Kitabı oku: «Constitutions pour les religieuses de l'ordre de l'annonciade céleste, fondé à Genes en l'Année 1604»

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Ordre de l'Annonciade Céléste

Constitutions pour les religieuses de l'ordre de l'annonciade céleste, fondé à Genes en l'Année 1604


Publié par Good Press, 2022

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EAN 4064066077471

Table des matières

URBANUS PAPA octavus ad perpetuam rei memoriam.

URBAIN VIII. PAPE, pour mémoire perpétuelle.

PAULUS PAPA QUINTUS, ad perpetuam rei memoriam.

PAUL V. PAPE, POUR memoire perpétuelle.

PREFACE.

CONSTITUTIONS des Religieuses de la très-Sainte Annonciade, sous la Régle de Saint Augustin.

De l'Intention des Fondateurs.

Du Titre du Monastére, de l'habit, nombre & dot des Religieuses.

Division des Constitutions.

PREMIERE PARTIE. DES TROIS VŒUX.

De la Pauvreté Religieuse.

Des Habits & de la Roberie.

Des Lits.

Des Cellules.

Du lieu pour travailler.

Du vœu de Chasteté.

De la Clôture.

Des Portieres.

Des Tourieres & du Parloir.

Du Confessional, & de l'endroit pour communier.

De la modestie dans la conversation au dedans du Monastére.

Des jeûnes & des mortifications ordinaires.

Du vœu d'obeissance.

De quelques observances qui doivent être communément pratiquées.

Du Silence.

De l'accusation de ses propres fautes.

Des fautes legeres.

Des fautes griéves.

Des fautes plus que griéves.

Des fautes très-griéves.

Des Récréations communes.

SECONDE PARTIE. Du Culte Divin.

De l'Office Divin.

De la Méditation & Examen.

Des suffrages pour les Morts.

D'assister à la Ste Messe, de la Confession & de la Communion.

TROISIÉME PARTIE. Des divers Offices du Monastére.

De l'Office de la Prieure.

De l'Office de la Sous-Prieure.

Des Discrettes.

De l'Office de la Maîtresse des Novices.

De l'Office de la Sacristine.

De l'Office de la Procureuse.

De l'Office de l'Infirmiere.

De l'Office de la Robiere.

De la Maîtresse des ouvrages.

De l'Office de la Dépensiere.

De l'Office de la Refectoriaire.

De l'Office de celle qui a soin des Livres.

De l'élection des Officieres du Monastére.

De l'élection de la Prieure.

De l'élection de la Sous-Prieure, des Discrettes, & de la Maîtresse des Novices.

De l'élection des autres Offices moindres.

De l'entrée des Novices dans notre Monastére.

De la maniere de recevoir les Novices.

Du soin que l'on doit avoir des Novices.

A quoi obligent les presentes Constitutions.

Continuation de la Bulle.

A MONSEIGNEUR, Monseigneur l'Illustrissime, Reverendissime & Observantissime le Cardinal Spinola.

L'an mil six cens dix sept, le Samedy vingt septiéme jour du mois de Mars au Palais Archiepiscopal de Gennes.

Raport des heures Italiennes aux Françoises.

Extrait du premier Chapitre de la seconde Partie des Constitutions des Reverendes Religieuses de l'Annonciade.

Déclaration de nos Reverendes Meres de Gennes touchant l'heure du lever.

Table des chapitres contenus dans ces Constitutions.

A propos de ce livre

URBANUS PAPA
octavus ad perpetuam rei memoriam.

Table des matières

Pastoralis officii cura nobis ex alto commissa postulat, ut ad ea vigilantiæ nostræ partes sedulò intendamus, per quæ S. Moniales oblitæ populum suum, & domum Patris sui, cœlesti sponso adhæserunt, prospere dirigantur & feliciter gubernentur, alias si quidem a fel. record. Paulo quinto prædecessore nostro emanarunt litteræ tenoris subsequentis videlicet.

URBAIN VIII. PAPE,
pour mémoire perpétuelle.

Table des matières

Le soin de la Charge Pastorale qui nous a été commise d'en haut, demande que nous employons sèrieusement une partie de notre vigilance, à ce que les Religieuses, qui ont mis en oubli leur Pays, & la maison de leurs parens pour adherer à leur Epoux céleste, soient par une sage & prudente direction gouvernées heureusement; et autrefois à ce sujet, Paul cinquiéme d'heureuse mémoire notre prédecesseur, en a octroyé des Lettres de la teneur suivante.

PAULUS PAPA QUINTUS,
ad perpetuam rei memoriam.

