Kitabı oku: «La Suisse entre quatre grandes puissances», sayfa 10

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2.1.2. Les relations avec les cantons

Pour la mobilisation, les cantons constituaient les principaux partenaires de l’Etat-major général.164 Ils jouaient en effet un rôle déterminant dans le système prévu par l’ordonnance du 18 novembre 1884165 sur la mobilisation et celle du 8 mars 1887 sur le Service territorial, le Service des étapes et l’exploitation des chemins de fer.166 Outre la transmission des ordres de mobilisation aux troupes relevant de leurs compétences, les cantons avaient la responsabilité d’organiser les places de rassemblement de corps et la distribution du matériel aux troupes, ainsi que de contrôler les travaux que les communes devaient effectuer, notamment en ce qui concernait la question fondamentale de la réquisition des chevaux et des voitures. Du fait de leur souveraineté et de leurs prérogatives en matière militaire, chacun d’entre eux représentait un acteur particulier. Dès lors, le nombre de ces acteurs, vingt-cinq au total, était jugé trop nombreux.167 Keller souhaitait une centralisation de l’administration militaire, avec une attribution de la majeure partie des compétences cantonales aux arrondissements de division. Il voyait dans cette réforme le moyen de disposer d’une administration plus compétente et efficace et de réduire à huit le nombre des partenaires directs de l’Etat-major général.

La souveraineté et l’autonomie cantonales posaient encore d’autres difficultés. Tout d’abord, les cantons ne voyaient pas toujours d’un bon œil les interventions du Département militaire fédéral. Les quelques exemples cités par Arnold Linder montrent bien que les communes et les cantons étaient jaloux de leurs prérogatives et qu’il existait une certaine inertie de la part de ces derniers dans l’exécution des directives fédérales. Ainsi, le canton de Vaud voyait une atteinte à sa souveraineté, lorsque le Département militaire fédérale lui demandait comment le chef du Département militaire cantonal pourrait, en cas de mobilisation, continuer à diriger son Département tout en se rendant à Morges durant quatre jours pour assurer ses fonctions de commandant de place. De son côté, Neuchâtel avait la fâcheuse habitude de ranger les documents en provenance de Berne dans un carton spécial. C’est ainsi qu’au cours d’un contrôle des préparatifs cantonaux de mobilisation, un officier de l’Etat-major général ne trouva que des documents totalement périmés. Après réflexion d’un des secrétaires de l’administration neuchâteloise, les formulaires valables furent finalement retrouvés, non remplis, dans le carton en question.

Les cantons n’avaient pas toujours les moyens nécessaires pour réaliser jusque dans leurs moindres détails les tâches dont ils étaient responsables. Keller jugeaient que les administrations cantonales étaient généralement trop réduites pour mettre en place les organisations nécessaires et tenir à jour les dossiers. Il ne voyait guère que deux cantons, Berne et Vaud, qui avaient été capables d’y parvenir. Le chef de l’Etat-major général émettait donc de sérieux doutes sur la qualité de la préparation cantonale en matière de mobilisation générale. Il citait l’exemple du canton de Zurich qui n’avait rien prévu pour prévenir les communes. En 1889, au moment des troubles au Tessin, la transmission de la mise sur pied des troupes nécessita l’envoi d’un télégramme à chaque commune, soit deux cents en tout. Cette seule opération demanda plus d’une demi-journée! L’organisation des places demandait également que les cantons s’occupent de nombreux détails et améliorent les infrastructures de leurs arsenaux et dépôts. En 1901 par exemple, les arsenaux de Zurich, Winterthour, Berne, Glaris et Coire ne disposait pas d’un éclairage suffisant. Le matériel de corps n’aurait pu être distribué aux troupes que durant la journée! Pour remédier aux insuffisances des cantons, Keller n’hésita pas à compléter, de sa propre initiative, les mesures prises par ces derniers s’il jugeait que cela s’avérait indispensable. Au début des années 1890, il fit réaliser des affiches de mise sur pied pour les différents états-majors et les corps de troupes, ainsi que pour les chevaux et les voitures.168 Ces affiches étaient conservées de manière centralisée, prêtes à être complétées, puis placardées dans les lieux publics.

Par ailleurs, le système de mobilisation posait de nombreux problèmes dus à la centralisation qui impliquait une très bonne organisation, dès le temps de paix, pour les grandes places de mobilisation où de nombreuses troupes devaient venir s’équiper. Une pareille concentration posait des problèmes, non seulement de stockage des matériels et des équipements pour les troupes, mais, aussi, de transport, de logement et de ravitaillement, des difficultés logistiques qui ne furent réglées que petit à petit. En 1904, tout n’était pas encore terminé. Ainsi à Brigue, il n’y avait aucune disposition pour assurer le ravitaillement des troupes qui mobiliseraient dans cette commune. Aucun fournisseur n’avait voulu s’engager, mais la municipalité estimait que les ressources de la ville permettraient de fournir tout ce qui serait nécessaire.

Enfin, le dernier problème de l’organisation de la mobilisation résidait dans le fait qu’elle fut fréquemment modifiée et qu’elle devait être constamment tenue à jour, ce qui représentait un travail significatif et des frais pour les cantons. Ainsi, la Berne cantonale imprimait les affiches de mobilisation en temps de paix déjà.169 Chaque changement nécessitait d’apporter des modifications aux documents ou de les réimprimer. Les constantes modifications et les contrôles annuels effectués par les chefs d’état-major des divisions n’étaient pas toujours bien vus par les administrations militaires cantonales. Ils étaient souvent perçus comme des tracasseries administratives dues à la seule volonté de l’Etat-major général. Arnold Linder cite l’exemple du Département militaire vaudois qui écrivit au Département militaire fédéral en janvier 1902 «que dans l’intérêt d’une bonne et rapide mobilisation, il serait fort à désirer que l’on évite à l’avenir ces petites modifications continuelles qui sont sans importance réelle et d’arriver à obtenir quelque chose d’un peu stable».

2.2. Le Service territorial

L’organisation du Service territorial, définie dans l’ordonnance du 8 mars 1887, a été complétée et modifiée au début des années 1890.170 En 1891 fut fixée l’organisation de son personnel. L’année suivante, une nouvelle ordonnance fut édictée le 4 mars.171 Elle avait un caractère provisoire, car les changements qu’elle apportait le seraient à titre d’essai pour une période de cinq ans. Ce texte fut complété peu après par une instruction de service («Dienstanleitung») pour les fonctionnaires du Service territorial, émise par le Bureau d’état-major. La nouvelle ordonnance apportait deux changements importants par rapport à l’ancienne organisation. Tout d’abord, elle définissait un nouveau découpage géographique pour les arrondissements territoriaux qui passaient de 8 à 9, dont les limites étaient mieux définies:

– 1er Arrondissement territorial: Lausanne (cantons de Genève, Vaud, Valais)

– 2e Arrondissement territorial: Neuchâtel (cantons de Fribourg, Neuchâtel)

– 3e Arrondissement territorial: Berne (canton de Berne)

– 4e Arrondissement territorial: Lucerne (cantons de Lucerne, Nidwald, Obwald, Zoug)

– 5e Arrondissement territorial: Aarau (cantons d’Argovie, Bâle-Ville, Bâle-Campagne, Soleure)

– 6e Arrondissement territorial: Zurich (cantons de Schaffhouse, Zurich)

– 7e Arrondissement territorial: St-Gall (cantons de Thurgovie, St-Gall, Appenzell Rhodes-Intérieures et Appenzell Rhodes-Extérieures)

– 8e Arrondissement territorial: Coire (canton des Grisons)

– 9e Arrondissement territorial: Bellinzone (cantons du Tessin, Uri, Schwyz)

La seconde innovation était la création des commandants du landsturm, un pour chacun des neuf arrondissements territoriaux. Directement subordonnés aux commandants d’arrondissement territorial, ils étaient à la tête des troupes du landsturm – 6 à 8 bataillons par arrondissement territorial – et de la landwehr de 2e ban, chargées de l’exécution des missions du Service territorial. Telles que définies dans la nouvelle ordonnance, ces missions ne présentent pas de différences notables par rapport à l’ancienne ordonnance et elles peuvent être regroupées en trois grandes catégories correspondant à des subdivisions distinctes du Service.

La première, relative à l’administration militaire du pays, était le fruit d’une coordination entre le Département militaire fédéral et les départements militaires cantonaux. Le nombre d’interlocuteurs – 25 au total – avec lesquels le DMF avait à travailler avait conduit à la création des arrondissements territoriaux qui devaient servir d’intermédiaires. La seconde mission consistait à assurer l’approvisionnement en hommes, en chevaux, en matériel, en nourriture et en munitions de l’armée de campagne et l’évacuation vers l’arrière de ce qui ne lui était pas ou plus utile, blessés, malades, matériel endommagé. Enfin, le Service territorial était chargé du maintien de l’ordre et de la sécurité à l’intérieur du pays, ainsi que de la protection des arrières et des flancs de l’armée de campagne.

Après une prise de contact avec certains des acteurs du Service territorial au cours de l’hiver 1890–1891, le Bureau d’état-major envoya, quelques jours après l’adoption de l’ordonnance du 4 mars 1892, un courrier aux chefs d’arme et de service du Département militaire fédéral concernant les tâches qu’ils avaient à réaliser en ce qui concernait ce service. De manière analogue, il écrivit, un mois plus tard, aux 9 commandants d’arrondissements et aux 9 commandants du landsturm. Les travaux concernaient notamment l’organisation du personnel, avec la constitution des états-majors172 et la mise sur pied du landsturm, ainsi que l’évaluation des ressources matérielles des différents arrondissements territoriaux, afin d’en préparer l’évacuation.

Selon l’ordonnance du 4 mars 1892, le Bureau d’état-major n’avait pas de contact direct avec les cantons en ce qui concernait le Service territorial, dont ils étaient pourtant d’importants interlocuteurs. Il était donc dans l’impossibilité d’influencer directement les travaux qui relevaient de leurs compétences, dont l’avancement était variable d’un canton à l’autre. Keller regrettait cette situation, car le Bureau d’état-major avait en charge les questions générales relatives au Service territorial. Il réussit en revanche à exercer son influence sur les commandants d’arrondissements territoriaux et sur les commandants du landsturm. Au cours de l’hiver 1892–1893, ces derniers suivirent les cours d’instruction de trois à cinq jours qu’organisa le Bureau d’état-major. Une bonne collaboration s’installa, de nombreux travaux furent réalisés et une règlementation mise au point, notamment une Instruction pour la préparation et la conduite des évacuations. Dans la seconde moitié des années 1890, deux grands domaines ont été pour la première fois l’objet de préparatifs: l’évacuation des dépôts des régions frontière («Grenzlagerhäuser») – Genève, Romanshorn, Rorschach et Buchs – et des quatre salines du Rhin. En 1899, Keller jugeait que le Service territorial avait réalisé les préparatifs nécessaires pour les cinq différents cas de concentration de l’armée qui avaient jusqu’alors été travaillés dans le détail.

L’ordonnance sur le Service territorial fut révisée le 8 février 1901 et est ensuite restée en vigueur jusqu’en 1909.173 Le nouveau texte était plus simple, plus précis et plus concis, mais il n’apportait aucun changement notable.

2.3. Le Service des chemins de fer et le Service des étapes

En dépit de l’organisation mise en place en 1887 et des travaux effectués par l’Etat-major général depuis 1874, de nombreuses lacunes existaient encore en matière de transport ferroviaire. Des exercices permirent de découvrir des problèmes très concrets. Les grandes manœuvres de 1894 montrèrent que les horaires de transport n’étaient pas bien faits.174 Ils n’étaient pas adaptés aux petites gares dans lesquelles les infrastructures – surtout les moyens d’embarquement – étaient rudimentaires. De plus, l’instruction des troupes et la conduite des activités dans les gares étaient jugées insuffisantes, conséquence des carences du règlement en vigueur. Dès lors, le Service des chemins de fer et le Service des étapes connurent d’importants changements, tant dans leurs structures que dans leurs méthodes de travail.

Les ordonnances du 4 mars 1892 et du 8 février 1901 ont apporté des modifications significatives dans l’organisation du Service des chemins de fer et dans celui des étapes. La première retirait aux commissaires des guerres des cantons le commandement d’étape initial.175 De plus, elle ne mentionnait plus le nombre des chefs de groupes d’exploitation. Enfin, changement le plus important, elle réorganisait le découpage territorial des groupes d’exploitation et en limitait le nombre à cinq:

– 1er Groupe: chemins de fer du Jura-Simplon

– 2e Groupe: chemins de fer du Central-Suisse

– 3e Groupe: chemins de fer du Gothard

– 4e Groupe: chemins de fer du Nord-Est

– 5e Groupe: chemins de fer de l’Union-Suisse

Le Service des chemins de fer avait pour missions, entre autres, d’assurer les transports de l’armée au moment de la mobilisation et de la concentration des troupes.176 Ces deux phases étaient totalement distinctes et elles pouvaient être séparées dans le temps par plusieurs jours ou semaines, la seconde ne commençant qu’au moment de la déclaration de guerre ou, éventuellement, lorsque le danger serait clairement identifié. L’emploi des chemins de fer au cours de la mobilisation proprement dite comprenait deux phases. Le premier jour, les trains devaient transporter les mobilisés jusqu’aux places de rassemblement de corps. Pour ce faire, les sociétés ferroviaires augmentaient le nombre de trains du début de la journée, tout en conservant les horaires habituels. Dans la nuit du premier au deuxième jour de mobilisation, à minuit, entrait en vigueur un horaire de guerre. Le premier horaire de guerre a été édité en 1889. Il a été retravaillé en 1896–1897 et réimprimé en 1897. Les différents documents remis aux cinq grandes compagnies de chemin de fer étaient conservés, de manière à pouvoir être appliqués selon les modalités prévues. Cet horaire de guerre réglait le transport des détachements de surveillance depuis les places de rassemblement de corps en direction de la frontière, le transport du matériel et le rassemblement des troupes dans le dispositif de mobilisation («Mobilmachungsaufstellung»).

Au moment où la guerre était déclarée, le Service des chemins de fer devait assurer les transports des divisions et des corps d’armée depuis le dispositif de mobilisation jusqu’au dispositif de concentration. Ces opérations se faisaient jour et nuit, et les transports civils étaient interrompus sur les lignes employées. La réalisation des documents nécessaires représentait l’activité principale de la Section des chemins de fer du Bureau d’état-major. Au début, les horaires civils constituaient la base des travaux de planification. Après la mise au point d’un horaire de guerre, cette manière de procéder fut abandonnée et les documents furent basés sur ce dernier. Il s’agissait d’une première simplification du système, dans le sens où il n’était plus nécessaire de tout refaire à chaque changement des horaires civils. Une simplification ultérieure eut lieu en 1897, au moment de l’introduction d’un nouvel horaire de guerre: seuls les déplacements de troupes les plus urgents étaient entièrement préparés et les documents y relatifs imprimés.177 Les autres transports étaient préparés, mais de manière plus générale, les derniers préparatifs devant être achevés en temps opportun.


Illustration 7: Transport des chevaux par wagon, d’après le règlement du 3 novembre 1885 sur les transports militaires par chemin de fer et bateaux à vapeur. Archives fédérales.

L’introduction de l’ordonnance de 1901 découla de la volonté de simplifier l’organisation en vigueur.178 Au Service des étapes, le nombre des commandements d’étapes de réunion et celui des commandements d’étapes initiales fut réduit. Cette diminution commença vers 1898 et s’accentua dans les années qui suivirent. Alors qu’ils étaient respectivement de 6 et 26 dans l’ordonnance de 1892, les études et l’expérience montrèrent que 3 commandements d’étapes de réunion et 15 à 20 d’étapes initiales étaient suffisants. Le nouveau texte ne mentionnait toutefois aucun chiffre. On gardait ainsi toute liberté d’action dans ce domaine. Une autre simplification, qui apportait encore davantage de souplesse, fut la suppression de la plupart des lieux de siège des différents commandements.

Toutefois, la raison la plus importante qui avait provoqué la refonte de l’ordonnance était la modification complète de l’organisation des chemins de fer helvétiques découlant du rachat de la majeure partie des compagnies privées par la Confédération. Le 28 février 1898, le peuple suisse avait approuvé par référendum la loi sur le rachat des chemins de fer. Par cette loi, les cinq grandes compagnies du pays – Compagnie du Central-Suisse, Chemins de fer du Nord-Est, Compagnie de l’Union-Suisse, Compagnie du Jura–Simplon (comprenant celle du Brunig) –, ainsi que diverses petites lignes étaient étatisées et les Chemins de fer fédéraux créés. L’organisation du Service des chemins de fer devait ainsi être totalement revue. La nouvelle résulta d’une collaboration entre le Bureau d’état-major et la nouvelle administration des CFF.

L’unification des chemins de fer et la création d’une direction générale pour toute la Suisse simplifiait considérablement l’organisation du Service des chemins de fer. Il n’était en effet plus nécessaire de mettre en place un système centralisé chapeautant diverses compagnies indépendantes. Il suffisait de reprendre la nouvelle organisation civile et de la militariser tout en l’adaptant aux besoins spécifiques d’exploitation du temps de guerre. Le Bureau central et le chef du Service technique pouvaient être supprimés. Il en allait de même pour les cinq groupes correspondant aux cinq grandes compagnies de chemin de fer.

2.4. La couverture de la mobilisation

Une organisation de surveillance de la frontière destinée à protéger la mobilisation de l’armée, organisée dès le temps de paix, a été mise en place avec la publication d’une ordonnance par le Conseil fédéral le 1er mars 1892.179 Jusqu’alors, deux conceptions avaient été envisagées successivement pour remplir cette mission. A partir de 1875, l’Etat-major général voulait employer des troupes de landwehr. Toutefois, aucun travail destiné à mettre en place une organisation quelconque ne fut réalisé. Le système de mobilisation postulait que les troupes allaient occuper directement un dispositif tactique et une protection n’était donc pas nécessaire. Après 1882, les nouvelles modalités de la mobilisation entraînèrent un changement dans le système de surveillance de la frontière. Cette mission fut confiée à des troupes de l’élite que venait renforcer des formations de la landwehr, une fois leur mobilisation terminée.

La nouvelle organisation de 1892, approuvée provisoirement la même année par la Commission de défense nationale, engageait essentiellement des troupes appartenant aux divisions de l’élite. Elles devaient être mises sur pied le premier jour de la mobilisation et être envoyées rapidement sur la frontière. Le Bureau d’état-major instruisit verbalement les commandants des détachements de surveillance sur leurs missions. Ces derniers ont rédigé des ordres qui ont été approuvés par les commandants de corps d’armée. Ces détachements formaient, en quelque sorte, des avant-postes stratégiques pour les divisions en cours de mobilisation. Leurs commandants, les commandants des régiments ou des brigades dont étaient issues les troupes, étaient directement subordonnés aux commandants de division.

L’organisation de surveillance de la frontière comprenait 12 détachements représentant au total 33 bataillons d’infanterie, 16 escadrons de cavalerie et 6 batteries d’artillerie. Le dispositif était le suivant:

– 1er Détachement: St-Gingolph–col de Fenêtre de Bagne

– 2e Détachement: frontières vaudoise et genevoise

– 3e Détachement: frontière neuchâteloise

– 4e Détachement: frontière bernoise

– 5e Détachement: Klösterlein–embouchure de l’Aar

– 6e Détachement: embouchure de l’Aar–Stein am Rhein

– 7e Détachement: Stein am Rhein–Altenrhein

– 8e Détachement: Altenrhein–Trübbach

– 9e Détachement: frontière grisonne

– 10e Détachement: frontière tessinoise

– 10e Détachement bis: région de Bedretto

– 11e Détachement: Cervin–Griespass

Cette organisation présentait un défaut majeur.180 Elle nécessitait l’emploi d’une part non négligeable des troupes de l’élite et les commandants de division craignaient de ne pouvoir reprendre à temps les formations mises à disposition. Aussi le Département militaire fédéral et la Commission de défense nationale demandèrent au Bureau d’état-major de chercher d’autres solutions. Le DMF se demandait s’il serait possible de rassembler et d’organiser une partie des troupes de l’élite sur les places de rassemblement de corps dans les secteurs frontière sans avancer la mobilisation, de manière à pouvoir utiliser immédiatement ces troupes pour assurer la défense tactique de la frontière. De leur côté, les membres de la Commission de défense nationale proposaient d’employer les troupes de la landwehr pour remplir les missions de surveillance de la frontière.

Keller envisagea diverses possibilités: emploi du landsturm armé, remplacement des détachements de surveillance par des troupes de landwehr une fois celle-ci mise sur pied… Ne voulant pas un retour à un système de mobilisation décentralisé, il proposa une solution basée sur le principe de l’économie des forces. Le chef de l’Etat-major général considérait que les douze détachements prévus étaient à la fois trop forts pour assurer une simple surveillance policière et trop faibles pour remplir des missions de défense tactique. Il préconisait de se limiter à la seule mission de surveillance policière, en se concentrant sur les objets d’art routiers et ferroviaires, et de confier la mission de protection tactique aux divisions et aux corps d’armée. Cette redéfinition des missions permettrait d’économiser les deux tiers des troupes employées avec le système en vigueur. Keller prévoyait toutefois la possibilité de renforcer ces détachements en employant les forces du landsturm armé.

Les 26 détachements du nouveau dispositif comportaient 10 bataillons d’infanterie et 14 escadrons de cavalerie. Leur dispositif s’établissait comme suit:

Tableau 4: Détachements de couverture de la mobilisation (début des années 1890)


Cette organisation fut étudiée plus à fond dans les années suivantes par le Bureau d’état-major.181 Les missions furent mieux définies. Les détachements devaient assurer une surveillance policière de la frontière – y compris les gares – et barrer cette dernière dans les deux sens. Ils devaient également remplir des missions de reconnaissance du trafic militaire, surveiller, éventuellement détruire, les ouvrages d’art des lignes de communication internationales et couvrir une éventuelle évacuation de la région frontière. Le choix des troupes composant les détachements reposait sur deux critères: la capacité à être rapidement mises sur pied et la possibilité de les réintégrer ensuite rapidement au sein de leurs grandes unités. Dès lors, l’entrée en service de ces troupes pouvait avoir lieu la veille du premier jour de mobilisation pour l’infanterie et le premier jour pour la cavalerie. Comme il leur faudrait un jour pour se mettre en place, les troupes de surveillance seraient en grande partie installées dans leur dispositif dès le premier jour de la mobilisation et totalement le deuxième jour.

Au début de l’année 1899, la nouvelle organisation n’avait pas encore été présentée à la Commission de défense nationale, ni sanctionnée par une décision officielle. Elle avait toutefois un caractère officieux et elle aurait été mise en vigueur en cas de mobilisation.182 Un mémoire de la Section géographique, rédigé en 1897, en réglait les modalités. Dès la même année cependant, Keller pensait à un autre système de couverture de la frontière, basé sur l’emploi des bataillons de landwehr de premier ban, auxquels une nouvelle loi venait de donner une organisation concrète. Il ne semble pas qu’il ait poussé plus loin les études dans cette direction. Le problème résidait, en effet, dans le fait que les troupes de la landwehr entraient en service seulement à partir du deuxième jour de mobilisation, soit trop tardivement pour garantir la surveillance de la frontière. En 1903, celle-ci était toujours assurée par vingt-six détachements d’une force variant entre une compagnie et un bataillon, auxquels étaient joints les escadrons de cavalerie nécessaires. De plus, une partie des modalités de mise sur pied et les missions étaient identiques à celles définies quelques années plus tôt.

A cette date, Keller avait toutefois introduit deux nouveautés dans la surveillance de la frontière. La première résidait dans un renforcement du dispositif, par la présence de forces significatives pouvant comprendre, par endroit, des formations de l’importance d’un régiment d’infanterie. La deuxième innovation consistait dans le fait que la mise en place du dispositif de surveillance n’était plus automatique. La mobilisation de l’armée pouvait avoir lieu avec ou sans déploiement des détachements de surveillance, qui étaient organisés dans des dispositifs correspondant aux quatre fronts possibles – nord, est, sud et ouest – selon les dispositions suivantes:

– Front ouest:

Bataillon 11: Martigny et surveillance frontière

Bataillon 18 et Bataillon 24: surveillance frontière

Compagnie de carabiniers III/2: surveillance frontière

Escadrons 1 et 2: surveillance frontière

Escadron 3: Martigny et surveillance frontière

Régiment d’infanterie 17: près de Soleure

Escadron 7: surveillance frontière

Bataillon de carabiniers 4: Langnau

Régiment de cavalerie 4: Zäziwil

– Front nord:

Bataillon 24: surveillance frontière

Bataillon 54: surveillance frontière

Escadrons 7, 14 et 15: surveillance frontière

Bataillon 61: surveillance frontière

Bataillon 82: Emmishofen et surveillance frontière

Escadrons 16, 19 et 20: surveillance frontière

Bataillon 97: Pratteln

Escadron 23: surveillance frontière

– Front est:

Régiment d’infanterie 26 (sans Bataillon 78): près de Walenstadt

Bataillon 82: surveillance frontière

Bataillon 126 de landwehr de 1er ban: près de Walenstadt

Escadrons 19 et 20: surveillance frontière

Batterie 40: Gossau

Compagnies de parc 13 et 14: Rapperswil

Bataillon 91: Thusis

Bataillon 92: Maienfeld et surveillance frontière

Bataillon 93: Zernez et surveillance frontière

Escadron 24: Zernez et surveillance frontière

– Front sud:

Régiment d’infanterie 4 et Bataillon 88: Brigue

Bataillon 11: Martigny et surveillance frontière

Escadron 3: Martigny et surveillance frontière

Régiment d’infanterie 26 (sans Bataillon 78): Ragaz-Maienfeld

Bataillon 126 de landwehr de 1er ban: Mels

Compagnie de parc 13 et 14: Rapperswil

Bataillon 72: Airolo

Bataillon 86: Bedretto et surveillance frontière

Bataillon de carabiniers 8: surveillance frontière

Régiment d’infanterie 30 (sans Bataillon 89): Trimmis-Zizers

Bataillon 89: Brigue et surveillance frontière

Bataillon 91: Thusis et surveillance frontière

Bataillon 92: Bonaduz

Bataillon 93: Samedan et surveillance frontière

Bataillon 130 de landwehr de 1er ban: Naters

Escadron 22: surveillance frontière

Escadron 24: Samedan et surveillance frontière

Batterie 48: Bellinzone

Bataillon 130 de landwehr de 2e ban: près de Brigue

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