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Kitabı oku: «Les Histoires merveilleuses, ou les Petits Peureux corrigés», sayfa 4

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Cécile. Je vois aussi quelquefois des étoiles se détacher du ciel, et tomber sur la terre comme une fusée.

M. de Forbin. Ce ne sont pas des étoiles; mais de simples exhalaisons sulfureuses qui s'enflamment, filent et meurent dans l'air. Quand ça tombe jusqu'à terre, on ne trouve qu'une matière blanche et visqueuse, qui est le résidu de ce qui a brûlé dans les airs. Sur les mers, on voit dans les temps orageux, de petites flammes qui s'attachent aux pavillons, aux cordages et aux mâts des vaisseaux, et qu'on appelle feux Saint-Elme; elles sont produites par le fluide électrique répandu dans l'air, et qui, étant poussé avec impétuosité et rencontrant des corps isolés, tels que des vaisseaux, se manifeste alors sous la forme de petites flammes, principalement dans les endroits où il y a du fer, que la matière électrique pénètre très-aisément.

J'ai vu sur les mers deux phénomènes qui frappent l'imagination et donnent lieu à des contes fondés sur les effets surnaturels: l'un, qu'on appelle mirage, est un effet attribué généralement à la disposition des couches de l'atmosphère: les rivages opposés semblent se rapprocher; les mâts des vaisseaux paraissent renversés; on croit apercevoir dans l'air, pendant les jours très-chauds, des bois, des châteaux, des troupeaux, des hommes, etc. L'autre phénomène est d'un aspect non moins merveilleux; il a de quoi étonner, et présente un tableau vraiment magique. Au milieu des ténèbres de la nuit, on se voit entouré d'une lumière qui se répand sur les eaux, ou se joue autour du navire. Quelquefois la mer toute entière, aussi loin que l'œil peut l'embrasser, paraît être en feu, et des corps lumineux y nagent sous des formes diverses.

Victor. Ah! mon oncle! que cela doit être beau à voir!

M. de Forbin. Des gens simples et pusillanimes sont quelquefois effrayés des effets de cette phosphorescence des eaux. J'en ai vu qui en sont tombés malades de peur. Cependant tout cela s'explique par les principes de la saine physique.

Ernest. La connaissance des causes physiques n'étant pas à la portée du vulgaire, il s'extasie ou s'effraie facilement. Des curieux regardant avec un flambeau dans un vieux sépulcre qu'on venait d'ouvrir dans l'école de médecine de Pise, les vapeurs grasses causées par la corruption des cadavres s'enflammèrent à l'approche du flambeau, au grand étonnement des assistans, qui crièrent, miracle. La même chose arriva à Rome, en ouvrant le tombeau de Boniface VIII. Quelquefois aussi les vapeurs grasses qu'exhalent les cadavres, soit dans les cimetières, soit sur les champs de bataille, excitées par une forte chaleur, s'enflamment. Il faut attribuer à une cause semblable ce qui arriva dans le siècle dernier à Febourg, secrétaire du roi de Danemarck; cet homme ayant été pendu, il parut, dit-on, pendant la nuit une flamme sur sa tête. Le peuple qui ne voit que des prodiges dans les choses qui lui paraissent extraordinaires, augura que cet homme était mort innocent des crimes qu'on lui imputait.

Albert. Mais j'ai pourtant lu dans plusieurs livres une histoire bien authentique d'un revenant; je veux parler du grand Veneur de la forêt de Fontainebleau: c'est un fantôme que l'on dit avoir souvent apparu aux rois lorsqu'ils allaient à la chasse. Il se fit voir pour la dernière fois du temps d'Henri IV, dans un moment où le roi revenait de la chasse très-mécontent de n'avoir rien pris. Ce monarque entendit tout à coup un grand bruit de chiens et de chevaux, et des fanfares qui semblaient annoncer une grande chasse plus heureuse que la sienne. Le comte de Soissons, prince du sang, se détacha avec plusieurs personnes pour aller voir ce que c'était; ce seigneur rapporta qu'il avait vu, mais de fort loin, un grand homme noir à la tête d'un nombreux équipage de chasse, et que ce mystérieux personnage criait de temps en temps, entendez-vous, ou m'attendez-vous, ou bien amendez-vous. Le grand Sully y fut, dit-on, lui-même attrapé. Un jour, ayant cru entendre le roi revenir de la chasse, il sortit de son cabinet pour aller lui communiquer une affaire importante; mais Henri IV était à plus de quatre lieues de là. Il se trouva que c'était le grand Veneur qui chassait aux environs du château.

