Kitabı oku: «Le nouveau magasin des enfants»

Yazı tipi:

Alexandre Dumas, Paul de Musset, Édouard Ourliac

Le nouveau magasin des enfants


Publié par Good Press, 2022

goodpress@okpublishing.info

EAN 4064066317942

Table des matières

LA BOVILLIE DE LA COMTESSE BERTHE

LES COBOLDS.

LE VIEUX CHATEAU

L’AMBASSADE

LA BOUILLIE AU MIEL

L’APPARITION

LE PAIN DE MUNITION ET L’EAU CLAIRE

WALDEMAR DE ROSENBERG

LA BERCEUSE

WILBOLD DE EISENFELD

LE CHEVALIER HANS DE WARBURG

HILDA

LA MAIN DE FEU

LE CHEVALIER TORALD

LES CONJUREURS D’ESPRITS

LE CHEVALIER A LA QUENOUILLE

LE TRÉSOR

CONCLUSION

MONSIEUR LE VENT ET MADAME LA PLUIE

1

II

III

IV

V

VI

VII

VIII

IX

X

XI

XII

XIII

XV

XIV

LE PRINCE COQUELUCHE

I

II

III

IV

V

VI

VII

VIII

IX

X

XI

XII

XIII

XIV

XV

XVI

XVII

XVIII

XIX

XX

XXI

XXII

XXIII

XXIV

XXV


LA BOVILLIE DE LA COMTESSE BERTHE

Table des matières


CE QUE C’ÉTAIT QUE LA COMTESSE BERTHE.

IL y avait un jour un vaillant chevalier nommé Osmond de Rosenberg, lequel choisit pour femme une Berthe n’aurait pas pu se mesurer, je le sais bien, avec les grandes dames de nos jours, quoiqu’elle fût certainement aussi noble que la plus noble; mais elle ne parlait que le bon vieux allemand, ne chantait pas l’italien, ne lisait pas l’anglais, et ne dansait ni le galop, ni la valse à deux temps, ni la polka; mais en revanche, elle était bonne, douce, compatissante, veillait avec soin à ce qu’aucun souffle ne ternît le miroir de sa réputation. Et] quand elle parcourait ses villages, non pas dans une élégante calèche, avec un chien du roi Charles sur la banquette de devant, mais à pied, avec son sac d’aumône à la main, un Dieu vous le rende, dit par la voix reconnaissante du vieillard, de la veuve ou de l’orphelin, lui paraissait plus doux à l’oreille que la plus mélodieuse ballade du plus célèbre Minnesinger, ballade que parfois cependant payaient d’une pièce d’or ceux-là mêmes qui refusaient une petite monnaie de cuivre au pauvre qui se tenait debout à demi nu et grelottant sur la route, son chapeau troué à la main.




LES COBOLDS.

Table des matières

AUSSI les bénédictions de toute la contrée retombaient comme une douce rosée de bonheur sur Berthe et sur son mari. Des moissons dorées couvraient leurs champs, des grappes de raisins monstrueux faisaient craquer leurs treilles, et si quelque nuage noir chargé de grêle et d’éclairs s’avançait sur leur château, un souffle invisible le poussait aussitôt vers la demeure de quelque méchant châtelain au-dessus de laquelle elle allait éclater et faire ravage.

Qui poussait ainsi le nuage noir, et qui préservait de la foudre et de la grêle les domaines du comte Osmond et de la comtesse Berthe? Je vais vous le dire.

C’étaient les nains du château.

Il faut vous dire, mes chers enfants, qu’il y avait autrefois en Allemagne une race de bons petits génies qui malheureusement a disparu depuis, dont le plus grand atteignait à peine six pouces de haut, et qui s’appelaient cobolds. Ces bons petits génies, aussi vieux que le monde, se plaisaient surtout dans les châteaux dont les propriétaires étaient, selon lecœur de Dieu, bons eux-mêmes. Ils détestaient les méchants, les punissaient par de petites méchancetés à leur taille, tandis qu’au contraire ils protégeaient de tout leur pouvoir, qui s’étendait sur tous les éléments, ceux que leur excellent naturel rapprochait d’eux; voilà pourquoi ces petits nains, qui, de temps immémorial, habitaient le château de Wistgaw, après avoir connu leurs pères, leurs aïeux et leurs ancêtres, affectionnaient tout particulièrement le comte Osmond, ainsi que la comtesse Berthe, et poussaient avec leur souffle bien loin de leurs domaines bénis le nuage chargé de grêle et d’éclairs.



