Sadece Litres'te okuyun

Kitap dosya olarak indirilemez ancak uygulamamız üzerinden veya online olarak web sitemizden okunabilir.

Kitabı oku: «Mémoires de Constant, premier valet de chambre de l'empereur, sur la vie privée de Napoléon, sa famille et sa cour», sayfa 28

Yazı tipi:

Quand nous étions à l'armée, je couchais sous la tente de l'empereur, soit sur un petit tapis, soit sur une peau d'ours dont il s'enveloppait dans sa voiture. Lorsqu'il m'arrivait de ne pouvoir me servir de ces objets, je cherchais à me procurer un peu de paille. Je me souviens d'avoir, un soir, rendu un grand service au roi de Naples, en partageant avec lui une botte de paille qui devait me servir de lit.

Voici quelques détails qui pourront donner au lecteur une idée de la manière dont je passais les nuits en campagne.

L'empereur reposait sur son petit lit en fer, et moi je me couchais où et comme je pouvais. À peine étais-je endormi que l'empereur m'appelait: «Constant.—Sire.—Voyez qui est de service. (C'était des aides-de-camp qu'il voulait parler.)—Sire, c'est M***.—Dites-lui de venir me parler.» Je sortais alors de latente pour aller avertir l'officier, que je ramenais avec moi. À son entrée, l'empereur lui disait: «Vous allez vous rendre auprès de tel corps, commandé par tel maréchal; vous lui enjoindrez d'envoyer tel régiment dans telle position; vous vous assurerez de celle de l'ennemi, puis vous viendrez m'en rendre compte.» L'aide-de-camp sortait et montait à cheval pour aller exécuter sa mission. Je me recouchais, l'empereur faisait mine de vouloir s'endormir, mais au bout de quelques minutes je l'entendais crier de nouveau: «Constant.—Sire.—Faites appeler le prince de Neufchâtel.» J'envoyais prévenir le prince, qui arrivait bientôt; et pendant le temps de la conversation je restais à la porte de la tente. Le prince écrivait quelques ordres et se retirait. Ces dérangemens avaient lieu plusieurs fois dans la nuit. Vers le matin, Sa Majesté s'endormait; alors j'avais aussi quelques instans de sommeil. Quand il venait des aides-de-camp apporter quelque nouvelle à l'empereur, je le réveillais en le poussant doucement.

«Qu'est-ce? disait Sa Majesté en s'éveillant en sursaut; quelle heure est-il? faites entrer. L'aide-de-camp faisait son rapport; s'il en était besoin, Sa Majesté se levait sur-le-champ et sortait de la tente; sa toilette n'était pas longue; s'il devait y avoir une affaire, l'empereur observait le ciel et l'horizon, et je l'ai souvent entendu dire: «Voilà un beau jour qui se prépare!»

Le déjeuner était préparé et servi en cinq minutes, et au bout d'un quart d'heure le couvert était levé. Le prince de Neufchâtel déjeunait et dînait tous les jours avec Sa Majesté; en huit ou dix minutes le plus long repas était terminé. «À cheval!» disait alors l'empereur, et il partait accompagné du prince de Neufchâtel, d'un aide-de-camp ou de deux, et de Roustan, qui portait toujours un flacon d'argent plein d'eau-de-vie dont l'empereur ne faisait presque jamais usage. Sa Majesté passait d'un corps à un autre, parlait aux officiers, aux soldats, les interrogeait, et voyait par ses yeux tout ce qu'il était possible de voir. S'il y avait quelque affaire, le dîner était oublié, et l'empereur ne mangeait que lorsqu'il était rentré. Si l'engagement durait trop long-temps, on lui portait alors et sans qu'il le demandât, un petit croûton de pain et un peu de vin.

M. Colin, contrôleur de la bouche, a maintes fois bravé le canon pour porter ce léger repas à l'empereur.

À l'issue d'un combat, Sa Majesté ne manquait jamais de visiter le champ de bataille; elle faisait distribuer des secours aux blessés en les encourageant par ses paroles.