Table des matières

Prudentium Virginum votis, quæ spreto mortalis viri thoro, ei qui speciosus est præ filiis hominum desponsari voluerunt, debemus & volumus favorabiles inveniri. Cùm itaque sicut accepimus, dilectæ filiæ in Christo Priorissa & Moniales Monasterii Annuntiationis Beatæ Mariæ Virginis, Ordinis Sancti Augustini Genvensis, certas constitutiones, & ordinationes regularibus institutis dicti Ordinis conformes, ab ipsis, & pro tempore existentibus Priorissæ & Monialibus dicti Monasterii perpetuò observandas unum volumen compilaverint, & constitutiones, ac ordinationes hujusmodi per Venerabiles Fratres nostros Sanctæ Romanæ Ecclesiæ Cardinales negotiis, & consultationibus Regularium præpositos revisæ, examinatæ, & approbatæ fuerint. Cupiantque Priorissa, & Moniales prædictæ easdem ordinationes regulares, sic revisas, examinatas & approbatas, ad verbum inferiùs insertas, pro firmiori earum subsistentia, & inviolabili observatione, Apostolicæ nostræ confirmationi robore communiri. Ideò nobis humiliter supplicari fecerunt, ut super præmissis oportunè providere de benignitate Apostolica dignaremur. Nos igitur Monasterii hujusmodi, illiusque personarum fœlici statui, & successui in præmissis consulere, dictasque Priorissam, & Moniales specialibus favoribus, & gratiis pro sequi volentes, & earum singulares personas à quibusvis excommunicationis, suspensionis, & interdicti, alliisque Ecclesiasticis sententiis, censuris, & pœnis à jure vel ab homine quavis occasione, vel causa latis, si quibus quomodolibet innodatæ existunt, ad effectum præsentium duntaxat consequendum harum serie absolventes, & absolutas fore censentes, hujusmodi supplicationibus inclinati. De eorumdem Cardinalium consilio Constitutiones, & ordinationes prædictas, omniaque, & singula in illis contenta Apostolica autoritate tenore præsentium perpetuò confirmamus, & approbamus, illisque perpetuæ, & inviolabilis Apostolice firmitatis robur adiicimus, ac omnes, & singulos tam juris quàm facti, & alios etiam quantumvis substantiales defectus, si qui de super quomodolibet intervenerint, supplemus: nec non prædictas, & pro tempore existentes Priorissam, & Moniales dicti Monasterii ab eis nullo unquam tempore resilire posse, sed ad plenariam illarum observationem teneri & obligatas esse, & ad id etiam sub censuris Ecclesiasticis, & aliis in constitutionibus & ordinationibus prædictis contentis, pœnis cogi, & compelli posse, sicque per quoscumque Judices ordinarios, & delegatos etiam causarum Palatii Apostolici Auditores judicari, & definiri debere, ac irritum, & inane si secus super his à quoquam quavis autoritate scienter, vel ignoranter contigerit attentari. Nonobstantibus constitutionibus, & ordinationibus Apostolicis, ac Monasterii, & Ordinis prædictarum etiam juramenta, confirmatione Apostolica, vel quavis firmitate alia roboratis, statutis, & consuetudinibus, privilegiis quoque, indultis, & litteris Apostolicis eidem Monasterio, & illius Ordini, illorumque Superioribus, & quibusvis aliis personis sub quibuscumque tenoribus, & formis, ac cum quibusvis clausulis, & decretis in contrarium præmissorum quomodolibet concessis, confirmatis, & innovatis. Quibus omnibus, & singulis eorum, omnium tenores præsentibus pro expressis, & ad verbum insertis habentes, illis alias in suo robore permansuris, hac vice duntaxat specialiter, & expressè derogamus, cæterisque contrariis quibuscumque.

Tenor autem constitutionum, & ordinationum prædictarum est qui sequitur; Videlicet.

PAUL V. PAPE, POUR
memoire perpétuelle.

Table des matières

Nous devons & voulons nous rendre favorables aux désirs des Vierges prudentes, lesquelles méprisans les nôces d'un homme mortel, ont voulu prendre pour époux celui qui surpasse en beauté les enfans des hommes; comme ainsi soit donc, que les filles bien-aimées en Notre-Seigneur, la Prieure, & les Religieuses du Monastére de l'Annonciade de la bien-heureuse Vierge Marie de Genes de l'Ordre de St Augustin, ayent compilé & recuëilli en un volume (ainsi que nous l'avons apris) certaines Constitutions & Réglemens conformes aux instituts réguliers dud. Ordre, pour être toujours inviolablement observées par icelles, & par les autres Prieures & Religieuses à l'avenir. Et qu'icelles Constitutions & Réglemens ont été revûs, examinés & aprouvés par nos venerables Freres les Cardinaux de la Ste Eglise Romaine, qui sont commis pour les affaires & consultations des Réguliers. Et que les susd. Prieure & Religieuses désirent qu'icelles Constitutions régulieres, ainsi revûës, examinées & aprouvées, inserées plus bas mot à mot, afin de les faire subsister avec plus de fermeté & vigueur, & observer sans aucune contravention, soient munies de la force de notre confirmation Apostolique. Elles nous ont à ces fins fait très-humblement suplier, que nous daignassions de notre benignité Apostolique, pourvoir convenablement à ce que dessus: Nous donc voulans procurer à l'état heureux d'icelui Monastere, & des personnes qui y demeurent, & favoriser de nos graces spéciales lad. Prieure & Religieuses, & par la teneur des presentes, délians & déclarans être déliées les personnes de chacune d'icelles, de toutes sentences, censures, d'excommunication, suspension & interdit, & autres peines Ecclésiastiques portées à jure vel ab homine, pour quelque occasion, ou cause que ce puisse être, si d'aucunes & en quelque maniere que ce soit elles étoient liées, pour obtenir seulement l'effet des presentes. De l'avis & conseil des mêmes Cardinaux, d'Autorité Apostolique par la teneur des presentes, nous confirmons à perpétuité, & aprouvons lesd. Constitutions & Réglemens, & toutes & chacune des choses contenuës en icelles, & leur donnons la force d'une fermeté Apostolique, perpétuelle & inviolable: & supléons à tous & un chacun des défauts, tant de droit que de fait, & autres quels qu'ils soient en substance, s'il en étoit intervenu là-dessus, en quelque maniere que ce fût. Et que lesd. Prieure & Religieuses qui sont à present, ou qui seront à l'avenir, ne puissent en aucun tems se soustraire de l'obéissance dûë ausd. Constitutions & Réglemens; mais qu'elles soient astraintes & obligées à l'entiere observation d'icelles, & qu'elles puissent être à cela contraintes par censures Ecclésiastiques & autres peines portées par les susd. Constitutions & Réglemens, & qu'il soit ainsi jugé & défini par quelques Juges que ce soit, ordinaires & délégués, mêmes les Auditeurs des Causes du Palais Apostolique, & que si quelque chose est attentée au contraire de ce que dessus, par qui que ce soit, & de quelque autorité qu'on se puisse prévaloir, sciemment ou ignoramment, le tout soit de nul effet & valeur: nonobstant les Constitutions & Ordonnances Apostoliques, & les Statuts & Coûtumes du Monastere & Ordre des susdites corroborées par serment, confirmation Apostolique, ou de quel autre force & vertu; comme aussi les priviléges, indults & Lettres Apostoliques, sous quelconques teneurs & formes, & avec quelles clauses & decrets que ce soit, concédées, confirmées & renouvellées au même Monastére, Ordre d'icelui, & aux Supérieurs d'iceux, en quelque maniere que ce puisse être au contraire des presentes. A toutes & chacune lesquelles choses, tenant leurs teneurs suffisamment exprimées par les presentes, & inserées mot à mot, demeurant hors ce cas en leur force & vigueur, nous dérogeons spécialement, & expressément pour cette fois tant seulement, & à toutes choses quelconques contraires.

