Kitabı oku: «Essai théorique et pratique sur les batailles»

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Philippe-Henri de Grimoard

Essai théorique et pratique sur les batailles


Publié par Good Press, 2022

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EAN 4064066303723

Table des matières

PRÉFACE.

PREMIÈRE PARTIE. Principes généraux des Batailles.

CHAPITRE PREMIER. Des Batailles en général.

CHAPITRE SECOND. Raisons pour combattre.

CHAPITRE TROISIÈME. Raisons pour éviter la bataille.

CHAPITRE QUATRIÈME, Moyens d’obliger l’ennemi à combattre.

CHAPITRE CINQUIÈME. Précautions à prendre avant la bataille.

SECONDE PARTIE. Des Dispositions.

CHAPITRE PREMIER. Des Dispositions en général.

CHAPITRE SECOND. Principes à suivre dans les dispositions.

CHAPITRE TROISIÈME. Des dispositions proposées par Vègèce .

CHAPITRE QUATRIÈME. De l’Ordre direct ou parallèle.

CHAPITRE CINQUIÈME. De l’Ordre oblique.

CHAPITRE SIXIÈME. Des actions dans les pays de montagnes .

TROISIÈME PARTIE De l’Action.

PRÉFACE.

Table des matières

DE TOUTES les opérations de la guerre, les Batailles sont celles qui peuvent avoir les suites les plus heureuses ou les plus funestes. La recherche des principes propres à en assurer le succès est donc de la dernière importance. Il n’y a cependant pour l’ordinaire dans les ouvrages sur la sience militaire qu’un petit nombre de pages consacrées à traiter des Batailles; de forte que tout officier qui desire s’instruire à fond sur cette matière, manque de moyens quant aux livres. J’ai pensé qu’un ouvrage où on trouverait les principes des Batailles développés avec l’étendue nécessaire, serait utile; c’est ce qui m’a engagé à composer celui ci.

J’avais commencé par vouloir rassembler les maximes (sur les Batailles) répandues dans les meilleurs auteurs; mais n’y ayant guère trouvé que des préceptes très généraux& même en petit nombre, il m’a fallu changer de méthode. J’ai imaginé que la meilleure de toute était de méditer attentivement plusieurs Batailles livrées par les plus habiles généraux &de réduire en principes les motifs de leur conduite. Ce travail a été la bâse de la théorie donnée dans cet Essai.

Comme on doit toujours soumettre la pratique des opérations militaires aux régies de la théorie&que le succès des armes dépend d’un rapport exact entre ces deux parties, on a fait en sorte d’établir les principes des Batailles sur des exemples frappants. Les anciens &les modernes ont été mis à contribution. On a cru devoir puiser chez les anciens, parce qu’on y trouve des ressources infinies,&quoique l’invention des armes à feu ait fait changer la constitution&les manœuvres particulières des troupes, les principes généraux de la Tactique sont toujours les mêmes. Aux dispositions qui ont été faites pour les Batailles, j’en ai joint d’hypothétiques; elles répandent beaucoup de clarté sur les préceptes qu’on donne en ce qu’elles s’y rapportent parfaitement. Quoique le hazard ne faste peut être jamais rencontrer les diverses circonstances suposées, il est des cas où elles se trouvent à peu près semblables; d’ailleurs, il est toujours avantageux de faire voir les mêmes choses sous des aspects différents. Les dispositions idéales donnent aux militaires cet esprit de combinaison si utile à la guerre, avec la facilité d’appliquer promptement les principes aux circonstances. Cette aptitude ne peut s’acquérir que par un travail long&assidu. Il n’est cependant pas rare d’entendre même d’anciens officiers (imbus de faux préjugés &remplis d’aversion pour les livres), assûrer que la feule pratique de la guerre suffit pour apprendre cette sience; ce qui est une erreur grossière&dangereuse qu’il importe de démasquer. Un grand Prince admiré de toute l’Europe dit, que l’expérience qu’il a acquise dans la guerre, lui a appris qu’on ne peut approfondir cet art qu’en l’étudiant avec application.

Cet Essai est divisé en trois parties.

La première renferme les principes généraux des Batailles&sert d’introduction aux deux autres.

La seconde partie qui doit être considérée comme le corps de l’ouvrage, traite des dispositions. Je les ai réduites à deux génériques ou principales: savoir l’Ordre direct ou parallèle &l’Oblique. On trouve ensuite les principes de leur formation&ceux d’après lesquels on peut les varier selon les circonstances. Pour faciliter l’intelligence de cette seconde partie, on y a joint un grand nombre de plans. Dans les ouvrages de la nature de celui ci il est également nécessaire de parler à l’esprit&aux yeux.

La troisième partie traite de l’action.

Je desire que cet Ouvrage soit utile aux Militaires. J’y expose par tout avec liberté mon sentiment; mais j’entends si peu qu’il fasse autorité que j’y joins toujours mes raisons afin qu’on me juge. Quand même mes idées seraient mauvaises, elles peuvent en faire naître de bonnes&alors je n’aurai pas perdu mon temps. Ma qualité d’homme me défendant de prétendre à l’infaillibilité je verrai sans peine porter une sentence même mortelle contre cet Essai, si elle est prononcée avec le même esprit qui m’a engagé à l’écrire. Mon unique but est de contribuer en quelque chose aux progrès d’une sience que je cultive par état&par goût.

PREMIÈRE PARTIE. Principes généraux des Batailles.

