Kitabı oku: «Les hommes de cheval depuis Baucher»

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Charles-Maurice de Vaux

Les hommes de cheval depuis Baucher

Les grands maîtres, les écuyers, les hommes de cheval, les cavaliers


Publié par Good Press, 2022

goodpress@okpublishing.info

EAN 4064066333171

Table des matières

INTRODUCTION

L’INSTRUCTION ÉQUESTRE AU MANÈGE, EN CARRIÈRE, A L’EXTÉRIEUR ET DRESSAGE

DU CODE D’ENSEIGNEMENT

DU CORPS ENSEIGNANT

DU COURS D’HIPPOLOGIE

GYMNASTIQUE ET ESCRIME

LEÇONS DE MENAGE

ÉCOLE DES COCHERS

REMONTES

DE L’ÉQUITATION

PREMIÈRE PARTIE LES DEUX GRANDS MORTS

LE C TE D’AURE Ancien Écuyer Cavalcadour

M. BAUCHER

DEUXIÈME PARTIE ÉQUITATION SAVANTE

LE GÉNÉRAL L’HOTTE

LE L T -COLONEL GUÉRIN

LE COMMANDANT DUTILH

LE COLONEL DE LIGNIÈRES

LE L T -COLONEL PIÉTU

MAXIME GAUSSEN

LE C TE DE MONTIGNY

LE COLONEL BARON FAVEROT

LE COLONEL CHAVERONDIER

LE CAPITAINE RAABE

LENOBLE DU TEIL

VICTOR FRANCONI

LE COMMANDANT LUNEL

TROISIÈME PARTIE ÉQUITATION DE CIRQUE

ERNEST MOLIER

QUATRIÈME PARTIE LES HOMMES DE CHEVAL

S. A. MGR. LE DUC D’AUMALE

MACKENZIE-GRIEVES

JULES PELLIER

LE VICOMTE DE TOURNON

ÉLIE GASSOU

LE CAPITAINE DERUÉ

CHARLES COATES

LE MARQUIS DE TALLEYRAND-PÉRIGORD

F. MUSANY

LE BARON DE CURNIEU

LE GÉNÉRAL FLEURY

CINQUIÈME PARTIE LES CAVALIERS

LE MARÉCHAL DE MAC-MAHON

LE GÉNÉRAL DE GALLIFFET

LE GÉNÉRAL MARQUIS D’ESPEUILLES

M. CHABOT

LE PRINCE DE SAGAN

PAUL DE LAPEYRÈRE

M. DE SONIS

LE DUC DE LA ROCHEFOUCAULD-BISACCIA

LE DUC DE CAMPOSELICE

SIXIÈME PARTIE LES STEEPLE-CHASERS

LE COMTE JOSEPH ROCHAÏD-DAHDAJ

LE V TE DE VILLEBOIS-MAREUIL

LE BARON D’ÉTREILLIS

LE BARON J. FINOT


INTRODUCTION

Table des matières


ES exercices équestres ne sont pas qu’affaire de luxe, de caprice et de plaisir, ils contribuent efficacement, ainsi que l’escrime et la gymnastique, au développement corporel des jeunes gens, à leur donner de la vigueur, de la désinvolture, du maintien, la conscience de leur valeur; et, qu’on nous permette le mot, une certaine «crânerie» qui sied bien à l’homme pouvant être appelé aux péripéties de la guerre.

Est-il juste, disons plus, est-il prudent qu’un art qui peut rendre de tels services soit ainsi deshérité par l’État? et pourtant cela est, car nous n’avons pas d’école d’équitation; l’artillerie et la cavalerie ont les leurs, mais la jeunesse civile en est absolument privée. C’est d’autant plus regrettable qu’avec le service obligatoire, des jeunes gens, en très grande quantité, arrivent dans les régiments sans avoir jamais monté à cheval, d’où il résulte une grande perte de temps pour les conduire à l’école d’escadron, leur apprendre à monter à cheval, à le diriger et à le soigner; que si, au contraire, on propageait le goût de l’équitation et de l’escrime, on arriverait à recevoir dans les corps une grande quantité de recrues sachant monter à cheval, n’ayant plus qu’à apprendre à manier leurs armes dans toutes les allures et à manœuvrer.