Or la teneur des Constitutions & Réglemens susdits est celle qui suit.

PREFACE.

Table des matières

Comme l'Etat Religieux est un des plus grands biens que l'homme puisse recevoir de Dieu en ce monde, soit que l'on le considere en soi, ou que l'on le compare aux autres, il faut avoüer que c'est le chemin le plus court & le plus sûr pour parvenir au Ciel; & que tout autre état séculier est miserable & périlleux, comme étant en pleine mer, continuellement exposé à un soudain naufrage, au lieu que celui de la Religion est éloigné des dangers, & près du salut éternel, qui est le but de la navigation des mortels. Cette vérité ayant été connuë des hommes contemplatifs, amoureux d'un si grand bien, ne pouvans à ce qui leur sembloit montrer l'excellence & la sureté de cet état par des paroles, ils l'ont comparé à plusieurs choses, qui peuvent en quelque façon en exprimer sa grandeur. Les uns ont dit qu'il étoit semblable à une tour élevée qui découvre de loin les ennemis pour en éviter l'effort: les autres à un miroir dans lequel on se connoit soi même, & où l'on contemple Dieu; quelques-uns à une piscine admirable qui guerit toutes sortes d'infirmités & de maladies, d'autres à une échelle, qui de degré en degré conduit au Ciel; les uns à une vive source, d'où les graces découlent; les autres à une école de perfection, où l'on aprend la vraye science qui est d'aimer & servir Dieu; quelques-uns l'ont comparé à une maison bien réglée, dans laquelle tout ce qui s'acquiert est commun à tous; à une compagnie de Marchands associés qui tous participent au gain commun: (& pour le regard des Particuliers) à une pièce de monnoye usée & legere, laquelle étant seule est refusée de tous; mais si on la mêle parmi d'autres, elle passe aisément pour bonne. Il ne faut donc pas s'étonner si des filles bien nées, riches, & en la plus belle fleur de leur âge, se retirant du monde entrent dans la Religion, pour passer toute leur vie renfermée dans des Cloîtres; si elles sortent des bras de leurs peres, du sein de leurs meres, du milieu de leurs commodités, & si elles se privent des honnêtes libertés de la vie, afin de se renfermer dans une étroite cellule, là se réduire à la conversation d'un petit nombre de Vierges, & se lier de l'indissoluble nœu des vœux, y vivre pauvres, sujettes & mortifiées: puisque nous pouvons oposer à tout cela, & dire que par un heureux échange elles se viennent rendre entre les bras de Jesus Christ, dans le sein de la Vierge sacrée, parmi les consolations Religieuses, joüissant de la vûë du Ciel, de la liberté de l'ame, de la beauté de la vertu, de la contemplation des choses divines, & de l'abondance des douceurs spirituelles. Courage donc, très-heureuses filles, qui pour joüir d'un état si tranquille & si doux, comme des simples colombes, qui ne trouvant en ce monde rempli de corps morts (nourriture des Corbeaux) aucune chose digne de votre amour, portées d'une sainte résolution, comme vous êtes sortie de l'arche de cette divine Idée par la création, retournez vers elle en vous jettant dans la Religion, jusqu'à ce que les eaux des miséres de ce monde soient cessées, & que vous puissiez aporter le rameau d'Olivier, en signe de la paix éternelle qui vous attend dans le Ciel.

CONSTITUTIONS
des Religieuses de la très-Sainte Annonciade, sous la Régle de Saint Augustin.

Table des matières

De l'Intention des Fondateurs.

Table des matières

Chapitre I.

Dans notre Religion, commencée à l'honneur de la Reine des Cieux, sous la Régle de St Augustin, afin de pouvoir plus facilement cocnoitre, aimer & servir Dieu, qui est le but & la fin de notre institut: Nous déclarons dans les presentes Constitutions, que notre intention, & de toutes celles qui entreront dans ce Monastére, doit être celle-ci.