L'empereur rentrait quelquefois accablé de fatigue; il prenait un léger repas et se couchait pour recommencer encore ses interruptions de sommeil.

Il est à remarquer que chaque fois que des circonstances imprévues forçaient les aides-de-camp à faire réveiller l'empereur, ce prince était aussi apte au travail qu'il l'eût été au commencement ou au milieu du jour: son réveil était aussi aimable que son air était gracieux. Le rapport d'un aide-de-camp étant terminé, Napoléon se rendormait aussi facilement que si son somme n'eût pas été interrompu.

Les trois ou quatre jours qui précédaient une affaire, l'empereur passait la plus grande partie de son temps étendu sur de grandes cartes qu'il piquait avec des épingles dont la tête était en cire de différentes couleurs.

Je l'ai déjà dit, toutes les personnes de la maison de l'empereur cherchaient à l'envi les moyens les plus sûrs et les plus prompts pour que rien ne lui manquât. Partout, en voyage comme en campagne, sa table, son café, son lit et son bain même, pouvaient être préparés en cinq minutes. Combien de fois ne fut-on pas obligé d'enlever en moins de temps encore des cadavres d'hommes et de chevaux pour dresser la tente de Sa Majesté!

Je ne sais dans quelle campagne au-delà du Rhin nous nous trouvâmes arrêtés dans un mauvais village où, pour faire le logement de l'empereur, on fut obligé de prendre une baraque de paysan qui avait servi d'ambulance. Il fallut commencer d'abord par enlever les membres coupés, et laver les taches de sang: ce travail fut terminé en moins d'une demi-heure, et tout était presque bien.

L'empereur dormait quelquefois un quart d'heure ou une demi-heure sur le champ de bataille, lorsqu'il était fatigué, ou qu'il voulait attendre plus patiemment le résultat des ordres qu'il avait donnés.

Nous nous rendions à Potsdam, lorsque nous fûmes surpris par un violent orage: il était si fort et la pluie tellement abondante, que nous fûmes obligés de nous arrêter et de nous réfugier dans une maison voisine de la route; bien boutonné dans sa capote grise, et ne croyant pas qu'on pût le reconnaître, l'empereur fut fort surpris de voir en entrant dans la maison une jeune femme que sa présence faisait tressaillir: c'était une Égyptienne qui avait conservé pour mon maître cette vénération religieuse que lui portaient les Arabes. Veuve d'un officier de l'armée d'Égypte, le hasard l'avait conduite en Saxe, dans cette même maison où elle avait été accueillie. L'empereur lui accorda une pension de douze cents francs, et se chargea de l'éducation d'un fils, seul héritage que lui eût laissé son mari. «C'est la première fois, dit Napoléon, que je mets pied à terre pour éviter un orage; j'avais le pressentiment qu'une bonne action m'attendait là.»

Le gain de la bataille d'Iéna avait frappé les Prussiens de terreur; la cour avait fui avec tant de précipitation, qu'elle avait tout laissé dans les maisons royales. En arrivant à Potsdam, l'empereur y trouva l'épée du grand Frédéric, son hausse-col, le grand cordon de ses ordres et son réveil. Il les fit porter à Paris, pour être conservés à l'hôtel des Invalides: «Je préfère ces trophées, dit Sa Majesté, à tous les trésors du roi de Prusse; je les enverrai à mes vieux soldats des campagnes de Hanovre; il les garderont comme un témoignage des victoires de la grande armée et de la vengeance qu'elle a tirée du désastre de Rosbach.» L'empereur ordonna le même jour la translation dans sa capitale de la colonne élevée par le grand Frédéric pour perpétuer le souvenir de la défaite des Français à Rosbach. Il aurait pu se contenter d'en changer l'inscription.

