Kitabı oku: «L'Assistance publique en 1900»
Administration générale de l'assistance publique
L'Assistance publique en 1900

Publié par Good Press, 2022
EAN 4064066325978
Table des matières
INTRODUCTION
TITRE I
L’ANCIEN RÉGIME
I. — Administration
II. — Destination
III. — Ressources
IV. — Maisons hospitalières dépendant des trois établissements
DE 1789 A 1849
TITRE II
LES DIRECTEURS DE L’ASSISTANCE
M. DAVENNE
M. HUSSON
LE CONSEIL GÉNÉRAL DES HOSPICES ET M. MICHEL MÖRING
DOUBLE ADMINISTRATION A PARIS ET A VERSAILLES
M. BLONDEL
M. DE NERVAUX
M. MICHEL MÖRING
M. CHARLES QUENTIN
M. PEYRON
LE CONSEIL DE SURVEILLANCE
LE CONSEIL MUNICIPAL DE PARIS
TITRE III
POPULATION SECOURUE
CLASSIFICATION DES SERVICES
HOPITAUX GÉNÉRAUX
HOPITAUX SPÉCIAUX
HOPITAUX D’ENFANTS
SERVICES SPÉCIAUX
STATISTIQUES COMPARATIVES
NOMBRE DE JOURNÉES
INDIGENTS ET NÉCESSITEUX
MALADES TRAITÉS A DOMICILE
ACCOUCHEMENTS
TITRE IV
PERSONNEL ADMINISTRATIF
ADMINISTRATION CENTRALE, ÉTABLISSEMENTS HOSPITALIERS ET BUREAUX DE BIENFAISANCE
SERVICE EXTÉRIEUR DES ENFANTS ASSISTÉS
PERSONNEL HORS CADRE
RETRAITES
SERVICE DE SANTÉ
HISTORIQUE
ORGANISATION ACTUELLE
PERSONNEL SECONDAIRE
PERSONNEL HOSPITALIER
ÉCOLES MUNICIPALES D’INFIRMIÈRES
PERSONNEL A LA JOURNÉE
SERVICE DES TRAVAUX
CONTROLE DU DROIT DES PAUVRES
TITRE PREMIER. — Dispositions générales sur le service du contrôle
TITRE II. — Attributions des contrôleurs principaux
TITRE III. — Comptabilité du service
TITRE V
ADMINISTRATION CENTRALE
ORGANISATION DES BUREAUX
HOPITAUX
ADMISSIONS
CONSULTATIONS
DU PATRONAGE DANS LES HOPITAUX
HOSPICES, MAISONS DE RETRAITE
CONDITIONS D’ADMISSION DANS LES HOSPICES
REGLEMENTS DES MAISONS DE RETRAITE
LA ROCHEFOUCAULD
SAINTE-PÉRINE
RÈGLEMENTS DES FONDATIONS
ÉTABLISSEMENTS DE SERVICE GÉNÉRAL
APPROVISIONNEMENT DES HALLES
BOUCHERIE CENTRALE
BOULANGERIE CENTRALE
CAVE CENTRALE
MAGASIN CENTRAL
PHARMACIE CENTRALE
SERVICE DU BLANCHISSAGE
BUANDERIE LAENNEC
SECOURS A DOMICILE
BUREAUX DE BIENFAISANCE
ADMINISTRATION CENTRALE
ASSISTANCE MÉDICALE A DOMICILE
ÉTABLISSEMENTS SE RATTACHANT AU SERVICE DES SECOURS A DOMICILE
SECOURS DÉLIVRÉS PAR LES DIRECTEURS DES HOPITAUX
RÉSUMÉ
LISTE DES ADMINISTRATEURS, MÉDECINS, SECRÉTAIRES-TRÉSORIERS
TITRE VI
RÉGIME FINANCIER
I. — SERVICE PROPRE A L’ADMINISTRATION
II. — BUREAUX DE BIENFAISANCE
III. — SERVICES A REVENU DISTINCT
IV. — GRANDS TRAVAUX
V. — CAPITAUX
VI. — OPÉRATIONS D’ORDRE
TITRE VII
SERVICE DES ENFANTS ASSISTÉS
ADMISSION DES ENFANTS ASSISTÉS
PLACEMENT DES PUPILLES A LA CAMPAGNE
SECOURS POUR PRÉVENIR OU FAIRE CESSER LES ABANDONS
ENFANTS MORALEMENT ABANDONNÉS