Ainsi préparés, ces jeunes soldats, vigoureux cavaliers, ne reculant devant aucun obstacle et instruits, formeraient, dans chaque corps, une réserve précieuse pour le service si utile d’éclaireurs, dont les premières qualités sont l’audace, l’intelligence, pour aller le plus près possible de l’ennemi, pénétrer même dans ses lignes afin de surprendre ses dispositions, savoir rendre un compte exact de ce qu’ils ont vu, ainsi que de la nature du terrain qu’ils ont parcouru; car, qu’on le sache bien, dans le service d’éclaireurs d’où peut souvent, tout aussi bien que dans la mêlée après la charge, résulter le combat individuel, toutes choses égales d’ailleurs, la supériorité restera toujours à celui des cavaliers qui, sachant bien manier ses armes, montera le mieux le cheval le mieux mis. Il en est de même pour les mouvements d’ensemble d’une troupe qui seront exécutés avec d’autant plus de précision et de rapidité que chaque cavalier sera plus maître de son cheval; sans cela il n’y a plus de direction assurée, plus de «botte à botte», plus d’alignement, plus de cohésion, la masse est disjointe, flottante, et perd de sa puissance.

Toutes les considérations qui précèdent et bien d’autres encore, mais qu’il serait trop long d’énumérer dans un simple exposé, nous amènent à conclure qu’il est urgent que l’État, dans l’intérêt de la défense nationale, crée une académie d’équitation grandiose répondant à tous les besoins et en tous points digne de la France.

Cette institution serait classée au département du ministère de l’agriculture et du commerce, on y enseignerait aussi la gymnastique, l’escrime et le menage, les élèves de toutes les écoles du gouvernement prendraient part aux leçons, et y seraient admis tous les jeunes gens des familles qui les élèvent et font diriger leur instruction à domicile.

L’instruction donnée comprendrait:

1 Instruction équestre au manège, en carrière et à l’extérieur.

2 Cours d’hippologie. 5–Leçons de menage.

3 Salle d’armes. 6–École de cochers.

4 Gymnastique. 7–Remonte.

L’INSTRUCTION ÉQUESTRE AU MANÈGE, EN CARRIÈRE, A L’EXTÉRIEUR ET DRESSAGE

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Cette instruction comprendrait l’enseignement des moyens équestres relatifs à la position du cavalier, à sa tenue et à la conduite du cheval aux trois allures, jusques et y compris les changements de pied, car il est essentiel pour la sécurité du cavalier et la facilité de ses mouvements que le cheval galope sur le pied droit pour tourner à droite, et sur le pied gauche pour tourner à gauche.

Le travail en carrière serait commencé aussitôt que possible, c’est-à-dire dès que les élèves auraient acquis au manège une position régulière et la connaissance suffisante de l’emploi des aides pour conduire leurs chevaux aux trois allures. A dater de ce moment, on ferait alterner entre elles les leçons au manège et celles en carrière; puis, peu à peu, on augmenterait le nombre des leçons en carrière et on diminuerait celles au manège, de manière à arriver à ne plus faire monter les élèves qu’à l’extérieur et à leur faire sauter des obstacles sur des chevaux de plus en plus vigoureux et entreprenants; enfin, on leur apprendrait le dressage.

Chaque année, à l’époque du concours hippique, les élèves qui auraient le mieux réussi seraient désignés par l’écuyer en chef pour y figurer, sur des chevaux bien préparés, ce qui serait un puissant stimulant pour les élèves, pendant le cours de leurs leçons, et d’un bon exemple pour le public. Des prix et des mentions honorables seraient accordés par la commission du concours hippique. On comprendra que de tels moyens seraient de nature à encourager et à propager le goût de l’équitation.