D'observer non-seulement les Commandemens de Dieu & de la Sainte Eglise, mais encore les trois vœux essentiels de la Religion; sçavoir, de Pauvreté, de Chasteté & d'Obéissance. La Clôture, les Canons & les Decrets des Souverains Pontifes, & du sacré Concile de Trente, la Régle du Pere St Augustin, les presentes Constitutions, & les Ordonnances de Mgr l'Illustrissime Archevêque. De plus nous voulons que toutes nos oraisons, mortifications & observances, soient premierement consacrées à la gloire de la très-sainte Trinité; & en action de graces du decret qu'elle a fait de toute éternité, de sauver le genre humain par le moyen de son Verbe incarné, & de toutes les graces accordées à la sacrée humanité de Jesus-Christ Notre-Seigneur; Secondement à la gloire & à l'honneur de la bien-heureuse Vierge, & pour rendre graces à Dieu de tous les dons, & de tous les priviléges qu'elle a reçu de sa divine Majesté, & spécialement de ce qu'elle a été choisie pour être la Mere de Dieu. Et en reconnoissance de tous les actes de perfection qu'elle a pratiqué durant sa vie, & de tous les services qu'elle a rendu à son trés-cher Fils pendant trente-trois années qu'il a vécu en ce monde. En troisiéme lieu pour l'assistance de la Sainte Eglise, de notre St Pere le Pape, de tous les Prélats, & autres Ecclésiastiques, particulierement pour notre Illustrissime Archevêque, pour l'union des Princes Chrétiens, & la conservation de ceux qui sont en état de grace; pour l'augmentation de la Foi Catholique, & extirpation des heresies, pour la conversion de tous les infidéles, & de tous ceux qui vivent en peché mortel. Enfin pour la conservation & heureux état de cette Monarchie Très-Chrétienne.

Et puisque plus on renouvelle les bonnes intentions, plus la ferveur se maintient & s'accroit. Tous les matins au commencement de l'Oraison mentale, nous les renouvellerons par une briéve oraison, y raportant toutes nos actions.

Du Titre du Monastére, de l'habit, nombre & dot des Religieuses.

Table des matières

Chapitre II.

Nous voulons que notre Monastére soit dédié à la très-heureuse Vierge Mere de Dieu, sous le Titre de l'Annonciade: notre habit sera celui de la même Vierge, c'est-à-dire, le blanc dessous & le bleu céleste dessus, afin que cet habit nous la rapelle continuellement dans la mémoire, & nous soit toujours un motif pour nous revêtir de ses saintes & célestes coûtumes.

Le nombre des Sœurs de ce Monastére sera de trente-trois du chœur, à l'honneur des trente-trois années que Notre-Seigneur demeura en ce monde, & du fidéle & aimable service que sa très-Ste Mere lui rendit durant ce tems-là, & de plus de sept Converses à l'honneur des sept joyes de la même Vierge, lesquelles Converses seront obligées de faire les services nécessaires & communs du Monastere, que les Sœurs du chœur ne pourront faire.

Les dots des Sœurs seront au jugement de l'Ordinaire, d'une somme telle, que du revenu de chaque dot, on puisse entretenir une Religieuse, en quoi l'on aura égard à l'entretien des Sœurs Converses qui ne sont point dotées.

Et il sera employé avec tant d'assurance, que les revenus demeurent à perpétuité incorporés aud. Monastére.

Division des Constitutions.

Table des matières

Parce qu'il n'y eut jamais de République ou de Religion, qui pût être bien régie ou gouvernée, sans la prescription & ordonnance de quelques Loix & de quelques Régles, nous à l'exemple des autres pour un bon gouvernement, devons prescrire & ordonner les suivantes, lesquelles sont de trois sortes. Les premieres traitent des trois vœux, les secondes du culte Divin, & les troisiémes des Offices du Monastére, de l'élection de ces Offices, & de la façon d'admettre les Novices à la Religion: Venons aux premieres.

PREMIERE PARTIE.
DES TROIS VŒUX.

Table des matières

De la Pauvreté Religieuse.

Table des matières

Chapitre I.

Par le vœu de pauvreté, nous n'entendons pas être pauvres en commun, notre intention étant que notre Monastére soit renté, mais seulement d'être pauvres en particulier, ce qui consiste en deux actes; l'un, en nous privant par ce vœu de la possession & proprieté de toutes choses; l'autre, en renonçant volontairement au pouvoir de nous en servir en qualité de Maitresses, & nous en réservant seulement l'usage autant qu'il plaira à la Supérieure. D'où il s'ensuit, que ce seroit faire contre le vœu de pauvreté, si quelque Religieuse usurpoit aucune chose sans la permission de la Supérieure; & encore davantage, si c'étoit contre la volonté expresse de lad. Supérieure, comme aussi si elle cachoit quelque chose de peur que la Supérieure ne la lui ôtât, & encore plus si elle l'ôtoit à d'autres; pour cet effet, on ne recevra aucune chose dans le Monastere sans expresse permission de la Supérieure, & étant reçuë avec telle permission, on la mettra en commun, afin qu'elle soit distribuée selon le besoin des Religieuses.

Il ne sera jamais permis à aucune desd. Religieuses d'avoir ou garder de l'argent, ni d'en faire garder par d'autres personnes, si ce n'est à la Procureuse, afin de pourvoir aux nécessités du Monastére en commun, ni d'avoir aucun coffre ou armoire fermante à clef, puisque les choses communes seulement seront enfermées sous la clef, comme sont celles de la Sacristie, de la roberie, de la dépense, & autres choses semblables.

Nulle Religieuse ne pourra rien avoir sans permission, ni rien donner, ou prêter à une autre, ni faire aucune aumône sans permission.

La Prieure même ne pourra faire plus d'aumône, que ce qui lui sera taxé par le Chapitre pour chaque semaine.

La Prieure visitera tous les mois une fois pour le moins, ou fera visiter par la Souprieure la cellule de chaque Religieuse, pour voir si elle tient quelque chose superfluë, ou sans permission, afin de l'ôter & imposer à la Religieuse la pénitence qu'elle mérite.

Et s'il se trouvoit que quelque Sœur fût vrayement proprietaire, qu'elle soit déclarée privée de voix active & passive pour deux ans.