LE VIEUX CHATEAU

Table des matières

Ln jour Berthe entra chez son mari, et lui dit:


«Mon cher seigneur, notre château se fait vieux, et menace de tomber en ruines; nous ne pouvons rester plus longtemps avec sécurité dans ce manoir tout chancelant, et je crois, sauf votre avis, qu’il faudrait nous faire bâtir une autre demeure.

— Je ne demande pas mieux, répondit le chevalier, mais une chose m’inquiète.

— Laquelle?

— Quoique nous ne les ayons jamais vus, il n’est point que vous n’ayez entendu parler de ces bons cobolds qui habitent les fondations de notre château. Mon père avait entendu dire à son aïeul, qui le tenait d’un de ses ancêtres, que ces petits génies étaient la bénédiction du manoir; peut-être ont-ils pris leurs habitudes dans cette vieille demeure; si nous allions les fâcher en les dérangeant et qu’ils nous abandonnassent, peut-être notre bonheur s’en irait-il avec eux.»

Berthe approuva ces paroles pleines de sagesse, et son époux et elle se décidèrent à habiter le château tel qu’il était, plutôt que de désobliger en rien les bons petits génies.

L’AMBASSADE

Table des matières

La nuit suivante, la comtesse Berthe et le comte Osmond étaient couchés dans leur grand lit à baldaquin, supporté par quatre colonnes torses, lorsqu’ils entendirent un bruit comme serait celui d’une multitude de petits pas qui s’approcheraient venant du côté du salon. Au même moment la porte de la chambre à coucher s’ouvrit, et ils virent venir à eux une ambassade de ces petits nains dont nous venons de parler. L’ambassadeur, qui était à leur tête, était richement vêtu à la mode du temps, portait un manteau de fourrure, un justaucorps de velours, un pantalon mi-parti, et de petits souliers démesurément pointus. A son côté était une épée du plus fin acier, et dont la poignée était d’un seul diamant. Il tenait poliment à la main sa petite toque chargée de plumes, et, s’approchant du lit des deux époux, qui les contemplaient avec étonnement, il leur adressa ces paroles:




AUPRÈS de nous ce bruit est parvenu,

Que dans l’espoir de vos destins prospères,

Un grand désir ce soir vous est venu

De rebâtir le château de vos pères.

Eh! c’est bien fait, car le manoir est vieux!

L’âge a miné le noir géant de pierre,

Et l’eau sur vous, dans les jours pluvieux,

Filtre au travers de son manteau de lierre.

Que l’ancien burg roule donc abattu,

Et qu’il sorte une maison plus belle;

Mais des aïeux, que l’antique vertu

Vienne habiter la demeure nouvelle.

Le comte Osmond était trop étonné de ce qui lui arrivait pour répondre à ces paroles autrement que par un geste amical de la main; mais l’ambassadeur se contenta de cette politesse, et se retira après avoir cérémonieusement salué les deux époux.



Le lendemain le comte et la comtesse se réveillèrent fort satisfaits, la grande difficulté était levée: en conséquence, fort du consentement de ses bons petits amis, Osmond fit venir un architecte habile, qui, le même jour, ayant condamné le vieux château à être démoli, mit une partie de ses hommes à l’ouvrage, tandis que l’autre tirait de nouvelles pierres des carrières, abattait les grands chênes destinés à faire des poutres, et les sapins destinés à faire des solives. En moins d’un mois le vieux burg fut rasé au niveau de la montagne; et comme le nouveau château ne pouvait être bâti, au dire de l’architecte lui-même, que dans l’espace de trois ans, le comte et la comtesse se retirèrent, en attendant cette époque, dans une petite métairie qu’ils avaient dans les environs de leur délicieux manoir.





