Kitabı oku: «Guide des curieux en forêt»

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Guide des curieux en forêt

300 questions et réponses sur les arbres, les forêts et les animaux

Textes de Philippe Domont

Illustrations de Nikola Zaric

Edité par l’Association suisse des forestiers

Ce livre a bénéficié du soutien financier des institutions et entreprises suivantes :

Office fédéral de l’environnement, des forêts et du paysage/Direction fédérale des forêts

Office fédéral de la culture

Vontobel-Stiftung

SGS International Certification Services AG

MIGROS Pour-cent culturel

Basler & Hofmann

Basler & Partner

Divers donateurs à l’occasion du 100e anniversaire de l’Association suisse des forestiers.

Tous droits réservés, y compris ceux d’une impression partielle et de la restitution électronique.

© 1999 Werd & Weber Verlag AG, CH-3645 Thun /Gwatt 8. Auflage 2016

Couverture : Verena Eggmann / Internationales Baumarchiv, Winterthur

Photo de Philippe Domont : Susanne Keller

Layout : Manuela Krebs, Werd & Weber Verlag AG

E-Book Production et Livraison: Brockhaus Commission, Kornwestheim, www.brocom.de

E-Book ISBN 978-3-03922-066-3

www.werdverlag.ch

www.weberverlag.ch


Table des matières

Préface Mieux connaître la forêt, entre nature et civilisation

Introduction De l’observation de détail à la vision globale

L’arbre en forêt

Racines

Le tronc et le bois

Age et dimensions des arbres

Arbres cassés et déracinés, bois mort

Ecorce

Branches

Bourgeons

Fleurs, fruits et graines

Feuilles

Plantes compagnes des arbres

Champignons et lichens

Mousses, prêles, fougères et fleurs des sous-bois

Plantes ligneuses excentriques

Animaux forestiers

Mammifères, oiseaux, batraciens …

Insectes, limaces & Co

Milieu de vie de l’arbre

Le climat

Le sol forestier

La forêt

La forêt sans l’homme

Visages et évolution de la forêt

La forêt et l’homme

Histoire de la relation homme-forêt

La forêt et ses fonctions

Sylviculture proche de la nature

Récolte du bois

Métiers de la forêt

Curiosité appliquée

La place de ce guide dans un processus de découverte

Comment répondre aux « pourquoi » ?

Et que répondre quand on ne connaît pas la réponse ?

Mission de recherche : une façon productive et conviviale de découvrir

10 « trucs » pour communiquer avec un groupe en plein air

Devinettes forestières

Proverbes liés à l’arbre et à la forêt

Guide du savoir-vivre en forêt

Annexes

Identification des principaux arbres, arbustes et buissons

Bibliographie

Index

Préface Mieux connaître la forêt, entre nature et civilisation

Au-delà de l’agréable sentiment d’être « dans la nature », de plus en plus de personnes souhaitent enrichir la relation avec leur environnement en le connaissant mieux. Preuve en sont les nombreuses questions posées en forêt – ou sur la forêt – par des curieux de tous âges. Ce sont ces questions qui sont à l’origine de ce guide. Celui-ci a pour but d’accompagner les promeneurs, les pédagogues et tous les amis des bois dans leur découverte du terroir forestier, large espace en mouvement où se rencontrent nature et civilisation. Cet ouvrage doit leur donner des repères aussi bien dans la forêt elle-même que dans les discussions qu’elle suscite.

Dans les années 1970 déjà, Jean-Louis Loutan, enseignant genevois passionné de forêt, avait compris qu’apprendre, c’est entrer en relation. Pendant des années, il a ainsi organisé d’innombrables ateliers de travail forestiers pour des classes d’école. Les nombreuses questions de ses élèves, rassemblées dans un document pédagogique aujourd’hui épuisé, font partie de ce guide. Elles révèlent une grande curiosité et une faculté d’observation activée par le contact direct avec la forêt. Mais la curiosité des adultes aussi, renforcée par les discussions sur la santé des forêts européennes, sur la déforestation en zone tropicale et sur le développement durable, nous ont conduits à des questions nouvelles, qui constituent une partie essentielle de ce livre.

La forêt, quelles que soient les questions qu’elle peut engendrer, reste cependant le symbole de la nature et de la vitalité et, au-delà du symbole, une réalité vivante aux ressources étonnantes. Quelle surprise pour beaucoup de constater que la surface des forêts européennes augmente de nos jours dans des proportions inouïes. Ou de découvrir que les forêts, parfois malgré l’influence de l’homme, mais souvent grâce à elle, restent un milieu d’une très grande richesse biologique.

Parmi les ouvrages qui parlent de nature, de la faune et de la flore, seul un petit nombre traitent de la relation, nouvelle ou traditionnelle, entre cette nature et l’homme. Plus rares encore sont ceux qui montrent concrètement comment la nature et la civilisation peuvent s’enrichir mutuellement. Car si l’homme a commis bien des erreurs dans sa situation (forcée) de prédateur envers son environnement, il a aussi souvent trouvé des façons d’affirmer sa place sans détruire son espace vital. Dans ce sens, la gestion actuelle des forêts par la sylviculture proche de la nature offre de remarquables exemples d’un équilibre réussi entre les besoins de l’homme et les ressources de la nature. Ces modèles méritent de faire école, en faveur du développement durable, dans tous les secteurs de l’économie.

Chacun est en mesure, malgré la complexité de la forêt, d’observer et de comprendre aussi bien la « forêt-nature » que la « forêt-entreprise ». Cette connaissance du milieu sylvestre sera d’autant plus utile dans le futur que les méthodes modernes de planification forestière s’orientent vers un dialogue plus intense avec les citoyens.

Puisse ce guide contribuer à affiner les regards et à enrichir les réflexions.

Philippe Domont

Introduction De l’observation de détail à la vision globale

Un guide pour curieux avertis … ou qui s’ignorent

Le but principal de ce guide est d’accompagner les amis de la nature désireux de mieux observer et comprendre le monde des arbres et de la forêt. Le lecteur part de ce qu’il voit en forêt ou d’une question qu’il se pose. Il peut ensuite entrer dans le guide soit par l’index, soit directement dans un chapitre, par les dessins ou les questions traitées.

Un instrument d’observation et d’échanges

Ce livre est aussi conçu de façon à susciter des échanges, que ce soit en famille, à l’école ou entre amis (voir le chapitre « Curiosité appliquée »). Il doit permettre non seulement d’enrichir ses connaissances sur les arbres, mais d’affiner le regard, de déceler des processus, de comprendre des changements, d’entrer dans une dynamique où une découverte en engendre une autre. Il apporte enfin des informations solides sur des sujets aussi variés que la forêt tropicale, la croissance des arbres, le dépérissement des forêts ou la récolte du bois.

Un recueil de questions, non une encyclopédie

Ce sont les questions du public qui ont décidé de la structure et du contenu du livre. Celui-ci ne se veut pas exhaustif. Il est une invitation à devenir ou à rester curieux et c’est cette curiosité qui mènera aux ouvrages spécialisés ou à la rencontre des gens de métiers.

Une large palette d’arbres et de forêts

Les questions posées auraient pu être formulées devant n’importe quel arbre ou n’importe quelle forêt d’Europe centrale et occidentale. Leur portée est même souvent universelle, par exemple lorsqu’elles traitent du fonctionnement des arbres ou de l’écosystème forestier.