Aucune des Sœurs n'aura la hardiesse de donner quelque chose que ce soit au Pere Confesseur, au Chapelain, ou autres Officiers du Monastere, tant petite soit elle, mais on les satisfera par leurs gages ordinaires; que si cependant à Noël & à Pâques, on leur vouloit donner quelque chose, ce sera la Mere Prieure au nom du Monastére, & par le consentement du Chapitre, telle chose ne surpassant la valeur d'un ou de deux écus.

Des Habits & de la Roberie.

Table des matières

Chapitre II.

Nos habits doivent être blancs dessous, & de bleue céleste dessus, à l'honneur de la bien-heureuse Vierge, l'Eté on pourra porter des robes de serge légere dessus, & de bombasin dessous, ou bien de serge blanche. Et l'Hyver du drap simple, conforme à notre pauvreté, sans curiosité, ni soye, ni aucun autre ornement.

Les habits des Religieuses du chœur seront semblables, c'est-à-dire tous d'une façon & d'un même prix: ceux aussi des Sœurs Converses seront tous semblables entr'elles, lesquelles Converses ne porteront point de manteau, mais une soutanne plus étroite de couleur céleste avec le Scapulaire, & aux solemnités la tunique qui doit être pareillement de couleur céleste, pour faire difference de l'habit des Sœurs du chœur à celui-ci; celles du chœur porteront encore des pantoufles de la hauteur de deux doigts & non plus, couverte de cuir bleu céleste, pour se souvenir que leurs affections doivent être célestes & non terrestres; & les Sœurs Converses porteront des sandales, ou de gros souliers.

L'usage des fourrures ne sera point introduit, si ce n'est par une grande nécessité de quelque Sœur, qui par vieillesse, ou par quelques autres infirmités en auroit grand besoin.

Pour l'usage de quelque Religieuse que ce soit, on ne lui pourra assigner plus d'un manteau, deux tuniques & deux scapulaires; sçavoir une tunique & un scapulaire pour l'Hiver, & l'autre pour l'Esté. Dont l'un servira, & l'autre sera gardé dans la Roberie. Auquel lieu on serrera encore tous les autres draps de laine, & tous les linges, qui ne serviront pas actuellement, afin que de là on les puisse distribuer selon le besoin des Sœurs; chaque Religieuse au changement des habits, en Hiver, ou en Esté, rendra ceux qu'elle quittera à celle qui aura soin de la Roberie.

Les chemises, & les linceuls seront de toile forte, de lin, ou de chanvre; les linges de la tête ne seront point de toile d'Hollande, encore moins les mouchoirs, ou autre chose qui soit pour l'usage des Sœurs en particulier, mais qu'ils soient d'une toile médiocrement fine, ou bien de toile claire, simple, sans empoix, avec le moins de plis qu'il sera possible, & sans aucune curiosité, ou vanité. Et quoique les habits & les linges soient donnés à chacune, selon la mesure & proportion de sa taille, nulle néanmoins ne sera si hardie de dire cet habit, ou cette chose est mienne.

Des Lits.

Table des matières

Chapitre III.

Nos lits n'auront pas plus de quatre palmes, de largeur & de longueur sept & demie, avec un seul matelat de laine, un seul traversin, & un oreiller, les couvertures seront encore de laine, ou bien des lodiers de toile simple, ou garnies de cotton selon les saisons, & on ne se servira point de pavillons.

Les 4. palmes se rapportent à trois pieds & les 7. palmes & demie à 5 pieds 7 pouces & demi.

Les lits de l'Infirmerie pourront cependant être plus grands avec deux matelats, & plusieurs oreillers, conformément à la nécessité, & les linceuls plus fins.

Des Cellules.

Table des matières

Chapitre IV.

Toutes les Cellules seront de douze palmes en quarré, au plus ou bien de quatorze de longueur, sur dix de largeur, selon que la commodité du lieu le pourra permettre, excepté pourtant celles de l'Infirmerie qui pourront être plus grandes.

Les 12 palmes se rapportent à neuf pieds, les 14. palmes, à dix pieds & demi, & les dix 7. pieds & demi.

Dans les Cellules ordinaires, il ne pourra y avoir plus d'un lit, d'un siége, d'une petite table avec son agenoüilloir pour servir d'Oratoire, sans armoire fermante à clef, un Crucifix, deux Images de papier enchassés dans des quadres, dont l'une sera de Notre-Dame, un benitier, une lampe, & autres choses semblables nécessaires; un seul Livre spirituel à la fois, lequel étant lû, ou quelque Sœur le voulant changer, elle en pourra demander un autre, avec l'avis & la permission de la Mère Prieure.

Outre lequel Livre, on pourra toujours avoir dans la Cellule les Ecrits, ou les Livres qui contiennent nos Régles, les instructions sur l'Oraison, & sur l'extirpation des vices & acquisition des vertus composés exprès pour notre Monastére.

Que toutes les Sœurs s'affectionnent beaucoup à observer la sainte pauvreté dans leurs Cellules, à l'honneur de celle que Notre-Seigneur a voulu souffrir en ce monde pour l'amour de nous. C'est pourquoi au pied du Crucifix de chaque Cellule, sera écrite cette Sentence. Vulpes foveas habent, & volucres cœli nidos, filius autem hominis non habet ubi reclinet caput suum. C'est-à-dire, les Renards ont leurs tanieres, & les Oiseaux du Ciel leurs nids: mais le fils de l'Homme n'a pas où reposer sa tête.

Si la Mere s'apercevoit que quelque Sœur eût affection desordonnée à quelque chose, qu'elle l'en prive incontinent, ou la lui change en une autre, procurant le plus qu'elle pourra de tenir les cœurs de ses Religieuses détachés des choses temporelles.

