Kitabı oku: «Choisie par le ma_le Alpha Coffret»
Choisie par le mâle Alpha Coffret
Table des matières
Bulletin française
Loup garous
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Prise par la meute
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Possédée par le loup
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Sauvée par le mâle Alpha
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
À tout jamais avec le Loup
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Destinée au Loup
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Du même auteur
Also by Kayla Gabriel
ÀPROPOS DE L'AUTEUR
Bulletin française
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Loup garous
Copyright © 2020 par Kayla Gabriel
Tous droits réservés. Aucune partie de ce livre ne peut être reproduite ou transmise sous quelque forme que ce soit ou de quelque manière, électrique, digitale ou mécanique. Cela comprend mais n’est pas limité à la photocopie, l’enregistrement, le scannage ou tout type de stockage de données et de système de recherche sans l’accord écrit et expresse de l’auteure.
Publié par Kayla Gabriel
Loup garous
Crédit pour les Images/Photo : Nirkri; Deposit Photos: cristovao, dsom
Note de l’éditeur :
Ce livre a été écrit pour un public adulte. Ce livre peut contenir des scènes de sexe explicite. Les activités sexuelles inclues dans ce livre sont strictement des fantaisies destinées à des adultes et toute activité ou risque pris par les personnages fictifs dans cette histoire ne sont ni approuvés ni encouragés par l’auteur ou l’éditeur.
1
En contemplant les derniers rayons rouge orangé du soleil couchant sur Atlanta, Lucas Kiern ne put retenir le frisson qui lui parcourut l’échine en regardant par les baies vitrées de six mètres de haut de son immense bureau à Luna Corp. La couleur rouge ne quittait plus son esprit ces derniers temps.
Et ce n’était pas le rouge rosé tombant du ciel comme ce soir, alors que le soleil se couchait, non. C’était un rouge beaucoup plus vif, un cuivré ardent qui occupait toutes ses pensées et s’infiltrait même au seuil de sa conscience quand il essayait de dormir. Une couleur riche, douce, chaude, joliment relevée par d’éblouissants yeux bleu saphir, une peau de lait et des taches de rousseur parsemées sur un petit nez mutin.
Le loup en lui remua, luttant pour refaire surface. Une sensation de chaleur explosa dans sa poitrine et les murs lambrissés de teck de son bureau lui parurent tout à coup étouffants. Lucas n’eut même pas besoin de jeter un œil au calendrier pour comprendre son état.
Sans y faire attention, il enleva sa veste et sa cravate de chez Kiton, les jeta sur son bureau et se prit la tête dans les mains avant de s’appuyer contre la fenêtre. Les lumières s’allumaient une à une à travers la ville et, dans l’obscurité grandissante, il pouvait discerner à la fois le paysage nocturne à l’extérieur et une image floue de lui-même, reflétée par la vitre.
Rien de surprenant à ce qu’il mesure plus d’un mètre quatre-vingt-dix, tout en muscle. Il était après tout, le spécimen parfait du loup garou. Grand sans être imposant, les membres longs et rapides. Les hommes comme lui avaient combattus dans les rangs des Vikings, des Spartiates, des Highlanders.
Avalant sa salive, Lucas dégrafa d’un coup sec les premiers boutons de sa chemise, se donnant plus de place pour respirer. Il pouvait presque sentir les murs se resserrer autour de lui. Ou peut-être était-ce ses ancêtres Berserk qui le regardaient et le jugeaient de leurs places d’honneur, là-haut, au Walhalla. Eux, qui avaient été à la tête d’escadrilles, de flottes entières, avaient gagné des guerres, écrasé leurs ennemis. La vie de Lucas, par contre, n’aurait pas pu être plus différente, ses guerres à lui, il les livrait dans des salles de conférences, ses navires étaient des systèmes informatiques complexes et ses ennemis, des innovateurs japonais qu’il admirait et avec lesquels il pactisait parfois. Ses ancêtres auraient sûrement été écœurés par son style de vie devenu si paisible et raffiné.
Clignant des yeux, Lucas reporta encore une fois son attention sa réflexion dans la vitre. Des cheveux blonds ondulés, bien coupés. Un peu plus longs sur le devant, là où ils bouclaient, barrés d’une mèche grise très visible sur la tempe, que les femmes semblaient admirer. Loin de le vieillir, elle donnait à l’acier de ses yeux un éclat orageux. Sa peau était bronzée, de la tête aux pieds, quelle que soit la saison. Des dents, si blanches et si bien alignées, que personne n’aurait pu se douter qu’elles se transformaient en crocs féroces sous l’influence nacrée de la pleine lune.
Un grognement s’échappa de sa poitrine et le prit par surprise. Son visage, la source de tellement de plaisir et de désir de la part de ses partenaires n’était pas son ami ce soir. Se fixer plus longtemps n’allait en rien l’aider à remplir le gouffre de désir qui s’était ouvert en lui.
Repoussant la vitre, il retourna vers son bureau et s’assit sur le bord. Faisant tomber sa veste et sa cravate sur le sol, il dégagea le dossier bleu clair qui se trouvait dessous et s’en saisit une nouvelle fois. En soupirant, il le contempla, puis glissa un doigt sous la couverture, faisant défiler son contenu lentement devant ses yeux affamés.
Aurélia Gilson, lut-il. Ses yeux parcoururent la page, relisant encore une fois les informations, les statistiques et les faits désormais familiers qui décrivaient la femme devenue son obsession.
Date de naissance : 1982. Age : 31. Lieu de naissance : Austin, Texas. Famille : Frère, Edgar Gilson, résident actuellement à San Francisco, Californie. Éducation : Institut de Technologie du Massachusetts (MIT), Deuxième et troisième cycle en informatique et en linguistique informatique. Recherchée par : Interpol, CIA, FBI, la Police de Dubaï, des Émirats Arabes Unis, de Nouvelle-Zélande, de France, de Norvège, de Namibie, de Côte D’Ivoire, d’Italie, d’Angleterre et de Grèce. Prime : 1,5 Million de dollars. Résidence actuelle : Inconnue. Vue la dernière fois : Nuit du hack, Convention de hackers, 25 juin 2012.
Tournant la dernière page du dossier, Lucas parcourut la liste des crimes pour lesquels Aurélia était recherchée, ce que son détective privé avait appelé « un casier judiciaire d’un bon kilomètre de long ». Elle avait piraté, craqué, hacké, phreaké, phishé, pharmé… et avait réussi à s’introduire dans la communauté des hackers d’élite dès le jeune âge de quinze ans. Et à peine le double plus tard, elle avait été prise la main dans le sac, tous ses crimes avaient été révélés au grand jour et son identité dévoilée à un bon nombre d’agences de sécurité gouvernementales. Ce ne fut qu’une question de temps avant que la pauvre fille ne soit bannie de tous les lieux technophiles du monde civilisé.
Tournant une autre page, il tomba sur une carte. Une carte du sri Lanka pour être précis, ornée d’un gros cercle rouge encerclant Colombo, la capitale commerciale du pays. Le lieu de résidence actuel d’Aurélia si l’on en croyait le détective.
Incapable de contenir son désir plus longtemps, il tourna une autre page. Une pile épaisse de photos sur papier brillant l’y attendait.
Dans l’ordre chronologique. D’abord, des photos d’enfance et d’adolescence, avec son frère, sa seule famille encore vivante. Puis à l’université, des photos d’elle posant à côté de ses camarades, sur le campus du MIT. Et juste après, ses préférées. Aurélia, cette coquine avait fait des photos de strip-tease très explicites pour ce qui semblait être une fête sur le thème des Suicide Girls. Ses cheveux de feu remontés sur la nuque, elle ne portait qu’une culotte blanche sur ses longues jambes fuselées et un t-shirt de base-ball jaune, et fixait l’objectif de ses magnifiques yeux bleus en faisant la moue.
Au fil des photos, le t-shirt remontait pour révéler un ventre plat, puis finissait par terre, exposant des seins aux tétons dressés. Ensuite, Aurélia retirait sa culotte pour révéler les courbes de son fessier. De dos, les jambes écartées, puis elle roulait pour se retrouver alanguie face à l’appareil photo, ouvrant les cuisses pour révéler…
Et c’était tout, enragea Lucas. Il avait passé un coup de fil et acheté tout le dossier d’opération dans l’espoir de récupérer des photos supplémentaires qu’ils se seraient gardées, pour leur usage personnel. Il avait ensuite demandé à son enquêteur de retrouver le photographe et avait fait fouiller son studio à la recherche des négatifs. Il devait y en avoir d’autres, pour satisfaire sa curiosité.
Non, il en avait été frustré, c’était insupportable. Il bandait maintenant, douloureux de désir, son corps hurlant de laisser son imagination prendre le relais. Il ne le ferait pas, bien entendu.
Non, non. Lucas était le PDG de l’une des entreprises informatiques les plus puissantes du monde, un loup garou, un alpha agressif, un compétiteur acharné qui obtenait toujours ce qu’il voulait, quand il le voulait. Et là, il voulait Aurélia.
S’élançant en avant, il appuya sur le bouton de l’interphone.
« Leila ! aboya-t-il.
— O-oui, M. Kiern ? Vous avez besoin de moi dans votre bureau ? » répondit-elle immédiatement, d’une voix de gorge, pleine de promesses. Sa secrétaire, une petite louve fougueuse satisfaisait ses appétits charnels et défendait son bureau avec autant d’ardeur.
« Non, pas maintenant. J’ai besoin de Walker et de Ben. Fais-les venir dans mon bureau, s’il te plait, demanda-t-il en adoucissant un peu le ton.
— Oui, monsieur, » répondit-elle, de nouveau professionnelle. Il aimait beaucoup ce trait de caractère chez Leila, vraiment.
Quelques minutes plus tard, Walker Black et Ben Fincher entrèrent dans son bureau, la curiosité se lisant sur leurs traits.
« Asseyez-vous, je vous prie. » Lucas leur désigna les sièges et étudia les deux mâles en face de lui, alors qu’ils se laissaient tomber dans les chaises faisant face à son bureau.
Une fois Leila les avait appelés les « serre-livres », tant Walker et Ben flanquaient souvent Lucas lors des réunions, des voyages et autres événements importants. Les deux étaient très différents et ne ressemblaient pas non plus à Lucas, ce qui en faisait une équipe puissante.
Walker était légèrement plus grand que Lucas, les cheveux d’un beau brun acajou et les yeux bruns perçants. Il était plus musculeux que la normale pour un loup et intimidait souvent les humains jusqu’à la terreur. Il parlait peu, mais tout ce qui sortait de sa bouche était empreint d’un grand sérieux. Si Lucas était l’alpha de la meute, Walker était clairement le beta, son soutien principal. Il était le Directeur de l’exploitation de Luna Corp et un élément essentiel au bon fonctionnement de la structure. Son loup était un immense loup rouge qui reflétait à la perfection sa personnalité directe et sérieuse.
Ben, d’un autre côté mesurait quelques centimètres de moins que Lucas et Walker. Il avait les cheveux noirs et de grands yeux bleus qui le faisait paraître beaucoup plus jeune que ses trente-trois ans. Il était plus mince et plus fin que Lucas et aussi plus rapide sous sa forme humaine aussi bien que de loup. Ben était un ingénieur occupant le poste de directeur technique pour Luna Corp, il était plus doux et faisait preuve de plus de compassion que Lucas ou Walker. Il était plus humain en somme et fournissait l’équilibre nécessaire à leur équipe. Son loup rapide et enjoué avait un pelage d’un beau noir d’encre et séduisait facilement les femelles.
« Alors ? demanda Walker, arrachant Lucas à ses pensées.
— J’ai pris ma décision. À propos de la fille. Je veux que ce soit elle la première femelle qu’on fera venir dans le complexe. »
Un regard contrarié passa entre Ben et Walker.
« Un problème ? » demanda Lucas en croisant les bras et en se renversant dans son siège.
Il aurait pensé que Ben se chargerait d’expliquer avec tact leur problème, mais Walker le prit de cours et commença à parler.
« Nous ne comprenons pas pourquoi tu fais ça. Tu es riche, tu es jeune, tu es beau. Les femelles se jettent littéralement à tes pieds pour être tes compagnes.
— La plupart seraient heureuses avec bien moins, l’interrompit Ben. Pourquoi n’en choisis-tu pas une parmi celles-là, tu la garderais pendant un moment et tu en changerais ensuite, non ? C’est ce que tous les autres font. Ce concept que tu nous as présenté, cette espèce de harem…
— Harem ? » répéta Lucas, faisant rouler le mot sur sa langue. Des femmes incroyables, triées sur le volet, toutes à la disposition du trio à la tête de Luna Corp., se soumettant à leurs désirs et gardant leurs secrets… « Peut-être est-ce le mot adéquat, oui, admit Lucas en hochant la tête.
C’est un concept étrange tout de même, » objecta Walker, d’un ton maussade. Toujours celui qui voyait le côté pratique.
Lucas soupira. Il savait que ce n’allait pas être une conversation de tout repos, même si ces deux mâles étaient les deux personnes qui le connaissaient le mieux au monde.
« Il y a dix ans, je vous ai réunis tous les deux dans un café pour vous annoncer que je souhaiter créer une entreprise d’informatique. Je voulais construire quelque chose qui nous apporte une stabilité financière, créer des produits dans lesquels nous aurions pu croire et une structure qui nous donnerait la possibilité de fuir ce monde quand nous en aurions besoin, pour laisser nos loups être libres. Quelle a été votre réponse à l’époque ? demanda Lucas.
Walker et Ben se regardèrent.
« Nous étions sceptiques, admit Walker.
— Oui, et peut-être à raison. Mais nous avons travaillé et transformé notre petit programme informatique de départ en quelque chose que nous avons pu décliner en dizaines de produits différents que nous vendons désormais à travers le monde. J’ai eu la vision, vous aviez les compétences et nous avons travaillé d’arrache-pied. Et ça a payé, au centuple.
— C’est pour ça qu’on devrait en profiter maintenant, non ? demanda Ben en penchant la tête sur le côté.
— Je n’aurais pas voulu d’un travail coincé dans un bureau, qui me force à faire le même trajet tous les jours pour venir pointer. Je voulais de l’excellence et ensemble nous y sommes parvenus. Désormais, je suis satisfait de ma vie professionnelle et je voudrais maintenant travailler sur ma vie privée. Et je n’attends rien de moins que l’excellence dans ce domaine également. Il y a beaucoup de louves dans le monde, mais je veux les meilleures. Les plus intelligentes, les plus belles, celles qui pourront nous donner autant que ce que nous leur offriront. »
Walker et Ben le regardaient et l’écoutaient en silence.
« Nous n’avons plus vingt ans. Nous sommes riches, nous avons réussi et nous sommes encore dans la fleur de l’âge, continua-t-il. Il est temps de penser à vivre une vie épanouie en dehors du travail. J’ai personnellement prévu de choisir une femelle pour le harem avec laquelle je m’accouplerai, que je respecterai et à laquelle je ferai suffisamment confiance pour élever ensemble ma descendance. Je n’attends rien de moins de vous deux.
Ben eut l’air un peu surpris, mais l’expression impassible de Walker demeura inchangée.
« Tu veux qu’on se partage toutes les femelles ? demanda Walker. Les loups ne partagent gère d’habitude. Que ce soit la nourriture, les femelles, les territoire…
— Ça dépendra de chaque femme. Je les laisserai faire leur choix au final, mais je pense que ça sera aussi déterminé par notre propre niveau d’intérêt et de désir. Quand je sélectionnerai une femelle pour engendrer je m’assurerai d’être son seul et unique compagnon.
— Et si nous en choisissons tous une seule, qu’adviendra-t-il des autres ? demanda Ben.
— Nous nous en occuperons financièrement et essaierons de leur trouver des mâles acceptables si c’est ce qu’elles souhaitent, » continua Lucas.
Ben, resta silencieux un long moment, puis se mit à ricaner.
« Tu trouves ça amusant, demanda Lucas en arquant un sourcil.
— Et bien, oui, plutôt, c’est comme si on mettait en place notre propre agence matrimoniale, répondit-il.
— Tu as une meilleure idée ? À moins que tu n’aies prévu de rester éternellement célibataire ? Ou encore de passer le reste de ta vie à sortir avec des humaines en leur cachant ta vraie nature de loup ? le titilla Lucas.