DÉPENSES DU SERVICE DES ENFANTS ASSISTÉS, MALTRAITÉS OU MORALEMENT ABANDONNÉS
TITRE VIII
HOTEL-DIEU
HOPITAL DE LA PITIÉ
HOPITAL DE LA CHARITÉ
HOPITAL SAINT-ANTOINE
HOPITAL NECKER
HOPITAL COCHIN
HOPITAL BEAUJON
HOPITAL LARIBOISIÈRE
HOPITAL TENON
HOPITAL LAENNEC
HOPITAL BICHAT
HOPITAL ANDRAL
HOPITAL BROUSSAIS
HOPITAL BOUCICAUT
HOPITAL SAINT-LOUIS
HOPITAL RICORD
HOPITAL BROCA
HOPITAL DE LA MATERNITÉ
CLINIQUE BAUDELOCQUE
CLINIQUE TARNIER
HOPITAL D’AUBERVILLIERS
HOPITAL DU BASTION 29
SANATORIUM D’ANGICOURT
MAISON MUNICIPALE DE SANTÉ
HOPITAL DES ENFANTS-MALADES
HOPITAL D’ENFANTS
HOPITAL TROUSSEAU
MAISON DE CONVALESCENCE
FONDATION FORTIN
LES TROIS NOUVEAUX HOPITAUX D’ENFANTS
HOPITAL DE LA RUE MICHEL-BIZOT
HOPITAL DE LA RUE CARPEAUX
HOPITAL HEROLD
HOPITAL MARITIME
SANATORIUM D’ENFANTS
HOSPICE DES ENFANTS-ASSISTÉS
MAISON DES SEVRÉS
HOSPICE DE BICÊTRE
HOSPICE DE LA SALPÊTRIÈRE
HOSPICE D’IVRY
HOSPICE DE BRÉVANNES
MAISON DE RETRAITE DES MÉNAGES
FONDATION DEVILLAS
MAISON DE RETRAITE DE LA ROCHEFOUCAULD
INSTITUTION SAINTE-PÉRINE
HOSPICE SAINT-MICHEL
FONDATION LENOIR-JOUSSERAN
HOSPICE DE LA RECONNAISSANCE
MAISON DE RETRAITE CHARDON-LAGACHE
FONDATION GALIGNANI
FONDATION ROSSINI
HOSPICE DEBROUSSE
FONDATION DHEUR
FONDATION CHEMIN-DELATOUR
FONDATIONS RIBOUTTÉ-VITALLIS ET HARTMANN
RIBOUTTÉ-VITALLIS
HARTMANN
FONDATION DAVAINE
FONDATION PARENT-DE-ROSAN
ÉCOLE D’ALEMBERT
ÉCOLE LE NOTRE
ÉCOLE PROFESSIONNELLE ET MÉNAGÈRE
ÉCOLE ROUDIL
ÉCOLE MARITIME DE PORT-HALLAN
ORPHELINAT DOUCHIN
STATION SUBURBAINE DE CHATILLON
FONDATION VALLÉE
ASILE LAMBRECHTS
LES TROIS MATERNITÉS BOUCICAUT
AMPHITHEATRE D’ANATOMIE
TITRE IX
Programme des matières du concours pour l’emploi de commis rédacteur
Proportion pour cent de la population indigente à la population générale (Voir pl. IV)
Enfants assistés de la Seine: agences, écoles et placements divers (Voir pl. V)
État des propriétés domaniales dans Paris
État des propriétés domaniales hors Paris

INTRODUCTION
Table des matières
Au moment de l’Exposition universelle de 1889, l’Administration générale de l’Assistance publique à Paris, qui, deux ans avant, en 1887, avait déjà publié un important recueil des lois, décrets et ordonnances qui la régissent, décida de faire paraître une sorte de guide pratique des divers services dont elle a la charge. Ce volume, de près de 300 pages in-octavo, eut un véritable succès; il répondait à un besoin réel pour beaucoup de gens qui désiraient connaître le fonctionnement de l’assistance parisienne, et il était, pour ceux qui le connaissaient déjà, un memento commode, souvent utilisable.