Table des matières

CHAPITRE PREMIER. Des Batailles en général.

Table des matières

ON APPELLE Bataille l’action dans laquelle une armée charge en totalité ou en partie celle qui lui est opposée.

Les batailles sont les actions les plus éclatantes de la guerre: elles donnent&ôtent les couronnes, dit Montécuculli, décident entre les souverains sans appel, finissent la guerre,&immortalisent le vainqueur. On va attaquer l’ennemi, on l’attend, ou bien on le rencontre en marche,&on le combat. Lorsqu’une des deux armées est postée, elle reçoit forcément la bataille; ce qu’on regarde avec raison comme un grand désavantage; car quelques fermes &aguéries que soient des troupes, elles sont presque toujours intimidées à l’aspect de celles qui viennent les attaquer; c’est tout le contraire si on les mène à la charge: elles n’ont pas le temps de réfléchir au danger. On ne doit donc jamais attendre l’ennemi dans un poste, à moins qu’il ne soit très avantageux&important à conserver. On évite encore soigneusement de se laisser réduire à combattre lorsqu’il plaît à l’ennemi,&on fait son possible pour l’obliger à recevoir la bataille dans une position défavorable. Il est des occasions où un général n’a pas le choix de chercher ou d’éviter un engagement.

Il saut épuiser tous les autres moyens de vaincre avant d’en venir à une action. Les habiles généraux cherchent moins à livrer des combats où les deux partis risquent également, qu’à ruiner l’ennemi par d’autres voies. Cependant quelque meurtrière que soit une bataille, elle l’est beaucoup moins qu’une longue guerre qui épuise peu à peu les trésors&la population d’un état.

Les batailles préméditées sont celles qui peuvent devenir les plus avantageuses; il y en a qui peuvent aussi l’être beaucoup quoiqu’imprévues; c’est lorsqu’une manœuvre inconsidérée ou une marche faite avec négligence expose évidemment l’ennemi à être défait.

Les actions qui s’engagent pour un poste que les deux armées veulent occuper, qui commencent par une escarmouche,&deviennent générales par les secours que l’on envoie aux combattants, sont les plus dangereuses, parce qu’il n’est guère possible alors de former un plan d’attaque ou de défense exactement relatif aux circonstances.

Dans ces sortes d’occasions comme dans toutes les autres, un général fécond en expédients, ne désespère jamais du succès d’une bataille pour quelques avantages remportés d’abord par l’ennemi; mais c’est alors qu’il importe d’opposer au mal un remède efficace&prompt.

L’évènement des batailles est décisif ou peu important; leurs suites dépendent des circonstances&du temps où on les livre. Celles qui se donnent au commencement d’une campagne, sont les plus dangereuses, parce qu’elles influent presque toujours sur les opérations du reste de l’année,& souvent de toute la guerre. Celles qui se livrent dans l’arrière saison, sont pour l’ordinaire de moindre conséquence, vû l’impossibilité où est l’ennemi de profiter longtemps de la supériorité qu’il a acquis par fa victoire.

Une bataille gagnée est un bien peu solide, si elle ne contrarie le projet de campagne du général que son a en tête; les principaux avantages qu’elle peut procurer sont:

1. La diminution des forces de l’ennemi.

2. Le découragement de ses troupes.

3. Ses pertes en chevaux, en artillerie&en munitions de toute espèce.

4. De répandre la terreur dans ses états.

5. De produire la défection de ses alliés.

6. D’inspirer de la confiance aux troupes.

7. D’être le maître de la campagne,&d’avoir la facilité d’assiéger une place dont la prise entraîne la perte d’une province ou d’une grande étendue de pays.

8. De lever des contributions dans le pays de l’ennemi,&d’y faire subsister l’armée.

9. De faire de grands progrès avant qu’il ait pû mettre sur pied de nouveaux soldats, former des magasins, effacer de l’esprit de ses troupes le souvenir des défaites précédentes,&y faire succéder le courage&la confiance.

Un général peut retirer les plus grands avantages de sa victoire, quand il a derrière lui un pays riche &abondant,&qui lui assure une communication libre avec les états de son souverain. S’il a été vaincu, il ne doit pas pour cela désespérer de vaincre;&pour y parvenir, il faut rendre la confiance aux troupes: on en vient à bout en ne formant aucune entreprise sans être assûré de réussir,

CHAPITRE SECOND.
Raisons pour combattre.

Table des matières

LES batailles pouvant décider du fort de la patrie, du prince&des citoyens, il ne faut pas les livrer sans examiner s’il y a une certitude morale de vaincre. Les raisons qui peuvent engager à combattre sont:

1. Quand il est possible de gagner plus qu’on ne peut perdre.

2. La supériorité en nombre&en qualité de troupes.

3. Pour entrer dans le pays de l’ennemi ou l’empêcher de pénétrer dans le vôtre.

4. La désunion entre ses généraux ou leur incapacité.

5. Leur peu de précaution dans les marches ou le choix des camps.

6. Lorsqu’il est affaibli par la division de ses forces.

7. La prochaine arrivée d’un renfort dont la jonction vous le rendrait superieur.

8. L’importance d’un poste dont il le faut chasser.

9. Lorsqu’il est encore fatigué d’une marche longue&pénible,&avant que ses malades soient rétablis,&les chevaux estropiés en état de servir,

10. S’il n’a pas encore eu le temps de reconnaître le terrein où il est posté,&de remédier aux obstacles qui gênent ou empêchent la communication des différents corps de son armée.

