Kitabı oku: «Exposition de photographies - Alexandre Colin»
Eugène Van Overloop
Exposition de photographies - Alexandre Colin

Publié par Good Press, 2022
EAN 4064066305468
Table des matières
AVANT-PROPOS
NOTICE SUR ALEXANDRE COLIN
ERSTLICHEN.
CATALOGUE DES ŒUVRES EXPOSÉES
OUVRAGES CITÉS OU CONSULTÉS

AVANT-PROPOS
Table des matières
Le présent travail n’a pas la prétention d’épuiser ce qui peut être dit au sujet d’Alexandre Colin. C’est une simple notice, dont le seul objectif est de retracer les principales circonstances de la vie d’un artiste trop peu connu en Belgique, et de rattacher l’une à l’autre, par le lien continu de cette biographie, les représentations de ses œuvres, actuellement exposées dans les galeries du Musée.
Il faudrait maintenant que quelqu’un reprît notre tâche, non seulement en vue d’en combler les lacunes immédiates, mais pour en élever le niveau et lui donner son complément dans une analyse critique de l’œuvre de Colin.
Un tel travail réclame des compétences, d’ordre spécial, qui nous sont malheureusement étrangères, et il présente, d’ailleurs, une somme de recherches qui lui ferait dépasser les limites d’une œuvre courante.
L’étude que nous visons devrait avoir pour premier objet l’appréciation directe des œuvres de Colin et l’estimation de leur mérite intrinsèque: entreprise d’autant plus délicate que les avis, à cet égard, sont loin d’être unanimes.
Tel est le cas, par exemple, pour ce que l’artiste malinois produisit en matière d’architecture, spécialement dans l’édification de l’Otto Heinrichs-Bau, à Heidelberg.
La part que Colin prit à ces travaux a donné lieu à des divergences d’appréciation aussi tranchées que possible. Tels spécialistes prétendent qu’il n’y est intervenu que pour dénaturer, par ses pittoresques lourdeurs du nord, le caractère, primitivement italien et classique, de la construction; tandis que d’autres, et des plus autorisés, estiment que c’est à Colin, au contraire, que la façade de l’Otto Heinrichs-Bau doit sa principale beauté.
Cette question se lie naturellement à l’histoire générale de cette partie du célèbre château. Un jour, nous l’espérons, grâce au concours que nous apporteront, d’Heidelberg même, les hommes distingués qui nous ont déjà marqué leur sympathie pour ce travail, nous pourrons consacrer une exposition spéciale et plus complète à retracer l’évolution de cet édifice, un véritable type pour l’étude de l’art monumental au XVIe siècle. Ce sera l’occasion de dégager, du même coup, la vérité sur le rôle joué là-bas par notre compatriote. Le plus sage, en attendant, est de réserver tout jugement définitif à cet égard et d’enregistrer simplement les quelques faits, bien avérés, qu’on trouvera relatés plus loin.
L’accord est mieux établi en ce qui concerne les combinaisons architectoniques introduites par Colin dans la plupart de ses monuments, et dont on loue, presque sans réserve, l’ordonnance bien comprise et l’élégante harmonie. Ceux-là mêmes qui le critiquent à Heidelberg, lui concèdent un réel mérite sur ce terrain: ils admettent d’ailleurs qu’il ait eu, en matière d’architecture, des connaissances sérieuses et un goût véritable, mais sans avoir été capable d’en tirer davantage que des motifs de décoration pour des monuments d’échelle réduite.
Des jugements analogues ont, du reste, été portés également sur son œuvre sculpturale. Colin, disent certains critiques, triomphe dans le bas-relief épisodique, de faibles dimensions, principalement dans les compositions bourrées de personnages, en harnais de guerre, ou vêtus à la mode de son temps; il aborde parfois aussi, avec succès, la statue, mais à titre accessoire, ou à la condition d’avoir sous les yeux, pour s’y tenir, les lignes formelles d’un portrait. La grande sculpture n’est pas plus son fait que la grande architecture. C’est un maître délicat et habile, consciencieux et sage, un virtuose du marbre, mais qui n’est de premier ordre qu’à la condition de garder son caractère, qui le confine dans les œuvres de demi-genre.
Cet avis n’est pas, à vrai dire, celui de tout le monde et Colin compte des partisans qui n’hésitent pas à le ranger absolument parmi les maîtres.