Nous avons pensé que ce succès du livre publié en 1889 était une circonstance engageante pour une publication nouvelle, plus étendue, plus complète, plus documentée. Il nous a semblé d’une opportunité certaine de faire coïncider cette publication avec l’Exposition universelle de 1900, c’est-à-dire avec la fin d’un siècle qui, venu après de grands événements novateurs ou rénovateurs de tant de choses et de tant d’idées, avait eu à subir une guerre européenne à son début, avait vu les lettres et les arts orner le milieu de sa route d’une floraison superbe et telle qu’il n’en avait fleuri d’aussi riche depuis la Renaissance, qui s’achevait enfin au milieu d’un grand et rapide mouvement scientifique plein d’étonnements et de surprises pour l’homme, plein d’heureuses et prochaines promesses pour l’humanité.
Montrer ce que l’Assistance publique a fait durant ce siècle dont elle a plus connu les misères que les gloires; indiquer d’un trait discret ce qu’était l’assistance d’autrefois, ce qu’elle est aujourd’hui, en laissant à chacun le soin de la comparaison et de la libre critique; exposer la situation actuelle très simplement, très loyalement, par des faits et par des chiffres: telle est l’œuvre que nous avons tenté de faire en publiant le présent livre.
Dès que le plan en fut dressé, nous en avons partagé l’exécution entre un certain nombre de nos collaborateurs qui, sous la haute surveillance de M. le secrétaire général DEROUIN et de M. l’inspecteur GORY, avec le concours de M. l’inspecteur. NIELLY, de MM. les chefs de division VAILLANT et ROUSSEAU, de MM. les chefs de bureau MAURIN, BORELY, LEJARS, de M. PARTURIER, se mirent immédiatement au travail. D’autre part, les architectes et l’ingénieur de l’Administration établissaient les plans des établissements hospitaliers ou de service général, et deux de nos directeurs d’hôpitaux, MM. GILLET et MOUTON, commençaient cette collection de photographies qui reproduisent, d’après les tableaux et les gravures, les choses du passé, fixent celles que le temps menace d’une destruction prochaine, montrent ce qui est aujourd’hui le progrès dans les établissements et les services, progrès essentiellement provisoire que la science rejettera peut-être très tôt dans le néant où gisent pêle-mêle les idées mortes ou démodées et où s’élaborent peut-être aussi les découvertes de l’avenir.
Le lecteur qui voudra bien parcourir ce livre y trouvera, après un historique que nous n’avons pas voulu trop long et qui constitue le titre premier, un titre II contenant une brève notice sur chacun des hommes qui ont été placés à la tête de l’Administration depuis 1849; puis, dans deux chapitres distincts, les noms des membres du Conseil de surveillance et aussi ceux des membres du Conseil municipal qui, depuis 1872, ont présidé la Commission permanente chargée des questions intéressant l’Assistance publique, ou qui ont été devant le Conseil les rapporteurs de son budget.
Sous le titre III se trouvent réunis les documents relatifs à la population secourue et à la classification des services.
