Sadece LitRes`te okuyun

Kitap dosya olarak indirilemez ancak uygulamamız üzerinden veya online olarak web sitemizden okunabilir.

Kitabı oku: «Tableau du climat et du sol des États-Unis d'Amérique», sayfa 12

Yazı tipi:

§ V

Du vent de nord-ouest

Le vent de nord-ouest, le troisième et presque le principal dominant aux États-Unis, diffère du sud-ouest sous tous les rapports; il est essentiellement froid, sec, élastique, impétueux et même tempétueux; il est plus fréquent l’hiver que l’été, et plus habituel sur la côte atlantique qu’à l’ouest des Alleghanys, c’est-à-dire dans les bassins du Saint-Laurent, de l’Ohio et du Mississipi: l’on ne peut mieux le comparer qu’au mistral provençal, qui est aussi un vent de nord-ouest, mais d’une origine très-différente; car le mistral, inconnu au nord des Alpes, des montagnes du Vivarais et de l’Auvergne, ne va point chercher sa source par-delà notre Océan tempéré; il la tire évidemment de la région supérieure des montagnes qui environnent les bassins du Rhône et de la Durance, théâtre spécial de sa furie; et il me paraît venir principalement des sommets des Alpes, dont la couche d’air refroidie par les neiges et par les glaciers, se verse dans les vallées pendantes au midi, et surtout dans celle du Rhône où son cours réfléchi et dévié par les chaînes vivaraises, prend la direction de nord-ouest pour toute la Provence; il s’y précipite avec d’autant plus de violence qu’outre sa pesanteur spécifique et la pression de l’atmosphère élevée d’où il se verse, il trouve encore sur la Méditerranée un vide habituel occasioné par l’aspiration des côtes et du continent brûlant de l’Afrique. Aussi se fait-il toujours sentir d’abord sur la mer, et il ne s’établit que successivement et en remontant dans l’intérieur des terres; peut-être à ce torrent aérien qui tombe des Alpes, se mêle-t-il des courants du haut des chaînes du Vivarais et de l’Auvergne; mais ils n’y sont qu’accessoires, et le foyer ou réservoir principal est évidemment le haut pays alpin, sans lequel il serait impossible d’expliquer et de concevoir les apparitions du mistral, subites comme un coup de canon après chaque pluie, surtout dans la saison chaude.

Le nord-ouest américain a bien quelque chose de cette vivacité; et j’aurai occasion de montrer que dans plusieurs cas il dérive aussi de la couche supérieure de l’atmosphère; mais à l’ordinaire et dans ses longues tenues, il vient jusque des mers glacées du pôle, et des déserts également glacés qui sont au nord-ouest du lac Supérieur. Dans les premiers temps, l’on a cru que ce lac et les quatre autres qui lui sont contigus, étaient la cause principale et même première du froid que le vent de nord-ouest apporte sur la côte atlantique. Aujourd’hui que tout le continent est mieux connu, cette opinion ne conserve de partisans que dans le vulgaire; de bons observateurs avaient déja remarqué que dans les cantons du Vermont et du New-York, qui ne sont point sous le vent des lacs, le froid n’était pas moins violent qu’ailleurs; les récits des Canadiens qui vont à la traite des fourrures bien au delà des lacs, ont achevé de dissiper tout doute: ces traitants attestent unanimement que plus ils s’avancent dans le grand-nord114, plus le vent de nord-ouest est violent et glacial, et qu’il est leur principal tourment dans les plaines déboisées et marécageuses de cette Sibérie, et même en remontant le Missouri jusqu’aux monts Chipewans; il faut donc reconnaître que primitivement le nord-ouest américain tire sa source, et de ces déserts qui depuis les 48 et 50° sont glacés pendant neuf et dix mois de l’année, et de la mer Glaciale qui commence vers le 72e degré, et enfin de la partie nord des monts Stony ou Chipewans qui paraît être couverte de neige pendant toute l’année; il est à remarquer que par-delà ces monts, sur la côte de Vancouver, le nord-ouest qui vient de l’Océan et du bassin de Baring, est déja plus humide et moins froid; et comme il souffle bien moins habituellement, il appartient à un autre système115.