En somme, la question ne nous paraît pas bien élucidée, et il serait souhaitable, nous l’avons dit, qu’elle fût reprise avec une compétence critique, dégagée, à la fois, de toute idée préconçue et de toute préoccupation connexe, susceptible de la faire dévier.
Au surplus, à côté du jugement à formuler sur les travaux de Colin, tels qu’ils s’offrent matériellement à nos yeux, il s’agirait de faire la lumière sur un point de fait, assez embrouillé, auquel on ne semble pas avoir consacré jusqu’ici toute l’attention voulue. Nous voulons parler de la part de mérite que Colin peut vraiment revendiquer comme sienne dans les œuvres nombreuses qui, sous le rapport de la conception, de la composition, voire même de l’exécution, ne sont point sorties complètement de son cerveau ou de sa main.
L’artiste, de nos jours, n’accepte qu’avec répugnance l’immixtion d’un étranger dans l’élaboration de l’œuvre à laquelle il se consacre. Il entend la concevoir à lui seul, la dessiner, l’exécuter tout entière; il croirait ne plus faire qu’œuvre servile en acceptant de suivre, à cet égard, les instructions d’un tiers.
Il n’en était pas de même au XVIe siècle, notamment en Allemagne. C’était alors le régne des peintres de cour. On les voit intervenir partout, en matière, non seulement de peinture, mais d’architecture et de sculpture, et le jugement que l’on porterait sur ces branches de l’art, à cette époque, risquerait fort de s’égarer, si l’on ne tenait compte, dans une notable proportion, de ces influences latérales.
Colin, en particulier, eut à subir, pendant toute sa carrière, des interventions de l’espèce.
Dans le contrat qu’il passe à Heidelberg, en 1558, il est formellement stipulé que ses sculptures seront conformes aux dessins qui lui seront fournis.
Il en est de même pour ses travaux les plus réputés, à savoir les bas-reliefs du tombeau de Maximilien, à Innsbruck. Leur composition n’est pas davantage son œuvre originale; les dessins lui en furent envoyés successivement de Prague par le peintre de la cour, Florian Abel, lequel recevait, à son tour, d’un conseiller de l’Empereur, les indications relatives à la disposition des personnages et aux costumes dont ils devaient être revêtus.
La mort de Florian Abel n’interrompt même pas cette pratique; les trois derniers dessins, que cet artiste n’avait pas eu le temps d’exécuter, arrivent de Prague, a leur tour, composés par quelque autre peintre de la Cour, mais très inférieurs aux précédents, à tel point que la Régence d’Innsbruck s’en émeut, et que Colin doit rassurer les magistrats en leur promettant de corriger, dans l’exécution, ce que les projets offraient de défectueux.
Et ainsi de suite, durant toute la carrière du célèbre sculpteur, que de tels procédés ne semblaient pas offusquer autrement.
Celui-ci trouvait certes, dans le modelage, l’occasion d’interpréter, avec une certaine liberté, les lignes qu’on lui traçait et de s’élever ainsi au-dessus même du modèle fourni; mais il n’en est pas moins vrai qu’une partie très appréciable de ce qui nous charme dans ces œuvres extraordinaires d’Innsbruck, par exemple, nous oblige, en toute justice, à n’en pas rapporter complètement et exclusivement le mérite à Colin seul.
Ce n’est pas le cas, il est vrai, pour toutes les œuvres sorties du ciseau de l’artiste flamand. Certaines d’entre-elles furent entièrement son ouvrage, et les qualités qu’il y déploie tendraient à prouver que ces dessins qu’on lui fournissait, il eût été capable, au besoin, de les exécuter lui-même. Néanmoins le fait est là : dans nombre de cas, la composition première n’est pas de lui, du moins dans les grandes lignes.
Il importerait, à présent, de serrer ce fait de plus près et, reprenant les œuvres une à une, d’en dégager ce que Colin peut, à cet égard, revendiquer en propre. Il est fort possible qu’une telle analyse arrive à nous montrer l’artiste sous un jour assez différent de celui que bien des gens prennent pour le véritable.
L’exécution matérielle de ses sculptures devrait être soumise à un examen du même genre. Quelle part Colin y a-t-il prise par lui-même? Dans quelle mesure a-t-il taillé de ses mains ces marbres d’une si surprenante finesse; dans quelle mesure même en a-t-il modelé les sujets? Ces questions se rattachent directement à l’organisation des ateliers d’alors, où, sous l’œil du maître, des compagnons, parfois nombreux, prenaient part à ses travaux, jusqu’à devenir ses véritables collaborateurs artistiques.