Le titre IV est consacré au personnel, au service des travaux, au droit des pauvres. — Pour le personnel, nous avons tenu à conserver, à côté des noms des médecins et chirurgiens en exercice, ceux des internes ou externes qui forment la liste glorieuse et triste des victimes du devoir, comme nous avons voulu faire figurer les noms de ceux qui, plus heureux, ont vu le devoir accompli récompensé de distinctions honorifiques; et nous avons pensé qu’il convenait de mettre avec eux les noms des infirmiers et infirmières qui ont mérité des distinctions semblables. Il n’était que juste, en effet, d’associer ces noms sur une liste unique et d’affirmer ainsi la solidarité qui unit, devant le danger comme devant le devoir, le corps médical et ses modestes auxiliaires.
Le titre V est consacré au fonctionnement des services: Administration centrale, hôpitaux, hospices et maisons de retraite, établissements de service général, secours à domicile.
Le titre VI traite du régime financier.
Le titre VII comprend tout l’important service des enfants assistés de la Seine.
Le titre VIII est le plus développé de tous, et forme, à lui seul, près de la moitié du volume; il comprend la monographie de tous les établissements de l’Assistance publique. Ce qu’il importe de remarquer, c’est que si, pour chacun des plans des établissements, on a pris soin d’employer partout les mêmes lettres indicatrices pour les mêmes services, les monographies, de leur côté, sont rédigées dans un tel ordre que chaque service y figure toujours à la même place. Cette disposition nous paraît heureuse et facilitera, pensons-nous, l’étude que nous souhaitons qu’on fasse du livre que publie aujourd’hui l’Administration à l’occasion de l’Exposition de 1900.
Ce livre, nous voudrions qu’il fût beaucoup lu, non pas seulement pour l’honneur légitime qui en reviendrait à nos collaborateurs, mais parce que, passionnément dévoué à l’Assistance publique, nous voudrions que les critiques qu’on en fait fussent plus documentées, mieux précisées, plus dégagées du parti pris, plus affranchies de la tyrannie des formules toutes faites et des aphorismes acceptés sans contrôle, comme des croyances; — ainsi peut s’accuser de faire chacun de nous, pour peu qu’il s’examine et se veuille confesser; — parce que plus sérieuses, et sûres, ces critiques, que nous appelons, loin de les redouter, nous pourraient conduire à des perfectionnements, à des améliorations, à des modifications dont les malheureux seraient, en fin de compte, les bénéficiaires.
Peut-être, en feuilletant ces pages, en examinant ces gravures, le lecteur pensera-t-il que beaucoup d’établissements anciens, intéressants par les faits qui s’y sont autrefois passés et dont quelques-uns appartiennent à l’histoire, sont aujourd’hui plus pittoresques aux yeux de l’artiste qu’hygiéniques aux regards du médecin; peut-être regrettera-t-il que les établissements et les services nouveaux ne soient pas plus nombreux, mais il lui, sera facile de se rendre compte que l’extension rapide de Paris dans la seconde moitié du siècle n’a pas toujours permis à l’Assistance publique de trouver les ressources qu’il lui aurait fallu pour marcher d’un pas égal, et, se souvenant, comme nous, de ce que la Ville de Paris a fait déjà pour son Assistance publique, comme nous il aura la conviction que la Ville de Paris voudra créer les ressources nécessaires pour avoir enfin, dès le commencement du vingtième siècle, des établissements hospitaliers dignes de sa richesse et de sa grandeur, dignes de son amour du progrès, dignes de ses traditions de bonté et de son passé charitable, dignes enfin de ses généreuses aspirations et de son amour de la justice.
Le Directeur de l’Administration de l’Assistance publique,
Dr HENRI NAPIAS
Membre de l’Académie de médecine.

TITRE I
Table des matières
Historique jusqu’en 1849

L’ANCIEN RÉGIME
Table des matières
HOTEL-DIEU. — HOPITAL GÉNÉRAL. — GRAND BUREAU DES PAUVRES
Avant 1789, les secours publics étaient donnés, dans Paris, par trois grands établissements: l’Hôtel-Dieu. le Grand Bureau des pauvres et l’Hôpital général. Créés chacun avec une destination déterminée, ils sont l’origine des trois formes d’assistance aujourd’hui connues: l’hôpital dérive de l’Hôtel-Dieu; l’hospice, de l’Hôpital général, et les secours à domicile, du Grand Bureau des pauvres.