11. Pour profiter d’une de ses fautes.

12. Le secours d’une place de conséquence.

13. Pour intimider par une victoire les ennemis secrets,&les empêcher de se déclarer.

14. Si une partie de votre armée est composée de troupes d’une puissance qui doit vous abandonner bientôt.

15. Pour donner une nouvelle face aux affaires; comme par exemple, changer une guerre défensive en offensive.

16. Pour obliger un ennemi opiniâtre à faire la paix,&terminer la guerre qui ne finirait jamais sans les batailles.

17. Si l’on craint que la disette des vivres, des fourages ou de l’argent ne fasse débander les troupes.

18. Enfin lorsque pressé par la famine ou les maladies, ou qu’enveloppé de toute part, il faut vaincre ou subir la loi de l’ennemi.

CHAPITRE TROISIÈME.
Raisons pour éviter la bataille.

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On évite une bataille:

1. Quand on risque beaucoup plus par une défaite que l’on ne peut gagner par une victoire.

2. Lorsqu’on commande des troupes inférieures en nombre&en qualité.

3. Si l’on est affaibli par des détachements.

4. Quand on attend la jonction d’un renfort,

5. Si l’ennemi occupe un poste si avantageux qu’on ne puisse l’attaquer sans témérité,

6. S’il vous est plus difficile qu’à lui de rétablir votre armée après une défaite.

7. Si l’on est assuré de la prochaine défection d’un de ses alliés.

8. si l’armée est fatiguée d’une longue marche ou d’un autre travail.

9. Si une défaite vous obligeait à une longue retraite,&que l’ennemi n’eût que peu de chemin à faire pour se mettre en sûreté.

10. Enfin quand il se ruine lui même, ou qu’il y a lieu d’espérer qu’en temporisant son armée se ruinera, ou que votre constance le lassera.

CHAPITRE QUATRIÈME,
Moyens d’obliger l’ennemi à combattre.

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Si l’ennemi refusait de combattre, il y a un grand nombre de moyens pour l’y contraindre; mais comme ils dépendent tous de circonstances qu’il est impossible de prévoir, je ne rapporterai ici que les plus généraux. C’est:

I. De ravager le pays de l’ennemi.

2. De simuler le siège d’une place qui renferme ses magasins, ou qui lui est nécessaire pour assurer ses convois, ou couvrir une grande étendue de pays,&le faire réellement s’il persiste dans sa résolution.

3. De tomber sur ses quartiers, ou l’attaquer durant une marche, s’il néglige de prendre les sûretés&les précautions nécessaires en pareil cas.

4. De feindre soi même de ne vouloir pas combattre,&occuper en conséquence des positions avantageuses. Cette conduite propre à lui inspirer de la confiance, rengagera peut être à quitter son poste.

5. De le resserrer dans ses fourages&ses quartiers.

6. Enfin, vous obligerés encore l’ennemi à combattre, dit le roi de Prusse, quand vous viendrés pur une marche forcée vous mettre sur ses derrières, &lui couper ses communications.

CHAPITRE CINQUIÈME.
Précautions à prendre avant la bataille.

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QUAND on prévoit le temps,&à peu près les lieux où l’on combattera, il faut:

1. Prendre les précautions nécessaires pour assurer la retraite de farinée si elle est vaincue.

2. Établir un dépôt de vivres sur la route par laquelle elle doit se retirer.

3. Remplir les magasins,&les mettre à couvert de toute entreprise.

4. Munir les places de manière qu’elles puissent faire assés de résistance si l’on est vaincu, pour donner le temps de rétablir l’armée,&de venir s’opposer aux progrès de l’ennemi.

5. Avoir soin que l’hôpital de l’armée,&ceux des places voisines, soient abondamment pourvus des choses nécessaires au pansement&au soulagement des blessés.

6. Renvoyer les équipages sur les derrières.

7. Faire conduire à l’armée les munitions de guerre&de bouche nécessaires pour le jour de l’action&ses suites.

8. Rassembler ses forces, afin d’être supérieur à l’ennemi, ou d’avoir plus de troupes à lui opposer.

9. Reconnaître avec soin, non seulement le champ de bataille qu’on a choisi, mais encore le pays des environs.

10. Ne pas faire combattre les troupes à jeun s’il est possible.

11. Que le général se représente les avantages qu’il se procurera s’il est vainqueur, les ressources qui lui resteront s’il est vaincu,&les changements qu’il fera à ses projets dans ces deux cas.

12. Qu’il mette en sûreté les lettres de son souverain&de ses ministres, ses instructions, ses ordres, la clé des chiffres&des caractères secrets, les lettres des personnes avec lesquelles il a des correspondances, soit dans l’armée, soit dans le pays de l’ennemi,&tous les autres papiers de conséquence.

13. Qu’il combine ses opérations de manière que si l’ennemi est vaincu, la bataille soit décisive pour lui;&que s’il est vainqueur, ses avantages se bornent uniquement au gain du champ de bataille.

14. Qu’il soit instruit au juste des forces&de la disposition de l’ennemi.

15. Qu’il ne négligé pas de gagner la confiance de l’année.

16. Enfin, qu’aux approches de la bataille, il ne laisse paraître ni tristesse ni inquiétude; il doit, au contraire, se garder avec soin de découvrir les diverses craintes dont il peut être agité: les troupes ne devant voir dans leur chef que fermeté& résolution.

