Kitabı oku: «De la Santé des gens mariés»

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Louis Seraine

De la Santé des gens mariés

Physiologie de la génération de l'homme et hygiène philosophique du mariage


Publié par Good Press, 2022

goodpress@okpublishing.info

EAN 4064066337179

Table des matières

PREMIÈRE PARTIE

CHAPITRE PREMIER

CHAPITRE II

CHAPITRE III

CHAPITRE IV

CHAPITRE V

DEUXIÈME PARTIE

CHAPITRE PREMIER

CHAPITRE II

CHAPITRE III

CHAPITRE IV

CHAPITRE V

TROISIÈME PARTIE

CHAPITRE PREMIER

CHAPITRE II

CHAPITRE III

CHAPITRE IV

CHAPITRE Y

PREMIÈRE PARTIE

Table des matières

LA PROCRÉATION

Je ne rougirai pas de parler, pour l’utilité des lecteurs, des organes qui donnent naissance à l’homme, puisque Dieu n’a pas rougi de les créer.

(SAINT CLÉMENT D’ALEX., Pédagogue.)

La multiplication de l’espèce humaine est à la fois le vœu de la nature et de la religion qui a fait de la fécondité un signe de la bénédiction céleste et de la prospérité. De concert avec elles la loi civile a entouré de respect et de prérogatives le mariage, parce que cette association faite entre l’homme et la femme a non-seulement pour but d’adoucir les peines et les épreuves de la vie en les partageant, et de moraliser l’individu par les hautes aspirations de l’amour chaste, mais encore et surtout d’assurer la reproduction et l’avenir des enfants. Les statisticiens établissent par des chiffresqu’il naît plus d’enfants dans un ménage de gens mariés que chez les couples qui vivent en concubinage, et que la durée moyenne de la vie des parents est remarquablement prolongée par cette sainte institution. Toutefois, comme le mariage est généralement accompli à un âge où les passions sont ardentes, la raison faible, l’expérience nulle, et que l’ivresse de l’amour plus encore que celle du vin ouvre la porte à un cortége nombreux de folies et de malheurs quelquefois irréparables, j’ai cru devoir réunir dans cette première partie, comme en un code de la génération, tout ce que l’expérience a appris aux plus sages philosophes et aux médecins les plus experts sur cette importante et délicate fonction.

Nous étudierons successivement: 1° le sens génésique; 2° les organes générateurs et leurs fonctions; 3° les limites de la puissance sexuelle; 4° le mariage et ses devoirs; 5° le célibat et ses inconvénients.

CHAPITRE PREMIER

Table des matières

DU SENS GÉNÉSIQUE

Instinct sexuel dans l’espèce humaine. — Phénomènes de la puberté dans les deux sexes. — Établissement du flux menstruel. — Pertes séminales involontaires. — Nécessité de la continence durant le jeune âge.

— Devoirs des parents à cet égard.

I. L’instinct sexuel est cette impulsion naturelle qui porte les deux sexes à se rechercher et à s’unir en vue de la conservation de l’espèce.

Cet instinct, qui joue un si grand rôle dans la vie physiologique et morale de l’homme, la marque tout entière de son empreinte. Suivant sa force ou sa faiblesse, suivant que, dans les limites de la nature, il reçoit une légitime satisfaction, suivant qu’il est méconnu ou abandonné à lui-même sans gouvernail et sans frein, il a une influence bienfaisante ou pernicieuse.

Dans l’homme toutes les fonctions organiques, qui ont besoin pour s’exercer du concours de la volonté et du contrôle de la raison, sont guidées par un sens spécial qui a son origine dans la profondeur des organes dont il révèle les besoins. La fonction génitale est soumise à cette loi. De même que la faim ou la soif préviennent l’homme d’un besoin à satisfaire pour la conservation du corps, le sens génital l’invite à concourir à la conservation de son espèce.

Mais tandis que chez les animaux la nature a pris soin de soumettre à une règle invariable et très-étroite cette puissance qu’elle ne pouvait leur confier sans s’exposer à les voir s’épuiser et leurs races s’éteindre rapidement, elle en a remis à l’homme le libre usage, voulant honorer en lui l’être raisonnable. Aussi, tandis que chez les animaux à l’état de nature le temps du rut ne survient en général qu’une fois l’an, l’homme est-il toujours apte à faire usage de la puissance sexuelle: il est chargé par l’auteur de toutes choses de toute la responsabilité de l’emploi de cette grande fonction, le plus salutaire ou le plus funeste des dons qui lui ont été faits suivant qu’il en use bien ou mal.

Quoique chez l’homme la révélation de la sexualité ne soit complète qu’au temps de la puberté, il en existe cependant des vestiges dès l’âge le plus tendre. Les goûts, les occupations et les jeux des petits garçons et des petites filles trahissent de bonne heure l’influence sexuelle. La curiosité qui vient aux enfants élevés loin de leur mère, ou trop peu surveillés, relativement à la fonction génératrice, et leur désir de pénétrer ses mystères sont une preuve encore plus directe de l’influence hâtive du sexe. Il importe que les parents connaissent les dangers de cette curiosité et se tiennent en garde contre elle par une surveillance active.

En même temps que s’éveille la vie sexuelle se montre le sentiment de la pudeur, qui est propre à notre espèce, nous caractérise et nous distingue des animaux en nous élevant au-dessus d’eux.

A mesure que l’enfant grandit, quel que soit son sexe, il est agité par de secrètes inquiétudes, impressionné par des pensées qui tiennent à des sensations vagues; le système nerveux est d’une impressionnabilité excessive, d’une mobilité extrême; l’âme est portée aux sentiments tendres, à la rêverie, et passe en un instant des espérances chimériques aux désespoirs insensés et sans cause. La jeune fille, plus encore que le jeune garçon, devient facilement la proie de ces affections de l’âme qui la portent à prendre en dégoût ses occupations ordinaires, à fuir la société, à rechercher la solitude.

Chacun de nous n’a qu’à puiser dans ses souvenirs pour se faire le doux et terrible tableau de cette période de la vie humaine.

II. C’est ordinairement vers l’âge de quinze ans chez l’homme et celui de quatorze ans chez la femme que s’éveillent vivement ces sensations nouvelles et qu’apparaissent les premiers signes de la puberté.

Chez l’homme, les organes génitaux deviennent plus volumineux et la sécrétion spermatique s’établit; les règles apparaissent chez la femme et ses seins se gonflent; dans les deux sexes les parties génitales se couvrent de poils.

Bientôt les différences extérieures se manifestent par des phénomènes de plus en plus tranchés.

Chez les jeunes garçons, les membres et le corps revêtent les traits caractéristiques de l’homme. La peau perd sa blancheur et sa délicatesse; les cheveux deviennent plus rudes, plus abondants et plus foncés; les muscles se développent; la physionomie se caractérise; la figure prend une expression sérieuse et virile; les yeux deviennent vifs et ardents; la première barbe remplace le duvet de l’enfance. Le cerveau prend beaucoup de développement, et il en est de même du cervelet; la boite crânienne augmente sa capacité à mesure que les études développent l’énergie de la pensée. Le système osseux achève son accroissement en hauteur; le larynx change de calibre, la glotte devient plus large, la voix plus grave. Les organes génitaux acquiérent le volume et l’efficacité qui leur est nécessaire pour accomplir leur fonction; les testicules grossissent du double et sécrètent les spermatozoaires; le pénis prend un volume plus fort et devient susceptible d’érection; le scrotum acquiert une coloration brune.

Chez la jeune fille, la puberté porte aussi le corps à son entier développement; mais la peau reste blanche, ou plutôt acquiert une blancheur et un éclat nouveaux; le tissu cellulaire graisseux se développe, et rayonne en quelque sorte autour de deux foyers dont l’un est l’instrument immédiat de l’œuvre de la génération, et dont l’autre, constitué par les organes destinés à nourrir le nouvel être, est en même temps l’attribut le plus élevé de la beauté physique des femmes. La masse cellulaire s’arrange autour de ces deux parties, qu’elle rend plus saillantes, comme autour de deux centres, d’où elle envoie ses productions aux différents organes qui sont sous leur dépendance. Les productions cellulo-graisseuses qui partent du centre supérieur, après avoir arrondi le col et lié les traits du visage, vont se perdre agréablement vers les épaules et se prolonger vers les bras, pour leur donner ces contours fins, déliés et moelleux qui se continuent jusqu’aux extrémités des mains. Les productions qui partent de l’autre centre vont modifier à peu près de la même manière toutes les parties inférieures. Le principe actif qui opère ce développement imprime en même temps aux humeurs un mouvement qui donne à toutes les parties de la consistance, de la chaleur et du coloris. Tout s’anime alors chez la femme: ses yeux, auparavant muets, acquièrent de l’éclat et de l’expression; tout ce que les grâces légères et naïves ont de piquant, tout ce que la jeunesse a de fraîcheur, brille dans sa personne.

Un grand nombre de circonstances influent sur l’âge auquel surviennent les phénomènes de la puberté. Le développement individuel varie:

1° Selon le sexe: la puberté est plus précoce et peut-être plus énergique chez la femme que chez l’homme, ce qui tient, suivant Buffon, à ce que, l’homme étant naturellement plus fort et plus robuste que la femme, la nature doit nécessairement employer plus de temps pour le conduire à son entier développement. — Tout le monde sait que, par compensation, la faculté de reproduction s’éteint beaucoup plus tôt chez la femme que chez l’homme.

2° Selon le tempérament: il est prompt chez les sujets sanguins, nerveux et bilieux; il l’est moins chez les lymphatiques,

3° Selon les aliments: il est beaucoup plus précoce chez les peuples qui se nourrissent de la chair des animaux et de celle des poissons que chez ceux qui se nourrissent exclusivement de végétaux.

4° Selon la saison: il est plus rapide pendant le printemps et l’été, et moins pendant l’hiver. Buffon a démontré que la chaleur de l’été contribue à la fécondité.

5° Selon le climat: il est plus fort dans les régions torrides, moins dans les régions tempérées, moins encore dans les climats septentrionaux. — La vieillesse est en rapport avec la puberté : plus celle-ci est précoce, plus hâtive est la vieillesse.

6° Selon la race d’hommes: il est à son plus haut degré chez les Éthiopiens; il est moins développé dans la race mongolique, et il l’est moins encore dans la race caucasique.

7° Selon le genre de vie: il est plus fort chez l’oisif et paresseux habitant des villes, qui vit au milieu de tous les excitants sensuels, que chez l’agriculteur laborieux.

L’établissement des règles chez la jeune fille se fait généralement d’une façon qui ne manque pas de l’effrayer. «J’ai vu, dit de Lignac, une jeune personne aux portes de la mort, faute d’avoir été prévenue sur ce qui devait lui arriver. Les religieuses qui l’environnaient m’avouèrent que des femmes imprudentes s’étaient amusées de son étonnement. L’infortunée vécut encore quatre ans, jouissant à peine d’une santé chancelante, et mourut des suites cruelles d’une nouvelle suppression causée par la peur. Il n’est pas de médecin qui ne puisse donner plusieurs observations semblables, et ces catastrophes affligeantes ne doivent-elles pas dicter à une mère ce qu’il faut faire pour les prévenir? On dit tant de choses aux enfants! que ne leur apprend-on ce qui doit se passer en eux? que ne les prévient-on contre la surprise, la tristesse, la frayeur et le danger auxquels les exposent la pudeur et l’ignorance?»

Chez beaucoup de personnes, la périodicité régulière de cette fonction ne s’établit qu’avec peine. Normalement, c’est tous les mois ou tous les vingt-huit jours que le retour des règles doit avoir lieu; mais il arrive souvent des intermittences, surtout au commencement.. C’est le cas de consulter un médecin et de voir si cet état ne tient pas à un principe maladif. Je ne saurais trop recommander aux mères de ne point écouter sur ce sujet les conseils des matrones, et de ne pas employer inconsidérément les remèdes qui passent pour jouir de vertus emménagogues. Souvent l’emploi de ces préparations est plus nuisible que profitable. Il n’est pas rare de rencontrer des filles, d’ailleurs bien portantes, chez lesquelles la menstruation s’établit tardivement, sans qu’on en puisse expliquer la cause. On cite même des femmes qui n’ont jamais été réglées et que cette particularité singulière n’a pas empêchées de devenir enceintes. Fabrice de Hilden parle d’une femme de quarante ans qui n’avait jamais été réglée, ni avant, ni après son mariage, et qui cependant était mère de sept enfants bien portants. Rœster donne l’observation d’une autre, mariée à un meunier, qui ne voyait jamais ses mois que pendant ses grossesses.

L’approche des règles s’annonce, en général, par un changement d’humeur, des coliques, de l’assoupissement, un poids et une chaleur insolites aux parties sexuelles, le gonflement et la sensibilité des seins.

La durée normale du flux est de trois à six jours. Le premier liquide qui s’écoule par la vulve est un mucus vaginal plus ou moins coloré de sang, le deuxième jour, c’est du sang à peu près pur. Vers la terminaison de la période, le sang s’éclaircit peu à peu.

La quantité de sang écoulé est fort variable. Les femmes sédentaires, oisives, ou celles qui ont un tempérament très-prononcé, en perdent beaucoup. Les femmes .grasses, indifférentes, ou très-occupées, ont un écoulement moins abondant; on évalue à 250 grammes ce que perd ordinairement chaque mois une femme bien réglée.

Il n’existe aucune différence entre le sang des règles et celui qui coule dans les vaisseaux. C’est à tort que Paracelse et d’autres savants anciens le regardent comme un poison, et ceux qui ont écrit qu’une femme dans cet état faisait mourir une vigne en la touchant, ou rendait un arbre stérile et un chien enragé, étaient de minces observateurs.

