Kitabı oku: «La pantoufle de Cendrillon, ou Suzanne aux coquelicots»

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Arsène Houssaye

La pantoufle de Cendrillon, ou Suzanne aux coquelicots


Publié par Good Press, 2022

goodpress@okpublishing.info

EAN 4064066316594

Table des matières

I.

II.

III.

IV.

V.

VI.

VII.

VIII.

IX.

X.

XI.

XII.

XIII.

XIV.

XV.

XVI.


I.

Table des matières

SUZANNE-AUX-COQUELICOTS.


Il était une fois une jeune fille nommée Suzanne-aux-Coquelicots qui avait de beaux cheveux bruns à reflets d’or, des yeux couleur du temps, des joues et des lèvres de pêche et de framboise.

En un mot, Suzanne-aux-Coquelicots était un miracle de beauté rustique; elle était belle sans poudre d’or dans les cheveux, sans poudre de riz sur la figure, parce que la nature est tout l’artifice de la vraie beauté.

On l’appelait Suzanne-aux-Coquelicots parce que sa marraine lui avait donné le nom de Suzanne, et parce que, dans la belle saison, quand la montagne était couverte de coquelicots, on la voyait toujours apparaître toute blanche au milieu de ces champs de pourpre.

Elle était orpheline; mais il lui restait un petit frère qui était tous les jours barbouillé de fraises, de cerises et de mûres, selon la saison. Il se nommait Rubicon. Il allait à l’école, mais c’était surtout pour pêcher à la ligne la perruque du magister.

La marraine de Suzanne était une châtelaine du pays voisin, qui veillait sur elle et promettait de lui donner une belle dot.


Mais celui qui devait venir lui demander sa main ne prenait pas encore le chemin de la chaumière.


Quoique Suzanne-aux-Coquelicots fût belle comme la beauté, elle n’en était pas plus fière pour cela.

Il est vrai qu’elle n’avait jamais vu sa figure que dans un seau d’eau, en voulant voir les éclipses du soleil.

Elle vivait presque toujours dans sa jolie chaumière, ne sortant que le dimanche: le matin pour aller à la messe, le soir pour aller voir représenter les Mystères de la Passion.


II.

Table des matières

LA LÉGENDE DU MARRONNIER.

Suzanne habitait, non loin du palais d’été de la Reine, sur le versant touffu de la montagne, une petite maison tapissée de vigne vierge et de rosiers sauvages, abritée des vents du nord par un marronnier gigantesque aux fleurs blanches où l’on venait en pèlerinage au mois de mai.

C’était à qui dans la contrée emporterait une branche fleurie comme une bénédiction du ciel.

Ce marronnier, qui était tout un monde, avait sa légende.

Plus d’un roi de France venait s’y inspirer, comme saint Louis sou son chêne, et ce jour-là il était plus grand roi.


Plus d’un héros y cueillait un bouquet de grappes blanches comme talisman de victoire.


On disait aussi que Jésus, venant sur la terre, s’y était reposé un soir, que le marronnier avait neigé sur son front, et qu’en descendant la montagne on l’avait reconnu parce que les fleurs du marronnier s’étaient changées en auréole.

Suzanne-aux-Coquelicots était donc bien heureuse d’habiter à l’ombre du marronnier.

Pas trop heureuse pourtant, car elle n’avait plus ni père ni mère.

Il lui restait son petit frère, malin comme un Champenois, qui allait encore à l’école, vous le savez déjà, mais qui secouait plus souvent l’arbre du prochain que l’arbre de la science.

C’était ce qu’on appelle là-bas un dénicheur de merles.

On le rencontrait bien çà et là croquant une pomme qu’il n’avait pas cueillie dans son verger, mais il montrait de si belles dents, mais il saluait avec des yeux si doux, mais il avait des saillies si naturelles, que nul ne songeait à s’en fâcher.

Il faut bien faire la part des pauvres et des enfants.


III.

Table des matières

LE PRINCE DÉGUISÉ EN PATRE ET LE LIVRE DE SUZANNE.