SECONDE PARTIE. Des Dispositions.

Table des matières

CHAPITRE PREMIER.
Des Dispositions en général.

Table des matières

ON APPELLE Ordre de bataille, Dispositif ou Disposition d’armée, la manière dont on range les troupes pour combattre,

Soit qu’on donne ou qu’on reçoive la bataille, la victoire dépend du terrein&de la bonté du dispositif; il est donc indispensable de savoir profiter des différentes situations que la nature offre; car quelque favorable que soit le champ de bataille, &quelque grand que puisse être le nombre&le courage des troupes qui composent une armée, ces avantages deviennent inutiles, si celui qui la commande, ignore les moyens de les employer.

Il faut autant qu’il est possible, combattre sur un champ de bataille relatif à l’espèce&au nombre de vos troupes. Si vous êtes supérieur en nombre, choisissés un terrein assés vaste pour y déployer toutes vos forces. Si vous êtes inférieur à l’ennemi, cherchés au contraire un champ de bataille étroit, où il lui soit impossible de vous attaquer avec un front plus étendu que le vôtre, ou ce qui est la même chose qu’il ne puisse vous déborder. Passons à ce qui se pratique le plus fréquemment dans les dispositions.

PLANCHE I.

On range ordinairement une armée sur deux lignes1, 2, l’infanterie3au centre,&la cavalerie4 sur les aîles. On laisse entre les bataillons de la première ligne des intervalles plus ou moins grands, selon qu’on le juge à propos. Le roi de Prusse ne veut point d’intervalles entre les escadrons de la première ligne; c’est, dit-il, multiplier les flancs sans se procurer aucun avantage. Il convient cependant qu’en certaines occasions, l’on peut sans inconvénient laisser entre les flancs des escadrons, des distances de six à sept pas. Dans un pays coupé&difficile, il est d’usage de laisser un intervalle de douze ou quinze pas entre les escadrons.

Afin que les troupes de la seconde ligne puissent se mouvoir librement sans troubler la première, on l’en éloigne de120ou140toises au plus. Cette distance me paraît suffisante, parce que si la première ligne en est aux mains avec l’ennemi, la seconde est hors de la portée du fusil; d’ailleurs cet espace n’est pas assés considérable pour qu’elle ne puisse soutenir aisés tôt la première si elle en a besoin. Il est des cas où la nature du terrein, ou d’autres circonstances obligent à raprocher les lignes.

On observe aisés constamment dans les dispositions, que la première ligne soit la plus nombreuse en troupes; parce quelle a de plus grands efforts à faire&à soutenir que la seconde, dont le but est uniquement de renforcer ou remplacer par parties, les troupes de la première maltraitées par l’ennemi.

On couvre quelquefois les flancs de l’infanterìe par des bataillons5placés en potence. Cette coutume est excellente, en ce que, si la cavalerie est défaite, l’infanterie n’a rien à craindre, ayant ses flancs bien assurés. On ne doit jamais employer de l’infanterie pour couvrir les flancs de la cavalerie; parce que si celle-ci est poussée, l’infanterie devient la proie de l’ennemi. II ne faut sur les flancs de la cavalerie, que des dragons ou d’autres troupes légères. L’artillerie du parc6se répand ordinairement sur le front de la première ligne,&les pièces de campagne7se placent entre les bataillons.

Une armée en bataille est toujours soutenue par une ou plusieurs Réserves, qui sont des corps d’infanterie, de cavalerie ou de dragons, qu’on place le plus souvent en arrière de la seconde ligne. Elles ont deux objets: le premier est d’aller renforcer les parties que l’ennemi presse vivement,&d’empêcher la disposition générale de se rompre,&le second, de favoriser la retraite; c’est pour cela qu’il ne faut les employer pendant faction que le moins possible,&lorsqu’on ne peut s’en dispenser, ce doit être seulement pour faire un dernier effort. Sans les réserves, on serait obligé durant l’action, de tirer des troupes du corps de bataille, pour remplir le même objet,&l’ennemi pourrait alors tomber avec des forces supérieures sur les endroits dégarnis& y pénétrer; c’est pour cette raison qu’il vaut mieux étendre moins le front d’une armée pour lui ménager des réserves: le peu de profondeur de l’ordonnance moderne les rend indispensables: elles doivent être disposées de manière qu’on puisse les mener promptement au secours des parties menacées. Il faut alors observer, pour ne pas prendre le change, de ne les mettre en marche que quand l’ennemi aura entièrement décidé son point d’attaque. Si l’ordre de bataille occupe un grand front, il est d’usage de former trois réserves. La première8composée d’infanterie se place derrière le centre,&les deux autres9, 10de cavalerie ou de dragons derrière les aîles. Si au contraire la disposition est peu étendue, on se contente de poster une seule réserve pour soutenir le centre. On doit autant qu’il est possible, placer les réserves hors de la portée du canon,&les couvrir même par un village, un bois, une colline, ou bien les disposer vis-à-vis les intervalles de la seconde ligne s’il y en a. Ces différentes dispositions les empêchent de gêner les troupes dans leurs mouvements, d’être heurtées,& même entraînées par celles que l’ennemi peut contraindre à reculer,&les maintient fraîches& entières jusqu’au moment où on les veut faire agir; ce qui est un grand avantage; car, dit Montécuculli, celui qui conserve jusqu’au bout le plus de troupes entières, doit remporter la victoire.