LA BOUILLIE AU MIEL

Table des matières

Cependant le château avançait rapidement, car les maçons y travaillaient le jour, et les petits nains y travaillaient la nuit. D’abord les ouvriers avaient été fort épouvantés en voyant que chaque matin ils trouvaient, en revenant à la besogne, le château grandi de quelques assises. Ils en parlèrent à l’architecte, qui en parla au comte, lequel lui avoua que, sans en être complétement sûr, cependant tout le portait à croire que c’étaient ses petits amis les nains qui, sachant combien il était pressé d’entrer dans son nouveau manoir, se livraient à ce travail nocturne. En effet, un jour, on trouva sur les échafaudages une petite brouette pas plus grande que la main, mais si admirablement faite en bois d’ébène cerclé d’argent, qu’on eût dit quelque joujou fait pour l’enfant d’un roi. La maçon qui avait trouvé la brouette la montra à ses compagnons, et le soir l’emporta chez lui pour la donner à son petit garçon; mais au moment où celui-ci allait mettre la main dessus, la brouette se mit à rouler toute seule, et se sauva par la porte avec une telle rapidité, que, quoique le pauvre maçon courût après elle de toute la force de ses jambes, elle disparut en une seconde. Au même moment il entendit de petits éclats de rire aigus, stridents et prolongés: c’étaient les cobolds qui se moquaient de lui.




Au reste, il était bien heureux que les petits nains se fussent chargés de la besogne; car s’ils n’en eussent pas fait leur bonne part, au bout de six ans le château n’eût pas encore été fini. Il est vrai que cela faisait juste le compte de l’architecte, ces honorables remueurs de pierres ayant l’habitude, Dieu vous garde, mes chers petits bons hommes, de l’apprendre un jour à vos dépens, de mentir ordinairement de moitié.

Donc, vers la fin de la troisième année, au moment où l’hirondelle, après avoir pris congé de nos fenêtres, prenait congé de nos climats; à cette époque où les autres oiseaux qui sont forcés de rester dans nos froides contrées devenaient eux-mêmes plus tristes et plus rares, le nouveau château commençait à prendre une certaine figure, mais était cependant bien loin encore d’être fini. Ce que voyant la comtesse Berthe, un jour qu’elle présidait au travail des ouvriers, elle leur dit avec sa douce voix:


«Eh bien, mes bons travailleurs, est-ce que l’ouvrage avance autant que vous pouvez le faire avancer? Voici l’hiver qui frappe à la porte, et le comte et moi sommes si mal logés dans cette petite métairie, que nous voudrions la quitter pour le beau château que vous nous bâtissez. Voyons, mes enfants, voulez-vous bien vous dépêcher et tâcher que nous y entrions dans un mois, et je vous promets, moi, le jour où vous aurez posé le bouquet sur la plus haute tour, de vous régaler d’une bouillie au miel, que jamais vous n’aurez mangé la pareille; et, il y a plus, je fais le serment qu’au jour anniversaire de ce grand jour, vous, vos enfants et vos petits-enfants, recevrez même politesse de moi d’abord, puis ensuite de mes enfants et de mes petits-enfants.


L’invitation à manger une bouillie au miel n’était pas, dans le moyen âge, si mince que parût le cadeau au premier abord, une invitation à dédaigner, car c’était une manière de vous convier à un bon et copieux dîner. On disait donc: Venez manger demain une bouillie au miel avec moi, comme on dit aujourd’hui: Venez manger ma soupe; dans l’un et l’autre cas le dîner était sous-entendu, avec cette différence seulement, que la bouillie se mangeait à la fin du repas, tandis que la soupe, au contraire, se mange au commencement.

Aussi, à cette promesse l’eau vint-elle à la bouche des travailleurs; ils redoublèrent donc de courage, et avancèrent si rapidement, que le 1er octobre le château de Wistgaw se trouva terminé.


De son côté, la comtesse Berthe, fidèle à sa promesse, fit préparer pour tous ceux qui avaient mis la main à l’ouvrage un splendide repas, qu’il fallut, à cause de la quantité des convives, servir en plein air.

Au potage, le temps paraissait on ne peut plus favorable, et personne n’avait songé à cet inconvénient de dîner ainsi sans abri; mais au moment où l’on apportait dans cinquante énormes saladiers la bouillie au miel toute fumante, des flocons de neige tombèrent épais et glacés dans tous les plats.