Je vous dirai que le jeune prince habitait non loin de la chaumière de Suzanne un château en ruine, — un vieux château dans les bois, juché au milieu d’un étang, avec ses tourelles et ses créneaux. — Robert était beau comme le jour. Il avait perdu sa fortune dans les guerres du royaume. Son père avait tout sacrifié pour défendre son Dieu et son Roi, afin d’avoir à son tour une belle épitaphe dans l’église seigneuriale.


Le jeune prince se moquait de tous les préjugés de son temps. Il aurait pu aller à la cour: il préférait vivre dans les bois. Ce qu’il aimait, c’était la chasse et les livres. Aussi le rencontrait-on tous les jours, tantôt avec une arbalète, tantôt avec un roman de chevalerie.


Ce fut ainsi qu’il apparut à Suzanne.

A force de se rencontrer, ils se parlèrent.

— Bonjour, ma voisine.

— Bonjour, mon voisin.

Et les voilà les meilleurs amis du monde.

Il est vrai que le beau seigneur s’était bien gardé de dire à Suzanne qu’il était un prince. Il se disait le fils d’un pâtre.


— Est-ce que vous croyez aux Fées, Robert?

— Si j’y crois, Suzanne! Je crois même aux sorcières.


— Moi je pense, dit Suzanne, que nous ne sommes conduits que par les anges et les démons; or ce sont peut-être les bonnes Fées et les mauvaises Fées.

— Par malheur, reprit Suzanne, elles ne viennent plus comme autrefois.

— Elles viennent toujours, continua Robert, seulement elles viennent la nuit pendant que nous dormons.

Ce soir-là, Robert dit adieu à Suzanne, car on avait sonné l’Angelus, — le couvre-feu des campagnes. — Suzanne se coucha et s’endormit dans les vagues inquiétudes de l’espérance et de l’imprévu.

L’Angelus vous savez que c’est une voix de la terre qui parle au ciel.

Ou plutôt une voix du ciel qui parle à la terre.

— Souvenez-vous de moi, dit l’esprit de Dieu.

— Veillez sur moi, dit l’esprit de la terre.


Suzanne avait aussi une voisine.

C’était une riche vigneronne qui, une fois par semaine, faisait des gaufres pour ses enfants et pour Rubicon.

Le petit diable, assis devant l’âtre, écoutait les histoires de la veillée, et ne donnait pas au chat sa part des gaufres.


Pendant que Suzanne contait l’histoire de l’oiseau rouge couleur de feu, Rubicon faisait des niches à tout le monde. Ainsi il découpait des papillons de papier et les lançait comme autant de cerfs-volants mignons, qui allaient s’abattre sur le nez des bonnes gens.

Suzanne était matinale. Aux premières aubades des merles et des fauvettes, elle courait à son champ. Elle passait ses plus belles heures à sarcler ses fèves, à ramer ses pois ou à filer à la quenouille, non pas l’or et la soie, mais le chanvre léger qu’elle avait battu elle-même avec ses belles mains brunies par le soleil.

Elle vivait seule, toute seule, toute seule, avec son petit frère, se levant avec l’aube et se couchant quand elle avait dit adieu à la première étoile, une amie inconnue qui lui jetait un regard sympathique au travers des vitres.

A peine si on la rencontrait de temps en temps à la fontaine, où papillonnaient toutes les filles du village en chantant des ballades.

Mais, comme je l’ai dit, le dimanche, plus belle encore, car elle ne songeait qu’à Dieu, on la voyait passer pour aller à la messe.

Elle fuyait le monde comme une âme exilée, non pas qu’elle craignît de montrer sa figure ni ses beaux yeux qui rappelaient le ciel, ni ses cheveux ondulés où le soleil avait oublié des rayons.

Mais la candeur est ainsi faite qu’elle a peur du grand jour, comme si c’était déjà un péché de trop montrer ce qui est beau.

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Yaş sınırı:
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Litres'teki yayın tarihi:
16 ocak 2025
Hacim:
77 s. 81 illüstrasyon
ISBN:
4064066316594
Yayıncı:
Telif hakkı:
Bookwire
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