C’est ce qui, de nouveau, se vérifia pour Colin, comme on pourra le voir dans la notice qui va suivre. Nous le trouvons, à Heidelberg, travaillant avec douze compagnons. Une partie des sculptures qu’il y avait entreprises fut donc certainement l’œuvre de ces derniers. Plus tard, à Innsbruck, ce fut la même chose. Les compagnons- apparaissent constamment comme une des graves préoccupations de l’artiste. Il entreprend plusieurs voyages dans les Pays-Bas pour embaucher des aides nouveaux; quand il les tient, il redoute que des concurrents les lui débauchent; il supplie qu’on lui donne des commandes pour pouvoir les retenir; il vante, dans certains cas, l’habileté exceptionnelle de certains d’entre eux et conseille aux princes de profiter de leur séjour chez lui pour passer à l’exécution de quelque œuvre délicate, tenue provisoirement en réserve, etc.
Il se dégage de tout cela une psychologie d’atelier qui heurte assez directement les façons de voir actuellement reçues. Nous ne voulons pas dire que le célèbre «faire» de Colin doive en éprouver un amoindrissement sérieux. On peut même affirmer que tous ces travaux, exécutés sous ses yeux, portent sa marque et que la façon dont il fit passer son âme dans celle de ses collaborateurs témoigne plutôt chez lui d’une puissance véritable. Néanmoins, ce côté de la question nous semble mériter d’être creusé davantage, non seulement pour réduire à de justes proportions ce qu’on a conté, par exemple, de l’étonnante rapidité de travail de l’habile sculpteur, mais pour arriver surtout à mieux définir l’esprit de ce travail.
Puisse notre tentative actuelle contribuer à faire ressortir l’importance de l’artiste dont nous nous sommes efforcé de rassembler les œuvres et susciter, par là même, l’étude définitive que nous appelons de nos vœux!
NOTICE SUR ALEXANDRE COLIN
Table des matières
Alexandre Colin naquit à Malines, entre 1526 et 1529.
Emm. Necffs, dans son Histoire de la peinture et de la sculpture à Malines , écrit constamment Colyns. Telle est, en effet, l’orthographe usitée dans la plupart des actes, conservés à Malines, concernant l’artiste et sa famille.
Il existe, d’autre part, un contrat passé à Heidelberg, en 1558, signé Alexandre Colins, et ce nom se retrouve, en dépit de son altération, dans la désignation «Kallenz», qui figure dans un document public, dressé à Innsbruck, en 1563.
Néanmoins, c’est sous le nom de Colin que notre artiste est universellement connu, et nous inclinons à croire que lui-même contribua, tout le premier, à répandre cette nouvelle version.
Les bas-reliefs du mausolée de Maximilien, achevés en 1566, sont, en effet, signés Alexander Colinus; le monument de la famille Dreyling, exécuté en 1578, porte le nom d’Alexander Colin; le tombeau de Prague, terminé en 1589, est également signé Alexa. Colin; enfin, l’épitaphe de l’artiste, au cimetière d’Innsbruck, le dénomme, à son tour, Alexander Colin.
Nous croyons pouvoir déduire d’une telle suite de concordances que Colin, fatigué peut-être de ce que son nom fût constamment mal écrit et mal prononcé, lui donna bravement cette forme plus simple. Ce qui achèverait de le démontrer, c’est que, dans les derniers actes passés à Malines même, en 1599, ainsi que dans divers registres publics de la même époque, l’ancienne façon d’écrire a fait place aux nouvelles versions: Colyn et Colin .
Aussi, tout en signalant l’orthographe Colyns, plus flamande et peut-être plus authentique, avons-nous cru devoir employer plutôt, dans la présente notice, le vocable de Colin, sous lequel notre illustre compatriote exécuta les principales œuvres qui l’ont rendu célèbre.
Quant à l’année de la naissance de Colin, elle pourrait se déduire des portraits que l’on connaît de lui et qui mentionnent, à la fois, une date et une indication d’âge; malheureusement, ces portraits se contredisent entre eux.