M. le Curé. La plupart des historiens qui rapportent ce fait n'en parlent que sur la foi d'autrui, et en hommes superstitieux ou qui craignaient de choquer les opinions du temps; ils racontent simplement ce que le vulgaire en pensait. Sully, l'autorité la plus respectable, en parle aussi dans ses mémoires; mais vous remarquerez de quelle maniere. «On cherche, dit-il, de quelle nature pouvait être ce prestige, vu si souvent et par tant d'yeux, dans la forêt de Fontainebleau: c'était un fantôme environné d'une meute de chiens, dont on entendait les cris, et qu'on voyait de loin, mais qui disparaissait lorsqu'on s'en approchait.»

Vous voyez que Sully ne considérait cela que comme un prestige: si un homme de sa trempe en eut recherché la nature, je crois bien qu'elle ne lui eut pas échappée, malgré la précaution du grand homme noir de disparaître sitôt qu'on voulait s'approcher de lui.

Les historiens, ainsi que les voyageurs, ont abusé quelquefois du droit qu'ils se sont acquis de raconter des choses extraordinaires. Ils ont trouvé de vieilles traditions établies; le merveilleux leur en a plu, et, quoique absurdes, ils n'ont pas dédaigné de les rapporter. Voilà pourquoi vous trouverez parfois dans vos lectures des faits surnaturels qui semblent confirmés, sanctionnés par d'illustres écrivains; mais dont on n'a pas recherché la cause dans l'origine, ou qui ne sont rien moins que véritables.

M. de Forbin se disposait à prendre congé de M. le Curé. – Et le spectre, dirent les enfans, nous ne le verrons donc pas décidément aujourd'hui? – Mes petits amis, répondit M. le Curé, je verrai ce soir si vous avez l'assurance nécessaire. Je peux le faire venir chez vous tout comme ici. Ayez du courage, de la fermeté, et je vous satisferai. Ainsi, à ce soir.

Les enfans de retour auprès de leur mère lui racontèrent l'aventure du fossoyeur, et comment M. le Curé avait sauvé du trépas un homme dont l'enterrement avait eu lieu. – A notre retour à Paris, dit madame de Verseuil, je vous menerai voir une dame de mes amies qui a été également enterrée.

Cécile. Ah, maman! conte-nous cette histoire.

Mad. de Verseuil. Mes enfans, vous avez à étudier, et à prendre vos leçons d'écriture et de calcul.

Victor. Nous te promettons de bien travailler aussitôt après.

Mad. de Verseuil. Je vais donc vous satisfaire. Un marchand de la rue Saint-Honoré avait promis sa fille au fils d'un de ses amis, marchand comme lui dans la même rue. Cette jeune personne était très-jolie. Un financier déjà d'un grand âge, mais extrêmement riche, se présente pour l'épouser, et il fit de si grands avantages à toute la famille, que les parens le préférèrent au jeune homme à qui elle avait été promise. Le mariage s'accomplit; et peu de tems après, la jeune femme étant tombée malade, fut tenue pour morte, ensevelie et enterrée. Son amant, qui n'avait cessé de la regretter, ayant été pleurer sur sa tombe pendant la nuit, entendit remuer dans le cercueil; il se douta que cette femme était simplement tombée en léthargie. Ivre de joie, il la retire aussitôt de la tombe; et, grâce à ses soins, elle a le bonheur de revenir à la vie. Quand elle fut parfaitement rétablie ils passèrent en Angleterre, s'y marièrent, et y vécurent tranquilles pendant dix années, au bout desquelles ils revinrent à Paris. Le premier mari ayant reconnu sa femme dans une promenade, la réclama en justice: ce fut la matière d'un grand procès. Le couple heureux se défendait sur ce que la mort avait rompu les liens du premier mariage; mais prévoyant qu'ils pourraient succomber, ces deux époux se retirèrent de nouveaux dans une terre étrangère, où ils demeurèrent jusqu'au décès du financier.

Dans un siècle d'ignorance, si cette femme avait eu l'intention de se dire revenue de l'autre monde, il y aurait eu des sots assez crédules pour le croire, parce qu'ils avaient assisté à son enterrement.

M. de Forbin. J'ai vu à Tavistock en Angleterre, dans l'hospice des pauvres, un homme qui est tombé six fois différentes dans des léthargies qui le mettent dans l'état où se trouve un homme réellement mort; son corps devient froid comme le marbre et roide comme une statue.

Gertrude vint en ce moment apporter les livres que Gérard avait été chercher à la ville. M. de Forbin donna ce bouquet à la petite Cécile, qui, en sœur bien aimable, partagea avec ses frères. En faveur de la fête de sa petite nièce, le bon oncle pria madame de Verseuil d'accorder vacances entières aux trois jeunes gens. Cette faveur ne lui fut pas refusée. Les enfans embrassèrent leur oncle et leur mère, et passèrent le reste de la journée à visiter les livres nouveaux dont on leur avait fait présent.

