Kitabı oku: «Lettre à une mère sur l'alimentation du nouveau-né»

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Achille Dehous

Lettre à une mère sur l'alimentation du nouveau-né


Publié par Good Press, 2022

goodpress@okpublishing.info

EAN 4064066328269

Table des matières

INTRODUCTION

PREMIÈRE LETTRE

DEUXIÈME LETTRE

TROISIÈME LETTRE

QUATRIÈME LETTRE

CINQUIÈME LETTRE

SIXIÈME LETTRE

SEPTIÈME LETTRE.

HUITIÈME LETTRE

NEUVIÈME LETTRE

DIXIÈME LETTRE.

ONZIÈME LETTRE

DOUZIÈME LETTRE

TREIZIÈME LETTRE

QUATORZIÈME LETTRE.

QUINZIÈME LETTRE

SEIZIÈME LETTRE

DIX-SEPTIÈME LETTRE

DIX-HUITIÈME LETTRE.

DIX-NEUVIÈME LETTRE

VINGTIÈME LETTRE

VINGT ET UNIÈME LETTRE

VINGT-DEUXIÈME LETTRE

VINGT-TROISIÈME LETTRE

VINGT-QUATRIÈME LETTRE

VINGT-CINQUIÈME LETTRE.

VINGT-SIXIÈME LETTRE

VINGT-SEPTIÈME LETTRE

VINGT-HUITIÈME LETTRE

VINGT-NEUVIÈME LETTRE

TRENTIÈME LETTRE

INTRODUCTION

Table des matières

Un ami dont la femme va bientôt accoucher m’écrivait, il y a quelque temps, pour me prier de lui fournir certains renseignements sur l’alimentation du nouveau-né.

Afin de répondre d’une manière plus complète et plus fructueuse au désir qn’il manifestait, je lui promis d’adresser à sa jeune compagne une série de lettres sur ses prochaines fonctions de mère et de nourrice.

Au moment où je termine ce petit cours de maternité, j’apprends par la voie des journaux de médecine que cette question a-été choisie comme sujet de prix par la Société médicale d’Amiens.

Dans l’espoir de doter ma correspondance d’un cachet d’autorité que mon nom seul serait impuissant à lui donner, je viens la soumettre au contrôle de cette savante Compagnie, en sollicitant l’honneur de son approbation.

Quelques-unes des dernières lettres paraîtront peut-être s’écarter des termes mêmes du concours: je n’ai cependant pas cru devoir les supprimer. J’ai pensé que la Société médicale d’Amiens demandait plutôt un Manuel spécialement destiné aux mères qu’un Mémoire sur un point de science où quelques rares inconnues se présentent encore à peine à ceux qui voudraient y glaner.

Dès lors, cette interprétation et le motif qui m’avait fait écrire ces lignes, concordaient parfaitement entre eux, et tout ce qui a trait à l’hygiène des nouveaux-nés conservait par conquent ici sa place bien marquée.

La décision de mes juges me dira si j’ai bien saisi leur intention et su mériter leurs suffrages.

Une double occasion m’est offerte par ces circonstances: d’un côté j’ai obligé un ancien camarade, de l’autre j’aurai peut-être fait quelque chose d’utile pour les jeunes mères.

Mon cœur et mon devoir ont répondu à cet appel.

Voici comment j’ai compris la mission que j’avais acceptée. Je me suis proposé de tracer pour cette jeune dame un guide, élémentaire il est vrai, mais complet quant aux détails qui sont de la compétence des parents.

Aussi, dans la crainte de commettre quelque oubli, n’ai-je point voulu m’en rapporter uniquement à mes souvenirs, à mon expérience personnelle. J’ai été butiner dans les différents ouvrages qui ont traité de l’allaitement, afin d’y recueillir les sages préceptes d’une bonne et saine pratique.

Cet ensemble de connaissances si nécessaires fut ensuite transmis à ma correspondante qui profita ainsi tout à la fois et de mon savoir et de la science des autres.

«Un auteur qui écrit avec conviction, dit

» M. Donné, ne se contente pas d’être lu, il

» veut convaincre; il veut réformer les idées

» fausses, détruire les préjugés et faire péné-

» trer la vérité dans les esprits capables de la

» comprendre, pour que de là elle se répande

» et se popularise.»

Mon travail a cédé aux mêmes inspirations.

La forme épistolaire, qu’on m’imposait à la rigueur ici, m’a été pour cela d’un grand secours, en me permettant le langage direct tout à la fois plus simple, plus familier et plus persuasif.

