2. Alchimie (histoire et collections, alchimistes anciens et modernes, médecine spagyrique et chimique). — 3. Astrologie, prédictions astrologiques et autres pronostications.

VII. Arts.

1. Mnémonique, ou art de la mémoire naturelle et artificielle. — 2. Ecriture et autres moyens de représenter la parole (calligraphie, polygraphie, cryptographie, sténographie, tachéographie, télégraphie, etc.; typographie). — 3. Beaux-arts. Introduction, histoire, dictionnaire, philosophie des beaux-arts; arts du dessin, comprenant le dessin proprement dit, la lithographie, etc.; la photographie, la peinture, la gravure, la sculpture et l’architecture; musique.

VIII. Arts mécaniques et métiers.

1. Dictionnaires et traités généraux, mélanges, expositions de l’industrie. — 2. Pyrotechnie. Art de l’artificier; fonderie; verrerie, etc. — 3. Art de tourner; industries manufacturières; travaux à l’aiguille; métiers. — 4. Traités sur l’art culinaire.

IX. Exercices gymnastiques.

1. Lutte et escrime. — 2. Equitation. — 3. Natation. — 4. Danse. — 5. Chasses et pêche.

X. Jeux divers.

Belles-lettres.

I. Linguistique.

1. — Introduction (rapports de l’écriture avec le langage; origine et formation des langues, étymologie générale; grammaire générale et mélanges de grammaire; comparaison des langues; alphabet, grammaires et vocabulaires polyglottes généraux). 2. Langues européennes anciennes et modernes. — 3. Langues asiatiques. — 4. Langues africaines. — 5. Langues américaines.

II. Rhétorique.

* Rhéteurs

1. Introduction. — 2. Rhéteurs grecs. — 3. Rhéteurs latins anciens, et rhéteurs modernes qui ont écrit en latin. — 4. Rhéteurs français, italiens, espagnols et anglais. — 5. Rhéteurs orientaux.

** Orateurs.

1. Orateurs grecs. — 2. Orateurs latins anciens. — 3. Orateurs modernes qui ont écrit en latin. — 4. Orateurs français, italiens, espagnols et anglais. — 5. Orateurs orientaux.

III. Poésie.

Introduction et traités généraux sur la poésie.

1. Recueils de poésie en différentes langues. — 2. Poëtes grecs. — 3. Poëtes latins. — 4. Poëtes français. — Poëtes étrangers divisés par nations.

III*. Poésie dramatique.

1. Histoire générale des théâtres; écrits pour et contre le théâtre, et traités généraux sur l’art dramatique. — 2. Poëtes dramatiques grecs. — 3. Poëtes dramatiques latins anciens. — 4. Poëtes dramatiques du moyen-âge et des temps modernes qui ont écrit en latin. — 5. Poëtes dramatiques français. — 6. Poëtes dramatiques étrangers divisés par nations.

IV. Fictions en prose.

1. Apologues ou Fables en différentes langues. —

2. Romans, contes et nouvelles.

Appendice au titre IV.

1. Facéties et pièces burlesques. — 2. Dissertations singulières, plaisantes et enjouées.

V. Philologie.

1. Philologie proprement dite. — 2. Satires générales et satires personnelles. — 3. Gnomiques: Sentences, Apophthègmes, Adages, Proverbes. — 4. Bons mots, Ana, Pensées, etc. — 5. Symboles, Emblèmes, Devises et Énigmes.

VI. Dialogues et entretiens.

VII. Epistolaires.

1. Epistolaires grecs. — 2. Epistolaires latins anciens. — 5. Epistolaires modernes qui ont écrit en latin. — 4. Epistolaires français (et autres divisés paf nations).

VIII. Polygraphes.

1. Polygraphes grecs. — 2. Polygraphes latins anciens. — 3. Polygraphes modernes qui ont écrit en latin. — 4. Polygraphes français (et autres divisés par nations).