Pendant qu’une femme a ses règles, elle ne peut, sans le plus grand danger, s’éloigner des lois de la plus stricte hygiène. C’est surtout en ces moments que la moindre imprudence peut avoir des suites irréparables, et les mères ne sauraient trop en prévenir leurs filles. Il ne faut pendant ce temps ni s’exposer à la pluie, ni se mouiller les pieds, ni laver le linge, ni se baigner, ni toucher l’eau froide, ni descendre à la cave, ni, en un mot, s’exposer au changement brusque de température. Les grandes émotions, la peur en particulier, amèneraient les mêmes inconvénients qui sont en général, avec la suppression du flux, des contractures de membres, l’hypertrophie de tissus, les gastralgies, le défaut de nutrition, les maladies nerveuses, et tous les symptômes de a chlorose et de l’anémie. J’ai eu occasion de voir deux jeunes filles de bonne famille, l’une dans le nord de la France, l’autre dans le midi, qui avaient été atteintes de suppression pour être descendues à la cave pendant qu’elles avaient leurs règles. Chez l’une comme chez l’autre cet accident avait amené une contracture de presque toutes les articulations et l’impossibilité de se donner le moindre mouvement. La première guérit par l’usage des eaux thermales, la seconde n’a jamais pu se rétablir et traîne encore une vie languissante. Une autre jeune fille de la campagne, pour avoir passé un ruisseau nu-pieds, étant dans le même état, fut prise de danse de Saint-Guy à la suite de la suppression que son imprudence occasionna. Nous l’avons longtemps traitée à l’hôpital, elle n’a jamais pu être guérie.

Pendant que la menstruation s’établit chez les jeunes filles, un phénomène analogue se présente chez le garçon: c’est l’évacuation involontaire de sperme. Cette évacuation ne se fait pas, comme celle de la femme, à des époques régulières et éloignées, mais elle se présente souvent avec une fréquence et une abondance qui jettent le trouble dans l’esprit des jeunes gens. Les auteurs ont beaucoup exagéré ce que ce phénomène peut présenter de dangereux. Je crois volontiers avec eux que les pertes séminales continues et insensibles peuvent devenir une cause d’affaiblissement général. Je suis convaincu que les pertes provoquées par les manœuvres honteuses de la masturbation ont les plus funestes effets sur le développement physique et intellectuel de celui qui s’y abandonne; mais ma conviction est qu’on ne doit voir dans la pollution survenue pendant la nuit au milieu des incohérences des rêves, ou même pendant le jour quand on se présente à la selle, que le déversoir naturel de la pléthore spermatique si naturelle au jeune homme robuste, sanguin, plein de vie, dont les organes se forment en silence, tandis que son esprit suit les salutaires préceptes d’une austère continence. Presque toujours ces pollutions utiles sont copieuses, précédées de rêves agréables et ne diminuent en rien la force et l’énergie de celui qui les supporte, sans s’en apercevoir, autrement que par la maculation de sa chemise ou de sa couche.

Il faut donc prévenir les jeunes gens qu’ils n’aient pas à s’effrayer de ce phénomène; mais il est utile de leur faire comprendre en même temps que la spermatorrhée, qui est une maladie, touche de très-près à cette fonction naturelle et les exhorter à éviter les causes qui pourraient stimuler ou augmenter cette disposition. Ainsi la chaleur du lit, l’usage du thé ou du café le soir, la plénitude de la vessie, le décubitus dorsal devront être évités avec autant de soin que les lectures trop tendres, les pensées lascives, les regards obscènes pendant le jour, qui peuvent servir de thème à la fabulation nocturne du cerveau.

III. L’époque de la puberté n’est pas seulement une révolution dans les organes; elle en amène une aussi dans l’intelligence et jusque dans les profondeurs de l’âme humaine. Cette élévation subite de la vigueur organique à sa plus haute puissance augmente l’énergie des sensations, la force et la profondeur de l’esprit. Au moment de la puberté le cerveau se développe, les facultés intellectuelles s’accroissent, l’homme devient apte aux exercices les plus élevés de l’esprit et à l’accomplissement des plus nobles desseins.

Le système nerveux est alors doué d’une sensibilité et d’une amativité exquises que tous les sens tendent à exalter et à entraîner dans une voie qu’une raison faible encore évitera difficilement, si la science ne vient lui en faire connaître le danger.

Dès lors commence une lutte d’où dépend tout l’avenir du jeune homme, car celui-là seul acquerra toute sa valeur et toute la puissance virile du corps et de l’âme, qui en sortira vainqueur.

C’est à l’époque de la puberté que les qualités de l’homme prennent ce relief qui forme le caractère et qui révèle l’avenir. Comme un bienfaisant soleil, l’appareil génital dissipe les brouillards qui, dans l’enfant, voilaient l’homme, et fait éclore les germes jusque-là enfouis. Il apporte au corps et à l’esprit un surcroît de vie qui leur donne tout leur essor, en même temps qu’il transmet à l’âme toute sa puissance d’aimer et toute sa chaleur.

Une involontaire impulsion semble pousser l’adolescent vers les plaisirs de l’amour, mais ce n’est pas le désir des jouissances purement physiques ou animales qui domine, c’est surtout le cœur qui s’éveille et porte les jeunes gens à l’amour moral. Jusqu’alors ils n’avalent aimé que leurs parents, eux-mêmes ou leurs compagnons du même sexe, mais maintenant ces affections ne suffisent plus à leur bonheur, toute leur tendresse se porte vers une personne d’un autre sexe et du même âge. La vie leur semble impossible, à moins qu’ils ne soient unis corps et âme comme ils sont unis par les mêmes sentiments et les mêmes pensées.

Malheur à celui chez lequel cette époque de la vie ne développe point toutes les puissances de l’esprit et du cœur! il est à jamais condamné à végéter dans les rangs inférieurs de la société.

La puberté a quelque chose de plus remarquable encore chez la jeune fille; chez elle la métamorphose est plus complète et plus surprenante. La révolution qu’elle éprouve est telle, qu’elle diffère entièrement de ce qu’elle était. Pas un de ses mouvements, pas un de ses regards, pas une de ses paroles ne conserve le caractère de l’enfance. Il n’est personne qui n’ait été frappé de la chasteté de sensitive de la jeune adolescente, de sa timidité, de son embarras, de ses caprices; on voit que chez elle la pudeur et la coquetterie, ces deux puissants ressorts, agissent en sens contraire, jusqu’à ce que de leur combinaison naisse cet attrait puissant qui enchaîne l’homme à sa compagne.

Le temps des amours est le plus glorieux de la vie dans toute l’échelle des êtres. C’est alors que les plantes comme les animaux possèdent leur maximum de vie et de beauté.

Le corps des insectes, aux formes si variées et si merveilleuses, prend alors un nouvel éclat; des couleurs nouvelles et plus brillantes s’ajoutent à celles dont il brillait déjà ; il peut même, comme le ver luisant, devenir réellement lumineux et mériter qu’on dise de lui avec Cabanis, «qu’il porte, à la lettre, le flambeau de l’amour». Les écailles des poissons reflètent, avec une vivacité sans égale, toutes les couleurs nuancées du prisme; les oiseaux revêtent les plus éclatantes parures et leurs chants mélodieux animent l’univers, en lui communiquant leur ivresse et leur joie.

IV. Chez l’homme, l’ardeur de l’âme sensible est si grande, qu’elle consume les éléments destinés à l’entretien de la nutrition. Palleat omnis amans! s’écrie Ovide.

Quoique les organes sexuels se développent rapidement vers l’âge de quatorze à quinze ans, cependant ils ne sont aptes à exercer leurs fonctions chez la femme que vers vingt à vingt-cinq ans et chez l’homme que de vingt-cinq à trente. Jusque-là leur puissante action, stimulante et fortifiante, doit tourner au profit non de l’espèce, mais de l’individu. — Leur usage prématuré a les funestes conséquences que nous étudierons plus tard; il donne naissance à des enfants délicats et maladifs qui arrivent rarement à maturité, et il retarde le développement des parents, nuit à leurs forces, altère leur constitution et abrége leur vie.

Il importe donc extrêmement pendant la jeunesse de ne pas dissiper cette force en pure perte au profit d’une basse jouissance sensuelle, et de ne pas soustraire trop complètement l’homme à son influence, pendant toute les époques de la vie, parceque alors il tombe au-dessous de lui-même et meurt de bonne heure.

Combattre ses passions et vaincre ses désirs, c’est là le triomphe et la marque de la véritable énergie morale. C’est en s’exerçant à pratiquer ce précepte que les jeunes gens apprendront à devenir des hommes.

Nous, voyons qu’autrefois tous ceux dont on attendait quelque chose d’extraordinaire étaient obligés de s’interdire les jouissances de l’amour, tant on était persuadé que ces plaisirs ôtent à l’homme son énergie et qu’on ne saurait rien faire de grand lorsqu’on s’y livre avec excès.

Hufeland établit, comme une règle de conduite des plus importantes, le précepte suivant: Quiconque veut conserver sa santé et vivre longtemps doit s’abstenir de tout commerce avec les femmes jusqu’au mariage.

Les Germains, qui ne pensaient au commerce des femmes qu’à l’âge de vingt-quatre ou vingt-cinq ans, ne connaissaient aucun des inconvénients et des maux qu’on attribue de nos jours à la continence. Bien loin d’en souffrir, ils acquéraient une vigueur extraordinaire qui frappait les Romains eux-mêmes d’étonnement.

Maintenant on ne croit pas pouvoir se débarrasser assez tôt du fardeau de la chasteté, Longtemps même avant d’avoir pris tout leur accroissement, les jeunes gens dissipent déjà les forces que la nature destinait en eux à produire de nouveaux êtres. Il en résulte qu’ils ne deviennent point véritablement hommes, et qu’à l’âge où nos pères commençaient à faire usage des facultés reproductrices, ils sont pour la plupart épuisés; de sorte que les plaisirs de l’amour n’excitent plus en eux qu’ennui et dégoût, et qu’ils sont devenus incapables de sentir l’aiguillon d’un des stimulants les plus propres à répandre du charme sur l’existence.

Ce qui donnait aux chevaliers ce courage, cette vigueur, cette énergie de caractère, ce qui remplissait leur âme d’une noble ardeur et d’une fidélité à toute épreuve; en un mot, ce qui faisait d’eux de véritables hommes, c’était surtout leur chasteté exemplaire et le soin qu’ils avaient de ménager leurs facultés viriles. Leur jeunesse était consacrée aux grandes entreprises, aux exploits périlleux, et non aux plaisirs des sens. L’amour, au lieu de n’exciter en eux que des passions brutales, était un puissant mobile qui les poussait à des actions grandes et hardies. Chaque chevalier portait dans son sein l’image de sa bien-aimée; le serment de fidélité qui le liait à la souveraine réelle ou imaginaire de son cœur servait comme d’égide à sa vertu, et, en lui montrant de loin la douce récompense qu’il était tenu d’acheter au prix des plus rudes travaux, lui faisait une loi de la continence; ce qui non-seulement doublait ses forces physiques, mais encore donnait une nouvelle trempe à son âme. Quelque romanesques que ces idées puissent paraître, je trouve qu’il y avait beaucoup de sagesse à savoir tirer aussi habilement parti de l’instinct générateur, l’un des plus puissants mobiles de la nature humaine. Mais que les temps sont changés! Cet instinct qui, bien dirigé, faisait éclore le germe des vertus et de l’héroïsme, a dégénéré en dépravation morale. On ne cherche plus que des jouissances brutales; on s’y abandonne avant le temps prescrit par la nature, et on boit jusqu’à satiété dans la coupe du plaisir. La continence, sans laquelle l’homme ne saurait avoir ni moralité, ni caractère, est tournée en ridicule, et honnie comme un pédantisme hors de mode. Que ne cherchons-nous donc à nous rapprocher des mœurs de nos ancêtres!

Nous voudrions que tous les parents pussent mettre entre les mains de leurs enfants le traité que le savant Tissot a consacré au plus redoutable des fléaux de cet âge, l’onanisme. Assurément, si l’enfant ignore le danger de l’usage prématuré des organes sexuels, il ne saura pas gouverner cette puissance impérieuse contre laquelle une initiation scientifique et chaste l’aurait prémuni.

C’est ordinairement dans les grandes villes, dans les pensionnats, colléges, couvents, que cette funeste habitude promène ses ravages. Ses victimes ne sont que trop nombreuses, et soit qu’elle les prenne parmi les jeunes gens, soit qu’elle sévisse sur les jeunes filles, elle n’en est pas moins redoutable. L’onanisme, chez les garçons, s’appelle masturbation; il prend le nom de clitorisme dans l’autre sexe.

Les enfants adonnés à ce vice sont faciles à reconnaître. On les voit fuir la société de leurs camarades et les plaisirs de leur âge pour rechercher les lieux solitaires. Ils sont pâles, engourdis, craintifs, tristes, et marchent la tête base. Leur corps se courbe; leur figure s’amaigrit et s’étiole, leurs traits s’amincissent, leur esprit devient lourd, la mémoire s’affaiblit. Chez les jeunes hommes, les pertes ne tardent pas à devenir spontanées, et l’érection, ce signe de formation et de force, disparaît. Chez les jeunes femmes, les seins se flétrissent, et un écoulement fétide épuise la constitution. L’imbécillité et la folie sont un terme fatal où ils courent à pas de géant.

«J’ai vu, dit Zimmerman, un homme de vingt-trois ans qui devint épileptique après s’être affaibli le corps par de fréquentes masturbations. Toutes les fois qu’il avait des pollutions, il tombait dans un état d’épilepsie complet. La même chose lui arrivait après les masturbations, dont il ne s’abstenait pas, malgré les accidents et tout ce qu’on pouvait lui dire. Il eut enfin des accès dans les rues mêmes, et on le trouva mort un matin dans sa chambre.»

«J’ai eu le malheur, écrivait un malade, dès ma tendre jeunesse, entre huit et dix ans, de contracter cette pernicieuse habitude qui, de bonne heure, a ruiné mon tempérament; mais surtout depuis quelques années, je suis dans un accablement extraordinaire; j’ai les nerfs extrêmement faibles; mes mains sont sans force, toujours tremblantes, et dans une sueur continuelle; j’ai de violents maux d’estomac, des douleurs dans les bras, dans les jambes, quelquefois aux reins et à la poitrine, souvent de la toux; mes yeux sont toujours faibles et cassés, je maigris beaucoup et j’ai tous les jours plus mauvais visage.»

