Kitabı oku: «Monographie de Le Douhet et ses environs»
Alfred Saisy
Monographie de Le Douhet et ses environs

Publié par Good Press, 2022
EAN 4064066314729
Table des matières
PRÉFACE
Commune de LE DOUHET
LA COMMUNE
LE DOUHET
VILLAGES
HISTOIRE
ANCIENNES FAMILLES
LES MESNARDS
LES PONS
MATHIEU FAURE
MARC RENÉ MARIE COMTE D’ARGENSON LE VOYER DE PAULMY
D’OUNOUS D’ANDURAND
L’AUDEBERDERIE
Un drame au Château=Gaillard en 1670
L’Aqueduc Romain
Fontaine du “ Gros Roc ”
DÉMOGRAPHIE
CONTRIBUTION
PAUL QUÉRÉ
Discours de M. le Docteur DES MESNARDS
Adieux de M. SAISY
Maisons d’école
Église
Le Cimetière
Église Réformée
Faune et Chasse
Champignons
Société de Secours Mutuels
CHRONIQUE AGRICOLE
PRÉFACE
Table des matières
En faisant revivre le passé de leur commune, vous vous efforcez, mon cher Saisy, de développer chez vos compatriotes du Douhet l’amour du sol où ils sont nés. Vous avez raison. Quand on les connaît mieux, les vieux murs lézardés, les rochers sombres et les sources qui en jaillissent, jalonnent la pensée des jeunes sur la route qu’ont suivie leurs ancêtres et qui, maintenant, s’ouvre toute large devant eux.
La petite patrie s’inscrit alors dans la grande et si son histoire développe moins d’enthousiasme que notre grande histoire nationale, elle est génératrice d’émotions plus douces et de liens plus étroits dans le culte du souvenir.
Je souhaite que votre exemple soit suivi et que l’on rencontre le plus possible de bonnes volontés pour dépouiller et vulgariser les vieilles archives de nos communes.
Votre monographie de la commune du Douhet instruira beaucoup de gens, et elle intéressera tout le monde.
Elle constituera en outre une œuvre sociale excellente, si elle doit avoir pour effet de retenir sur le sol natal, mieux apprécié et plus aimé, ceux que tenterait le mirage décevant des villes.
Octave LAURAINE.
député de Saintes.
Commune de LE DOUHET
Table des matières
Maire: M. HENRI BERTEAU;
Adjoint: M. EMILE TROCHET;
Conseillers:
MM. GASTON BLANCHET; HONORÉ VITTET;
MAURICE BERNUREAU; HENRY MÈGE;
GÉDÉON DESSENDIER; ALEXANDRE BOISSON;
EMILE JEAN; GUSTAVE CARTIER;
EDMOND PAUBLANC.
Secrétaire: A. SAISY.
1914
Le conseil municipal
de gauche à droite:
MM. PAUBLANC Ed.; CARTIER G.; BOISSON Alex.; MÈGE H.; BLANCHET G.; BERTEAU H., maire; BERNUREAU M.
et TROCHET Emile, adjoint. Sont absents: MM. DESSENDIER; Jean EMILE et VITET.

LA COMMUNE
Table des matières
Le terme commune, qui n’exprime plus aujourd’hui qu’une division de territoire considéré au point de vue de l’adminisration civile, servait au moyen-âge à désigner l’ensemble des habitants d’une paroisse ou d’une ville affranchie du joug féodal et qui possédait la plupart des prérogatives des républiques de l’antiquité.
L’origine des communes est multiple.
Les unes n’étaient que la continuation des municipes romains; les autres devaient leur affranchissement à une concession de leur seigneur, faite le plus souvent par lui dans le but de se procurer de l’argent.
L’organisation de ces républiques était fort simple. Dans chacune d’elles, le pouvoir exécutif était confié à des magistrats nommés maires, majeurs, échevins ou jurés dans le Nord; syndics, consuls, jurats ou capitouls dans le Midi.
L’histoire des communes nous apprend que cette organisation eut ses temps de splendeur et ses éclipses.
La déchéance des communes fut surtout complète sous le régime féodal.