IX. Collections d’ouvrages et d’extraits de différents auteurs; Recueils de pièces; Mélanges.

1. Collections d’ouvrages anciens en grec et en latin. — 2. Collections d’ouvrages écrits en. latin par des modernes. — 3. Collections et Extraits d’ouvrages français (et autres divisés par nations).

Histoire.

I. Prolégomènes historiques.

1. Traités sur la manière d’écrire et d’étudier l’histoire; Philosophie de l’histoire; Atlas historiques; Dictionnaires. — 2. Géographie. — 2*. Voyages. — 3. Chronologie.

II. Histoire universelle, ancienne et moderne.

1. Anciennes chroniques générales. — 2. Ouvrages sur l’histoire universelle, écrits depuis le commencement du XVIIe siècle. — 3. Traités particuliers relatifs à l’Histoire universelle; Mœurs et Usages.

III. Histoire des Religions et des Superstitions.

1. Histoire générale des Religions (Histoire de l’Eglise chrétienne; Histoire particulière des Hérésies et des Schismes). — 2. Histoire des Religions, seconde partie: Histoire des Religions païennes (le Polythéisme et le Panthéisme) considérées sous le rapport mythologique.

IV. Histoire ancienne.

1. Origine des nations. — 2. Histoire générale et particulière de plusieurs peuples anciens, — 3. Mélanges historiques: Civilisation, Gouvernement, etc. — 4. Histoire des Juifs. — 5. Histoire des Phéniciens, des Babyloniens, des Égyptiens, des Perses et de quelques autres peuples anciens. — 6. Histoire générale et particulière de la Grèce. — 7. Histoire de l’Italie avant les Romains. — 8. Histoire générale et particulière du peuple romain et de ses Empereurs.

IV. Appendice à l’Histoire ancienne.

1. Histoire byzantine ou du Bas-Empire. — 2. Histoire des migrations des Scythes, des Goths, Visigoths, des Huns, des Vandales, etc., et de leurs invasions en Europe pendant les premiers siècles de l’ère chrétienne.

V. Histoire moderne.

Généralités,

* Europe.

1. Histoire de France.

A. Géographie ancienne et moderne; Topographie; Statistique. — B. Histoire celtique et gauloise. — C. Origine des Français; Établissement de la monarchie dans les Gaules. D. Mœurs et Usages; Antiquités et Monuments. — E. Histoire générale sous les trois races des rois de France. — F. Collections de Chroniques et de mémoires historiques. — G. Collections de dissertations particulières; Recueil de Diplômes et de Chartes. — H. Mélanges historiques. I. Ouvrages qui se rapportent à l’Histoire générale de certaines époques. — K. Histoire particulière de la France sous chaque règne. — L. Histoire royale et princière, contenant les origines, les généalogies, titres, prérogatives, etc, des rois; Droits de la couronne sur divers États; Histoire des princes issus du sang royal et celle des reines. — M. Cérémonial français, — N. Mélanges d’Histoire politique et civile de France. — O. Histoire particulière des anciennes provinces et des villes de France.

2. Histoire de la Belgique, contenant les anciennes provinces de Brabant, de Flandre, du Hainaut, de Namur, de Luxembourg, de Limbourg, du pays de Liège, et la Hollande.

2* Histoire de la Belgique, seconde partie; Hollande.

3. Histoire de l’Italie (et des autres pays de l’Europe).

* Mélanges relatifs à l’histoire de l’Asie, de l’Afrique et de l’Amérique, comprenant l’histoire générale des colonies modermes fondées par les Européens.

** Asie.

1. Histoire générale. — 2. Histoire des Arabes et de l’Islamisme. — 3. Histoire des possessions turques en Asie, y compris la Syrie et l’Arménie. — 4. Histoire d’une partie du littoral de la mer Caspienne et des contrées caucasiennes. — 5. Histoire de la Perse, du Caboul, du Turkestan, etc. — 6. Histoire de l’Inde (et des autres pays de l’Asie).