Sur la côte atlantique, le vent de nord-ouest qui a parcouru le continent, amène aussi quelquefois des ondées de neige ou de pluie, ou même de grêle; mais ces nuages appartiennent plutôt à d’autres courants d’air, tels que le nord-est et le sud-ouest qu’il force de se replier, et qu’il dépouille en les chassant; d’autres fois ils sont le produit des surfaces humides qu’il trouve sur sa route; tels les cinq grands lacs du Saint-Laurent, les marécages, et même les fleuves pris dans les longues lignes de leur cours; c’est par cette raison que sous le vent de ces lacs et des longues lignes du Mississipi et de l’Ohio, le vent de nord-ouest prend un caractère humide en hiver, et orageux en été qu’on ne lui trouve point en d’autres cantons. Car depuis Charleston jusqu’à Halifax, parler du nord-ouest, c’est désigner un vent violent, froid, incommode, mais sain, élastique et ranimant les forces abattues. Seulement il a cela de perfide en hiver, que tandis qu’un ciel pur et un soleil éclatant réjouissent la vue et invitent à respirer l’air, si en effet l’on sort des appartements, l’on est saisi d’une bise glaciale dont les pointes taillent la figure et arrachent des larmes, et dont les rafales impétueuses, massives, font chanceler sur un verglas glissant. Moins rude en été, on le désire pour calmer la violence des chaleurs; et en effet, il lui arrive alors assez souvent de se montrer après une ondée de pluie d’orage; et comme il est impossible que le laps d’une demi-heure lui ait suffi à venir de loin, il est évident qu’il tombe de la région supérieure qui, à ces latitudes, n’est pas distante de plus de 2,800 à 3,000 mètres: le vide étant formé près de terre par la condensation des nuages en pluie, la couche supérieure s’y abaisse pour le remplir; sa direction de nord-ouest vers sud-est lui est imprimée, parce que l’atmosphère du côté de l’Océan jusqu’au tropique, est composée d’un air léger et chaud qui ne peut soutenir l’équilibre contre ce courant froid et lourd; et cette direction n’est pas du nord vers le sud, parce que de ce côté elle serait repoussée par le reflux du vent de sud-ouest et de l’alisé tropical, dont le contre-courant vient remplir les latitudes moyennes. Il paraît que tous ces courants se joignent ensemble pour former sur l’Océan atlantique depuis les 35 jusqu’aux 48 et 50 degrés de latitude, ce vent d’ouest que nous voyons être le dominant presque perpétuel des côtes d’Angleterre, de France et d’Espagne.

Cette attraction ou aspiration de l’atmosphère atlantique est constatée par l’observation de M. Williams: «On remarque, dit-il, que nos vents de nord-ouest et d’ouest commencent toujours du côté de la mer; c’est-à-dire que si plusieurs voiles se trouvent à la file, c’est la plus avancée en mer qui s’enfle la première, et successivement les autres jusqu’à la plus voisine du rivage qui s’enfle la dernière116».

Les marins font journellement la même observation sur les brises littorales, dont celle de jour, appelée brise de mer, commence toujours dans l’intérieur des terres au sommet des montagnes et des collines, qui vers midi deviennent le foyer de chaleur, je dirais presque la cheminée d’aspiration: en sorte que le vent y est senti un quart d’heure ou une demi-heure avant de l’être au rivage, et cela proportionnellement à la distance entre les deux points, ainsi que je l’ai souvent remarqué en Syrie et en Corse; la brise dite de terre commence aussi sur ces mêmes sommets, parce que là se fait le premier refroidissement, et que l’air se verse par son poids du haut des montagnes en bas vers la mer, comme un courant d’eau. Cette différence dans la manière d’agir de certains vents ou courants d’air, mérite d’être étudiée, comme servant à caractériser la nature de l’air qui les compose; mais elle n’est pas moins dans tous les cas l’effet des vides relatifs, et des densités alternatives que cause l’absence ou la présence du soleil, tantôt sur la terre, tantôt sur la mer; effet qui est une sorte de diastole et de systole qu’éprouve l’air tour à tour échauffé, dilaté, grimpant, ou refroidi, condensé et retombant117.