Le cadre de cette modeste étude ne me permet pas de décrire tous les maux que déchaîna sur le monde la tyrannie féodale; néanmoins, je dirai, en passant, ce qu’était devenu le régime municipal dans ces temps de misère, d’humiliation, d’oppression sans mesure.
Tout appartient au roi, au clergé ou aux seigneurs. Les autres humains ne sont que des serfs, des esclaves. Les liens sociaux sont rompus. L’homme est étranger à l’homme. Il n’y a plus d’administration, il n’y a plus de justice, il n’y a plus de droits.
La pauvre espèce humaine est tombée dans un tel abrutissement que l’on peut craindre qu’elle ne s’en relève jamais.
La servitude est universelle.
Heureusement les empereurs et les rois s’aperçoivent que leur pouvoir s’affaiblit et que leur intérêt se trouve en harmonie avec les intérêts populaires.
C’est d’abord Othon qui, en Italie, laisse s’organiser les cités. Ce sont ensuite les communes flamandes, puis les communes françaises qui s’organisent.
La persévérance de la bourgeoisie, secondée par la royauté, triomphe; c’est de l’union de ces intérêts que sortirent les communes nouvelles dont la prospérité se maintient jusqu’au XVIme siècle, époque où elles s’effacent à l’ombre des trônes.
Elles ne disparurent pas cependant sans laisser des traces de leur existence. Elles avaient exercé, au contraire, une utile et durable influence. Elles avaient mis en vigueur deux grands principes des peuples modernes: le vote de la loi et celui de l’impôt par les citoyens.
Nous en retrouvons l’esprit dans le décret du 14 décembre 1789, à l’organisation des municipalités actuelles.
LE DOUHET
Table des matières
La commune du Douhet dépendait de l’ancienne province de Saintonge.
Au moment où l’histoire de France commence, le pays du Douhet est occupé par des Celtes ou Gaulois.
A l’arrivée de César dans les Gaules, nos ancêtres, vivant entre Loire et Garonne, se gouvernent eux-mêmes, comme les Belges et les Aquitains; ils ont été plus heureux que leurs compatriotes de la vallée du Rhône et du littoral méditerranéen: ils ont réussi à conserver provisoirement leur indépendance.
On appelait «Santones» les Celtes qui vivaient sur nos terres et, par extension, sur le territoire où, plus tard, au moment de la création de l’unité nationale, devaient être circonscrites les deux Charentes: ils montaient jusqu’aux îlots qui émergeaient des étangs maritimes où la Sèvre préparait son lit et où se formaient les terrains s’étendant actuellement de Niort à la mer.
Après la conquête romaine et lorsque fut achevée l’organisation des Trois Provinces et des Trois Goules, c’est-à-dire en l’an 27 avant J.-C., l’Entre-Loire-et-Garonne fut réuni administrativement à l’Aquitaine qui devint ainsi cinq fois plus grande qu’au temps de la Gaule indépendante. Toutefois les limites intérieures de la cité des «Santones», «Civitas Santonum», ne sont pas modifiées par les vainqueurs; ils rattachent simplement le pays à l’administration générale dont Bordeaux est la tête.
Vers la fin de la domination romaine, la circonscription des Santones, respectée pendant quatre siècles, fut démembrée au profit de la Civitas Ecolismensis (Angoulème); mais le pays du Douhet resta incorporé à l’ancien cadre celte: la nouvelle cité ne comprit que la partie orientale du département actuel de la Charente, les Pictavi (Poitevins) et les Pétrocorü (Périgourdins) en occupant le Nord et le Sud-Est.
Le Douhet fait partie du canton Nord de Saintes depuis le 14 vendémiaire an XIV, ainsi que les communes de Bussac, Chaniers, Fontcouverte, La Chapelle-des-Pots, Saint-Vaize, Venérand et Saintes (partie).
Cette commune appartint au canton d’Ecoyeux, district de Xantes, de 1794 à 1805.
Elle est limitée par les communes de Saint-Hilaire-de-Villefranche, au nord; de Juicq, au nord-ouest; de Saint-Vaize, à l’ouest; de Fontcouverte et Bussac, au sud; Ecoyeux Vénérand, à l’est.