Du lieu pour travailler.

Table des matières

Chapitre V.

Il y aura un endroit commode pour le travail, auquel toutes les Sœurs qui seront saines, & sans occupation, se rendront selon l'ordre de la Prieure, pour y travailler au profit commun des Sœurs, & du Monastere, & non pour leur gain particulier.

Lorsqu'elles travailleront ainsi, une d'entr'elles lira tout haut quelque Livre spirituel aussi long-tems qu'il semblera bon à la Prieure, afin d'éviter les paroles inutiles, & d'occuper l'esprit de quelque nourriture spirituelle. Dans ce même tems on ne dira point l'Office de Notre-Dame, ni autre chose qui soit d'obligation; mais on pourra chanter dévotement quelques Cantiques spirituels, avec la permission de la Mere.

L'on ne fera aucunes pâtes ou autres confitures, soit pour donner, ou pour vendre, ni pour parens, ni pour autres.

L'on n'empesera aucun linge, excepté les corporaux & choses semblables de notre Eglise seulement; & ceux, qui selon notre institut, seront donnés aux pauvres Eglises.

Mais tout le tems qui restera des dévotions, & des ouvrages nécessaires pour la Maison, sera employé à faire quelque ouvrage honnête, & qui occupe peu l'esprit, que l'on procurera de faire pour des personnes qui n'incommoderont le Monastere en fréquentant trop le tour.

Et sur-tout l'on prendra garde de ne blanchir aucuns linges, ni d'empeser les chemises ou collets, ni de faire des ouvrages de vanité. Mais quand le Monastere pour être suffisamment accommodé n'auroit à faire de semblable gain, nous voulons qu'en ce cas les Sœurs à l'imitation de sainte Claire s'occupent à filler du fin fil pour faire des corporaux, & des Purificatoires, qui seront distribués par les mains de l'Ordinaire aux pauvres Eglises, principalement à celles des Montagnes, à l'honneur du très-St Sacrement, ce qui servira aux Sœurs d'un motif pour les faire travailler plus volontiers.

Et afin d'aider plus facilement ces pauvres Eglises, & de témoigner notre pauvreté & notre modestie en toutes choses, nous n'usagerons dans notre Eglise des tapisseries, ni des paremens pour l'Autel, ou pour le Prêtre pour les Offices Divins, ou pour le Daix, qui soient d'étoffes d'or, d'argent, ou de soye, excepté le pavillon du Tabernacle qui sera de soye; nous ne nous servirons point de chandeliers, de lampes, ni d'encensoirs d'argent; & encore au linge de l'Eglise, on ne fera point de descoupure de grand prix, parce qu'employant le tems à cela, ce seroit un empêchement de pouvoir secourir les pauvres Eglises de corporaux & de Purificatoires, comm'il a été dit ci-dessus, ce qui par conséquent tendroit à la ruine de cette sainte œuvre, laquelle nous voulons être propre & singuliere à notre institut, d'autant plus que c'est une grande charité, & rendre un signalé service à Notre-Seigneur, de négliger ainsi le soin de nous mêmes, & de notre propre Eglise, pour aider les autres qui en ont plus grand besoin, comme étant tout-à-fait dépourvûës, & parce qu'il pourroit arriver que quelques personnes portées d'une dévotion particuliere envers notre Monastere, voudroient donner quelques ornemens pour le service de l'Eglise, plus précieux que ceux de la sorte dont il a été parlé, & contraire à notre Régle, nous déclarons qu'ils ne pourront être acceptés en quelque façon que ce soit, pour plusieurs conséquences que cela entraîneroit avec soi, contraire à notre institut, encore moins pourrons-nous tenir dans l'Eglise & dans le Monastere, des statuës qui soient revêtuës d'étoffe de soye, d'or ou d'argent, si ce n'est seulement quelque couronne d'argent sur la tête de la bienheureuse Vierge, ou de l'Enfant Jesus, ou bien quelque autre petite chose, pourvû qu'elle ne soit pas de grande valeur.

Du vœu de Chasteté.

Table des matières

Chapitre VI.

Ce qui concerne le vœu de chasteté, n'a pas besoin de longue explication, puisqu'il est assez évident à tous avec combien de délicatesse & de perfection il doit être observé, étant nécessaire d'imiter de toutes nos forces la pureté des Anges, par celle du corps & de l'ame. Et comme cette vertu peut être endommagée, tant par la conversation extérieure avec les personnes du déhors, que par l'intérieure avec les Sœurs; aussi est-il nécessaire d'avoir l'œil, principalement à deux choses, l'une est la parfaite clôture du Monastére, l'autre est la modeste conversation entre les Religieuses.

De la Clôture.

Table des matières

Chapitre VII.

Nous ne laisserons entrer aucune personne dans l'enclos de notre Monastere, si ce n'est quand la nécessité nous y contraindra, & alors ce sera avec permission expresse par écrit de l'Ordinaire, comme l'ordonne le sacré Concile de Trente.

Nous n'y recevrons point d'oiseaux, ou autres animaux de plaisir, & encore moins de petits chiens, ni aucuns instrumens de musique.