«Il n’y a pas longtemps, dit Tissot, qu’une fille, âgée de dix-huit ans, qui avait joui d’une très-bonne santé, tomba dans une faiblesse étonnante; ses forces diminuaient; elle était tout le jour accablée par l’assoupissement, et la nuit par l’insomnie. Elle n’avait plus d’appétit, et une enflure œdémateuse s’était répandue par tout le corps. Elle consulta un habile chirurgien qui, après s’être assuré qu’il n’y avait point de dérangement dans les règles, soupçonna la masturbation. L’effet que produisit sa première question lui confirma la justesse de son soupçon, et l’aveu de la malade le changea en certitude. Il lui fit sentir le danger de cette manœuvre, dont la cessation arrêta en quelques jours les progrès du mal.»

«Une autre demoiselle de douze à treize ans, dit le même auteur, par cette détestable manœuvre, s’est attiré une consomption avec le ventre gros et tendu, une perte blanche et une incontinence d’urine. Les remèdes l’ont soulagée, mais elle languit toujours, et je crains une suite funeste.»

Il serait facile de multiplier ces douloureuses confidences; j’aime mieux en appeler aux instincts généreux de la jeunesse pour éviter, dès qu’il leur sera signalé, un abus qui peut avoir de si funestes conséquences sur tout le cours de son existence.

Que de maux évite celui qui a pris de bonne heure la coutume de régler la passion de l’amour et de la soumettre à un sage contrôle! Chez lui les plus hauts sentiments croissent en force et les plus brillantes facultés acquièrent toute leur puissance et tout leur éclat. Il sait imposer silence à la voix des sens et surtout de celui de la génération, cette puissance créatrice dont la conservation est avant tout une source de vie pour l’individu, et dont l’usage déréglé est une source certaine de mort.

«Éprouve ton cœur, disait Pythagore, avant de permettre à l’amour d’y séjourner: le miel le plus doux s’aigrit dans un vase qui n’est pas net.»

Il importe d’autant plus de prévenir ce terrible vice, qu’il est plus difficile de le guérir, quand il s’est transformé en habitude. Les parents et les maîtres doivent donc mettre tous leurs soins à empêcher l’instinct générateur de se développer avant le temps fixé par la nature.

Le mal est si commun et se communique si rapidement, qu’il doit être l’objet des soucis continuels de tous ceux qui ont pour mission de veiller sur la jeunesse. On ne réussit à le prévenir que si, dans l’ordonnance de toutes les parties de l’éducation, on ne le perd jamais de vue.

Voici les conseils dont il importe le plus de tenir compte:

1° Ne pas donner aux enfants des aliments trop substantiels ou excitants (viandes noires, vin, café, etc.), surtout au repas du soir, et peu de temps avant le coucher.

2° Avoir bien soin de ne jamais les faire coucher sur un lit trop mou et trop chaud; éviter particulièrement les lits de plume et les édredons.

Ne les mettre au lit le soir qu’après qu’ils se sont fatigués à jouer.

Les lever le matin aussitôt qu’ils seront éveillés; l’habitude contraire est une des causes les plus fréquentes de l’onanisme, et jamais les enfants ne doivent rester éveillés dans leur lit.

Exiger d’eux que, jusqu’à ce qu’ils soient endormis, ils placent leurs mains sur leurs couvertures; leur faire prendre l’habitude de ne se coucher ni sur le ventre, ni sur le dos, mais sur le côté.

Ne jamais faire coucher plusieurs enfants dans le même lit.

3° Les lotions quotidiennes à l’eau froide, les bains tièdes en toute saison, les bains de rivière quand ils sont possibles, les jeux qui nécessitent du mouvement, la gymnastique, toutes choses dont il a été parlé ci-dessus, doivent simultanément aider à atteindre le but qui nous occupe. En effet, tous ces moyens amoindrissent l’excitabilité, régularisent la distribution des forces, et, les appelant sur les organes du mouvement qu’il importe de fortifier, les détournent de ceux dont il faut empêcher le développement prématuré. Aussi la vie sédentaire est-elle une des causes de ce mal.

4° Que les vêtements ne soient pas serrés autour de la taille des enfants, parce que la gêne de la circulation abdominale et l’engorgement qui en résulte sont dangereux.

Que la chemise et le gilet de laine qu’on fait porter l’hiver aux petits garçons n’aient pas trop de longueur.

Enfin que les pantalons ne soient ni trop étroits, ni portés trop tôt.

5° Les parents seront attentifs à ne pas éveiller eux-mêmes ce dangereux penchant par des discours ou des actes qui ne seraient pas de la plus rigoureuse décence; et jamais ils ne souffriront que des enfants, surtout de sexe différent, soient, en présence l’un de l’autre, entièrement dépouillés de leurs vêtements. Il est encore bien des parents qui n’attachent aucune importance à suivre ces conseils, et qui croient que l’innocence du jeune âge rend toutes précautions inutiles. Eh bien! qu’ils n’oublient jamais qu’on ne saurait impunément laisser s’affaiblir chez les enfants le sentiment de la pudeur, ce gardien naturel de la chasteté, et exciter leur curiosité sur des choses qu’ils ne doivent pas savoir.

On doit surveiller attentivement les lectures des enfants. Les sujets de leurs études ne sont pas toujours sans danger, et il vaut certainement mieux les occuper d’histoire naturelle que de la mythologie.

Il faut redouter la corruption par les nourrices, les servantes, les condisciples, etc., et exercer toujours sur eux une grande surveillance, car leur dépravation a perdu bien des enfants.

6° L’oisiveté est une des causes les plus ordinaires du mal qui nous occupe. Les enfants auxquels le jeu ne plaît pas, qui n’ont de goût à rien, qui passent d’une chose à une autre, changent à chaque instant de position, touchent leurs oreilles, leurs cheveux, balancent leur chaise, ou ont d’autres habitudes qui annoncent à la fois le désœuvrement de l’esprit et celui du corps, réclament de la part des maîtres une attention particulière. Car, dans l’engourdissement de l’esprit et le repos des fonctions organiques, il arrive souvent qu’on voit l’instinct sexuel s’éveiller.

7° Enfin, si, malgré toutes les précautions, ce malheureux défaut survient, il y a lieu d’examiner si ce n’est pas plutôt une maladie qu’un vice. Les vers intestinaux, le carreau, certaines affections de la peau, accompagnées de prurit, etc., peuvent en être cause. C’est alors une maladie qu’il faut combattre. Heureux les enfants, quand elle n’a pas duré assez de temps pour laisser après elle une mauvaise habitude enracinée et invincible!

CHAPITRE II

Table des matières

DES ORGANES DE LA GÉNÉRATION

Mode de génération dans la série animale. — Omne vivum ab ovo. — Organes génitaux de l’homme. — Testicules. — Canaux excréteurs. Vésicules séminales. — Canaux éjaculateurs. — Verge. — Organes génitaux de la femme. — Vulve. — Hymen. — Vagin. — Matrice. — Trompes de Fallope. — Ovaires. — Physiologie des organes génitaux. Le sperme. — Les spermatozoïdes. — L’œuf. — La copulation. — La fécondation. — Embryologie.

I. Par des routes plus ou moins détournées, l’amour de l’homme et de la femme aboutit à l’union sexuelle. L’un et l’autre sont également poussés par la nature vers ce rapprochement qui de deux êtres n’en fait qu’un. Même en dehors d’indiscrètes leçons, dans l’absence de la volonté et de la pensée, pendant le sommeil, de nouveaux besoins, de nouveaux pouvoirs, ont été révélés. La mission providentielle de la perpétuation de l’espèce, que le Créateur a voulu entourer du prestige du plaisir, arrive bientôt à nous envahir et nous dominer presque fatalement.

Dans la série animale, en remontant du polype à l’homme, les modes de génération sont fort variés.

Au bas de l’échelle, dans cette classe d’êtres où il est souvent difficile de distinguer l’animal du végétal; chez les zoophytes, par exemple, la multiplication se fait par un mode de génération analogue à celui des végétaux cryptogames. L’individu n’offre point d’organes spéciaux à cette fonction, «il se reproduit à l’aide de parties qui se détachent de lui, et qui possèdent la propriété de croître et de se développer. Tantôt le germe se détache de l’individu sous forme d’une vésicule qui parcourra ensuite toutes les phases de son développement (génération par spores); tantôt on voit croître sur une partie du corps de l’animal, en dehors ou en dedans, une sorte de bourgeon qui, après avoir acquis sur place un développement plus ou moins complet, se sépare de l’individu et continue à s’accroître après sa séparation (génération gemmipare); tantôt enfin l’animal nouveau procède d’une partie de l’animal ancien, partie qui se détache par une sorte de scission. Après la séparation, la partie détachée s’accroît et forme un animal nouveau, tandis que l’animal ancien répare la partie qu’il a perdue (génération scissipare).»

A un degré au-dessus se rencontrent les animaux hermaphrodites, chez lesquels l’organe mâle et l’organe femelle se trouvent réunis sur le même individu. Ici le mode de reproduction se rapproche de celui des végétaux dicotylédones, dans lesquels, sous une même enveloppe florale, se trouvent les organes des deux sexes. Beaucoup d’annélides, d’helminthes, de mollusques sont dans ce cas. Parmi les animaux hermaphrodites, quelques-uns ont besoin du contact direct de deux individus pour se féconder réciproquement. Les vers de terre sont dans ce cas. D’autres portent dans des organes séparés les germes mâle et femelle, qui au moment de l’expulsion se rencontrent dans le canal terminal, et n’en sortent que quand la fécondation est accomplie; enfin, quelquefois l’organe mâle et l’organe femelle s’ouvrent séparément au dehors, et leurs divers produits ne deviennent féconds que lorsque la simultanéité d’expulsion leur permet de se rencontrer au dehors.

Dans les degrés supérieurs de la série, les sexes sont séparés et concourent chacun à leur manière au résultat. Il peut arriver alors, comme cela a lieu dans les poissons, que le germe du mâle (sperme) ne se mette en rapport avec le germe de la femelle (œuf) que quand cet œuf a été pondu au dehors par celle-ci. D’autres fois, lé liquide mâle féconde l’œuf avant sa sortie, et celui-ci parcourt ultérieurement les diverses périodes de son développement; c’est ce qui a lieu chez les oiseaux. D’autres fois enfin l’œuf fécondé par le germe mâle dans l’intérieur de la femelle se fixe, après sa fécondation, dans une cavité ou matrice dans laquelle il subit les premières phases de son développement, et ne se détache du corps de la femelle qu’après une gestation plus ou moins longue. C’est le mode de génération des animaux à mamelles, parmi lesquels les naturalistes ont rangé l’homme.

Nous naissons donc d’un œuf fécondé par un germe; et, pour avoir une idée à peu près exacte de ce grand mystère de l’amour, nous devons dès à présent étudier: 1° les organes préparateurs du sperme et de l’œuf, testicules et ovaires; 2° les organes conducteurs de ces deux produits, canal déférent et oviducte; 3° les organes copulateurs ou expulseurs destinés à les mettre en contact, la verge et le vagin; 4° la nature intime des germes des deux sexes; 5° leur combinaison; et 6° enfin le développement du produit C’est le but que j’espère atteindre dans les quatre paragraphes suivants.

II. L’appareil sexuel du mâle, dont nous n’osons parler sans rougir, était autrefois considéré comme un dieu. Un petit livre, intitulé Hexaméron rustique, et attribué à La Mothe Le Vayer, est consacré tout entier à décrire les différents cultes rendus à ces parties par les païens.

Testicules. — La portion essentielle de cet appareil porte le nom de testicules. Ce sont deux organes glanduleux destinés à la sécrétion de la semence. Leur grosseur normale est celle d’un œuf de pigeon; souvent il arrive que l’un d’eux est plus petit que l’autre. Placés à la partie inférieure de l’abdomen, dans un prolongement particulier de la peau (bourses ou scrotum), ils sont séparés par une membrane qui forme entre eux une cloison, de sorte que chaque testicule occupe Une cavité particulière.

Les testicules sont de forme ovoïde, libres et mobiles dans la cavité qui les renferme, et qui est sans cesse lubrifiée par un liquide séreux. Chacun d’eux est composé d’une pelote de tubes longs et déliés. Cette pelote déroulée donnerait un tube filiforme d’une longueur de plus de 1,000 pieds.

La substance propre de chacun de ces petits organes est segmentée et circonscrite par une coque fibreuse résistante, qui porte le nom de tunique albuginée. C’est après avoir traversé cette tunique que leurs différentes bouches viennent s’ouvrir dans les canaux excréteurs, et y verser le précieux liquide dont la distillation leur est confiée.

Canaux excréteurs. — Les canaux excréteurs suivent un très-long trajet. Ce n’est pas trop dire que d’avancer que le liquide qu’ils charrient doit parcourir un trajet de dix mètres au moins, avant d’arriver à l’organe d’expulsion qui est la verge. L’épididyme, corps oblong, vermiforme, de grosseur variable, accolé et aplati sur le bord supérieur du testicule, en est le commencement; il est formé par un seul canal dont le calibre est celui d’un cheveu, replié un grand nombre de fois sur lui-même, et entouré de tissu cellulaire.

De chaque épididyme part le canal déférent qui lui est correspondant. «C’est un cordon rond, épais, résistant, gros comme une plume à écrire, mais percé d’un conduit capillaire. Sa longueur est de vingt-cinq centimètres. Sortant des bourses avec les nerfs et vaisseaux testiculaires pour former le cordon spermatique, il monte le long du pubis, pénètre dans l’abdomen, gagne les côtés de la vessie, puis sa partie postérieure en contournant cet organe, et vient rejoindre son congénère après s’être mis en rapport avec le conduit propre de la vésicule séminale correspondante. Les canaux déférents s’oblitèrent quelquefois, et alors la semence ne pouvant plus se faire jour hors des testicules, la reproduction devient impossible.»