Napoléon demeurait au château de Charlottembourg, où il avait établi son quartier-général. Les régimens de la garde arrivaient de tous côtés. Aussitôt qu'ils furent rassemblés, on leur donna l'ordre de se mettre en grande tenue, ce qui s'exécuta dans le petit bois, en avant de la ville. L'empereur fit son entrée dans la capitale de la Prusse, entre dix et onze heures du matin. Il était entouré de ses aides-de-camp et des officiers de son état-major. Tous les régimens défilèrent dans le plus grand ordre, tambours et musique en tête. L'excellente tenue des troupes excita l'admiration des Prussiens.

Étant entrés dans Berlin, à la suite de l'empereur, nous arrivâmes sur la place de la ville au milieu de laquelle s'élevait un buste du grand Frédéric. Le nom de ce monarque est si populaire à Berlin et dans toute la Prusse, que j'ai vu cent fois, lorsqu'il arrivait à quelqu'un de le prononcer, soit dans un café ou dans tout autre lieu public, soit dans des réunions particulières, tous les assistans se lever, chacun ôtant son chapeau et donnant toutes les marques d'un respect et même d'un culte profond. L'empereur arrivé devant le buste, décrivit un demi-cercle au galop, suivi de son état-major, et baissant la pointe de son épée, il ôta en même temps son chapeau et salua le premier l'image de Frédéric II. Son état-major imita son exemple, et tous les officiers-généraux et officiers qui le composaient se rangèrent en demi-cercle autour du buste, l'empereur au centre. Sa Majesté donna ordre que chaque régiment présentât les armes en défilant devant le buste. Cette manœuvre ne fut pas du goût de quelques grognards du premier régiment de la garde, qui, la moustache roussie et le visage encore tout noirci de la poudre d'Iéna, auraient mieux aimé un bon billet de logement chez le bourgeois que la parade. Aussi ne cachaient-ils pas leur humeur, et il y en eut un entre autres qui en passant devant le buste et devant l'empereur, exprima entre ses dents et sans déranger un muscle de son visage, mais pourtant assez haut pour être entendu de Sa Majesté, qu'il ne se moquait pas mal de son s… buste. Sa Majesté fit la sourde oreille; mais le soir elle répéta en riant le mot du vieux soldat.

Sa Majesté descendit au château, où son logement était préparé, et où les officiers de sa maison l'avaient devancé. Ayant appris que la princesse électorale de Hesse-Cassel, sœur du roi, y était restée malade à la suite d'une couche, l'empereur monta à l'appartement de cette princesse, et après une assez longue visite, il donna des ordres pour que cette dame fût traitée avec tous les égards dus à son rang et à sa cruelle position.

L'empereur passant une grande revue à Berlin, une jeune personne, accompagnée d'une femme âgée, lui présenta une pétition. Sa Majesté, rentrée au palais, en prit connaissance, et me dit: «Constant, lisez cette demande, vous y verrez la demeure des femmes qui me l'ont présentée. Vous irez chez elles pour savoir qui elles sont et ce qu'elles veulent.» Je lus le placet, et je vis que la jeune fille demandait pour toute grâce un entretien particulier avec Sa Majesté.

M'étant rendu à l'adresse indiquée, je trouvai une demoiselle de l'âge de quinze à seize ans et d'une beauté admirable. Malheureusement je découvris, en lui adressant la parole, qu'elle ne comprenait pas un seul mot de français ni d'italien; et en songeant à l'entretien qu'elle sollicitait, je ne pus m'empêcher de rire. La mère, ou celle qui se faisait passer pour telle, parlait un peu français, mais fort difficilement. Je parvins pourtant à comprendre qu'elle était veuve d'un officier prussien, dont elle avait eu cette belle personne. «Si l'empereur accorde à ma fille sa demande, dit-elle, je solliciterai la grâce d'être présentée en même temps à sa majesté l'empereur.» Je lui fis observer que l'audience ayant été sollicitée seulement par sa fille, il me paraissait difficile qu'elle y assistât, et elle parut comprendre parfaitement cette nécessité imposée par l'étiquette. Après ce court entretien, je retournai au palais, où je rendis compte à l'empereur de ma mission. À dix heures du soir, j'allai avec une voiture chercher les deux dames, que j'amenai au palais. J'engageai la mère à rester dans un cabinet pendant que j'irais présenter la jeune fille à l'empereur. Sa Majesté la retint, et je me retirai.