A côté de ces trois grandes administrations, la charité privée s’exerçait au moyen d’une multitude d’œuvres particulières, écloses sous l’empire d’un sentiment religieux ou humanitaire, dont plusieurs ont subsisté et font encore partie de l’Administration générale de l’Assistance publique à Paris.
I. — Administration
Table des matières
I. — LES ORIGINES. — L’HÔTEL-DIEU, — Le premier et le plus ancien de ces établissements était l’Hôtel-Dieu, dont les origines obscures remontaient, sans doute, aux premiers siècles de l’Église de Paris.
Les conciles ayant recommandé de pratiquer l’hospitalité envers les pèlerins et les pauvres, les évêques leur avaient ouvert les portes de leur maison, et le palais épiscopal servait ainsi de lieu de refuge.

Cette hospitalité ayant pris, dans la suite, une importance toujours croissante, il était devenu nécessaire de construire un bâtiment séparé, tout à côté de l’église métropolitaine, et les évêques s’étaient déchargés, sur leur chapitre, du soin de la direction de cet hôpital, vers l’an 830.
Le chapitre de Paris conserva jusqu’au XVIe siècle l’administration exclusive de l’Hôtel-Dieu. Il déléguait son autorité à deux de ses membres qui, sous le nom de proviseurs, s’occupaient plus particulièrement des détails du service et qui avaient sous leurs ordres un maître et une prieuse: le premier, commandant au personnel masculin, religieux et laïque, et la seconde, qui avait la surveillance des salles, au personnel féminin attaché au soin des malades.
II. — DE 1505 A 1690. — SÉCULARISATION DE L’ADMINISTRATION HOSPITALIÈRE AU XVIe SIÈCLE. — RÔLE DE LA COMMUNE. — En 1505, de graves désordres déterminèrent le roi Louis XII à enlever aux chanoines l’administration temporelle de l’Hôtel-Dieu et à la confier à huit notables bourgeois, assistés d’un receveur salarié, nommés par le prévôt des marchands et les échevins. Ces huit bourgeois formèrent le Bureau de l’Hôtel-Dieu, qui fonctionna jusqu’à la Révolution.
La sécularisation de 1505 marquait une orientation nouvelle dans la voie des réformes hospitalières; la commune devenait à la fois et la source et le centre de l’activité charitable.
Lorsque François Ier fonda, en 1544, le Grand Bureau des pauvres, il attribua également au prévôt des marchands et aux échevins la nomination des commissaires qui composèrent ce Grand Bureau.
La prépondérance de la municipalité subsista ainsi pendant toute la durée du XVIe siècle. D’ailleurs, ce fait ne fut point particulier à Paris; il se généralisa dans toute l’étendue du royaume, et l’édit de Charles IX, en 1561, attribua aux communautés des villes le droit de nommer les administrateurs des hôpitaux.
III. — DE 1690 A 1789. — PRÉPONDÉRANCE DU PARLEMENT. — LE GRAND BUREAU DE L’HÔTEL-DIEU. — L’HÔPITAL GÉNÉRAL. — Au XVIIIe siècle, la face des choses change, et les différents organes de l’assistance publique passent insensiblement sous la haute surveillance du Parlement.
L’édit de Louis XIV, du 27 avril 1656, confie au premier président et au procureur général du Parlement la direction du nouvel établissement fondé par lui sous le nom d’Hôpital général, pour le «renfermement» des mendiants. Enfin, par ses lettres patentes de janvier 1690, Louis XIV dote l’administration hospitalière de Paris d’une haute direction, confiée à un Grand Bureau, ainsi composé : l’archevêque de Paris, président; le premier président du Parlement, le premier président de la Chambre des comptes, le premier président de la Cour des aides, le procureur général du Parlement, le lieutenant de police, le prévôt des marchands. Ce Grand Bureau s’assemblait à l’archevêché.