Il semble qu’elle tire son nom de l’aqueduc romain qui la traverse. Le mot Doa, dans le bas latin, a le sens de fosse ou douve. D’après M. Georges Musset, on rencontre également Doga, Dova, Douva; mais le mot Douhet, dit-il, ne peut venir que du diminutif de ces expressions latines: doctum, dogetum, dovetum, signifiant une petite doue.
Le dictionnaire des noms par Lavedan-Larchey donne pour étymologie au Douhet (ou Douet) le mot «lavoir». R. P. Lesson dit canal ou chenal. Enfin on trouve dans du Cange (t. II), doha, dohé, douhé, douheta.
Ces différentes interprétations, somme toute, désignent incontestablement l’aqueduc, comme origine du nom donné à cette commune par nos ancêtres Gallo-Romains.
Il ne faut pas perdre de vue que le canal, ou aqueduc, qui conduisait à Saintes les eaux de la fontaine du Roc, fut construit, après la conquête de la Gaule, mais par les Gaulois sous la direction des Romains.
Superficie. — Aspect Général
La plus grande longueur de la commune du Douhet — de la limite de Juicq (grande métairie) à celle de Fontcouverte (chez Texier) — est de 7 km. 400. Sa plus grande largeur — de la route nationale n° 130 (La Sablière) à la limite de Saint-Vaize (La Pitié) — est de 4 km. 400. Sa superficie est de 1792 hectares.
Cette commune est accidentée. Une vallée très belle longe le chemin de grande communication n° 29 de Taillebourg à Cognac.
L’amateur du pittoresque qui aperçoit cette vallée du haut des rochers du Gros-Roc, au-dessus de la fontaine du même nom, est émerveillé de l’aspect des grands bois de chêne qui couvrent le coteau sud, du côté du Rochereau. Le paysage y est d’un très bel effet.
Une autre vallée, La Grand-font, traverse la commune de l’est à l’ouest, de la route nationale au chemin des «Anes»> entre chez Pérot, le Roc, le Château, le ruisseau et le chemin d’intérêt commun de Taillebourg à Ecoyeux. A remarquer également les vallons du Puy Lanté.
Le Bassin de chez Pérot, près le Bois des Anglais.

Les deux cinquièmes de son territoire sont couverts de bois de chêne, de bruyères et d’ajoncs. On ne rencontre à peu près que des bois: 1° entre les villages de La Chaume, Les Vinets, la Métairie et chez Turpeau; 2° dans les Didardes et la vallée des Brousses; 3° entre La Chaume, la route de Taillebourg, le Ruisseau et les Fontaines; 4° dans la vallée d’Obron, de la Thonne, de chez Siquet; 5° les grands bois des Quartiers, et dans l’entourage de chez Lanté, chez Boizeau, La Maisonneuve et chez Vieuille.
Les terres cultivables se trouvent dans les environs de chez Jaguenaud, le Grand-Fief (beau plateau aujourd’hui couvert de belles vignes), chez Pérot, les Grands-champs, les champs de La Croix, les trois Cornières, Les Rentes, l’Audeberderie, le Gros-Roc, Les Mollins et dans les alentours de tous les autres villages.
Il n’y a pas d’autre cours d’eau que le «Rochefollet» (ou La Planche), auquel la fontaine du Gros-Roc donne naissance; mais chaque village a sa grande mare dont l’eau croupissante sert à l’abreuvement du bétail. Elle est sans doute moins agréable et moins saine que l’eau claire et limpide des charmants ruisseaux de certaines régions, mais on n’a pas la peine de la tirer des puits qui ont fréquemment 15, 20 ou 25 mètres de profondeur.
Les bassins de chez Pérot et du Ruisseau alimentés par l’aqueduc, rendent de grands services. On y vient laver le linge de très loin et l’été, quand beaucoup de puits sont taris, on vient avec des tonneaux chercher de l’eau au bassin du Ruisseau. Il serait à désirer que ce bassin fût entouré d’un hangar où les lavandières seraient à l’abri du froid, du vent et de la pluie... Si la question de propriété en était discutée, ce qui me semble improbable, une simple expropriation pour utilité publique établirait un titre de propriété définitif.