LES HISTOIRES MERVEILLEUSES

TROISIÈME PARTIE

Le soir, Monsieur le Curé vint comme il l'avait promis, accompagné de son neveu. Eh bien, mes amis, dit-il aux enfans, êtes-vous assez raisonnables pour n'avoir plus de vaines frayeurs?

Cécile. Pour moi, je n'aurai plus peur maintenant; car les livres que mon oncle a eu la bonté de me donner ont aussi concouru à me rassurer parfaitement. Voici ce que j'y lis: «Vous trouverez mille gens dans le monde, mes enfans, qui vous diront que l'on a vu des spectres, des revenans, des fantômes, des morts qui marchaient dans les ténèbres de la nuit. Méprisez ces récits absurdes; les personnes qui les font sont ordinairement ignorantes, crédules, et n'ont que peu de raison; elles adoptent avidement les contes qu'elles entendent et s'empressent de les répéter pour inspirer aux autres leurs sottes frayeurs, et faire croire ce qu'elles croient elles-mêmes. Vous trouverez, ce qui est bien plus fort, des gens qui vous rapporteront des faits incroyables, non pas sur la foi d'autrui, mais bien pour les avoir vus de leurs propres yeux; ces gens seront quelquefois reconnus pour des personnes d'honneur et incapables d'en imposer. Faudra-t-il donc les croire alors? non, mes amis: ces personnes, sans doute, ne veulent point vous tromper, elles croient fermement avoir été témoins de choses extraordinaires, mais les apparences, leur crédulité et leurs craintes les ont elles-mêmes trompées; si elles eussent examiné avec soin aux lumières de la raison, et surtout avec courage, ce qui leur paraissait surnaturel, elles auraient reconnu l'illusion, et auraient été convaincues que Dieu ne permet point ainsi que rien sorte des voies ordinaires de la nature. Je vais vous raconter à ce sujet deux aventures assez singulières, et qui vous apprendront comment on doit agir dans une circonstance semblable.»

«Le cardinal de Retz rapporte dans ses Mémoires, qu'ayant passé la soirée dans la maison de l'archevêque de Paris, son oncle, à Saint-Cloud, avec madame et mademoiselle de Vendôme, madame de Choisy, le vicomte de Turenne, l'évêque de Lisieux, et messieurs de Brion et Voiture, on s'amusa tant, que la compagnie ne put s'en retourner que très-tard à Paris. La petite pointe du jour (on était au milieu de l'été) commençait à paraître: quand on fut au bas de la descente des Bons-hommes, justement au pied, le carrosse arrêta tout court. Le cocher à qui on en demanda la raison, répondit d'une voix tremblante: Voulez-vous que je passe par-dessus tous les diables qui sont là devant moi? Cinq ou six laquais qui étaient derrière n'osaient ouvrir la bouche. Turenne, au-dessus de la crainte, se jeta en bas du carrosse, tira son épée; le cardinal s'étant saisi d'une autre, courut aussitôt le rejoindre. Allons voir ces gens-là, dit Turenne, je crois que ce pourrait bien être des diables. Le reste de la compagnie demeura transi de frayeur dans le carrosse.

»Comme nous avions déjà fait cinq ou six pas du côté de la Savonnerie, continue le cardinal dans ses mémoires, j'entrevis une longue procession de fantômes noirs qui me donna plus d'émotion qu'elle n'en avait donné à M. de Turenne; mais par la réflexion que je fis, que j'avais long-temps cherché des esprits, et qu'apparemment j'en trouverais en ce lieu, je m'avançai rapidement vers la procession. Les gens du carrosse qui croyaient que nous étions aux mains avec tous les diables, firent un grand cri, et ce ne furent pourtant pas eux qui eurent le plus de peur. Les pauvres Augustins réformés et déchaussés, que l'on appelle capucins noirs, qui étaient nos diables d'imagination, voyant venir à eux deux hommes qui avaient l'épée à la main, eurent une belle frayeur, et l'un d'eux se détachant de la troupe, nous cria: Messieurs, nous sommes de pauvres religieux qui ne faisons de mal à personne, et qui venons nous rafraîchir dans la rivière pour notre santé. Nous retournâmes au carrosse, M. de Turenne et moi avec des éclats de rire que l'on peut s'imaginer. Il me jura le lendemain que la première apparition de ses fantômes imaginaires lui avait donné de la joie, quoiqu'il eût toujours cru auparavant qu'il aurait peur, s'il voyait jamais quelque chose d'extraordinaire; et je lui avouai que la première vue m'avait ému quoique j'eusse toute ma vie souhaité de voir des esprits.