— Non, Ben se renfrogna et se renfonça dans sa chaise avec un froncement de sourcil.
— Ou peut-être pourrions-nous tout simplement nous en passer, comme certains loups le font ? suggéra Lucas en dévisageant Walker.
— Je ne fais pas confiance aux femelles, dit Walker en haussant les épaules.
— C’est toute la beauté de la chose expliqua Lucas. Il y aura un contrat spécifiant que les femelles doivent vivre selon nos termes et protéger nos identités. En échange, elles recevront une compensation financière et notre protection. Si elles rompent le contrat, nous les renverrons directement dans les problèmes desquels nous les avons sortis. »
Ben et Walker échangèrent un regard, pas encore convaincus par l’idée.
« Ça ressemble un peu à… commença Ben avant de s’interrompre.
— Du sexe tarifé… finit Walker sans se démonter.
— Je ne prévois pas d’inclure le sexe dans le contrat, seulement la compagnie. Je suppose que nous sommes tous les trois capables de nous servir de nos physiques et de notre charme ainsi que de l’aura de nos loups dominants à notre avantage. Le contrat sera là pour régler les détails et assurer notre sécurité. »
Walker se détendit visiblement et Ben hocha la tête. Lucas vit qu’il les avait fait plier.
Il se leva, parcourut le dossier devant lui du bout des doigts jusqu’à tomber sur une photo d’Aurélia habillée. En la tendant à Walker, il continua :
« Cette femelle dispose d’un esprit exceptionnel. Elle est belle. Et je ne doute pas qu’elle soit vive d’esprit. Et heureusement pour nous, elle est dans les problèmes jusqu’au cou. Il y a des douzaines d’autres femmes dans des situations similaires et plus encore que nous n’avons pas encore découvertes. Je veux que l’on s’occupe en premier d’Aurélia, car son cas est urgent.
Les mâles hochèrent la tête et Lucas senti ses épaules s’alléger d’un poids. Se saisissant de son téléphone, il envoya un message à son équipe sur le terrain, leur disant de continuer selon le plan.
Reportant les yeux sur ses deux meilleurs amis et partenaires en affaire, Lucas sourit.
« Ils nous retrouvent au complexe dans deux jours. Je suggère que nous partions en avance pour tout préparer.
— Ok, on est parti, dit Ben, l’excitation commençant à poindre dans sa voix. »
Walker se leva alors que Lucas s’approchais de lui et lui tendit la main. Ils se serrèrent la main dans un accord silencieux, mais puissant.
Se penchant sur son bureau, Lucas appuya sur le bouton de l’interphone.
« Leila, appela-t-il. Fais préparer l’hélicoptère. Walker et Ben m’accompagnent au chalet. Nous serons absents plusieurs jours. »
Sans attendre la réponse, il se saisit de sa veste et sortit du bureau en tête.
2
Un grognement s’échappa du museau de Lucas, alors que ses pattes tambourinaient sur l’épais tapis d’aiguilles de pin de la forêt, à toute vitesse, en rythme avec son cœur. Le loup massif de Ben courrait quelques mètres sur sa droite et le loup fauve de Walker, sur sa gauche. Ben s’élança soudain en avant, arrachant des grognements de la part de Lucas et Walker. Pourtant, il prit la tête sans effort, se lançant dans une pointe de vitesse et de puissance alors que les arbres s’éclaircissaient autour d’eux pour faire place à la colline ondoyante sur laquelle était construite leur maison.
Arrivé à la moitié du jardin, Ben ralentit, Lucas et Walker l’imitèrent. Puis, ils s’arrêtèrent tous les trois et s’assirent, la langue pendante.
Lucas se prit à se demander pourquoi ils ne passaient pas tous leurs week-ends ici, dans ce chalet. Ou, devait-on plutôt dire, dans ce complexe tentaculaire, niché à environ trente minutes de route d’Asheville, sur la Blue Ridge Parkway, en Caroline du nord. Avec ses collines couvertes de pins majestueux qui s’étendaient à perte de vue, ses ruisseaux d’eau cristalline et ses humains peu nombreux et très éloignés les uns des autres… ça ressemblait à un vrai paradis pour les loups.
La maison en elle-même était incroyable, tout en bois de cèdre et baies vitrées qui semblaient monter jusqu’au ciel, les six-cent cinquante mètres carrés du chalet s’étendaient sur trois niveaux et semblaient pourtant ridicules par rapport aux imposantes statures des pins majestueux à l’extérieur. Lucas avait fait installer une piscine ainsi qu’une grotte, comme un clin d’œil au génie d’Hugh Hefner.
Lucas se leva en baillant et secoua sa fourrure avant de se retransformer.
« Je suis affamé, » dit Ben et montant les marches du porche, sans nullement se préoccuper de sa nudité. Il se dirigea directement vers la cuisine ouverte en granit et inox et commença à farfouiller dans le frigo en quête de nourriture.
« Tu pourrais pas te mettre un pantalon sur le cul avant de toucher à la bouffe, non ? grogna Walker.
— T’es juste dégoûté que je te batte de ce côté-là, avoue… et aussi que je t’aie battu à la course, hein ? » le taquina Ben en sortant du frigo de quoi se faire un sandwich et en jetant le tout sur le comptoir.
Lucas ramassa ses vêtements gisants sur le sol, à l’endroit exact où il les avait jetés. Il était vêtu de manière décontractée aujourd’hui, d’un jean et d’une chemise à carreaux grise que les femmes semblaient apprécier. Il ne portait pas de chaussures, car les loups étaient relativement insensibles à quelques graviers ou bouts de bois sous la plante de leurs pieds.
« Si tu fais des sandwiches, fais-en un paquet, dit Lucas à Ben. Et ne lésine pas sur la viande, évidement. »
Ben renifla, mais se mit au travail, et quelques minutes plus tard, ils étaient tous les trois habillés et confortablement installés dans leur tanière surdimensionnée, un sandwich à la main. Ben, de loin le plus domestiqué des trois, avait même apporté des assiettes, des bières et des serviettes. Ils se régalèrent en silence.
Alors que Lucas finissait son sandwich, son téléphone sonna. Une fois. Deux fois. Puis trois.
« Merde, ça doit être notre homme, » dit-il en se remettant debout d’un bond et attrapant l’appareil posé sur le comptoir de la cuisine. La sonnerie s’arrêta et il fronça les sourcils. Quand il se retourna, il vit deux visages aux expressions moqueuses qui le regardaient.
« Quoi ? demanda-t-il en se renfrognant.
— Quelqu’un est excité, à ce que je vois, lança Walker.
— Si cette femelle apprenait ne serait-ce qu’une fraction de ce que Lucas a fait pour la retrouver, elle bondirait, ajouta Ben en riant.
— Ou pire. Elle le mènerait par le bout du nez. Lucas serait son toutou, » dit Walker avec un sourire éblouissant. L’idée lui faisait manifestement plaisir.
« Vos gueules. Je suis en manque. Elle est chaude, voilà, tout est dit. De plus, elle ne saura que ce que je voudrais bien lui dire, parce que vous allez fermer vos grandes gueules quand je lui parlerais. C’est bien clair ? leur dit Lucas en les fixant d’un regard dur.
— Il va tout de même falloir faire les présentations, dit Ben en souriant. Si elle est si exceptionnelle et tout ça. Et que nous sommes supposés avoir nos chances nous aussi.
— Je dis juste que c’est moi qui passe en premier. Ensuite on verra comment ça se passe, d’accord ? »
Ben leva les yeux au ciel, mais hocha la tête et Walker haussa à peine les épaules. Sans surprise, Walker acceptait l’idée, mais n’était pas vraiment partant. Lucas attendait avec impatience de trouver une femelle pour le harem qui mettrait Walker sur le cul. Et on verrait bien alors lequel des deux ferait le plus le malin.
Le bruit du gravier crissant sous les pneus d’une voiture à l’extérieur attira son attention et Lucas se dirigea vers la porte. Ben et Walker sur ses talons, tous les deux curieux, en dépit de ce qu’ils avaient dit.
Ouvrant la porte en verre, Lucas s’avança sous le porche pour saluer ses visiteurs. Ébloui par la lumière crue de cette matinée, il abrita ses yeux d’une main en regardant plusieurs mâles humains de grande taille sortir de la voiture. Il avait été contraint de louer les services d’une équipe d’humains, ne voulant pas prendre le risque de confier une femelle aussi désirable qu’Aurélia à d’autres loups.
L’un d’entre eux ouvrit la porte arrière et fit des signes impatients à la personne assise à l’intérieur. Lucas passa un long moment à observer la porte, la respiration bloquée dans la gorge.
Finalement, deux longues jambes en émergèrent, suivies par un torse aux courbes parfaites. Enfin, la masse de cheveux rouge feu d’Aurélia apparut, jetant des reflets de miel au soleil. Elle portait un short en jean coupé court, des bottes de cow-boy rouge et un t-shirt jaune transparent. De grosses lunettes noires mangeaient son visage, mais sa forme en cœur et son petit nez retroussé restaient parfaitement visibles. Ainsi que ses lèvres pleines et roses, certaines d’enflammer tout ce qu’elles toucheraient.
Elle regardait désormais vers le porche, prenant sa mesure. Tout autour de lui disparut, les arbres et les montagnes s’obscurcirent. Ses lèvres s’incurvèrent en un sourire coquin, provoquant.
Lucas avala sa salive et passa ses mains sur l’avant de sa chemise, l’excitation faisant bouillir son sang. Elle était là, il n’avait plus qu’à la convaincre et elle se retrouverait sous lui. Il s’enfouirait au plus profond d’elle, pour satisfaire le désir féroce et sauvage qui l’affligeait. Elle lui appartiendrait et il la baiserait aussi souvent qu’il le désirerait.
Son loup s’éveilla, excité par la perspective de posséder Aurélia.
Elle monta les marches, ses bottes de cow-boy mettant en valeur la blancheur de ses jambes nues. Deux des humains la suivirent portant une valise élimée remplie de ce qui semblait être ses objets personnels.
« Aurélia, » dit Lucas en baissant le regard sur elle. Il aimait le son de son prénom dans sa bouche.
Elle s’arrêta, les jambes écartées et carra les épaules. Enlevant ses lunettes de soleil elle le jaugea d’un air sévère.
« C’est à cause de toi que je suis ici ? » demanda-t-elle sans élever la voix. Elle n’avait pas le doux accent qu’il aurait espéré d’une fille venant du Texas. Mais, et c’était très surprennent, sa voix était très fortement teintée par l’accent Néo-Zélandais.
« Oui, répondit Lucas.
— Ces hommes m’ont attrapée en pleine rue. Ils n’ont pas voulu me dire où ils m’emmenaient, ni pourquoi. Ça fait trente-six heures et aucun d’entre eux ne m’a encore parlé. Ils se sont bornés à répéter que c’était Lucas Kiern qui les avaient envoyés.
— Ils t’on bien traitée, j’espère ? demanda-t-il en faisant glisser son regard sur le chef du groupe.
— Nous l’avons interceptée en pleine rue, juste avant que quatre hommes armés ne lui tombent dessus. Nous les avons vu la suivre et l’embusquer dans un coin, nous avons agi car il était devenu évident qu’elle était à court d’options, expliqua l’homme en haussant les épaules.
— Ils ont été brutaux, dit-elle, la colère se lisant sur ses traits.
— Ils ont fait ce pourquoi ils ont été payés, » répondit Lucas. Il regarda les hommes et leur fit signe qu’il n’avait plus besoin de leurs services.
Aurélia se retourna et fit les gros yeux alors que les hommes remontaient dans leur voiture et partaient.
« C’est tout ? demanda-t-elle. Ils me déposent juste ici, sans savoir ce qui va m’arriver ?
— Tu fais plus confiance à un groupe d’humains qu’à ceux de ta propre race ? demanda Walker d’un air choqué.
— Oh, il parle ! dit Aurélia en battant des mains. Vous êtes qui vous deux, hein ? Les betas ?
— Nous ne sommes pas une meute, contra Ben.
— Oh, vous êtes des loups solitaires qui traînent ensemble alors. Bien sûr, quelle bonne idée. De mieux en mieux, cracha-t-elle.
— Aurélia, voici Ben et Walker. Nous nous connaissons depuis très longtemps, » expliqua Lucas.
Aurélia croisa les bras et bascula une hanche sur le côté. Ce mouvement fit sourire Lucas, de la pure texane pensa-t-il.
— Et donc ? Pourquoi je suis là moi ? demanda-t-elle, le visage dur.
— Entre une minute à l’intérieur d’abord. Walker et Ben vont repartir dans leurs quartiers et nous allons parler toi et moi, lui dit Lucas. » Il n’attendit pas qu’elle obéisse et se tourna pour repousser ses amis vers l’intérieur du bâtiment. Comme il l’avait prédit, ils se dirigèrent chacun vers leurs suites. Lucas ouvrit la voie jusqu’à la tanière.
« Tu as faim ? Soif ? demanda-t-il pour s’assurer qu’elle se sente à l’aise.
— Non, répondit-elle brusquement.
— Assieds-toi, » proposa-t-il en lui désignant un canapé de cuir noir. Elle le regarda puis s’assit dans un coin. Lucas lui laissa de la place pour respirer et s’assit à l’autre bout. Depuis qu’ils étaient rentrés à l’intérieur, il ne pouvait faire autrement que sentir son odeur. Sous les odeurs d’humains et de kérosène de son voyage, il percevait des notes d’hibiscus et de verveine émaner de sa peau. Son loup jappait à l’intérieur, ne rêvant que de respirer plus profondément cette odeur, de s’en approcher encore d’avantage.
Elle se tortilla, mal à l’aise, en regardant la maison autour d’elle, lui rappelant qu’il devait lui fournir une explication avant qu’elle n’essaie de s’enfuir.
« J’ai une proposition à te faire, dit-il, allant droit au but.
— Une proposition ? » demanda-t-elle en reportant son regard azur sur lui. De près, il pouvait voir que ses yeux contenaient comme des éclats de brun cuivré qui s’accordaient merveilleusement aux boucles cascadant sur ses épaules.
« Une liberté relative et le retour aux Etats-Unis, » expliqua-t-il.
Un éclair de surprise passa sur ses traits. Mais elle le maîtrisa instantanément. Il était impressionné par son contrôle d’elle-même.
« Je suis aux États-Unis en ce moment même, n’est-ce pas ? répondit-elle. Quelque part sur la côte est, je dirais.
— En Caroline du nord, oui, concéda-t-il. Mais ce n’est pas ce que je voulais dire. Je propose une solution permanente à ton problème.
— Mon problème ? Et que crois-tu savoir de moi ou de mes problèmes ? »
Lucas s’arrêta, essayant de choisir les mots justes.
« Je sais que tu es en cavale. Traquée par des agences gouvernementales, de grandes entreprises… tu t’es fait beaucoup d’ennemis et maintenant que tu es en position de faiblesse, ils viennent tous pour s’en prendre à toi. L’un d’entre eux va bien finir par t’attraper, te faire très mal et te refourguer ensuite au plus offrant.
— Je ne suis pas faible ! cracha-t-elle, bondissant sur ses pieds. Je me débrouille très bien toute seule. »
Elle croisa les bras et parcouru la tanière, puis revint sur ses pas. Faire les cent pas semblait l’aider à contrôler sa colère.
« L’humain ne mentait pas. Tu étais probablement sur le point d’être capturée quand ils te sont tombés dessus. Tu t’es bien débrouillé jusqu’à présent, ça oui. Te cacher dans une grande ville d’un pays du tiers monde, qui en plus, est connu pour être un paradis pour les hackers. C’était finement joué. Mais il y a trop d’argent en jeu, ta tête est mise à prix et peu importe ton intelligence ou ta vitesse, tu ne pourras pas fuir éternellement. Il y a trop d’argent sur la table, expliqua Lucas.
— Et donc c’est ça, hein ? Tu es un chasseur de prime qui s’en prend à sa propre race ? demanda-t-elle sans le regarder alors qu’elle continuait à marcher. Tu vas me livrer et t’arranger pour que ma peine soit radoucie ou un truc du genre ?