Un de ces portraits, fort bien dessiné par le peintre-architecte Pietro de Pomis et gravé sur cuivre par Lucas Kilian, d’Augsbourg, est daté du 1er janvier 1601. Le médaillon qui l’entoure porte cette inscription: «Alexander Colinius Belg. Sereniss. Ferdinandi Archid. Aust. p. m. Statuarius Æt. suæ A° LXXIV .» En soustrayant 74 de 1601, on obtient 1527; mais si l’on songe qu’il s’agit du 1er janvier 1601, il convient évidemment de placer plutôt en 1526 la naissance de Colin.
C’est faute d’avoir tenu compte de ce dernier détail que Maximilien De Ring adopta la date de 1527 dans l’important article qu’il a consacré jadis à l’artiste malinois .
Men De Ring et, après lui, Emm. Neeffs, attribuent, du reste, par erreur, le portrait de 1601 à Dominique Custos.
Custos (né à Anvers en 1560, mort à Augsbourg en 1612), dont le vrai nom aurait été, soit Dom. Balten, soit Dom. Waechter, peintre, poète et éditeur, avait épousé à Augsbourg la veuve de Bart. Kilian. Celle-ci avait deux fils, dont l’un était Lucas, le graveur du portrait dont il vient d’être question. Custos se borna à éditer ce portrait, qu’il offrit à Colin comme cadeau d’étrennes: «Memoriæ Chariss. Patronis amoris et recordat. ergo Dom. Custos civ. Aug. Vind. strenæ Don. Cal. Jan. A° MDCI .»
Le chev. von Schönherr mentionne un autre portrait, gravé, cette fois, par Custos lui-même et qui porterait la date de 1593, avec cette inscription: «Alexander Colinus Belgius, Sereniss. Ferdinandi archid. Austriæ statuarius, æt. suæ LXVII ». Nous n’avons trouvé trace de ce portrait ni à la Bibliothèque royale, ni ailleurs. Les indications qu’il porte ne font d’ailleurs que confirmer, pour la naissance de Colin, la date de 1526 résultant du portrait précédent.
Le troisième portrait est peint à l’huile. C’est celui qui se trouve placé à Innsbruck, sur le tombeau de Maximilien, et dont nous exposons une copie, qu’ont bien voulu nous confier les Musées royaux de peinture et de sculpture. Il porte cette mention: «Æ. SUA. 33. 1562», ce qui ferait naître Colin en 1529.
Ce fut en cette même année 1562 que Colin se maria, et l’on peut croire que ce portrait lui fut offert à l’occasion de son mariage, en même temps que celui de sa femme, également conservé dans l’église d’Innsbruck.
Ces deux portraits peints ne sont nullement l’œuvre de Colin lui-même, comme on l’a parfois supposé ; von Schönherr les attribue à Romain Vleeschouwer, beau-frère de Colin, qui, par la suite, alla se fixer également à Innsbruck, où il devint peintre de la Cour et où il mourut le 7 avril 1582 .
On peut prétendre, sans doute, que le beau-frère de Colin était en. situation de connaître exactement l’âge de ce dernier; mais ce n’est pas une raison pour que ce témoignage doive prévaloir, à lui seul, contre celui des deux autres portraits, dans lesquels, remarquons-le, les inscriptions revêtent un caractère de solennité qui s’allierait mal à une date donnée à la légère.
En somme, ces documents se contredisent et, sans entrer dans de plus longues considérations sur ce point, le plus sage est de dire que Colin est né entre 1526 et 1529.
Quant à l’origine malinoise d’Alexandre Colin, non seulement elle découle d’une série d’actes conservés dans les archives de Malines, mais elle se trouve inscrite dans le contrat, déjà cité, passé à Heidelberg en 1558 , et elle est, en outre, formellement attestée par les inscriptions de plusieurs monuments, celle du tombeau de Maximilien, par exemple, où l’artiste est qualifié de Mechliniensis et celle de son propre tombeau, qui portait primitivement: Alexander Colin van Mechelen in Brabandt .
Colin «était issu d’une famille où l’art était pratiqué depuis plus d’un siècle», nous dit Emm. Neefs; «... il semble donc naturel d’admettre qu’Alexandre reçut les premières leçons de dessin et de sculpture dans le cercle de sa famille ».
On ne possède toutefois aucune indication à cet égard, et, d’une façon générale, d’ailleurs, on ne sait rien de la vie de Colin jusqu’au moment où le comte palatin Othon-Henri le fit venir à Heidelberg, pour lui confier une part importante dans l’édification du palais qu’il s’occupait d’ajouter au château de cette ville.
