Kitabı oku: «Тайны Арсена Люпена. Уровень 1 / Les Confi dences d’Arsène Lupin», sayfa 2
Le baron chuchota:
«Je commence à comprendre, c’est du chantage…
– Chantage ou non, appelle ça comme tu veux, mon bonhomme.»
Un geste brusque. Le baron empoigna son revolver et tira deux fois. Lupin se jeta de côté67 d’abord, puis s’abattit aux genoux du baron qu’il saisit par les jambes et fit basculer.
Tout à coup, Lupin sentit une douleur à la poitrine.
«Ah! canaille, – hurla-t-il. – C’est comme avec Lavernoux. L’épingle!..»
Il se raidit désespérément, maîtrisa le baron et l’étreignit à la gorge68.
«Alors, soyez sage69… Bien, une toute petite ficelle autour des poignets… Vous permettez? Et maintenant, petit frère, attention! Et mille excuses!..»
Et Lupin lui assena au creux de l’estomac70 un coup de poing effroyable. Puis il se mit à fouiller les poches71 du baron, prit un trousseau de clefs et se dirigea vers le coffre-fort.
Mais à ce moment, il s’arrêta court; il entendait du bruit quelque part. Il écouta. Le bruit provenait d’en bas: les agents frappaient à la grande porte sans attendre le lever du jour.
«Crebleu! dit-il, – Voilà ces Messieurs maintenant… Voyons, voyons, Lupin, du sang-froid72! De quoi s’agit-il? D’ouvrir en vingt secondes un coffre dont tu ignores le secret. Combien qu’il y a de lettres dans le mot? Quatre?»
Il continuait à réfléchir tout en parlant et tout en écoutant les allées et venues de l’extérieur. Il ferma à double tour la porte de l’antichambre, puis il revint au coffre.
«Quatre chiffres… Quatre lettres… Quatre lettres… Qui diable pourrait me donner un petit coup de main…73 Qui? Mais Lavernoux, parbleu!74 Dieu! que je suis bête. Mais oui, mais oui, nous y sommes! Crénom!75 Lupin, tu vas compter jusqu’à dix et comprimer les battements trop rapides de ton cœur. Sinon, c’est de la mauvaise ouvrage.»
Ayant compté jusqu’à dix, tout à fait calme, il s’agenouilla devant le coffre-fort. Après quelques tentatives la serrure fonctionna.
«À nous les millions, dit-il.»
Mais, d’un bond76, il sauta en arrière. Dans le coffre-fort il vit un corps de femme à moitié vêtu.
«La baronne! bégaya-t-il, la baronne!.. Oh! le monstre!..»
Cependant, aux étages supérieurs, des cris répondaient à l’appel des agents. Il était temps de songer à la retraite.77
Lupin passa dans la chambre voisine. Elle donnait sur un jardin. À la minute même où les agents étaient introduits, il enjambait le balcon et se laissait glisser le long d’une gouttière.
«Eh bien, qu’en dites-vous, du baron Repstein?» s’écria Lupin, après m’avoir raconté tous les détails de cette nuit tragique.
Je lui demandai:
«Mais… les millions? les bijoux de la princesse?
– Ils étaient dans le coffre. Je me rappelle très bien avoir aperçu le paquet.
– Alors?
– Ils y sont toujours.
– Pas possible…
– Ma foi, oui. Je pourrais vous dire que j’ai eu peur des agents, ou bien alléguer une délicatesse subite.78 La vérité est plus simple… et plus prosaïque… Ça sentait trop mauvais!.. Est-ce assez idiot? Tenez, voilà tout ce que j’ai rapporté de mon expédition, l’épingle de cravate…
– Encore une question, repris-je. Le mot du coffre-fort? Comment l’avez-vous deviné?
– Il était contenu dans les révélations télégraphiées par ce pauvre Lavernoux. Voyons, mon cher, les fautes d’ortographe… Serait-il admissible que le secrétaire, que l’intendant du baron, fît des fautes d’orthographe et qu’il écrivîtfuire avec un e final, ataque avec un seul t, enemies avec un seul n et prudance avec un a? J’ai réuni les quatre lettres, et j’ai obtenu le mot ETNA, le nom du fameux cheval.
– Et voilà, m’écriai-je, c’est tout simple!
– Très simple. Et l’aventure prouve une fois de plus qu’il y a, dans la découverte des crimes, quelque chose de bien supérieur à l’examen des faits, à l’observation, déduction, c’est, je le répète, l’intuition… l’intuition et l’intelligence… Et Arsène Lupin, sans se vanter, ne manque ni de l’une ni de l’autre.»