Un peu avant leur terminaison, chacun des deux canaux excréteurs se dilate tout à coup et forme des poches de la grosseur d’une aveline, remplissant à l’égard du sperme le même rôle que la vessie pour l’urine, c’est-à-dire destinées à lui servir de réservoir: ce sont les vésicules séminales. Situés profondément entre le rectum et la vessie, ces organes sont formés par une agglomération de cellules communiquant entre elles. Si on détruit le tissu fibreux qui lie leurs circonvolutions, on trouve une longueur extraordinaire au sac; leur rôle est de recevoir la liqueur fécondante à mesure qu’elle s’échappe des testicules par les canaux spermatiques, et de se contracter à certains moments pour projeter au loin ce liquide.

La dernière partie du long conduit excréteur porte le nom de canal éjaculateur. En quittant les vésicules séminales les deux tuyaux se rapprochent, se touchent presque, et pénètrent en même temps dans une glande grosse comme un marron qui porte le nom de prostate, et sert comme de virole au col de la vessie au moment où il s’unit au conduit extérieur de l’urine. La prostate a une organisation à la fois fibreuse et glandulaire. Le premier élément y domine, le second est représenté par des granulations ayant chacune un petit conduit par où s’échappe, à certains moments, un liquide dit prostatique. Dans la prostate, les canaux éjaculateurs rencontrent l’urèthre, dont il sera parlé tout à l’heure, et se terminent en y pénétrant par un point nommé verumon tanum. C’est également sur le côté du verumontanum que viennent aboutir les canaux infiniment petits qui versent dans l’urètre le liquide sécrété par la prostate.

Organe copulateur. — L’organe copulateur de l’homme est la verge. J’emprunte la description qu’en donne M.J. P. dès Vaulx dans son excellent petit livre. «La verge est située en avant du pubis et au-dessus des bourses. Molle, cylindrique et pendante dans l’état habituel, elle durcit par l’érection, triple au moins son volume, se relève vers l’abdomen et prend la forme d’un prisme triangulaire. La verge est attachée au pubis par son extrémité postérieure au moyen de plusieurs muscles rendus très-sensibles par le réseau nerveux qui les pénètre.»

Cet organe est enveloppé d’une peau d’une finesse et d’une souplesse remarquables, dont l’adhérence avec les parties qu’elle recouvre est extrêmement làche pour faciliter sa mobilité. A l’extrémité de la verge, la peau n’est plus adhérente au gland, mais, se repliant sur elle-même après l’avoir recouvert, elle lui forme une sorte de fourreau mobile qui porte le nom de prépuce. On nomme filet ou frein du prépuce un repli triangulaire qui le fixe à l’extrémité inférieure de l’urèthre. Le feuillet interne participe aux propriétés des muqueuses; il contient des follicules sébacés qui sécrètent une humeur fort odorante. Le prépuce n’existe pas chez tous les individus. Les Orientaux et les Israélites le suppriment à leurs enfants par une opération qui porte le nom de circoncision.

Le membre viril est formé de trois parties: les corps caverneux, le canal de l’urèthre et le gland. — Les corps caverneux, ainsi nommés à cause des nombreuses cavités dont ils sont entièrement composés, forment la partie principale et la plus volumineuse du pénis. Ils sont constitués par un lacis très-épais de veines, d’artères, de nerfs et d’anastomoses, disposés de telle façon que toute trace d’organisation vasculaire semble avoir disparu pour ne plus laisser qu’un amas de spongioles érectiles. Une membrane fibreuse très-forte enveloppe tout l’organe et envoie des prolongements à l’intérieur. A certains moments, toutes ces parties se gorgent de sang, et alors il y a érection. L’urèthre est logé dans la gouttière que forme inférieurement l’adossement des corps caverneux.

Une description étendue est nécessaire pour l’urèthre ou canal, à cause de ses importantes fonctions. Ce conduit est à la fois excréteur de l’urine et de la liqueur destinée à la reproduction, et a sous ce rapport quelque analogie avec la vulve de la femme; mais il en diffère essentiellement par tous les autres points. Né du col de la vessie, il se dirige d’abord en avant et en bas, en traversant la glande prostate dont il a été précédemment question. Dans ce trajet, qui est de trois centimètres, il reçoit, comme il a été dit, les deux canaux éjaculateurs par des ouvertures oblongues, étroites, qui sont placées côte à côte, et seulement séparées par l’utricule de Weber. Les canaux proprement dits prostatiques viennent aussi y déverser leur liqueur et le lubrifier. De la sortie de la prostate à sa jonction aux corps caverneux, l’urèthre parcourt un trajet de deux centimètres et demi. Il forme alors un coude pour passer sous l’arcade pubienne; à cet endroit, il est enveloppé de muscles dont les contractions sont quelquefois funestes. Les anatomistes nomment cette partie du canal portion membraneuse de l’urèthre. Au sortir de la symphyse pubienne, il reçoit les canaux de deux petites glandes en grappe de la grosseur d’un noyau de cerise, qui portent le nom de glandes de Cooper, et qui sont situées de chaque côté ; puis il s’engage dans la gouttière qui lui est formée par les corps caverneux, où il est maintenu et fixé par une membrane fibreuse qui convertit cette gouttière en un canal. Cette partie porte le nom de portion spongieuse de l’urèthre, parce qu’elle est protégée en effet par une lame épaisse de tissu spongieux analogue à celui des corps caverneux, qui, après avoir formé à son origine un renflement connu sous le nom de bulbe, l’accompagne jusqu’au gland et lui sert de coussin. Le calibre du canal est difficile à fixer, à cause de sa dilatabilité extrême. Sa direction est la même que celle de la verge, et variable suivant l’érection ou la flaccidité. On pourrait en dire autant de sa longueur, qui varie avec celle des corps caverneux. On lui reconnaît ordinairement de vingt à vingt-sept centimètres depuis sa sortie de la vessie jusqu’à l’orifice du gland.

Gland. — Le gland occupe l’extrémité de la verge; il est formé par l’épanouissement de la portion spongieuse de l’urèthre, et s’unit intimement, avec les corps eaverneux dont il embrasse l’extrémité. Il est extrêmement érectile. Sa grosseur est celle d’une châtaigne, et sa forme est connue de tout le monde. Sa base offre un relief volumineux, circulaire, désigné sous le nom de couronne du gland, et un sillon dans lequel est reçu le filet dont il a déjà été question. Sa surface est couverte d’une lame muqueuse, rouge, humide ou sèche, suivant que les individus ont ou n’ont pas de prépuce. Enfin, son sommet est percé d’un orifice ou fente de six à sept millimètres, qui porte le nom de méat urinaire. C’est ce méat qui donne issue à l’urine, et aussi au sperme. Le gland est un organe éminemment nerveux, et c’est par l’exaltation de sa sensibilité que commence l’éveil du sens génital, qui est le point de départ de l’union sexuelle. Il en résulte un afflux plus considérable de sang artériel, dont l’effet est d’augmenter suffisamment la sensibilité générale pour qu’elle aille retentir dans les centres nerveux.

La longueur apparente du membre viril, dit Dionis , est ordinairement de huit ou neuf travers de doigt, et la grosseur de trois, lorsqu’il se présente dans l’état où les femmes le demandent. Cependant une verge moins volumineuse peut être parfaitement propre à ses fonctions. On dit même que les hommes dont la verge passe la mesure ordinaire sont souvent moins propres au déduit d’amour, et leur approche cause parfois à la femme des accidents qui nécessitent l’intervention de la médecine.

III. L’appareil sexuel de la femme n’a pas été plus négligé par le culte antique que les parties naturelles de l’homme. On trouvera le récit de ces extravagances dans l’Hexaméron, déjà cité, et au tome III de l’ouvrage de M. de Lignac, qui a pour titre: De l’homme et de la femme considérés physiquement. Les Romains, lorsque leurs mœurs furent dépravées, firent construire jusqu’à des vases dont ils se servaient dans leurs repas et auxquels ils donnaient la figure de la partie pour laquelle ils avaient tant de passion. Ces cratères étaient sans doute destinés à figurer à côté des amphores en forme de phallus dont les jeunes débauchés et les courtisanes ornaient leurs tables .

Ces organes sont renfermés dans la cavité du bassin (à la différence de ce qui a lieu chez l’homme, où le membre viril et les testicules sont placés dehors). Ils se composent de deux ovaires, organes dans lesquels l’œuf humain prend naissance, de deux ovicluctes ou trompes de Fallope, qui reçoivent l’œuf à sa sortie de l’ovaire et le conduisent dans l’utérus; — de l’utérus, organe destiné au développement du nouvel être humain; — du vagin, canal qui établit la communication de l’utérus avec l’extérieur, qui reçoit et dirige le pénis et la semence de l’homme pendant le coït ou acte générateur, et le fœtus pendant l’accouchement; — enfin, de la vulve accompagnée de divers accessoires qui, conformément au plan du Créateur, sont surtout des organes de volupté, comme le démontre leur état d’excitation avant et pendant le coït.

Vulve. — La vulve, dont le nom signifie porte, comprend l’ensemble des parties génitales externes, grandes lèvres, petites lèvres, clitoris, méat urinaire et orifice du vagin.

L’entrée de la vulve se présente sous la forme d’une fente qui occupe le même emplacement que la verge et les testicules chez l’homme, c’est-à-dire est étendue depuis le mont de Vénus jusqu’à 25 millimètres en avant de l’anus. De chaque côté se voient les grandes lèvres. Ce sont d’épais replis formés parla peau et circonscrivant l’entrée de l’appareil reproducteur, comme, au visage, les lèvres défendent l’entrée de l’appareil digestif. La face externe des grandes lèvres est recouverte de poils rares; leur face interne est doublée d’une muqueuse mince, lisse et rosée, trouée par une quantité de follicules mucipares et par le conduit de la glande vulvo-vaginale, dont la destination est de sécréter une humeur onctueuse qui sert à maintenir l’humidité et la souplesse dans ces régions. Fermes et fraîches chez les filles qui n’ont point eu commerce avec l’homme, ces parties ne tardent pas à devenir molles et pendantes aux femmes qui ont eu beaucoup d’enfants. Les deux grandes lèvres, par leur partie supérieure, se perdent insensiblement dans les parties graisseuses du mont de Vénus; mais, en s’unissant par leur partie inférieure, elles forment un rebord membraneux qui porte le nom de fourchette. Derrière la fourchette, un petit cul-de-sac de dimension exiguë porte le nom de fosse naviculaire.

Dès que l’on écarte les grandes lèvres, on aperçoit un peu plus profondément les petites lèvres ou nymphes, complètement muqueuses, minces, délicates, légèrement érectiles et formant comme une sorte de double porte à l’entrée du vagin. Nées d’un mince filet aux environs de la fosse naviculaire, elles vont en s’élargissant à mesure qu’elles montent vers l’orifice vaginal, le voilent, et, contournant l’espace occupé par le méat urinaire et le clitoris, elles viennent se rejoindre au-dessus de ce dernier dans la région du mont de Vénus, en lui formant comme une sorte de capuchon. La forme et la dimension des petites lèvres varient selon les âges, les races et les climats. Elles ne dépassent pas la fente vulvaire chez les jeunes filles de nos pays et s’y montrent d’une belle couleur rouge. Elles s’allongent, se flétrissent et prennent une teinte plombée chez presque toutes les femmes qui ont eu des enfants. Dans certaines contrées de l’Afrique, elles se développent au point de devenir un obstacle aux approches sexuelles. M. Vidal, dans son Traité de pathologie externe, en a dessiné un type remarquable. Pour prévenir ce hideux spectacle, quelques peuples, dit-on, prescrivent la nymphotomie aux filles comme la circoncision aux garçons.

Clitoris. — Organe principal de la volupté chez la femme, le clitoris se montre entre les petites lèvres à la partie la plus élevée de la fente vulvaire, sous la forme amoindrie du membre viril et avec la même composition anatomique; il n’en diffère que par l’absence du canal del’urèthre, lequel se montre isolé un peu plus bas; c’est, en d’autres termes, un petit gland imperforé. Les anciens, qui avaient observé ses propriétés érectiles, lui donnaient le nom d’œstrum Veneris, aiguillon de Vénus. A peine distinct chez les petites filles, il commence à se développer vers l’âge de puberté, il grossit à mesure que se montre en elles le tempérament érotique. La moindre titillation voluptueuse le fait gonfler; il est la source de beaucoup d’égarements solitaires qui plongent celles qui s’y livrent dans le marasme et une foule d’autre maux. C’est à peine si à l’état normal le clitoris doit atteindre la longueur de deux centimètres. Chez quelques femmes il se montre presque aussi long que le membre du mâle, et cette ressemblance avec la verge a enfanté, d’une part, les infâmes jeux lesbiens, et, de l’autre, la fable de l’hermaphrodisme. Le clitoris peut être amputé sans danger: mais les femmes qui ont subi cette opération n’éprouvent dans le rapprochement des sexes qu’une jouissance imparfaite.

Le canal déversoir des eaux de la vessie s’ouvre un peu au-dessous du clitoris, par un étroit orifice qui porte le nom de méat urinaire; ce canal est beaucoup plus court que chez l’homme, puisqu’il parcourt à peine trois centimètres de trajet, quoiqu’il soit tenu fermé par un sphincter qui est destiné à retenir l’urine. On comprend d’après cette disposition que la femme soit plus exposée que nous à lâcher ses eaux contre son gré ; on trouve aussi dans cette structure les raisons pour lesquelles la maladie de la pierre est presque inconnue à ce sexe.

D’après ce qui vient d’être dit de la vulve, on a dû remarquer que cette ouverture est commune, comme le canal de la verge de l’homme (urèthre), aux produits de l’urination et à ceux de la reproduction, puisque le méat urinaire et le vagin y débouchent; mais à partir de ce point, comme à partir de la prostate chez le mâle, les deux appareils se séparent et n’ont plus rien de commun.