Sur toute l’étendue du territoire communal, on trouve de la pierre de taille très renommée; mais principalement à La Chaume, à La Brangerie, à la Foucherie et dans la vallée d’Obron où une importante carrière, dite carrière de La Thonne, a été ouverte en 1905 par M. Marlaud, entrepreneur du 3e lot de la ligne de St-Jean-Saujon, à côté du viaduc de la Thonne de sept arches, 80 mètres de longueur et 22 mètres de hauteur.
Le bassin du “ Ruisseau ”

VILLAGES
Table des matières
Plusieurs villages ont disparu: Le Puits Roquet au tournant de la route de chez Turpeau, à droite. Un notaire restait là autrefois; il s’appelait Roquet. Le hameau porta son nom.
Un autre village existait au-dessous du bassin de Chez Pérot; on y a démoli un four à cuire le pain. Il devait exister au temps des Anglais, car il y a un petit bois, un peu plus bas, qui se nomme encore Le bois des Anglais.
Un village, Chez Vitet, existait entre La Maisonneuve et Chez Vieuille.
Les puits et des restes de constructions qui existent encore dans les bois de la Bornerie, de la Thonne, etc., sont des ruines de hameaux détruits.
Il reste encore néanmoins un nombre respectable de hameaux et villages. Je les transcris ci-après pour en consacrer l’existence, ainsi que les familles qui les habitent.

LA ROULERIE



Les villages de «chez Gaillard» et de chez Monnereau sont inhabités depuis longtemps. — Les maisons y sont en ruines.
HISTOIRE
Table des matières
1° TEMPS PRÉHISTORIQUES
M. Clouet, ancien instituteur au Douhet, qui s’est particulièrement occupé de cette question, connaît peu d’endroits, dans cette commune et dans les environs, où l’on ne trouve pas des silex taillés en forme de hache qu’on appelle «instruments chelléens». Il y en a très peu relativement de taillés en pointes amygdaloïdes; l’homme de cette époque cherche surtout à faire des instruments tranchants. Le biseau tend à remplacer la pointe.
Il y a des instruments qui pèsent jusqu’à quatre kilos. Ils paraissent appartenir à la période de transition entre le Chelléen et le Moustérien.
La grotte du Gros-Roc en a fourni quelques-uns de bien caractérisés, trouvés à l’est, dans le bois; d’autres étaient disséminés un peu partout dans la grotte. Il a été trouvé plus d’une trentaine de pièces chelléennes. M. Clouet en a recueilli dans la grotte, mais surtout dans les stations en plein air: Chez Barré, à la Glandinerie, commune d’Ecoyeux; chez Turpeau, à la Métairie et aussi à Etray, commune de Juicq; etc..
M. Clouet dit que les silex, les os et les dents de la couche moustérienne la plus ancienne du Gros-Roc, ont été mis de côté. N’y ayant pas trouvé trace du feu, il conclut que l’homme, au commencement de l’époque moustérienne, ne connaissait pas encore le feu et qu’il ne l’a connu qu’à la fin de cette très longue époque.
L’homme moustérien, dit-il, ne chasse pas seulement les chevaux; il chasse aussi les bœufs et les cerfs. La Grotte n’était habitée qu’accidentellement durant les époques excessivement froides. Aussitôt que la période du froid excessif était passée, on stationnait en plein air. Sur le territoire de la commune du Douhet, il n’y a pas de champs où l’on ne trouve du silex moustérien.
Il est difficile de concevoir la misère épouvantable qu’ont subie les habitants du Gros Roc vers le milieu de l’époque moustérienne. L’homme tuait son semblable et s’en nourrissait. Des familles entières ont dû disparaître et subir aussi la loi du plus fort.