*** Afrique.

1. Histoire générale. — 2. Histoire de l’Egypte et de la Nubie. — 3. Histoire des États barbaresques, y compris l’Algérie. — 4. Histoire des régions centrales, des régions occidentales et des régions orientales de l’Asie.

**** Les deux Amériques.

1. Histoire générale. — 2. Amérique septentrionale. — 3. Les Antilles. — 4. Amérique méridionale.

VI. Paralipomènes historiques.

1. Histoire de la chevalerie et de la noblesse. — 2. Histoire des solennités, pompes et cérémonies publiques. — 3. Archéologie. — 3*. Archéologie, seconde partie: archéographie. — 4. Histoire littéraire. — 5. Biographie, et spécialement la biographie littéraire et celle des artistes. — 6. Bibliographie.

Mélanges et dictionnaires encyclopédiques.

Notice des principaux journaux littéraires, scientifiques et politiques.

1. Journaux français. — 2. Journaux écrits en latin. — 3. Journaux étrangers.

A ces divers systèmes, nous ajouterons le tableau suivant, que nous avons tracé nous-même, nous efforçant de réunir une grande simplicité à une grande clarté dans l’ensemble, et de marquer fortement les grandes lignes, avec la facilité de les diviser et subdiviser suivant les besoins. Ces divisions et subdivisions seront d’ailleurs aisément suggérées par la nature même des documents que l’on aura à classer, et l’on pourra, en tout cas, prendre des modèles dans les systèmes précédents, et surtout dans celui de Brunet.

I. Théologie.

1. Ouvrages généraux. — 2. Religion chrétienne: a. Catholique; b. Réformée et autres cultes dissidents. — 5. Religions diverses et mythologies.

II. Jurisprudence.

1. Ouvrages généraux. — 2. Droit ancien. — 3. Droit moderne: a. Français; b. Étranger.

III. Sciences philosophiques.

1. Ouvrages généraux. — 2. Ouvrages spéciaux. — 5. Morale. — 4. Collections et extraits.

IV. Sciences sociales et économiques.

1. Politique, économie politique et économie sociale. — 2. Instruction publique et éducation.

V. Sciences et arts. — Généralités.

VI. Sciences mathématiques.

1. Généralités et histoire. — 2. Mathématiques pures. — 3. Mathématiques appliquées.

VII. Sciences physiques.

1. Ouvrages généraux. — 2. Ouvrages spéciaux.

VIII. Sciences chimiques.

1. Ouvrages généraux. — 2. Ouvrages spéciaux.

IX. Sciences naturelles.

1. Ouvrages généraux. — 2. Règne animal. — 3. Règne végétal. — 4. Règne minéral. — 5. Géologie et paléontologie.

X. Sciences médicales.

1. Ouvrages généraux. — 2. Anatomie. — 3. Physiologie. — 4. Hygiène et médecine. — 5. Chirurgie. — 6. Pharmacie. — 7. Art vétérinaire.

XI. Sciences agricoles.

1. Ouvrages généraux. — 2. Ouvrages spéciaux.

XII. Sciences industrielles.

1. Génie civil. — 2. Arts, métiers et commerce.

XIII. Sciences militaires.

1. Ouvrages généraux et histoire. — 2. Tactique et stratégie. — 3. Artillerie. — 4. Fortifications. 5. Marine de guerre.

XIV. Beaux-arts.

1. Ouvrages généraux, esthétique et histoire. — 2. Peinture, sculpture, dessin, gravure. — 3. Archéologie et architecture. — 4. Musique. — 5. Gymnastique, escrime, chasse, équitation et jeux.

XV. Linguistique.

1. Généralités. — 2. Langues anciennes. — 3. Langues modernes.

XVI. Rhétorique.

1. Généralités et histoire. — 2. Rhéteurs grecs. — 3. Rhéteurs latins anciens. — 4. Rhéteurs latins modernes. — 5. Rhéteurs modernes. — 6. Orateurs grecs. — 7. Orateurs latins anciens. — 8. Orateurs latins modernes. — 9. Orateurs modernes. — Collections et extraits.