DU CODE D’ENSEIGNEMENT

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Tout enseignement sérieux doit reposer sur une méthode claire, précise et unique, enseignée par tous, et partout; c’est hélas! il faut le reconnaître, ce qui manque en équitation, chacun enseigne ça et là à sa guise, sans principes arrêtés et souvent aussi en sens inverse; il n’y a pas ce que l’on pourrait appeler de code d’enseignement pour l’équitation, alors qu’il en faudrait un qui, une fois établi et accepté par l’État, serait imposé à toutes les écoles du gouvernement et dans tous les manèges privés.

La chose serait facile, car il suffirait pour cela que le ministre de l’agriculture et du commerce, d’accord avec le ministre de la guerre, convoquât une assemblée de douze hommes de cheval civils et militaires, bien connus par leurs capacités équestres, pour les charger d’arrêter en conseil et à la majorité des voix, tant pour le cavalier que pour le dressage du cheval, un code d’enseignement, dont chaque principe aurait été discuté et rédigé sous forme de leçon; de la sorte, on arriverait à l’uniformité de l’enseignement. Il en résulterait un avantage immense, à savoir: que tout cavalier pourrait monter à priori n’importe quel cheval dressé d’après les principes arrêtés, sans avoir besoin de l’étudier préalablement avant de s’en servir, comme on est obligé de le faire habituellement, car l’un et l’autre, parlant en quelque sorte le même langage, s’entendraient immédiatement.

On objectera peut-être que la rédaction d’une méthode unique est difficile, et même impossible, attendu que chacun, en équitation, se croit dans le vrai, tient à son idée et est peu disposé à faire des concessions; c’est là, en effet, l’un des travers des médiocrités: car l’homme véritablement supérieur est d’ordinaire modeste, bienveillant et conciliant, il sait tout ce que lui a coûté de peines et de travaux l’expérience qu’il a acquise, et il est par cela même tout disposé à faire des concessions. D’ailleurs, que l’on nous permette de croire que la fibre patriotique est encore assez vibrante pour faire que devant un grand service à rendre à l’art équestre, ces hommes, qui en tiennent la tête, sauraient faire taire, leurs préférences personnelles pour discuter froidement, de bonne foi, et n’apposer leur signature d’approbation, sur chaque principe mis en question, qu’après avoir tout bien pesé.

DU CORPS ENSEIGNANT

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Dans une création de l’importance de celle de l’académie d’équitation que nous réclamons, il faudrait que le corps enseignant fût bien choisi, et il faudrait aussi, pour le relever, lui donner un cachet de stabilité. En conséquence, l’écuyer en chef serait nommé par le ministre, il en serait de même des écuyers et sous-écuyers, sur la proposition de l’écuyer en chef, au conseil d’administration, lequel conseil soumettrait les nominations à la sanction du ministre.

Nul ne pourrait être dépossédé de son emploi qu’en vertu d’un rapport motivé du ministre.

Enfin, il y aurait un conseil d’administration.

DU COURS D’HIPPOLOGIE

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Nous pensons que des notions générales sur l’anatomie et la physiologie doivent faire partie de l’instruction de l’homme du monde.

De même qu’un ouvrier connaît l’instrument dont il se sert, le démonte, l’entretient et le répare, de même n’est-il pas utile que l’homme de cheval connaisse l’organisme de la monture dont il se sert journellement, de laquelle il exige souvent des courses longues, pénibles, et des efforts extrêmes; n’est-il pas utile, disons-nous, qu’il en connaisse les besoins, la somme et le genre de travail qu’il peut lui demander, sans nuire à sa conservation, et les soins à lui donner pour entretenir et réparer ses forces; qu’il connaisse aussi l’anatomie du pied, cette partie si essentielle, et de la qualité duquel dépend en grande partie la valeur du cheval, les règles d’une bonne ferrure et les inconvénients si nombreux qui peuvent résulter de sa mauvaise application, les tares qui déprécient toujours la valeur, et dont la gravité varie en raison directe de leur nature, de leur forme, de la place qu’elles occupent et des tissus qu’elles affectent?