Relier observation de détail et vision globale

La curiosité des « questionneurs » a permis de présenter non seulement un visage momentané de la forêt, par une foule de détails, mais aussi sa dynamique dans le temps. Cette vision dans la durée, au-delà du siècle, est nécessaire pour parler de ce milieu. Une telle approche, reliant l’observation de détail à une perception globale, fait partie des réflexes du forestier. Mais ces principes d’action concernent aussi toute personne soucieuse de conserver une planète habitable pour les générations futures.


L’arbre en forêt

Si le tronc n’était pas apparu au cours de l’évolution des plantes, la végétation ne pourrait guère que s’étaler au ras du sol. Sans cet axe de transport solide entre les feuilles des arbres et leurs racines, nous serions privés d’un des plus beaux espaces inventés par la nature : la forêt. Les racines, les troncs et les couronnes sont les fondations, les colonnes et la voûte de cette architecture sylvestre. Serrés les uns contre les autres, les arbres créent entre leurs branches et le sol un milieu protégé, riche d’une faune et d’une flore particulières.

Feuillus ou résineux, les arbres sont les patriarches d’une société très diversifiée dont les espèces végétales et animales se comptent par dizaines de milliers. Malgré leur apparence dominante, ces grands végétaux sont dépendants des plus petits. Il n’est que de penser à la faune du sol et aux champignons qui recyclent les feuilles et le bois mort en humus, substrat alimentaire à nouveau disponible pour l’arbre. Ou à l’importance des insectes pour la fécondation des fleurs et pour la dispersion des graines. Ou encore à l’indispensable symbiose avec les « champignons des racines » qui assistent l’arbre pour prélever l’eau du sol.

En forêt, un arbre adulte est un des rares survivants d’une multitude de jeunes prétendants disparus au cours des décennies. S’il reste cent grands arbres dans un coin de forêt, c’est que des millions de graines y sont tombées autrefois, puis que des plantules par centaines de milliers s’y sont pressées, puis des milliers de jeunes arbres.

Parmi ces derniers seuls deviennent adultes ceux qui ont poussé plus vite que leurs voisins, ceux qui ont gardé leur place au soleil. Cette nécessité vitale de croître vers la lumière est bien illustrée à l’intérieur de la forêt par les troncs lisses, autrefois branchus : non seulement les arbres, mais les branches elles-mêmes disparaissent si elles ne reçoivent pas assez de lumière.

Incapable de se déplacer pour fuir et de remplacer ses tissus blessés, l’arbre est la mémoire fidèle de ce qu’il a vécu dans son environnement immédiat : les traces innombrables de sa croissance et de ses luttes sont à la portée des yeux de tous les curieux …

L’Arbre en forêt Racines

Les racines soutiennent et nourrissent l’arbre tout à la fois. On peut tenter de se représenter leur extrême résistance physique, sachant qu’un gros arbre pèse des dizaines de tonnes et se balance comme un bras de levier sur 40 mètres de longueur : le spectacle des couronnes qui tanguent sous les bourrasques de vent est saisissant.

L’action physiologique des racines n’est pas moins impressionnante, si l’on songe que par une chaude journée d’été, plusieurs centaines de litres d’eau sont pompés dans le sol et aspirés vers la couronne d’un seul arbre.

La santé des racines est donc de première importance pour la santé de l’arbre et de la forêt ellemême. Difficiles à étudier pour des raisons pratiques, les racines sont encore mal connues.

1 Comment les racines peuvent-elles pénétrer dans le sol ?

Les racines se terminent par de fines et fragiles radicelles. Celles-ci progressent à travers les particules du sol grâce à la multiplication des cellules situées à leurs extrémités (→ 7).

Racines pivots et racines traçantes

Certaines espèces, comme le chêne ou le sapin blanc, enfoncent verticalement de solides pivots, même si le sol est lourd et donc peu aéré. L’épicéa et le tremble sont équipés de racines plus traçantes, qui restent plutôt en surface. Le hêtre et l’érable ont des racines intermédiaires entre les deux systèmes.


2 Jusqu’à quelle profondeur les racines s’enfoncent-elles ?

La grande majorité des racines fines évoluent entre 0 et 60 (80) cm, car elles ont besoin d’oxygène (→ 99, 187). Si le sol est bien meuble, frais et aéré, certaines racines peuvent descendre jusqu’à deux mètres ou plus. Si le sol est mal aéré, trop humide par exemple, il arrive que toutes les racines se concentrent dans les vingt premiers centimètres ! Ceci n’est pas favorable à la stabilité de l’arbre. Observez un arbre abattu par la tempête : la portion de racines et de terre arrachées est souvent plate et superficielle.


3 Est-il vrai que les racines occupent un volume aussi grand que celui de la couronne ?

Non, car les racines sont relativement proches de la surface. Le volume qu’elles occupent sous terre est donc beaucoup plus faible que celui de la couronne, déployée à elle seule sur dix ou vingt mètres de haut. En forêt, c’est la surface occupée par la majeure partie des racines qui correspond en gros à la projection de la couronne sur le sol. En effet, tout comme les branches sont en compétition pour la lumière, les racines se disputent l’eau et les substances nutritives. Si l’arbre pousse isolément, les racines peuvent par contre dépasser nettement les branches les plus longues.


4 Comment les racines tirent-elles la nourriture du sol ?

Les racines approvisionnent l’arbre en sève brute grâce aux fines radicelles (→ 9, 208). Efficacement assistées par les champignons mycorhiziens (→ 127) qui les enveloppent, ces dernières « sucent » l’eau et les éléments dissous à travers les membranes de leurs jeunes cellules. La racine ellemême croît grâce à la sève élaborée dans les feuilles et transportée dans l’écorce (→ 93). Les racines de certains arbres fixent l’azote atmosphérique par des nodosités contenant des bactéries (aulnes) ou des champignons (robinier).


Mycorhizes

(du grec « champignons des racines »)

Nos essences forestières vivent toutes en relation intime avec des champignons, comme les amanites, russules, bolets, lactaires, truffes. En effet, les racines fines des arbres, qui ne portent que peu de poils absorbants, sont entourées par les filaments souterrains du champignon. Elles profitent de ce feutrage qui offre une surface de pompage beaucoup plus grande. En échange, le champignon reçoit des hydrates de carbone produits par son associé ligneux. On parle de symbiose, car chaque partenaire a besoin de l’autre.

Si on trouve le bolet à pied creux sous le mélèze, l’amanite phalloïde surtout sous les chênes et les hêtres ou la chanterelle généralement sous les épicéas, c’est en raison de cette association cachée et raffinée.

Certains champignons sont à la fois parasites et partenaires : ainsi, l’armillaire cause de graves pourritures aux racines et aux troncs des résineux, mais il est un mycorhize de diverses orchidées.



5 Pourquoi cet arbre a-t-il poussé sur ces «échasses»?

N’y aurait-il pas un reste de tronc pourri sous ces « échasses » …? Un petit épicéa a poussé autrefois sur une souche ; ses racines ont peu à peu traversé le bois, alors en décomposition et maintenant disparu.

Les graines d’épicéas germent souvent sur les souches ou les troncs en décomposition sur le sol. De plus, les plantules qui naissent sur ces promontoires ont de meilleures chances de survie que les autres, surtout en montagne (→ 196).