L’anneau nuptial
Yvonne d’Origny embrassa son fils et lui recommanda d’être bien sage79.
«Tu sais que ta grand-mère d’Origny n’aime pas beaucoup les enfants. Pour une fois qu’elle te fait venir chez elle, il faut lui montrer que tu es un petit garçon raisonnable.»
Et s’adressant à la gouvernante:
«Surtout, fraulein, ramenez-le tout de suite après dîner… Monsieur est encore ici?
– Oui, Madame, Monsieur le comte est dans son cabinet de travail.»
Aussitôt seule, Yvonne d’Origny marcha vers la fenêtre afin d’apercevoir son fils dès qu’il serait dehors. Elle vit soudain un homme qui descendait d’une automobile et qui s’approchait de lui. Cet homme – elle reconnut Bernard, le domestique de confiance de son mari – cet homme saisit l’enfant par le bras, le fit monter dans l’automobile ainsi que la gouvernante, et donna l’ordre au chauffeur de s’éloigner.
Yvonne, bouleversée, courut jusqu’à la chambre, empoigna un vêtement se dirigea vers la porte.
La porte était fermée à clef, et il n’y avait point de clef sur la serrure. La porte de son boudoir était fermée également.
Tout de suite, l’image de son mari la heurta.80
«C’est lui!.. c’est lui!.. se dit-elle… il a pris l’enfant… Ah! c’est horrible!»
Elle frappa la porte. Un bruit de serrure… La porte s’ouvrit violemment. Le comte apparut au seuil du boudoir. Et l’expression de son visage était si terrible qu’Yvonne se mit à trembler.
Le comte se précipita et la saisit à la gorge.
«Tais-toi… disait-il d’une voix sourde»
Voyant qu’elle n’essayait pas de se défendre, il desserra son étreinte81 et sortit de sa poche des bandes de toile toutes prêtes et de longueurs différentes. En quelques minutes la jeune femme eut les poignets liés, les bras attachés le long du corps, et fut étendue sur un divan.
Le comte alluma l’électricité et se dirigea vers un petit secrétaire où Yvonne avait l’habitude de ranger ses lettres. Ne parvenant pas à l’ouvrir, il le fractura à l’aide d’un crochet de fer, vida les tiroirs, et, de tous les papiers, fit un monceau qu’il emporta dans un carton.
Comme il s’en allait, il fut rejoint près de la porte par son domestique Bernard. Ils conversèrent tous deux à voix basse, mais Yvonne entendit ces mots que prononçait le domestique:
«J’ai reçu la réponse de l’ouvrier bijoutier. Il est à ma disposition.82«
Et le comte répliqua:
«La chose est remise à demain midi. Ma mère vient de me téléphoner qu’elle ne pouvait venir auparavant.»
Ensuite Yvonne perçut le cliquetis de la serrure. Elle comprenait peu à peu que son fils ne reviendrait pas, et qu’elle ne le reverrait jamais. Exaspérée par la douleur, de tous ses nerfs, de tous ses muscles, elle se raidit, en un effort brutal. Elle fut stupéfaite: sa main droite conservait une certaine liberté.
Comme la pendule frappait huit coups, la dernière entrave tomba. Elle était libre!
Elle ouvrit la fenêtre. Un agent de police se promenait sur le trottoir. Elle se pencha. Mais l’air vif de la nuit l’ayant frappée au visage, plus calme, elle songea au scandale, à l’enquête, aux interrogatoires, à son fils. Elle dit tout bas, à plusieurs reprises83: «Au secours… au secours…». Puis, avec des gestes mécaniques, elle allongea le bras vers une petite bibliothèque suspendue au-dessus du secrétaire, saisit un livre et trouva entre les pages une carte de visite: Horace Velmont, et cette adresse écrite au crayon: Cercle de la rue Royale.
Et sa mémoire évoqua la phrase bizarre que cet homme lui avait dite quelques années auparavant:
«Si vous avez besoin de secours, n’hésitez pas, jetez à la poste cette carte que je mets dans ce livre et quelle que soit l’heure, quels que soient les obstacles, je viendrai.84«
Yvonne prit une enveloppe, introduisit la carte de visite, inscrivit les deux lignes: Horace Velmont, Cercle de la rue Royale. Puis elle s’approcha de la fenêtre et lança l’enveloppe, la confiant au hasard.
Les douze coups de minuit… Puis la demie… Puis une heure… La clef venait de tourner dans la serrure. Du regard, Yvonne chercha une arme pour se défendre. Mais la porte fut poussée vivement, et, stupéfaite la jeune femme balbutia:
«Vous!.. vous!..»