XVII. Poésie.

1. Généralités et histoire. — 2. Poëtes grecs. — 3. Poëtes latins anciens. — 4. Poëtes latins modernes. — 5. Poëtes français. — 6. Poëtes étrangers. — 7. Collections et extraits.

XVIII. Théâtre.

1. Généralités et histoire. — 2. Théâtre grec. — 3. Théâtre latin ancien. — 4. Théâtre latin moderne. — 5. Théâtre français. — 6. Théâtre étranger.

XIX. Fictions en prose.

1. Romans, contes et nouvelles. — 2. Divers.

XX. Philologie.

1. Critique générale. — 2. Critiques anciens. — 3. Critiques latins modernes. — 4. Critiques français. — 5. Critiques étrangers. — 6. Satires, sentences, bons mots, ana, etc.

XXI. Dialogues et entretiens.

XXII. Epistolaires.

1. Anciens. — 2. Latins modernes. — 5. Français. — 4. Étrangers.

XXIII. Polygraphes.

1. Anciens. — 2. Latins modernes. — 5. Français. — 4. Étrangers.

XXIV. Collections, extraits et mélanges.

1. Divers. — 2. Anciens. — 3. Modernes.

XXV. Sciences géographiques.

1. Cosmographie. — 2. Géographie. — 3. Etnographie. — 4. Voyages et marine. — 5. Atlas et cartes.

XXVI. Histoire.

1. Ouvrages généraux et philosophie de l’histoire. — 2. Histoire religieuse. — 5. Histoire ancienne. — 4. Histoire moderne générale. — 5. Histoire moderne avant 89. — a. Généralités. — b. France. — c. Étranger. — 6. Histoire moderne après 89. — a. Généralités. — b. France. — c. Étranger. — 7. Histoire des provinces et villes de France. — 8. Histoire des provinces et villes étrangères. — 9. Histoire littéraire. — 10. Biographie. — 11. Bibliographie. — 12. Journaux et revues. — 13. Mélanges et dictionnaires encyclopédiques.

Nous croyons avoir, par cette réunion de modèles, mis le bibliothécaire suffisamment à même de se déterminer sur le choix d’un système bibliographique. Nous avons développé davantage celui de Brunet, parce qu’il nous semble préférable aux autres, soit dans son ensemble, soit dans ses détails, et nous n’avons donné le nôtre que comme un exemple du parti que l’on peut tirer des richesses mises à notre disposition. Mais il faut enfin nous décider. Soit que nous nous rallions exclusivement à un système, soit que nous empruntions à divers systèmes ce que nous croirons trouver de meilleur en chacun d’eux, il est nécessaire d’en adopter un quelconque. Une fois ce système arrêté, il importe de le mettre en pratique. C’est de quoi nous allons nous occuper maintenant.

Comme le catalogue alphabétique, l’on compend que le catalogue méthodique ou systématique ne peut être exécuté d’une seule suite en l’écrivant sur un registre: on ne peut se faire, dès l’abord, une idée exacte de l’espace qui sera nécessaire pour l’inscription des ouvrages appartenant à chaque classe. Il faudra donc, encore ici, employer le procédé des bulletins ou cartes.

C. — CONFECTION DES CARTES.

Les cartes destinées au catalogue méthodique seront exactement les mêmes que celle du catalogue alphabétique; il n’y a aucune raison de les distinguer, pas même par une simple nuance de teinte: les indications de tête suffiront toujours pour ne pas confondre les unes avec les autres, lors même que pendant le travail de leur confection on viendrait à en mélanger quelques-unes. Et à ce propos, nous observons ici qu’il sera toujours bon, pour simplifier le travail, de mener concurremment les deux séries de cartes: à mesure que les unes et les autres sont faites, on les sépare en tas distincts.