6 Sur ce talus, pourquoi les racines ont-elles poussé à la surface ?

Elles étaient dans le sol autrefois, mais l’eau de ruissellement a peu à peu emporté la terre et les a mises à nu.


L’Arbre en forêt Le tronc et le bois

Dans l’évolution des plantes, la croissance de la tige en diamètre est un phénomène assez récent. Ainsi, le « tronc » des fougères arborescentes ne pouvait encore croître en largeur comme l’a fait celui des premiers conifères voici 300 millions d’années. Cet épaississement est dû à la croissance du mince tissu confiné entre le bois et l’écorce, le cambium. Celui-ci a donné aux arbres la possibilité de se développer en hauteur, au-dessus des autres plantes, de monopoliser ainsi la lumière solaire et de coloniser la plus grande partie des terres.

Chaque année, un cerne de croissance apparaît sous l’écorce. Encore tout mou au mois de mai, il se durcit durant l’été et finit par constituer un nouveau manteau de bois sur toutes les parties ligneuses de l’arbre. Comme cette croissance varie en fonction du climat, de l’âge, des attaques de parasites et d’autres événements de la vie de l’arbre, on peut lire ses cernes comme on regarderait ses archives privées. Observez les troncs et les billes de bois déposées le long des chemins. Bien des secrets se cachent sous l’écorce râpeuse !

7 Qu’est-ce qui fait que « ça grandit » ?

Les végétaux grandissent grâce à des cellules qui se divisent durant la période de végétation. Les arbres ont la particularité de pousser en longueur et en épaisseur.

Croissance en longueur

L’arbre s’allonge à partir de ses extrémités, qui contiennent les cellules actives capables de se diviser (méristèmes). Sous terre, ce sont les radicelles, au bout des racines, qui se développent (→ 1). Les parties aériennes croissent à partir des bourgeons situés sur les branches et au sommet de l’arbre (→ devinettes C, D).


Croissance en épaisseur

L’arbre s’épaissit sur toute sa surface, y compris les racines et les rameaux ! La croissance en épaisseur est produite par le cambium, mince couche de cellules actives située entre le bois et l’écorce. Ces cellules se multiplient vers l’intérieur (bois) et vers l’extérieur (écorce). C’est pourquoi l’écorce a aussi des cernes annuels (→ 47, 48, 215).


8 A quelle saison l’arbre grandit-il le plus ?

Les cernes annuels sont formés du bois de printemps (bois initial), de couleur claire, croissant d’avril à juin, et du bois d’été (bois final), de couleur foncée, apparaissant de juillet à octobre. Comparez les épaisseurs des bois de printemps et d’été, ou mesurez la longueur des nouvelles pousses à fin juin et à fin septembre. L’arbre grandit vite au printemps. En été, il fortifie les nouvelles pousses et le nouveau cerne. En hiver, il est au repos.


9 Par où la sève passe-t-elle ?

Depuis les racines, la sève brute monte dans l’aubier, zone externe et encore vivante du bois, en empruntant surtout les cernes les plus jeunes. Quant à la sève élaborée, elle descend depuis les feuilles dans le liber, couche interne de l’écorce, pour alimenter toutes les parties vivantes de l’arbre, jusqu’aux racines 4, 43, 47, devinette B).


Aubier et bois de cœur

Formé des cernes annuels les plus récents, l’aubier contient des substances de réserve ainsi que les canaux qui conduisent l’eau et les substances nutritives jusqu’aux feuilles. Au centre de la tige, par contre, le bois de cœur est totalement bouché. Chez certaines espèces feuillues (chêne, frêne, robinier, orme, châtaignier), les canaux de transport sont visibles à l’œil nu sur toute la coupe du tronc.

Chez le pin, le mélèze, le chêne, le châtaignier ou le noyer, le bois de cœur est coloré et se distingue visuellement de l’aubier. On peut aussi identifier

l’aubier lorsque, une fois à l’air, il est noirci par la présence de champignons se nourrissant de ses substances nutritives.

La sève poussée et aspirée

Les forces énormes qui entrent en jeu pour pomper les colonnes d’eau vers le haut des arbres jusqu’à 50, voire 100 mètres de hauteur, sont engendrées par plusieurs processus. Si les racines contribuent à pousser l’eau sur quelques mètres dans les canaux conducteurs du bois, ce sont surtout les forces de tension provoquées par la transpiration des feuilles et combinées entre autres aux tensions capillaires, qui aspirent la sève vers le haut.


10 Est-il vrai qu’on peut entendre la sève circuler dans le tronc ?

Essayez … Les auteurs n’ont encore jamais réussi à entendre quelque chose, même avec un stéthoscope. Certains prétendent que c’est possible. Par contre, les chercheurs parviennent à entendre le déclic produit dans le bois lorsqu’une fine colonne d’eau en mouvement vers la couronne de l’arbre se rompt sous l’énorme tension présente dans les vaisseaux conducteurs (→ 9).

11 Les arbres dorment-ils ?

Pendant la nuit, la fonction de photosynthèse s’interrompt, faute de lumière. Les arbres continuent de respirer, consommant de l’oxygène et rejetant du gaz carbonique. La nourriture produite le jour est répartie et stockée dans toutes les parties de l’arbre, ce dernier « digérant » la nuit ce qu’il a assimilé le jour. Si l’on mesure le pourtour du tronc au dixième de millimètre, on détecte cette croissance nocturne. Le matin, c’est la fonction d’assimilation qui se réveille (→ 7).

12 Pourquoi ces cernes sont-ils aussi larges ?

Regardez s’ils sont situés dans un empattement de racine, cet endroit où le tronc s’élargit pour pénétrer dans le sol, renforçant ainsi la stabilité de l’arbre. C’est peut-être aussi une question d’âge : au centre du tronc, les cernes sont larges si le jeune arbre a pu croître dans de bonnes conditions. Autre possibilité : l’arbre a fabriqué du bois de réaction parce que son poids n’était pas réparti régulièrement dans le tronc.


Bois de réaction

Lorsqu’un arbre penche, la pression à l’intérieur du tronc n’est pas uniforme. Une pression énorme agit dans la moitié du dessous, alors que la partie supérieure du tronc subit une traction non moins importante. Afin de mieux résister et de retrouver une croissance verticale, les résineux fabriquent du bois et s’élargissent du côté de la pression, alors que les feuillus font de même du côté de la traction.


13 Les cernes étroits sont-ils un signe de mauvaise santé ?

Pas nécessairement. C’est comme pour les êtres humains : un poids léger n’est pas signe de maladie. Par contre, la diminution de la largeur des cernes, comme la perte de poids, signale souvent un problème.


Un cerne étroit isolé peut indiquer une année froide ou sèche, un gel printanier, une attaque de parasites. De nombreux cernes étroits peuvent révéler un climat rude, un manque de lumière, un âge avancé, un sol pauvre ou sec, de la pollution atmosphérique (→ 282, 286).

14 Pourquoi les cernes sont-ils si serrés au centre ?

A l’ombre des grands arbres, le sapin et le hêtre peuvent rester chétifs et ne pas croître en hauteur ni en épaisseur. Véritables bonsaïs naturels, ils peuvent mesurer moins d’un mètre à 50 ans. Ils ne grandiront vraiment que lorsque le gros voisin, tombé naturellement ou abattu par le bûcheron, aura créé une trouée où passe la lumière (→ 198, 287).


