Kitabı oku: «Le pacha trompé ou Les deux ours: Pièce comique en un acte»
Ernest Doin
Le pacha trompé ou Les deux ours: Pièce comique en un acte

Publié par Good Press, 2022
EAN 4064066085322
Table des matières
LE PACHA TROMPÉ
LES DEUX OURS
ERNEST DOIN
A L'USAGE DES COLLÈGES, MAISONS D'ÉDUCATION ET SOCIÉTÉS D'AMATEURS
1878
PERSONNAGES
SCÈNE 1ère
SCÈNE 2me
SCÈNE 3me
SCÈNE 4me
SCÈNE 5me
SCÈNE 6me
SCÈNE 7me
SCÈNE 8me
SCÈNE 9me
SCÈNE 10me
SCÈNE 11me
SCÈNE 12me
SCÈNE 13me
SCÈNE 14me
SCÈNE 15me
SCÈNE 16me
LE PACHA TROMPÉ
Table des matières
OU
LES DEUX OURS
Table des matières
NOUVELLE PIÈCE COMIQUE EN UN ACTE
ARRANGÉE PAR
ERNEST DOIN
Table des matières
A L'USAGE DES
COLLÈGES, MAISONS D'ÉDUCATION ET SOCIÉTÉS D'AMATEURS
Table des matières
MONTRÉAL
BEAUCHEMIN & VALOIS, LIBRAIRES-IMPRIMEURS
256 et 258 rue St-Paul.
1878
Table des matières
PERSONNAGES:
Table des matières
SCHAHABAHAM, pacha (caractère crédule).
MARÉCOT, son conseiller, (comique).
VICTOR, jeune français esclave, favori du pacha.
AUGUSTE, ami de Victor.
TRISTAPATTE, oncle de Victor (bonhomie).
LAGINGEOLE, son associé (conducteur d'animaux).
ALI, premier eunuque.
Le grand estafier; troupe d'esclaves; seigneurs.
Le théâtre représente une cour de sérail; une grille au fond; une porte sur le côté; à gauche, une grille où est écrit sur le côté: «petite ménagerie»; un arbre est devant cette grille, arrangé de manière à ce que Tristapatte puisse descendre; à droite sur l'avant-scène, un trône pour le pacha; portes au fond avec perron.
SCÈNE 1ère
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(Au lever du rideau Victor et Auguste sont assis et semblent plongés dans la douleur.)
AUGUSTE
Comment! on n'a point de ses nouvelles!
VICTOR
Le dernier bulletin annonçait du mieux, mais le médecin du sérail vient d'arriver et nous somme tous dans une anxiété...
AUGUSTE
Ce n'est pas rassurant.
VICTOR
Savez-vous que cette perte serait affreuse.
AUGUSTE
Oui, pour le pacha qui ne peut se passer de son favori.
VICTOR
Et pour nous surtout, car enfin, cet ours était assez bonne personne; il ne méritait peut-être pas la place importante qu'il occupait; mais on ne peut pas dire qu'il ait abusé de sa faveur, et on ne peut lui reprocher aucune injustice, ni aucun acte arbitraire.
AUGUSTE
C'est bien vrai.
VICTOR
Et puisqu'il faut absolument que le sultan ait un favori, sait-on qui lui succédera?
AUGUSTE
Mais cette perte devrait vous effrayer moins que tout autre; on sait combien vous êtes aimé du pacha; parmi tous les esclaves, vous êtes le seul qui puissiez faire vos volontés; il vous a donné une superbe bibliothèque... enfin, je crois que pour vous, il n'y a rien que puisse vous attrister.
VICTOR
Qu'oses-tu dire?... Ne sais-tu pas combien je vis dans l'inquiétude?... Écoute et comprends bien ma position. Il y a trois ans que mon oncle Tristapatte et son associé Lagingeole avaient décidé de visiter les cours étrangères pour y exhiber leurs nouveautés d'animaux savants; je ne sais par quelle fatalité, mon oncle, qui pourtant est la bonté même, décida que je partirais en avant pour Smyrne. J'étais doué de quelques talents pour la musique et je baragouinais assez bien la langue turque; on me fit donc embarquer à Marseille sur un bâtiment marchant; pendant quelque temps la traversée, paraissait devoir être heureuse, mais environ trois semaines après le départ, une tempête affreuse s'éleva, et les vents étant contraires, nous fûmes jetés sur cette plage où abondent des corsaires, et je fus recueilli par des musulmans:... je ne sais ce que devint le capitaine ainsi que son équipage... Après quelques jours de repos, un homme me conduisit au sérail et me présenta au seigneur Marécot, premier ministre du pacha. Il parut touché de mon malheur; ma jeunesse, ma figure parurent faire une certaine impression sur ce brave homme; il me fit endosser des vêtements turcs, me présenta au pacha comme son neveu, lui raconta à ce sujet une fable; le pacha m'accueillit bien, me fit pour ainsi dire son favori et voilà pourquoi aujourd'hui, on m'appelle l'esclave bien-aimé du pacha. Mais je te le demande, Auguste, si tout se découvrait... tu connais le pacha, il n'y aurait pas de grâce à espérer et ton ami Victor ainsi que le brave Marécot serait mis à mort sans aucune forme de procès... Maintenant, Auguste, crois-tu que je n'aie pas lieu d'être triste?
AUGUSTE
Je connaissait un peu de votre histoire par une conversation que vous eûtes un jour dans le jardin du palais avec le seigneur Marécot. Mais, encore une fois, le pacha vous aime beaucoup, vous le charmez par votre talent pour la musique, vous êtes admis dans l'intérieur du palais, ce qui n'est guère permis à aucun esclave; moi-même, français comme vous, je jouis d'une certaine liberté, grâce à vous; vous fûtes aussi touché de mon malheur que je vous racontai... Mon père, ma mère, massacrés par les pirates, et moi, vendu comme esclave, assujetti aux ouvrages les plus durs!... Encore une fois, Victor, c'est à vous que je dois d'être délivré de mes maux; le pacha m'a mis près de vous pour vous servir et vous avez bien voulu que je sois votre ami.
VICTOR
(Lui prenant la main.) Non pas un ami, Auguste, mais un frère!... Que le Ciel écoute ma prière et tout me dit qu'un jour nous serons libres et que nous reverrons la France!
AUGUSTE (regardant au fond).
Ah! mon Dieu! que nous veut le seigneur Marécot, d'où lui vient cet air consterné?
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