Quoique la conversation ne dût pas être fort intéressante entre deux personnes qui ne pouvaient se comprendre que par signes, elle ne laissa pas de se prolonger une partie de la nuit. Vers le matin, l'empereur, m'ayant appelé, me demanda 4,000 francs, qu'il remit lui-même à la jeune Prussienne, qui paraissait être fort contente. Elle rejoignit ensuite sa mère, qui n'avait pas eu l'air d'éprouver la moindre inquiétude sur la longue durée de l'entretien. Elles remontèrent dans la voiture qui les attendait, et je les reconduisis à leur demeure.

L'empereur me dit qu'il n'avait jamais pu rien comprendre que Dass ist miserable, dass ist gut, et que, malgré tous les agrémens d'un tête-à-tête avec une aussi jolie femme, l'entretien était peu de son goût.

Peu de jours après cette aventure, j'appris que la demoiselle avait été enlevée par un militaire français, dont on ignorait le nom. L'empereur ne s'occupa en aucune façon des fugitifs. De retour à Paris, et quelques mois après, je traversais la rue de Richelieu, quand je fus accosté par une femme assez mal vêtue, et coiffée d'un grand chapeau qui lui couvrait presque entièrement le visage; elle me demanda pardon, en m'appelant par mon nom, de m'arrêter ainsi dans la rue. Lorsqu'elle leva la tête, je reconnus la jolie figure de la Prussienne, qui était toujours ravissante. Le voyage l'avait formée; car elle parlait assez bien français. Elle me conta ainsi son histoire.

«J'ai éprouvé de bien grands malheurs depuis que je ne vous ai vu; vous savez sans doute que j'eus à Berlin la faiblesse de céder aux importunités et aux promesses d'un colonel français. Cet officier, après m'avoir tenue cachée pendant quelque temps, m'a déterminée à le suivre, me jurant qu'il m'aimerait toujours et que je serais bientôt sa femme. Il m'emmena à Paris. Je ne sais s'il comptait, pour son avancement, sur la faveur dont il supposait que je jouissais auprès de l'empereur;» (ici je crus voir quelque rougeur sur le visage et quelques pleurs dans les yeux de la pauvre fille); «mais je ne pus m'empêcher de le soupçonner de ce honteux calcul, en l'entendant un jour s'étonner et presque se plaindre de ce que l'empereur n'avait fait faire aucune démarche pour savoir ce que j'étais devenue. Je reprochai au colonel cet excès de turpitude, et pour se débarrasser de moi et de mes reproches, il eut la lâcheté de m'abandonner dans une maison suspecte. Désespérée de me trouver dans un pareil repaire, j'ai fait mille efforts pour m'en échapper, et j'ai été assez heureuse pour y réussir. Comme il me restait encore un peu d'argent, j'ai loué une petite chambre dans la rue Chabanais. Mais ma bourse est épuisée et je suis très-malheureuse; tout ce que je désire aujourd'hui, c'est de retourner à Berlin. Mais comment faire pour partir d'ici?» En prononçant ces derniers mots, la malheureuse femme fondait en larmes.