Elle expliquera le laisser-aller de la plume et fera pardonner à cette dernière les négligences et les répétitions dont elle aura pu se rendre coupable.

Il était un écueil qu’il fallait surtout éviter. Dans les nombreuses recherches que j’ai faites sur ce sujet, j’ai souvent remarqué que les auteurs, bien inutilement à mon avis, se montrent trop savants, et exploitent beaucoup trop aussi le domaine de la Médecine.

En général ces écrits ne sont point destinés aux médecins qui convaincus, pour la plupart, de l’importance de l’allaitement, sont gagnés depuis longtemps à notre cause. C’est au contraire la famille, la société qu’il faut éclairer de nos conseils et de nos avertissements. Tous nos efforts doivent être dirigés dans ce sens.

Pourquoi donc nous servir alors, en lui parlant, de mots techniques qui seront, pour elle, langue morte et inintelligible? Aussi ai-je pris soin d’éliminer tout ce qui était du ressort de la science proprement dite.

Je m’adressais à une mère, je voulais en être compris.

Par ce moyen, la lecture de mes lettres sera rendue, je l’espère du moins, plus facile, plus agréable et peut-être leur aurai-je obtenu ainsi une place dans la bibliothèque de la future mère de famille.

Cependant, sans me laisser entraîner à beaucoup d’érudition, je n’ai pas jugé à propos de rester constamment seul en scène. D’abord il n’était que trop juste d’inscrire dans ces quelques lignes, les noms de ceux dont les ouvrages et les publications m’avaient aidé dans l’accomplissement de cette œuvre. C’est ce que j’ai fait.

En tête de chacune de mes lettres, j’ai cité plusieurs phrases empruntées à différents auteurs et relatives au sujet même que j’allais y traiter.

Je n’ai pas craint de multiplier ces citations et de les faire même, dans certains cas, assez longues. On pourra les regarder, en effet, comme un véritable dossier de pièces justificatives corroborant les indications que je présentais ce jour-là.

Et puis l’intervention d’autrui trop souvent répétée dans nos causeries, eût amené quelque confusion. J’ai préféré réunir à la première page, comme le canevas du programme que j’avais résolu d’aborder, une suite de pensées qui ne m’appartenaient pas, mais dont j’annonçais par là assumer la responsabilité.

Je traçais ainsi au frontispice de ma correspondance, le mot de ralliement auquel je répondais.

«De cette façon, dit M. le Dr Foucart, plus » de doute possible: le drapeau est planté, » l’idée dominante de l’œuvre surgit au seuil » et le lecteur, bien et dûment averti, peut selon » ses convictions, ou s’arrêter devant une pro- » fession de foi qui n’est pas la sienne, ou » suivre l’écrivain dans les développements » d’une opinion qu’il partage ou vers laquelle » l’entraînent ses sympathies.» — (Gaz. des Hôpitaux, 1860, 7 janvier.)

J’ai été plus avare de l’hospitalité à accorder dans le corps même de ces lettres. Cependant je n’y ai point manqué, toutes les fois qu’une parole ferme et éclairée expliquait franchement une des phases de l’allaitement.

Enfin l’Index bibliographique compléta la liste des emprunts, en indiquant toutes les sources où j’avais été puiser.

C’était là un premier motif que chacun saura apprécier. J’en avais encore un autre pour agir ainsi.

J’ai voulu demander à ces hommes si justement considérés, l’appui de leur talent, de leur mérite, et, pour ne pas être soupçonné de traduire mal leurs idées, je les ai laissés parler eux-mêmes.

Mon but était de prouver que ce travail n’est point l’expression d’une pure fantaisie, le produit d’une élucubration plus ou moins hasardée, mais bien l’exposition sincère, véritable, des principes préconisés par les médecins les plus expérimentés.

Qu’il me suffise de dire ici que Baudelocque, Capuron, P. Dubois, Cazeaux, Donné, Béclard, Jacquemier, Michel Lévy, etc., ont été souvent mes conseillers.

Se retrancher derrière de pareils noms, c’est se faire l’écho d’opinions trop imposantes pour ne point espérer un grand nombre de prosélytes.

J’ai même été assez heureux pour rencontrer, en dehors du monde médical, des défenseurs plaidant chaudement en faveur des règles à observer dans l’alimentation du nouveau-né. Ils ont été accueillis avec d’autant plus de plaisir que quelques-uns d’entre eux comptaient dans la classe des mères, et avaient le droit d’invoquer cette qualité pour faire accepter par leur lectrice, leur exemple et leurs leçons.

Telle est la marche que j’ai suivie.