15 Que peut-on voir à l’intérieur du tronc ?

L’intérieur du tronc est comme l’archive de l’arbre, qui renferme l’histoire de sa propre croissance. Le tronc coupé en billes ou en planches révèle les vestiges d’éléments autrefois visibles, mais engloutis dans le bois au cours du temps : branches, blessures, bouts d’écorce (→ devinettes C, D).

Les arbres en bordure de pâturage contiennent aussi souvent des restes de fil de fer. Les troncs qui proviennent de lieux de bataille cachent des éclats métalliques et doivent encore aujourd’hui être passés au détecteur à la scierie, faute de quoi les lames de scie sont détruites. Les terrains d’exercice militaires posent des problèmes similaires.


Anciennes blessures, bouts d’écorce

Les endroits où l’écorce a été endommagée dans le passé par les travaux forestiers, le gibier, le frottement des troncs, restent visibles dans le bois : on peut y observer comment les cernes, année après année, ont recouvert la plaie (→ 50).

Nœud noir et nœud sain

Lorsqu’on scie un tronc, même bien lisse, les anciennes branches apparaissent à l’intérieur sous forme de nœud. S’il est desséché, le menuisier parlera d’un nœud noir. S’il est bien intégré dans le tronc, c’est un nœud sain (→ 264).


Poches de résine

La résine n’est pas de la sève. Contenue dans un réseau spécial de canaux qui parcourt le bois et l’écorce de la plupart des conifères, la résine recouvre les plaies, noie les parasites, stocke des déchets. Le sapin blanc n’a pas de résine dans le bois, mais seulement dans l’écorce. L’if est un résineux sans résine !


A propos de l’ambre, résine fossile

La résine à l’origine de l’ambre fut produite par plusieurs espèces de résineux, dont les pins, les cèdres et les araucarias. Dans la région de la Baltique, on a identifié huit espèces de pins, différentes des espèces actuelles, grâce aux aiguilles prises dans la résine. Les «forêts de l’ambre » remontent à 40 à 50 millions d’années (éocène) (→ 216).


Bois de résonance : un bois sans défaut

Les luthiers choisissent des bois aux cernes réguliers, sans nœuds, sans poches de résines, sans fibres torses, sans blessures… c’est pourquoi l’épicéa de résonance utilisé pour les violons (mais aussi pour les guitares, pianos, harpes, clavecins…) est très difficile à trouver. Il ne pousse qu’en montagne, seul endroit où les arbres peuvent présenter des cernes réguliers sur de longues périodes.


16 Pourquoi la plupart des branches basses sont-elles mortes ?

L’arbre abandonne les branches qui consomment plus qu’elle ne produisent. C’est le cas lorsque les feuilles ou les aiguilles ne fabriquent pas assez de sucre, par suite du manque de lumière (→ 93). Lorsque ces branches ne sont plus nourries par l’arbre, le feuillage tombe et elles se dessèchent.

17 Pourquoi cet arbre penche-t-il autant ?

Un arbre penche s’il a été poussé ou écrasé lorsqu’il était jeune (poids de la neige, voisin qui s’appuie sur lui, vent dominant). Lorsque plusieurs arbres penchent au même endroit, il s’agit souvent d’un glissement de terrain. Enfin, certains arbres croissent obliquement pour trouver suffisamment de lumière (feuillus, pins).


18 Cet arbre-là a plusieurs pointes !

Si les arbres n’ont généralement qu’une pointe, c’est que la pousse du sommet sécrète des hormones « dominantes » qui empêchent les autres branches de croître à la verticale. Ce phénomène est bien visible chez les résineux. Chez les très vieux arbres, ce contrôle n’est plus toujours très fort. Lorsque le sommet se casse, les branches inférieures peuvent parfois s’affranchir de la pression hormonale et pousser vers le haut.


19 Pourquoi ce tronc fait-il un crochet ?

Une branche latérale a remplacé le bout de l’axe du tronc, détruit par la neige, le vent ou l’écorçage de rongeurs. Si deux branches prennent la relève, on obtient un « arbre-lyre », dont la forme rappelle les deux bras de l’instrument.


20 D’où vient cette bosse sur le tronc ?

Les bosses, appelées loupes, chaudrons, chancres, dorges selon leur origine, s’expliquent souvent par la présence d’un organisme étranger (champignon, virus). Pour se défendre, l’arbre produit des tissus supplémentaires.


Parfois décoratifs, souvent problématiques

Les loupes et les chaudrons sont faits de bois sains. Ils sont parfois recherchés pour leur valeur décorative. Quant aux chancres et aux « troncs en bouteille », ils révèlent en général un bois fissuré ou pourri à l’intérieur. Les sapins blancs portent souvent des chancres, qu’on appelle « balais de sorcière » quand ils sont situés dans les branches et « dorges » lorsque c’est le tronc qui est renflé. Ce dernier défaut du bois peut provoquer la cassure du tronc (→ 66).


Renflements à la base des troncs

Les irrégularités de croissance sont aussi fréquentes à la base des troncs des feuillus : plusieurs troncs collés révèlent des rejets de souche qui grossissent et se trouvent de plus en plus à l’étroit (→ 275). Lorsqu’un seul rejet de souche survit, le tronc est boursouflé ou tordu à la base.



21 Qu’est-ce qui a tourné cette tige en tire-bouchon ?

Elle était enserrée par une autre plante. Peut-être voyez-vous un chèvrefeuille à proximité. La tige n’a pu grossir qu’entre les parties étranglées (→ 150).


L’Arbre en forêt Âge et dimensions des arbres

Alors que la vie humaine atteint quelques décennies, celle des arbres se compte par siècles. Encore dans l’« enfance » à l’âge de 10 ou 20 ans, les arbres atteignent « l’adolescence » vers la cinquantaine. Un chêne, un mélèze ou un sapin de 120 ans se trouvent dans la « force de l’âge », parfois pour un siècle encore. On ne peut guère parler de vieux sapins, chênes, châtaigniers ou ifs avant plusieurs siècles, lorsque les signes de dégénérescence sont manifestes. Des espèces comme le bouleau ou l’aulne noir ont une durée de vie assez brève pour des arbres, puisqu’ils ne deviennent « que » centenaires.

L’évolution des arbres et de la forêt dans le temps échappe donc à l’expérience d’une seule génération humaine. Nous ne percevons que des épisodes de leur vie. C’est une des raisons pour lesquelles nos compagnons ligneux sont revêtus d’une valeur culturelle particulière associée aux symboles de force et d’immortalité. Cette dimension donne aussi une responsabilité particulière aux gestionnaires forestiers, qui travaillent dans l’intérêt de générations dont les arrière-grands-parents sont à peine nés.

22 Comment savoir l’âge d’un gros arbre ?

Si l’arbre n’est pas pourri au centre, on peut compter les cernes annuels sur l’arbre abattu (→ 7), sur une carotte prélevée en direction du centre du tronc ou encore sur une radiographie (rayons-X). On peut aussi estimer son âge si l’on retrouve des documents anciens (dates de la plantation, de l’abandon d’un pâturage) ou en comparant avec des souches d’arbres voisins. En tenant compte du sol, du climat et de la croissance, un forestier expérimenté peut « sentir » l’âge d’un arbre. Cette estimation devient toutefois difficile au-delà de 200 ans.