Si les réserves des ailes ne sont destinées à tourner l’ennemi, ou à remplacer la seconde ligne si on remploie à quelque manœuvre, ou à augmenter le front de la première, je les crois peu utiles ; car si les deux lignes sont maltraitées, les réserves sont insuffisantes pour faire changer la face du combat, &elles les entraîneront si elles sont mises en fuite. Il est donc préférable de procurer des points d’appuis à la cavalerie pour se ralier; comme par exemple, des maisons ou des redoutes qu’on garnit d’infanterie. Ces postes rassurent la seconde ligne qui s’en voit couverte. Si la première est poussée, elle vient se ralier derrière,&l’infanterie qui les défend, empêche par son feu l’ennemi de la poursuivre. Les réserves doivent toujours être commandées par des officiers d’une fermeté à toute épreuve,& capables de prendre d’eux mêmes&d’exécuter uns résolution habile&vigoureuse.


CHAPITRE SECOND.
Principes à suivre dans les dispositions.

Table des matières

IL est impossible que dans une bataille les deux armées soient disposées avec un avantage parfaitement égal. Celle qui la reçoit, peut avoir rendu, par se secours de l’art, sa position encore plus favorable qu’elle n’était; tandis que celle qui vient attaquer, n’a d’autres avantages en approchant de l’ennemi, que ceux que lui fournissent momentanément les lieux qu’elle parcourt,&est obligée de subvenir par son dispositif à toutes les difficultés qui se rencontrent.

Le terrein varie très souvent, même dans les pays de plaine. On y trouve quelquefois des inégalités, des ravins, des haies, des broussailles ou des marais, qui obligent à changer l’ordre dans lequel on avait d’abord rangé les troupes. Cette diversité de lieux &de circonstances, empêchant de donner des règles particulières&invariables sur les dispositions, je me bornerai à en détailler les préceptes généraux.

ARTICLE PREMIER.

Principes généraux des dispositions.

Il faut:

1. Ne déterminer jamais une disposition avant d’avoir bien reconnu celle de l’ennemi, le champ de bataille sur lequel vous devés combattre, &soumis votre projet à toutes les combinaisons possibles.

2. Règler l’arrangement des lignes relativement au terrein, à la disposition que l’ennemi a formée, aux troupes qui peuvent agir avec le plus daisance, &à celles qu’il a dessein de vous opposer.

3. Bien couvrir&assurer les flancs en les appuyant à des bois, des rivières, des marais, des montagnes, des ravins, des précipices, des villages ou des villes;&si le terrein ne vous offre aucun point d’appui, y suppléer par le dispositif.

4. Que toutes les parties d’une disposition se soutiennent, qu’elles ne soient pas trop éloignées les unes des autres,&se communiquent avec sûreté &facilité.

5. Que les différentes armes soient postées sur le terrein qui leur convient, qu’elles se prêtent un secours mutuel,&qu’elles puissent combattre plusieurs fois&sans confusion.

6. Supléer à l’infériorité d’une arme par la supériorité de l’autre,

7. Que le front de l’armée ne soit ni trop étendu ni trop resserré; car l’un&l’autre inconvénient sont également dangereux: le premier expose à être enfoncé avec facilité,&le second à être débordé&enveloppé. Il vaut beaucoup mieux diminuer le front de l’armée pour augmenter les réserves, que de vouloir occuper un terrein égal à celui de l’ennemi si on lui est inférieur.

8. Qu’une disposition en rase campagne soit également forte dans toutes ses parties; car, dit le roi de Prusse, les mouvements de l’ennemi y étant libres, il pourrait bien se réserver un corps de troupes qu’il emploierait à vous donner de la besogne.

9. Que la disposition soit ordonnée de manière qu’on puisse la changer avec facilité suivant les circonstances.

10. Si en formant la disposition on rencontre un ravin, un ruisseau, un marais&c. qui en couvre une partie, n’y laisser que les troupes absolument essentielles,&employer les autres ailleurs.

II. Si l’on est obligé de combattre ayant derrière soi une rivière, un ruisseau, des marais ou des prés peu ou point praticables, n’y pas adosser exactement les troupes; mais les en éloigner assés pour qu’elles aient suffisamment de terrein pour se mouvoir avec aisance.

12. Éviter de poster trop près du bord de la mer ou de quelque grande rivière les flancs de l’armée, lorsqu’il est à craindre que des vaisseaux ennemis ne les canonent durant le combat.

13. Ne laisser sur les flancs ou en avant de l’armée, aucune hauteur ou poste qui vous commande,&d’où l’ennemi pourrait vous incommoder avec son artillerie.

14. Ne se poster jamais dans une vallée, si l’on n’occupe les hauteurs contigues ou qui la dominent.

15. Lorsqu’on laisse des bois derrière soi, y poster des troupes de manière que l’ennemi ne puisse les tourner&vous couper la retraite.

16. Faire ensorte de rendre inutile une partie des forces de l’ennemi, de couvrir vos troupes,& de l’obliger à découvrir les siennes.

17. Éviter que les troupes forment des angles saillants, si par la nature du terrein ou du dispositif le sommet de sangle restait sans défense. Les angles rentrants sont infiniment avantageux, lorsque leurs côtés se prêtent un secours mutuel.

18. Disposer s’il est possible les troupes de manière qu’elles aient le soleil à dos,&que le vent ne leur porte point dans les yeux la fumée& la poussière.

19. Établir l’artillerie sur les hauteurs qui dominent le champ de bataille,&aux endroits où elle sera nécessaire.