— Non. Ça n’arrangerait en rien tes problèmes. Si tu te rends au procureur général des Etats-Unis, en demandant une réduction de peine, il devra en discuter avec les plaignants et ils voudront sans aucun doute que tu fasses de la prison. Je pense que ce serait gâcher ton talent, sans parler de ta beauté. »
Elle s’arrêta enfin, ses yeux se reportant sur lui.
« Ma beauté ? Tu me dragues là, ou quoi ? demanda-t-elle interloquée.
— En quelque sorte, je l’admets. Je t’ai cherchée. Je t’ai observée, j’ai creusé dans ton passé. Je suis intéressé par toi Aurélia. Pour plusieurs raisons, mais disons que le fait que tu sois de ma race et infiniment désirable… t’as fait rapidement parvenir au sommet de ma liste.
— Et qui es-tu pour faire des listes de ce genre et te permettre de me faire des propositions, demanda-t-elle.
— Je suis le PDG de Luna Corp, » répondit-il. Comme il s’y attendait, elle sut instantanément de quoi il parlait. Et malgré elle, un sourire s’épanouit sur ses lèvres.
« Je savais que Luna Corp était dirigé par des loups, » dit-elle, ravie de s’accorder cette petite victoire. Mais son sourire s’évanouit rapidement.
« Donc tu es le PDG. Quel est le rapport avec moi ?
— Comme tu dois le savoir, Luna Corp. est dans une phase d’expansion exponentielle depuis quelques années. Nous avons atteint le stade où nous générons plus d’argent que nous ne pourrons en dépenser et même que les enfants de nos enfants ne pourront en dépenser et nous nous ennuyons. Seuls. Entourés d’humains, séparés des autres loups. Nous essayons de changer ça.
— Nous ? Qui nous ?
— Je suis l’instigateur principal, on va dire, mais Ben et Walker ont le même genre de vie que moi et sont tout aussi isolés. Nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes.
— Il y a des milliers de loups aux U.S.A, tu n’aurais qu’à aller à New York, faire passer le mot. Tu y trouverais probablement des centaines de femelles prêtes à se jeter à tes pieds, ne rêvant que de ton style de vie. Mais moi…je suis en chemin pour l’Inde. Je suis recherchée, comme tu le sais déjà. Pourquoi me vouloir moi ?
— Comme je te l’ai dit, pour tes talents, ta beauté.
— Balance alors, dit-elle, c’est quoi ton offre ? »
Lucas hocha la tête et se lécha les lèvres.
« Je te veux. Ici, chez moi. Dans mon lit. Je veux te proposer un ensemble de contrats. Dont un pour tes talents d’informaticienne. Travaille avec Ben, aide-nous à concevoir de nouveaux programmes. Un pour être ma maîtresse, ou l’une d’entre elles. J’ai prévu d’offrir ce genre de contrats à plusieurs femelles, des propositions qui les tireront de l’embarras et m’impliqueront moi, ou un autre mâle du groupe. Nous ne serons pas exclusifs, à moins que ça devienne un choix réciproque.
— Tu me partagerais avec eux ? Ils auront aussi le droit de me faire ce qu’ils veulent quand ils le veulent ? demanda-t-elle choquée, mais curieuse.
— Tu pourras partager ton corps avec eux, ou non. Libre à toi. La seule chose stipulée dans ton contrat est que si tu choisis de rester avec moi, j’aurais le droit de te séduire.
— Et qu’est-ce que j’y gagne moi dans tout ça ?
— Je m’assurerais de faire annuler tous les contrats qui pèsent sur ta tête et que tous ceux à ta recherche reçoivent des compensations pour cesser leurs poursuites. Tu seras libre de vivre aux États-Unis après la fin de notre contrat. Sans passer par la case prison. Et durant le temps que nous passerons ensemble, tu pourras avoir pratiquement tout ce que tu désires. Des vêtements, des bijoux, des soins au spa, tout. Mais aussi, des machines high-techs à ton entière disposition. J’imagine que ça a dû te manquer.
Aurélia l’étudia en retournant s’asseoir sur le canapé.
« Et si je refuse ? Si je reprends ma valise et que je fous le camp d’ici ? » demanda-t-elle en penchant la tête sur le côté.
Lucas sortit son téléphone de sa poche. Après avoir fait défiler des photos, il lui en montra une. Il y avait des douzaines de photos de son frère, de sa belle-sœur et de leurs enfants.
Aurélia inspira brutalement, la colère montant en elle si rapidement que son loup la sentit aussitôt.
« Tu oses menacer ma famille ? » cracha-t-elle en désignant le téléphone. La photo qui s’y affichait montrait son frère, Edgar tenant sa plus jeune fille dans ses bras.
« Non, nous nous sommes mal compris. J’ai récupéré ces photos sur l’ordinateur portable d’un des agents de la police de Dubaï. »
La colère d’Aurélia s’apaisa légèrement et elle se mordit la lèvre.
« Je croyais avoir brouillé les pistes. J’ai passé des mois à effacer toutes les preuves numériques qui auraient pu attester que nous nous soyons ne serait-ce que rencontrés, murmura-t-elle en passant le doigt sur l’écran pour faire défiler les photos.
— Malheureusement, c’est un ingénieur employé par une entreprise à la pointe de la technologie, lui aussi et il ne cache pas votre lien de parenté. De plus, il n’arrête pas de parler de toi, en mentionnant ton nom complet… tu ne peux pas le protéger, expliqua Lucas d’un ton doux.
— Donc, si je dis non, tu leur livres mon frère ? demanda-t-elle, de la tristesse dans la voix.
— Non, absolument pas, répondit-il en se rapprochant. Il posa deux doigts sous son menton et inclina sa tête vers lui jusqu’à croiser son regard.
— Disons que tu acceptes et que tes dettes sont payées. C’est ce que je propose de faire, ça et aussi assurer la protection permanente de ton frère et de sa famille. Pour tout le temps que tu resteras avec moi, il sera protégé de tous ceux qui voudraient passer par lui pour s’en prendre à toi.
Les lèvres d’Aurélia tressautèrent, et ses mains tremblèrent quand elle reposa le téléphone sur le canapé.
— Aurais-je la possibilité de lui parler ? demanda-t-elle.
— Il pourra venir te rendre visite ici, oui. Quand ton contrat sera terminé, tu pourras acheter une maison près de chez lui si c’est ce que tu veux. »
Aurélia se recula et posa l’arrière de sa main sur son œil. Elle fit passer ses mains dans ses cheveux encore tout emmêlés du voyage, pris une grande inspiration et se redressa. Lucas sourit presque en la regardant s’aligner physiquement avec la décision qu’elle était en train de prendre.
Leurs regards se croisèrent à nouveau et elle lui tendit la main.
« J’accepte, » dit-elle d’une voix résolue.
Lucas serra sa main, appréciant sa poigne ferme. Toucher Aurélia fit affleurer son loup, fiévreusement intéressé par la femelle éblouissante assise à ses côtés.
« Dans ce cas, » répondit-il. Il relâcha sa main et s’approcha près d’elle pour inhaler son odeur. Il pouvait sentir sa louve, son excitation et sa tension augmenter, les battements de son cœur à proximité.
Relâchant sa respiration il soupira.
« Je dois admettre que mon loup t’apprécie déjà, » dit-il avec un sourire.
Aurélia lui répondit d’un sourire carnassier et Lucas réalisa à quel point elle avait l’air fatiguée et stressée.
« Bien. Voilà ce que nous allons faire, dit-il, reprenant le contrôle de la situation. Je vais te montrer ta chambre et je ferai porter tes bagages. Je t’apporterai aussi de quoi manger et les contrats. Tu pourras dormir. Ou prendre un bain si tu veux. Libre à toi. Je te laisse le temps de lire les contrats et si tu as des questions… ajouta-t-il, secouant la main et laissant la fin de sa phrase en suspens.
— Très bien, répondit Aurélia, la fatigue se lisant sur ses traits.
— Laisse-moi te conduire à tes appartements, » dit-il. Il se leva et lui tendit la main. Elle la prit et il l’aida à se remettre debout. Mais, au lieu de la relâcher, il entrecroisa ses doigts dans les siens et la tira à sa suite vers l’arrière de la maison.
La guidant dans les escaliers, il la conduisit à l’étage qui se séparait en deux couloirs.
« Toi et moi avons tout ce côté, expliqua-t-il. Ma chambre est tout au bout. Il y a des salles de bains privatives et des salons pour chaque chambre, en enfilade. La première porte est celle de ta chambre. »
Il s’arrêta et porta la main d’Aurélia à ses lèvres pour y poser un léger baiser.
« Je te laisse, tes affaires seront dans ton salon dans quelques minutes, dit-il.
— J-je ne sais pas comment te remercier, » dit Aurélia. Son odeur et le doux accent de sa voix lui donnèrent l’impression de recevoir un coup de poing dans l’estomac.
« Tu trouveras bien un moyen, la taquina-t-il en secouant la tête. Repose-toi pour l’instant. Et reviens me voir quand tu seras prête. »
Sur ces mots, il la laissa devant sa porte. Ce fut très difficile pour lui de s’éloigner d’elle sans essayer de lui voler un baiser, mais Lucas était dans le monde des affaires depuis bien trop longtemps pour ne pas savoir quand se retirer et laisser du temps à l’autre partie. Il voulait Aurélia, mais plus encore, il voulait que ce soit elle qui vienne à lui. Désormais, il n’avait plus qu’à patienter… et peut-être aller courir ou faire quelques longueurs dans la piscine. Pour faire baisser la température.
Lucas gloussa tout seul en redescendant les escaliers.
3
Aurélia n’en revenait pas. Après que Lucas l’eut laissée devant la porte de sa nouvelle chambre, elle l’ouvrit et faillit perdre la tête. La pièce était absolument magnifique, la partie basse des murs était recouverte de papier peint crème aux motifs de branchages et la partie haute d’une impression délicate de fleurs de cerisiers. Le plancher était différent de celui qui décorait le reste de la maison, ici, le sol était recouvert de chêne finement poli. Un imposant lit à baldaquin blanc dominait la chambre, décoré de gaze blanche et de rideaux pastel. Une coiffeuse ainsi qu’une armoire assortie, décoraient l’un des angles de la pièce, un beau bureau en chêne occupait le mur central et les autres n’étaient pratiquement que baies vitrées, plaisamment protégées de voilages blancs.
Pendant une bonne minute, Aurélia resta dans l’embrasure de la porte, la bouche ouverte. Si elle avait dû faire un collage de la chambre parfaite, découpée depuis une centaine de magazines de décoration intérieure, elle n’aurait pas pu faire mieux que celle dans laquelle elle se tenait actuellement.
Elle entra, refermant la porte, et la bouche, et se concentra sur les détails. Une machine à écrire contenant une feuille de papier vierge était posée sur le bureau, n’attendant que ses mots. Des fleurs de cerisiers et des orchidées décoraient la coiffeuse. Un divan crème était disposé devant la fenêtre. Sur la table de chevet, plusieurs bouteilles d’eau étaient mises à rafraîchir dans un seau à champagne en argent et quand elle s’en approcha, elle réalisa qu’il s’agissait en plus de sa marque préférée.
Ouvrant l’armoire en grand, elle se rendit compte qu’elle était remplie vêtements de tous les styles possibles et imaginables. Sur la coiffeuse, quelques produits de maquillage qu’elle aimait utiliser, son parfum favori…
Elle s’immobilisa. Examinant la coiffeuse plus attentivement, elle se saisit d’une vieille carte décolorée qui avait été coincée dans l’encadrement du miroir. Elle n’avait pas besoin de lire ce qu’il y avait d’écrit, elle le savait déjà.
« T’es trop belle, ma belle ! » était écrit au dos de la carte de son écriture ronde d’adolescente.
Comment Lucas avait-il pu se procurer quelque chose qu’elle avait possédé dans sa famille d’accueil préférée, plus de dix ans auparavant ?
Repositionnant la carte précautionneusement, Aurélia se recula et se dirigea vers le lit. Elle y grimpa et se laissa tomber dessus la tête la première.
Des douzaines, ou peut-être des milliers d’émotions différentes envahissaient son esprit. Tension, soulagement, peur, épuisement, gratitude, émerveillement… tout se mêlait dans sa tête et l’étourdissait. Fermant les yeux avec force elle prit une grande inspiration.
Non, elle n’allait pas pouvoir s’en empêcher. Les larmes commencèrent à couler et elle se retrouva rapidement à renifler. Ensuite, elle eut le hoquet. Puis, elle pleura à chaudes larmes, à bout de souffle, prise en otage par son cœur qui avait trop souffert du mal du pays.
La carte avait été la goutte de trop. Aurélia pleura et pleura, expulsant jusqu’à la dernière goutte la résistance, la colère, la peur et la tension qu’elle gardait au plus profond d’elle-même, en même temps que ses larmes douces amères. Ses pleurs s’apaisant peu à peu, elle prit conscience que quelqu’un s’était donné beaucoup de mal, juste pour elle…
Elle n’eut ensuite aucun mal à tomber dans un sommeil profond.
4
Douze heures plus tard, Aurélia émergea enfin de sa chambre. Elle avait pris le temps d’explorer le reste de sa suite et y avait trouvé un petit salon absolument exquis où était posé un service à thé ainsi qu’une sonnette, bien qu’elle ne fut pas certaine qu’il y eut des domestiques. Puis elle découvrit la salle de bains carrelée d’un blanc immaculé et ornée d’une immense baignoire sur pieds. Tous ses produits de soins préférés, tout ce qu’elle n’avait pas réussi à se procurer en Inde ou en Nouvelle Zélande était là, pour elle.
Elle s’était fait couler un super bain moussant, avait pris soin de chaque centimètre carré de sa peau, de ses cheveux, s’était verni les ongles des pieds…
Puis, elle avait été refaire une tour dans sa nouvelle garde-robe. Elle ne pensait pas avoir le temps de tout regarder en une fois et avait prévu de prendre ce qui lui tomberait sous la main… sauf que la première tenue qu’elle attrapa, s’était révélée être une magnifique robe de soirée de chez Christian Siriano. Elle la remit donc en place. La deuxième chose qui lui tomba sous la main fut une longue robe sans manche couleur pêche clair, joliment cintrée à la taille, qui cascadait jusqu’à ses pieds. La doublure était si douce qu’elle en soupira d’aise en la faisant glisser sur son corps.
Elle laissa ses cheveux longs sécher naturellement et renonça à se maquiller ou à se parfumer. Elle prit plaisir à se sentir ainsi, naturelle et détendue et décida de ne pas non plus mettre de chaussures. Les hommes étaient pieds nus quand elle les avait vus et elle avait apprécié. C’était moins prétentieux.
S’approchant du bureau, elle se saisit de la pile de papiers imprimés qui l’attendait. Elle tira la chaise et s’assit, parcourant la première page du contrat.
Elle n’était pas sûre de savoir à quoi s’attendre. Lucas était un homme d’affaires, il aurait peut-être mis à plat les détails de ce qu’elle devrait lui faire : la fréquence des actes sexuels, l’obéissance absolue, l’obligation de se pomponner à toute heure.
Au lieu de cela, les termes étaient clairs et simples. Le contrat listait leur nom ainsi que leur lieu de résidence. Il stipulait qu’Aurélia s’engageait à offrir de la compagnie à Lucas pour une période d’un an et qu’en échange, il s’engageait à alléger ses ennuis judiciaires et lui fournirait une généreuse rétribution financière qui la laisserait avec au minimum 250 000 dollars à la fin de leur contrat. Aurélia dû regarder les chiffres plusieurs fois, avant de bien les intégrer. 250 000 dollars, c’était une belle somme.
Au bas de la page, deux lignes pour les signatures et la date. La première ligne était déjà ornée de la signature élégante de Lucas.
Fronçant les sourcils, Aurélia tourna la page. Elle était vierge.
« C’est tout ? » demanda-t-elle à haute voix.
Elle se saisit du joli stylo à plume disposé sur le bureau à son attention et soupira. À quoi ça lui servirait d’attendre, hein ?
Elle déboucha le stylo et signa le contrat. Un nœud d’anxiété commença se former dans son estomac, mais elle le repoussa. Reposant le stylo sans cérémonie, elle se recula du bureau et se leva. Il était temps d’aller voir Lucas et de lui fournir la compagnie qui lui vaudrait sa subsistance.