Discrétion des vieux arbres

Les vieux arbres ne disent pas volontiers leur âge ! Le bas de leur tronc est souvent creux et on ne peut plus y compter tous les cernes pour remonter jusqu’à leur naissance. Reste à chercher dans les archives de la commune.


23 Quel est l’âge de ce sapin ?

On peut estimer son âge en comptant les espaces entre les étages de branches. Chaque année, un résineux ajoute un étage. Commencez en haut, avec la dernière année de croissance, sans compter les petits rameaux isolés, et descendez le long de l’axe. Arrivé à 50 cm du sol, il faut ajouter encore 5–10 ans, parfois davantage (→ 14). On peut facilement estimer l’âge des résineux jusqu’à 50 ans. Au-delà, le comptage se complique. On peut connaître l’âge d’une branche de la même façon (→ 97).


24 Quel est l’âge de ce feuillu ?

On peut tenter d’estimer l’âge des jeunes arbres de la manière suivante : à partir du bourgeon terminal, compter le nombre des groupes de fines « cicatrices annuelles » laissées chaque année par les écailles du bourgeon terminal sur le tronc ou sur les branches.

L’érable et le frêne produisent des étages réguliers visibles pendant quelques années (branches opposées). Les feuillus disent moins volontiers leur âge que les résineux (→ 151) !


25 Jusqu’à quel âge un arbre grandit-il ?

Jusqu’à sa mort, du moins en épaisseur ! Sa croissance peut être pratiquement nulle en hauteur à partir d’un certain âge. Les tout vieux arbres rapetissent, car le sommet et certaines branches finissent par se casser.

26 Quel âge ont les plus vieux arbres en Europe ?

Les plus vieux sont probablement les ifs et les châtaigniers, qui peuvent atteindre respectivement 2000 et 1500 ans. Suivent les chênes et les tilleuls avec une espérance de vie de 1000 ans. Les mélèzes indiquent parfois 800 ans, les épicéas et les sapins 600. Cherchez le plus gros arbre de votre région ! Quel âge a-t-il, ce sapin-président ou ce chêne-géant ? Vous pourriez le faire connaître par un panneau d’information, en collaboration avec le forestier !

27 Quel âge ont les plus vieux arbres du monde ?

On parle des pins (Pinus longaeva) de 4900 ans dans des régions sèches d’Amérique du Nord. Les séquoias géants (Sequoiadendron) de la sierra Nevada californienne, dont le diamètre dépasse 10 mètres, atteignent 4000 ans (→ 31). Des chênes verts méditerranéens, des cèdres du Liban et des ifs compteraient 2000 ans. L’âge de certains arbustes dépasse celui des arbres : 12 000 ans pour un créosotier (Larrea divaricata), que l’on trouve lui aussi dans des zones désertiques nord-américaines.

28 Est-il vrai que les cernes racontent le climat sur des centaines d’années ?

Oui, à condition d’observer des cernes aux lignes régulières, non dérangées par l’empattement des racines, l’insertion de branches ou la cicatrisation de blessures. Les bonnes années, chaudes et pluvieuses, sont larges, les autres plus minces (→ 13). L’arbre est ainsi une « machine biologique à remonter le temps » qui garde la mémoire du climat. La dendroclimatologie (du grec « dendron » = arbre) se consacre à établir ces rapports (→ 232).


Dendrochronologie

La dendrochronologie s’occupe de dater les échantillons de bois (découvertes archéologiques, instruments de musique, etc.). Grâce aux séquences des cernes, il est aujourd’hui possible de dater à l’année près un morceau de bois dont l’âge peut remonter à plus de 6000 ans. Ce n’est pas la largeur des cernes en soi, mais les séquences d’années larges et étroites qui permettent de reconnaître l’année d’un cerne, un peu à la manière d’une empreinte.

29 Est-ce que je peux trouver l’année de ma naissance ?

Bien sûr, et celles des parents, grands-parents … et de la Révolution française et de toute l’histoire récente. En plaine, on trouve facilement des souches d’arbres abattus à l’âge de 120 à 150 ans, et même de 150 à 300 ans en montagne.

Choisissez une souche récente et comptez les années à partir du bord en direction du centre. Plantez des petits fanions à l’endroit des événements que vous aurez choisis !


30 Quelle est la hauteur de cet arbre ?

Voici deux moyens simples de mesurer la hauteur d’un arbre (voir dessin) :

1 Faire la « croix du bûcheron »

• Placez deux baguettes de même longueur à angle droit, l’une (A) sur le milieu de l’autre (B).

• Tenez-vous le plus possible à la même hauteur que le pied de l’arbre. La baguette A posée près de l’œil, s’éloigner ou se rapprocher de l’arbre pour qu’il s’inscrive dans le prolongement des extrémités de B.

• Mesurez la distance jusqu’à l’arbre, qui correspond approximativement à sa hauteur (triangles presque semblables).

2 « Coucher la hauteur de l’arbre »

• Bras tendu, faites coïncider la hauteur de l’arbre avec la longueur d’une baguette, puis couchez-la horizontalement. Une deuxième personne arpente cette « hauteur couchée » à partir du pied de l’arbre.


31 Quel est l’arbre le plus haut du monde ?

Le record actuel est détenu par un Sequoia sempervirens (séquoia toujours vert) qui dépasse 111 mètres dans le Redwood National Park en Californie. Ce séquoia n’a « que » 600 ans, pour une espèce qui en atteint 1000 à 2000. Un eucalyptus australien aurait atteint 130 mètres au siècle dernier (→ 27, 240).

L’arbre le plus haut observé en Suisse était un sapin blanc de 57 mètres dans l’Emmental (Dürisrüttitanne). Frappé par la foudre en 1974, il dut être abattu à l’âge de 377 ans.

L’arbre le plus haut de France est le sapin Président de la forêt de Russey, dans le Doubs, qui mesure 55 mètres.

32 Quel est le volume en bois de cet arbre ?

Pour une estimation rapide du volume du tronc, il suffit de mesurer le diamètre (à 1,3 mètre du sol), puis de l’élever au carré et de le diviser par 1000. Exemple pour 70 cm de diamètre : (70)2 : 1000 = 4,9 m3.

Le diamètre peut être mesuré avec un compas forestier. Il est facile d’en confectionner un avec un bout de ficelle et deux bâtons (dessin). On peut aussi, à l’aide d’une ficelle, mesurer la circonférence. Le diamètre exact est alors obtenu en divisant celle-ci par 3,14.

Si la circonférence de l’arbre fait 240 cm , le diamètre est donc d’environ 240 : 3 = 80 cm .


33 Combien pèse cette bille ?

Il faut multiplier son volume par sa densité. Son volume est donné par : S × L (Surface de la section au milieu de la bille × Longueur). On obtient la surface de la section par l’intermédiaire du diamètre (D) (voir ci-dessus) : S = 1/4 D2 × 3,14. La densité est indiquée sur le tableau ci-dessous. Notez que le bois vert pèse jusqu’au double du sec.



Densité du bois (kg / m3)bois vertbois sec
mélèze800590
pin850520
épicéa840470
sapin940450
charme1000830
hêtre1000720
chêne1000690
peuplier850450

Exemple : une bille de sapin blanc à l’état vert de 14 m de long et de 36 cm de diamètre au milieu pèse 1320 kg.