Vagin. — Le vagin, sorte de gaîne dans laquelle se glisse Je membre viril pour aller se mettre en rapport avec l’orifice de la matrice, afin d’y instiller la semence fécondante, et qui plus tard sera parcourue par l’enfant dans le travail laborieux de l’accouchement, est la première pièce du conduit qui correspond au canal déférent de l’homme; il s’ouvre, comme nous l’avons dit, entre les deux petites lèvres; sa forme est celle d’un cylindre dont les parois, molles et flasques, sont aplaties et à surface contiguë. Son axe un peu courbé est obliquement dirigé de bas en haut et d’avant en arrière; sa longueur est de onze à quatorze centimètres; sa structure telle, que dans certaines circonstances il s’applique intimement sur la verge de l’homme et la serre avec énergie, tandis que dans d’autres il se dilate au point de laisser passer la tête d’un enfant. A l’intérieur il est tapissé par une membrane muqueuse parcourue sur les faces antérieures et postérieures de l’organe par deux saillies longitudinales qui portent le nom de colonnes du vagin auxquelles aboutissent un grand nombre de plis transversaux, d’autant mieux dessinés que la femme a moins subi l’approche de l’homme, et destinés à offrir une source d’excitation pendant l’union sexuelle.

L’entrée du vagin présente des dimensions fort incertaines; elle est en partie circonscrite par un anneau spongieux et érectile qui porte le nom de bulbe du vagin.

Les anatomistes assurent qu’il existe au même-point, sous le nom d’hymen, une membrane tantôt en demi-lune, tantôt circulaire, qui ferme presque exactement l’ouverture de ce canal dans les filles qui n’en ont permis l’entrée à aucun corps qui ait pu faire violence. Beaucoup d’entre eux ont même fait de la présence ou de l’absence de cette partie le signe palpable de la virginité ; cependant Paré, Graaf, Dionis, Mauriceau et d’autres écrivains qui font autorité dans la science, non-seulement mettent en doute l’infaillibilité de la preuve, mais nient hautement que l’existence de cette membrane soit constante chez toutes les personnes du sexe: «J’ai cru devoir avertir le lecteur de cette circonstance, dit le médecin anglais James, dans le Dictionnaire de médecine, parce que j’ai vu plusieurs maris qui ont fait divorce avec leurs femmes pour n’avoir point trouvé en elles cette faible preuve de leur sagesse.» D’ailleurs Severinus Pinœus qui a donné un traité de Notis virginitatis, affirme que sous certaines influences morbides, comme le flux périodique, «une fille peut admettre un homme aussi facilement qu’une femme qui aurait produit enfant sur terre, quoiqu’elle soit intémérée en sa pudicité ; » et d’autre part, les livres de médecine sont pleins d’exemples de filles devenues mères sans déchirure de l’hymen et chez lesquelles l’accoucheur a été obligé de détruire cette membrane pour donner passage à l’enfant.

L’extrémité opposée du vagin embrasse le col de l’utérus en formant un cul-de-sac circulaire qui ressemble grossièrement, dit le docteur J. P. des Vaulx, au fond d’une bouteille regardée par le goulot.

Matrice. — Au-dessus de lui, en remontant le canal excréteur du germe femelle, se rencontre un organe assui important pour le développement du produit, que celui-ci l’est pour les jouissances de la copulation, c’est la matrice ou utérus. Son nom, qui veut dire moule, lui vient de ce que c’est dans son sein que doit se développer, après la fécondation, l’embryon auquel la conception donne naissance. La figure de la matrice à l’état de vacuité a la forme et la grosseur d’une poire tapée; sa cavité, qui est triangulaire, pourrait tout au plus contenir une fève, et l’orifice qui la met en communication avec le vagin est si étroit, qu’on a de la peine à y introduire un stylet. Lorsque la femme est enceinte, au contraire, cet organe prend une forme à peu près ronde, présente une cavité assez grande pour contenir, sans le gêner, un enfant à terme et acquiert un développement qui porte son poids de quelques grammes à plus d’un kilogramme; c’est assez dire qu’elle est formée d’un tissu très-élastique qui jouit de l’étonnante propriété de se dilater et de s’accroître rapidement dans la grossesse et de revenir à peu de chose près à sa dimension première, lorsque l’accouchement a eu lieu.

L’utérus est situé dans la cavité du bassin entre la vessie et le rectum; il est maintenu en place par des ligaments spéciaux qui le soutiennent sans le gêner. Pendant la grossesse, lorsque arrive le moment où la cage pelvienne ne suffit plus à le loger, il remonte et se porte en avant en donnant au ventre des femmes enceintes cette forme singulière qui le caractérise.

L’extrémité par laquelle cet organe communique avec le vagin porte le nom de col de la matrice. Cette portion est arrondie, de dimension variable, et est percée d’un orifice étroit, auquel les anatomistes distinguent deux lèvres et qu’ils ont appelé museau de tanche à cause de sa forme. Toutes ces parties se distendent dans l’accouchement, au point de partager l’exagération momentanée du calibre du vagin. Dans l’état ordinaire, le museau de tanche éprouve à l’approche du mâle des dilatations spasmodique, qui doivent amener l’entrée de la semence dans la cavité utérine.

Trompes de Fallope. — Le canal que nous avons remonté jusqu’ici se bifurque au sortir de l’utérus. Le fond de cet organe présente à chaque angle un étroit pertuis. Ce sont les orifices des trompes de Fallope, ainsi appelées du nom de l’anafomiste qui les décrivit le premièr. Chacune d’elles représente extérieurement la forme d’un petit cylindre terminé par un pavillon évasé et frangé. Les trompes sont retenues en place par un tissu cellulaire assez lâche, ce qui fait dire qu’elles flottent. Leur canal, qui à sa sortie de la matrice est assez étroit pour laisser passer avec peine une soie de porc, va en s’élargissant à mesure qu’il s’en éloigne; sa longueur est de douze centimètres environ. Ce qu’il y a de remarquable dans la disposition de ces parties, c’est que l’extrémité évasée des pavillons, dont la mission est de recueillir l’œuf au sortir de l’ovaire, qui le sécrète pour le conduire à la cavité utérine où il doit se développer, ne communique pas directement avec lui, mais forme tout autour une sorte de coupe qui selon qu’elle est plus ou moins bien appliquée, reçoit ou laisse échapper l’œuf au moment ou il se détache de l’ovaire.

Ovaires. — Il existe un ovaire pour chaque trompe, de même qu’il existe deux testicules chez l’homme. La fonction de ces organes, comme celle des testicules, est de sécréter un produit indispensable à la fécondation.

Logés dans un repli des ligaments de la matrice, et à portée du pavillon des trompes, ils se présentent avec la forme et à peu près la grosseur d’une amande. Leur surface, parfaitement lisse chez la jeune fille avant l’établissement des règles, présente plus tard des inégalités d’autant plus nombreuses que la femme avance davantage dans la période d’activité des organes génitaux. Après cette période, l’ovaire s’atrophie.

Chez une jeune femme cet organe laisse apercevoir à l’œil une quinzaine de petits globules qui enferment des œufs et portent le nom de vésicules de Graaf. Autour de ces vésicules on voit une foule de petites cicatrices, résultat de la rupture dès vésicules; on leur a donné le nom de corps jaunes. Au microscope, on distinguerait une foule d’autres petits points, qui plus tard formeront de nouvelles vésicules. Une vie active réside dans les ovaires, le sang s’y rend en abondance, et la nature y tamise le plus pur de la substance de la femme pendant toute la période où elle peut devenir mère.

IV. Toutes les fois que les organes de la génération sont distincts, dit Béclard, l’organe femelle produit un œuf et l’organe mâle un liquide nommé sperme, dans lequel nagent de petits êtres, nommés animaux spermatiques, par lesquels cet œuf est fécondé, c’est-à-dire rendu apte à se développer.

L’espèce humaine, qui est soumise à la première partie de cette loi, ne pouvait manquer d’obéir à la seconde. Chez nous, comme dans le plus grand nombre des êtres, il ne faut pas moins de deux vies, momentanément confondues en une rapide unité, pour en produire une troisième.

L’enfant naît d’un œuf fécondé. La liqueur fécondante ou le sperme se forme chez l’homme dans les testicules; l’œuf prend naissance chez la femme dans les ovaires; la fécondation s’opère dans le rapprochement des deux sexes par la copulation ou coït.

De là trois divisions naturelles: 1° Étude de l’œuf; 2° Étude du sperme; 3° Étude de la copulation.

Œuf. — L’œuf de la femme, avons nous dit, prend naissance dans l’intérieur de la vésicule de Graaf, qui n’est elle-même qu’une partie de l’ovaire. Au moment de son plus grand développement, il n’a guère qu’un cinquième ou un dixième de millimètre de volume. Cependant les anatomistes trouvent moyen d’y distinguer plusieurs parties: une enveloppe relativement très-épaisse, qui porte le nom de membrane vitelline, un jaune analogue à celui des œufs d’oiseau que l’on nomme quelquefois vitellus, et une vésicule germinative nommée par d’autres vésicule de Purkinge, du nom de l’anatomiste qui en a signalé l’existence.

L’ovule n’attend point l’époque de la menstruation pour apparaître dans l’ovaire des petites filles; on l’y découvre à l’état rudimentaire aussi bien que dans celui des poulettes qui n’ont pas encore pondu. «Aussitôt que les premiers signes de la puberté se déclarent, une ou plusieurs vésicules de Graaf augmentent rapidement de volume et refoulent autour d’elles la gangue celluleuse de l’ovaire. Pendant ce temps, l’ovule a suivi le développement de la vésicule qui l’entoure; bientôt elles viennent faire saillie à la surface de l’ovaire, la tumeur éclate, l’ovule s’échappe avec force et est recueilli par le pavillon de la trompe, pendant que la vésicule restée vide se cicatrise peu à peu.»

Ce phénomène peut se renouveler périodiquement chez les femmes en état de santé tous les mois, depuis la puberté ; c’est-à-dire l’établissement des règles, jusqu’à la ménopause, ou l’époque où la femme cesse de voir couler son sang. En France, cette période s’étend depuis l’âge de quatorze ans environ jusqu’à quarante-cinq. Mais on comprend que cette limite n’a rien d’absolu: elle varie non-seulement avec les climats, mais avec une foule d’autres circonstances.

Il serait curieux de savoir si, avant la conception, les œufs contiennent tout formés les linéaments du fœtus, l’élément fécondant n’ayant dans ce cas pour fonction que de leur communiquer l’impulsion nécessaire à leur développement; en d’autres termes, si le fœtus existe primitivement dans l’œuf, ou bien, au contraire, s’il doit tout son être à la fécondation.

Nous croyons que le rôle de l’élément fécondant ne se borne pas à éveiller le germe endormi dans l’œuf, et à déterminer son développement. Il nous semble qu’il le modifie, au contraire, d’une manière très-profonde, ainsi que le prouvent les animaux nés de deux espèces différentes ou mulets, les individus nés d’une blanche et d’un noir, les maladies héréditaires, les ressemblances des enfants à leur père, etc.

Toutefois, il est probable que le germe est un œuf. Cuvier, qui tenait cette conclusion pour légitime, la regardait comme l’un des plus beaux résultats de l’anatomie comparée.

Sperme. — Chez les individus mâles, capables d’engendrer, la semence est sécrétée dans les testicules sous la forme d’un liquide épais et blanchâtre, qui porte le nom de sperme.

Un grossissement de 3 à 400 fois fait apercevoir une grande quantité de petits corps très-rapprochés, qui se meuvent vivement dans un liquide peu abondant; ce sont les animalcules spermatiques ou spermatozoaires; chez l’homme ils sont très-petits (1/50 ou 1/40 de ligne), le corps est ovale, un peu aplati en forme d’amande, et transparent; la queue, qui est filiforme, devient à son extrémité d’une ténuité excessive.

Quand les spermatozoïdes sont portés directement de l’urètre de l’homme dans les organes génitaux de la femme, ils peuvent y conserver leurs mouvements et leur propriété fécondante pendant plusieurs jours, une semaine même, au dire de quelques-uns. Mais lorsque le sperme est abandonné à l’air, ou mêlé à l’urine, quelques heures suffisent pour détruire toute sorte de mouvement. Le froid, la chaleur, l’eau, les acides, les alcalis, certaines qualités du mucus vaginal de la femme, accélèrent encore ce résultat.

Ces remarques sont importantes, car c’est à la présence et à la vibratilité des spermatozoïdes que la liqueur séminale doit sa propriété fécondante. Leur absence rend impropre à la reproduction le sperme des trop jeunes gens, celui des vieillards, et celui des individus qui répètent trop souvent le coït. Nous reviendrons sur ce sujet, en parlant de l’impuissance.

Les substances génératrices, ainsi formées, sont individuellement inhabiles à produire l’être qu’elles représentent. Il faut pour cela qu’elles soient mises en contact, en suivant les lois de la nature. «Qui pourrait raconter la puissance du Créateur? C’est pendant la durée de cet éclair que le flambeau d’une nouvelle vie s’allume, et que le mystère de la reproduction est consommé. »

Nous ignorerons probablement toujours comment ce mystère s’accomplit. Ce qui est certain, c’est que le contact des substances génératrices est indispensable.

L’étude de cette question chez les animaux supérieurs présente des difficultés particulières, mais elle est facile chez les êtres organisés d’un ordre moins élevé.

Chez les plantes, il est démontré qu’il y a contact matériel intime entre la fovilla pollinique et le nucléus de l’œuf, et que ce n’est que postérieurement à ce contact que se forme l’embryon.

Chez les grenouilles et les crapauds, on voit, au temps des amours, le mâle, placé sur le dos de la femelle, arroser de son sperme les œufs au moment où ils sont pondus. Cette sorte de copulation, qui dure souvent plusieurs semaines, ne cesse jamais qu’après l’expulsion de tous les œufs.

Chez les poissons, où il n’y a pas copulation, on a remarqué que les femelles sont poursuivies par les mâles, et que le sperme est répandu dans le moment même où les femelles déposent leurs œufs.

Chez les insectes, lorsque l’accouplement est terminé, on trouve, chez la femelle, une grande quantité de sperme déposée dans un réservoir que les œufs doivent nécessairement traverser au moment de leur sortie.

Ces exemples démontrent que quelles que soient les conditions dans lesquelles s’accomplit la génération, que ce soit avec ou sans copulation, le sperme et les œufs doivent être mis réciproquement en contact.

Chez les oiseaux et les mammifères on peut encore, quoique moins facilement, démontrer, après le coït, la présence des spermatozoaires dans les parties génitales internes.