Aurélia se dirigea vers le rez-de-chaussée, tenant précautionneusement l’ourlet de sa robe tout en descendant les marches. Elle était légèrement trop longue et cette imperfection allégea le poids, sinon oppressant, de l’hospitalité de Lucas.
Une fois parvenue au bas des marches, elle intercepta une bribe de conversation.
« …sais même pas si elle est encore en vie à ce moment précis, était en train de dire Ben.
— Moi je pense qu’elle se porte très bien, au contraire, » dit Lucas en se retournant vers elle. Elle n’avait fait aucun bruit et pourtant, il avait senti sa présence.
L’homme qui lui avait été présenté sous le nom de Walker, semblait prêt à se reculer pour lui laisser la place d’approcher, mais elle lui fit un signe de la main.
« Je vais bien, pas besoin de bouger, dit-elle, s’approchant du canapé où les hommes étaient affalés.
— J’espère que tu as bien dormi ? s’enquit Lucas. Je vois que tu as trouvé les vêtements que j’ai mis à ta disposition. »
Aurélia rougit, passant ses mains sur l’avant de sa robe.
« Oui, merci.
— T’es vraiment très jolie, » s’exclama Ben, devenant lui aussi rouge tout d’un coup. Il se passa une main dans les cheveux, gêné.
« Merci, » répondit-elle, en le gratifiant d’un beau sourire. Ben était adorable, plus fin et moins coincé que les deux autres. Son jean délavé, son t-shirt orné d’un groupe de musique, ses cheveux brun sombre qui lui barraient le front et son sourire timide… oh oui, c’était un geek bien sexy celui-là.
« Jolie, » oui, lança Walker.
Il regarda ensuite Ben en fronçant sérieusement les sourcils. Walker était immense, le plus grand des trois. Des cheveux noisette, coupés court et des yeux marron foncé qui ne comportaient pourtant aucune trace de colère. Il se déplaçait avec une grande assurance et était extrêmement intimidant, mais Aurélia sentait également qu’il y avait quelque chose de profondément blessé en lui. Cet homme souffrait et aucun de ses deux amis ne semblaient s’en rendre compte.
« Les gars ? dit Lucas, pour recentrer leur attention.
— On mange ? demanda Walker sans cérémonie.
— Oh que oui, admit Aurélia. J’aurais bien dormi un jour de plus, mais je me suis réveillée affamée.
— Poulet grillé, asperges et courge butternut, » dit Walker. Il était manifestement du genre direct.
« Ça m’a l’air excellent, » répondit Aurélia.
Walker se dirigea vers leur magnifique cuisine et commença à lui préparer une assiette. Aurélia s’avança pour le suivre, mais Lucas secoua la tête.
« Joins-toi à nous, plutôt suggéra-t-il. Dis simplement à Ben ce que tu aimerais boire.
— Nous avons des jus de fruit frais, ton eau en bouteille préférée, de la bière, des sodas… proposa Ben.
— Je prendrais bien un jus. Vous avez du jus de pomme ? demanda-t-elle.
— Absolument et il est troooop bon en plus, » répondit Ben avec un enthousiasme sincère et communicatif. Aurélia lui sourit, incapable de s’en empêcher. Elle remarqua le regard que Lucas lança à son compagnon, mais ne s’en préoccupa pas.
Quelques minutes plus tard, elle était assise devant un plateau de nourriture, un grand verre de jus de pomme glacé et le trio d’hommes qui la dévorait des yeux alors qu’elle s’apprêtait à manger son repas. Elle les regarda en retour, se mordant la lèvre alors qu’elle jouait avec sa fourchette.
« Euh… dites, on ne pourrait pas allumer la télé, ou quelque chose d’autre ? » demanda-t-elle hésitante.
Ben se mit à rire et Lucas acquiesça. Ils trouvèrent la télécommande et bientôt, une rediffusion du Daily Show fut projetée sur l’immense écran de la tanière. Walker s’absorba dans l’émission télévisée et Lucas et Ben firent un effort pour détourner un peu leur attention d’elle pour lui permettre de se détendre un peu.
Aurélia mangea avec soulagement et trouva le repas excellent.
« C’est vous qui avez préparé tout ça ? demanda-t-elle. C’est délicieux.
— C’est Ben, dit Lucas en haussant les épaules, c’est un très bon cuisinier. »
Ben rougit à nouveau en inclinant la tête.
« J’aime manger et j’aime regarder les gens manger ce que j’ai préparé. Je trouve ça satisfaisant, dit-il.
— Et bien, c’était très bon, merci. J’aimerais pouvoir en manger plus, mais je risquerais d’exploser et d’abîmer cette si jolie robe, » taquina-t-elle.
Ben eut l’air enthousiasmé et Aurélia sourit pour elle-même, au moins en avait-elle gagné un à sa cause. Il débarrassa son plateau et posa le jus sur la table basse.
Alors que Ben était occupé et Walker absorbé par l’émission de télévision, elle pencha la tête pour regarder Lucas.
« Tu me fais visiter l’arrière de la maison ? » suggéra-t-elle en inclinant la tête vers les portes en verre.
Lucas lui sourit de toutes ses dents et se leva en lui offrant sa main. Quand elle posa sa main dans la sienne, une explosion de chaleur se répandit dans son corps, comme la première fois qu’ils s’étaient touchés.
Elle pouvait sentir son regard alors qu’il l’escortait vers l’extérieur, mais elle préféra garder les yeux baissés. Elle avait besoin de temps pour se remettre les idées en place et savoir quoi lui dire ensuite. Les mots étaient la seule chose qu’elle pouvait lui offrir pour l’instant.
Levant les yeux, elle marcha vers la balustrade en cèdre et admira la vue. La forêt les cernait de toute part, riche verdoyante et si attrayante pour sa louve. Le terrain s’inclinait en pente douce d’un côté de la maison et se transformait d’un coup en ravin abrupt pour révéler des montagnes d’une beauté à couper le souffle.
« Nous sommes sur la Blue Ridge Parkway, » expliqua Lucas en posant un coude sur la balustrade à côté d’elle et en lui jetant un regard attentif. Prenant sa mesure, essayant peut-être de voir si elle allait essayer de s’enfuir.
Aurélia n’avait pas prévu de s’échapper, pas d’un endroit comme celui-ci. Et même si ç’avait été le cas, elle n’avait nulle part où aller.
« C’est magnifique, » commenta-t-elle, gardant les yeux sur le paysage. Elle n’était pas encore prête à regarder Lucas, l’homme qui avait fait tout ça pour elle. Celui qui l’avait sauvée d’un destin terrible pour la plonger dans un rêve.
« Je pensais que ce serait une toile de fond adaptée à une femme aussi belle que toi, » dit-il.
Se mordant la lèvre, Aurélia s’autorisa enfin à le regarder. Grand, musclé mais sans excès, sa peau bronzée témoignait de ses fréquentes sorties à l’extérieur. Il avait de très beaux cheveux blonds bouclés, barrés d’une mèche claire, des yeux argentés et des lèvres plus qu’appétissantes. Son sourire, qui s’élargissait sous son regard admiratif, était démoniaque et lui fit battre le cœur un petit peu plus vite.
« Je vais t’embrasser, » la prévint-il en s’approchant, plus près.
Aurélia se gela sur place, les lèvres ouvertes, cherchant désespérément la réponse appropriée à lui fournir. Un instant plus tard, ça n’avait plus d’importance. Une explosion de chaleur fit fondre sa réticence, la sensation submergea tout son corps alors qu’il lui soulevait le menton de sa grande main. Utilisant son pouce, Lucas lui orienta la tête parfaitement pour venir poser légèrement ses lèvres sur les siennes. Un autre contact et elle laissa échapper un petit gémissement.
Lucas baissa ses mains sur sa taille et la plaqua contre son corps tendu.
« Embrasse-moi, » demanda-t-il.
Levant les yeux vers lui, elle prit une décision. Elle leva les bras, glissa les mains sur ses épaules et entrecroisa ses doigts derrière sa nuque. Laissant tomber la tête en arrière, elle lui offrit sa bouche.
Les mains serrées sur ses hanches, il trouva sa bouche de la sienne une fois de plus. Cette fois, le baiser fut plus ferme, plus insistant. La louve d’Aurélia pouvait sentir le loup de Lucas, son désir de la dominer qu’il réussissait pour l’instant à maîtriser. Elle frissonna, anticipant la suite avec impatience.
Elle sentait Lucas si chaud et si dur collé contre elle, ses baisers se faisant de plus en plus insistants. Il la mordillait, la léchait, lui faisant peu à peu ouvrir la bouche et causant un afflux de chaleur dans le bas de son corps, une sensation d’une intensité à laquelle elle ne s’attendait pas. Ses mains agrippées à ses hanches, glissèrent pour lui empoigner les fesses.
Il la souleva et l’adossa contre la rude balustrade en cèdre, la manipulant comme si elle ne pesait rien. Ses yeux se baisèrent et elle soupira contre lui. Il se positionna différemment contre elle, ses caresses devenant de plus en plus assurées. Il rompit le baiser, se recula, parcourut son corps des yeux et s’arrêta sur ses seins qui tendaient l’encolure de sa robe.
Lucas leva la main pour lui caresser la poitrine et elle manqua une respiration. Il ne s’arrêta pas et mis sa main sur son sein pour caresser son téton soudainement sensible, elle laissa échapper un léger grognement. Il remonta ses mains jusqu’à ses clavicules et caressa son cou. Elle laissa aller sa tête en arrière, savourant ses caresses. Sa main s’attarda sur sa nuque, la faisant frissonner, puis il enfouit ses doigts dans sa chevelure épaisse.
Il écarta les jambes et enroula son bras libre autour de son cou, l’enfermant contre lui. La dominant, donnant les rênes à son loup.
« Regarde-moi, » ordonna-t-il. Aurélia leva les yeux vers lui, les lèvres ouvertes par un soupir.
Lucas regarda au fond de ses yeux pendant un long moment, à la recherche de quelque chose. Soudain, un sourire diabolique retroussa ses lèvres et ses doigts se raidirent dans ses cheveux. Pas suffisamment fort pour être douloureux, mais suffisamment pour la faire se pencher en arrière contre la balustrade s’il tirait. Il arqua son corps et lui tourna la tête pour exposer sa gorge.
En grognant, il s’approcha d’elle et posa son nez sur sa gorge. Il inhala fortement, puis grogna à nouveau.
« Gentille fille, » murmura-t-il.
Aurélia était estomaquée. Elle était dans les bras d’un loup étrange, et carrément sexy, et elle le laissait prendre l’initiative dès le premier jour de leur rencontre. Elle ressentit une bouffée d’angoisse, mais au même moment, réalisa qu’elle mouillait déjà terriblement. Elle essaya de se redresser, de reculer pour qu’il desserre un peu son emprise sur son corps.
« Aurélia, » dit Lucas en lui tirant de nouveau sur les cheveux. Plus fort cette fois, assez pour la faire crier. Ses bras, passés autour de son corps la serraient fort, lui rappelant qu’il était aux commandes.
« Lucas, je ne peux- commença-t-elle, mais il secoua la tête.
— Il va falloir que tu apprennes à me faire confiance, » dit-il sur un ton calme. Comme s’il n’était pas excité, comme si sa queue bandée, n’était pas déjà en train de s’appuyer fermement sur son ventre.
« Confiance, » répéta-t-elle, prononçant le mot comme une insulte. Elle ne faisait confiance à personne.
« Oui, confiance, confirma-t-il. Quand tu auras signé ce contrat, tu seras mienne. Je prendrais soin de toi, je te protégerai, je te baiserai. »
Il se frotta contre elle, sur ce dernier mot, pour appuyer son propos.
Des éclairs de désir parcouraient ses veines et sa louve tentait désespérément de refaire surface pour finaliser leur union. Plus il tirait fort, plus les flammes du désir grandissaient en elle.
« Arrête de penser, lui dit Lucas sur un ton doux. Tout est en ordre. Soumets-toi à moi, comme je sais que tu en as envie. »
Se mordant la lèvre, Aurélia trouva la force de se débattre.
Dégageant ses doigts de ses cheveux, Lucas baissa la main sur sa cuisse et commença à remonter l’ourlet de sa robe. Elle se débattit plus fort, mais quelques instants plus tard, les doigts de Lucas atteignirent sa peau.
Ignorant ses miaulements de protestation, il parcourut sa cuisse pour se diriger vers sa hanche. Il la caressa à cet endroit un moment, serrant gentiment.
« Tu es vraiment parfaite ici, » dit-il. Il prononça ces mots avec gravité, aucun doute n’était permis sur leur sincérité.
« Ni trop, ni trop peu, continua-t-il en caressant la courbe de sa hanche.
— Laisse-moi ! » insista Aurélia, levant les bras pour le repousser.
Il lui fit signe de se taire et secoua la tête. Il rapprocha à nouveau sa bouche et la colla contre son oreille. Ses doigts trouvèrent la fine dentelle blanche de sa culotte, une ce celles qu’il avait personnellement sélectionné pour sa nouvelle garde-robe.
Repensant au moment où il l’avait choisie, désirant la voir la porter, puis pouvoir la lui enlever…
Le cœur d’Aurélia battait à toute allure, sa poitrine tressautait et la caresse de ses doigts sur son pubis l’enflamma.
« Tu es si chaude, » murmura-t-il, son souffle titillant la chair sensible de son oreille.
Elle prit une inspiration, puis la bloqua. Les doigts de Lucas la caressèrent une fois, puis deux. Elle eut du mal à se retenir de ne pas se frotter contre lui.
Ses doigts glissèrent sous la fine barrière de sa culotte, y trouvèrent des boucles douces qu’ils commencèrent à explorer.
« Oh, dit-elle dans un souffle.
— Ah, répondit-il, son sourire démoniaque s’élargissant une fois encore sur ses lèvres. Je le savais. Je savais que tu serais mouillée, prête à ce que je te jette par terre et à ce que je te baise à même le sol. »
Elle savait qu’elle aurait dû résister, ou au moins ressentir un peu de honte. Mais avant de pouvoir vraiment formuler une pensée cohérente, les doigts de Lucas se dirigèrent fermement vers sa vulve. Un instant plus tard, elle n’était plus qu’une boule de désir. Sa bouche était ouverte, la tête posée contre la poitrine de Lucas, elle haletait. Elle n’avait pas été touchée de la sorte en quasiment trois ans.
Deux doigts adroits se posèrent sur son clitoris doux et gonflé, Aurélia cria, désespérée et désirante.
« Tu aimes ça ? demanda-t-il décrivant un cercle avec ses doigts. Dis-moi ce que tu aimes ma petite.
— Vite, plus vite, » répondit-elle, sa voix se brisant.
Ses doigts accélérèrent leur cadence et continuèrent à tourner autour de son clitoris de plus en plus rapidement. Elle n’arrivait pas à retenir le mouvement de ses hanches qui se pressaient contre lui.
« Lucas, oui ! » cria-t-elle en remontant une main sur son épaule alors que de l’autre elle se cramponnait à la balustrade. Elle avait envie d’écarter les jambes, elle voulait qu’il la baise, elle voulait sa bouche sur ses seins et le chevaucher comme un étalon de concours.
Alors qu’elle s’approchait de la jouissance, il commença à ralentir.
« Non, ne t’arrête pas ! ordonna-t-elle, grognant presque.
— Tu ne peux pas jouir, ma petite, pas encore, ronronna Lucas.
— Non ! cria-t-elle, consciente que ça n’avait aucun sens.
— Je veux d’abord te goûter, Aurélia. Je veux te sentir sur ma langue quand tu exploseras de plaisir. Je vais te lécher, te sucer et te baiser avec mes doigts, jusqu’à ce que tu sois prête pour ma queue, » lui dit-il, ses yeux couleur tempête.
Ses doigts continuaient à la caresser, mais il n’allait vraisemblablement pas lui donner ce qu’elle attendait.
Elle commença à déboutonner le haut de sa robe, mais il l’arrêta en lui prenant les poignets.
« Lucas ! dit-elle, sa voix oscillant entre la supplication et la réprimande.
— Pas ici, » répondit-il. Je t’emmène à l’étage.