34 Combien pèse un arbre entier ?

Au poids du tronc, il faut encore ajouter celui des branches, des rameaux, des feuilles : vous pouvez ajouter de 20 à 40 %, d’après le volume de la couronne et la grosseur des branches, et en plus 10 à 15 % pour les racines !

L’Arbre en forêt Arbres cassés et déracinés, bois mort

Un spectacle nouveau habite nos forêts et alimente les discussions : de plus en plus de bois est abandonné tel quel. Le bois mort des arbres secs encore sur pied, les troncs cassés ou les branches jonchant le sol ont perdu toute valeur économique. Le chauffage au mazout et au gaz est confortable et (encore ?) très bon marché. On ne peut plus se permettre de ramasser les bois de petits diamètres, car ce travail n’est pas rentable.

En ce qui concerne la qualité de l’air et les économies d’énergie, cette évolution n’est pas nécessairement favorable : même utilisé pour le chauffage, ce bois serait bien plus écologique que le mazout. Par contre, pour ce qui touche à la conservation de la faune et de la flore, le bois mort offre un milieu de vie à de nombreuses espèces.

35 De quoi meurt un arbre, s’il n’est pas

récolté ?

Si l’arbre est entier et sec sur pied, les causes les plus fréquentes de mort ou d’affaiblissement sont la sécheresse, le gel, la foudre, les champignons et les insectes parasites, le feu, le compactage du sol et la pollution de proximité (fluor, dioxyde de soufre).

Si le tronc est cassé ou l’arbre renversé, on peut supposer les causes suivantes : ouragan, poids de la neige, poids du givre, pourriture des racines ou du tronc, chancre (→ 37 et suiv., 51, 63, 116, 127).


Affaiblissement et mort des arbres

Sauf les cas de « mort violente » causée notamment par la foudre, le feu ou une avalanche, un arbre s’affaiblit progressivement avant de dépérir. La baisse de vitalité peut être chronique (âge, arbre hors de son milieu, pollution) ou brusque (sécheresse, gel). Elle permet ensuite aux parasites végétaux ou animaux comme les champignons, les virus ou les insectes de s’installer et de provoquer la mort.

Le phénomène est semblable chez les humains : l’organisme une fois affaibli (âge, sous-alimentation), ce sont des causes « bénignes » comme la grippe ou une infection qui peuvent être fatales (→ 282).

36 Est-il vrai que les dégâts dus au vent sont plus importants dans les monocultures ?

Oui. Même si les forces de la nature comme le vent ou les avalanches n’épargnent aucune forêt, celles qui sont diversifiées et soignées en vue d’une meilleure stabilité résistent beaucoup mieux que les monocultures, de structure homogène. Les dégâts dus au vent sont particulièrement forts dans les monocultures de résineux insuffisamment éclaircies : elles s’écroulent parfois comme des châteaux de cartes (→ 272, 275).


37 Peut-on savoir si une surface ouverte en forêt est due à une coupe ou à un ouragan ?

Un ouragan casse les troncs ou déracine les arbres. Sur une surface dévastée par le vent, les monticules formés par les souches renversées restent visibles bien longtemps après l’évacuation des bois. De plus, on peut observer ce genre de dégâts dans toute la région (→ 266, 287).


38 Comment sait-on que c’est la foudre qui a fait sécher un arbre ?

En général, la foudre frappe le haut d’un grand arbre et court le long du tronc jusqu’à la terre. Une bande d’écorce est décollée sur son passage, des morceaux sont dispersés tout à la ronde. Parfois, le tronc est fendu, voire éclaté, ou porte des traces de brûlures. L’arbre sèche souvent au cours de l’année (→ 51, devinette B).

39 Sur quels arbres la foudre tombe-t-elle le plus souvent ?

Elle préfère les arbres les plus hauts, les plus pointus et les plus humides. Ainsi, un vieux et grand conifère court plus de risques d’être foudroyé qu’un voisin feuillu plus petit. Avis aux promeneurs : en cas de fort vent ou lorsqu’il neige, le risque de chutes de branches est bien réel. En cas d’orage, ne pas s’arrêter sous des arbres isolés.


40 La neige peut-elle casser les arbres ?

Cela arrive surtout aux résineux qui gardent leurs aiguilles en hiver. Pour les feuillus, la neige la plus dangereuse est celle du printemps, mouillée et lourde, lorsque les feuilles réapparaissent déjà. La neige est aussi dangereuse à la fin de l’automne pour les arbres qui n’ont pas encore abandonné les feuilles de l’année. Les forestiers doivent parfois se rendre d’urgence en forêt pour secouer les jeunes chênes au stade du perchis qui plient dangereusement.


41 Qui a coupé ces troncs le long de la rivière ?

Des troncs abattus le long d’un cours d’eau peuvent trahir la présence de castors : écorce rongée, traces de dents sur le bois, tronc rongé en pointe. Ces animaux se signalent aussi par les nombreuses petites branches taillées de quelques coups de dents et soigneusement écorcées (→ 65).


42 Tous ces troncs et branches qui pourrissent par terre ne sont-ils pas néfastes à la forêt ?

La nature a prévu de recycler tous les organismes qui meurent. En forêt, cela signifie que bois, écorces, feuilles, animaux, etc. se transforment en humus (→ 191, 208 et suiv.). Il est certainement dommage de gaspiller le bois, matière noble et écologique, mais cela n’entraîne des problèmes sanitaires (pullulation de bostryches par exemple) que dans des cas particuliers. Il faut alors brûler les branches et les écorces où se reproduisent les parasites (→ 53, 54).

Pétrole bon marché, bois abandonné

Le bois abandonné en forêt reflète à coup sûr le désintérêt de notre époque pour le bois-énergie. Les huiles minérales, le charbon et le gaz livrent une énergie bon marché et n’exigent aucun travail des bénéficiaires. Les énormes quantités consommées polluent l’atmosphère et peuvent poser problème à la forêt. Dans ce sens, le « bois qui traîne » est symptomatique de certains déséquilibres dans notre consommation d’énergie (→ 205, 249, 254).


43 Pourquoi cette souche ne « saigne »-t-elle qu’au bord ?

La partie externe du tronc contient les tissus conducteurs de la sève brute (→ 9). Les racines, avant de mourir, pompent encore un peu d’eau dans le sol, ce qui marque alors la zone d’aubier. Un écoulement de résine peut aussi s’ajouter à la sève et former un bourrelet dur ou collant.


44 Pourquoi la souche pourrit-elle d’abord au centre ?

Le centre est la partie la plus vieille. Le bois s’y fissure finement, ce qui permet à l’humidité et à la pourriture de s’installer, malgré les substances de protection comme les tanins. Par ailleurs, le bas du tronc commence souvent de pourrir avant l’abattage, surtout quand les racines ou le tronc ont été blessés (→ 127).


Les branches plus denses que le tronc

On rencontre parfois des troncs déjà vidés par la pourriture, alors que les branches sont encore présentes à l’intérieur. C’est que le bois de ces dernières est plus dense, donc plus résistant que le bois du tronc.

45 Cette souche est toute rouge (ou toute blanche) !

Cette pourriture est l’œuvre de champignons qui consomment le bois. Celui-ci ressemble, chimiquement parlant, à du béton armé. Les « armatures » sont en cellulose, de couleur blanche, et le « ciment » est composé de lignine, de couleur rouge-brun. Si les champignons consomment la cellulose, le tronc devient rouge car il reste la lignine. S’ils se nourrissent de lignine, le tronc devient blanc, car il reste la cellulose. Découvrez l’odeur de champignon sur le bois en décomposition (→ 127, 273).