Les indications à faire figurer sur ces nouvelles cartes seront toujours au moins au nombre de sept, savoir: les divisions et les subdivisions auxquelles appartient l’ouvrage, — le titre complet, — le lieu de l’impression, — le nom de l’imprimeur ou celui de l’éditeur, — la date, — le format, — le n° du registre d’entrée-inventaire. Quelquefois, il y aura lieu d’ajouter l’édition, le nombre de volumes et quelques notes bibliographiques, ou bien l’une ou l’autre seulement de ces mentions. Reprenons ces différents points.

A mesure qu’un ouvrage se présentera, on en examinera le titre avec attention, et, au besoin, on cherchera, en parcourant rapidement le livre , à se faire une idée exacte de son contenu, afin de fixer d’une manière judicieuse les division et subdivision dans lesquelles il devra être placé. Cela fait, on inscrira en tête de la carte et à gauche ces division et subdivision, en ayant soin de les écrire d’un caractère assez ferme et de les détacher suffisamment.

Dans l’angle de droite, et en face de l’indication ci-dessus, on notera la date de l’impression de l’ouvrage. Si l’impression a duré plusieurs années, on indique les années extrêmes en les liant par un trait d’union (ainsi: 1842-49). Si l’ouvrage n’est pas daté, on met simplement des guillemets; et si, la date manquant sur le livre, le bibliothécaire la connaît néanmoins, il la met entre parenthèses.

Un peu plus bas, dans le corps de la carte, on inscrit le titre entier du livre (car c’est ici le vrai catalogue) tel qu’on le trouve au frontispice et avec tous ses détails.

Vient ensuite l’indication de l’édition, lorsqu’elle se trouve mentionnée: si elle ne s’y trouve pas, c’est que l’ouvrage à inscrire est de la première; on ne la mentionne pas non plus sur le bulletin.

Après cela, on indique le lieu de l’impression, puis le nom de l’imprimeur ou de l’éditeur. Ces noms doivent se mettre, non pas au nominatif, comme nous avons vu pour le mot d’ordre au catalogue alphabétique, mais au même cas où on les trouve. S’il y a deux noms de lieux d’impression ou de publication ou deux noms d’imprimeurs ou d’éditeurs, on les écrit à la suite l’un de l’autre, en les joignant par un trait d’union. S’il y en a un plus grand nombre, pour éviter de trop longues listes, on peut se contenter de porter les deux premiers, en les faisant suivre de quelques points.

On écrit ensuite de nouveau la date (l’indication portée en tête ne sert qu’à frapper l’œil au moment du classement). A défaut de date indiquée sur le titre, on écrit les lettres s. d., et si néanmoins on la connaît réellement, on la met à la suite entre parenthèses.

On indique alors le nombre de volumes s’il y en a plusieurs, puis le format ; enfin on porte, entre parenthèses et d’une manière bien détachée, le numéro attribué à l’ouvrage sur le registre d’entrée-inventaire.

Tous ces détails deviendront plus saisissants par l’inspection de l’exemple ci-dessous:


A ces indications, il sera quelquefois très-intéressant d’ajouter, en formes de notes, certaines particularités que l’on pourrait connaître sur l’ouvrage ou sur l’auteur. Ces observations, qui devront toujours être faites très-sobrement, et dont le principal mérite sera l’exactitude, sont de nature à donner beaucoup de prix à un catalogue; elles dénotent souvent, de la part du catalogographe, de minutieuses et patientes recherches, et peuvent fournir aux personnes qui consulteront son travail, d’utiles et précieux renseignements. «Ces notes peuvent être de tous genres, dit M. Constantin, pourvu qu’elles se rattachent, d’une manière ou d’une autre, à l’ouvrage dont elles accompagnent le titre; rien n’est exclu: la critique littéraire, l’exécution matérielle, l’histoire, les anecdotes, la biographie tout peut y trouver place. Mais leur rédaction doit être correcte, claire et concise, et n’a pas besoin de cette élégance qui fait le premier mérite d’autres compositions. Un écueil est cependant à éviter: c’est la monotonie inévitable des formules bibliographiques, que la nature du sujet amène continuellement; il est inutile, par la même raison, de surcharger les notes de détails que l’on trouve souvent ailleurs.» Nous ajouterons qu’un autre écueil serait de vouloir annoter tous ou presque tous les ouvrages que l’on aurait à inscrire: il ne faut annoter ainsi que ceux pour lesquels il y a un véritable intérêt à le faire; car on s’exposerait à grossir de cette façon le catalogue dans des proportions excessives, en même temps qu’on s’imposerait un travail la plupart du temps inutile.