Une objection me reste à lever contre un fait qui n’a pu manquer de frapper le lecteur.—J’ai dit que le vent de nord-ouest était beaucoup plus fréquent à l’est qu’à l’ouest des Alleghanys: l’on demandera comment il est possible qu’il arrive au second pays sans avoir passé sur le premier qui est sur sa route: comme le fait est avéré, il faut bien qu’il ait un moyen de solution, et ce moyen est de l’espèce du précédent que je viens de citer (à la note); c’est-à-dire, que les Alleghanys sont la digue d’un lac aérien dont le fond, nivelé par cette digue, est, sous sa protection, dans un état de repos ou de fluctuation indépendant de la couche au-dessus du trop-plein; en sorte que tandis que le vent de sud-ouest traverse le bassin de Mississipi et le pays de Kentucky, d’Ohio, etc., jusqu’au bassin du Saint-Laurent, par lequel il s’écoule, le courant de nord-ouest glisse par-dessus lui diagonalement, et va par-dessus les Alleghanys et au niveau de leur cime, se verser sur la côte atlantique, où il acquiert trois motifs d’accélération; savoir: 1º le poids de son fluide; 2º la pente du terrain; 3º le vide de l’Océan dans la direction de sud-est.

Le même cas a lieu pour le Saint-Laurent et le Bas-Canada, où les voyageurs s’accordent à dire que le vent le plus habituel est le sud-ouest, et après lui le nord-est; très-souvent le nord-ouest n’est point senti à Québec, tandis qu’il l’est dans le Maine et dans l’Acadie. Il est évident qu’il a glissé par-dessus le lit concave du fleuve Saint-Laurent, sans déplacer l’air qui y est stagnant; et si l’on fait attention que dans un appartement où deux fenêtres sont ouvertes en face l’une de l’autre, il passe un vent très-vif sans éteindre et sans même agiter une chandelle placée dans les coins ou dans les côtés, hors du courant, l’on concevra que l’air a quelque chose de tenace et d’huileux qui le rend plus difficile à déplacer que ne le supposent les idées que l’on en a vulgairement.

Enfin, un dernier fait curieux à citer sur le vent de nord-ouest, c’est qu’aux États-Unis le ciment et le mortier des murs exposés à son action directe, sont toujours plus durs, plus difficiles à démolir qu’à aucune des autres expositions; sans doute à raison du hâle extrême qui l’accompagne: pareillement dans les forêts, l’écorce des arbres est plus épaisse et plus dure de son côté que de tout autre: et cette remarque est l’une de celles qui guident les sauvages dans leurs courses à travers les bois, par le ciel le plus brumeux.—C’est à des faits, à des observations de cet ordre, aussi simples et aussi naturels, que cette espèce d’hommes doit la sagacité que nous admirons en elle; et lorsque des voyageurs romanciers ou des écrivains qui jamais n’ont quitté le coin de leur cheminée, s’extasient sur la finesse des sauvages, et en prennent occasion d’attribuer à leur homme de la nature une supériorité absolue sur l’homme civilisé, ils nous prouvent seulement leur ignorance en fait de chasse, et du perfectionnement des sens de l’odorat et de la vue par l’habitude et la pratique d’un exercice quelconque. Aujourd’hui que l’on a aux États-Unis des exemples innombrables de colons de frontière, irlandais, écossais, kentokais, qui sont devenus en peu d’années des hommes-de-bois aussi habiles et aussi rusés, des guerriers plus vigoureux et plus infatigables que les hommes-rouges118, l’on ne croit plus à la prétendue excellence ni du corps, ni de l’esprit, ni du genre de vie de l’homme sauvage; et ce que j’aurai occasion d’en exposer ailleurs avec plus de détail et avec un esprit impartial, excitera sans doute bien moins les sentiments de l’admiration ou de la jalousie, que ceux de l’effroi et de la pitié.

CHAPITRE X

Comparaison du climat des États-Unis avec celui de l’Europe quant aux vents, à la quantité de pluie, à l’évaporation et à l’électricité.