On ignore également les circonstances qui décidèrent ce prince à en agir de la sorte. Mais il est à présumer que, pour provoquer un tel choix, le talent de Colin avait dû s’affirmer par plus d’une production remarquable: ce qui rend d’autant plus inexplicable que l’on n’ait pas même gardé le souvenir d’une seule de ses premières œuvres.
On s’est livré à de très vives discussions sur le point de savoir quel genre d’office Colin avait, en réalité, rempli dans les travaux de l’Otto Heinrichs-Bau.
Il existe, à cet égard, un document très précieux, en dépit des obscurités de son texte. C’est un contrat passé par Colin, le 7 mars 1558, avec le trésorier du prince, er: présence des architectes de la Cour Caspar Fischer et Jacob Leider, et qu’à raison de sor. importance, nous croyons devoir reproduire ici en entier, conformément au texte publié. en 1885, dans les Mittheilungen du Schlossverein d’Heidelberg .
Zu wissen kundt und offenbar sey aller menniglichen. dass uf Montag nach dem Sontage reminiscere den 7ten Tag des Monats Martij dieses 58tenJars. Auf Bevelch des Durchleuchtigsten höchgebornen fürstens und Herrn, Herrn Ott Henrichen Pfaltzgraven bey Rhein, des heyligen Römischen Reichs Ertzrusches und Churfürst, Hertzog in Niedern unnd Obern Beyern xc, hat der Ehrnuest unnd wolachtbar der Churfl. Pfaltz Pfennigmeister Sebastian Sattelmeyer. in Beysein der Ersomen Churf. Pfaltz beide Baumeister Caspar Fischer, Jacob Leyder, sambt Meister Hanns Besser Hofmaler, unnd mein Velten Schellhorns Bauschreibers, haben verdingt dem erbarn Alexander Colins von der Stadt Mechel Bildthawer, alles gehawen Steinwercks, so zu diesem newen Hof baw vollen gehörig, zu hawen, doch alles in seinem sclbs eigenen Costen unnd Läger, vermög und inhalten darubei aussgestrichener ufgerichter Visirung, und die Visirunge über ein iede doppelte oder zweyfache Thür, auch derselbigen einzigen Thüren, dero Seulen oder Pfeiler, grossen Leowen, Camminen und anderst. Wie dann solche alle Visirunge mitbringen, und underschiedlichen hienach volgt.
ERSTLICHEN.
Table des matières
Item soll gemelter Alexander Bildthawer zum fürderlichsten unnd zum eheisten die fünff Stück, nemlich die vier Seulen oder Pfeiler im grossen Saal unnd der Stuben, sambt das Wapen ob der Einfahrth des Thors hawen unnd verfertigen lassen, damit man werben kan und die Notturfft erfordert.
Item die zwey grösser Bilder in beiden Gestellen, und dann die sechs Bilder ob den Gestellen, jedes von fünff Schuhen gehawen werden solle.
Item Alexander Bildthawer solle auch funff grosser Leowen hawen unnd fertigen, vermôg Anzeig und Visirunge.
Item sechs mühesamen Thürgestell, so inwendig in den Baw kommen, alles vermög einer ieder Visirung, so darüber ufgericht.
Item sieben mittelmessige Thürgestell, alles vermôg unnd inhalter daruber gestelter Visirung.
Item das Thürgestell, so Anthonj Bildthawer angefangen hat, soll gemelter Alexander vollendt aussmachen.
Item die zwey Camin, eins in meines Gnedigsten Herrn Cammer, das ander im grossen Saale.
Solches gehawen Steinwerck, sambt aller Bilder gross und klein, sambt verzeichneter Thürgestellen, soll obgemelter Alexander Colins von Mechel Bildthawer, alles in seinem selbst eigenen Costen, sambt Läger und andere Zugehörunge, nichts ausgenommen. hawen, verfertigen und machen. Und obgemelter Meister Alexander Bildthawer hat auch versprochen. bey seinen handtgegebenen Trewen unnd Glauben, von solchem Werck nit ab oder davon zu stehen, sonder Churfl. Gn. zu fürdern, es sei dann alles gehawen, vollendet und ausgemacht. Es soll auch Alexander Bildthawer solches alles, wie anzeigt und hieran geschrieben, auch daruber ufgerichter Visirung hawen unnd verfertigen, auch selbst persönlich hawen unnd hawen lassen. Daran gar unnd gantz in kein Wege, wie das Namen haben möchte, und an allen Orten alles gehawen Steinwercks kein Mangel erscheine, oder Alexander clagbar erfunden werden, auch in kein wege nit hindern, noch solches gehinden werde, fürnemmen, und wie solches geschehe, soll Churfl. Gn. Macht haben, an ihme die Verseumung zu erholen.