Je fus véritablement touché de la détresse d'une personne si jeune et si belle, dont la corruption des autres, et non la sienne, avait causé la perte, et je lui promis de parler de sa situation à l'empereur. En effet, le soir même, je saisis l'occasion d'un moment de bonne humeur pour faire part à Sa Majesté de la rencontre que j'avais faite. L'empereur se réjouit d'apprendre que la jolie étrangère parlait assez bien le français, et il eut quelque velléité de la voir de nouveau. Mais je me permis de lui faire observer qu'il était à craindre qu'elle ne fût plus digne de ses soins, et je lui racontai les voyages et aventures de la pauvre délaissée. Mon récit produisit l'effet que j'en attendais; il refroidit considérablement Sa Majesté et excita sa pitié.

Je reçus ordre de compter à la jeune fille deux cents napoléons, afin qu'elle pût retourner dans son pays, et jamais je ne m'acquittai d'une commission avec plus de joie. Celle de la belle Prussienne fut au comble. Elle m'accabla de remerciemens et me fit ses adieux.

Elle partit sans doute, car depuis je ne l'ai plus revue.

NOTE DE L'ÉDITEUR

Les mémoires de M. Constant ont été faits par lui dans un double but: pour faire connaître l'empereur Napoléon, et pour faire connaître aussi la cour impériale. Les noms des principaux personnages, et même des auteurs secondaires de ce grand théâtre, revenant sans cesse dans les récits de M. Constant, l'éditeur de ses mémoires a pensé que l'on pourrait être curieux de voir quels étaient l'emploi et les rôles de chacun. L'étiquette, à l'époque de l'avènement de Napoléon à l'empire, fut long-temps la grande affaire de la nouvelle cour, et occupa même quelques-uns des loisirs de cet homme extraordinaire, qui songeait en même temps à l'invasion de l'Angleterre et à la coupe d'un habit de chambellan, et qui datait de son quartier général du Kremlin un nouveau règlement pour le Théâtre-Français.

L'éditeur a donc eu l'idée de satisfaire une juste curiosité, en plaçant ici, en forme de pièces justificatives, des réglemens d'étiquette qui ont été longuement discutés dans un conseil formé et rassemblé ad hoc, lequel tenait ses séances en présence de l'empereur. Napoléon prit part à cette grave discussion autant qu'à celle du Code civil, et son esprit, également prêt à traiter tous les sujets, jeta de vives lumières sur l'une comme sur l'autre. Ainsi, ce que l'on va lire est en majeure partie l'œuvre du vainqueur d'Austerlitz, moins de nombreux plagiats dérobés à l'ancienne cour de France; car les conseillers de Napoléon sur ces matières avaient appartenu plus ou moins à l'ancienne cour, et l'empereur ne fut pas médiocrement aidé dans le travail dont il s'agit par l'homme honorable et spirituel qu'il institua, avec grande raison, son grand-maître des cérémonies.

—–

Les attributions du grand-maréchal du palais étaient:

Le commandement militaire dans les palais impériaux et leurs dépendances, la surveillance de leur entretien, embellissement et ameublement, la distribution des logemens;

Le service de la bouche, les tables, le chauffage, l'éclairage, l'argenterie, la lingerie et la livrée.

Le grand-maréchal du palais était présent à l'ordre que Sa Majesté donnait journellement aux colonels-généraux de sa garde. Il le recevait pour le palais, et faisait à Sa Majesté son rapport sur tous les événemens qui pouvaient s'y être passés.

Il proposait à Sa Majesté la distribution du service militaire à établir pour la garde du palais. Ce service une fois fixé ne pouvait plus être dérangé sous un nouvel ordre de Sa Majesté.

Le grand-maréchal du palais, chargé du commandement et de la police dans les palais impériaux, commandait aux détachemens de la garde impériale qui y faisaient le service. Il leur donnait les consignes et l'ordre; il recevait le rapport des officiers qui commandaient les différens postes.

Les officiers militaires en service dans le palais ne devaient recevoir des ordres que du grand-maréchal du palais ou des officiers qui le représentaient.

Il donnait les ordres pour battre la retraite ou le réveil, pour fermer ou ouvrir les grilles du palais.