D’après tout ce que j’ai dit des vents, de leurs lits, de leur marche, de leurs qualités propres ou respectives aux États-Unis, il devient de plus en plus facile de se faire une idée nette et générale du climat de ce vaste pays. De ce que l’on sait que les vents les plus habituels y viennent presque immédiatement, les uns de la zone du tropique, les autres de la zone polaire, l’on conçoit pourquoi ils ont des qualités de froid et de chaud si contractantes, et pourquoi le climat est si variable et si bourru: de ce que l’on sait que l’un des dominants (le sud-ouest) vient d’une mer chaude, l’autre (le nord-est) d’une mer très-froide, le troisième (le nord-ouest) de déserts glacés, l’on sent pourquoi chacun d’eux est sec et clair, pluvieux ou brumeux.—L’on devine même les cas d’exception que quelques localités peuvent et doivent apporter à ces règles générales, et l’on infère naturellement qu’un vent sec peut devenir pluvieux s’il rencontre sur sa route des surfaces humides, telles que des lacs, des marais, et des lignes prolongées de rivières, ainsi qu’il arrivé au pays de Genesee, où il pleut par vent de nord-ouest à cause des lacs Ontario et Huron; par vent du sud-ouest à cause du lac Érié: tandis que le nord-est et l’est, si pluvieux à la côte, y sont secs119: par inverse un vent pluvieux peut devenir sec en se dépouillant sur les montagnes de l’humidité qu’il transporte: enfin, dans les violentes agitations de l’atmosphère, les courants venant à se mêler, ils peuvent momentanément échanger et confondre leurs attributs et leurs propriétés.

D’autre part, en considérant que le territoire des États-Unis n’est traversé que par des montagnes d’un ordre inférieur, et qui n’offrent pas un obstacle suffisant à rompre la marche des courants, l’on aperçoit pourquoi les vents y sont et y doivent être presque toujours généraux, c’est-à-dire balayer, selon l’expression anglaise, toute la surface du pays en long et en large. Et en effet, à cette règle générale, il n’y a d’exception remarquable que les brises littorales qui ont lieu pendant les six mois d’été, et qui se modifient selon le gisement soit de la côte, soit des lits de rivières, et à raison de la distance, de la pente et de la direction des chaînes et sillons de montagnes. Par exemple, depuis la Floride jusqu’au New-Jersey, la brise incline au sud-est, et l’on voit que le terrain verse, et que la côte tourne de ce côté. Au contraire, depuis le New-York jusqu’au cap Cod, la brise est de sud direct; et du cap Cod jusqu’à l’Acadie, elle vient de l’est et du nord-ouest, toujours par l’application du même principe à des cas divers: de même encore elle est plus lente ou plus vive, plus forte ou plus faible, plus en avance ou plus en retard, selon le degré plus ou moins intense de la chaleur, selon la pente plus ou moins inclinée des terres, et l’éloignement plus ou moins grand des hauteurs où se trouve le foyer d’aspiration120, ainsi que l’on en a l’expérience très-connue en marine.

De ces faits dérivent deux vérités lumineuses en géographie physique;

L’une, que ce sont les courants habituels de l’air, les vents, qui déterminent la température, ou le climat d’un pays.

L’autre, que la configuration du sol exerce sur ces courants une influence de direction ordinairement décisive, et qu’elle devient par là un agent constitutif, une partie intégrante du climat.