Leuwenhoeck fit couvrir des chiennes, et un ou deux jours après il trouva toujours dans l’utérus, et jusqu’au commencement des trompes, une grande quantité de spermatozoaires.

Prévost et Dumas, ayant ouvert des femelles de chiens et de lapins vingt-quatre heures après l’accouplement, trouvèrent dans l’utérus des masses de spermatozaires se mouvant avec vivacité. Mais le vagin n’en contenait pas. — Chez des chiennes, trois ou quatre jours après l’accouulement, les trompes contenaient parfois des spermatozoaires en petite quantité ; les cornes de l’utérus en contenaient toujours beaucoup qui étaient très-vivaces. Enfin, ils trouvèrent encore des spermatozoaires dans la matrice au sixième et au septième jour, mais leur nombre était remarquablement diminué ; ils n’en virent pas dans les trompes.

Bischoff et Wagner ont confirmé ces observations. Le premier de ces physiologistes a été assez heureux pour rencontrer des spermatozoaires vivants et se mouvant avec vivacité dans le vagin, l’utérus, les trompes et leurs franges, et enfin dans la poche que forme le péritoine autour de l’ovaire et même sur ce dernier. Le second, ayant sacrifié une chienne quarante-huit heures après l’accouplement, trouva dans le vagin un grand nombre de spermatozoaires, qui tous étaient morts; le nombre de ceux contenus dans l’utérus était plus considérable, et tous étaient vivants; ils étaient plus nombreux encore dans les cornes et les trompes, et leur mobilité était plus apparente; il en était de même de ceux qui se trouvaient très-près de l’ovaire, dans les franges des trompes.

Non-seulement les observations faites sur les animaux après la copulation démontrent la nécessité du contact du sperme avec l’ovule pour que la fécondation ait lieu, mais les fécondations artificielles viennent déposer dans le même sens.

La fécondation artificielle, si facile à pratiquer chez les poissons (puisqu’il suffit d’arroser de sperme, obtenu par la compression de l’abdomen du mâle, les œufs de la femelle dont on a déterminé la ponte par le même procédé), est également praticable chez les animaux supérieurs. Spallanzani raconte un fait remarquable de fécondation artificielle. Il prit du sperme provenant d’un chien (par éjaculation spontanée) et l’injecta, au moyen d’une petite seringue chauffée à 30° R., dans l’utérus d’une chienne en chaleur. Deux jours après cette injection, la chienne cessa d’être en chaleur; au bout de vingt jours le ventre grossit, et le soixante-deuxième jours elle mit bas trois petits chiens bien vivants, deux mâles et une femelle, qui par leur forme et leur couleur ressemblaient non-seulement à la mère, mais aussi au mâle qui avait fourni la liqueur séminale.

On comprend d’après cela que pour qu’un accouplement soit fécond chez l’homme il n’est pas absolument nécessaire que le pénis soit complètement introduit dans le vagin, bien que cette introduction facilite et assure la fécondation; il suffit que le sperme soit éjaculé dans l’organe femelle et lancé dans le vagin; cela peut arriver même lorsque l’hymen reste intact.

Les mouvements spontanés et volontaires des spermatozoaires peuvent suffire seuls à expliquer leur marche et leur présence dans le vagin, l’utérus, les trompes, en un mot dans tout le système des organes génitaux femelles.

On trouve dans les écrits des physiologistes anciens et modernes un grand nombre d’exemples avérés de lécoudation survenue sans introduction réelle du pénis.

L’érection et la copulation ne sont donc pour les savants que des accessoires; toutefois il est important d’en tenir compte, car dans la vie réelle leur concours est indispensable à la fécondation.

L’érection est caractérisée chez l’homme par la turgescence sanguine de la verge et par son changement de direction. Dans la femme elle se manifeste par l’augmentation de volume du clitoris et du bulbe du vagin. Dans l’un et l’autre sexe elle est amenée par l’accumulation dans les mailles du tissu érectile d’une quantité considérable de sang, qui ne peut être repris par les veines dont les orifices sont fermés spasmodiquement. La moelle épinière, ou pour mieux dire tout le système nerveux, prend aussi une part active à ce phénomène, ainsi qu’on peut s’en convaincre en considérant l’influence que les titillations, la vue des nudités d’autrui et simplement l’imagination exercent sur son développement.

Copulation. — L’érection facilite l’introduction du membre viril dans le vagin de la femme, et la sensibilité exaltée qui accompagne cette introduction fait que les organes, mâle et femelle, s’appliquent intimement l’un sur l’autre de manière à ne point laisser perdre la semence, et à assurer la reproduction de l’espèce par le plaisir qui en résulte.

A ce moment il se déclare, tant chez l’homme que chez la femme, un sentiment d’indéfinissable volupté.

Pendant la durée d’un éclair, les forces de la vie sont ébranlées et l’âme résonne jusque dans ses profondeurs. C’est l’intime union de deux âmes, c’est l’incompréhensible fusion de deux êtres auxquels Dieu a confié pour un instant l’un de ses attributs souverains: tout ce que la vie a de puissance est au service de l’amour.

Il faut ajouter que l’excitation des organes et le plaisir qui l’accompagne n’ont pas seulement la volupté pour but et pour effet, il ont encore pour résultat d’élever à sa plus haute puissance l’activité vitale des organes génitaux internes et de tout l’organisme, ce qui est la première condition de la transmission de la vie.

Le spasme amoureux, chez l’homme, se termine par l’éjaculation ou émission de semence qui en est le couronnement. Alors la congestion se dissipe peu à peu, et un affaissement considérable succède aux transports de l’amour; chez la femme, la déperdition des forces est moindre, quoique le spasme dure plus longtemps; il est probable que pendant sa durée l’orifice externe de la matrice s’ouvre pour recevoir le sperme éjaculé. Une sécrétion plus abondante des mucosités du vagin a lieu constamment vers la fin de l’acte; il ne serait même pas étonnant que dans certains cas l’ébranlement fût assez considérable pour faire éclater extemporanément une vésicule de Graaf et amener un œuf au-devant du liquide fécondant de l’homme.

V. Pour que la fécondation soit consommée, il ne suffit pas que la copulation ait lieu et qu’un sperme de bonne qualité soit éjaculé dans le vagin de la femme, même au milieu des plus tendres caresses, il faut encore la présence d’un ovule en état d’être fécondé. J’ai déjà insisté sur cette condition essentielle de la mise en contact des deux germes: c’est le point capital; si l’ovule manque ou si le sperme est dépourvu d’animalcules, l’union la plus voluptueuse ne produira jamais rien.

«Pour que la fécondation ait lieu, dit M. J. P. des Vaulx, d’après le physiologiste Barry, il faut que les spermatozoïdes rencontrent l’ovule et s’y attachent; ordinairement il en pénètre un certain nombre jusque dans son intérieur, et ils concourent ensemble avec le germe femelle au développement d’un nouvel être.

«Le point des organes génitaux de la femme où s’opère la fécondation, c’est-à-dire où se rencontre et s’identifie le sperme avec l’ovule, n’est pas constamment et nécessairement le même; c’est ordinairement la cavité de l’utérus ou le conduit des trompes de Fallope; mais les grossesses extra-utérines prouvent que le sperme peut quelquefois aller au-devant de l’ovule jusque sur le pavillon de la trompe et le féconder immédiatement après sa sortie de l’ovaire.

«Quant aux époques les plus propres à la fécondation, l’expérience journalière démontre, de concert avec la théorie, que ce doivent être celles dans lesquelles le coït a lieu peu de jours après la rupture mensuelle de la vésicule de Graaf et lorsque l’ovule est encore dans les trompes ou dans l’utérus; mais comme des influences accessoires peuvent retarder d’une part l’acheminement de l’œuf au dehors à travers ces parties, ou d’autre part y prolonger la vie des spermatozoïdes qui y ont été déposés par l’éjaculation, il résulte qu’on ne peut affirmer, comme quelques physiologistes l’ont fait, que le coït n’était fécondant que dans les huit jours qui précèdent ou qui suivent les règles; si cela était, il y aurait dans chaque mois, entre les époques menstruelles, une période de quinze jours environ pendant laquelle le coït serait toujours infécond, ce que l’expérience journalière dément. MM. les docteurs Hirsch et Wagner rapportent des faits dans lesquels la fécondation aurait eu lieu seize, dix-huit et vingt jours après la période menstruelle.

«On rencontre des cas de grossesse double, triple et même quadruple; cela tient à la rupture simultanée ou à très-courts intervalles de deux ou plusieurs vésicules de Graaf et à la fécondation, soit dans le même coït, soit dans des coïts rapprochés, des deux ou plusieurs ovules qui en sont sortis. On admet généralement qu’une femme qui a conçu depuis huit jours ne peut plus être fécondée.

«Tout le monde sait comment l’œuf fécondé ou embryon se développe dans l’utérus de la mère s’y nourrit de sa substance et y grandit pendant neuf mois, au bout desquels il est expulsé au dehors par l’accouchement. »

Le fœtus passe assez vite par les premières gradations. Trois ou quatre jours après la conception, on n’aperçoit dans la matrice qu’une bulle ovale transparente, remplie d’une humeur semblable à une glaire d’œuf. Dans son milieu est un nuage plus opaque qui doit former l’embryon. Sept jours après la conception, on distingue à l’œil simple les premiers linéaments du fœtus, dans lequel on reconnaît faiblement la tête et le tronc, désignés par deux vésicules; on ne voit point encore les extrémités. A quinze jours on distingue la tête et les parties les plus saillantes du visage; le nez paraît sous la forme d’un petit filet éminent et perpendiculaire à une ligne qui fait connaître la séparation des lèvres; on découvre deux points noirs à la place des yeux; deux petits trous à celle des oreilles; on voit aux deux côtés de la partie supérieure du tronc de petites protubérances qui sont les prémices des bras et des jambes. Ces premières ébauches des extrémités restent quelquefois en arrière, et la nature s’arrête dans son travail; on voit alors comme un enfant sans bras et sans jambes.

Après trois semaines, le corps du fœtus s’est un peu augmenté ; les bras et les mains, les jambes et les pieds se distinguent. Vers la fin du premier mois de grossesse, le fœtus a un pouce de longueur; il a la figure humaine bien décidée, toutes les parties de la face sont reconnaissables, le corps a sa forme, les hanches et l’abdomen sont élevés, les membres sont formés, les doigts des pieds et des mains sont séparés les uns des autres; des fibres pelotonnées désignent les viscères. A six semaines, le fœtus a allongé d’un demi-pouce.

Deux mois après la conception, l’enfant a deux pouces un quart; il a trois pouces et demi à trois mois; à quatre mois et demi, il a cinq pouces, et son corps est si fort augmenté, que toutes les parties s’en peuvent distinguer au point de reconnaître les ongles des doigts et des orteils. Il commence même à avoir des mouvements distincts, et la mère émue le sent remuer dans son sein.

A partir de ce moment jusqu’à neuf mois, terme de la gestation dans notre espèce, l’accroissement des enfants est fort variable en poids comme en volume. Une foule d’influences qu’il serait trop long d’énumérer ici font varier ces appréciations. On peut dire en moyenne que l’enfant de neuf mois a cinquante centimètres de longueur et pèse quatre kilogrammes.

Pendant tout le temps qu’il passe dans la matrice, le fœtus est environné de deux membranes protectrices, le chorion et l’amnios, et d’une couche épaisse de liquide dans lequel il nage, et qui lui sert comme de coussinet contre les violences extérieures. Il reçoit sa nourriture de la mère, dont le sang est amené dans ses vaisseaux par le cordon ombilical, après avoir été filtré dans un appareil vasculaire qui porte le nom de placenta, et se détache, après l’accouchement, comme une masse informe de chair.

Tels sont les fonctions importantes et le rôle providentiel qui sont assignés aux organes génitaux dans les deux sexes pour la reproduction de l’espèce. Ces considérations doivent suffire pour montrer aux jeunes gens que ce n’est point comme instruments de plaisir que ces organes leur ont été donnés, et qu’ils doivent compte non-seulement à Dieu, mais à leurs enfants et à l’humanité tout entière, de l’abus qu’ils en pourraient faire.

CHAPITRE III

Table des matières

DES LIMITES DE LA PUISSANCE SEXUELLE

Importance de l’équilibre des fondions. — L’acte qui perpétue l’espèce tue l’individu. — Influence du tempérament sur la puissance procréatrice. — Tempérament bilieux. — Tempérament sanguin. — Tempérament lymphatique. — Tempérament nerveux. — Influence de l’âge — Age nubile. — Virilité. — Age de retour. — Influence des climats. — Influences diverses de nutrition, régime, travaux de l’esprit, oisiveté, saisons, heures. — Des abus propres à la jeunesse, excès, polygamie, polyandrie, uréthrite, flueurs blanches, etc., etc. — Des abus propres aux gens âgés, — Aphrodisiaques. — Ramollissement. — Cancer, etc., etc.

I. La fonction sexuelle tient une place énorme dans la vie et le bonheur des individus, comme dans le sort des sociétés. Les anciens disaient avec raison que tout obéissait à l’amour, et Montaigne a moulé une grande vérité dans une courte phrase, lorsqu’il dit: «Cet accouplage est un centre où toutes choses regardent.»

«Les dieux, dit Platon, nous ont donné un membre inobédient et tyrannique, qui, comme un animal furieux, entreprend, par la violence de son appétit, de soumettre tout à soi; de même aux femmes le leur, comme un animal glouton et avide, auquel si on refuse aliment en sa saison, il forcène, impatient de délai.

«La philosophie, continue Montaigne, n’estrive point contre les voluptés naturelles, pourveu que la mesure y soit joincte, et en presche la modération, non la la fuicte; elle dit que les appétits du corps ne doivent pas être augmentés par l’esprit; d’éviter toute jouissance qui nous altère et affame.

«C’est une vie exquise, celle qui se maintient en ordre jusques en son privé.... au dedans et en sa poitrine, où tout nous est loisible, ou tout est caché, d’y estre réglé c’est le poinct. Le voisin degré c’est de l’estre en sa maison, en ses actions ordinaires, desquelles nous n’avons à rendre raison à personne, où il n’y a point d’estude, point d’artifice.