Le grand-maréchal du palais prenait le commandement, et était chargé de la police dans tous les endroits où Sa Majesté allait en cérémonie, et dans lesquels la garde impériale prenait poste.

Sa Majesté donnait ses ordres au grand-maréchal du palais pour les personnes qui devaient monter à cheval aux grandes parades qui avaient lieu dans l'enceinte du palais.

Il devait lui être rendu compte de tous les événemens qui arrivaient dans le palais, de tous les individus qui venaient y loger, s'y établir ou s'y introduire. Ceux qui y étaient arrêtés n'étaient plus relâchés ou renvoyés à d'autres autorités que d'après ses ordres.

Comme chargé de la police dans les palais, c'était lui seul qui pouvait infliger, sur la demande qui lui en était faite, la punition d'emprisonnement, aux individus des différens services de la maison de Sa Majesté, quelles que fussent leurs fonctions. Il faisait exécuter ses ordres par les officiers de la gendarmerie impériale de service dans le palais.

Le grand-maréchal du palais, ou les officiers qui le représentaient, étaient exactement prévenus des cérémonies ou fonctions qui devaient avoir lieu dans le palais, des personnes qui devaient y participer ou y assister, par les officiers qui les ordonnaient.

Il prenait les ordres de l'empereur pour les logemens que Leurs Majestés, leurs officiers et les gens attachés à leur service, devaient occuper dans les différens palais impériaux, à l'année et dans les voyages.

Le grand-maréchal du palais était chargé de la distribution des appartemens, et des logemens dans les palais impériaux. Il réglait leur ameublement, et s'adressait à l'intendant général pour en obtenir les travaux en réparation et entretien, et tous les meubles nécessaires.

Il ne pouvait rien être changé à la distribution ou à l'ameublement du palais, et l'on ne pouvait faire sortir aucun des meubles, à moins d'un ordre du grand-maréchal du palais. Il ne pouvait rien y entrer non plus sans qu'il en fût prévenu.

Le grand-maréchal du palais faisait à l'intendant général la demande des meubles nécessaires; les chambellans de Leurs Majestés les faisaient disposer dans les grands appartemens et appartemens d'honneur de Leurs Majestés, comme cela était nécessaire pour les cérémonies ou fonctions qui pouvaient avoir lieu.

Il avait sous ses ordres les concierges, garçons d'appartement, portiers, et tous employés quelconques au service du palais; il avait la surveillance sur tous les individus quelconques, attachés au service de Leurs Majestés, qui y étaient logés. Il donnait à tous les portiers les consignes pour leur service.

Il surveillait l'entretien des bâtimens des palais et celui de leur ameublement. Il veillait à l'appropriement et à la bonne tenue de tous les appartemens et logemens, des communs, des cours, jardins et dépendances.

Il veillait à ce que les gouverneurs et sous-gouverneurs des palais tinssent la main pour que les inventaires que les concierges devaient avoir de leur mobilier, et leurs registres de recette et consommation, fussent conformes à ce qui était réellement.

Le grand-maréchal du palais et ses officiers devaient veiller à ce qu'il ne s'introduisît dans le palais aucun individu qui ne devait pas y entrer.

Comme grand-officier de la maison, le grand-maréchal du palais avait ses entrées déterminées et fixées dans les appartemens habités par Leurs Majestés. Mais lorsqu'elles n'habitaient pas un appartement, il pouvait y entrer et y ordonner.

Les pompiers et la chambre de veille étaient sous les ordres du grand-maréchal du palais; en cas d'accidens imprévus et d'incendies, le grand-maréchal du palais ordonnait toutes les dispositions.

Il visitait et faisait visiter par les maréchaux-des-logis, les palais impériaux, leurs dépendances, les différens logemens qui y étaient établis, afin de s'assurer qu'ils étaient tenus proprement, et que ceux qui les occupaient n'y commettaient aucune dégradation, ni rien qui fût préjudiciable à la police et au bon ordre qui devaient y régner.