Nous n'aurons aucune terrasse découverte au dessus de nos toits, parce qu'une des principales fins pour lesquelles ce Monastére est érigé, a été pour y recevoir des filles qui désirent d'éviter la fréquentation des étrangers autant qu'il sera possible, & de ne se laisser jamais voir de leur parens, ni d'autres personnes pour l'amour de leur Créateur & souverain Seigneur, lequel étant dans le sein du Pere Eternel est descendu du Ciel pour racheter leurs ames par son sang précieux, afin de les rendre ses épouses, puisqu'il a dit dans St Luc, chap. 14. Si quis venit ad me, & non odit patrem suum & matrem suam, & uxorem, & filios, & fratres, & sorores, adhuc autem, & animam suam, non potest meus esse discipulus. C'est-à-dire, si quelqu'un vient à moi, & ne haït son pere, & sa mere, sa femme, ses enfans, ses freres & ses sœurs, & même jusqu'à son ame, il ne peut être mon disciple, & de plus dans St Mathieu chap. 10. il dit à ses Disciples. Nolite arbitrari quia venerim pacem mittere in terram, non veni pacem mittere sed gladium: veni enim separare hominem adversus patrem suum, & filiam adversus matrem suam, & nurum adversus socrum suam, & inimici hominis domestici ejus. C'est-à-dire: ne pensez pas que je fois venu aporter la paix sur la terre, non je ne suis pas venu mettre la paix, mais le glaive, puisque je suis venu séparer l'homme d'avec son pere, la fille d'avec sa mere, la belle fille d'avec sa belle-mere; car les ennemis de l'homme sont ses domestiques. Et Jesus-Christ étant âgé de 12. ans demeura dans le Temple sans la permission de sa très-sainte Mere, quoiqu'il sçût qu'elle le devoit chercher avec une grande douleur, & lorsqu'elle l'eut trouvé, il lui répondit: Quid est quod me quærebatis? nesciebatis quia in his quæ Patris mei sunt oportet me esse? C'est-à-dire, qu'aviés-vous à faire de me chercher? ne sçaviés-vous pas qu'il faut que je m'employe en ce qui regarde mon Pere? une autrefois il répondit à un Disciple qui lui demandoit permission d'aller enterrer son pere: dimitte mortuos sepelire mortuos suos: laisse aux morts le soin d'enterrer leurs morts. Toutes ces paroles de Notre-Seigneur ne tendent qu'à nous montrer combien il agrée que les personnes Religieuses soient parfaitement détachées de leurs parens, afin qu'elles placent en lui toutes les affections de leur cœur, se contentant d'aimer leurs parens avec le seul amour, que la charité bien ordonnée le demande.

Pour les raisons ci-dessus alléguées, & encore pour honorer la bien-heureuse Vierge notre Mere & Protectrice, laquelle à notre occasion voulut bien être tant de fois privée de la douce vûë de son très-cher fils, & pour s'adonner avec plus de ferveur à la dévotion, à laquelle la fréquentation des grilles est si fort contraire. Et encore pour le grand bien spirituel des parens, on désire que toutes les filles qui entreront dans ce Monastére ayent cet esprit, & qu'elles y entrent arec un grand empressement & inclination à donner ce contentement à Dieu, leur Redempteur, leur Seigneur, & leur Epoux Jesus-Christ, qui goûta le fiel, & la mort pour elles: & cette satisfaction à la Mere de Dieu, Reine des Cieux, leur Avocate & Maîtresse, avec cet acte si magnifique de ne jamais se laisser voir, ni voir elles-mêmes autant qu'il dépendra d'elles.

Mais parce que d'autre part plusieurs des parens qui doivent donner la dot aux Religieuses, n'ont pas tant de perfection que de se priver entierement de la vûë de leurs filles, & pourroient facilement empêcher leur vocation, en les plaçant en d'autres Monastéres. Pour cette cause, regardant toujours à la plus grande gloire de Dieu, & que les filles ne soient point entierement privées de ce qui résulte d'un si saint désir, & notre Dieu de tant d'honneur, afin de donner aussi quelque contentement aux parens, il est déterminé que les Religieuses de ce Monastére ne pourront parler à leurs peres, à leurs meres, ni à d'autres personnes, qu'une fois en deux mois: aux hommes qui seront parens au premier degré seulement, & aux femmes au premier & second degré, de sorte qu'elles ne pourront aller aux grilles par raport à leurs parens, plus de six fois l'année; que s'il y avoit quelque Religieuse qui n'eût point de parens aux degrés ci-dessus spécifiés, & qu'au lieu de tels parens, elle eût choisi quelque oncle ou quelque tante, elle pourra joüir du privilége de lui parler, comme il a été dit ci-devant.

L'on n'ira jamais au parloir au tems de l'Oraison mentale, & de l'Office, ni pendant le Sermon, ni les jours de Communion, ordonnés par nos Constitutions, comme aussi au tems de l'Avent & du Carême.

La Supérieure pour ce qui regarde sa charge n'est point restrainte à ce nombre, mais elle se rendra au parloir autant que la nécessité le demandera, & étant infirme ou empêchée, la Soûprieure supléera à sa place, & par sa commission. S'il arrivoit aux parens quelque besoin, comme de faire faire oraisons, la Mere pourra répondre au lieu de la Religieuse, ordonnant ce qu'il conviendra.

De plus, pour les raisons ci-dessus alleguées, on permet aux Religieuses, que des six fois l'année qu'elles peuvent parler à leurs parens à grille fermée, conformément à leurs Constitutions, il y en ait trois ausquels il soit libre à qui voudra, & n'aura voüé le contraire, de voir à grille ouverte, ses pere, mere, freres & sœurs, & non pas d'autres, & cela trois jours dans l'année, l'un après les Rois, l'autre après l'Octave de Pâques, & le troisiéme après l'Assomption de Notre-Dame; & pour chaque fois, seront destinés dix jours immédiatement consécutifs, sans cependant comprendre en ce nombre les Fêtes de commandemens, & les jours de Communion ordonnés par nos Constitutions, ceux de notre Pere St Augustin, & de la Décollation de saint Jean-Baptiste, & lorsqu'il arrivera qu'après l'Octave de Pâques, on aura transferé l'Office de la très-Ste Annonciation, ce jour les grilles ne seront point ouvertes, & ne sera point compté entre les dix accordés pour aller aux grilles, parce qu'en ces jours les Religieuses ne parleront, ni ne se laisseront voir.