«Socrate est plus grand qu’Alexandre; qui demandera à l’un ce qu’il sait faire, il répondra: «subjuguer

«le monde;» qui le demandera à l’autre, il dira:

«mener l’humaine vie conformément à sa naturelle

«condition;» science bien plus générale, plus poisante, et plus légitime.»

L’amour sensuel doit avoir son rôle dans la vie de l’homme, et la volonté du Créateur, à cet égard, est clairement montrée. Mais son influence ne doit point s’établir aux dépens des autres devoirs, et il doit obéissance et respect à la détermination du but moral vers lequel nous devons marcher à travers notre existence dans ce monde. C’est, si l’on veut, un dès deux pôles de la vie, mais il ne franchit la limite de sa sphère d’action qu’aux dépens du pôle intellectuel qui doit toujours tenir la première place.

C’est pour avoir oublié cette grande loi de la volonté souveraine, que les peuples ont rapidement marché vers la décadence lorsqu’ils ont voulu mettre les sens au-dessus de l’esprit, et s’adonner avec une ardeur exclusive au culte de l’amour physique. Les nations les plus policées de l’antiquité, la Grèce, l’Assyrie, Rome, sont tombées dans l’abrutissement et l’esclavage, le jour où les fêtes de Vénus curent fait déserter les temples des autres dieux. L’Espagne moderne, l’Afrique du Nord, ont donné récemment le même exemple, et hier encore un recueil de médecine attribuait à de semblables motifs la dépopulation des îles Sandwich.

Chaque fois que l’individu consomme l’acte de la procréation, il donne une portion de sa vie pour allumer une vie. nouvelle. On remarque parmi les végétaux qu’aussitôt après la fécondation les organes mâles se fanent, et les organes femelles disparaissent pour faire place au fruit. Chez un grand nombre d’insectes, la transmission de la vie est le dernier acte de celle des parents: ils meurent immédiatement après avoir procréé. Il n’est personne qui n’ait observé ce phénomène chez le ver à soie. Tous les animaux après le coït perdent leurs forces, leurs couleurs se ternissent, et leur chair perd une partie de ses qualités.

Dieu a limité pour chaque espèce, suivant leurs chances de mort, le temps de leurs amours et l’abondance de leurs produits. Aux animaux timides et pourvus de faibles moyens de défense, il a donné une abondante lignée, et l’on voit la femelle du lapin donner le jour à huit ou dix petits chaque mois, tandis que celle du lion en met au monde à peine deux par année. Mais pour toutes les espèces vivant en liberté, la saison des amours est bornée à un certain moment désigné sous le nom de rut, et qui arrive le plus souvent au commencement du printemps. Ce n’est que pendant cette époque que les spermatozoaires se développent et que les ovules arrivent à maturité.

Généralement, aussitôt que la fécondation a eu lieu, le rut s’éteint chez les animaux femelles; ainsi, par exemple, les chiennes ne souffrent plus les approches du chien. C’est la conséquence de l’accomplissement de l’acte qui satisfait le vœu de la nature.

«L’homme est le seul être chez lequel le besoin de la reproduction se transforme et dure même après qu’il a été satisfait; lui seul possède la faculté de se livrer en tout temps à la plus importante des fonctions de l’animalité.»

C’est donc à la raison et à la science de diriger une force à la fois si séduisante et si redoutable, dont les excès sont le grand mal de ce temps, comme ils ont été la plaie des temps passés. Et rien n’est plus coupable que de laisser sur ce sujet les hommes suivre les maximes et les traditions vulgaires, les impulsions aveugles, au lieu de détruire les uns, d’éclairer les autres.

Quand on parcourt les écrits des anciens médecins, on est frappé des termes avec lesquels ils parlent de ce germe humain que la société tout entière traite généralement avec tant de légèreté et de prodigalité.

Pour Pythagore, le sperme était la fleur du sang le plus pur; — pour Platon, c’était un écoulement ou une effusion de la moelle épinière; — pour Épicure, une parcelle de l’âme et du corps; — pour Aristote, enfin, l’assemblage d’une infinité de petits cerveaux. — Pour Hippocrate, ce fluide était le résultat du concours de toutes les parties de notre organisation. — Homo totus semen est, dit Fernel. — Borelli attribuait à la semence la véritable force du corps et de l’esprit. — Bordeu disait que la liqueur séminale qui reflue des testicules renouvelle et remonte la vie, le tempérament, et entretient le ton de vigueur qui lui est propre. — Buffon croyait que le sperme était un extrait de toutes les parties animales, qui se réunissent et se moulent dans l’intérieur de la matrice. — «Ses émanations, écrivait Cabanis, refluent dans le sang, lui communiquent un caractère plus stimulant et plus actif.» — Réveillé-Parise l’appelle ce la vie à l’état liquide.»

Mais plus la loi est importante, plus sa violation est pernicieuse; plus l’usage est entraînant, plus la limite qui le sépare de l’abus est difficile à établir. Elle ne saurait d’ailleurs être absolue.

Selon Mahomet, l’homme ne doit se livrer au coït qu’une fois par semaine; selon Zoroastre, une fois tous les dix jours, et d’après Solon, une fois tous les onze jours.

Un vieux médecin donna jadis le conseil suivant à un jeune homme: «Si votre constitution est faible et délicate, fuyez les plaisirs de l’amour: il y a ici une couche d’épines enfouie sous des roses. Mais l’excitant prolifique vous agite-t-il sans cesse, conduisez-vous selon votre âge: de 25 à 36, vivez sur le revenu; de 36 à 45, faites des économies; depuis 45 jusqu’à la fin, gardez précieusement le capital.» .

II. A l’exemple de ce praticien plein d’expérience, je vais classer, suivant les tempéraments, les âges, les climats, etc., les conseils que je dois donner sur ces délicates matières.

Tempérament. — On ne peut nier qu’il existe des tempéraments génésiques, c’est-à-dire chez lesquels l’activée sexuelle l’emporte sur toutes les autres fonctions. Cette prédominance est presque toujours un malheur, car elle ne s’établit qu’aux dépens de facultés plus précieuses. Du reste, elle est assez rare, du moins chez les hommes. Ces individus sont ordinairement colorés et bilieux, ce qui faisait dire aux anciens que le foie était le siège de la concupiscence. Chez l’homme comme chez la femme, ils présentent un système pileux noir, une odeur forte, les narines ouvertes, les lèvres rouges et pendantes, le corps maigre, mais très-musclé, les organes génitaux exagérés en dimension. «Leur colère, dit un écrivain, est celle d’Achille, leur haine celle de Coriolan, leur amour tient de la manie.» Ils sont généralement peu intelligents, et en tout point ressemblent plus à des animaux qu’à des hommes. Au point de vue de la reproduction, on pourrait les comparer aux arbres qui fleurissent trop. Les femmes à tempérament génésique, comme la plupart de celles qu’on rencontre dans les lupanars, deviennent difficilement fécondes, et les hommes célèbres par leurs exploits vénériens ont rarement la joie d’être pères.

Galien cite le cas d’un esclave qui vivait à Rome de son temps, et qui était impropre à tout service autre que celui des femmes. Sa réputation le fit acheter fort cher par une Messaline de son temps.

Le médecin arabe Rhazès rapporte celui d’un prince maure qui, en trois jours, donnait satisfaction à quarante femmes dont son sérail était composé.

On raconte qu’une reine d’Aragon eut à intervenir entre un époux et sa femme, qui se plaignait des ardeurs de son mari. Celui-ci avait une passion que rien ne pouvait assouvir. La princesse lui défendit sous peine de mort d’approcher sa femme plus de six fois chaque nuit.

M. Debay rapporte qu’un montagnard des Pyrénées-Orientales épousa successivement onze femmes dans l’intervalle de quinze ans. Ses embrassements étaient si multipliés et si fougueux, que toutes ses femmes moururent atteintes de désordres graves dans les parties vulvo-utérines. L’autorité s’opposa à ce qu’il contractât un douzième mariage.

J’ai connu un officier de hussards qui, à l’âge de quarante ans, vit cinquante fois en dix jours une maîtresse qu’il devait quitter pour ne plus la revoir. C’était un homme de petite taille, haut en couleur et violent. Ses camarades le regardaient comme ayant l’esprit un peu dérangé.

Les mêmes exemples se rencontent chez les femmes. Tout le monde connaît l’insatiable salacité de Messaline, cette impératrice romaine qui, sous le nom de Lysisca, parcourait les lieux de débauche, défiait tous les hommes qu’elle rencontrait, et se retirait au point du jour, lasse, mais non rassasiée.

Sous le règne de l’empereur Théodose, une femme enterra vingt-deux maris, morts à la suite des excès amoureux qu’elle leur faisait commettre.

Un médecin attaché à l’un des dispensaires de Paris montra à M. Debay une femme de quarante ans qui, depuis vingt-deux ans, ne manquait jamais, chaque jour, de se livrer dix fois au coït.

Enfin il n’est pas rare de rencontrer des prostituées qui parcourent les corps de garde et peuvent supporter en une nuit les approches des quinze à vingt soldats dont se compose chaque poste.

Si le lecteur se rappelle la description anatomique du testicule que j’ai donnée plus haut, et la physiologie de ses fonctions de sécréteur du sperme, il n’aura pas de peine à se convaincre qu’il est impossible à cet organe de fournir en abondance la liqueur séminale dans une période de courte durée. Les embrassements multipliés sont donc absolument inefficaces pour la procréation. La première éjaculation vide à peu près complètement la réserve des vésicules séminales. Celles qui suivent ne donnent qu’une liqueur mal élaborée ou simplement du fluide prostatique qui n’a aucune vertu prolifique; enfin la répétition de ces excès ne laisse bientôt plus écouler que du sang, dont l’émission est accompagnée de cuisson, de douleurs des reins et de dégoût. Ya-t-il bien là, comme le croient certains imprudents, matière à une fanfaronnade, ou n’est-ce pas plutôt le signe d’une sotte vantardise?

Chez la femme la déperdition étant moindre, puisque l’ovulation est indépendante de sa volonté et que l’acte sexuel peut s’effectuer sans érection, elle peut résister plus longtemps aux fatigues des voluptés génitales; mais un jour arrive où le cortège hideux des maladies de la matrice, la leucorrhée et le cancer, changent en amers regrets les élans désordonnés d’une lasciveté imprudente.

Certaines maladies, comme le satyriasis et la nymphomanie, ou de simples dartres vulvaires et préputiales, Suffisent quelquefois pour simuler pendant un temps le tempérament génital et donner des désirs immodérés de coït.

Le tempérament sanguin est un des plus favorisés sous le rapport de l’activité génitale maintenue dans de sages limites. Un corps ferme et vigoureux, une physionomie animée, les yeux ordinairement bleus, des chairs qui ne sont ni trop fermes ni trop molles, la peau souple et unie, une couleur vermeille, un léger embonpoint, des cheveux blonds ou châtains, des membres souples et agiles, un caractère gai, un esprit vif et intelligent, sont les signes qui, chez l’homme comme chez la femme, annoncent ce tempérament.

Parmi les gens sanguins, on regarde comme les plus propres à supporter les fatigues de l’amour ceux chez lesquels le système pileux est plus développé. Hippocrate et Morgagni ont déclaré inhabiles à la reproduction ceux qui manquent de ce signe: Vir pilosus, aut fortis, aut luxuriosus. — Tout le monde sait que Ni non, peu satisfaite du prince de Condé, lui dit un jour: «Prince, vous devez être bien fort.»

Une corrélation du même ordre existe entre la voix et les organes de la génération. — C’est à la puberté que la voix de l’homme prend le timbre qui lui est propre. — Il y a chez les eunuques arrêt de développement des organes de la voix. Les excès vénériens l’affaiblissent. — Les gens doués d’une belle voix sont en général d’un tempérament amoureux. — Le rossignol ne chante qu’au temps de ses amours. Avec la faculté de procréer, le coq devenant chapon perd et les prérogatives de son sexe et la voix pour proclamer ses conquêtes.

Pour les personnes de ce tempérament, la privation des plaisirs de l’amour serait chose presque impossible et souvent dangereuse; mais elles doivent se méfier des entraînements d’une imagination toujours très-active, et régler leur conduite non pas sur les désirs mais su les besoins qu’elles éprouvent; en aucun cas et à aucun âge, même pendant la belle période de la virilité, il n’est prudent de dépasser un coït par jour.

Le tempérament lymphatique consiste dans «la prédominance de développement, de vitalité et d’action de tous les tissus pénétrés par des liquides non sanguins et des organes qui forment ces liquides;» on y range les individus à chair blanche, garnie d’un petit nombre de poils très-fins. Le visage est pâle, et souvent bouffi, les yeux de couleur claire, les vaisseaux d’un petit calibre, la taille élevée; les gens lymphatiques n’ont pas une grande force musculaire et ils ont beaucoup de facilité à l’engraissement. Les hommes de ce tempérament sont doux, affables, paisibles, et les plaisirs de l’amour ne les affectent pas. Pour les femmes la continence n’est pas une vertu pénible; elles se montrent indifférentes aux caresses de l’amour, et cependant elles deviennent facilement fécondes; on y trouve des mères qui ont eu huit ou dix enfants et qui ignorent encore ce que sont les jouissances vénériennes.

Il ne faudrait pas croire que tous les individus gras sont lympathiques, mais en prenant cet attribut du tempérament pituiteux, ils en prennent également les inconvénients au point de vue de l’appareil génital. De temps immémorial, on sait que les individus trop gras ont peu d’aptitude à la génération. Chez les plantes, la surabondance de nourriture, en engraissant outre mesure les étamines, les transforme en pétales, et elles deviennent stériles. — Bichat a remarqué que la sécrétion de la semence est en raison inverse de la sécrétion de la graisse, et que les poules trop grasses perdaient la faculté de pondre. On connaît ce proverbe: Bon coq n’est jamais gras. Les chevaux trop gras sont de mauvais étalons. — Hippocrate dit que les Scythes, qui sont ordinairement très-gras, sont souvent. impuissants .

