Kitabı oku: «Le jardin des glaciers. Premières fleurs. Fleurs de foi»

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Marquis Gaston de Chaumont

Le jardin des glaciers. Premières fleurs. Fleurs de foi

Poésies


Publié par Good Press, 2022

goodpress@okpublishing.info

EAN 4064066305192

Table des matières

LETTRE

A M. Gabriel Lackmyer,

PRÉFACE.

HOMMAGE A DIEU.

HOMMAGE A LA SAVOIE.

HOMMAGE A S. M. CHARLES-ALBERT. Roi de Sardaigne.

Le Poète.

AU DÉCLIN DU JOUR.

Souvenirs de la Grenade.

HYMNE AU MONT-BLANC.

La Guérison.

I

II

III

IV

Ulrich l’Avare

LES SAISONS OU PRÉSAGES D’IMMORTALITÉ.

ROME ET LES BARBARES.

LES DEUX ANGES.

HYMNE A L’OCÉAN.

NUIT D’ÉTÉ.

DIEU OU EXTASE DE SAINT PAUL.

LE CHRÉTIEN.

SAINT PAUL.

LE CHRÉTIEN.

SAINT PAUL.

LE BERCEAU.

LE PARRIAH.

Invocation du Poète.

FÈTE AU CIEL ET SUR LA TERRE

L’INSPIRATION.

LE DERNIR SOUPIR


LETTRE

Table des matières

A M. Gabriel Lackmyer,

Table des matières

POUVANT SERVIR

DE PRÉFACE A TOUTES LES ŒUVRES POÉTIQUES DE L’AUTEUR.

Mon cher Ami.

C’est dans nos longues courses de vacances, où tantôt nous franchissions les montagnes Savoisiennes avec l’ardeur de nos quinze ans, et où tantôt assis près de quelque torrent sauvage, nous écoutions soupirer la brise dans les arbres; c’est dans nos promenades pleines de confiants épanchements ou de muettes rêveries, que le premier germe poétique s’est développé en mon sein. Déjà, quoiqu’enfants, nous pressentions une langue sacrée, déjà nous étions poètes par le cœur sans savoir le nom même de la poésie. —

D’une autre part, c’est vous encore qui aujourd’hui m’avez forcé, pour ainsi dire, à sortir du carton où ils dormaient enfermés, quelques-uns de ces fragments; il est donc bien juste que je vienne faire peser un peu sur vous la responsabilité de leur publication.

Votre indulgente amitié s’efforce en vain de me rassurer en me disant que quelques-unes de ces productions écloses entre quinze et vingt ans ont un certain parfum comme les fleurs montagneuses du pays qui les a vues naître; hélas! je crains bien en premier lieu que votre attachement pour l’auteur ne vous permette pas de juger la question avec impartialité ; puis, je vous le demanderai, qui donc lit encore des vers?....

Nous ne sommes plus au temps où chaque poésie nouvelle faisait une certaine sensation, où l’on discutait la valeur d’un ouvrage, où il amenait des dissertations plus ou moins ingénieuses dans les ruelles et à la Cour.

Maintenant, le livre le plus favorisé, étalé sans qu’on ait pris la peine de le lire, orné d’une couverture plus ou moins élégante sur une console de salon, entre un magot chinois et une revue pittoresque, devient meuble de maison. Le visiteur ou la visiteuse que l’on fait attendre le feuilletent parfois négligemment, et le referment bientôt en murmurant: des vers.... cela endort!

Hélas! il faut l’avouer, nous avons trop souvent justifié ce dédain en donnant des livres où l’absence totale de pensées avait cru pouvoir être remplacée par des rimes riches et des mots sonores. De nos jours, le vêtement de la poésie a étouffé la poésie elle-même; heureusement semblable au phénix ne s’envole-t-elle que pour reparaître tôt ou tard sous quelque forme rajeunie....

Puis, ce n’est pas seulement des vers que l’on fait peu de cas, que pense le monde en général du poète?

Cherchez, mon cher ami, si vous le pouvez, un plus ineffaçable ridicule que celui d’avoir commis un livre de poésies?