Déclarant que la compagne assistante doit être en telle sorte, qu'elle ne puisse être vûë par les parens de la Religieuse qui parle.

Et pour cet effet, il est ordonné que les grilles seront garnies de deux treillis de fer de bonne épaisseur, éloignés l'un de l'autre d'une distance suffisante, & qu'il y aura aussi une lame ou plaque de fer célée dans le mur, percée de petits trous, & une toile noire du côté des Religieuses, ensorte que l'on se puissent entendre, & non voir, ni être vûës en aucune maniere, & de plus qu'aux mêmes lames ou plaques de fer, il y ait des fenêtres par lesquelles on puisse voir aux tems ordonnés, à chacune desquelles fenêtres il doit y avoir deux clefs differentes, dont l'une sera gardée par la Mere Prieure, & l'autre par la Soûprieure, afin qu'on ne les puisse ouvrir sans leur commun consentement, & que hors le tems des trois jours ci-dessus spécifiés, lesdites fenêtres ne puissent jamais être ouvertes le reste de l'année, pour quelque cause que ce soit, excepté si quelque Religieuse particuliere, ou une partie, ou toutes ensemble étoient dans le cas de faire quelque acte public, en presence des Notaires & Témoins, & non d'aucuns autres.

Et encore au cas que quelque personne ait volonté de se faire Religieuse, on pourra pour cet effet, comm'il a été dit ci-devant, avec permission de Monseigneur l'Illustrissime Archevêque, ou de son Vicaire, ouvrir les grilles jusques au nombre de quatre fois, si la Mere Prieure le juge convenable, afin qu'elle & les autres Sœurs qui ont à donner leur voix pour sa réception, la puissent voir, & lui parler, à condition qu'elle sera seule au parloir ou à la grille, de maniere qu'elle seule voye & soit vûë, & nulle autre de déhors en quelque façon que ce soit.

Et pour lever les scrupules, nous déclarons qu'il n'est pas défendu aux Religieuses de se laisser voir aux Prêtres par le communicatoire au tems de la Communion, & lorsqu'elles recevront les cendres.

L'on pourra ouvrir la grille de l'Eglise dans le tems que quelque Religieuse prend l'habit, ou fait profession, ou que l'on fait quelque Prédication, & les jours qu'il sera nécessaire de se laisser voir aux Supérieurs, sçavoir, à Monseigneur l'Illustrissime Archevêque, ou à son Vicaire & assistans, & lorsque l'on ira à la porte pour y recevoir des filles, comme aussi aux vêtures & aux professions, on y assistera le visage voilé, & aux Prédications on l'aura découvert, mais les fenêtres seront fermées.

De plus, s'il y avoit quelque Religieuse, laquelle ne voulût jamais se laisser voir d'aucune personne à la grille, & en voulût faire un vœu pour un certain tems, ou à perpétuité, qu'elle le puisse faire toutes les fois qu'elle voudra, & en cela qu'elle n'en puisse être empêchée, déclarant qu'en ceci il n'y a point de singularité, & d'autant plus que la principale intention que l'on eut dans l'établissement de ce Monastére, fût de n'être jamais vûë, & la permission qui a été accordée de se laisser voir trois fois l'année, a été une pure permission donnée, non pas pour le regard des Religieuses, lesquelles si elles sont véritablement dévotes, & si elles ont l'esprit de parfaite mortification, doivent plûtôt désirer de ne voir jamais, & de n'être point vûë pour l'amour de Dieu, lequel les a aimées d'une charité éternelle, & les aimant, a voulu dans la plenitude des tems mourir pour elles; & pour l'amour qu'elles portent à la très-glorieuse Vierge, au service de laquelle elles se sont consacrées, & sous la très-fidéle protection de qui elles se sont mises, comme aussi pour leur plus grande perfection.

Mais seulement pour donner quelque contentement aux parens, & ce qui importe beaucoup plus, afin de ne point empêcher à d'autres filles l'effet de leur vocation; qui est de servir Notre-Seigneur & sa très-Ste Mere dans ce Monastére. D'où il s'ensuit, que si quelqu'une de celles qui se servent de la permission de voir, n'avoit pas pour agréable le vœu qu'une autre feroit de ne voir jamais, elle montreroit en cela être imparfaite, & n'avoir pas l'esprit de cette Religion, puisqu'elle doit être extrémement contente que Notre-Seigneur son époux soit honoré par un tel vœu, & que sa Sœur fasse un acte si magnifique, & qui mérite une couronne éternelle.

De même celle qui aura fait vœu de n'être point vûë, ne doit pas trouver mauvais si les autres usent de la permission qui leur a été accordée par la Religion; au contraire, elle doit penser qu'elles ne le font pas pour leur contentement particulier, mais pour celui de leurs parens, & aussi pour la gloire de Dieu, & l'emplification du Monastere, afin de tenir par ce moyen l'entrée ouverte aux filles, lesquelles ayant vocation à ce Monastere, en seroient empêchées par leurs peres, ou autres parens, s'ils n'avoient esperance de les voir quelquefois.

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Yaş sınırı:
0+
Litres'teki yayın tarihi:
16 ocak 2025
Hacim:
90 s. 1 illüstrasyon
ISBN:
4064066077471
Yayıncı:
Telif hakkı:
Bookwire
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