Elle gémit de protestation, mais il se contenta de sourire et de la prendre par les épaules. Il la fit tourner de manière à ce qu’elle se retrouve face aux grandes baies vitrées de la maison. Ben et Walker étaient juste de l’autre côté, regardant la scène avec avidité. Ils étaient à limite d’avoir le nez collé contre la vitre, comme deux petits garçons.
« Oh ! Aurélia hoqueta. Oh non.
— Je veux t’avoir pour moi tout seul la première fois, » murmura Lucas dans son oreille, en la serrant contre lui. Ses mains descendirent sur sa taille et il la poussa en avant.
Ben et Walker réalisèrent qu’ils s’étaient fait surprendre et disparurent, ils n’étaient déjà plus là quand elle franchit la porte.
Lucas gloussa et la relâcha, ouvrant la porte, il la fit avancer à l’intérieur, vers la cuisine.
« Je n’y crois pas qu’ils nous aient regardés, protesta Aurélia en rougissant.
— J’imagine qu’ils sont tous les deux dans leurs suites, occupés à revivre l’expérience en s’imaginant être à ma place, » dit Lucas en se délectant un peu cruellement de l’idée.
Le regard d’Aurélia s’arrêta sur la pile de papiers posée sur l’îlot de cuisine. C’était une autre copie de son contrat. Il y en avait plusieurs, disposées çà et là, qui auraient permis à Lucas d’en avoir toujours une sous la main, à lui proposer au meilleur moment pour la faire renoncer à sa liberté.
« Qu’y a-t-il ? lui demanda-t-il, remarquant son changement d’humeur.
— C’est juste que, je veux dire, je devrais… » dit-elle en lui montrant le contrat. Avait-il besoin qu’elle le signe avant d’aller plus loin ? Pour un homme parlant de confiance, ce serait un coup bas.
Aurélia ne prit pas la peine de lui dire qu’elle avait déjà signé l’exemplaire qui se trouvait dans sa chambre. Elle pouvait se permettre de la faire languir un peu, se dit-elle.
« Non ! Non, dit Lucas, la détournant du contrat et la poussant vers l’intérieur de la tanière.
— Je ne sais pas si… je ne sais pas, dit-elle en secouant la tête.
— Tu t’apprêtes à acheter une nouvelle voiture. C’est bien normal que tu puisses l’essayer avant, dit-il en lui prenant la main.
— Donc tu es une voiture maintenant, demanda-t-elle, légèrement soulagée.
— Une voiture de luxe, très sexy, oui.
— Je vois. Et que me réserve-t-elle d’autre, cette voiture ? » demanda Aurélia dans un sourire. Il se montrait vraiment très gentil, considérant l’aspect commercial de leur arrangement. Elle avait signé ce contrat pour, plus ou moins, devenir sa groupie, il n’était nullement stipulé qu’il devait être gentil. Mais c’était tout de même beaucoup mieux comme ça.
« Tu veux savoir la suite ? » demanda-il, le regard malicieux.
Elle ouvrit la bouche pour lui sortir une répartie intelligente, mais il se pencha et l’attrapa par la taille. La balançant ensuite sur son épaule, il ignora ses cris de protestation quand il l’emporta vers la chambre.
« Je vais te montrer ça, promit-il.
5
« Qu’est-ce que tu fais ? Où sommes-nous— repose moi par terre ! » cria Aurélia, à bout de souffle. Elle se débattait dans les bras de Lucas, l’excitant encore plus et faisant refaire surface à son loup.
Lucas parcourut la tanière et se retrouva dans les escaliers en quelques secondes, la portant à travers les couloirs jusqu’à leur suite, passant devant sa chambre et son salon. Il l’emmena dans sa propre chambre, ralentissant à peine en franchissant le seuil.
Ouvrant la porte d’un coup d’épaule, il la porta à l’intérieur et la jeta sur le lit. Se remettant à genoux en toute hâte, Aurélia regarda autour d’elle.
« C’est ma chambre, expliqua Lucas d’un ton calme. » Ça lui ressemblait bien, tout dans les tons bleu marine et bois foncé, les fenêtres étaient ornées de rideaux sombres pour bloquer efficacement la lumière du soleil. Une grande bibliothèque occupait presque tous les pans de murs et les meubles étaient lourds et anciens. Plusieurs cartes et globes antiques décoraient la pièce.
Aurélia regarda tous ces objets avec des yeux émerveillés. Elle se retourna vers lui, agréablement surprise.
« J’aime beaucoup, dit-elle en lui souriant lentement. Ça me fait penser aux quartiers qu’aurait occupé le capitaine d’un vieux bateau.
— C’est l’idée, oui, » dit-il, s’agenouillant sur le lit à côté d’elle. Aurélia se pencha en arrière, les bras derrière le dos et la poitrine en avant.
Lucas s’approcha, passa ses doigts sur son épaule et descendit le long de son bras. Elle frémit et il recommença, de son épaule, en passant par ses clavicules et jusqu’en bas. Ses doigts soulignèrent le contour de son sein et il les écarta pour pouvoir les soupeser de ses deux mains.
Lourds, pleins et chaud ses seins épousèrent parfaitement ses mains tandis qu’elle se cambra contre lui. Il la regarda, vit ses yeux se fermer et la manière qu’elle eut de se mordre la lèvre sous ses caresses. Son abandon le fit basculer.
Lucas se pencha contre elle et posa ses lèvres sur les siennes. Il baissa sa main pour la rapprocher de lui et savoura ses doux soupirs de plaisir.
Ses lèvres s’écartèrent pour lui et la douce chaleur de son souffle lui fit bouillir le sang. Il se pressa contre elle, grogna et plongea la langue dans sa bouche. Les bras d’Aurélia remontèrent jusqu’à sa nuque et ses doigts s’enfoncèrent dans ses cheveux. Il s’agrippa à ses hanches, passa ses mains sur son dos, désirant plus. Le baiser les enflamma tous les deux et très rapidement ils se trouvèrent à bout de souffle.
Lucas rompit le baiser et se recula pour la regarder. Son visage était rouge et quand elle ouvrit les yeux, ce fut pour poser sur lui un magnifique regard saphir. Son expression semblait l’accuser de lui refuser son plaisir et il en aurait ri s’il n’avait pas été si excité.
« Déshabille-toi, » dit-il, le plus sérieusement du monde.
Elle obéit, se remettant à genoux et se saisissant de l’ourlet de sa robe. La passant par-dessus sa tête, elle se débarrassa de l’étoffe d’un seul mouvement souple. Lucas se débarrassa de sa chemise, déboutonna son jeans mais ne l’enleva pas.
Aurélia était magnifique dans la lingerie qu’il avait choisie pour elle. Deux simples morceaux de soie blanche transparente recouvraient ses seins et entre ses cuisses, de la dentelle vaporeuse dans le style des années cinquante qu’il aimait tant.
La blancheur de sa peau, la cascade cuivrée de ses boucles qui descendait jusqu’à ses hanches, ses lèvres pleines et ses magnifiques yeux bleus, sans parler de l’expression aguicheuse qu’elle avait sur le visage…
« Tu es de loin la meilleure décision que j’aie jamais prise, » lui dit-il en s’avançant vers elle pour faire glisser les bretelles de son soutien-gorge sur ses épaules.
Aurélia lui sourit timidement, repoussa ses cheveux et mit sa poitrine en avant. Comme une invitation. Il pouvait sentir son regard se poser sur son corps et savait que son torse et ses épaules musclées lui plaisaient.
« J’ai envie de te toucher, » dit-elle et se rapprochant. Elle s’agenouilla devant lui et fit courir ses mains sur ses épaules, ses bras. Ses yeux restaient braqués sur son visage alors qu’elle explorait de plus en plus bas. Il souffla quand elle atteint les hanches et glissa les pouces dans la ceinture de son jean.
Leurs bouches se trouvèrent et il enfouit ses mains dans ses cheveux. Les doigts d’Aurélia glissaient partout sur son corps, laissant derrière eux comme une traînée de feu. Quand ses mains passèrent sur son érection, à travers son pantalon, il fit un mouvement brusque.
Il la repoussa sur le lit et la débarrassa du fin tissu qui couvrait sa poitrine. Se penchant vers elle, il enfouit sa tête entre ses seins, les taquinant de sa barbe. Elle cria, il les prit dans ses mains et attrapa un téton avec sa bouche.
Souffler, lécher, mordiller ses seins, les frotter contre son visage l’excitait tellement que ça en devenait presque douloureux. Descendant plus bas, il lui enleva sa culotte et plaça ses paumes sur ses cuisses.
Il les écarta et se fraya un chemin vers le haut en partant des genoux, en l’embrassant, la léchant et la griffant gentiment de sa barbe naissante. Il s’arrêta pour admirer la chair rose et la trouva déjà toute mouillée, prête pour lui.
« Oh, dit-elle en ondulant les hanches. Oh, oui. »
En grognant, il posa ses doigts et frotta sa tête contre elle. Son goût, si doux, si frais sur sa langue le fit gémir et il se mit à la lécher vigoureusement. Sa langue trouva son clitoris et elle cria.
Aurélia se frottait contre sa bouche alors qu’il faisait tourner sa langue contre son clitoris, la lapait et la suçait fort. Il titilla sa vulve, puis enfonça deux doigts en elle. Il leur fit faire des allers-retours et les incurva jusqu’à atteindre son point le plus sensible. Elle se tendit, frémit et Lucas sut qu’elle y était presque.
« Putain ! » hurla-t-elle. Il aimait qu’elle crie autant et il l’encouragea en la léchant encore plus et en faisant bouger ses doigts sans relâche.
D’un coup elle se contracta et explosa contre lui.
« Lucas ! » cria-t-elle, sa vulve humide s’écrasant sur son visage. Il ralentit alors qu’elle gémissait et se retira quand elle commença à se détendre. Aurélia jeta un bras en travers de son visage, haletante, elle essayait de reprendre sa respiration.
Remontant pour s’allonger à côté d’elle, Lucas repoussa gentiment le bras de son visage et l’embrassa. Ses yeux étaient brillants de plaisir et ses joues colorées d’un beau rose. Elle se redressa à demi, se débarrassa totalement de son soutien-gorge et le jeta par terre.
« Alors ? Comment se passe ta période d’essai, jusque-là ? » demanda-t-il d’un ton neutre.
Aurélia rougit encore un peu plus.
« Eh bien, euh, c’est super. Mais…, toujours un peu essoufflée, elle laissa sa phrase en suspens.
— Mais ? demanda-t-il incrédule, en arquant un sourcil.
— Ce n’est pas un essai, dit-elle. J’avais déjà signé les papiers, avant même de descendre te rejoindre. »
Une vague de chaleur le submergea et il s’allongea pour l’embrasser à nouveau. Elle répondit instantanément, elle n’était pas encore rassasiée. Il sourit contre sa bouche, savourant son désir.
Sa main atteignit ses hanches et elle tira sur la ceinture de son pantalon.
« Enlève ça, ordonna-t-elle.
— Oui maîtresse, » dit-il d’un ton taquin en enlevant son pantalon et en le jetant au bas du lit.
Aurélia le regarda en levant un sourcil.
« Tu n’as rien dessous ? demanda-t-elle.
— Jamais, » répondit-il avec un sourire coquin.
Elle toucha ses hanches encore une fois, admirant sa nudité. Ses doigts caressèrent l’intérieur de ses cuisses et il se contracta.
« Elle est si grosse, » dit-elle en lui caressant le gland du pouce. Il jura alors qu’une grosse goûte de liquide pré séminal se mettait à couler, attestant de son désir intense de la pénétrer.
« Aurélia, la prévint-il, ne me cherche pas. Je t’ai attendue bien trop longtemps. »
Ses doigts s’enroulèrent autour de sa queue et il ferma les yeux. Le plaisir qu’il tira de ce simple contact était tellement intense qu’il aurait pu jouir dans ses mains.
Il lui attrapa les poignets et l’arrêta.
« Laisse-moi te baiser, tout de suite, » lui dit-il en la regardant dans les yeux. Il ne suppliait jamais personne, merde, mais là il avait vraiment besoin de posséder cette femelle.
« Oui, » murmura-t-elle, l’attirant sur elle.
Lucas se positionna entre ses cuisses, frottant sa queue contre son clitoris et pressant son gland sur l’entrée de son vagin.
« Maintenant ! cria Aurélia et d’un coup, Lucas s’enfonça profondément en elle.
— Oh putain ! » cria-t-il. Si chaude et si mouillée, il la sentait s’élargir pour s’adapter à lui.
Il se retira, replongea, se retira.
« Je suis désolé, je ne peux plus attendre, » murmura-t-il, la voix cassée.
Aurélia le gratifia d’un sourire satisfait et commença à onduler les hanches sous lui, donnant le rythme. Il s’accrocha à ses hanches et commença à la pilonner, serrant les dents pour maîtriser le plaisir qui menaçait de lui faire perdre le contrôle. Ses gémissements sexy le rendirent fou, tout autant que la façon dont ses seins tressautaient à chaque coup de boutoir.
« Aurélia, » dit-il, jurant, alors qu’il la sentait se contracter autour de son sexe. Elle avait les yeux fermés, le visage tendu et elle haletait en accompagnant chacune de ses poussées, le baisant elle aussi, autant qu’il la baisait.
Soudain elle se tendit, palpita, puis cria de plaisir.
Sa jouissance fit perdre le peu de contrôle qui restait à Lucas et à son tour, il cria son nom. La pénétrant de toutes ses forces, il déchargea de longues giclées de sperme en elle. Encore et encore, jusqu’à ce qu’il ait l’impression qu’il allait perdre connaissance.
Retombant sur le lit, il attira Aurélia à ses côtés et resta allongé, essoufflé. Elle se blottit contre lui et quelques instants plus tard il l’entendit pleurer doucement.
Il se redressa et lui jeta un regard étonné.
« Que se passe-t-il ? Je t’ai fait mal ? demanda-t-il, sentant la colère monter en lui, son loup dressa les oreilles, se demandant quel était le danger.
— Non, répondit-elle. Non, je veux dire, tu ne m’as pas… »
Elle laissa sa phrase en suspend pour renifler et secoua la tête.
« Dis-moi ! dit-il, commençant à se redresser.
— Non, c’est rien, c’est juste que je me sens vraiment bien, dit-elle.
— Mais tu pleures, répondit-il, les sourcils froncés.
— c’est pas ça… je viens seulement de réaliser que je ne m’étais pas sentie en sécurité depuis tellement longtemps, dit-elle.
— Oh, » dit-il, ses sourcils se fronçant un peu plus. Ce n’était certainement pas ce qu’il avait envie d’entendre.
« Je veux dire, que je me sens en sécurité, là, maintenant.
— Oh, répéta-t-il. Je vois. Tu peux, nous allons bien prendre soin de toi ici, Aurélia. »
Elle lui sourit et il revit un instant, la douce étudiante qu’elle avait un jour été et qu’il avait pu découvrir à travers les photos de son dossier.
Lucas pensa qu’elle était encore plus incroyable en personne.
« Merci, » murmura Aurélia en se blottissant contre lui.
Lucas lui embrassa le front et sourit.
Contrat ou pas, il sentait que c’était la bonne chose à faire. Et ils finirent par s’endormir, dans les bras l’un de l’autre, plus apaisés que jamais.

Prise par la meute
Copyright © 2020 par Kayla Gabriel
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Publié par Kayla Gabriel
Prise par la meute
Crédit pour les Images/Photo : Noircir; Deposit Photos: w10er, dsom
Note de l’éditeur :
Ce livre a été écrit pour un public adulte. Ce livre peut contenir des scènes de sexe explicite. Les activités sexuelles inclues dans ce livre sont strictement des fantaisies destinées à des adultes et toute activité ou risque pris par les personnages fictifs dans cette histoire ne sont ni approuvés ni encouragés par l’auteur ou l’éditeur.
1
Rien n’est aussi bon qu’un long bain bien chaud après plusieurs jours de marathon sexuel.
Aurélia Gilson étendit ses longues jambes et bailla, s’enfonçant encore un peu plus dans l’eau de son bain parfumée au lilas. Des volutes de vapeur s’élevaient de la surface de l’eau et des pétales de fleurs dansèrent autour de ses épaules et de ses genoux quand elle s’immergea plus profondément dans la grande baignoire sur pieds. Elle bougea les orteils et soupira d’aise, savourant les effets régénérants de son bain.
Penchant la tête sur le côté, elle admira les couleurs intenses des tatouages qui ornaient le haut de ses bras, de ses côtes, de ses hanches et de ses cuisses. Même le dessus de ses pieds en était décoré. Ils étaient tous d’une qualité exceptionnelle, exécutés par les meilleurs artistes tatoueurs au monde. Elle sourit devant ses magnifiques œuvres d’art personnelles et se replongea dans son bain.
Elle était presque certaine qu’historiquement, personne n’avait apprécié un lundi matin autant qu’elle aujourd’hui. Le week-end avait été à la fois intense et magnifique ; en l’espace de quelques minutes, elle avait été enlevée en pleine rue, en Inde, avait été mise dans un avion en direction des États-Unis, puis seulement quelques minutes plus tard, elle courait transformée en loup, dans les immenses forêts environnant Asheville en Caroline du nord. Sans oublier le fait d’être quasiment tombée amoureuse d’un autre loup-garou terriblement sexy et insatiable au lit. C’était un point important à ne pas oublier.
Aurélia était toujours sous le choc que le millionnaire Lucas Kiern l’ait quasiment kidnappée, l’ait faite revenir aux États-Unis sans lui demander son avis et lui ait fait une offre qu’elle n’était pas en mesure de refuser. Elle devait lui offrir sa compagnie pendant un an et en échange, il avait proposé de s’occuper de son casier judiciaire de cyber criminelle long comme le bras, mais aussi de protéger sa famille de toutes les éventuelles répercussions de ses activités. Oh, et pour couronner le tout, il lui offrait également un bon paquet d’argent. Ce contrat qu’elle venait juste de signer, lui avait probablement sauvé la vie.
Sa louve s’agita au fond d’elle, lui faisant savoir à quel point elle était ravie de cet arrangement. Bien qu’elle ne connaisse le mâle alpha Lucas que depuis très peu de temps, sa louve était déjà prête à se rouler à ses pieds, à le supplier de la prendre comme femelle, de lui faire des petits et de la garder près de lui pour toujours.
Aurélia roula les yeux et essaya tant bien que mal de calmer l’enthousiasme de sa louve. Lucas s’était vraiment bien démené ce week-end, il lui avait déjà fait parvenir des lettres émanant des ministères de la justice de plusieurs pays étrangers qui annonçaient l’abandon des charges à son encontre. Il l’avait questionnée sur ses goûts et ses préférences, jusque dans les moindres détails et lui avait posé toutes les questions auxquelles il n’avait pas déjà réussi à obtenir de réponses par lui-même, avant qu’elle n’arrive.
Il en résultait ce bain au lilas, le grand réfrigérateur en inox de la cuisine rempli à ras bord de ses jus préférés (pomme, épinard, chou kale et citron, pas vraiment le genre de choses qui se trouvaient facilement à l’épicerie du coin), ainsi que des en-cas variés et également le fait que cette magnifique salle de bain soit désormais repeinte en jaune canari, car elle avait mentionné que c’était sa couleur préférée…
Et le petit détail supplémentaire, elle s’était réveillée toute seule, mais avec un sublime collier en diamant accroché autour du cou. Le collier était tellement lourd qu’elle n’avait même pas envie d’imaginer combien il pouvait coûter. Elle avait sauté du lit, avait enfilé à la va-vite une chemise de Lucas et s’était mise en quête de réponses. Lucas, bien évidemment, n’était nulle part.
Toute seule, elle gloussa de joie en réalisant qu’elle allait pouvoir se faire un café dans la cafetière à piston de la cuisine avec le café fantastique que Lucas importait du Pérou, puis ensuite s’allonger dans l’un des gros canapés du salon tout en regardant des tas d’épisodes à la suite d’une vieille saison d’America’s Next Top Model. Tout en arborant son collier en diamant qui coûtait plusieurs centaines de milliers de dollars.
Puis vint le vrai coup de massue, quand elle parcourut sa chambre et y trouva un Mac flambant neuf orné d’une simple note « Ouvre-moi ». Elle alluma l’ordinateur portable et une fenêtre de chat vidéo s’ouvrit instantanément et la connecta à son frère Edgar.
Edgar, qu’elle aimait tendrement, mais à qui elle n’avait pas parlé depuis plus de trois ans. Elle avait dû couper les ponts pour le protéger des répercussions de ses actes quand elle s’était mise à dos les saoudiens, les néo-zélandais et Interpol en l’espace d’une semaine, après avoir piraté un immense centre financier de données qui gérait les crédits à l’échelle gouvernementale. Elle avait été très bien payée pour ses services, mais rien n’avait pu compenser le fait d’avoir dû couper les ponts avec Edgar.
Quand elle vit son visage à l’écran, quand elle l’entendit dire que Lucas lui avait tout expliqué et qu’il la comprenait et qu’il lui pardonnait… quand il lui montra Magdalena, sa fille de seize mois devant la caméra pour qu’elle voie sa tante pour la première fois…
Et bien, elle avait complètement craqué. Elle s’était effondrée et avait tout raconté à Edgar en chouinant, comme elle faisait quand ils étaient enfants. Quand ses larmes s’étaient enfin apaisées et qu’elle avait convenu d’une autre session de chat vidéo avec son frère, elle s’était déconnectée et était restée assise à son bureau pendant un long moment. Elle était si reconnaissante et se sentait terriblement chanceuse, mais parce qu’elle était passée par tant d’émotions intenses, positives comme négatives au cours de ces derniers jours, elle se sentait en même temps complètement vidée.
Elle avait repensé à la grande baignoire sur pieds et s’était remémoré les fois en Inde où elle aurait tout donné pour la joie simple d’un bon bain chaud. Elle s’était dirigée vers sa salle de bain et avait aperçu que Lucas avait sorti de grosses serviettes moelleuses à son attention, ainsi que des pétales de lilas, des sels de bains et tous ses produits de toilette préférés.
Maintenant, dans ce bain, elle avait l’impression de revenir à la vie. Toutes ses tensions, ses petites douleurs se dissolvaient, tout comme son épuisement psychologique.
Elle sortit de la baignoire, laissa couler l’eau, se sécha rapidement puis s’habilla. Elle choisit une tenue simple, son short en jean favori, un soutien-gorge bandeau bleu foncé et un débardeur stylé en coton gris. Elle savait que Lucas appréciait la pâleur de sa peau et aussi quand elle en montrait le plus possible. Et, se dit-elle, vu qu’elle avait le corps pour ça, autant en profiter.
Elle ne regarda pas vraiment les chaussures qui s’alignaient en bas de sa garde-robe, car la résidence était seulement habitée de loups, ce qui voulait dire qu’ils privilégiaient le confort. Elle n’avait jamais vu Lucas, Ben ou Walker porter de chaussures dans la maison, ni même dans le jardin ; les chaussures étaient réservées au monde des humains et Aurélia n’allait pas avoir besoin de s’y rendre avant un bon moment. Pas tant que son cas n’aurait pas été définitivement réglé avec le département de la justice des États-Unis. Les avocats de Lucas étaient encore en train de régler les derniers détails pour essayer de trouver l’arrangement qui lui serait le plus profitable. Jusqu’à ce que ce soit fait, elle se cacherait ici, en Caroline du nord et pour le moment, elle ne pouvait pas en être plus heureuse.
Elle quitta la suite de chambres qu’elle partageait avec Lucas et se dirigea vers le rez-de-chaussée de la maison où se trouvaient les espaces de vie communs. L’immense cuisine était vide, mais Ben était affalé sur l’un des grands canapés devant son ordinateur portable. Des cheveux sombres, de magnifiques yeux bleu foncé, mis en valeur par ses lunettes Wayfarer à large bordure noire. Il était habillé comme à son habitude : jean slim, t-shirt de groupe de musique, pieds nus, sexy geek au naturel.
Ben était totalement concentré sur ce qu’il était en train de faire et comme Aurélia savait qu’il était à la tête de la division technique de l’une des entreprises du fortune 500 qu’il codirigeait avec Lucas et Walker, elle était plus qu’intéressée par ce qui se passait sur son écran. Elle commença à se rapprocher pour lui poser la question directement, mais remarqua la présence de Lucas à l’extérieur et changea de direction.
Grand, mince et musclé, de magnifiques cheveux blonds bouclés… même de là où elle se tenait, elle pouvait voir la mèche grise qui lui barrait le front et faisait briller intensément ses yeux argentés. Il n’était pas rasé, ce qui était inhabituel pour quelqu’un d’aussi pointilleux que lui.
Il portait un jean foncé et une chemise grise, toujours impeccable, même pendant ses jours de congé. Ayant senti sa présence, il se tourna vers elle et lui sourit en la regardant approcher. Son estomac fit un bond quand elle sentit le plaisir que lui procurait sa venue.
— Aurélia, dit-il. Elle frissonna en l’entendant prononcer ainsi son nom. Venant de lui, ça lui faisait l’effet d’une prière. Et ce genre de vénération était dangereux. Elle pourrait bien y laisser son cœur.
— Je commençais à me demander si tu ne m’avais pas abandonnée, demanda-t-elle en sortant sous le porche à l’arrière de la maison.
— J’avais des choses à faire à Asheville ce matin. Tu dormais tellement bien que je n’ai pas eu le cœur de te réveiller, expliqua-t-il. Il lui prit la main, la fit descendre les quelques marches jusqu’au jardin et l’entraîna à sa suite pour marcher un peu.
— Je ne sais pas comment tu t’y es pris pour ne pas me réveiller, sachant qu’en ouvrant les yeux, je croulais sous les diamants, lui dit-elle en le regardant entre ses cils.
— Ah, le collier ? Voyons ça comme un petit bonus au contrat. Tu n’es dans ma vie que depuis quelques jours, mais tu es encore plus merveilleuse que ce que j’avais espéré. Il s’arrêta et se retourna pour l’attirer contre lui. Se penchant vers elle, il l’embrassa doucement sur les lèvres.
Aurélia sentit qu’elle commençait à fondre dans ses bras, sachant le plaisir auquel elle pouvait s’attendre s’il l’amenait dans son lit, mais il la relâcha après un court moment. Elle se mordit la lèvre quand il lui prit la main et la tira vers la lisière de la forêt.
— J’ai besoin de marcher, dit-il.
— D’accord, acquiesça-t-elle.
— J’ai aussi besoin de parler, ajouta-t-il, balayant des yeux les arbres devant lui.
— À quel propos ? demanda-t-elle curieuse.
— Nous. Cette résidence et le harem.
— Ah. Euh, d’accord, répondit-elle en essayant de garder un ton léger.
— Walker est parti hier, continua Lucas, sa main chaude sur la sienne.
— J’ai vu qu’il avait mis ses chaussures, oui, dit Aurélia. Lucas gloussa et hocha la tête.
— Il est parti pour aller chercher le prochain membre du groupe, ajouta-t-il.
— Une autre femelle ? Je ne savais pas que vous comptiez en faire venir une autre si vite, dit Aurélia, une boule commençant à se former dans sa gorge. Était-il en train de lui dire qu’elle allait déjà être mise de côté ?
— Ce n’est pas ce que j’avais prévu au niveau du planning, admit Lucas. J’aurais voulu que tu puisses te lier avec Ben et Walker avant et franchement, j’aurais également voulu passer encore du temps seul avec toi. Mais des circonstances nous poussent à agir vite et nous devons rapatrier cette femelle ici plus tôt que prévu.
— Et c’est Walker que tu as choisi pour aller la chercher ? demanda Aurélia, surprise. On ne peut pas dire qu’il soit, euh… la personne la plus aimable du monde.
— Il est très secret et difficile à cerner. Mais son côté direct et très logique est absolument parfait pour cette situation. La prochaine femelle n’est pas une tendre et je suis persuadé que c’est celui qui est le plus à même de la faire venir ici. Et pour être honnête, je crois qu’ils seront parfaits l’un pour l’autre.
— On dirait presque que tu l’as choisie pour lui, dit-elle en scrutant le visage de Lucas.
— Tout à fait, oui, bien qu’aucun des deux ne le sache encore. Pourtant, sa présence va inévitablement changer les choses dans la résidence et notre groupe n’est pas encore vraiment soudé. Je voulais trouver le temps de te parler avant son arrivée et que nous ayons tous les deux fait nos choix.
— Euh, d’accord, dit Aurélia ne sachant pas vraiment ce qu’elle devait répondre.
Elle se dit qu’il valait mieux le laisser exposer son plan d’abord. Quand il s’arrêta sur la passerelle en bois et l’attira une nouvelle fois vers lui, son cœur se mit à palpiter douloureusement.
— Je te choisis Aurélia, commença-t-il. Je t’observe depuis un an. Je t’ai fait rechercher et je t’ai fait venir à moi, ici. Tu es la première de mon harem.
Elle acquiesça, avalant sa salive avant de lever la tête vers son visage. Sa voix descendit dans les graves alors qu’il continuait, l’hypnotisant totalement.
— J’ai envie de te connaître, d’apprendre tout ce qu’il y a à savoir sur toi. J’ai envie de prendre mon temps avec toi, mais c’est difficile. Je ressens beaucoup de pression sociale pour annoncer un engagement humain. Mon loup me pousse également à agir, à te marquer comme mienne avant que quelqu’un d’autre ne le fasse. Et mon instinct me hurle à tout moment, et même là maintenant, de planter mes dents dans ton cou, de te traîner au sol et de te baiser jusqu’à ce que tu promettes d’être mienne et de ne plus te lâcher avant que tu sois pleine, murmura-t-il.
Ce fut une telle surprise, qu’Aurélia en eut le souffle coupé. Une part d’elle-même était ravie et une autre inquiète. Il était bien trop tôt pour qu’il puisse dire quelque chose comme ça !
— C’est ce que je veux et j’espère que c’est ce que tu désires aussi. Mais je ne crois pas que nous soyons encore prêts pour ça, n’est-ce pas ? demanda-t-il.
— Non, murmura-t-elle en secouant la tête, nous ne sommes pas encore prêts.
— J’ai envie de profiter de cette année, de toute la longueur de ton contrat en gardant l’esprit ouvert, continua-t-il. J’ai envie que tous les deux, nous puissions avoir tout ce que nous voulons et tous ceux que nous désirons. Pour nous rassasier, jusqu’à ce qu’il ne reste personne d’autre que nous. Pour toujours.
Aurélia plissa les yeux, les pensées teintées d’incertitude.
— Je ne sais pas si je pourrais supporter de te voir avec d’autres femmes et attendre que tu reviennes vers moi, dit-elle.
— Je ne te demande pas de m’attendre. Tu es libre d’expérimenter d’autres mâles si tu le désires, répondit-il en baissant les yeux vers elle.
Encore une fois prise par surprise, elle riva son regard au sien.
— Je t’ai vu regarder Ben, lui dit-il, ses mains descendant sur ses hanches et la serrant. Je sais qu’il t’intéresse. Tout comme je sais que ta louve me préfère moi.
Elle rougit devant ses paroles si directes et baissa les yeux.
— Je te préfère Lucas, oui, comment pourrait-il en être autrement ? demanda-t-elle en se pressant contre lui.
— C’est pour cela que tu es ma femelle, et que tu partages mes quartiers. Tu es la première et tu pourras organiser le futur harem autant que nous.
Aurélia réfléchit à ses paroles pendant un moment. Tout ce qu’il avait dit était vrai. Elle n’avait pas envie de précipiter les choses avec Lucas. Elle était de plus en plus curieuse à propos de Ben. Les autres femmes allaient arriver, qu’elle le veuille ou non et elle appréciait tout de même l’idée d’avoir d’autres louves autour d’elle. Tant que Lucas et elle seraient ouverts et honnêtes l’un envers l’autre, il n’y avait aucune raison que ça ne fonctionne pas.
— Il faudra instaurer certaines règles, dit-elle en levant les yeux. Lucas la gratifia d’un sourire et se baissa pour l’embrasser.
— Oui, murmura-t-il en l’attirant contre lui pour qu’elle puisse sentir sa queue bandée entre eux deux. Tu es vraiment la femelle parfaite, Aurélia.
— Je ne veux personne d’autre dans ton lit que moi. Les autres femelles ne pénétreront pas dans ta suite, dit-elle en lui jetant un regard sévère.
— Et aucun autre mâle que moi dans tes appartements, ajouta-t-il.
— Si je commence à ressentir de la jalousie, je veux pouvoir te le dire. Je veux que tu puisses venir si je demande à te voir, même si tu dois quitter quelqu’un pour le faire, continua-t-elle.
— D’accord. Comme si je pouvais te le refuser, concéda-t-il, son regard devenant lubrique à mesure que ses yeux descendaient de son visage vers sa poitrine.
— C’est sérieux, Lucas, l’avertit-elle.
— J’ai moi aussi une règle, dit-il en glissant ses mains de sa taille vers ses fesses. La collant contre lui, il commença à se frotter à elle. Elle ne put s’empêcher de se laisser envahir par l’explosion de chaleur que son désir évident de la posséder provoqua en elle.
— Ah oui ? Et c’est quoi? demanda-telle en caressant son dos musclé.
— Je ne veux pas que tu fasses quoi que ce soit avec Ben ou Walker qui puisse mener à la conception d’un enfant, murmura-t-il en remontant une main de ses hanches à sa poitrine. Il la caressa gentiment, frottant son pouce sur son téton durci.
Elle ouvrit la bouche pour répondre, mais seul un soupir de plaisir s’en échappa.
— Tu peux leur donner ta bouche, continua-t-il, tes mains, tes seins.
Glissant son autre main entre ses cuisses, il se lécha les lèvres. Il dézippa la fermeture éclair de son short et le lui baissa pour permettre à ses doigts d’accéder plus facilement à sa moiteur accueillante. Puis ses doigts trouvèrent son clitoris, faisant monter encore un peu plus son excitation. Il tira encore un peu plus sur son short et poussa ses doigts sur l’entrée de son vagin. Elle cria en s’agrippant à ses épaules.
— Ils peuvent te lécher toute la journée, ils peuvent même te baiser s’ils font attention. Mais il faudra qu’ils se retiennent et qu’ils ne finissent pas en toi, ordonna-t-il.
— Oh, dit-elle dans un souffle, les seins lourds alors qu’il les titillait avec ses doigts.
— Dis oui, ordonna-t-il, ses doigts revenant tourner autour de son clito. Personne d’autre ne jouira ici, Aurélia, c’est bien compris ?
— Oui, acquiesça-t-elle, impatiente.
— Seulement moi, continua-t-il.
— Oui, dit-elle.
— Dis-le ! grogna-t-il.
— Seulement toi ! dit-elle en se collant contre lui.
— J’ai très envie de te baiser, lui dit-il.
S’éloignant de lui, Aurélia sourit et se débarrassa de son t-shirt et de son short. Lucas commença à se dévêtir lui aussi, les yeux brillants d’impatience.
— T’as envie de me baiser, hein ? dit Aurélia en passant sa main sur ses hanches nues ornées de roses aux couleurs vives.
Lucas grogna, déboutonna son pantalon et le baissa à ses pieds.
— Et bien, il va falloir m’attraper d’abord ! ajouta-t-elle d’un ton taquin. Elle se retourna et se transforma. Elle libéra sa louve et en l’espace de quelques battements de cœur, elle s’élança sur le chemin.
Elle ne fut pas étonnée de sentir Lucas courir à sa droite seulement quelques secondes plus tard. Elle était rapide et puissante pour sa taille, mais Lucas était beaucoup plus fort et plus rapide qu’elle. Leur course était seulement un jeu, destiné à les exciter encore un peu plus.
Quand elle l’entendit lancer un grognement d’avertissement, elle ne fit qu’accélérer davantage. Coupant la piste de randonnée, elle se dirigea vers un endroit qu’elle avait découvert quelques jours auparavant. Un petit cours d’eau coulait sur le terrain de leur résidence et il y avait une petite clairière qui jouxtait ses rives et qu’Aurélia avait trouvée très jolie.
Les muscles brûlants, elle ralentit un peu pour profiter pleinement des sensations de la course. Lucas sembla voir qu’elle se dirigeait quelque part et la suivit. Sa louve était aux anges, courant dans cette nature luxuriante baignée de soleil.
Quand elle atteignit la clairière, elle ralentit au petit trot. Lucas lui rentra dedans intentionnellement et tous deux roulèrent dans l’herbe grasse près du cours d’eau. Avec un jappement joyeux, Aurélia reprit sa forme humaine.
Elle observa Lucas se retransformer et s’approcher d’elle, ses cheveux blonds barrés de gris donnaient à ses yeux l’éclat de l’acier fondu. Il était si grand et si musclé que quand il la prit dans ses bras pour l’allonger par terre, elle n’eut pas peur, même l’ombre d’une seconde, qu’il ne la lâche. Lucas la protégeait, la tenait, prenait soin d’elle.
— On dirait bien que je t’ai attrapée ma petite, murmura-t-il en l’allongeant dans l’herbe. S’appuyant sur le coude, il posa un baiser sur ses lèvres. Aurélia soupira, plus heureuse qu’aucune femelle ne devrait raisonnablement l’être.
Leurs bouches se retrouvèrent à nouveau et ne se lâchèrent plus. En quelques secondes, ils étaient tous les deux à bout de souffle, le baiser faisant fondre leurs pensées et leurs corps se pressant l’un contre l’autre. Aurélia se tortillait contre le corps musculeux de Lucas, désireuse de sentir sa peau contre la sienne. Où qu’elle le touche, il était chaud comme la braise et ça la rendait folle.
Lucas posa une main sur son sein et lui titilla le téton du pouce. Elle se mordit la lèvre et commença à frotter ses hanches contre les siennes.
— Tu aimes ça ? demanda-t-il, la voix éraillée de désir. Alors qu’elle ne répondait pas, il lui pinça le téton.
Aurélia poussa un petit cri et repoussa ses épaules de ses mains. Lucas lui lâcha le sein et l’agrippa par la taille pour l’empêcher de se débattre.
— Lucas ! cria Aurélia, ses protestations se transformant peu à peu en soupirs de désir.
— Allez, sois une gentille fille, laisse-toi faire, ordonna-t-il, les lèvres retroussées par un sourire de défis.
— Va te faire voir, rugit-elle. Sa louve était tiraillée entre l’envie de se battre et le puissant désir que son regard dominateur, la sensation que sa peau chaude et ses muscles durs pressés contre son corps faisaient naître en elle.
A ce moment-ci, l’envie de combattre prit le dessus. À la seconde où il relâcha sa prise, elle le repoussa et roula sur le ventre, hors de sa portée. Lucas grogna et avant qu’elle ne puisse faire un mouvement de plus, il était derrière elle. Il l’attrapa par les hanches et la remit brutalement sur les genoux. Il la redressa en lui tirant sur les épaules. Son avant-bras glissa sur sa poitrine et il la plaqua contre lui alors qu’il s’agenouillait derrière elle.
Aurélia se débattit, consciente de la main qui descendait vers le bas pour lui empaumer un sein. Son traître de corps s’enflamma instantanément et elle se sentit mouiller abondamment. Lucas fit basculer son épaisse chevelure vers l’avant pour lui dégager le cou. Il se pencha en avant et griffa sa nuque avec sa barbe. Elle frissonna, des sensations blanches et chaudes lui zébraient la peau comme des éclairs. Il la taquinait de baisers légers sur la nuque, les épaules, le cou.
— Lucas ! haleta-t-elle en se débattant toujours alors qu’il la tenait fermement.
— Ne bouge pas, murmura-t-il, les lèvres collées à son oreille.
Elle gémit et se sentit fondre contre lui, sans défense devant la chaleur de son souffle alors qu’il titillait son oreille de sa langue et lui léchait le lobe. Aurélia tressaillit. Elle bondit tout de même quand il lui mordit la nuque, fort. Ses mains s’agrippèrent sur son avant-bras qui la maintenait fermement. N’était-elle pas supposée le combattre ?
Quand elle essaya de se dégager de l’emprise de son bras, il grogna dans son oreille et la relâcha légèrement pendant une seconde. Puis, d’une main, il s’agrippa fermement à sa hanche, enfouit l’autre profondément dans sa chevelure et la força à se pencher en avant. Sa queue bandée collée contre ses fesses et ses genoux enserrant ses cuisses et les maintenant collées l’une contre l’autre.
Elle haletait, se tortillant alors qu’il lui écrasait le visage dans l’herbe. Il était brutal, oui, mais Aurélia se rendit également compte que ses gestes étaient précis et qu’il faisait très attention à ne pas la blesser. Elle pouvait sentir le contrôle qu’il avait sur sa force, elle le sentait dans la tension de son corps et la raideur de ses mouvements.
Sa louve n’avait pas les mêmes réserves et était totalement et sans pudeur aucune, excitée par son compagnon. Aurélia ne pouvait pas le lui reprocher ; que Lucas prenne le contrôle de la sorte semblait plus naturel et plus normal que tout ce dont elle pouvait se rappeler.
Il se pencha sur elle et murmura dans son oreille,
— Dis-moi oui.
Même maintenant, alors que son loup le poussait à la dominer et qu’il était à deux doigts de perdre le contrôle… il restait tout de même son Lucas et il avait besoin de savoir qu’elle le désirait également.
— Oui, baise-moi Lucas.
Sa main se raidit dans ses cheveux pendant un moment puis il la relâcha. Ses mains glissèrent sur l’arrière de ses cuisses, parcoururent ses fesses, avant de retourner sur ses hanches.
— Je te désire tellement, dit-il guidant de la main sa queue vers sa chatte impatiente.
Aurélia leva les bras au-dessus de sa tête et se poussa contre lui, impatiente. Lucas la titilla pendant un moment en faisant glisser son gland sur sa chatte de bas en haut avant de s’introduire en elle. Immédiatement, une sensation de chaleur intense commença à grandir dans son ventre, un signe que ce ne serait pas long à ce rythme.
Quand il lui inclina les hanches pour mieux s’enfoncer en elle et qu’il toucha son point sensible, Aurélia faillit partir sur le coup.
— Oh oui, dit-elle dans un souffle. C’est ça, juste là, chéri.
Lucas grogna et lui claqua les fesses avant de lui attraper les hanches et de commencer à la labourer.
— Putain, tu es si serrée, jura-t-il en s’enfonçant en elle. Il accéléra le mouvement, la pilonnant plus fort.
Aurélia se laissa aller dans le plaisir que lui procuraient ses mouvements de va- et-vient, fermant les yeux et perdant totalement pied. La pression de ses mains sur ses hanches, la façon qu’il avait de bouger ses hanches pour appuyer sa queue pile sur son point le plus sensible quand il la pénétrait… plus rien d’autre n’avait d’importance. Elle pouvait sentir la pression monter dans son corps, menaçant de déborder à tout moment et de l’emporter avec elle dans l’extase.
Lucas rugit, ses poussées devenant de plus en plus brutales à mesure qu’il se perdait en elle.
— Je vais jouir, l’avertit-il d’une voix rocailleuse.
— Finis-moi d’abord, supplia-t-elle, désespérée.
Lucas s’enfonça alors si brutalement en elle, pompa avec tellement de force qu’elle en eut le souffle coupé. Un battement de cœur plus tard, la pression qu’elle ressentait dans son ventre gonfla encore plus et éclata, elle jouit en une explosion de chaleur sur sa queue. Sa vision se brouilla, son cœur sembla s’arrêter, mais Lucas continua à bouger en elle.
Après plusieurs mouvements saccadés et des jurons inintelligibles, il éjacula. La chaleur l’envahit alors qu’il déversait sa semence au plus profond d’elle.
— Putain, Aurélia, cria-t-il, ralentissant enfin.
Il ne rompit pas leur connexion et s’allongea sur elle en posant son torse contre son dos. Aurélia ne pouvait pas ouvrir les yeux et encore moins bouger. Elle se contentait de respirer pour essayer de calmer les battements de son cœur.
Après ce qui sembla être une éternité, Lucas se redressa et se retira. Aurélia émit une faible protestation qui le fit sourire.
— Viens près de moi, petite, dit-il en s’allongeant sur le côté dans l’herbe et en l’attirant près de lui de façon à lui faire face.
Il posa légèrement ses lèvres sur les siennes et dégagea les cheveux qui lui tombaient sur le visage.
— Ummmpf, fut tout ce qu’elle réussit à dire.
Lucas sourit, ses yeux se délectant de son visage empourpré et de son expression satisfaite. Se penchant vers elle, il l’embrassa plus profondément.
— Content d’avoir pu te donner quelque chose dont tu te rappelleras pendant mon absence, dit-il d’un ton léger.
— Ton absence ? demanda Aurélia en fronçant les sourcils.
Lucas lui prit le visage dans les mains et hocha la tête.
— Je dois aller à Atlanta pour quelques jours, expliqua-t-il.
— Tu vas aller chercher la nouvelle ? demanda-t-elle, un peu blessée. Il n’avait pas besoin de la ramener dans la seconde, si ?
— Non, non, dit Lucas en secouant la tête. Je dirige une petite entreprise, tu sais, Luna Corps. Tu en as peut-être entendu parler ?
Aurélia ne put s’empêcher de rire. Absolument tout le monde connaissait Luna Corps. Ils développaient les meilleurs logiciels du pays. Ils employaient des milliers de personnes et leurs produits étaient vendus dans le monde entier.
— Oui, je crois que je me souviens, dit-elle.
— Et bien, je dois faire mon travail de PDG. Comme je te l’ai dit, Walker est parti chercher la nouvelle. Ben est enfermé ici à développer le nouveau programme. Mais de toute façon, les réunions ne sont pas son point fort. Les membres du conseil d’administration n’apprécient pas autant ses sarcasmes que moi, ajouta-t-il en soupirant.
— Tu pars pour combien de temps ? demanda-t-elle. Elle se mordit la lèvre, en espérant ne pas paraître trop collante.
Lucas lui sourit tendrement pour la rassurer.
— Trois jours, je pense. Je vais essayer de convaincre le comité de faire plus de vidéo conférences, mais ils sont plutôt vieux jeu, plutôt étonnant pour des investisseurs dans le domaine des hautes technologies, non ? Je vais essayer d’arranger les choses pour en faire le plus possible depuis la résidence. Je te le promets.
Il leva les yeux vers la cime des arbres.
— J’ai l’impression que le soir va bientôt tomber. Je dois décoller avec l’hélicoptère dans moins d’une demi-heure si je veux être à Atlanta avant le coucher du soleil.
Après lui avoir donné un dernier baiser, il se leva et lui offrit sa main pour qu’elle en fasse autant. Elle fut agréablement surprise quand il ne la lâcha pas après l’avoir aidée à se relever, au contraire, il entrecroisa ses doigts dans les siens lorsqu’ils firent le chemin inverse pour rentrer au chalet.
— As-tu besoin de quoi que ce soit avant que je parte ? lui demanda-t-il alors qu’ils marchaient vers la maison, nus de la tête aux pieds.
— Je peux honnêtement dire que je ne manque de rien. Je suis même outrageusement gâtée, admit Aurélia en lui serrant la main.
— Redis-moi encore une fois que tu es d’accord avec cette idée, le harem, je veux dire, lui demanda-t-il en la regardant.
— Je suis d’accord. Je crois que nous savons déjà à quel point nous allons bien ensemble et ça, personne ne pourra nous l’enlever. J’aime assez l’idée de voir cette maison remplie de loups-garous et un peu de compagnie féminine ne serait pas du luxe. Tant que je reste la numéro un dans ton cœur, je suis ouverte à tout, lui dit-elle.
Lucas hocha la tête, visiblement satisfait. Ils firent le reste du chemin en silence, en admirant la beauté de la forêt et de la journée.
Quand ils arrivèrent au chalet, les parties communes étaient désertes. Sur le moment, Aurélia fut plus que soulagée de ne pas tomber sur Ben, car Lucas et elle avaient perdus tous leurs vêtements après s’être transformés dans les bois. Lucas monta directement vers ses appartements et la raccompagna devant sa porte comme un parfait gentleman.
— On se revoit bientôt. Dans seulement trois jours, d’accord ? lui rappela-t-il.