Pour les uns, le poète est nécessairement. un homme incapable de s’occuper sérieusement des choses sérieuses de la vie; les choses sérieuses de la vie! quel accouplement de mots si l’on considère ce que nous entendons ordinairement par là ; mais passons... D’autres les considèrent au contraire, comme un géomètre qui ne fait que poser des rimes au bout d’un nombre mesuré de syllabes et consacre quelques heures au moins par semaine à ce travail. Sans doute on peut, de cette manière, aligner froidement quelques pensées communes; mais il y manquera ce noble élan, ce désordre même qui en est la plus touchante beauté.

Non, non, le poète, vous le savez bien, vous qui avez une âme de poète, — ne s’assied point devant son pupitre à un moment convenu de la journée, avec de l’encre rose, du papier satiné et des plumes de première qualité à sa disposition.

La poésie, de même que l’enthousiasme, est complétement involontaire.

Je ne me suis jamais mis, je crois, de propos délibéré, à composer des vers.

Mais à quoi employer un jour de brouillard où l’on est seul et où l’on sent d’instants en instants, la tristesse vous monter au cœur?... A quoi consacrer une nuit d’insomnie où le sang enflammé bat avec violence dans vos artères?... Comment épancher tour-à-tour ces joies, ces douleurs qu’on ne confie à personne?... Comment traduire son admiration à la vue d’une nature grandiose qui vous frappe pour la première fois?... En ces circonstances et en mille autres diverses, le flot de pensées qui gronde dans le cerveau, déborde en poésies ardentes, graves ou mélancoliques et l’on est soulagé !

Parfois, au milieu d’une chasse dans les forêts, fatigué, j’appelais mon chien, et m’asseyant au pied d’un arbre, je prenais un morceau du papier destiné à comprimer le plomb et la poudre, et cherchant un crayon souvent à moitié ébréché, les pages que j’écrivais ainsi le front battu par le vent, étaient peut-être les moins médiocres!

Non, le poète ne s’occupe pas à faire des vers; souvent pendant des mois entiers son imagination peut même sembler engourdie; mais certaines influences ont-elles amené en son sein la vibration nerveuse nécessaire au jet poétique, il exhale en un instant sans le plus léger effort, des torrents d’harmonie.

Ainsi, dans ces contrées heureuses que l’oranger tapisse d’un réseau parfumé, s’il s’élève une brise un peu forte, elle fait vibrer ses branches., les pays voisins même en aspirent la tiède odeur, et quand le calme est revenu, on trouve le sol jonché de fleurs odorantes et de fruits d’or.

Voilà l’image de l’inspiration!

Faire de la poésie de propos délibéré, c’est un travail fatigant, presque toujours infructueux, et que je n’ai jamais pu comprendre.

La poésie prend à peine la millième partie de l’existence: c’est une crise; elle est d’autant plus courte qu’elle est plus violente; c’est l’éclair qui le soir découvre un instant les champs du ciel et les replonge soudain dans la nuit.

Mais la plupart des hommes savent-ils ces choses et ne regardent-ils pas comme un pénible métier ce qui est un besoin, un épanchement irrésistible et salutaire?...

Puis, disent encore quelques-uns: que prouve la poésie? A quoi sert la poésie? — Ah! ce n’est pas à moi à la défendre; les siècles sont là pour répondre de leur voix solennelle! La poésie, expression la plus élevée de l’homme, est ancienne comme le monde et durera tant que le cœur de l’homme pourra ressentir la joie, la tristesse l’admiration ou l’espoir!

C’est ce langage qui faisant pour ainsi dire les mot vivants et les images présentes, commence à flatter notre oreille par son exquise harmonie pour arriver plus facilement à notre cœur.

Que prouve la poésie? rien sans doute qui concerne le positif de la vie matérielle; mais que prouve la musique?... Et cependant, comme la poésie elle fût de tous les temps et de tous les lieux: Homère, aveugle, chantait de bourgade en bourgade les vers qu’il avait composés!

Ne voilà-t-il pas, mon cher ami, les réflexions que bien souvent nous fîmes ensemble? Mais le monde les fera-t-il? voudra-t-il admettre ces émotions indicibles qui ressemblent en rien aux émotions de salon?

Ne dira-t-il point: que m’importent à moi les mille impressions d’un jeune homme?