20. Bien connaître les environs des deux champs de bataille, pour éviter les pièges&en tendre à l’ennemi.

21. Toujours faire ensorte de le prévenir, d’être en bataille avant lui,&de le charger avant qu’il ait fini ses dispositions.

22. Partager ses forces&son attention,&lui cacher ou lui déguiser si bien vos mouvements, qu’il n’ait pas le temps de s’y opposer.

23. Lui présenter dans quelque partie des corps de cavalerie, pour l’engager à faire une fausse disposition,&combiner la vôtre de manière qu’elle le déconcerte,&l’oblige à des évolutions qui n’étant pas prévues de sa part, ne pourront se faire avec l’ordre nécessaire en pareil cas,&de l’irrégularité desquelles vous profiterés.

24. Ne pas faire autant qu’il est possible ce qu’on paraissait vouloir exécuter.

25. Enfin, tromper l’ennemi par des mouvements qui cachent longtemps vos desseins, ou qui annoncent une disposition que vous pourrés changer avec promptitude en une autre totalement disférente, au moyen d’une manœuvre simple& rapide.

ARTICLE SECOND.

Principes des dispositions offensives.

ON appelle Disposition offensive, celle que l’on forme pour attaquer l’ennemi.

Il y a un avantage réel à aller le combattre, surtout lorsqu’il est posté; car l’on peut alors se ranger sans précipitation, rectifier le dispositif si on y reconnaît quelque désectuosité,&n’engager le combat que quand on le juge à propos. D’ailleurs cette démarche augmente encore le courage de vos troupes,&l’ôte à celles de l’ennemi, qui pensent que vous avés sur elles une supériorité quelconque, puisque vous venés les chercher. Il faut dans une disposition offensive, suivre les principes suivants:

1. Attaquer toujours avec la partie la plus forte de votre disposition l’endroit le plus faible de celle de l’ennemi, ou celui dans lequel on croit trouver le moins de résistance.

2. Occuper l’ennemi dans tout son front,& faire seulement de plus grands efforts aux endroits par où l’on peut pénétrer.

3. N’attaquer jamais une armée postée avec une égale vivacité sur tout son front; parce que si l’on est repoussé dans une partie, les troupes voisines qui s’en apperçoivent se rebutent,&votre armée entière est découragée en même temps; au lieu qu’en se bornant à n’attaquer en force qu’un ou deux endroits,&à occuper seulement l’ennemi dans tous les autres, si l’on réussit, les troupes qui ne contribuent pas aux vraies attaques, tombant alors sur celles qu’elles ont en tête, les empêchent d’aller soutenir les parties que l’on vient de battre; lesquelles n’étant pas secourues, peuvent être entièrement défaites.

4. Essayer de déborder l’ennemi; c’est un des plus grands avantages que l’on puisse se procurer.

5. Faire combattre à la fois un plus grand nombre de troupes qu’il ne peut vous en opposer.

6. Lui tendre des embuscades, le tourner &entreprendre sur ses flancs&ses derrières. On réserve pour cela un ou plusieurs corps destinés à faire un circuit,&à l’attaquer à l’improviste en flanc ou à dos. Ces sortes de manœuvres demandent une grande justesse dans leur combinaison; car si les troupes s’égarent, ou si leur marche est retardée par la difficulté des chemins, ou bien par un orage qui ayant grossi une rivière ou des ruisseaux, les rende plus difficiles à traverser qu’on ne l’avait cru, elles peuvent se découvrir trop tôt ou trop tard. Dans le premier cas l’ennemi se précautionne contr’elles,&dans le second, il les défait s’il vous a battu, ou elles deviennent inutiles si vous avés remporté la victoire. On ne doit faire tourner l’ennemi que par des corps spécialement destinés à cet objet. Il serait dangereux d’y employer des troupes tirées des parties qui peuvent en venir aux mains; car on donnerait sur elles la supériorité à l’ennemi. Si l’on parvient à attirer son attention d’un côté, &à lui cacher la marche des corps qui veulent entreprendre sur ses flancs&ses derrières, il ne faut pas pour cela cesser de se conduire avec beaucoup de circonspection. Les troupes arrivées à leur destination, on les cache à la faveur d’un bois ou d’une colline,&on les dispose de manière qu’elles puissent déboucher sur l’ennemi avec promptitude &facilité. De quelque façon qu’on se propose de le tourner, il importe qu’il n’ait aucune connaissance de la marche des corps qu’on y emploie, ou que du moins s’il vient à la découvrir, elle soit combinée de manière qu’il ne puisse deviner précisément quelle partie de son armée ils veulent attaquer. On laisse aussi quelquefois à peu de distance du champ de bataille, des troupes avec ordre de rejoindre l’armée quand le combat sera engagé. Ces sortes de jonctions produisent presque toujours un très bon effet; car il est rare que l’ennemi ne les prenne pour un renfort considérable&inattendu.

7. Dégarnir subitement une partie de la disposition, en renforcer quelqu’autre avec les troupes qu’on en tire,&tomber sur l’ennemi sans lui donner le temps de faire soutenir les endroits que vous attaqués.

8. N’entreprendre que le moins possible contre les villages ou les postes fortifiés; car, dit le roi de Prusse, on y risque l’élite de son infanterie.

9. N’attaquer jamais faiblement un poste dont il importe de chasser l’ennemi; mais y employer au contraire autant de troupes qu’il en faudra pour l’emporter avec la plus grande promptitude possible.