Und von solcher seiner Arbeit soll ihme mein G. ster Churfürst und Herr zu Lohn geben lassen. doch alles in seinem Selbstcosten, und seine Diener auch selbs belohnen, nemlich Eindausent Einhundert unnd viertzig Gulden, den Gulden zu 26 Alb. Landtswehrung gezehlet, unnd alles wie obstehet, getreulich gehaltten werden solle. Dess in Urkundt seindt dieser Kerffzettel zwen gleichlautende von einer Handt geschrieben, Kerffrecht und weiss ausseinander geschnitten, alles hab Churfl. Gn. und Bildhawer damit zu besagen, den mein G ster Churfürst unnd Herr den einen unnd den andern obgemelter Bildihawer. Geben und geschehen, wie oben das Datum Anno Lviij.
Nota. — An seinem vorigen Geding sein noch viertzehen Bilder vermög Visirung zu hawen. Soll er dickgemelter Alexander ietz inn seinem Costen hawen und vor jedes Bildt xxviij fl. Daneben xiiij Fenster-Posten vor jedes V fl. zu hawen, Ihme dissmals auch eingeleibt, solches zu befürdern.
(Signé) ALEXANDER COLINS.
Ce contrat a donné lieu à des interprétations nombreuses et variées, dues aux termes obscurs ou vagues qu’il renferme en nombre d’endroits.
On peut cependant en conclure que le sculpteur «Alexander Colins», originaire de Malines, reçut la commande de diverses sculptures:
1° Ce sont tout d’abord quatre pilastres pour la grande salle et les appartements du rez-de-chaussée, en même temps que l’armoirie, au-dessus de l’entrée;
2° Deux grandes figures et six autres figures, connexes à certains dispositifs (Gestellen), vaguement indiqués et mesurant chacune 6 pieds (Schuhen, env. 0m,30) ;
3° Cinq grands lions, à exécuter sur dessins;
4° Treize encadrements de porte, à l’intérieur de la construction, dont six très ouvragés (mühsam) et sept moyens, à exécuter également sur dessins;
5° L’achèvement de la porte commencée par le sculpteur Anthoni;
6° Deux cheminées, l’une dans la chambre du prince, l’autre dans la grande salle;
7° Quatorze statues, à exécuter sur dessins;
8° Quatorze couronnements de fenêtres.
Une partie seulement de ces ouvrages s’est conservée jusqu’à nous. Ce sont:
1° Les restes de deux des pilastres dans les salles du rez-de-chaussée; et encore Théod. Alt les range-t-il parmi les morceaux qui doivent être restitués au sculpteur Anthoni ;
2° L’armoirie au-dessus de l’entrée;
3° Les lions ont disparu. Peut-être faut-il y comprendre les deux lions, encore existants, placés à droite et à gauche de l’armoirie, au-dessus de l’entrée; mais, suivant certains auteurs, il faudrait y voir plutôt des lions qui devaient être placés tout en haut, sur la corniche et qui ne furent pas exécutés ;
4° Il subsiste un certain nombre de portes intérieures, figurées dans l’ouvrage de Koch et Seitz (pl. 9, 10, 14, 15, 16, 23 et 24); mais il n’est guère possible de distinguer quelles sont, parmi ces portes, celles qui ont fait l’objet du contrat avec Colin .
Théodore Alt donne, en tête des articles que nous citons de lui, une belle planche reproduisant les parties essentielles de la porte qui, d’après lui, avait été laissée inachevée par Anthoni et que Colin reçut charge de terminer ;
5° Quant aux statues de la façade, il en existe encore actuellement seize . On est généralement d’accord pour y retrouver les quatorze statues qui figuraient dans l’entreprise de Colin. Les deux autres, celles qui surmontent la façade, seraient également de lui. Suivant Théod. Alt, elles n’auraient pas fait partie du plan primitif et Colin les aurait ajoutées par après .