Or, ce sont l’anatomie et la physiologie qui nous éclairent sur ces différents points; en conséquence, nous insistons pour que les élèves de l’académie d’équitation reçoivent des leçons d’hippologie.

GYMNASTIQUE ET ESCRIME

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Les exercices de la gymnastique et l’escrime étant les plus puissants moyens pour développer les forces, la souplesse et l’adresse des jeunes gens, feraient partie de l’enseignement de l’académie.

LEÇONS DE MENAGE

Table des matières


Tout homme de cheval devrait aussi bien savoir conduire les chevaux attelés qu’il sait les monter; mais il faut compter avec les goûts de chacun: tel préfère monter un cheval que de le conduire attelé, tandis que tel autre aime mieux, au contraire, mener que monter à cheval. Mais de même que l’on ne s’improvise pas homme de cheval du jour au lendemain, de même on ne saurait, à priori, devenir un cocher bien assis, régulièrement posé du corps, des jambes, des bras et des poignets, savoir tenir ses guides, son fouet, et s’en servir avec élégance.

La conduite du cheval attelé seul, ainsi que celle des chevaux attelés à deux, à quatre, en tandem, a ses règles et ses finesses, qu’il faut apprendre non-seulement pour conduire régulièrement et avec grâce, mais aussi pour avoir assez de ressources en soi, dans un moment donné, pour éviter les accidents de toutes sortes qui peuvent se produire. Il faut, en outre, que l’homme de cheval, tout aussi bien que le cocher, sachent seller, brider, harnacher et atteler, car il est de principe, pour éviter les accidents, que l’un et l’autre doivent, avant de monter en selle ou sur le siège, s’assurer si toutes ces opérations ont été bien faites, et pour vérifier il faut savoir.

Toutes ces instructions seraient données à l’académie.

ÉCOLE DES COCHERS

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Des jeunes gens appartenant à des familles honnêtes seraient recrutés pour en faire des élèves-cochers. En dehors des leçons qu’ils recevraient de maîtres-cochers bien choisis, pour entretenir les harnais, garnir les chevaux, atteler et conduire, ces élèves–cochers seraient palefreniers pour panser les chevaux, les seller, les brider et les conduire au manège ou à la carrière; de la sorte tout élève-cocher sortant de l’académie serait homme d’écurie et cocher tout à la fois. A l’époque du concours hippique les élèves-cochers désignés par l’écuyer en chef y seraient présentés conduisant les meilleurs chevaux aux différents modes d’attelage, et des prix, des mentions honorables avec diplôme de capacité, leur seraient distribués selon leur mérite.

Tout élève cocher muni de son diplôme de capacité serait alors admis à quitter l’académie pour entrer en place, ce qui serait une précieuse ressource et une garantie sérieuse pour les maîtres trop souvent trompés par des hommes porteurs de certificats de complaisance.

REMONTES

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L’acquisition des chevaux serait faite exclusivement parmi les chevaux nés et élevés en France, dans toutes les contrées d’élevage créant les chevaux de selle et d’attelage, ce qui serait un grand encouragement pour les éleveurs, qui tous auraient à cœur de fournir leurs produits à l’académie.

Chaque année aussi, comme nous l’avons dit, à l’époque du concours hippique, les chevaux de selle montés par les élèves et ceux conduits par les élèves-cochers pourraient être vendus (à des prix déterminés à l’avance) aux acquéreurs qui se présenteraient; de la sorte, les personnes qui aiment à monter à cheval trouveraient pour elles ou pour leurs enfants des chevaux de selle sûrs, bien dressés, dont la santé serait faite et dont ils pourraient se servir le jour même; il en serait de même pour les chevaux d’attelage.

Il y aurait dans ce mode de procéder, tout le monde le comprendra, une sécurité très appréciable pour les acquéreurs, ainsi que pour les éleveurs, puisque les chevaux vendus devraient être remplacés par de nouvelles acquisitions.