10. Ménager une ou plusieurs réserves pour les envoyer durant le combat aux endroits où l’on se propose de faire un grand effort.

11. Lorsqu’on a des haies à passer pour joindre l’ennemi, distribuer sur le front de la ligne pour ouvrir des passages des soldats avec des outils,& les faire protéger par le feu de quelques pelottons d’infanterie.

12. Ne passer jamais un ruisseau ou un ravin pour attaquer l’ennemi posté de l’autre côté, de peur qu’il ne profite du désordre où ce mouvement met les troupes pour les charger avec avantage. On s’écarte de cette règle quand l’ennemi en est trop éloigné pour qu’il puisse vous joindre avant qu’il y ait en bataille aisés de monde pour lui résister.

13. Enfin, si l’on a un ruisseau à traverser pour attaquer, faire jetter dessus une grande quantité de ponts aussi larges qu’on le peut. S’il n’est pas profond, on fait applanir en pente douce les parties des bords qui sont escarpés, alors la cavalerie& l’infanterie le passent à gué,&on établit seulement de distance en distance, quelques ponts pour saciliter le transport de l’artillerie.

ARTICLE TROISIÈME.

Principes des dispositions défensives.

ON appelle Dispostion défensive celle qu’on forme pour recevoir la bataille.

Lorsque l’on est déterminé à attendre l’ennemi dans un poste,&que les dispositions sont faites en conséquence, on ne peut s’en éloigner sans renoncer à presque tous ses avantages; mais quelque favorablement qu’une armée soit postée, l’ennemi a sur elle un grand ascendant, en ce qu’il peut régler son dispositif sans précipitation, d’après les reconnaissances qu’il a eû le temps de faire, n’attaquer que la partie qui lui plaît,&différer même le combat autant qu’il le jugera à propos.

Il faut dans une disposition défensive:

1. Assurer ses derrières avec soin,&bien appuyer ses flancs.

2. Lorsque le terrein ne fournit aucun point pour les appuyer, y supléer par des redoutes, des retranchements, des chariots,&&s’il est impossible de mettre ces moyens en usage, on y fait servir les troupes même.

3. Quand une armée a ses flancs appuyés à des bois, les couvrir par des abatis garnis de troupes, &couper les arbres aussi loin qu’on le pourra; mais au moins à la demie portée du fusil, afin que l’ennemi ne puisse approcher à couvert. Il est en outre nécessaire d’avoir dans le bois des partis pour éclairer les démarches de votre adversaire,&n’être pas surpris.

4. Si l’on est appuyé à des montagnes, non seulement en occuper le sommet; mais encore embarasser les endroits par où l’ennemi peut en tourner la pente ou y poster des troupes.

5. Si l’on veut s’appuyer à une rivière, observer auparavant s’il n’y a d’aucun côté des hauteurs qui vous commandent,&où l’ennemi pourrait établir de l’artillerie.

6. Ne laisser devant ou près de l’armée aucun bois d’où l’ennemi puisse déboucher&attaquer à l’improviste; il faut au contraire faire en forte de les avoir derrière soi: rien n’étant plus avantageux pour favoriser une retraite.

7. Si l’ennemi occupe des bois en avant ou front, s’en éloigner assés pour que les batteries qu’il établira au bord de ces bois ne vous incommodent pas, qu’il ne puisse attaquer en débouchants,&qu’il soit obligé de faire sa disposition à découvert.

8. Lorsqu’il se trouve des bois sur le front de l’armée, élever des redoutes de distance en distance, &faire des abatis entr’elles.

9. Si l’on a sur son front un ravin, une rivière ou un ruisseau guéable, dont on veut empêcher le passage, s’en poster à la portée du canon si le terrein est bien uni ; mais s’en raprocher autant qu’on le pourra s’il se trouvait la moindre chose qui pût couvrir les mouvements de l’ennemi.

10. S’il se rencontre sur le front ou sur les flancs de l’armée des villages, maisons, enclos, haies,&c, on les fortifie,&on y poste de l’infanterie. On ne doit jamais dégarnir les espaces intermédiaires de ces postes, à moins que leurs feux ne s’y croisent, ou qu’il ne soit possible d’arriver assés tôt en force pour s’opposer à l’ennemi s’il voulait pénétrer par là.

II. Se ranger autant qu’il est possible à portée d’un défilé, derrière lequel on puisse trouver une retraite sure&facile en cas de défaite.

12. Rendre inattaquable une ou plusieurs parties de la disposition, ou ce qui est la même chose, diminuer les points d’attaque de l’ennemi autant qu’il fera possible.

13. Que les endroits de la disposition où on est en force lui paraissent les plus faibles,&que ceux où l’on est faible lui semblent redoutables.

14. Se ménager des réserves pour les employer à soutenir les parties qu’il menacera.

15. Quand on combat sur un front parallèle à celui de l’ennemi,&qu’il peut attaquer le centre, le renforcer de manière qu’il ne puisse le percer.

16. Ne mettre jamais toute sa confiance dans un seul poste, parce qu’il peut être forcé.

17. Enfin éviter autant qu’il est possible d’être débordé: de ce désavantage s’en fuit naturellement celui d’être tourné,

CHAPITRE TROISIÈME.
Des dispositions proposées par Vègèce.