Notre Europe offre l’exemple et l’application de ces deux principes dans un sens inverse de l’Amérique-nord. Dans l’Europe occidentale, les vents d’ouest sont les grands pluvieux, parce qu’ils viennent de l’Océan atlantique; et ils se montrent plus frais en Angleterre, plus chauds en France et en Espagne, à raison des latitudes d’où ils viennent sur ce même Océan: aux États-Unis, les vents d’ouest sont les plus secs, parce qu’ils y viennent de la partie la plus large du continent: en France, ils sont les plus généraux, les plus habituels, parce que la haute chaîne des Alpes, est un foyer d’aspiration et de condensation, qui sans cesse les appelle vers elle: aux États-Unis, ils sont les plus rares, parce qu’il n’y existe pas de point dominant d’aspiration. En Europe, les vents ne sont presque jamais généraux, mais plutôt divisés en systèmes indépendants, parce que les hautes chaînes des montagnes, telles que les Pyrénées et les Alpes, forment des enceintes et comme de grands lacs d’atmosphère séparés et distincts; et parce qu’ensuite une foule de chaînes secondaires, telles que les Asturies et les autres sillons de l’Espagne121, les Cévennes, les Vosges, les Ardennes, les Apennins, les Krapatz, le Dofre de Norwège et les montagnes d’Écosse, presque toutes supérieures aux Alleghanys forment d’autres subdivisions également caractérisées.

Dans la France seule nous avons autant de systèmes de vents que de bassins de rivières principales, telles que le Rhône, la Garonne, la Loire et la Seine. La Belgique a son système distinct du nôtre par les Ardennes; elle tire du canal de la Manche un courant d’air, qui primitivement ouest, puis dévié dans la direction de sud-ouest, y est la cause de cette humidité qui la rend si fertile et si pâturagère.

D’autre part, si notre Europe occidentale est plus tempérée que l’orientale, ce peut être, comme l’a dit Pallas, parce qu’elle est abritée par les montagnes d’Écosse et de Norwège; mais c’est encore plus parce que les vents les plus généraux et les plus régnants sont de l’ouest et du sud-ouest, et qu’ils y arrivent par la mer, toujours plus tempérée que la terre.

C’est par cette raison que la côte de Norwège diffère totalement de celle de Suède, et que la température de Berghen ne ressemble pas plus à celle de Stokholm, que la température de Londres ne ressemble à celle de Saint-Pétersbourg: c’est aux vents d’est et de nord-est, originaires de la Sibérie, que l’orient de l’Europe doit son climat froid, sec et salubre; et si de hautes montagnes eussent fermé la Russie sur sa frontière orientale; si quelques remparts eussent abrité la Sibérie vers la mer du pôle, cette contrée, ainsi que la Pologne et le pays de Moscou, ne seraient pas plus froids que le Danemarck et la Saxe.

Cette différence de configuration entre l’Europe et l’Amérique-nord, me paraît être la cause principale, et peut-être unique, de plusieurs différences météorologiques que l’on remarque dans les atmosphères de ces deux continents. L’on y trouve une explication satisfaisante de deux ou trois phénomènes et problèmes singuliers, savoir: par exemple, pourquoi la quantité de pluie annuelle et moyenne est plus grande aux États-Unis qu’en France, en Angleterre, en Allemagne:—Pourquoi la chute de ces pluies est généralement plus brusque et leur évaporation ensuite plus vive en Amérique qu’en Europe:—Pourquoi enfin les vents sont habituellement plus forts, les tempêtes et les ouragans plus fréquents dans le premier de ces pays que dans le second: quelques détails deviennent nécessaires pour rendre ces faits plus précis, et leur solution plus probable et plus persuasive.

§ I

De la quantité de pluie qui tombe aux États-Unis

Des observations exactes et multipliées, faites par divers savants américains, en différents lieux de la côte atlantique, ont désormais constaté que la quantité annuelle et moyenne de pluie qui tombe aux États-Unis est beaucoup plus considérable que dans la plupart de nos pays d’Europe, en exceptant toutefois certaines localités des pays de montagnes122 ou des fonds de golfe. Le tableau suivant en fournit la preuve. Aucun lieu du pays d’Ouest n’y est mentionné, parce que ce genre d’observation n’y a pas encore été pratiqué, du moins à ma connaissance.

[127] Selon Chalmers, cité par Ramsay, ibid.

[128] Jefferson, page 6.

[129] S. Williams, History of Vermont, page 51.

[130] Idem.

[131] Idem.

[132] Docteur Rush, observations sur la Pensylvanie, American Musæum, tome VII.


En Europe, au contraire, il ne tombe que les quantités suivantes, savoir:


[133] Mais en récompense j’ai vu un journal météorologique manuscrit, où le nombre des jours pluvieux à Brest est de 349 jours par an, tandis qu’à Marseille le nombre des jours clairs est de 352.