C’est ce qui m’a fait hésiter longtemps, je vous l’avoue, avant de livrer à la publicité ces quelques morceaux. Si je m’y suis enfin déterminé, mon cher ami, voici mon motif: depuis deux ans bientôt, des causes morales que vous n’ignorez point, ont exercé sur ma santé une influence si funeste qu’elle me laisse bien peu d’espoir de pouvoir de longtemps, peut-être, servir mon pays par la vie d’action. — Eh! bien, du fond de ma solitude précoce, du moins jetterai-je de temps en temps quelques pensées pures et religieuses, pour que mes amis ne m’oublient point tout à fait; du moins aurai-je la consolation d’apporter à l’édifice social le modeste et imperceptible grain de sable qui entrera inaperçu dans sa composition: quelques chants! Et hélas! quelques chants bien faibles, sans doute; car jamais, jamais ils n’ont été qu’un soulagement à quelqu’état plus ou moins maladif, et alors, vous le savez, la faiblesse du corps ne réagit que trop sur l’âme et permet à peine de coordonner ses idées.

Du reste, je ne saurais y avoir attaché d’autre importance que celle de ravir quelques heures à des réflexions plus ou moins décourageantes; oublier de temps en temps la vie par quelque moyen inoffensif, n’est-ce pas la sagesse?

Certes, je n’ai jamais songé à écrire une seule ligne pour le monde; le vrai poète a plus besoin d’amitié que de gloire;... il aime exciter la sympathie plutôt que l’étonnement;... un seul sentiment qui aurait répondu à un de mes sentiments c’est assez!... Un pressement de main vaut à mes yeux mille palmes!

Si donc j’étais assez heureux pour inspirer à quelques âmes rêveuses un peu de cet affectueux intérêt que je vous ai inspiré, pour faire vibrer à l’unisson du mien quelques cœurs qui pleurent, admirent, regrettent ou espèrent avec moi, oh! ce serait alors là ce que parfois je rêvai en silence, le plus doux, le seul triomphe que purent appeler mes vœux! — Adieu.

Décembre 1843.


PRÉFACE.

Table des matières

En me décidant à publier quelques fragments poétiques, je devais naturellement leur donner un titre, et je les ai appelés Jardin des Glaciers. Qui ne connait de vue ou au moins par récit ce jardin, gracieuse et verdoyante oasis perdue au milieu d’un désert de glaces? N’est-il pas la frappante image d’un cœur de poète?

Je devais ensuite assigner un certain ordre à ces productions écloses en mille situations diverses de l’âme; voici celui qui m’a semblé le plus logique:

Ce livre, très-incomplet du reste, n’est que la première phase du cœur humain que deux autres volumes viendront achever.

Ici, c’est la Foi qui domine; ces poésies appartiennent à cet âge où l’on croit sans presque raisonner; on croit parce qu’on admire, parce qu’une voix intérieure vous dit qu’il est noble de croire. Le doute y est inconnu; les découragements n’y sont que passagers et encore ont-ils un caractère religieux; dans le bonheur, on bénit le ciel; dans la souffrance, on exhale sa tristesse en saintes aspirations; en un mot, l’on a point pris racine à la terre; rien n’a fait surgir ces passions qui vous font concentrer l’univers dans un objets et vous rendent, quoique moins heureux, plus attaché peut-être à la vie!

Dans le volume suivant (Fleurs d’Amour), le cœur commence à s’éveiller au souffle de mille sentiments inconnus qui le charment et le troublent à la fois. Le désir d’abord pur et tendre, s’élance avec ardeur vers tout ce qui lui semble sympathique; puis ne pouvant être satisfait il se matérialise peu à peu et n’est point satisfait d’avantage; c’est une vaine poursuite d’une union intime et infinie avec tous les objets terrestres et inconstants.

Dans le troisième volume (Fleurs d’Espérance), le désenchantement augmente; on fait d’inutiles efforts pour ressaisir la félicité qui fuit devant vos pas. C’est d’abord un mélange de doute, de découragement, de blasphême; fatigué de cet état de lutte et d’incertitude, on cherche à placer son bonheur dans un objet solide. Dégoûté du présent, on tourne ses regards vers l’avenir; l’âme ballottée demande une conviction à tout prix! Après bien des combats, elle revient enfin à une foi mêlée d’espoir, non plus à cette foi primitive, pleine de la pureté et de l’ignorance du premier âge, mais à une foi qui moins chaste et moins poétique peut-être, est nécessairement plus solide, étant fondée tout ensemble sur le raisonnement et le besoin.