Mon vœu le plus cher serait d’arriver par elle aux résultats suivants:

1° Chasser de la pratique ces notions fausses, ces moyens nuisibles parfois, absurdes toujours, nés de l’habitude, de la routine ignorante ou irréfléchie, et que le progrès doit laisser désormais dans l’ombre et l’oubli, à titre de véritables hérésies;

2° Eclairer les familles en leur donnant le fruit de l’observation, de l’expérience, et leur montrer tous les dangers auxquels, de gaîté de cœur, elles exposent de faibles créatures quand elles obéissent aveuglément à de sots préjugés;

3° Faire adopter enfin, dans l’alimentation du nouveau-né, la méthode la plus simple, le système le plus vrai: la loi de la nature qui doit toujours nous servir de modèle.

«La jeune femme, la mère de famille trouve-t-elle

» quelque part les notions élémentaires d’hygiène sus-

» ceptibles de la guider dans la mission qu’elle se fait

» un devoir et tout à la fois une joie de remplir?»

«Existe-t-il un traité pratique assez simple et concis

» sur les soins à donner aux enfants pendant les pre-

» miers mois de la vie?»

(Société de Médecine pratique. — Dr CARON. Gaz. des Hôp. 1858, p. 566.)

«La négligence que l’on apporte dans l’éducation actuelle

» des jeunes personnes à l’égard de leurs devoirs

» futurs, nous rend également compte de l’espèce d’anarchie,

» d’ahurissement, qu’on me passe l’expression, que

» l’on voit régner dans la plupart des jeunes ménages,

» dès qu’il arrive un enfant.»

(DONNÉ, p. 30.)

«Là, d’obscurs routiniers, parlant sans cesse de leur

» propre expérience, non-seulement étrangers aux progrès

» des lumières, mais les repoussant même sans

» examen, malgré les révolutions survenues autour d’eux,

» tournent toujours sur le même pivot.»

(Dr LÉGER, p. 7.)

PREMIÈRE LETTRE

Table des matières

Jalons de la Correspondance.

SOMMAIRE. — Division du sujet. — Marche à suivre. — On ne négligera aucun détail, fût-il minutieux, s’il a une utilité pratique. — L’alimentation a, dans l’hygiène en général, des adjuvants dont il faut nécessairement tenir compte. — La pratique sera le seul guide. — Rien ne concernera spécialement notre correspondante. — Tout devra être accepté à titre de généralité. — Avant toute considération, il faut veiller sur la mère et sur l’enfant. — La mère ne peut que savoir gré de cette vigilance. — Importance de cette question justifiée par un assez grand nombre de travaux récents. — Accord général des Médecins sur ce point. — Quelques rares exceptions à signaler.

MADAME,

Votre mari vient de m’annoncer une nouvelle qui doit vous rendre bien heureuse. Dans quelques mois vous serez mère.

Charles n’a point oublié notre vieille amitié, et il me prie de diriger votre inexpérience dans cet apprentissage de la maternité que vous allez bientôt faire.

Je le remercie, Madame, de ce bon souvenir et de cette démarche. Homme d’un sens droit et juste, il ne veut pas qu’à l’exemple de beaucoup d’autres, vous vous avanciez en tâtonnant au milieu des ténèbres, sans jamais savoir si la voie que vous suivrez est bien celle qui vous conduira à l’objet de tous vos vœux: la santé de votre enfant.

Je ne saurais donc trop le féliciter d’avoir songé à votre éducation de nourrice, et très-honoré du mandat qu’il me confie, je m’empresse de mettre à votre service tout ce que mes études et mon expérience personnelle ont pu me faire acquérir sur l’alimentation du nouveau-né.

Il me serait impossible de répondre dans une seule lettre aux nombreuses questions qui me sont posées.

Un pareil laconisme ne serait point en rapport avec l’importance du sujet. J’ai préféré traiter séparément chacun des points et je compte avoir terminé le travail que cet examen nécessitera avant la fin de votre grossesse.

Permettez-moi donc, Madame, je vous prie, de vous adresser un certain nombre de missives où je relaterai successivement les détails sur lesquels vous tenez, avec tant de raison, à être renseignée et éclairée.

Ne fût-ce que pour leur but, je suis persuadé qu’elles seront lues avec toute la religion dont le cœur d’une future mère est capable, et aussi avec le désir fervent de mettre en pratique les principes qui y seront exposés.

Charles se fera un plaisir de vous relire et de commenter avec vous les passages principaux. Ce sera là un très-bon moyen de les posséder complètement et d’en rendre l’application plus facile.

L’amour maternel et l’amitié sont les deux motifs qui ont amené cette correspondance. Ma plume ne pouvait donc marcher sous de meilleurs auspices.