Cet incident, qui dérangea la fin du dîner, contraria si fort la comtesse Berthe, qu’elle décida qu’à l’avenir on choisirait le mois des roses pour continuer cette fête, et l’anniversaire du repas où devait être servie la fameuse bouillie au miel fut fixé au 1er mai.

De plus, Berthe assura la fondation de cette pieuse et solennelle coutume par un acte dans lequel elle s’obligeait et obligeait ses descendants et ses successeurs, à quelque titre que leur vînt le château, à donner, à cette même époque du 1er mai, une bouillie au miel à ses vassaux, déclarant qu’elle n’aurait pas de repos dans sa tombe si l’on n’observait pas ponctuellement cette religieuse institution.


Cet acte, écrit par un notaire sur parchemin, fut signé par Berthe, scellé du sceau du comte, et déposé dans les archives de la famille.

L’APPARITION

Table des matières

Pendant vingt années, Berthe présida elle-même avec la même bonté et la même magnificence au repas qu’elle avait fondé ; mais enfin, dans le courant de la vingt et unième année, elle mourut en odeur de sainteté, et descendit dans le caveau de ses ancêtres au milieu des larmes de son mari et des regrets de toute la contrée. Deux ans après, le comte Osmond lui-même, après avoir religieusement observé la coutume fondée par sa femme, mourut à son tour, et l’unique successeur de la famille fut son fils, le comte Ulrick de Rosenberg, lequel, héritant du courage d’Osmond et des vertus de Berthe, ne changea rien au sort des paysans, et fit au contraire tout ce qu’il lui fut possible pour l’améliorer.



Mais tout à coup une grande guerre fut déclarée, et de nombreux bataillons ennemis, remontant le Rhin, s’emparèrent successivement des châteaux bâtis sur les rives du fleuve; ils venaient du fond de l’Allemagne, et c’était l’Empereur qui faisait la guerre aux Burgraves.

Ulrick n’était pas de force à résister; cependant, comme c’était un chevalier extrêmement brave, il se fût volontiers enseveli sous les ruines de son château, s’il n’eût songé aux malheurs que cette résistance désespérée allait attirer sur le pays. Dans l’intérêt de ses vassaux, il se retira en Alsace, laissant le vieux Fritz, son intendant, pour veiller aux domaines et aux terres qui allaient demeurer aux mains de l’ennemi.


Le général qui commandait les troupes qui marchaient sur ce point se nommait Dominik; il se logea au château, qu’il trouva fort à sa convenance, et cantonna ses soldats dans les environs.


Ce général était un homme de basse extraction, qui avait commencé par être simple soldat, et que la faveur du prince, bien plus que son courage et son mérite, avait porté au grade de général.

Je vous dis cela, mes chers enfants, pour que vous ne croyiez pas que j’attaque ceux qui de rien deviennent quelque chose; au contraire, de ceux-ci j’en fais le plus grand cas lorsqu’ils ont mérité le changement qui s’est fait dans leur destinée; il y a deux genres d’officiers de fortune: ceux qui arrivent et ceux qui parviennent.

Or, le général n’était qu’un grossier et brutal parvenu: élevé au pain du bivac et à l’eau de la source, comme pour rattraper le temps perdu, il se faisait servir avec profusion les mets les plus délicats et les vins les plus recherchés, donnant le reste de ses repas à ses chiens, au lieu d’en faire profiter ceux qui l’entouraient.



Aussi, dès le premier jour de son arrivée au château, fit-il venir le vieux Fritz et lui donna-t-il une liste des contributions qu’il comptait lever sur le pays, liste tellement exagérée, que l’intendant tomba à ses pieds, le suppliant de ne pas peser d’une façon si dure sur les pauvres paysans. Mais pour toute réponse le général lui dit que, comme la chose qui lui était le plus désagréable au monde, c’était d’entendre les gens se plaindre, à la première réclamation qui arriverait jusqu’à lui, il doublerait ses demandes. Le général était le plus fort, il avait le droit du vainqueur, il fallut se soumettre.