À l'armée et en voyage, le grand-maréchal du palais était chargé de pourvoir au logement de Leurs Majestés.

Il ordonnait la répartition des logemens pour les personnes de la suite de Leurs Majestés et de celles de leur service, et faisait fournir les écuries nécessaires.

C'était au grand-maréchal du palais à régler ce qui concernait les logemens des hommes et des chevaux de la garde impériale qui accompagnaient Sa Majesté dans ses voyages; et pour cela, les commandans des détachemens lui fournissaient les officiers ou sous-officiers de logement qui lui étaient nécessaires.

Les logemens marqués par ordre du grand-maréchal du palais, pour le service de Leurs Majestés, les personnes de leur suite et pour la garde impériale, ne pouvaient plus être pris par aucune autre personne, quels que fussent son rang et ses fonctions, et pour aucun autre service.

Lorsque Sa Majesté arrivait ou faisait sa première entrée dans un de ses palais, le grand-maréchal la recevait à la porte, la précédait et la conduisait dans les appartemens où elle pouvait désirer d'aller.

La place du grand-maréchal du palais dans les cérémonies était désignée; si c'était dans l'enceinte du palais ou dans un lieu dont il avait le commandement, il était placé de manière à pouvoir recevoir directement les ordres de Sa Majesté.

Le grand-maréchal du palais, comme chargé du service de la bouche, du chauffage, de l'éclairage, de l'argenterie, de la lingerie et de la livrée, ordonnait tout ce qui était relatif à ces services, et devait veiller à ce qu'ils fussent bien faits dans tous les endroits quelconques où Leurs Majestés pouvaient se trouver.

Il distribuait les tables, déterminait quelles étaient les personnes qui devaient y manger, réglait le service de chacune.

Le grand-maréchal du palais était prévenu des ordres que Leurs Majestés donnaient pour le service de leurs tables, et des invitations qu'elles faisaient faire. Il chargeait les préfets des détails des services.

Le grand-maréchal faisait visiter par les préfets du palais, les cuisines, offices, caves, lingerie et fourrières, pour s'assurer que tout était tenu proprement et en ordre.

Lorsque Leurs Majestés mangeaient en grand couvert, le grand-maréchal du palais prenait lui-même les ordres de Leurs Majestés pour le service; il les faisait exécuter par les préfets du palais, qui l'avertissaient quand le repas était servi.

Le grand-maréchal du palais prévenait Leurs Majestés, les conduisait jusqu'à la table, se plaçait à la droite, et les reconduisait de même après le repas.

Pendant le repas, le grand-maréchal du palais offrait à boire à l'empereur.

Lorsque Leurs Majestés mangeaient en petit couvert dans les appartemens d'honneur, et que le grand-maréchal du palais était présent, il prenait de même les ordres de Leurs Majestés pour le service, et les prévenait lorsque tout était prêt.

Il faisait faire, tous les six mois au moins, par les préfets, la vérification de toute la vaisselle, argenterie, lingerie, porcelaine et verrerie appartenant à Leurs Majestés.

Il visait tous les états de dépenses et de gages pour lesquels il lui était accordé des fonds par le budget de la maison.

Le grand-maréchal du palais présentait à Sa Majesté et à son lever, les officiers compris dans ses attributions qu'elle avait bien voulu nommer. Il leur remettait copie de l'expédition du décret de leur nomination, et recevait le serment de ceux qui ne le prêtaient pas entre les mains de Sa Majesté.

Le grand-maréchal du palais nommait, avec l'agrément de Sa Majesté, et brevetait le secrétaire, les maîtres d'hôtel, les concierges et toutes les autres personnes au service du palais ou de la maison, comprises dans ses attributions, et recevait leur serment.

Le bureau de la poste aux lettres, établi dans chacun des palais impériaux, était sous la surveillance du grand-maréchal du palais.

Le grand-maréchal du palais était logé et avait une table servie aux dépens de la couronne.