Table des matières

VÉGÈCE distingue sept dispositions ou ordres de batailles qu’on peut employer pour faire combattre une armée dans une plaine où le terrein ne donne aucun avantage, c’est à dire qu’elles sont purement Tactiques; je vais les rapporter avec les remarques dont elles me paraîtront susceptibles.

PLANCHE 2. Figure1.

1e DISPOSITION. La première disposition est celle en carré long dont on se sert ordinairement. Il ne faut pas conclure de là qu’elle soit fort bonne; car des troupes disposées sur un très grand front& peu de profondeur, ne se meuvent jamais sans flottement; ce qui produit presque toujours des ouvertures par où l’ennemi peut pénétrer; d’ailleurs s’il vous déborde il prend votre armée en flanc,& alors elle court risque d’être battue, si les réserves ne viennent promptement au secours des aîles.

Remarque. Un général qui emploie cette disposition ne donne aucune force à son ordre de bataille, &abandonne à la seule valeur des troupes la conduite&la réussite de l’action. Il ne faut donc pas combattre dans cet ordre, à moins que votre supériorité en nombre ne vous détermine à envelopper l’ennemi.

PLANCHE 2. Figure1.

2e DISPOSITION. La seconde disposition est oblique. Voici la manière de la former. On sait arrêter le centre I&la gauche2à une distance quelconque de l’ennemi3, puis on joint obliquement par la droite5laquelle doit être renforcée, sa gauche4que l’on tâche de prendre en flanc& à dos.

Remarque. La seconde disposition s’emploie quand la droite d’une armée est plus forte que la gauche de l’ennemi. S’il vous prévient&veut combattre dans cet ordre, il faut renforcer promptement l’aîle gauche d’infanterie&de cavalerie, lui refuser la droite&le centre,&se précautionner contre les attaques qu’il peut entreprendre contre le flanc&les derrières.

PLANCHE 2. Figure3.

3e DISPOSITION. Cette disposition est la même sur la gauche que la précédente sur la droite.

Remarque. L’inverse de la remarque précédente a lieu ici.

PLANCHE 2. Figure4.

4e DISPOSITION. La quatrième disposition consiste à refuser le centre&à attaquer avec les aîles. Le centre I s’arrête à une distance quelconque de l’ennemi2,&les aîles3qui doivent avoir été renforcées doublant le pas, tombent vivement sur les siennes,&font leur possible pour les culbuter.

PLANCHE 2. Figure5.

DISPOSITION. Cette disposition diffère seulement de la quatrième en ce que l’on couvre le centre 1 avec des troupes armées à la legère2.

Remarque. Le quatrième&cinquième ordre n’en sont qu’un pour nous aujourd’hui, dit le maréchal de Puységur, qui ne distinguons plus d’armure légère ni d’armure pesante. On les emploie quand les ailes sont supérieures à celles de l’ennemi. Une attaque de cette nature qui réussit, peut donner promptement la victoire; mais si l’ennemi n’est pas rompu aux premières charges, il est possible qu’il tombe avec des troupes supérieures en nombre sur le centre qu’on a dégarni, qu’il l’enfonce& coupe ainsi la communication de l’une à l’autre aile: situation très critique&qui expose à une défaite.

PLANCHE 2. Figure6.

6e DISPOSITION. On emploie cette disposition en attaquant avec l’aîle droite I qu’on doit avoir renforcée, la gauche2de l’ennemi qu’il faut essayer de mettre en fuite en la prénant en flanc& par derrière. Le centre&la gauche3restent disposés obliquement&éloignés de la droite4de l’ennemi.

Remarque. Cette disposition a beaucoup de rapport avec la seconde,&peut être la ressource d’un général qui ne compte ni sur le nombre ni sur le courage de ses troupes. Sa propriété est de rendre inutile une partie des forces de l’ennemi; car tandis que la droite l’agira contre sa gauche2, le reste de l’armée3tiendra en échec son centre&sa droite4; &s’il dégarnit quelque partie de la ligne pour renforcer les troupes qui combattent, on peut en faire autant ou attaquer les endroits qu’il a affaiblis.

Il est bon d’observer que par une disposition contraire à celle que je viens de rapporter, on peut entreprendre contre la droite de l’ennemi,&lui refuser le centre&la droite.

PLANCHE 2. Figure7.

7e DISPOSITION. La septième disposition consiste à appuyer une des ailes à une rivière I, à un marais, à des hauteurs ou à un retranchement qui empêchent l’ennemi de vous déborder de ce côté là,&à disposer le reste de l’armée2selon la méthode ordinaire, en observant de placer toute la cavalerie3à l’aîle qui n’est pas appuyée.

Remarque. Cette disposition n’est autre chose que la première, dont une des ailes est appuyée. A l’égard de ce que dit Végèce, qu’il faut placer toute la cavalerie à l’aîle qui ne l’est pas, on ne doit le faire que quand on a fort peu de cavalerie, ou lorsque le terrein ne lui permet pas d’agir ailleurs.

On peut disposer obliquement si on le juge à propos l’aîle4qui n’est pas appuyée.

REMARQUE GÉNÉRALE.

Les dispositions précédentes&toutes celles qu’on peut former, sont parallèles ou obliques au front de l’ennemi. Il n’existe réellement que l’Ordre direct ou parallèle&l’Oblique. Je vais essayer d’en développer les principes dans les deux chapitres suivants.


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Yaş sınırı:
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Litres'teki yayın tarihi:
16 ocak 2025
Hacim:
182 s. 38 illüstrasyon
ISBN:
4064066303723
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Bookwire
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