Vers la fin de cette longue époque, le climat est devenu un peu moins froid et les habitants du Gros-Roc, que la misère a dû rendre ingénieux, commencent à utiliser le feu pour faire éclater leurs silex. Les familles se sont groupées et ne vivent plus isolées. Elles font la chasse en commun et, pour se rallier, dans les grands bois, elles ont de grossiers sifflets en pierre creuse.
La grotte du Gros-Roc ne paraît pas avoir été habitée à l’époque qui a succédé le moustérien; mais l’homme s’y réfugie de nouveau, plus tard, pour échapper au froid sec qui revient.
L’homme magdalénien, le dernier qui a habité la Grotte du Gros-Roc se peignait avec un mélange de moelle et de sanguine, comme les Peaux-Rouges de l’Amérique du Nord. Il se décorait de colliers, de bracelets, de dents de renne, de cheval, de loutre, d’hyène, de lamelles; de dents de mammouth sculptées, d’os d’oiseaux ornés d’encoches, enfilés comme des perles. Il était habillé de peaux de renne. Son arc et ses flèches, artistement travaillés, étaient identiques à ceux que fabriquent et dont se servent les sauvages de l’Amérique du Sud.
Au froid sec de l’époque magdalénienne succède une température plus douce se rapprochant de celle de notre époque. Les habitants du Groc-Roc ne viendront plus désormais y séjourner. Ils sont même chassés vers les Pyrénées et le massif central par d’autres peuplades venues de l’Orient qui établissent leurs maisons sur pilotis, sur les bords des marais. Elles vont vivre sur le bord du cours d’eau qui prend sa source au Gros-Roc. Les marais de Juicq et d’Annepont sont couverts de leurs habitations. C’est l’époque de la pierre polie. Les nouveaux venus ensevelissent leurs morts dans les dolmens, ou marquent leurs sépultures d’un monolithe, comme à Carnac, (Morbihan), ou de plusieurs pierres disposées en rond. Les idées religieuses, dans nos contrées, commencent à l’arrivée de ces peuples, c’est-à-dire avec le culte des morts.
Les habitants de la Grotte du Gros-Roc vivaient de chasse et de pêche; les hommes de la pierre polie ont des troupeaux de bœufs, de moutons, de chèvres, de porcs sauvages et des chiens pour les garder. Ils cultivent les céréales et font le pain.
Pour travailler le bois, construire leurs pilotis et leurs maisons et creuser leurs pirogues, ils ont des haches et des. herminettes polies en silex, admirablement bien façonnées. Au Douhet, le silex qui a servi à faire ces haches se trouve à la surface du sol. C’est un silex rubané facile à reconnaître. Les communes du Douhet, Ecoyeux et Taillebourg possédaient les vastes ateliers de haches de tout le Sud-Ouest. Dans tout le bassin de la Charente, on trouve des tronçons de haches polies en silex rubané provenant de ces ateliers.
Les habitants du Douhet et des environs faisaient un véritable commerce de haches.
Ces populations ne connurent le bronze que plus tard et continuèrent pendant longtemps à se servir à la fois de la hache en silex et de la hache de bronze.
Le Douhet est donc un des centres du Sud-Ouest le plus favorable aux études préhistoriques. A ce point de vue, les environs de Saintes n’ont rien à envier aux contrées les plus favorisées de la France et de l’Europe entière.
Dans une brochure intéressante, publiée en 1908, M. Bonneau, l’excellent et bienveillant inspecteur primaire de Saintes, raconte les recherches qui furent faites, à cette époque, sous sa direction et avec le concours de MM. Clouet père, instituteur à Saint-Hilaire, Clouet fils, instituteur à Saintes et Saisy, instituteur au Douhet, à la station du Gros-Roc. Ces recherches firent constater, dit M. Bonneau, l’existence d’une belle station nettement moustérienne.
Marche de la Civilisation
Les premières sociétés civilisées se développèrent dans les vallées des grands fleuves comme le Tigre, l’Euphrate, le Nil, etc., régions favorisées par un climat chaud, un sol fertile, des eaux abondantes, etc. Il convient d’y ajouter le peuple de la vallée du Jourdain, les Hébreux et celui de la Syrie, les Phéniciens.