Peut-être donc un jour, si Dieu daignait de son souffle leur prêter quelque vie, ces pages pourraient-elles retracer les développements successifs du cœur des enfants de ce siècle, développements souvent d’une incroyable précocité ! Combien les ont subis jeunes encore, et à un front sans ride joignent un cœur déjà mûr!

Ici se présente une question: à quoi attribuer cet état?

Peut-être à uue réaction trop violente.

L’esprit maniéré et le raisonnement sophistique tenaient la plus large place dans le siècle passé.

Les premières années du nôtre n’avaient point de littérature. Le cœur longtemps froissé au tumulte des révolutions et des combats, sentait un immense besoin de se recueillir et de prendre sa revanche; aussi s’est-il jeté avec force dans les idéalités; mais la vie réelle a rarement pu le satisfaire et correspondre à ses désirs; il s’est nourri de rêves, et vainement il a entrepris de les réaliser. — De là ce découragement, cette mélancolie à peu près inconnus au dernier siècle où l’on était blasé pour avoir joui trop et trop tôt, mais où l’on avait du moins le calme dédaigneux et la molle insouciance de la satiété.

Longtemps, pour apaiser cette soif du cœur, le jeune homme s’agite, fait mille essais, trempe sa lèvre à toute chose. — Puis peu à peu les esprits les mieux disposés consentent à envisager sérieusement la vie réelle, et enfin à l’accepter telle qu’elle est; d’autres, tout en reconnaissant la vanité de leurs illusions, ne peuvent s’empêcher de les regretter un peu, et épanchent dans quelques chants le trop plein de leur âme.

Ainsi ai-je fait!

Aussi ces pages toujours l’expression d’un sentiment vrai, peut-être gagnent-elles en naturel ce qui leur manque bien souvent en correction. — Parfois j’ai pu employer des formes neuves pour mieux exprimer ma pensée; c’est le droit du poète: le champ de l’idéal est à lui; tout livre doit être un progrès, si léger soit-il: tout livre doit agrandir l’horizon littéraire, sinon par le fond, du moins par la forme; seulement dans son vol capricieux doit-on emprunter les ailes du bon goût.

Puissé-je m’en être servi pour fuir ce vague, écueil de notre littérature moderne, ainsi que cette profusion de termes barbares et antipoétiques que quelques-uns ont cru devoir employer sous le prétexte d’être pittoresques et énergiques.

Puissé-je ne m’être jamais écarté du grand but de l’art: l’aspiration vers ce qui est beau et éternel!

Puissé-je enfin ne m’être point rendu trop indigne de l’indulgence que quelques personnes dont le jugement m’est précieux, n’ont cessé de témoigner aux faibles essais d’un jeune homme!


HOMMAGE A DIEU.

Table des matières

Oui, quoiqu’il se rencontre en celte symphonie

Des tons et des rythmes divers,

Le Seignenr, je l’espère, en sera l’harmonie

Comme il l’est de tout l’univers.

A. B.

ODE.

Toi qui trônes inaccessible

A nos impurs et faibles yeux;

Etre qui ne te rends visible

Qu’aux chastes habitants des cieux;

Du haut des splendeurs où tu règnes

Cependant, quelquefois tu daignes

Vers notre fange t’abaissant,

Visiter l’âme solitaire

Et la ravir de cette terre

Jusqu’à ton trône éblouissant!

Ah! l’homme à qui tu te révèles,

Vers toi lorsqu’il veut s’élancer

N’a pas besoin d’humaines ailes,

Sa seule aile, c’est son penser;

Il sait écouter ta voix pure;

Dans les secrets de la nature

Ta main pas à pas le conduit;

Et dans son ineffable extase

Il voit ton rayon qui l’embrase

Où l’œil vulgaire voit la nuit!

