Kitabı oku: «Aegri somnia»
Max Elskamp
Aegri somnia

Publié par Good Press, 2022
EAN 4064066302177
Table des matières
PRÉFACE
EN LA VIE
I LIMINAIRE
II MATIN
III LE SEUIL
L’AMIE IV
V UN CŒUR
VI LA JOIE
VII LES ANGES
VIII VOIX
IX LES JUMELLES
X LE SOIR
CHOSES
I VASES
II BOUDDHA
III SOIERIES
IV DELFT BLEU
V L’ECRAN
VI FAMILLE ROSE
VII PANTOUM
VIII MUSIQUES
IX LE CERCUEIL
NAVIGATIONS
I DÉPART
II LES ILES
III LE VENT
IV DIMANCHE ANGLAIS
V HEURE
VI LES BAIGNEUSES
VII HOKODATÉ
VIII L’AUBE
IX LES FILLES
X IN MEMORIAM
FLEURS VERTES
I THULÉS
II VÊTURES
III NUIT BLEUE
IV LA REPENTIE
V LA VRAIE
VI LA CHAIR
VII SALOMÉ
VIII CELLES QUI PASSENT
IX SAHÈLE
X KHOUAN-YNNE
XI EN SOI
DANS L’OMBRE
I PRIÈRE
II AGNUS DEI
III LA CHAIR
IV L’HEURE
V ÉLÉVATION
VI VITRAIL
VII DÉSIR
VIII LA NUIT

J.-E. BUSCHMANN
ANVERS
1924
C.
PRÉFACE
Table des matières
Ce sont des fruits ici
Cueillis aux nuits d’hiver,
Quand on n’a pas dormi
Mais rêvé yeux ouverts;
Ce sont des fruits mûris
Aux rayons de la lune,
Et dont la chair est brune
Comme miel qui s’aigrit.
Ce sont choses ici,
Et dites telles quelles,
Comme oiseau en ses ailes
Ou ange en paradis,
Palais, jardins persans,
Gazelles et houris,
Lauriers, geais et paons blancs
Ou matins qui sourient,
Et des nefs sur les eaux,
Et palmiers au désert,
Et des vases, des pots,
Peints en bleu ou en vert.
Puis c’est ton cœur aussi
Parfois qui s’est ouvert,
Et dans la chair qui rit
A trouvé des jours clairs,
Et ton âme si loin
Souvent qui s’est enfuie,
Que tu cherchais en vain
A la réincarner
Et puis aussi des îles
Où tu n’es pas allé,
Mais, qu’au songe docile
Pourtant tu as touchées.
EN LA VIE
Table des matières
I LIMINAIRE
Table des matières
C’est ton livre qui s’ouvre ici
Dans un jour mauve, jaune et gris,
Ainsi qu’une maison de thé
Où dès matin, l’on s’en va boire,
Souchong, Hyson, Péko, Hangkai,
Qui sont thés verts et sont thés noirs;
C’est ton livre qui s’ouvre ici
Aux Chines fermées de ta vie,
En les jours que tu as vécus
Comme on les a, comme on l’a pu,
Aux heures ainsi qu’elles viennent
D’heur, de clarté, d’ombre ou de peines.
Or ce sont ici paradis
Ou bien encore enfers et flammes,
Et puis plus simplement aussi
Joies ou douleurs d’hommes et femmes,
Et celles qui furent en toi
D’hiver ou d’été tant de fois,
Et s’avérèrent tout d’émois
Ou bien noires, te dirent croix.
Mais la chair aussi t’a parlé
Et ton cœur alors l’a vécue,
En l’amour, tel soleil monté,
Qui luisait dans ton âme nue,
Et tu as su bouches et lèvres,
En leur émoi doux, dans tes fièvres,
Et puis connu la peine après
Dans les chagrins, dans les regrets.
Or plus haut lors tu es monté
Cherchant foi, en prenant des ailes,
Et d’âme et cœur t’en es allé
Aux éthers ultimes du ciel,
Trouver dans le songe clarté
Luie en sa candeur éternelle,
Et ton livre s’ouvrant ici
C’est choses qu’on sait dans les rêves,
De douleur ou bien de merci
Et dans le sommeil qui s’achèvent.
II MATIN
Table des matières
Il fait matin dans la lumière,
Un agneau paît ainsi qu’en toi,
Et voici ta chanson première
Où c’est ton cœur et qui prend foi;
Et c’est la chanson de ton âme
Dans le silence de ta chair
De cieux plus hauts qui se réclame
Que ceux qu’elle a touchés naguères.