46 Qu’est-ce que ces dessins sur le bois ?

En creusant leurs galeries dans l’écorce, certains parasites entament aussi le bois. D’autres s’enfoncent directement vers l’intérieur du tronc (→ 53, 54).


L’Arbre en forêt Ecorce

L’écorce, c’est la peau de l’arbre, à la fois carapace protectrice et système de distribution. Elle protège les tissus internes de la plante contre les agressions de toutes sortes : blessures, dessèchement, attaques de champignons, d’insectes ou d’autres parasites qui se reproduisent à l’intérieur de l’arbre. L’écorce contient et protège aussi le système de transport de la sève élaborée en provenance des feuilles. Ce jus nourricier coule à travers le liber, une mince couche de cellules adossée au bois, et nourrit toutes les parties de l’arbre : branches, fleurs, fruits, tronc, racines.

Chaque espèce d’arbre porte une écorce différente, qui change d’aspect avec les années. Relativement lisse au début, elle se fissure, se craquelle ou se détache en plaque avec le vieillissement de l’arbre. Les bons observateurs peuvent reconnaître les arbres à leur écorce.

47 Comment l’écorce se forme-t-elle ?

Les cellules reproductrices du cambium, tissu situé entre le bois et l’écorce, forment des cernes annuels de bois vers l’intérieur de l’arbre et des cernes de jeune écorce, le liber, vers l’extérieur. Pendant un à deux ans, ce dernier conduira la sève élaborée dans toutes les parties vivantes de l’arbre. Puis, poussé par les nouvelles couches de liber, la jeune écorce s’éloigne chaque année un peu plus du cambium, se durcit, se dessèche, se fissure et devient écorce externe. Une fois exposée aux intempéries, elle commence de s’effriter (→ 7, devinette D).


48 Comment peut-on connaître l’âge d’une écorce ?

Il suffit de compter les cernes sur un fragment d’écorce coupé nettement avec un couteau Comme pour les cernes annuels, on commence à la limite du bois, un premier cerne encore humide, un deuxième, etc. Même une écorce fine (érable, hêtre) atteint facilement plus de vingt ans. On compte des dizaines d’années sur l’écorce épaisse du mélèze (→ 7).


49 Pourquoi y a-t-il des écorces lisses, craquelées, fendillées, en plaques … ?

Cela fait partie des secrets de l’évolution. Au cours du temps, chaque espèce s’adapte à sa façon aux facteurs de l’environnement, sur la base de ses dispositions génétiques (→ 67).

Croissance et vieillissement de l’écorce

L’arbre fabrique un nouveau « cerne » d’écorce chaque année. L’ancienne écorce est donc continuellement poussée vers l’extérieur. Comme le pourtour de l’arbre s’agrandit et que rien ne la protège à l’extérieur, l’écorce se dessèche, se fendille, se craquelle et finit pas tomber. Elle est ainsi remplacée au fur et à mesure par de nouvelles couches.

Aspect extérieur de l’écorce âgée :


écorce lissehêtre, charme
détachement en plaquesérable, platane
détachement en écaillesépicéa, sapin
crevasses fines et longuestilleul, frêne
crevasses profondes et longuesmélèze, chêne


50 Qu’est-ce que ces « dessins » sur le tronc ?

Il s’agit le plus souvent de l’emplacement d’anciennes branches. En s’épaississant, le tronc « ingurgite » les restes de branches. Pendant quelques années, il reste une cicatrice sur l’écorce, puis les signes extérieurs disparaissent complètement. Seule reste la trace à l’intérieur du bois (→ 15).


51 D’où vient cette cicatrice qui descend le long du tronc ?

Lorsque la foudre s’abat sur un arbre, elle peut faire éclater le tronc ou se contenter de fissurer l’écorce et le bois, plus ou moins profondément. Il en résulte une longue cicatrice. Il peut aussi s’agir d’une gélivure, moins longue, conséquence de l’éclatement du tronc par très grand froid. Ce phénomène est accompagné d’une véritable détonation (→ 38).


52 Et celui-là, pourquoi pousse-t-il en spirale ?

On parle de la « fibre torse » lorsque les fibres du bois poussent fortement en spirale. Chacun peut observer ce phénomène, très prononcé sur le marronnier et le poirier. Chez les arbres forestiers, cette tendance est aussi présente, quoique moins nette. Les planches en bois à fibres torses se tordent en séchant. Les causes de cette croissance en spirale sont mal connues.


53 Qui a fait tous ces petits trous dans ces écorces ?

Ils sont souvent causés par des bostryches ou des espèces apparentées lorsqu’ils quittent l’écorce. Le pin et l’épicéa semblent intéresser spécialement ces coléoptères, puisque 49 espèces différentes de bostryches recherchent le premier et 37 le second. Il faut être spécialiste pour ne pas se perdre dans cette diversité impressionnante (→ 61).


54 Quel insecte a creusé ces « labyrinthes » sous l’écorce ?

Nous entrons là dans l’intimité de la famille bostryche, un insecte qui pose bien des problèmes dans les forêts résineuses. Les couloirs centraux sont l’œuvre des adultes. C’est là que mère bostryche dépose ses œufs. Il en sort de petites larves très voraces qui creusent les galeries latérales en rongeant l’écorce. On voit à la largeur croissante des galeries que les larves grossissent. Arrivées à leur taille définitive, les larves se transforment en insectes adultes, traversent l’écorce (petit trou) et s’envolent vers un nouvel arbre à parasiter (→ devinette B).


55 Pourquoi l’écorce se détache-t-elle si facilement de ces vieux troncs ?

La zone de contact entre le bois et l’écorce de l’arbre vivant est imbibée de sève. Les champignons envahissent les premiers ces tissus riches en sucres. Puis, toute une microfaune s’adapte à ce milieu humide, sombre et protégé (→ 9, 169).

56 Et cette cavité dans le tronc ?

Les pics creusent le bois tendre ou pourri pour y installer leur nid. Lorsqu’ils abandonnent l’arbre, cet espace inhabité est souvent « squatté » par des sittelles, mésanges, loirs, muscardins ou même par des écureuils (→ 163, 167).


57 Et ces trous alignés autour du tronc ?

C’est aussi le pic, en général le pic épeiche, grand amateur de sève brute au début du printemps. A cette époque, la sève qui monte vers la couronne à travers l’aubier est enrichie en sucres et protéines, car elle transporte les réserves qui ont été stockées durant l’hiver dans le tronc et les racines (→ 9). Lorsque le pic revient trouer année après année l’écorce et le bois à ces endroits, l’arbre blessé réagit en produisant des tissus cicatriciels qui enflent et forment les « anneaux de pics ». Ceux du pin sont bien connus.


58 Cette écorce est enroulée, pourquoi ?

Le dessèchement fait perdre du volume. Sur l’arbre vivant, l’extérieur de l’écorce était déjà sec, l’intérieur encore humide. En séchant, les tissus intérieurs de l’écorce se rétractent et les bords se rapprochent. On peut tester la réaction inverse : posez une écorce sur une casserole d’eau chaude !