— Tout va bien se passer, j’ai trois ans de mauvaise télé-réalité à rattraper, de nouveaux langages de programmation à découvrir et je crois même que je vais faire un peu de pâtisserie, lui dit-elle en souriant.
Avec un rire et un baiser, Lucas la laissa devant sa porte et se dirigea vers sa suite avant de disparaître à l’intérieur. Aurélia sentit un pincement de tristesse quand elle entendit l’hélicoptère décoller peu de temps après, mais elle se réconforta en pensant à ce qu’elle avait prévu pour s’occuper pendant ces quelques jours. Elle aurait à peine le temps de se faire des cupcakes et encore moins de s’attirer des problèmes… n’est-ce pas ?
2
Ce jeudi matin, Aurélia se leva en même temps que le soleil. Elle rampa hors de son lit si confortable et se traîna jusqu’à l’immense baie vitrée qui montait jusqu’au plafond de sa chambre personnelle. Elle donnait sur un mur de pins majestueux et Aurélia admira, emplie d’une grande satisfaction, les premiers rayons du soleil avancer leurs doigts vers la maison.
Elle s’étira et fit courir ses mains sur ses côtes et ses hanches nues. Elle avait encore mal partout, une douleur bien agréable qui lui rappelait qu’elle s’était lancée dans de nombreuses courses et randonnées tout autour de la propriété ces deux derniers jours. Depuis que Lucas était parti, la maison semblait comme abandonnée et elle avait seulement eu envie de faire du sport et de se cuisiner de bons petits plats. Elle avait parlé à son frère encore une fois et rit aux jeux de mots stupides qu’il continuait toujours de faire.
Ajoutez à ça de longues siestes et de bons bains chauds et Aurélia n’avait pas vu le temps passer. Si elle était honnête avec elle-même, Lucas n’avait même pas eu le temps de lui manquer avant ce moment précis. Alors qu’elle parcourait sa chambre magnifique et regardait le lit de princesse qui l’ornait, elle se dit que c’était vraiment un luxe bien agréable… et pourtant, elle se réveillait encore seule dans ce grand lit.
Pour ce qui était de ressentir de la solitude seulement maintenant, après plusieurs années de cavale à ne voir ses connaissances du milieu des hackers qu’en de très rares occasions et absolument jamais sa famille proche, elle en était venue à la conclusion que c’était parce qu’elle avait été bien trop occupée à surveiller ses arrières pour avoir le temps de s’apitoyer sur son sort. Elle avait dû se débarrasser du sentiment de solitude en même temps que de son abonnement au câble, ses jus d’herbes et ses coupes de cheveux stylées. Elle n’en avait simplement plus eu le temps, ni l’opportunité.
Aurélia secoua la tête et se détourna de la fenêtre pour se rendre à son bureau. Après avoir vérifié quelques-unes de ses adresses mail anonymes et ses comptes en banque intraçables, elle décida qu’il était temps de transformer cette grande maison vide et triste en un véritable paradis.
Elle avait cette immense maison pour elle toute seule et elle pouvait y faire ce qu’elle voulait. Et ce qu’elle voulait le plus à ce moment précis, c’était faire des cupcakes à la vanille et les déguster affalée sur les gros canapés du salon en regardant un épisode de Real Housewives of Atlanta. Et pour se mettre encore plus à l’aise, elle décida de ne pas porter de pantalons de la journée.
En gloussant toute seule, Aurélia enfila un shorty blanc, un long débardeur noir et attacha sa crinière flamboyante en un chignon ébouriffé sur le sommet de son crâne. Prête à exécuter son plan, elle se saisit de son nouvel iPhone et descendit vers le rez-de-chaussée.
En vérifiant encore une fois ses messages, pour voir si Lucas n’avait pas essayé de la contacter, elle entra dans la cuisine. Elle essaya de se retenir de faire la moue quand elle vit qu’elle n’avait pas reçu de nouveau message depuis le matin du jour précédent. Elle ne lui en avait pas envoyé non plus, donc il n’y avait rien d’étonnant à cela.
Posant son téléphone, elle regarda la cuisine. Elle était conçue en granit et inox, entièrement sur mesure. Elle était grande et ouverte, un grand bar en cuivre en clôturait deux côtés et offrait un espace parfait pour les déjeuners sur le pouce. Des enceintes sans fil étaient intégrées au bar et Aurélia synchronisa son téléphone dessus pour y diffuser sa musique préférée. Katy Perry était parfaite pour son humeur du jour, coquine et douce à la fois.
Ayant déjà pris ses marques dans la grande cuisine les deux jours précédents, Aurélia cuisina ses cupcakes en deux temps trois mouvements. Elle avait mis au point sa recette et l’avait perfectionnée de longues années auparavant, pendant la période où elle avait été obsédée par la pâtisserie, au début de la vingtaine et elle pouvait désormais les cuisiner les yeux fermés. Elle fredonnait en cuisinant, l’esprit zen et détendu. Avec le glaçage terminé, attendant sagement son tour dans un bol et les cupcakes se faisant dorer au four, elle tourna ses pensées vers la télévision.
Devrait-elle commencer avec quelque chose de simple mais de divertissant, comme RuPaul’s Drag Race ? Ou plutôt un programme avec plus de substance, comme Mad Men par exemple ? Elle n’avait vu que la première saison de la série, mais savait que la suite avait été saluée par la critique et qu’elle passerait un bon moment. Elle dansait tout en travaillant, au rythme de sa musique et perdue dans ses pensées. Qui n’aimait pas danser en sous-vêtements, hein ?
Elle n’en finissait pas de tergiverser et en sortant les cupcakes du four, elle se décida finalement pour Dr. Who, c’était un bon compromis. Un peu kitsch, mais avec une bonne histoire. Un docteur mignon, des aventures palpitantes, des extra-terrestres étranges… ouais, c’était parfait.
Vérifiant son téléphone une fois de plus, elle réprima un grand soupir. Quand elle eut fini d’étaler le glaçage sur les cupcakes, elle en posa deux sur un plateau et se servit un grand verre de lait. Satisfaite, elle éteignit la musique et souleva son plateau. Après avoir fait le tour du comptoir, elle se dirigea en ligne droite vers le salon.
… et faillit renverser son verre de lait et ses cupcakes. Une grande forme noire était étalée sur l’un des canapés. Elle s’arrêta net, pétrifiée sur place. La masse de cheveux noir onyx, la silhouette dégingandée et les Converses rouges jetées au bas du canapé indiquaient clairement qu’il s’agissait de Ben, qui était lui aussi resté au chalet. Lucas lui avait pourtant dit que Ben serait là pour elle, si elle avait besoin de quoi que ce soit, mais comme elle ne l’avait pas croisé jusque-là, elle l’avait en quelque sorte… oublié.
Et elle se tenait là, en culotte à danser comme une folle pendant qu’elle cuisinait des cupcakes à seulement quelques mètres d’un loup qu’elle connaissait à peine. Un loup très attirant en plus. Elle était tellement embarrassée, qu’elle aurait voulu se transformer en louve et fuir à toutes pattes dans les bois.
Ben était allongé, la tête dans la direction opposée et semblait absorbé par l’écran de son ordinateur. Il avait des écouteurs sur les oreilles, qui l’avaient empêché de l’entendre approcher. Se mordant la lèvre, Aurélia pivota et commença à rebrousser chemin vers les escaliers.
— Salut ! dit-il, la faisant sursauter.
Prise la main dans le sac.
Aurélia se retourna vers lui avec un sourire gêné. Il roula sur le canapé pour lui faire face.
— Saluuuuut… répondit-elle, consciente que son visage se colorait de rouge vif.
— T’es venue pour te détendre un peu ? lui demanda-t-il en agitant la main vers la mer de canapé, fauteuils et poufs en tout genre qui décoraient le salon. Aurélia remarqua immédiatement ses mains. Des doigts longs et fins avec les veines saillantes. Elle ne pouvait pas résister aux avant-bras sexy, du genre de ceux qu’on pouvait retrouver sur les hommes fins tels que Ben.
— Je, euh, je ne veux pas te déranger. Tu as l’air occupé, dit-elle, les mots se bousculant dans sa bouche. Elle arracha son regard de ses mains, pour tomber sur ses pommettes sculptées et ses yeux couleur océan, cachés derrière des lunettes tendance cerclées de noir.
Elle était clairement en train de le reluquer. Merde, apparemment, elle pouvait rougir encore un peu plus !
— Tu ne me déranges pas, dit-il en arquant un sourcil devant son regard scrutateur. Il regarda sa tenue sommaire, mais heureusement ne fit aucun commentaire.
— Oh, tu sais, je voulais juste regarder des bêtises à la TV, je vais aller en haut, dit-elle.
— Non, reste, insista-t-il. J’ai besoin de faire une pause de toute façon, je suis dessus depuis quasiment trois heures du matin.
— Ok, alors, dit-elle en se maudissant pour son manque de volonté. Elle choisit le canapé à côté du sien et s’y enfonça après avoir posé la collation qu’elle avait préparée sur la table.
— Des bêtises à la TV, donc ? demanda-t-il.
Aurélia lui fit un petit sourire, appréciant ses efforts pour détendre l’atmosphère.
— En fait, j’avais espéré trouver une chaîne qui propose un marathon de télé-réalité aujourd’hui, admit-elle en haussant les épaules.
Ben hocha la tête, ferma son ordinateur portable et se redressa. Aurélia remarqua qu’il portait un jean noir simple et un t-shirt ajusté du groupe « The Magnetic Fields ». Elle était fan en plus !
— …peux directement changer les chaînes avec mon téléphone, expliquait-il et agitant son smartphone devant le gigantesque écran de télé. Il s’alluma et Ben bascula sur Bravo.
— Oh, regarde, il y a Millionaire Matchmaker, dit-il en lui souriant.
— Tu connais cette émission ? demanda-t-elle en essayant de ne pas paraître trop surprise.
— Bien sûr, j’aime la mauvaise télé réalité comme tout le monde. Il haussa les épaules. Il faut bien que je m’occupe pendant que mon code compile.
— C’est vrai, répondit-elle. De manière générale, les mâles loups-garous étaient à 90% des poseurs bourrés de testostérone. Avec eux, tout n’était que démonstration de force, domination et maintien des autres à distance. Elle n’avait encore jamais rencontré un mâle qui admette avec autant de facilité ses petits défauts.
Le silence s’étira entre eux et Aurélia réalisa qu’elle devrait y mettre un peu du sien. Ben était gentil, mignon et ça ne lui ferait pas de mal d’avoir un allié supplémentaire dans cette maison, en plus de Lucas.
— Tu veux un cupcake ? proposa-t-elle en lui tendant le plat. Je viens juste de les faire.
Le visage de Ben s’illumina instantanément. Avec ses cheveux un peu trop longs et ses grands yeux bleus, sa joie simple le faisait paraître encore plus jeune que l’âge qu’elle savait qu’il avait. Sa louve sentait qu’il était tout juste trentenaire, mais à le voir comme ça, on aurait pu le croire tout juste sorti de l’adolescence. C’était attendrissant.
— Oh là là, oui, je les sens depuis une heure et ça me fait saliver, mais je ne voulais pas m’imposer.
— Attends, tu savais que j’étais là ? couina-t-elle.
— Et bien, oui. Tu n’étais pas vraiment discrète, tu dansais en préparant de la nourriture qui sentait délicieusement bon. J’aurais été un loup bien pourri si je n’avais rien remarqué, dit-il avec un sourire.
— Oh non, dit-elle en fronçant le nez, j’avais au moins espéré que tu ne m’aurais pas vue danser.
— Il n’y a pas beaucoup de femmes qui dansent en culotte par ici. C’est d’habitude un endroit parfait pour travailler sans être dérangé, mais ce n’est pas très animé. Je suis content que tu sois là, continua-t-il, le désir finissant par se lire dans ses yeux.
— C’est grand, vide et ça résonne un peu ici, hein ? dit-elle en saisissant un cupcake avant d’enlever la caissette en papier.
Ben hocha la tête, la bouche déjà pleine. Ils mangèrent en silence pendant quelques minutes, les yeux rivés sur la TV. Le silence entre eux était moins tendu désormais. Plus confortable.
— Et donc, tu travailles sur quoi ? demanda-t-elle, en dirigeant ses yeux sur son ordinateur portable.
— Hum… je démarre un nouveau projet de logiciel. C’est un genre de renseignement sur Internet, de l’intelligence web. Je sais pas, ça doit probablement te paraître barbant. Ben se gratta l’oreille, mal à l’aise.
— Quel genre de web intelligence ? Plutôt collecte à la source ou analyse de données ? demanda Aurélia, la curiosité piquée.
Ben cligna des yeux, surpris.
— Euh, les deux en fait, répondit-il en secouant la tête. Je veux développer un système tout en un. Quelque chose qui puisse générer des données de surveillance de masse, mais avec des fonctionnalités anonymisant complètement les sources. Et avec ça, on pourrait facilement empêcher la NSA de collecter toutes les informations des gens, si on leur offrait un moyen de faire leur boulot plus efficacement.
— Sans parler du profit que pourrait générer ce genre de programme respectueux de la vie privée des citoyens, ajouta Aurélia impressionnée.
— Ouais, dit-il en lui jetant un autre coup d’œil. C’est tout à fait ça. Lucas pense qu’il y a un gros coup à jouer.
— Je trouve moi aussi que c’est une très bonne idée. Comment récoltez-vous les données par contre ?
— De toutes les manières possibles et imaginables. Par des robots d’indexation principalement. Mais aussi grâce aux sites internet, réseaux sociaux, tout ce à quoi nous pouvons avoir accès. Nous faisons passer des milliards de résultats par jour à travers le système que j’ai mis en place et nous les analysons principalement pour détecter des anomalies. Le système note quand il y a des changements de comportements. Quand certains modèles apparaissent, le système crée une liste de présomptions. On règle les paramètres et ça travaille tout seul.
— En quoi est-il différent du système actuel alors ? le défia Aurélia. Elle aimait la lueur qui s’allumait dans ses yeux quand il parlait de son travail. Ça lui allait bien, décida-t-elle.
— Nous enlevons les marqueurs d’identification des données à mesure qu’elles entrent dans notre système. Nous sommes impartiaux, parce que les données sont impartiales, continua-t-il en s’allongeant et en posant la tête dans sa main. Les muscles épais de son avant-bras se contractèrent, la distrayant à nouveau.
— Euh… dit-elle en essayant de ne pas perdre le fil de ses pensées. Et tu en es où de ce projet exactement ?
— J’ai fini de mettre sur pied un modèle à petite échelle. C’est sur ça que je travaille depuis environ un mois. C’est presque terminé, j’ai juste besoin d’y faire passer une tonne de données pour vérifier les filtres et ajuster les paramètres. J’ai passé la nuit dessus, ajouta-t-il tout penaud.
— Je crois… je crois que c’est le projet pour lequel Lucas m’a recrutée, dit-elle, de l’excitation dans la voix.
— Attends, t’es informaticienne ? demanda-t-il interloqué.
— C’est un peu vexant cette surprise continuelle, dit-elle en le regardant sévèrement.
— Désolé, pardon, c’est juste que, tu sais…, il laissa sa phrase en suspens.
— Non, je ne sais pas non. C’est quoi ? demanda-t-elle en plissant les yeux.
— Regarde-toi. Les femelles dans ton genre ne passent généralement pas leur temps rivées derrière un écran d’ordinateur, dit-il.
— Les femelles comme moi, répéta-t-elle. Et qu’est-ce que c’est censé vouloir dire ça, Ben ?
Elle commença à se lever du canapé, décidée à quitter la pièce et celui qui s’y trouvait.
De la chaleur lui toucha le coude et la grande main de Ben se referma sur son poignet. Aurélia s’arrêta en frissonnant. Il s’était levé et la surplombait de toute sa hauteur. Le duvet de ses bras et de son cou se dressa, mais elle ne savait pas si c’était dû à la peur ou à l’excitation.
— Comme toi, c’est à dire belle, dit-il. C’est ce que j’ai essayé de dire sans y parvenir. Je ne sous-entendais rien d’autre, je le jure.
Aurélia avala sa salive savourant la chaleur qui irradiait de son corps et pénétrait sa peau nue. Sa bouche était sèche, son visage en feu et son souffle court. Pourtant, elle ne tenta pas de fuir le contact.
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