Ainsi plus de pluies en moins de jours indique évidemment que les pluies ont tombé par ondées plus vives et plus fortes en Amérique, par arrosements plus doux, en Europe; et nous avons vu que les faits sont conformes à ce raisonnement.

114.C’est l’expression canadienne pour désigner tout le pays.
115.Selon le capitaine Meares, c’est le vent de nord qui est le dominant de ces parages.... Pour donner une idée du refroidissement que les surfaces glacées occasionent dans l’air, il me suffira de citer une observation de Charlevoix. Ce missionnaire rapporte que, traversant le banc de Terre-Neuve, par un temps d’ailleurs doux, son vaisseau fut tout à coup assailli d’une brise si glaciale, que tous les passagers furent contraints de se réfugier dans l’entre-pont; bientôt l’on aperçut une de ces îles de glaces qui, à chaque printemps, viennent du nord flotter dans l’Atlantique, et tant que l’on resta sous le vent de cette île, longue d’un quart de lieue, l’air resta insupportable. Cette expérience se renouvelle presque chaque année pour les navigateurs de Terre-Neuve.
116.History of Vermont, page 48.
117.Ces versements d’air froid de la région, soit moyenne, soit supérieure, sont attestés par Belknap, qui cite, dans le New-Hampshire, un lieu où le vent semble toujours tomber d’en haut comme l’eau d’un moulin: moi-même je pourrais en citer en France un exemple remarquable sur le chaînon du Forez qui sépare le bassin du Rhône de celui de la Loire: en plusieurs endroits, mais surtout au local du château de la Farge, entre Belleville et Roanne, six à sept lieues au-dessus de Tarare, l’on éprouve habituellement, que tandis que l’on monte ou descend du côté du Rhône la pente rapide de ce chaînon, l’on ne sent aucun vent; mais à peine a-t-on atteint la crête du sillon, et surtout à peine commence-t-on de descendre le revers du côté de la Loire, que l’on sent un vent d’une vivacité extrême, versant de l’est à l’ouest, c’est-à-dire du bassin de Rhône, dans celui de la Loire; et si de suite l’on revient sur ses pas, et que l’on redescende la pente d’est vers le Rhône, l’on ne trouve plus de vent: la raison en est, que le bassin de Rhône est un grand lac d’air frais et dense, qui communique avec l’atmosphère des Alpes, tandis que le bassin de la Loire est un lac d’air plus léger et plus chaud, qui vient de l’Océan par les vents régnans d’ouest: le chaînon de Forez est une digue qui les sépare, et qui les tient l’un et l’autre calmes jusqu’à sa hauteur; mais par-dessus cette digue, le trop-plein du bassin de Rhône se verse comme de l’eau, et se montre d’autant plus froid et plus rapide, qu’il est l’écoulement de la région moyenne d’air qui vient des Alpes et tombe en glissant sur le lac.
118.Nom que se donnent les sauvages.
119.De même aux sources de la Wabash et des deux grands Miâmis, il pleut par tous les vents; à Gallipolis, sur l’Ohio, il pleut surtout par ouest sud-ouest, tandis que plus bas, à Cincinnati, l’ouest est sec, et il pleut par nord-ouest.
120.En Massachusets la brise commence dès huit et demi ou neuf heures du matin au mois de juin, tandis qu’en Caroline elle ne commence qu’à dix et onze; comparez les distances respectives des sillons à la côte, et vous en voyez de suite la raison.
121.Le chaînon qui sépare Saint-Ildephonse de l’Escurial, sépare tellement l’atmosphère de ces deux lieux, que quoique rapprochés à six ou sept lieues, ce sont deux climats différents.
122.Par exemple, Udine où il tombe 62 pouces, et Garfagnana, 92 pouces: aux Antilles, il tombe plus de 100 pouces par an.
Yaş sınırı:
12+
Litres'teki yayın tarihi:
30 haziran 2018
Hacim:
424 s. 24 illüstrasyon
Telif hakkı:
Public Domain