Un homme s’avançait vers elle, et cet homme jeune, de taille mince, élégant, elle l’avait reconnu, c’était Horace Velmont.
«Est-ce possible! Est-ce possible que ce soit vous!..85«
Il parut très étonné.
«N’avais-je pas promis de me rendre à votre appel?
– Oui… mais…
– Eh bien, me voici,» dit-il en souriant.
Il examina les bandes de toile dont Yvonne avait réussi à se délivrer.
«J’ai vu également que le compte d’Origny vous avait emprisonnée… Il est sorti depuis dix minutes.
– Où est-il?
– Chez sa mère, la comtesse d’Origny.
– Comment le savez-vous?
– Oh! très simplement. Il a reçu un coup de téléphone pendant que, moi, j’en attendais le résultat au coin de cette rue et du boulevard.»
Il racontait cela le plus naturellement du monde, de même que l’on raconte, dans un salon, une petite anecdote insignifiante. Mais Yvonne demanda, reprise d’une inquiétude soudaine86:
«Alors, ce n’est pas vrai?… Sa mère n’est pas malade?… Partons… je ne veux pas qu’il me retrouve ici… je rejoins mon fils.
– Un instant…
– Un instant!.. Mais vous ne savez donc pas qu’on me l’enlève? qu’on lui fait du mal, peut-être?…»
Avec beaucoup de douceur, Velmont la contraignit à s’asseoir et prononça d’un ton grave:
«Écoutez-moi, madame, et ne perdons pas un temps dont chaque minute est précieuse. Il faut m’obéir aveuglément. De même que je suis venu à travers tous les obstacles, de même je vous sauverai, quelle que soit la situation.»
La tranquillité d’Horace Velmont, sa voix impérieuse aux intonations amicales, apaisaient peu à peu la jeune femme.
«Que dois-je faire? dit-elle.
– Me répondre, et très nettement. Nous avons vingt minutes. C’est assez. Ce n’est pas trop.
– Interrogez-moi.
– Croyez-vous que le comte ait eu des projets… criminels?
– Non.
– Il s’agit donc de votre fils?
– Oui.
– Il vous l’enlève, n’est-ce pas, parce qu’il veut divorcer et épouser une autre femme, une de vos anciennes amies87, que vous avez chassée de votre maison?…
– Oui.
– Cette femme n’a pas d’argent. De son côté88, votre mari, qui s’est ruiné, n’a d’autres ressources que la pension qui lui est servie par sa mère, la comtesse d’Origny, et les revenus de la grosse fortune que votre fils a héritée de deux de vos oncles. Votre mari veut l’argent de votre fils, mais il ne peut rien contre vous ni contre lui. Alors, si un homme comme le comte, après tant d’hésitations et malgré tant d’impossibilités, se risque dans une aventure aussi incertaine, c’est qu’il a, ou qu’il croit avoir entre les mains89, des armes.
– Quelles armes?
– Je l’ignore. Mais elles existent… Le comte n’a pas un ami plus intime… auquel il se confie?…
– Non.
– Personne n’est venu le voir hier?
– Personne.
– Il était seul quand il vous a liée et enfermée?
– À ce moment, oui.
– Mais après?
– Après, son domestique l’a rejoint près de la porte, et j’ai entendu qu’ils parlaient d’un ouvrier bijoutier…
– C’est tout?
– Et d’une chose qui aurait lieu le lendemain, c’est-à-dire aujourd’hui, à midi, parce que la comtesse d’Origny ne pouvait venir auparavant.»
Velmont réfléchit.
«– Où sont vos bijoux?
– Mon mari les a vendus.
– Il ne vous en reste pas un seul?
– Non, dit-elle en montrant ses mains, rien que cet anneau.
– Qui est votre anneau de mariage?
– Qui est… mon anneau…»
Elle s’arrêta. Velmont nota qu’elle rougissait, et il l’entendit balbutier:
«Serait-ce possible?… Mais non…»
À la fin90, elle répondit, à voix basse:
«Ce n’est pas mon anneau de mariage. Un jour, il y a longtemps, je l’ai fait tomber de la cheminée de ma chambre, et, malgré toutes mes recherches, je n’ai pu le retrouver. Sans rien dire, j’en ai commandé un autre… que voici à ma main.
– Le véritable anneau portait la date de votre mariage?
– Oui… vingt-trois octobre.
– Et le second?
– Celui-ci ne porte aucune date.»
Il sentit en elle une légère hésitation.