Sans assigner à mes lettres des divisions exactes, car je ne connais pas à l’avance l’extension que je donnerai à chacune d’elles, je crois cependant pouvoir adopter les jalons suivants:

1° Importance de l’allaitement;

2° Du lait;

3° De l’allaitement maternel envisagé pendant la grossesse (hygiène de la femme enceinte), et après l’accouchement;

4° De l’allaitement par une nourrice sédentaire, interne ou sur lieu;

5° De l’allaitement par une nourrice externe, à la campagne;

6° De l’allaitement par un animal (chèvre). — De l’allaitement artificiel (biberon, petit pot, etc.);

7° Du sevrage;

8° Des vêtements, du berceau et de l’hygiène du nouveau-né ;

9° Coup d’œil général sur les petits accidents qui peuvent altérer la santé du nouveau-né ;

10° Aperçu sur l’hygiène de la première enfance.

D’après cet exposé, vous voyez, Madame, que je ne ferai point partir la question de l’allaitement du jour même de l’accouchement. Déjà, au contraire, j’y songerai pendant la grossesse, afin de ne pas être pris plus tard à l’improviste.

Ensuite je surveillerai l’enfant dès sa naissance et le suivrai jour par jour, heure par heure, dans toutes les péripéties que sa frêle existence pourra nous offrir pendant cette quasi-préface de la vie.

Tout est dans tout, a-t-on dit; aussi ne négligerai-je point les détails les plus puérils si je puis leur trouver quelque caractère d’utilité. En un mot, Madame, je guiderai pas à pas votre sollicitude maternelle et je ferai tous mes efforts pour que cette dernière trouve, dans mes lettres, réponse ou explication pour tous les incidents qui viendraient à surgir en ce qui concerne l’alimentation du nouveau-né.

Or, celle-ci constitue une question très-complexe autour de laquelle viennent se placer, comme satellites, des corollaires d’une importance incontestable.

En effet, parler de l’alimentation de l’enfant, sans m’occuper des conditions d’hygiène dans lesquelles il doit se trouver, quant à la propreté, à l’exposition, à l’air, etc., ce serait ne tenir aucun compte de l’influence de ces excitants naturels sur l’accomplissement des fonctions digestives. Ce serait morceler un sujet dont la physiologie et l’hygiène nous prescrivent de respecter l’ensemble.

Je me garderai donc de commettre cette faute, et je vous parlerai assez longuement même, de la toilette et des promenades de votre nourrisson.

Dans ce qui va suivre, je ne me laisserai aller à aucune idée de système, de parti pris; je n’aurai pour guide que l’enseignement de l’expérience et de la pratique. Bien décidé à ne faire aucune espèce de concession quand il s’agira de choses utiles, indispensables, je montrerai cependant moins d’exigence et serai au contraire d’un commerce très - facile quand les faits en litige ne seront que d’un intérêt secondaire. Ma devise sera toujours le salut de la mère et celui de l’enfant. Notre devoir en effet est de viser constamment à cet heureux résultat, en ne demandant à l’organisme de l’un et de l’autre que ce qu’il est capable de donner.

Ainsi, ne vous attendez pas, Madame, à trouver dans ces lettres le rigorisme philosophique de J.-J. Rousseau. Vous n’y trouverez pas non plus son talent.

Sans aucun doute, les règles générales sont bonnes à établir, mais leur application se trouve souvent en présence de cas exceptionnels qu’il ne nous est pas permis de négliger et pour lesquels il faut chercher une solution satisfaisante.

C’est ce que je m’efforcerai de faire toutes les. fois que l’occasion se présentera.

Les citations que j’ai mises sous forme d’épigraphes, vous donneront la matière de la correspondance du jour, et pour vous permettre de résumer chaque lettre après l’avoir lue, j’y joindrai un court sommaire qui, dans peu de lignes, en reproduira la substance.

J’appellerai votre attention, Madame, sur quelques remarques sérieuses dont vous reconnaîtrez la justesse.

Charles me dit que vous avez une bonne constitution et que vous jouissez habituellement d’une excellente santé.

Mais comme je n’ai pas l’honneur de vous connaître, je suis obligé de tout prévoir et je dois vous avertir que je resterai toujours dans le domaine des généralités.

Rien ne vous concernera donc personnellement.

Il en sera du moral comme du physique.

Certaines faiblesses seront signalées dans ce cadre; quelque rares qu’elles soient, on les rencontre cependant. Je n’ai donc pu les passer sous silence, mais je les exposerai avec franchise et vérité.