Buffon soutient la même thèse: pour lui, c’est le superflu de la nourriture qui forme la liqueur seminale; et la preuve qu’il en donne est que les eunuques et tous les animaux mutilés grossissent beaucoup plus que ceux auxquels il ne manque rien .

Le tempérament nerveux, qui est rare parmi les habitants de la campagne, est au contraire très-répandu dans les villes; les individus qui lui appartiennent sont de taille variable, mais les proportions de leur corps sont toujours exiguës, la fibre grêle et vibratile, le visage expressif et mobile, le front haut, le volume du crâne exagéré, l’œil vif et la peau d’une couleur sombre. Leurs mouvements sont brusques, leur impressionnabilité très-grande, et leur énergie contraste avec la débilité apparente de leur organisation.

L’homme de ce tempérament est un dangereux séducteur auprès des femmes; il a le ton persuasif et une certaine activité génitale, qui n’est cependant pas toujours en rapport avec les désirs d’une imagination très-active; mais il brille par d’autres qualités: les actions héroïques, les conquêtes, les entreprises qui paraissent surpasser les forces humaines sont de son ressort. Les ambitieux et les hérésiarques ont presque tous été de ce tempérament.

Les femmes nerveuses sont souvent jalouses, tristes, inquiètes; elles ont de l’aptitude génitale et sentent vivement le plaisir, ce qui les épuise promptement. On leur reproche d’avoir la prétention de dominer chez elles; on croirait, dit un auteur, que ce sont des reines qui ont épousé leurs esclaves.

Le tempérament nerveux est celui qui peut le moins facilement supporter les excès vénériens, sans qu’il en résulte un grave dommage pour la santé générale.

Age. — L’âge n’a pas une influence moins grande que les tempéraments sur l’énergie et la durée de la puissance sexuelle; quoique doué de la faculté procréatrice à partir du moment où s’établit l’excrétion spermatique, l’homme ne doit concourir à la perpétuation de l’espèce que lorsqu’il a atteint son parfait développement, et il en est de même dans toute la nature. Ainsi, les animaux qui subissent des métamorphoses ne concourent à se reproduire que sous leur dernière forme, qui embrasse une période entièrement consacrée à la reproduction.

La prévoyance de la nature a su imposer aux bêtes la défense de satisfaire leurs penchants dès l’instant où cette satisfaction est possible. Ainsi, on voit les jeunes daims chassés loin des femelles par les plus vieux et les plus robustes. Le jeune coq est obligé de lutter avec les vieux et de sortir vainqueur de la lutte pour qu’il lui soit permis d’approcher des poules. En faisant ainsi de la force une condition de l’usage des fonctions génitales, la nature en a prévenu (en vue de la conservation des individus et des races) les abus prématurés.

Les éleveurs ont reconnu depuis longtemps que la constitution du mâle et celle de la femelle doivent avoir atteint leur entier développement pour qu’ils puissent être employés avec succès à la reproduction. Il n’y a qu’une voix à cet égard parmi les physiologistes.

L’usage prématuré des organes générateurs est le meilleur et le plus sûr moyen de s’inoculer la vieillesse, suivant l’énergique expression de Hufeland; car rien n’est plus propre à précipiter le cours de la vie. On voit aujourd’hui dans les grandes villes des individus qui deviennent pubères à huit ans, atteignent presque leur entier développement à seize, éprouvent à vingt toutes les infirmités qui accompagnent la décadence des facultés, et présentent à trente l’image parfaite de la décrépitude: rides sur la figure, sécheresse et roideur des articulations, etc., etc.

Il est bien évident que ce n’est que plusieurs années après la puberté que le corps et l’esprit de l’homme acquièrent tout leur développement, et que ni l’un ni l’autre sexe ne sauraient dès cet âge remplir convenablement les devoirs de la paternité. De plus, pour la jeune fille, les troubles de la grossesse, les fatigues de l’accouchement et de l’allaitement sont évidemment au-dessus de ses forces.

Les anciens Germains, chez lesquels le développement corporel et les forces physiques excitaient l’étonnement des Romains et des autres nations de l’Europe, ne se mariaient jamais avant vingt-quatre ou vingt-cinq ans, et jusque-là ils conservaient la plus rigide chasteté : c’était une honte pour un jeune homme d’avoir connu une femme avant cet âge.

La vie sexuelle de l’homme renferme trois périodes: l’accroissement, la station, la décadence.

La période d’accroissement ou de jeunesse dure jusqu’à trente-cinq ans chez les individus qui n’ont pas fait d’excès, et qui n’ont pas commencé trop tôt à se servir de leurs organes. L’opinion générale des médecins est que, pendant cette période, un homme robuste peut coïter deux à trois fois par semaine. Ce chiffre est peut-être un peu élevé pour les tempéraments lymphatiques, mais il peut, je crois, sans danger, être porté à cinq pour les natures génésiques ou même nerveuses. Il faut avouer ici que rien n’est plus difficile que de déterminer où commence l’excès, où finit l’usage. M. Michel Lévy donne la règle suivante: «Les effets immédiats du besoin satisfait font seuls reconnaître s’il était légitime ou non, et présagent avec certitude les conséquences ultérieures qu’on doit attendre de nouveaux rapports sexuels. L’accomplissement régulier de toute fonction nécessaire à l’économie y laisse à sa suite un retentissement agréable. S’il en est ainsi de la satisfaction du besoin génital, si, après l’acte consommé, la tête est plus libre, l’esprit plus gai, le corps plus souple, plus vigoureux, la nature a été obéie dans sa juste exigence; mais le coït entraîne-t-il un sentiment de tristesse et de satiété, l’affaissement des forces physiques et intellectuelles, une importune pesanteur des idées et des mouvements, il y a excès, et fût-il suivi d’érections nouvelles, le besoin n’y est pour rien.»

La période de virilité ou de station est manifestée par une moins grande ardeur pour le plaisir; mais, à cet âge, au point de vue qui nous occupe, les effets du coït sont peut-être plus fructueux. Les organes ont acquis toute leur force; le rapprochement, quoique moins passionné, est ordinairement plus fécond, et les produits ont plus de chance de devenir sains, vigoureux et bien conformés. Cette période dure de trente-cinq à quarante-cinq ans. Le conseil du vieux docteur que nous citions plus haut est ici d’une application pleine de sagesse: «Faites des économies,» c’est-à-dire ménagez-vous. Réduisez, selon votre tempérament, à trois ou à deux, même à une par semaine, vos offrandes à Vénus. Que votre imagination ne sollicite jamais vos organes à une fonction dont le besoin ne se fait pas sentir, et souvenez-vous que la moindre forfanterie peut être cause des plus cuisants regrets.

Passé quarante-cinq ans, l’appétit vénérien diminue chez l’homme. Les érections sont moins fortes et plus courtes. La continence commence à devenir une nécessité. Pour celui qui sait vieillir, la facilité d’engendrer diminue, mais ne se perd pas, car on a de nombreux exemples d’hommes de soixante-dix ans et au-dessus qui sont devenus pères; mais, pour conserver ce précieux privilége, il faut se tenir en garde contre les fallacieux désirs nés d’une imagination lubrique, et se permettre au plus une fois tous les quinze jours, ou tous les mois, de réveiller son ardeur juvénile. C’est avec raison qu’on a dit que, si les grandes folies appartiennent à l’amour des jeunes gens, les grandes faiblesses sont l’apanage de celui des vieillards. Combien ne voit-on pas, dans les villes surtout, de ces amoureux décrépits qui n’ont pas su vieillir traîner leurs cheveux blancs aux pieds de quelque impure courtisane qui les excite, les tue et les ruine, en se riant de leur impuissance.

La vie sexuelle de la femme suit un cours beaucoup plus régulier que celle de l’homme. Pendant une période moyenne de vingt-cinq ans, c’est-à-dire à dater du moment où le développement du corps, du bassin et des mamelles est à peu près complet, jusqu’à l’heure de la ménopause, elle est constamment apte à devenir féconde et à donner naissance à de beaux enfants. Beaucoup pensent qu’il n’y a aucun inconvénient à livrer à l’homme la fillette qui commence à être menstruée; mais c’est une grave erreur. La jeune fille trop tôt adonnée aux embrassements de l’amour physique ne tarde pas à se flétrir. Elle est vieille avant d’avoir atteint son complet développement. Ses organes se déforment avant même qu’elle ait savouré les plaisirs de la nature, et si la maternité survient, ce n’est qu’au milieu de dangers pour la mère et de chances de faiblesse pour l’enfant qu’elle traversera cette périlleuse épreuve.

Les jeunes filles de certains tempéraments sont, il est vrai, plus tôt formées que d’autres. Celles qui répondent au portrait que j’ai tracé du tempérament bilieux ou génésique seront disposées pour l’amour avant celles qui sont sanguines ou nerveuses, et celles-ci plus tôt que les enfants à tempérament lymphatique. On a vu, même dans nos pays, des fillettes devenir mères à douze ans, et d’autres n’être pas encore réglées à dix-sept; mais, en général, il faut se rappeler qu’on ne perd rien pour attendre, et qu’une jeune fille qui reste vierge jusqu’à vingt ans gagne autant d’années de santé et de force qu’elle met de mois à retarder la perte de son innocence. Rousseau affirme avec raison que l’âge qui précède l’union sexuelle ne dure jamais assez; et il ajoute, dans son Émile, ces éloquentes paroles: «Oui, je le soutiens, et je ne crains pas d’être démenti par l’expérience, un enfant qui n’est pas mal né et qui a conservé jusqu’à vingt ans son innocence est, à cet àge, le plus généreux, le meilleur, le plus aimant et le plus aimable des hommes.»

Quoique j’aie dit que la femme peut, en un temps donné, supporter plus facilement que l’homme un nombre considérable de rapprochements sexuels, il n’en faudrait pas conclure que cet acte soit exempt de dangers pour elle, et qu’elle peut sans ménagement en user et en abuser pendant la période des grandes passions. Les limites fixées par la nature sont, à peu de choses près, les mêmes pour les deux sexes, et si le résultat immédiat de fatigue et d’impuissance physique ne se fait pas aussi vivement sentir chez la femme que chez l’homme, il se joint chez elle, aux phénomènes de l’épuisement et à leur triste cortége, un châtiment immédiat de sa lubricité dans l’inaptitude à la conception et l’impossibilité presque absolue de devenir mère.

Il est remarquable que, vers l’âge de trente ou trente-cinq ans, les femmes ont un redoublement de vigueur dans les organes génitaux. Avant d’en finir avec le sexe, la nature exalte la puissance sexuelle et l’aptitude à la fécondation. Ainsi un vieil arbre, après plusieurs années de stérilité, se couvre avec une grande abondance de fleurs et de fruits. Mais il ne faut pas oublier que cette sorte de rajeunissement n’est que la dernière lueur d’un feu qui s’éteint.

Enfin, à la période d’activité génitale et de fécondité succède l’âge du repos. Cette période, qui se présente environ vingt-cinq ou trente ans après la menstruation, porte le nom d’âge critique, âge de retour, ménopause. C’est un moment que les femmes regardent comme plein de dangers pour leur vie. Sans vouloir dire que cette période soit absolument exempte des périls qu’on lui attribue, nous ferons remarquer, avec Benoiston de Châteauneuf, Lachaise, Fimaison et autres statisticiens, qu’il meurt plus d’hommes que de femmes, quels que soient la condition et le genre de vie. «Il est certain, dit le savant hygiéniste Michel Lévy, qu’on a rattaché à l’âge de retour beaucoup d’affections qui avaient pris naissance bien avant la cessation des règles, notamment des dégénérescences cancéreuses et squirrheuses des organes sexuels, précédées d’écoulements séreux et séro-purulents. D’après Lisfranc, c’est entre l’âge de vingt à trente-cinq ans que débutent le plus grand nombre des affections de l’utérus. Toutefois, un certain nombre d’accidents ont leur origine dans la ménopause, personne ne le conteste: telles sont ces hémorrhagies inquiétantes qui se renouvellent parfois à court intervalle et qui persistent pendant plusieurs mois, et même pendant des années. D’autres fois, au flux succèdent la leucorrhée, les hémorrhoïdes, l’hématurie; la pléthore générale est presque inévitable chez un grand nombre de femmes sur le retour, et chez toutes survient celle du bassin; la matrice peut rester congestionnée, et finit par s’irriter. Des accidents nerveux, des vapeurs, des phénomènes d’hystérie et de mélancolie ne sont pas rares, surtout quand les femmes appartiennent aux rangs aisés et éclairés de la société ; mais ils sont le reflet de l’état moral, et dénoncent moins l’influence sympathique de l’utérus que l’orage des passions encore vivaces et désormais déplacées dans le commerce social, les luttes impuissantes du regret qui doit aboutir à la résignation. Enfin on a vu reparaître après la ménopause des maladies qui avaient disparu lors de la première menstruation, telles que des dartres ou des éruptions diverses, des érysipèles, l’eczéma.

«L’hygiène seule protége efficacement la femme contre les suites de cette révolution d’âge, et sait conjurer l’imminence morbide qui l’accompagne et lui succède pendant un temps indéterminé. Il importe d’éloigner tout ce qui peut donner lieu à. la polyhémie, à l’exaltation de la sensibilité, au réveil inopportun du désir vénérien, ou à l’irritation locale des organes de la génération. Un régime humectant légèrement nutritif, végétal et lacté en grande partie, la prohibition de toute boisson alcoolique et aromatique, un vêtement chaud qui provoque légèrement la peau et décentralise les forces qui convergent vers l’utérus, l’exercice modéré et pris dans un air sec et vif: telle est la formule laconique des convenances sanitaires pour l’âge de retour, avec la donnée essentielle du calme moral et l’une sociabilité sagement circonscrite, soigneusement abritée contre les agitations mondaines et les tardives concupiscences.»

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Yaş sınırı:
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Litres'teki yayın tarihi:
16 ocak 2025
Hacim:
330 s. 1 illüstrasyon
ISBN:
4064066337179
Yayıncı:
Telif hakkı:
Bookwire
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