LT-COLONEL GUÉRIN

EX-ÉCUYER EN CHEF DE L’ÉCOLE DE CAVALERIE,



BARON DE VAUX


DE L’ÉQUITATION

Table des matières


VANT de commencer à portraicturer les principaux hommes de cheval que je rencontre chaque matin dans les allées cavalières du Bois, je crois devoir déclarer que je procéderai de la même manière que pour mes Hommes d’Épée et pour mes Tireurs au pistolet, c’est-à-dire que je me contenterai simplement de faire un rapport sans décorer personne. Ce serait difficile du reste de handicaper des hommes de cheval comme ceux dont je vais parler. Esquisser la physionomie des meilleurs et des plus sympathiques, tel est mon but.

Avant, cependant, de les présenter au public, je crois devoir, pour bien faire comprendre mon travail, dire ce que je pense de l’équitation.

A mon sens, l’équitation est la connaissance des moyens théoriques et pratiques qui permettent d’employer le cheval à tous les services qu’il peut rendre à l’ homme, aussi bien attelé que monté.

Mais, en la considérant seulement dans cette dernière acception, je définirai ainsi l’équitation. L’art qui donne et démontre la position que l’homme doit prendre sur un cheval, pour y être avec le plus de sûreté et d’aisance; qui lui fournit, en même temps, les moyens de conduire le cheval et d’obtenir de lui, par les actions les plus simples et en le fatiguant le moins possible, l’obéissance la plus exacte et la plus parfaite, en tout ce que sa constitution et ses moyens peuvent lui permettre.

Cette manière d’envisager l’art de monter à cheval permet de déduire les qualités qui constituent l’homme de cheval, de même que celles qui constituent le cheval dressé.

L’homme de cheval est celui qui, solide et aisé sur l’animal, a acquis la connaissance de ce qu’il peut lui demander, ainsi que la pratique des moyens raisonnes les plus simples, pour le soumettre à l’obéissance.

Le cheval dressé est celui qui, soumis à la volonté du cavalier, répond avec justesse, légèreté et force, aux indications qu’il reçoit.

Ces deux dernières définitions développées forment l’ensemble des connaissances théoriques qui devront servir à éclairer la pratique de l’équitation.

Le cavalier s’efforcera donc, avant tout, d’acquérir une position dans laquelle il aura de la tenue.

Sans cette condition, il ne serait plus maître de son corps, ni des moyens de conduite dont il doit disposer pour gouverner et diriger son cheval.

La tenue réside dans le rapport d’équilibre et dans l’union harmonieuse et souple de toutes les parties du corps du cavalier.

Toutes les fois que l’une d’elles n’a plus de fonctions et ne coopère plus au maintien de cet équilibre, les déplacements de corps et d’assiette sont provoqués au moindre mouvement et ne sont évités ou simplement atténués que par l’emploi des forces de pression qui permettent bien au cavalier de rester plus ou moins longtemps à cheval, mais lui enlèvent la faculté d’agir à propos, toutes les parties de son corps étant en contraction.

Aussi, précisément dans les moments où la justesse dans l’emploi de ses mains et de ses jambes lui est le plus nécessaire, est-il empêché d’agir par l’emploi qu’il en fait dans le but unique de se tenir.

Cette position, et la tenue qui en résulte, étant acquises, le cheval se trouve pour ainsi dire enveloppé par les aides du cavalier et, si les effets que celui-ci produira sont coordonnés par le tact indispensable, ils provoqueront l’allure et régleront la vitesse suivant le but déterminé qui aura motivé leur concours.

L’emploi des aides, qui enveloppent ainsi le cheval, semblerait représenter assez exactement ce jeu des écoliers qui, rangés en cercle, et en plus ou moins grand nombre autour d’un camarade choisi comme victime, le repoussent à tour de rôle vers différents points opposés de la circonférence, sans lui permettre de s’arrêter.