Avant toute autre considération, je veux être utile.

La crainte de désobliger une mère doit céder le pas à la volonté bien arrêtée de veiller sur elle et sur son enfant.

Et d’ailleurs, pourriez-vous jamais, Madame, me faire un crime de cette sollicitude et vous offenser de mon langage qui vient répondre sans vernis, sans fard, mais avec conviction et sincérité, aux questions que vous avez bien voulu me poser?... Non, évidemment.

Mère avant d’être femme, ne verrez-vous pas que mon véritable but n’est pas de capter faussement votre bienveillance par une adhésion complaisante et coupable, mais bien de conserver à vos caresses cet enfant né d’hier et qui occupe déjà tout votre cœur?...

Loin de me garder rancune, ne penserez-vous point au contraire que la reconnaissance est seule digne et capable d’accueillir l’accomplissement de ce devoir et de récompenser un pareil service?... Je vois naître sur vos lèvres quelques paroles pleines de douceur et de bonté qui viennent témoigner de vos remerciements... Je ne m’étais point trompé.

Quoiqu’il en soit, ayez l’obligeance de ne pas vous appliquer la moindre de mes réflexions, car, je le répète, je ne fais l’histoire d’aucune individualité.

Ce que je viens de dire plus haut relativement à la santé de la mère, s’adresse aussi à l’enfant qui peut arriver au monde, faible ou robuste, particularité que nous ignorons à l’avance. Il n’appartient qu’à votre accoucheur, Madame, de juger ce qui vous conviendra à tous les deux. Mon rôle de consultant éloigné se réduit à confirmer les sages conseils que ce praticien ne manquera pas de vous donner.

S’il est des cas en médecine où les opinions soient loin de s’accorder, cela n’arrive pas pour le sujet actuel. Nous sommes tous ici du même avis.

Vous pourrez jeter un coup d’œil, Madame, sur l’Index bibliographique qui accompagnera ces lettres et vous acquerrez la certitude que l’immense majorité des médecins est pénétrée de l’utilité des réformes à apporter et s’efforce d’imprimer à l’alimentation du nouveau-né une meilleure direction.

En effet, sur ce petit coin du terrain de la science médicale, nous ne comptons pas moins de cinq publications nouvelles de 1855 à 1859 (BERGERET, LE BARILLIER, GUIET, DÉCLAT et CARON), en négligeant même les travaux de la presse périodique. Le mal est donc général, puisqu’on l’attaque ainsi tout à la fois, à Arbois, à Bordeaux, au Mans et à Paris.

Quelques retardataires persistent néanmoins à rester dans l’ornière où ils se sont engagés. Ils font parade d’un nombre très-respectable d’années de pratique et, s’en rapportant à leur seule expérience, ils continuent à suivre comme le dernier mot de nos connaissances, les errements que nous devrons combattre. Ils eussent été bien mieux inspirés et eussent au moins donné des preuves de jugement et de bonne observation si, depuis longtemps déjà, ils avaient fait table rase de ces absurdités qui encombrent le berceau du nouveau-né.

Mais ne prêchons point dans le désert et tachons au contraire, en prévoyant toutes les circonstances particulières qui peuvent se présenter, de répondre aux mille et une questions que les clientes ont l’habitude de faire à leur accoucheur.

Daignez agréer,

Madame,

l’hommage de mon respectueux dévouement.

«Élevez vos jeunes filles dans l’observation de ces

» bonnes et saines pratiques et bientôt toutes ou presque

» toutes s’y résigneront; elles y trouveront une satis-

» faction bien légitime, une véritable récompense dans

» la santé de leurs enfants.

».......... De cette alimentation dépendent la santé

» du nourrisson et la constitution à venir de l’homme

» social, du citoyen appelé à donner à la société sa part

» d’intelligence et d’activité, à l’Etat son appui et son

» concours.»

(Dr CARON, p. 56 et 103.)

«Heureux l’enfant qui puise sa première nourriture

» au sein de la mère ou d’une bonne nourrice; la santé

» et la vigueur deviennent son partage pour le reste de

» sa vie.»

(HUFELAND, p. 482.)

«Mais à la vérité, je n’y entends sinon cela que la

» plus grande difficulté et importante de l’humaine

» science, semble estre en cet endroict où il se traicte de

» la nourriture et institution des enfants.»

(MONTAIGNE.)

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Yaş sınırı:
0+
Litres'teki yayın tarihi:
16 ocak 2025
Hacim:
231 s. 2 illüstrasyon
ISBN:
4064066328269
Yayıncı:
Telif hakkı:
Bookwire
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