C’est tantôt au sein du nuage

Que plongeant un regard lointain

Je crois découvrir ton image,

Tantôt dans les feux du matin;

En tout objet je te contemple,

Pour moi la nature est un temple,

Je lis ton Nom dans l’univers;

Et lorsqu’à ce Nom magnifique

Je veux bégayer un cantique,

Chaque bégaîment est un vers!

Des vers! hélas faibles paroles

Pour exprimer ce que je sens!

Mais sur la terre quels symboles,

Mon Dieu ne seraient impuissants!

Il faudrait qu’un ange lui-même

Descendant du séjour suprême

Vint se poser auprès de moi,

Et dans un langage de flamme

Daignât dévoiler à mon âme

Ces mots qui volent jusqu’à toi!

Non je ne puis rien!... mais qu’importe?...

Je veux chanter! chanter encor!

Si ma voix n’est pas assez forte

La foi peut aider son essor;

Oui, c’est elle qui sur ma lyre

Venant seconder mon délire,

Guidera ma tremblante main;

Le faible insecte peut te plaire,

Et moi du fond de ma misère

Je ne chanterai pas en vain!

A mes amis, à ma patrie

Si je consacre quelques chants;

Si quelque fleur jeune et flétrie

Réclame parfois mes accents;

Au fond d’une âme inconsolée

De quelque espérance envolée,

Si j’épands un peu de bonheur;

Celui qu’en tout je vois et chante,

Qui seul fait ma strophe éloquente:

C’est toi... c’est toujours toi, Seigneur!


HOMMAGE A LA SAVOIE.

Table des matières

Salut, noble pays aux montagnes ardues,

Dont les sommets altiers s’élancent jusqu’aux nues,

Où le mont roi des monts, fier de sa majesté,

Voit mille voyageurs passant la terre et l’onde,

Accourir tous les ans, des quatre coins du monde

Rendre hommage à sa royauté !

Salut, noble pays à la belle nature,

Où simples sont les mœurs, où l’existence est pure;

Où l’on est maintenant ce qu’on était jadis:

Oui, toutes les vertus de la ville exilées

Se retrouvent encor dans tes monts, tes vallées!

Honneur à toi, noble pays!

Ah! si timide enfant, je sentais en mon âme

Ces enivrants transports, cette divine flamme

Qui sur un front élu vient parfois se poser,

Oui, je te chanterais, ô patrie adorée,

Et les vibrations de ma harpe inspirée

Te pourraient immortaliser.

Sans doute quelquefois vers le soir il me semble

Dans ton vent qui gémit, dans ta feuille qui tremble

Trouver comme un écho de ce qui chante en moi;

De l’Inspiration est-ce la fraîche haleine?...

C’est à peine un accord, c’est un soupir à peine,

Mais ce soupir... il est à toi!

Ne te dois-je pas tout?... Si j’ai quelque génie,

Si mon chant cadencé coule avec harmonie,

Si ma strophe est puissante ou mon vers gracieux;

Ah! ce n’est point le fruit de stériles études;

Rien ne peut inspirer comme tes solitudes,

Rien n’exalte comme tes cieux!

C’est dans ton noble sein que l’âme du poète,

Cette âme si sensible et que l’homme rejette,

Peut trouver à nourrir sa contemplation;

Livre majestueux, celui qui sait y lire

Sous ses doigts frémissants fait résonner sa lyre

Comme les harpes de Sion!

Tantôt, assis d’un mont sur l’effrayante crête,

Je livrais mes cheveux au vent de la tempête

Et suivais du regard les sillons de l’éclair;

Tantôt, près du torrent couché dans la prairie,

J’aspirais à longs flots la pure poésie:

La poésie... est dans ton air!

En contemplant tes lacs, tes bois, tes hautes cimes,

On sent vibrer en soi milles cordes sublimes,

Le sein respire mieux, le cœur devient plus grand:

D’un pouvoir infini tout présente l’image!

Poétique Savoie, accepte mon hommage:

Je suis fier d’être ton enfant!


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Yaş sınırı:
0+
Litres'teki yayın tarihi:
16 ocak 2025
Hacim:
58 s. 14 illüstrasyon
ISBN:
4064066305192
Yayıncı:
Telif hakkı:
Bookwire
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