Tous ces détails concernant la confection de la carte du catalogue méthodique nous semblent faciles à saisir. Toutefois nous croyons utile d’ajouter quelques mots sur le point spécial de la transcription du titre.

Pour le catalogue méthodique, avons-nous dit, on inscrit le titre entier du livre, tel qu’on le trouve au frontispice et avec tous ses détails. Cette formule est, en effet, fort générale.

D’abord, il peut se rencontrer dans le titre certaines adjonctions qui n’en font pas réellement partie; par exemple, cette mention: Ouvrage adopté par le conseil supérieur de l’instruction publique, ou bien celle-ci: Ouvrage couronné par l’académie de...., ou encore cette autre: Extrait des mémoires de la société de... Il est bien évident que ces sortes de mentions ne font pas partie intégrante du titre. Qu’un ouvrage ait été couronné par un académie ou une société littéraire ou scientifique, cela peut être une preuve qu’il n’est pas sans mérite, mais n’ajoute rien à l’idée qu’on peut se faire de son contenu. Il pourra être bon d’en faire l’objet d’une note spéciale à placer à la suite de l’énoncé général; mais il sera toujours utile de l’en distinguer.

Il y a encore des ouvrages dont les titres proprement dits sont démesurément longs; ils donnent des nomenclatures presque complètes de toutes les matières traitées au cours du livre. Le respect de la fidélité ne doit pourtant point aller jusqu’à nous faire reproduire tous ces détails: il suffit alors d’énoncer la partie essentielle et de reproduire les points les plus saillants: tout au plus pourrait-on indiquer par quelques points qu’il y a certaines parties élaguées.

Enfin il peut arriver que plusieurs ouvrages absolument distincts, et appartenant même à des auteurs différents, se trouvent réunis dans le même volume. Cette circonstance peut se présenter en particulier dans ce que nous avons appelé plus haut écrits académiques (Programmata, series, etc.) , et aussi dans ces volumes où l’on relie ensemble plusieurs pièces de médiocre étendue, soit pour en rendre la conservation plus facile, soit par un esprit d’économie mal entendu . Dans ce cas, il faut faire une carte spéciale pour chaque ouvrage, comme si le volume ne renfermait que celui-là, en plaçant chaque carte à son rang dans le système adopté, avec le numéro d’ordre donné originairement au volume. Quant à ce volume lui-même, il serait bon de placer en tête le titre sommaire des différents ouvrages qu’il contient, en les disposant dans l’ordre où ils se suivent.

D. CLASSEMENT DES CARTES.

Nous avons transcrit sur des fiches ou cartes séparées, et de la manière exposée ci-dessus, les titres, non pas de tous les ouvrages de la bibliothèque, mais au moins d’un certain nombre; il s’agit maintenant de ranger toutes ces copies dans l’ordre du système adopté. Les indications qui se détachent en tête de chaque carte nous serviront pour cela. Voici comment nous procéderons, et d’une manière analogue à celle suivie par le catalogue alphabétique.

Nous ferons d’abord autant de paquets que nous trouverons dé grandes classes, c’est-à-dire que nous en ferons un pour la théologie, un pour la jurisprudence, un pour les sciences philosophiques, etc., comme nous avons fait, dans le catalogue alphabétique, pour les 25 lettres de l’alphabet. Prenant ensuite chaque paquet, nous le partagerons suivant les subdivisions indiquées. Si, pour quelques parties, eu égard à la richesse du fonds que nous avions à cataloguer, nous avons cru devoir pousser plus loin notre classification, nous en tiendrons également compte dans notre travail de classement.