Mais la comparaison n’est juste que si elle s’applique à un cheval monté par un cavalier dont les rênes flottantes et les jambes éloignées ne permettent pas ce rapport intime, mais léger, doux ou ferme, suivant les circonstances qui ne doivent jamais cesser d’exister entre l’animal et l’homme qui prétend à le gouverner.

Cet écolier, lancé d’un point de la circonférence à l’extrémité du diamètre d’où, en y arrivant, il est lancé de nouveau vers un autre point, n’est plus le maître de ses forces et ne peut se maintenir en équilibre.

De même, le cheval, surpris par le contact subit d’une jambe trop éloignée pour pouvoir graduer son effet au moment voulu, se jette sur l’autre jambe qui, trop éloignée aussi, ne peut que recevoir brusquement cette masse qui lui arrive et la renvoyer sur la première avec une brusquerie pareille.

Les rênes flottantes ne pourront également produire que des effets de surprise, lorsque le cavalier devra s’en servir; parce qu’il n’aura pas le temps nécessaire pour les ajuster et les tendre par degrés à l’instant précis où une cause plus ou moins imprévue nécessitera leur action.

Au contraire, si l’écolier est entouré de ses camarades, assez rapprochés pour le maintenir en respect au milieu d’eux, en le soutenant de tous côtés; si les efforts que font ceux-ci se produisent seulement en raison de ceux qu’il fait lui-même pour s’échapper, il est clair que ces efforts qui se manifestent avec à-propos autour de lui le maintiendront immobile et en place, s’ils sont égaux ou équivalents.

Mais, si certains éléments de ces efforts communs viennent à manquer ou à s’éloigner, il est clair aussi que le patient s’échappera de leur côté par sa volonté propre, son désir de fuir, et en raison de la latitude plus ou moins grande qui lui sera laissée de se porter dans ce sens.

Il y sera de même poussé par les degrés respectifs de pression exercée par les uns, et de relâchement opéré par les autres.

C’est bien là le cas du cavalier et du cheval.

Les forces dominatrices du premier et soumises du second doivent être constamment dans un rapport d’équilibre relatif à l’allure, à la vitesse et à la direction qu’il s’agit d’obtenir.

Mais, tout en conservant le sentiment de ce contact, que nous venons de reconnaître indispensable, il faut éviter les compressions continues entre les aides opposées, parce qu’elles ont le plus souvent pour résultat d’émousser, sinon de détruire, la sensibilité des chevaux, quand il n’en résulte pas des défenses que le cavalier n’est pas sûr de pouvoir toujours dominer, et dans lesquelles il peut s’exposer à ne pas avoir le dessus.

Les jambes agiront donc graduellement pour éviter de précipiter brusquement la masse dans le sens de leur action. Les mains recevront graduellement l’impulsion communiquée par les jambes, évitant ainsi un départ désordonné ou un rejet violent de cette masse en arrière.

Elles l’amèneront, au contraire, à l’état d’équilibre qui convient au mouvement voulu et n’auront plus qu’à laisser dépenser l’action, tout en maintenant la position qui règle l’allure, la vitesse et le sens de la marche.

Mais la véritable difficulté pour arriver à cet accord des aides consiste dans l’appréciation exacte des conditions d’action et d’équilibre dans lesquelles se trouve le cheval mis ou à mettre en mouvement.

C’est là que réside le tact de l’homme de cheval, tact qui se perfectionne par une longue pratique; le cavalier doit apporter en outre dans cet exercice, afin de ne pas se fourvoyer, un grand esprit d’observation joint à une attention réfléchie.

Tels sont les principes généraux qui doivent, selon nous, servir de règle fondamentale à tous les hommes de cheval vraiment dignes de ce nom.

BARON DE VAUX


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Yaş sınırı:
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Litres'teki yayın tarihi:
16 ocak 2025
Hacim:
316 s. 145 illüstrasyon
ISBN:
4064066333171
Yayıncı:
Telif hakkı:
Bookwire
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