»Une autre fois Turenne voyageant dans une province méridionale de la France, entendit parler d'un château inhabité où il revenait, disait-on, des esprits. Curieux d'éclaircir cette histoire, il alla coucher dans ce lieu. Sur le minuit un spectre chargé de chaînes se présenta et fit signe à Turenne de le suivre. Arrivé dans une des salles basses du château, aussitôt une trappe s'ouvrit sous leurs pieds, et Turenne se trouva dans un souterrain, au milieu d'une bande d'hommes dont il reconnut bientôt que la profession était de faire de la fausse monnaie. Le fantôme se dépouilla de son appareil lugubre, et prit place parmi ses compagnons. Le chef de la troupe s'adressant à Turenne, lui dit: Homme téméraire, quel dessein t'a conduit dans ces lieux. Si ta raison t'empêchait de croire que ceux qui l'habitent fussent des êtres surnaturels, ne devais-tu pas juger du moins qu'ils avaient un intérêt puissant à n'être point connus? En découvrant qui nous sommes, tu t'es perdu sans ressources: et ton entrée dans ce souterrain est ton arrêt de mort. – La mort ne m'effraye point, répliqua Turenne; apprenez à qui vous avez affaire; mais songez qu'en attentant à mes jours, vous vous perdez aussi vous-mêmes: si je ne reparais pas on viendra à ma recherche, et vous savez quel sort la justice vous réserve… – Puisque tu es Turenne, reprit le chef de la bande, nous savons que nous avons affaire à un homme d'honneur, et nous allons te le prouver en nous confiant à ta discrétion. Donne-nous ta parole de ne point parler de nous avant six mois, et nous te laissons la vie sauve. – Je vous le promets. – Turenne songera, ajouta le chef de la bande, que s'il trahit sa parole, en quelque lieu qu'il soit, et telle précaution qu'il prenne, sa mort ne tardera pas à venger la nôtre.

»Après cela, Turenne sortit librement du château, et alla rejoindre ses gens, à qui il dit qu'il avait vu des choses effrayantes dans ce château, et qu'on ne pouvait y entrer sans risquer de perdre la vie; ce en quoi il ne mentait point.

»Environ un an après cette aventure, Turenne donnait chez lui un grand repas, lorsqu'on vint lui remettre une lettre qu'un étranger à cheval venait d'apporter. Cette lettre était ainsi conçue: Les esprits et les fantômes du château de… ont l'honneur de faire savoir à M. de Turenne qu'ils sont redevenus de paisibles habitans de la terre. Ils le prient de vouloir bien accepter la riche monture qu'ils lui envoient, comme une preuve de leur gratitude pour le secret qu'il leur a gardé.

»Effectivement le messager avait attaché dans la cour un cheval superbement harnaché, et avait disparu. Turenne, qui avait pour ainsi dire oublié cette aventure, la raconta à ses convives.1»

Albert. Il ne fallait rien moins que la fermeté de Turenne pour n'être point effrayé au milieu de ces faux-monnoyeurs. Je remarque que les prétendus revenans n'ont jamais fait de mal à personne; mais ici Turenne courait risque de la vie.

M. de Verseuil. Je connais le propriétaire du domaine d'Ardivilliers, aux environs de Breteuil en Picardie; il me racontait une aventure de ce genre arrivée chez lui: il y revenait un esprit, et ce maître lutin y faisait un bruit si effroyable, que personne n'osait y demeurer que le fermier, avec qui cet esprit était apprivoisé. Si quelque malheureux passant y couchait une nuit, il était étrillé d'importance. Cela faisait grand tort au propriétaire, qui était contraint de laisser sa terre à très-vil prix: mais enfin il résolut de faire cesser la lutinerie, persuadé qu'il y avait de l'artifice dans tout cela. Il va coucher dans son château, et pose sur sa table deux pistolets chargés, bien décidé de s'en servir à la première apparition.

Les esprits qui savent tout, surent apparemment ces préparatifs; pas un d'eux ne parut. Mais au milieu de la nuit, on entendit un grand bruit de chaînes dans l'appartement au-dessus. La femme et les enfans du fermier vinrent se jeter aux genoux de leur seigneur, pour l'empêcher de monter dans cette chambre; mais sans les écouter, il s'en alla droit à l'appartement où se faisait le bruit, tenant un pistolet d'une main et un flambeau de l'autre.

1.Il n'est pas sûr que cette seconde aventure que l'on attribue à Turenne lui soit arrivée; mais la leçon qui en résulte n'en est pas moins utile: c'est la raison qui m'engage à faire ce récit.
Yaş sınırı:
12+
Litres'teki yayın tarihi:
28 mayıs 2017
Hacim:
60 s. 1 illüstrasyon
Telif hakkı:
Public Domain
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