On devine qu’avec le caractère connu de M. Dominik, Fritz fut assez mal reçu quand il vint lui parler de la fondation de la comtesse Berthe: le général se prit à rire dédaigneusement, et répondit que c’étaient les vassaux qui étaient faits pour nourrir leurs seigneurs, et non les seigneurs qui devaient nourrir les vassaux; qu’en conséquence, il invitait les conviés ordinaires de la comtesse Berthe à aller dîner le 1er mai où bon leur semblerait, leur annonçant en tout cas que ce ne serait pas chez lui.


Cette journée solennelle s’écoula donc, pour la première fois depuis vingt-cinq ans, sans avoir vu se rassembler autour de la table hospitalière les joyeux vassaux du domaine de Rosenberg; mais la terreur qu’inspirait Dominik était si grande, que nul n’osa réclamer. D’ailleurs, Fritz avait accompli les ordres reçus, et les paysans étaient prévenus que les intentions de leur nouveau maître n’étaient pas de suivre les anciennes traditions.

Quant à Dominik, il soupa avec son intempérance habituelle, et, s’étant retiré dans sa chambre, après avoir posé comme d’habitude des sentinelles dans les corridors et aux portes du château, il se coucha et s’endormit.


Contre la coutume, le général se réveilla au milieu de la nuit; il avait si bien l’habitude de dormir tout d’un somme, qu’il crut d’abord être arrivé au lendemain matin, mais il se trompait, il ne faisait pas encore jour, et, à travers l’ouverture faite au contrevent, il voyait briller les étoiles au ciel.

D’ailleurs quelque chose d’extraordinaire se passait dans son âme: c’était comme une vague terreur, c’était comme le pressentiment d’une chose surhumaine qui allait arriver. Il lui semblait que l’air frissonnait tout autour de lui comme battu par l’aile des esprits de la nuit; son chien favori, qui était attaché dans la cour juste au-dessous de ses fenêtres, hurla tristement; et à ce cri plaintif le nouveau propriétaire du château sentit perler sur son front une sueur glacée. En ce moment, minuit commença


de sonner lentement, sourdement, à l’horloge du château; et à chaque coup la terreur de cet homme, qui passait cependant pour un brave, croissait tellement, qu’au dixième coup il ne put supporter l’angoisse qui s’était emparée de lui; et, se soulevant sur son coude, il se prépara à ouvrir la porte et à aller appeler la sentinelle. Mais au dernier tintement, et comme son pied allait toucher le parquet, il entendit la porte, qu’il se rappelait cependant à merveille avoir lui-même fermée en dedans, s’ouvrir toute seule et rouler sur ses gonds comme si elle n’avait ni serrures ni verrous; puis une lumière pâle se répandit dans l’appartement, et un pas léger, et qui cependant le fit frissonner jusqu’à la moelle des os, parut s’avancer de son côté. Enfin, au pied du lit apparut une femme enveloppée d’un grand linceul blanc, tenant d’une main une de ces lampes de cuivre comme on a l’habitude d’en allumer auprès des tombeaux, et de l’autre un parchemin écrit, signé et scellé. Elle approcha lentement, les yeux fixes, les traits immobiles, ses longs cheveux pendant sur les épaules, et quand elle fut près de celui qu’elle venait chercher, rapprochant la lampe du parchemin, de manière que toute la lumière portât dessus:



«Fais ce qui est écrit là,» dit-elle.

Et elle tint la lampe ainsi rapprochée du parchemin tout le temps nécessaire pour que, de ses yeux hagards, Dominik pût lire l’acte qui constituait d’une manière irréfragable la fondation à laquelle il avait refusé de se soumettre.


Puis, lorsque cette lecture terrible fut terminée, le fantôme, morne, silencieux et glacé, se retira comme il était venu; la porte se referma derrière lui, la lumière disparut, et le rebelle successeur du comte Osmond retomba sur son lit où il demeura cloué jusqu’au lendemain matin dans une angoisse dont il avait honte, mais que cependant il essaya vainement de surmonter.

Türler ve etiketler

Yaş sınırı:
0+
Litres'teki yayın tarihi:
17 ocak 2025
Hacim:
390 s. 318 illüstrasyon
ISBN:
4064066317942
Yayıncı:
Telif hakkı:
Bookwire
İndirme biçimi: