Kitabı oku: «Récit du voyage de leurs majestés le roi de Sardaigne Charles-Félix et la reine Marie-Christine»

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Duchesse de Chablais

Récit du voyage de leurs majestés le roi de Sardaigne Charles-Félix et la reine Marie-Christine


Publié par Good Press, 2022

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EAN 4064066333126

Table des matières

ERRATA.

RÉCIT DU VOYAGE DE LEURS MAJESTÉS ET DE SON ALTESSE ROYALE M ME LA DUCHESSE DE CHABLAIS, ET DE LEUR SÉJOUR A CHAMBÉRY,

VOYAGE DE LEURS MAJESTÉS DANS LES PROVINCES.

ERRATA.

Table des matières

LA célérité avec laquelle ce Récit a été réimprimé, a entraîné quelques fautes, que le lecteur est prié de corriger comme il suit:

Page 8, ligne 5, se joignait, lisez: se joignaient. ibid. ligne 9, le 23 juillet, lisez: le 22 juillet.

— 13, ligne 11 de la Note, a promis, lisez: avait promis.

— 25, ligne 12, grande orchestre, lisez: grand orchestre.

— 42, ligne Ière, accompagnés, lisez: accompagnées.

— 47, ligne 14, refraîchissemens, lisez: rafraichissemens.

— 50, ligne 4, même faute.

— 49, ligne 6, de soir, lisez: du soir.

— 56, après la ligne 12, ajoutez ce qui suit:

MM. les Syndics et M. le Commandant des pompiers étaient placés auprès du pavillon qu’occupaient LL. MM., à l’effet de recevoir leurs ordres.

— 59, après la ligne 20, ajoutez ce qui suit:

MM. le marquis de Travernay et le chevalier Portaz, Nobles Syndics de cette ville, ont eu l’honneur de servir à LL. MM. et à S. A. R., des rafraîchissemens, qu’Elles ont daigné accepter.

ibid. ligne 2 en remontant, jeudi dernier, supprimez le mot dernier.

— 60, ligne 2 en remontant, le 4 de ce mois, lisez: le 4 septembre.

— 97, ligne 23, qu’ont jamais inspirée, lisez: qu’aient jamais etc.

— 99, ligne 8, leur fleurs, lisez: leurs fleurs.


RÉCIT DU VOYAGE DE LEURS MAJESTÉS ET DE SON ALTESSE ROYALE MME LA DUCHESSE DE CHABLAIS, ET DE LEUR SÉJOUR A CHAMBÉRY,

Table des matières

En 1824.

L’ADMINISTRATION de la Ville de Chambéry était empressée de contribuer, par les moyens qui sont en son pouvoir, à perpétuer le souvenir du voyage de LL. MM. et de S. A. R. Mme la Duchesse de Chablais, et de leur séjour dans la capitale du duché de Savoie, certaine d’ailleurs de satisfaire en cela le vœu général de tous les fidèles sujets de S. M. Dans cette vue, elle a jugé convenable de recueillir et de disposer sous la forme d’une narration suivie, tous les Articles qui ont paru à ce sujet dans le Journal de Savoie , en y réunissant les plus intéressans détails qui se rapportent à cet heureux et mémorable événement.

Les habitans de Chambéry, comme ceux de toutes les provinces du duché, goûtaient depuis long-temps le doux espoir de jouir cette année de la présence de notre auguste Monarque. Ils cherchaient avec une impatiente curiosité, dans les diverses dispositions ordonnées par l’Autorité, des témoignages de plus en plus rassurans et de nouveaux motifs de se confirmer dans leur attente. Si, malgré les espérances les mieux fondées, ils avaient toujours craint que quelques circonstances imprévues ne vinssent les priver du bonheur qu’ils s’étaient promis, toute incertitude a été enfin dissipée par l’Avis suivant de MM. les Nobles Syndics de Chambéry, et rien ne paraissait devoir désormais suspendre la joie publique qui se manifestait de toutes parts.

Avis de MM. les Nobles Syndics de la ville de Chambéry.

«Nous NOBLES SYNDICS DE LA VILLE DE CHAMBERY,

» Jaloux de satisfaire le plus promptement possible à la juste impatience des habitans de cette ville, nous nous empressons de leur annoncer que bientôt leurs vœux les plus chers vont être couronnés: LL. MM. et S. A. R. la Duchesse de Chablais arriveront dans nos murs jeudi, 22 du courant.

» Habitans de Chambéry! vous tressaillez de bonheur à cette idée: c’est votre Roi, c’est un Père que vous attendez, c’est l’auguste Famille qui depuis huit siècles règne avec tant de gloire sur notre heureux pays, que nous posséderons au milieu de nous. Que de pensées cette présence de nos Princes rappellera à nos âmes! leur bonté, leur justice, notre amour, notre respect, le souvenir de tout ce qu’ils firent et font encore pour nous, celui de la foi que leur portaient nos pères et des liens si doux qui nous unissent à eux.

» Habitans de Chambéry! il n’est aucun de nous qui ne rattache dans son cœur les sentimens de son Roi, de son pays et de sa famille: reportons-les tous sur notre auguste et bien-aimé Souverain: il est l’illustre et digne descendant de ceux qui firent la gloire et la félicité de la Savoie, et à qui nos aïeux durent leur bonheur, comme nous lui devons le nôtre. Livrons-nous tous aux douces émotions qui nous animent: nous serons aisément entendus par le meilleur et le plus aimé des Rois.

» Chambéry, le 13 juillet 1824.»

» Le Syndic de première classe,

» Le Marquis de VILLE de TRAVERNAY.

Déjà tous les cœurs volaient au-devant de nos Souverains et de l’auguste Princesse qui les accompagnait, et auraient voulu hâter l’heureux moment où ils pourraient donner un libre essor à leurs sentimens d’amour et de fidélité. Toutes les villes et toutes les communes de la Savoie rivalisaient de zèle et d’empressement pour célébrer ce grand événement par tous les moyens qui étaient à leur disposition. Si leurs efforts ne pouvaient répondre à leurs désirs, du moins rien ne manquait à la volonté, et l’indulgente bonté de LL. MM. daignera leur en tenir compte. Notre Prince si ardemment désiré ne pouvait douter de l’impatience qu’éprouvaient les plus anciens enfans de ses illustres Aïeux, de renouveler envers sa personne sacrée, les témoignages de cet amour et de ce dévouement qu’ils n’ont cessé de porter à l’auguste Maison de Savoie, et surtout de contempler un Monarque dont la sagesse et la noble fermeté ont su, dans une crise mémorable, sauver l’honneur du Trône, conserver à la Couronne toute sa dignité, et offrir à la fois deux grands et beaux exemples à l’admiration de l’Europe. Leur jouissance la plus vive et la plus douce était de lui confirmer à lui - même cette inviolable fidélité qui les a maintenus inébranlables dans leur devoir, et qui sera toujours le caractère d’une nation loyale, jalouse de ne jamais se démentir dans son attachement à ses légitimes Souverains.

En effet, dans toutes les parties de la Savoie on a vu se renouveler le touchant et beau spectacle qu’elle a présenté en 1816, celui d’un peuple tout entier saluant par ses transports de joie, l’arrivée de ses Souverains sur son territoire, manifestant à la fois l’impatience de jouir de l’auguste présence de son Roi, le bonheur qu’il trouve dans la certitude de voir combler ses vœux, l’empressement de célébrer à sa manière et par tous les moyens qu’il peut réunir, un événement qui est tout pour lui, la crainte enfin de ne pouvoir assez faire pour prouver son amour et tous les sentimens dont il est animé. A ce vif et profond attachement que les Savoisiens ont toujours fait éclater envers leurs Princes bien-aimés, à ce dévouement sans bornes transmis héréditairement parmi eux, se joignait aujourd’hui ces sentimens particuliers dont nous avons parlé, qui les attachent, pour ainsi dire, avec un nouvel intérêt, à l’auguste personne de CHARLES-FÉLIX.

C’était le 23 juillet que la capitale du duché devait avoir le bonheur si long-temps désiré, de. recevoir ce Monarque dans son sein. Si elle enviait à d’autres communes celui que leur position leur procurait, d’être favorisées les premières de la présence de LL. MM. et de la Princesse Royale, elle espérait du moins en être dédommagée par un séjour qui devait prolonger ses jouissances.

Aussitôt que l’Administration de la ville a eu la certitude de l’arrivée prochaine de LL. MM., elle s’est hâtée de donner les dispositions suivantes.

Un arc de triomphe, d’une grande et majestueuse dimension, a été érigé hors du faubourg de Montmélian, sur la route du Piémont. Cet arc, d’une noble architecture, était à deux faces semblables; en voici les principaux détails:

Au-dessus de l’archivolte, deux Renommées, tenant une couronne, planaient au-dessus des trophées dont l’archivolte était ornée. Parmi ceux-ci on avait disposé, d’une part, un assortiment d’armes anciennes, et de l’autre, d’armes modernes. Sur les massifs latéraux se présentaient, d’un côté, la Prudence et la Force, et de l’autre, la Justice et la Charité. L’ensemble de ce monument était surmonté d’une figure représentant la MONARCHIE, personnifiée sous la forme d’une femme couronnée, tenant les rênes d’une main, et de l’autre une corne d’abondance d’où sortaient les emblèmes de l’honneur et de la fidélité, parmi lesquels on distinguait le Collier de l’Ordre Suprême.

Sur la face extérieure, du côté de la route, on lisait l’inscription suivante:

Leur bonté les accompagne,

Notre amour les attend.

Et du côté de la ville, celle-ci:

Dans tes murs, heureuse Cité,

Tu verras ce Roi qu’on vénère;

L’amour et la fidélité

Se presseront autour d’un Père.

Sur des estrades placées convenablement devaient être, d’un côté et de l’autre, pour la réception des augustes Voyageurs, S. Exc. M. le Gouverneur-général du duché, M. le Major-général commandant la division, avec l’État-Major, MM. les Nobles Syndics et les Conseillers délégués, les Dames et les jeunes Demoiselles dont nous parlerons plus bas.

Les Corps de la garnison, les Nobles Chevaliers-Tireurs, les Gardes-Pompiers et la Musique urbaine devaient occuper les places qui leur seraient respectivement assignées; des parades militaires devaient avoir lieu sur les divers points par où passerait le Cortège Royal.

La ville entière, tranformée en un véritable bosquet, présentait partout un coup-d’œil ravissant: des guirlandes, des couronnes, des drapeaux, des emblèmes, des devises multipliées exprimaient les sentimens unanimes des habitans, et offraient une belle preuve de l’empressement universel à fêter l’arrivée de nos Souverains, et de l’allégresse répandue dans toutes les classes de la société.

Douze jeunes demoiselles avaient été choisies pour présenter des fleurs et des vers à S. M. la Reine, au moment où son auguste Époux recevrait l’expression des vœux publics et de la satisfaction de les voir accomplis.

Voici les noms de ces demoiselles et ceux des dames chargées de les conduire:

Mme la marquise de Travernay, accompagnée par M. le conseiller Brunet, devait conduire Mlle de Salins, Mlle Finas, et Mlle Martin-Pointet.

Mme la marquise d’Oncieu, accompagnée par M. le conseiller de ville Verney — Mlle de Costa, Mlle Besson, et Mlle Morand-Marin.

Mme Portaz, accompagnée par M. le conseiller comte Balbis de Sambuy — Mlle d’Aviernoz, Mlle Milliet l’aînée et Mlle Fortis.

Mme Verney, accompagnée par M. le conseiller colonel de Chevillard — Mlle de Château-Neuf, Mlle de la Chambre, et Mlle Domenget.

Le premier dimanche après l’arrivée de LL. MM., il devait être distribué, par les soins de MM. les Syndics, une ration de pain, de viande et de vin aux indigens de la commune.

LL. MM. et S. A. R. M.me la Duchesse de Chablais, parties de Turin le 19, arrivèrent à Suze le même jour, à 9 heures du soir. Les augustes Voyageurs descendirent au palais épiscopal, où ils furent complimentés par les Magistrats et Fonctionnaires civils et militaires Le lendemain ils prirent la route du Mont-Cenis et vinrent dîner à l’Hospice.

En parcourant la Maurienne, LL. MM. ont paru satisfaites des dispositions prises sur toute la route pour célébrer leur passage, et de l’empressement de toute la population à leur témoigner les sentimens d’amour et de fidélité dont elle est pénétrée.

S. Ex. M. le Gouverneur-général était parti le 18 pour se rendre au Mont-Cenis, sur la limite du duché, où il était allé prendre les ordres de S. M. A son retour, le 21, et d’après les nouvelles reçues de l’état des routes de la Maurienne , on publia que LL. MM. ne pourraient se trouver à Chambéry que le matin du 23. Mais, le 22, dans l’après midi, la nouvelle que les augustes Voyageurs devaient arriver le jour même, répandit une surprise agréable dans toute la ville. Et en effet, MM. les Syndics, ensuite des avis parvenus à S. Ex. le Gouverneur, firent publier que LL. MM. arriveraient sur les sept heures du soir.

Dès lors, les préparatifs, qui n’avaient pas cessé un instant, furent poursuivis avec une activité nouvelle, et un mouvement extraordinaire se manifesta de toutes parts.

Aux approches du moment si vivement attendu, la population toute entière et la multitude d’étrangers qui arrivaient à chaque instant, inondèrent les rues et la route du Piémont.

Auprès de l’arc de triomphe se trouvaient S. Ex. M. le Gouverneur, M. le Commandant avec l’État-Major, MM. les Nobles Syndics et les Conseillers délégués, les Dames et les jeunes Demoiselles dont nous avons parlé. En avant de l’arc, MM. les Chevaliers-Tireurs étaient rangés à droite de la route, et les Gardes-Pompiers de la ville, à gauche.

M. l’Intendant-général de la division, avec MM. les Sous-Intendans-généraux, étaient allés au devant de LL. MM., sur la limite de la province.

LL. MM. ne tardèrent pas à paraître; il était six heures et demie. Lorsqu’Elles furent parvenues à l’arc de triomphe, S. Ex. M. le Gouverneur eut l’honneur d’adresser au Roi le discours suivant:

SIRE,

«En mettant les pieds sur le sol qui est le

» berceau de votre auguste Dynastie, vous

» comblez, Sire, du bonheur le plus grand et

» le mieux senti, toute cette population, qui

» se fait gloira d’être l’héritière des mœurs

» simples et des sentimens de loyauté de ses

» ancêtres.

» Comme eux, la génération présente a pu,

» dans des temps de trop malheureuse mé-

» moire, donner au Trône des preuves d’une

» fidélité conservée sans tache.

» Plus heureuse encore à cette époque for-

» tunée, orgueilleuse du bonheur de posséder

» son Roi et son Père, toute son ambition se

» porte, Sire, à vous donner, ainsi qu’à vos

» augustes Epouse et Sœur, des témoignages

» de son sincère amour et de son profond

» respect.

» En remplissant l’honorable mission d’être

» auprès de V. M., l’organe des habitans de

» la Savoie et de la ville de Chambéry, j’éprouve

» moi-même un bonheur réel d’être l’interprète

» sentimens aussi purs et d’en déposer

» l’hommage aux pieds de V. M.»

S. M. a daigné répondre avec cette gracieuse bienveillance et cette bonté paternelle qui de tout temps ont distingué nos illustrés Souverains, et qui leur concilient tous les cœurs.

Alors s’élevèrent les cris de Vive le Roi! Vive la Reine! Vive S. A. R.! répétés avec enthousiasme par la foule immense des assistans.

S. Ex. M. le Gouverneur ayant reçu de MM. les Syndics les clefs de la ville, les présenta à S. M. et les rendit à MM. les Syndics.

Ensuite, S. M. la Reine reçut avec la plus touchante affabilité l’hommage des jeunes Demoiselles de la ville, qui eurent l’honneur de lui offrir chacune une couronne, d’une seule des fleurs allégoriques suivantes: Le peuplier blanc ( le temps ); la pervenche ( la sérénité ), le lis ( la candeur ); la campanule ( la reconnaissance ); la violette ( la modestie ); le tilleul ( la fidélité ); la myosotis ( ne m’oubliez pas ); la pensée ( le souvenir ); le chevre-feuille ( liens d’amour ); le laurier ( la gloire ); l’aubépine ( l’espérance ). Chaque couronne a été accompagnée d’un hommage en vers analogues. Ensuite une couronne, composée de toutes les fleurs réunies, a été présentée par Mlle d’Aviernoz .

La voiture de LL. MM., suivie des Carabiniers Royaux et des voitures des personnes de la Cour, poursuivit sa route et traversa la ville, transformée toute entière en un bocage, décoré d’une multitude innombrable de couronnes, de drapeaux flottant à toutes les fenêtres, de devises, de peintures allégoriques, etc. La place Saint-Léger offrait surtout un coup-d’œil admirable. Le bruit des boîtes et le son des cloches retentissaient dans les airs.

MM. les Chevaliers-Tireurs et les Pompiers, qui avaient pris un autre chemin, se trouvèrent au château, rangés sur le passage du Cortége Royal.

LL. MM. et S. A. R. Mme la Duchesse de Chablais, arrivées au château, y furent reçues par Mgr l’Archevêque à la tête de son Clergé et Mgr de la Palme, ancien Évêque d’Aoste, par le Sénat, les Dames et la Noblesse.

Étant ensuite entrées dans leurs appartemens, LL. MM. avec la Princesse daignèrent se montrer aux fenêtres du palais, où Elles furent saluées par les acclamations universelles, qui redoublèrent aux marques d’attention et de bonté avec lesquelles Elles voulurent bien y répondre.

Alors les dragons de Genevois, la brigade de la Reine et les chasseurs de Savoie, qui composaient la garnison, ainsi que les Gardes-Pompiers de la ville, eurent l’honneur de défiler sous les yeux de LL. MM., aux sons des belles Musiques des dragons et de la brigade de la Reine, et de la Musique urbaine. S. M. daigna témoigner sa satisfaction sur la belle tenue des troupes et sur celle des Pompiers.

Sur les neuf heures, S. Exc. le Gouverneur mit le feu à une fusée volante, qui, de la fenêtre de LL. MM., devait aller faire partir un feu d’artifice préparé par quelques jeunes gens de la ville, et disposé au bas de la colline de Jacob, en face du château royal. Au moment où le feu prit à la fusée, des cris de Vive le Roi! partirent de tous les points. Le succès a été complet. On a surtout admiré une pyramide qui, dans son développement, a présenté, en traits de feu les plus brillans, les chiffres unis de LL. MM. et ces paroles: CAROLO FELICI, felix Sabaudia. A cette apparition, les cris de Vive le Roi! Vive la Reine! ont recommencé.

Un artiste étranger, M. Ortolan, qui avait annoncé au public le spectacle de l’ascension d’un ballon, s’est empressé de se réunir aux constructeurs du feu d’artifice, et a lancé son ballon après le magnifique bouquet qui a terminé le premier.

Le feu d’artifice exécuté, la foule immense qui y assistait s’est répandue dans la ville pour jouir des illuminations, qui auraient été plus brillantes, si elles n’avaient été contrariées par le vent frais qui régnait. Ces illuminations, par les inscriptions, les transparens, les emblèmes multipliés, reproduisaient, sous des formes nouvelles et infiniment variées, l’expression du respect, de l’amour, de la fidélité, des vœux et de tous les sentimens que les habitans de la capitale et ceux de la Savoie entière partagent avec tous les autres sujets de S. M.

Le lendemain, dans la matinée, S. M. a reçu MM. les Gentilshommes de la Chambre en Savoie, Mgr l’Archevêque à la tête de son Chapitre, avec Mgr l’Evêque de Pignerol, S. Exc. M. le premier Président avec le Sénat, MM. les Nobles Syndics de la ville, Mgr l’Évêque d’Annecy, la compagnie des Nobles Chevaliers-Tireurs, MM. les Officiers de la garnison ayant à leur tête S. Exc. M. le Gouverneur, M. l’Intendant-général avec MM. les Sous-Intendans-généraux et Vice-Intendans. Ces divers corps ont eu l’honneur d’être présentés en même temps à S. M. la Reine.

Dans la réception de MM. les Syndics de la ville de Chambéry, M. le marquis de Travernay, Syndic de 1.re classe, chevalier des SS. Maurice et Lazare et Gentilhomme de la Chambre de S. M. en Savoie, a eu l’honneur d’adresser à LL. MM. les discours suivans:

AU ROI:

SIRE,

«Vos fidèles sujets les Administrateurs de

» la ville de Chambéry, viennent, au nom des

» habitans de cette cité, déposer aux pieds de

» V. M. l’hommage du respect le plus profond,

» d’un dévouement sans bornes et de l’amour le

» plus vrai. Ces sentimens, Sire, furent tou-

» jours ceux de nos aïeux, ils sont les nôtres,

» ils seront ceux de nos enfans. Toutes les pages

» de l’histoire de l’auguste Famille de V. M.

» sont confondues avec celles du duché de Sa-

» voie. Heureux toujours de porter votre nom,

» vous mettez le comble à son bonheur, Sire,

» en y ajoutant, en ce beau jour, celui de la

» présence de V. M. dans la capitale de cette

» partie de vos antiques Etats.»

A LA REINE:

MADAME,

«Permettez que nous venions déposer aux

» pieds de V. M. l’hommage de notre profond

» respect et de notre sincère amour: c’est au

» nom d’un peuple fier de vous appartenir,

» heureux de votre présence, que nous nous

» adressons à V. M. Notre confiance augmente

» par là même qu’elle a pour base votre iné-

» puisable bonté. Les peuples de la Savoie,

» dont la ville de Chambéry s’honore d’être

» la capitale, furent toujours signalés par leur

» fidélité, par leur bonté ; et la souveraine Pro-

» vidence les a justement récompensés en leur

» donnant, dans la personne de V. M., une

» Reine qui est l’image vivante de cette fille

» du Ciel. Que V. M. nous permette de l’im-

» plorer et de nous mettre toujours sous sa

» puissante protection.»

Le soir, il y a eu cercle à la Cour chez S. M. la Reine.

Comme le jeudi, jusqu’au nouvel avis qui fut publié, on avait cessé d’attendre LL. MM. pour ce jour là, un grand nombre d’illuminations n’avaient pu être terminées; elles ont été beaucoup plus belles le lendemain. Les plus remarquables, soit par les transparens, par les inscriptions, ou par l’éclat des lumières, étaient celles du Sénat, de la Métropole, de S. Exc. M. le premier Président, tant sur la rue que sur les jardins; celles de M. le marquis de la Serraz, de M. le marquis d’Arvillard, de M. le second Président du Sénat, de l’église de Notre-Dame, de Mgr l’Évêque de Pignerol, du Tribunal, du Collége des RR. PP. Jésuites, des Carabiniers Royaux, des grandes casernes, de M. le chevalier Garbillon, etc. etc.

Samedi, jour de la fête de S. M. la Reine, LL. MM. se sont rendues, à onze heures du matin, à la Métropole, où Elles sont arrivées aux cris de Vive le Roi! et au travers de la nombreuse population qui se pressait sur leur passage. Arrivées à la porte de l’église, LL. MM. ont été reçues par Mgr l’Archevêque, en habits pontificaux, à la tête de son Clergé, qui les a complimentées, et par Mgr de Thiollaz, Évêque d’Annecy. Mgr l’Évêque de Pignerol, faisait fonctions d’Archidiacre.

LL. MM. se sont placées au pied de l’autel sur les prie-Dieu qui avaient été préparés. MM. les Dignitaires, le Sénat en robes rouges, les Syndics, le Corps des Officiers, la Noblesse et les Dames occupaient les places qui leur avaient été respectivement destinées. Mgr de la Palme, ancien Évêque d’Aoste, était au chœur avec le Clergé.

La messe a été célébrée par M. le chanoine Girard, Chapelain de S. M., aux sons de la musique de la brigade de la Reine. Après l’élévavation, on a chanté la prière, Domine, salvum fac Regem nostrum CAROLUM FELICEM, à quatre voix et à grande orchestre .

La messe, pendant laquelle on a fait plusieurs décharges, a été suivie du Te Deum et de la bénédiction du St-Sacrement, donnée par Mgr l’Archevêque.

Nous n’avons pas besoin de dire quelle impression a dû faire sur la multitude prodigieuse des assistans, le spectacle de nos augustes Souverains prosternés humblement aux pieds des autels, et répétant l’exemple de cette piété que l’on a toujours vu régner, par dessus tout, à la Cour religieuse de nos Princes.

Après la cérémonie, LL. MM. ont été accompagnées jusqu’à la porte de l’église comme à leur entrée. Elles sont montées en voiture et ont repris la route du château, aux acclamations universelles et au milieu d’une foule immense, avide de les contempler, et dont l’empressement ne peut se décrire.

Au retour de la messe, les grandes entrées ont eu lieu à la Cour.

Le même jour, S. M. a reçu Mgr de la Palme, ancien Évêque d’Aoste.

Le soir, LL. MM. et l’auguste Princesse dont la présence rappelle en Savoie de si agréables souvenirs, ont honoré de leur présence le théâtre nouvellement construit, qui a été promptement achevé par les soins infatigables de MM. du Corps de Ville, à l’occasion de l’arrivée de nos Souverains, et dont l’inauguration avait été renvoyée à l’heureuse circonstance de la fête de S. M. la Reine. La salle était magnifiquement illuminée, et tout l’édifice l’était de même au dehors; la façade offrait surtout le plus grand éclat.

Au moment où LL. MM. et la Princesse ont paru dans la loge royale, les transports des spectateurs ont éclaté par les plus vifs applaudissemens et par des acclamations qui n’ont été suspendues qu’au moment où la toile s’est levée. La musique jouait l’air: Où peut-on être mieux qu’au sein de sa famille? LL. MM. ont daigné se montrer sensibles à l’impression touchante et animée que causait leur présence, et saluer l’assemblée à plusieurs reprises, avec autant de grâce que d’affabilité.

Le spectacle a commencé par une petite pièce composée pour la circonstance, ayant pour titre: La Pièce improvisée, ou la Répétition de la Fête. Les applaudissemens et les cris de Vive le Roi! ont recommencé chaque fois que les personnages ou les incidens exprimaient les sentimens universels; ils ont surtout redoublé aux derniers couplets, qui ont paru interpréter fidèlement le respect, l’amour et le dévouement de tous les sujets de S. M. On a joué ensuite les Fausses confidences et la Partie de chasse de Henri IV (B).

Il nous serait impossible de peindre l’émotion, la joie, le vif intérêt avec lesquels l’attention se portait vers les augustes Spectateurs sur qui se dirigeaient tous les regards. Le cri de Vive le Roi! par lequel les personnages de la dernière pièce ont terminé le spectacle, a été l’occasion d’une nouvelle explosion des transports de l’assemblée et des acclamations qui ont accompagné LL. MM. hors de la salle, et qui se sont prolongées partout dans leur trajet.

A leur passage sur la place du Château, LL. MM. ont été saluées par la musique des dragons de Genevois, placée sur la terrasse de M. le marquis de la Serraz.

La brigade de la Reine, en partageant la joie de toute la garnison de Chambéry et l’allégresse publique, causée par l’arrivée de LL. MM., s’est estimée doublement heureuse de trouver, dans l’heureuse circonstance de la fête de S. M. la Reine, une nouvelle occasion de témoigner à S. M. le respectueux dévouement dont elle est pénétrée. La veille de la fête, la Reine avait daigné agréer, de la part de la brigade, un feu d’artifice au-devant de la caserne, illuminée à cet effet, et une sérénade sous les fenêtres du château royal.

Dimanche 25, avant la messe, LL. MM. ont reçu la Noblesse. Le soir, Elles se sont rendues au théâtre, où l’on jouait le Légataire universel et l’opéra des Deux petits Savoyards. La salle a retenti des mêmes applaudissemens et des mêmes acclamations que la veille. LL. MM. occupaient une loge particulière.

Lundi, 28, jour de Ste Anne, il y a eu gala à la Cour, à l’occasion de la fête de S. A. Mme la Duchesse de Chablais. Il y a eu Cour chez la Princesse. La fête a présenté ce caractère de sensibilité, cette image du bonheur, fruit de l’admirable et touchante union qui règne dans l’auguste Famille de nos Princes. Le soir, le théâtre a été illuminé de la manière la plus brillante. LL. MM. et S. A. R. y ont assisté en loges privées, à la représentation des trois pièces suivantes: le Mari et l’Amant, le Dépit amoureux, et le Naufrage ou les Héritiers. Nous croyons inutile de répéter la manière dont Elles ont été accueillies au spectacle, où la satisfaction et la vive jouissance du public se sont manifestées comme dans les soirées précédentes.

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16 ocak 2025
Hacim:
101 s. 3 illüstrasyon
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