59 Les blessures des arbres peuvent-elles guérir ?

Les arbres ne peuvent pas régénérer les tissus blessés comme le font les animaux et l’homme en les remplaçant progressivement. Ils ne peuvent que rejeter ou isoler les tissus nécrosés. Dans le bois blessé, il se forme des zones de séparation entre les parties saines et celles qui sont infestées par des champignons ou des bactéries parasites (→ 295).


L’écorce, peau sensible

Lorsqu’un tronc est blessé, l’écorce se referme lentement sur la blessure et finit par recouvrir la zone atteinte, si celle-ci n’est pas trop étendue. Souvent, la pourriture a le temps de s’installer. Elle peut alors s’étendre à l’intérieur de l’arbre, même si l’écorce recouvre la blessure avec les années. Lorsque l’écorce est enlevée tout autour du tronc, l’arbre est condamné (→ devinette B).


60 Que sont ces marques, ces chiffres en couleur sur le tronc ?

Des chiffres ou des marques en couleur sont apposés sur le tronc par le forestier pour identifier diverses parcelles de la forêt ou pour marquer des limites de propriétés.

Les arbres dont on a enlevé un bout d’écorce sont destinés à être abattus par les bûcherons lors de la saison d’abattage à venir → 279, 288) !


61 Pourquoi écorce-t-on les sapins après l’abattage ?

C’est une mesure de lutte biologique préventive contre l’attaque d’insectes qui recherchent l’écorce pour se reproduire. De plus, en se décomposant sur place, l’écorce enrichit le sol de la forêt en substances nutritives (→ 53, 214).

L’Arbre en forêt Branches

Si les troncs sont les piliers de la forêt, les branches en sont la charpente. Elles occupent un espace considérable et donnent à l’arbre sa silhouette particulière. Terminées par les pousses de l’année, elles portent les feuilles ou les aiguilles, capteurs solaires et « usines à sucres ». Les branches des arbres, se touchant les unes les autres, délimitent un espace protégé où se développe ce climat particulier qui caractérise la forêt : un milieu où il fait bon pénétrer, à l’abri du bruit, des poussières, loin de l’agitation ambiante ou de ses soucis quotidiens.

62 Cet arbre n’a aucune branche sur un côté !

Il avait probablement un voisin autrefois. En grandissant si proches les unes des autres, les branches situées entre les deux arbres ont manqué de lumière et ont séché. Par contre, sur le côté opposé, les branches se sont fortement développées (→ 93, 264).


63 Pourquoi toutes ces branches sèches dans la couronne ?

Sur un résineux, de nombreuses branches sèches peuvent trahir l’œuvre d’un insecte ou d’un champignon parasite. Chez les feuillus, c’est un symptôme typique de la graphiose de l’orme et du chancre du châtaignier, deux dangereuses maladies transmises par des champignons (→ 127).


Chancre du châtaignier

Les châtaigniers l’ont échappé belle ! Attaqués par des champignons vivant sous l’écorce, ils séchaient par milliers au début des années 1960. Heureusement, ces parasites ont été affaiblis par des virus et les châtaigniers ne disparaîtront pas, comme on a pu le craindre au début de l’épidémie. Les châtaigneraies sont cependant menacées pour d’autres raisons

(→ 275).


Graphiose de l’orme

Depuis les années 1920, et surtout ces dernières dizaines d’années, les ormes adultes sèchent en grand nombre. Le responsable direct est un champignon dont les filaments bouchent les canaux conducteurs de l’eau dans le bois ; le responsable indirect est un petit insecte (scolyte de l’orme) qui transporte avec lui des spores du champignon. Autrefois, ce dernier n’était pas dangereux, mais des souches agressives sont apparues. Il faut espérer que des arbres résistants vont apparaître et se multiplier. Des programmes de conservation de graines ont été lancés afin de préserver la diversité génétique des ormes.


64 Pourquoi cette branche est-elle creuse ?

C’est une branche de sureau. La moelle qui occupait le centre a disparu rapidement lorsque la branche a séché. Vous trouverez peut-être l’arbuste à proximité. Si sa moelle est blanche, il s’agit du sureau noir. Si la moelle est rousse, c’est le sureau rouge (→ clé d’identification).


65 Qui a rongé ces branches ?

Voit-on les marques de dents ? Si les traces de dents sont fines, il s’agit de petits rongeurs, tels que les mulots et les campagnols. Plus larges, elles sont l’œuvre de l’écureuil, du lièvre, du chevreuil. Au bord d’un cours d’eau, il peut s’agir du castor (→ 41, 86).


66 Et là-haut sur cette branche, c’est un nid ?

Attention, c’est un balai de sorcière. On raconte que les sorcières les enfourchaient pour leurs danses nocturnes … Il s’agit en fait d’une prolifération de rameaux, réaction de la branche à l’infection de champignons ou provoquée parfois par une mutation dans les bourgeons (→ 75).


Les arbres préférés des sorcières

Les sapins blancs, les bouleaux, les pins et les merisiers (cerisiers sauvages) portent souvent des balais de sorcières. L’aulne noir, le charme et l’épicéa en ont parfois, le hêtre, l’érable ou le mélèze rarement. Le champignon qui cause l’apparition des balais de sorcières sur les branches du sapin blanc provoque aussi un grave défaut de croissance sur la tige (→ 20).

67 Pourquoi certaines plantes ont-elles des épines ?

La véritable origine de cet équipement… fait partie des mystères de l’évolution des êtres vivants. Au fil des générations, de nouvelles dispositions génétiques apparaissent : certaines subsistent parce qu’elles apportent des avantages à la plante. D’autres changements génétiques disparaissent parce qu’ils sont inutiles ou parce que les individus porteurs ne survivent pas.


Epines et aiguillons

Les églantiers, les framboisiers et les ronces portent des aiguillons, sans bois. Les prunelliers, les aubépines ou les nerpruns portent des épines droites et pointues, reliées au bois des rameaux. Cet équipement provient de la transformation de feuilles ou de rameaux au cours de l’évolution.

68 Pourquoi n’avons-nous pas d’arbres épineux comme dans les savanes ?

Quel que soit le continent où ils poussent, les arbres s’adaptent aux conditions locales. Dans les savanes, les arbres à épines ont plus de chances de survivre à l’appétit des grands herbivores comme les antilopes. L’apparition d’épines est aussi une adaptation à la sécheresse qui vise à freiner la transpiration.


Un «acacia» européen

Il existe en Europe un « acacia » épineux maintenant très répandu : le robinier faux-acacia. Il est originaire d’Amérique du Nord et le premier exemplaire introduit en Europe a été semé en France par un certain Robin, jardinier du Roi, en 1601. Cet arbre vit toujours au Jardin des Plantes à Paris, où il a été transplanté en 1632. Apprécié comme arbre d’ornement et planté sur les terrains incultes (remblais, talus…), le robinier se répand maintenant de façon autonome un peu partout. Il est fréquent le long des routes et des voies de chemin de fer.

69 Quelle forme bizarre sur cette branche !

C’est une galle, réaction de la plante à l’action d’un parasite, souvent des insectes ou des araignées, mais aussi des virus ou des champignons. La tige, la branche, la feuille ou le bourgeon agressés fabriquent un tissu qui va abriter et nourrir le parasite ou sa descendance. La larve y est à l’abri et se nourrit de la sève et des tissus des parois (→ 108, 109).


Maisons végétales individuelles

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