Or jour alors et qui s’avère
Tout de clarté dans ton émoi,
Il fait matin ainsi qu’en toi
Et voici ta chanson première,
Et c’est celle ici de ton âme,
Ainsi qu’elle est par les temps clairs,
Lorsque plus haut chantent les femmes
Et qu’on voit plus loin sur la mer,
Et celle alors d’un peu de foi,
Qu’au fond du cœur tu as gardée,
Pour un jour qui viendrait de joie
Après ceux où tu as pleuré.
III LE SEUIL
Table des matières
Il faut prier disait ton âme,
Il faut aimer disait ta chair,
S’il est des dieux, il est des femmes,
Répondait ta raison amère,
Et ton cœur lui, qui était sage
Souriait, sachant que d’amour,
Il n’est pour l’homme de veuvage
Dans la vie, de nuit ou de jour.
Nous savons pleurs, disaient tes yeux,
Je veux baisers, disait ta bouche,
Et ton cœur savait sous les cieux,
Qu’il est bonheur et bien qu’on touche,
En celles douces qu’on élit,
En foi sûre en leur printemps vert,
Qui nous ouvrent les paradis
Dès la vie, et dans la lumière,
En la paix ainsi consentie
De l’heure ou de l’instant qui vient
Pour que l’on y boive la vie
A coupe pleine, comme un vin.
Raison alors et qui s’est tue,
Yeux de la beauté qu’ils ont vue,
Et chair, lors aussi apaisés,
Et cœur lui dans sa vérité,
C’est ton âme ici désormais
Les ayant suivis qui s’incline,
Et s’endort d’extases divines,
En attendant l’éternité.
L’AMIE IV
Table des matières
C’est celle qui viendrait
Que tu as attendue,
C’est celle qui serait
Sœur à ton âme nue,
Comme toi qui croirait
Au ciel ou à la vie,
Et puis, si tu pleurais,
Aurait chagrin aussi.
C’est celle sans secret,
Blanche comme une hostie,
Que tu communierais
D’une grande amour luie,
En la foi qui prend ailes
Quand on s’est tout donné,
Et que douceur en elle
C’est le bonheur qui naît,
Et lors les doutes tus
Ou dans l’ombre rentrés,
Et dans la vie vécue
De lumière et clarté,
C’est celle qui viendrait
Et que tu as rêvée,
Telle et pour trouver paix,
Aux jours que tu aurais.
Or celle qui viendrait
Que tu as attendue,
Celle de ton souhait
Qui n’y a répondu,
C’est celle d’amour vrai
Que tu avais élue,
Et malgré jours allés,
Las! qui n’est pas venue.
V UN CŒUR
Table des matières
Un cœur de femme
Chante,
Et c’est ton âme
Lente
A la comprendre
Voix,
Qui te dit tendre
Foi;
Car tu n’es pas
Dieu,
Et il n’y a
Cieux
Bleus dans ta vie
Luis,
Mais dits de pluie
Gris;
Et tu n’es, en
Somme,
De chair et sang,
Qu’homme,
Et qui le sais
Trop
Que ton cœur est
Clos,
Un cœur de femme
Dit
Que dans son âme
Luit
Pour toi amour
Cher,
Ainsi qu’un jour
Clair;
Et c’est ton cœur
Nu,
Qui s’est, sans leurre,
Tu,
Car il l’avait
Su,
Ce qu’elle était
Chair.
VI LA JOIE
Table des matières
Joie que l’on prend parfois en soi,
Dans l’instant en une heure amie,
Et sans que l’on sache pourquoi
Elle est venue, et vous sourit,
Si douce elle est, qu’on croit qu’on aime,
Et si claire que l’on voit Dieu,
Et que l’on se mire en soi-même,
Pour mieux savoir qu’on est heureux.
Paix qu’on en prend, rare en sa somme,
Qui lors chante en l’âme éperdue,
Et qui vous conduit loin des hommes
Au monde, tel un enfant nu,
Comme si l’on n’avait vécu,
Ou qu’on était l’agneau sans tache,
Qui paît son pré, sans vouloir plus,
Que l’herbe tendre, verte et drue.