Le mérite artistique de ces statues diffère beaucoup de l’une à l’autre, ajoute le même auteur, qui attribue cette circonstance moins à des degrés différents d’habileté entre Colin et ses compagnons, qu’au plus ou moins de succès de Colin lui-même, trop peu maître de ses statues pour les réussir à tout coup .
Théod. Alt critique leurs «mouvements forcés et maniérés», leur «manque de proportions», leurs «draperies mesquines et peu plastiques». La Diane trouve assez bien grâce à ses yeux, de même que la Justice; mais la Vénus «est vulgaire» et l’Espérance «pleine d’affectation» .
Notre intention n’est point, nous l’avons dit, de discuter ici ces questions de mérite. En mentionnant l’opinion qui précède, nous avons voulu simplement marquer le peu d’admiration que Colin recueille parfois, de la part de certains juges, tout au moins quand il touche à la grande sculpture monumentale, comme c’est le cas à Heidelberg;
6° La façade présente encore vingt-huit fenêtres sculptées; il faut évidemment y prendre les quatorze fenêtres entreprises par Colin, mais en renonçant, pensons-nous, à les y reconnaître d’une façon plus précise.
L’énumération qui précède épuise-t-elle la somme des travaux que Colin exécuta à Heidelberg?
Nous ne le pensons pas.
Abraham Colin rapporte, dans son mémoire précité, que son père travailla au château, avec douze compagnons (Gesellen). Ces compagnons, on le sait, n’étaient pas des ouvriers quelconques, mais des sculpteurs faits, dont le recrutement était souvent difficile et la collaboration toujours très appréciée. Jamais Colin n’eut à Innsbruck, au plus fort de ses travaux, plus de la moitié d’un semblable personnel, et il semble, dès lors, que la commande, reprise au contrat de 1558, n’aurait pas suffi, à elle seule, pour justifier un atelier de cette importance.
D’autre part, l’examen des sculptures elles-mêmes a conduit des hommes très compétents à des conclusions analogues. Suivant M. Fritz Seitz , «toutes les sculptures de l’Otto Heinrichs-Bau sont d’une seule et même main; les figures et les ornements y présentent partout les mêmes mérites, comme les mêmes faiblesses». Elles seraient donc toutes l’œuvre de Colin.
Il convient cependant de n’en juger ainsi qu’avec une restriction, celle relative au sculpteur Anthoni, dont il est fait mention dans le contrat, et dont Colin s’engageait à terminer certain ouvrage laissé inachevé.
Suivant quelques auteurs, cet Anthoni aurait été le seul sculpteur de grand talent de l’Otto Heinrichs-Bau, et l’on distinguerait aussitôt, à leur caractère superbe, presque classique, ses ouvrages de ceux de Colin et de ses compagnons .
Ce n’est point l’avis naturellement des partisans de Colin, qui ne prêtent à l’intervention d’Anthoni qu’une importance secondaire et inclinent à croire qu’il aurait travaillé concurremment avec Colin, peut-être même sous sa direction.
Nous nous bornons à signaler cette divergence d’opinions, qui porte non seulement sur les sculptures de la façade, mais également sur l’architecture de cette dernière.
Abraham Colin rapporte que l’office de son père, à Heidelberg, consista à «mettre en œuvre la construction d’un vaste palais» (einen stattlichen Palast im Werk zu bauen) . Von Schönherr conclut de cette expression que Colin était, en réalité, le Werkmeister de l’entreprise, ce qui, dans le langage du temps, correspond assez bien à la dénomination d’architecte, telle que nous l’entendons aujourd’hui .
Un groupe d’hommes techniques, dont Théodore Alt estl’un des représentants, pense, au contraire, que le véritable architecte de l’Otto Heinrichs-Bau serait ce même Anthoni que nous y avons vu intervenir pour une partie des sculptures .
C’était un Allemand, dit-on, mais ayant étudié dans la Haute Italie et s’y étant imprégné des maîtres qui y florissaient alors. Aussi le plan primitif qu’il donna du palais d’Heidelberg était-il dans la manière italienne, avec un couronnement horizontal. Seulement, le départ ou la mort d’Anthoni, en même temps que l’arrivée de Colin, bouleversèrent les choses, et ce fut à Colin notamment que l’on dut de voir des pignons allemands venir se substituer à la terminaison droite conçue par Anthoni.
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