Au-dessous de lui, fonctionnaient séparément les administrations particulières de l’Hôtel-Dieu et de l’Hôpital général.
A l’Hôtel-Dieu, un arrêt du Parlement, du 3 mars 1654, avait porté de huit à douze le nombre des administrateurs.
De plus, le Bureau, dont les membres étaient autrefois nommés par la municipalité, se recrutait désormais lui-même. On y rencontrait des conseillers au Châtelet, des avocats, des fermiers généraux, tous gens appartenant à la bourgeoisie la plus riche et la plus considérée. Ils se réunissaient deux fois par semaine et s’occupaient des détails courants du service: comptabilité, approvisionnement, marchés et adjudications. L’administration de l’Hôpital général était confiée à vingt-six directeurs, nommés à vie, et formait, comme à l’Hôtel-Dieu, un Bureau se recrutant lui-même. Ils s’assemblaient tantôt à l’archevêché, avec les chefs de la direction qui composaient le Grand Bureau dont nous avons parlé plus haut, tantôt à la Pitié, siège de l’administration, où ils tenaient deux fois par semaine leurs assemblées ordinaires, destinées à l’expédition des «affaires communes», les matières importantes étant réservées aux assemblées générales.
ANCIEN HÔTEL-DIEU

IV. — LE GRAND BUREAU DES PAUVRES, — L’administration des secours à domicile était attribuée au Grand Bureau des pauvres, fondé par François Ier le 7 novembre 1544. Ce n’est pas à dire que les secours à domicile ne fussent pas pratiqués avant cette date, mais ils rentraient dans les attributions de police dévolues au Parlement chargé de réprimer les délits de mendicité et de vagabondage. Les lettres patentes de 1544 donnèrent au prévôt des marchands et aux échevins la «superintendance et la conduite des choses requises pour l’entretenement de la communauté des pauvres».
En vertu de cette superintendance, la municipalité parisienne devait organiser des travaux publics pour les mendiants valides, et nommer les commissaires du Grand Bureau des pauvres, qui devenait ainsi l’organe, spécialement investi, de l’administration des secours à domicile.
Ce Grand Bureau des pauvres se composait de trente-deux personnages notables, partagés en deux Bureaux- distincts; les uns, au nombre de seize, portaient le titre de commissaires honoraires: c’était là une sorte de Conseil supérieur, analogue au Grand Bureau de l’Hôtel-Dieu et de l’Hôpital général.
Il y avait six conseillers du roi au Parlement, un membre de la Chambre des comptes, deux chanoines de Notre-Dame ou de la Sainte-Chapelle, trois curés docteurs ou bacheliers en théologie et quatre avocats au Parlement ou au Châtelet.
Les seize autres membres formaient le Bureau proprement dit; on les appelait commissaires de quartier, parce qu’ils étaient choisis dans chacun des seize quartiers ou grosses paroisses de Paris où ils devaient procéder à la distribution des secours.
Le Conseil supérieur disparut au XVIIe siècle, et le Grand Bureau ne se composa plus que des commissaires de quartier, sous la direction du procureur général du Parlement.
Ils se réunissaient, place de Grève, deux fois par semaine, et aussi à certains jours de fête.
Ainsi, à la veille de la Révolution, les trois administrations que nous venons de décrire sommairement étaient indépendantes les unes des autres. L’institution du Grand Bureau de l’Hôtel-Dieu et de l’Hôpital général donnait bien, à l’administration hospitalière, une apparence d’unité ; mais, en fait, les administrations se jalousaient, au point d’entrer publiquement en lutte les unes contre les autres. De même, le fait que le procureur général du Parlement était à la fois directeur du Grand Bureau des pauvres et membre de droit du Grand Bureau de l’Hôtel-Dieu et de l’Hôpital général ne pouvait créer qu’une ombre d’affinité entre ces trois institutions.