Arrivés à ce point, nous avons donc une série de paquets; mais, dans chaque subdivision, les cartes n’occupent pas encore respectivement entre elles leur rang définitif. Pour cela, une dernière opération est nécessaire. Il faut reprendre chaque paquet, et placer toutes les cartes qui le composent par ordre de dates. Voilà pourquoi nous avons détaché cette date au haut de chaque carte et à droite.

Mais il peut arriver encore que, dans la même catégorie, nous trouvions plusieurs ouvrages ayant la même date. Dans ce cas, attachons-nous à l’ordre alphabétique des noms d’auteurs, qu’il sera facile de déterminer suivant les principes établis plus haut. C’est pourquoi il sera bon, dans la copie de chaque carte, de forcer un peu l’écriture en transcrivant les noms des auteurs, afin que cette écriture un peu plus grosse frappe l’œil aussitôt.

Cette marche, observée avec soin pour le classement des cartes déjà faites, il sera facile, à mesure qu’on avancera dans le travail des copies de titres, d’intercaler les nouvelles faites à la fin de chaque journée, ou après quelques jours si l’on veut.

E. MODE DE CONSERVATION DES CARTES.

En ce qui concerne la conservation des cartes du catalogue méthodique, nous n’avons pas à répéter ce qui a été dit plus haut en parlant du catalogue alphabétique. Le plus simple est d’employer le même système de boites, que nous disposerons de la même façon, et au bas desquelles nous adapterons des tringles du même genre pour retenir les cartes. Nous n’avons donc ici qu’a renvoyer aux développements donnés plus haut, p. 47 et suiv. Nous nous contenterons seulement, pour éviter toute confusion, de coller, en avant de chaque boîte, une bande de papier où sera écrite en caractères assez gros cette mention: Catalogue méthodique — Classe I à..... De plus, au milieu des séries de cartes et pour faire la séparation des classes, ou pourrait avoir de petites planchettes d’environ 5 millimètres d’épaisseur et de la grandeur des cartes, lesquelles porteraient sur leur bord supérieur et visible l’indication de la classe dont la série commence, absolument comme nous avons fait pour la séparation des lettres de l’alphabet, dans le catalogue alphabétique. Pour séparer les subdivisions, il suffirait de cartes de quelques millimètres plus hautes que les autres et d’une autre couleur: au bord supérieur, on indiquerait la subdivision. De cette manière, on éviterait tout embarras pour les recherches et pour les intercalations à faire dans la suite.

F. TRANSCRIPTION SUR UN REGISTRE SPÉCIAL.

Comme le catalogue alphabétique, le catalogue méthodique devra aussi être transcrit sur un registre spécial: c’est le seul moyen de le mettre utilement à la disposition des travailleurs. Chacune des pages de ce catalogue devra être divisée en huit colonnes, dont la première, la plus large, recevra la copie entière du titre. Viendront ensuite des colonnes plus ou moins larges, où l’on inscrira: 1° l’édition; 2° le lieu de l’impression et le nom de l’imprimeur ou de l’éditeur; 3° la date; 4° le nombre de volumes; 5° le format; 6° les annotations particulières; 7° le numéro du registre d’entrée-inventaire. En outre, en tête de chaque page, on aura bien soin d’inscrire exactement les différentes divisions et subdivisions du système adopté. Nous prenons pour exemple l’ouvrage indiqué ci-dessus de A. F. Ozanam, Les Germains avant le christianisme.

Histoire moderne. — Généralités.