—–
GOUVERNEURS DES PALAIS

Le gouverneur d'un palais était chargé, sous les ordres du grand-maréchal et pour le palais dont il était le gouverneur, de tous les détails du commandement militaire et de la police du palais, de la surveillance pour l'entretien des bâtimens et leur mobilier, de la propreté des appartemens, cours et jardins, de la distribution des logemens, suivant tout ce qui a été dit ci-dessus pour le grand-maréchal du palais.

Les gouverneurs des palais étaient officiers de la maison; ils prêtaient serment entre les mains de l'empereur.

Le gouverneur d'un palais faisait habituellement la ronde et la visite du palais et des postes qui y étaient établis.

Il faisait au maréchal du palais toutes les demandes pour les fournitures ou travaux à faire dans le palais.

Il se faisait rendre compte de tout ce qui arrivait, par les chefs des postes, le concierge, les portiers, les garçons d'appartement, les gardes et surveillans des jardins.

Il faisait défiler la garde montante; il donnait l'ordre et le mot qu'il recevait du grand-maréchal du palais, ou, en son absence, du colonel général de service.

Pendant le séjour de Sa Majesté dans un de ses palais, si le grand-maréchal était absent, le gouverneur prenait les ordres du colonel général de service.

Le sous-gouverneur suppléait le gouverneur dans toutes ses fonctions.

L'adjudant du palais surveillait, sous les ordres du gouverneur et sous-gouverneur, les détails du service militaire, de la police et bonne tenue du palais. Il faisait journellement la ronde de tous les postes du palais; il s'assurait que les consignes fussent bien exécutées et les patrouilles bien faites; que les hommes qui montaient la garde fussent propres, ainsi que les corps-de-garde.

—–
PRÉFETS DU PALAIS

Le premier préfet du palais et les préfets du palais suppléaient le grand-maréchal du palais pour le service de la bouche, de l'éclairage, du chauffage, de l'argenterie et de la livrée.

Il y avait toujours un préfet du palais de service; il était relevé tous les huit jours, et pendant son service il était logé dans le palais.

Le préfet de service devait visiter, tous les jours, les cuisines, caves, offices, argenteries, fourrières et magasins, afin de s'assurer si tout était tenu proprement. Il devait bien connaître toutes les personnes qui y étaient employées.

Lorsque l'intendant général passait un marché de fourniture pour la maison, le premier préfet ou un des préfets y était présent; il devait le discuter pour les intérêts de Sa Majesté et s'assurer que la chose à fournir serait de la meilleure qualité.

Le préfet de service était présent aux vérifications d'inventaire, qui devaient se faire de temps à autre, de l'argenterie, porcelaine et autres objets confiés aux chefs de service.

Il devait être présent à la réception de toutes les fournitures, pour le service de la maison, et s'assurer si elles étaient conformes à ce qui avait été arrêté par les marchés.

Il vérifiait de temps à autre les registres du premier maître d'hôtel contrôleur et des chefs de service.

Le préfet de service devait recevoir des chambellans de service la liste des personnes que Leurs Majestés faisaient inviter à leur table.

Avant le coucher de l'empereur, le préfet de service devait prendre ses ordres pour le service du lendemain, et connaître l'heure de son déjeuner.

Tous les matins, le préfet de service se faisait représenter le service arrêté pour la journée.

Aux heures des repas de Leurs Majestés le préfet prenait leurs ordres, et il envoyait un maître d'hôtel chercher le service de la cuisine et celui de l'office: ils étaient apportés couverts, et précédés du maître d'hôtel, qui devait les poser, du sommelier et du chef de l'office qui apportaient et posaient eux-mêmes sur la table les vins, l'eau et le pain qui devaient être servis à Leurs Majestés.

Yaş sınırı:
12+
Litres'teki yayın tarihi:
30 haziran 2018
Hacim:
1701 s. 3 illüstrasyon
Telif hakkı:
Public Domain