Les nations de l’Europe n’arrivèrent que plus tard à constituer des états organisés; mais ils marchèrent plus vite vers la perfection. C’est la civilisation grecque qui se répand dans tout l’Orient; puis la civilisation romaine qui embrasse à la fois l’Orient et l’Occident.
Quatre siècles après l’ère chrétienne, l’empire romain tombe à son tour et de nouveaux peuples se précipitent du nord de l’Europe.
La lumière est venue de l’Orient; l’Occident la lui rend aujourd’hui plus brillante qu’elle n’a jamais été.
Les Gaulois forcèrent les habitants sur pilotis à émigrer vers les Pyrénées où ils avaient eux-mêmes chassé les derniers hommes de l’époque magdalénienne.
Ils ont d’autres mœurs; ils ne vivent pas en plein air ou dans des grottes, ou dans ces habitations sur pilotis.
Ils construisent leurs demeures ici et là, partout où les dirigent leurs intérêts ou leurs préférences.
Le Douhet a conservé le goût de cet isolement; puisque, de nos jours, le système des agglomérations n’a pas prévalu.
Si, comme dans certaines régions, le château féodal avait existé, on comprendrait le sentiment qui aurait poussé les populations d’alors à s’en éloigner; car le tyran qui l’habitait pouvait leur inspirer de la terreur et les éloigner de son entourage. Mais le château du Douhet n’a que deux cents ans d’existence environ; or, si les habitants ne se sont pas groupés antérieurement, en se rapprochant de la fontaine d’où part l’aqueduc, c’est qu’ils ont accepté et préféré les habitudes des ancêtres, sans en comprendre les inconvénients et sans apprécier les avantages d’une existence commune, tant au point de vue de leurs intérêts directs qu’au point de vue moral et social: le rapprochement facilite les relations; il crée des tendances à s’entr’aider, à se tolérer, à s’aimer.
Je ne rechercherai pas davantage les motifs qui conduisirent les uns à édifier leurs habitations ici, les autres là ; je me contenterai de penser qu’il y a, dans ce fait, une entrave au développement de l’esprit de sociabilité et d’union.
Après la conquête de la Gaule par les Romains, il est surtout difficile de se l’expliquer; car ceux-ci laissèrent dans ce pays, en même temps qu’un témoignage de leur génie, une preuve incontestable de leur union dans le travail: ce sont eux, ne l’oublions pas, qui découvrirent la source qui fournit, pendant longtemps, aux populations fixées entre le Douhet et Saintes, l’eau limpide et pure que conduisait à Saintes le canal dont il reste encore, de nos jours, de nombreux vestiges — ce canal connu et classé comme monument historique, sous le nom d’ «Aqueduc romain».
Il est surprenant que les générations nouvelles ne se soient pas établies auprès de cette source qui leur fournissait, à différents points de vue, un élément de bien-être. Cela surprend d’autant plus, que presque partout des agglomérations se sont formées sur les fleuves, ou autres cours d’eau, pour les commodités de la vie ou le développement du commerce et de l’industrie.
Je n’ai trouvé aucun document historique pour me renseigner sur la fondation des nombreux villages dont j’ai fait connaître les noms.
Quant aux habitudes de vie, elles ont dû suivre le cours des événements et subir les mêmes mouvements de recul ou de progrès que celles des autres populations de l’Ouest.
Il y a quatre-vingts ans, disent les plus anciens, il y avait plus de cordialité qu’aujourd’hui.
Les hommes se réunissaient le dimanche; on jouait aux quilles, à la courte-boule, etc. La jeunesse dansait le jour en plein air; mais on ne connaissait pas le rafraîchissement actuel, après chaque quadrille, et on ne s’en portait pas plus mal. Quelle laide habitude!
A la veillée, les plus âgés jouaient aux cartes, les jeunes faisaient des jeux. A la Maisonneuve, il y avait des réunions de vingt-cinq personnes le dimanche.
Aujourd’hui, chacun reste chez soi et si l’on s’aperçoit que quelques voisins se réunissent les soirs d’hiver, pour faire une partie en causant, on les critique.
Ücretsiz ön izlemeyi tamamladınız.