Contrairement à ce que nous avons fait pour le catalogue alphabétique, nous ne laisserons point ici d’espace entre chaque article, ni de page blanche, pour les intercalations à venir. Comme, suivant l’importance de la bibliothèque, nous avons dû, en adoptant un système de classification, faire des divisions et subdivisions assez nombreuses pour éviter l’encombrement et la confusion, il nous suffira de laisser, après chaque subdivision, un certain nombre de pages en blanc pour y inscrire, à la suite de leurs classes respectives, les ouvrages acquis postérieurement. Peut-être en résultera-t-il quelques interversions de dates; mais elles seront, en tout cas, assez rares, et elles ne briseront pas l’enchaînement du système. Dans un catalogue alphabétique, en effet, si tel nom ne se trouve pas à telle place, ni plus bas ni plus haut, c’est, en supposant que le catalogue soit bien fait, qu’il ne s’y trouve pas du tout. Dans un catalogue méthodique, au contraire, peu importe qu’un ouvrage soit placé avant ou après tel autre, pourvu, s’il doit se trouver dans la même classe, qu’il s’y trouve en effet. Tout au plus pourrait-il y avoir cet inconvénient que, plusieurs ouvrages d’un auteur figurant à tel endroit, il s’en trouve un autre du même auteur beaucoup plus loin. Mais alors, il suffirait d’un simple renvoi mis dans la colonne des observations. D’ailleurs, si plus tard on fait imprimer le catalogue, ce qui serait fort souhaitable , on pourra toujours rétablir cette harmonie, dont l’absence se faisait à peine sentir.

Au lieu de prendre, pour la transcription des cartes du catalogue méthodique (et cette observation peut s’appliquer également au catalogue alphabétique), un registre relié d’avance, et qu’il ne serait pas toujours facile de distribuer convenablement, on peut se servir de simples feuilles, ou du moins de cahiers contenant un certain nombre de feuilles tracées comme nous l’avons dit. Lorsqu’on a ainsi transcrit par parties séparées les différentes divisions et subdivisions du catalogue, on fait relier le tout, en ménageant, aux endroits voulus, le nombre de. pages blanches nécessaire. Ce procédé aurait cet avantage que le travail de transcription pourrait être fait par plusieurs personnes concurremment, et l’on gagnerait ainsi un temps précieux. Car, il ne faut pas se le dissimuler, une seule personne obligée de copier le catalogue d’une bibliothèque tant soit peu importante, devra consacrer bien des veilles à ce labeur, et pendant ce temps le service de la bibliothèque sera toujours plus difficile, par cela même que l’on n’aura pas encore à sa disposition ce fil conducteur du bibliothécaire et des travailleurs. C’est pourquoi l’on doit autant que possible se hâter, afin d’arriver aussi tôt qu’on le pourra à l’achèvement d’un travail si utile.

Pour rendre encore plus faciles les recherches sur le catalogue méthodique, il serait bon d’ajouter à la fin du registre une table générale des différentes divisions et subdivisions du système adopté. Tout l’ensemble des matières étant ainsi représenté en quelques pages, on s’éviterait souvent la peine d’en feuilleter un grand nombre pour trouver la classe que l’on cherche.

§ IV. Concordance des trois parties du catalogue.

Ce que nous avons dit précédemment nous permettra d’être ici assez bref.

D’abord, il est évident que le catalogue a pour objet de permettre de trouver facilement un livre que l’on cherche. C’est pour cela qu’à chaque ouvrage est attribué un numéro spécial, reproduit an registre d’entrée-inventaire, au catalogue alphabétique et au catalogue méthodique. De plus, les ouvrages étant placés sur les rayons dans l’ordre de ces numéros, la recherche est des plus aisées.

Le registre d’entrée-inventaire, divisé, comme nous l’avons dit, en trois volumes, pour en rendre le maniement plus facile, porte tous les numéros dans leur suite naturelle. Ce registre permettra de se faire une idée exacte de l’importance de la bibliothèque, et en même temps d’opérer sans peine des récolements périodiques propres à assurer la conservation du fonds confié aux soins du bibliothécaire.

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Türler ve etiketler

Yaş sınırı:
0+
Litres'teki yayın tarihi:
15 ocak 2025
Hacim:
459 s. 99 illüstrasyon
ISBN:
4064066336059
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Telif hakkı:
Bookwire
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