Si loin alors tout le savoir,
Tout ce qui leurre et qui attache,
Et que les yeux sont las de voir
Et qu’en son cœur on tait ou cache;
Ame de tout qui se délie,
Et monte si haut, prenant ailes,
Qu’on ne sait plus si c’est au ciel
Ou bien au monde qu’on a vie,
Soleil alors en toutes choses,
Même en ce que l’on a haï,
Tout qui s’endort et qui repose
Dans une paix douce infinie,
Il fait si clair qu’on croit qu’on aime.
On est si haut, qu’on le bénit,
Le monde en bas, où c’est quand même
Qu’on les eût les jours de sa vie.
VII LES ANGES
Table des matières
Les anges ont des ailes
Pour monter dans le ciel,
Et nous n’avons qu’une âme
Faite pour l’espérer,
Lorsque désir enflamme
Nos cœurs d’éternité;
Et de nous, il en est
Comme il fut de Moïse,
Qui n’a que de loin, vraies,
Su les terres promises.
Les anges ont des ailes
Et Dieu qui les regarde,
Sait que c’est foi que cèlent
Leurs hautes envolées,
Pour toucher la lumière
Aux éthers bleus qui ardent,
Où dans des cercles d’or
Comme bague à des mains,
Est l’agneau blanc qui dort
Sur le livre divin.
Or c’est nous lors en-bas,
Sans en savoir la cause,
Et perdus dans les choses
Du monde et tous en tas,
Qui rêvons vie plus haut,
Pour y trouver la grâce,
Et la voudrions tôt,
Avant que la mort passe.
Puis dans les jours qui vont,
Et dans les jours qui viennent,
C’est nous, et sans raisons,
En qui peine est ancienne,
Qui attendons que joies
Apaisent nos rancoeurs,
Pour le porter en soi
Sans s’en lasser son cœur,
Dans la paix douce ou foi
Que nous serait le ciel;
Les anges qui ont ailes
Y montent, eux, tout droit.
VIII VOIX
Table des matières
Nos cœurs chantent, écoutez-les,
Elles sont roses leurs musiques,
Elles sont douces, comme un lait,
Et dans leur émoi harmoniques,
On dirait régistre tiré,
Aux orgues, des voix angéliques,
Ou bien, comme en les jours d’été,
Des roseaux, au vent, la supplique.
Ecoutez-les nos cœurs chanter,
Ce qu’ils disent n’est lettre morte,
Car c’est leur sang qui bat la porte
Du doux désir en eux monté,
Et dans un verbe qui s’affole
N’ayant que sons pour s’exprimer,
Ce sont des chansons sans paroles
Qui disent en eux l’amour vrai.
Ecoutez-les, car c’est la foi,
En sa candeur ainsi qui cause,
Ecoutez-les car c’est la joie
Que met l’aube en le ciel rose,
Matin des cœurs, qui est jeunesse,
Et ainsi qu’arbres, vert d’espoir,
Et qui s’en va vers la tendresse
Comme aux étangs oiseaux vont boire.
Ecoutez-les, alors qu’ils chantent,
Car comme le temps peut changer,
Choses de la vie les démentent
Parfois, et lors leur chant se tait,
Et yeux, les remplaçant les bouches,
Voix qui se fondent dans des pleurs,
C’est de soir, soleil qui se couche,
Et de nuit venue la douleur.
IX LES JUMELLES
Table des matières
Il y a la Foi qui est blanche,
Ainsi qu’un enfant dans ses langes,
Il y a la Joie qui est bleue,
Comme d’été l’azur des cieux,
Et dans le désir qu’on a d’elles
On ne sait celle que l’on veut,
Car c’est l’une qui donne l’autre,
Pour des fins qui sont éternelles,
Et l’une du ciel est l’apôtre,
Et l’autre nous donne des ailes.
Musique en elles d’harmonie,
C’est comme d’un chœur à deux voix,
Qui se résolvent et se marient,
L’une plus haut, l’autre plus bas,
Mais dans un même chant qui monte
Soit dans le cœur ou soit dans l’âme,
Comme il en est d’amour au monde,
Qui est de rêve ou bien de flammes.
Or vie, que chacun cherche heureuse,
Aux jours que l’on a sous les cieux,
En heures luies ou amoureuses,
Elle est, en elles, toutes deux,
Et que ce soit désir du ciel,
Qu’on appète suivant son vœu,
Ou dans l’amour, où cœur prend ailes,
Sa chair apaiser que l’on veut,
Foi tue le doute et fait clarté,
En la compréhension de Dieu,
Et Joie donne le bonheur vrai,
Et dit l’amour clair comme cieux.
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