Kitabı oku: «L'histoire de la Savoie»

Yazı tipi:

F. Christin, F. Vermale

L'histoire de la Savoie

Edition illustrée


Publié par Good Press, 2022

goodpress@okpublishing.info

EAN 4064066332945

Table des matières

PRÉFACE

1 re LEÇON

Résumé

Lectures

Promenades historiques

2 me LEÇON

Résumé

Lectures

Promenades historiques

3 me LEÇON

Résumé

Lectures

Promenades historiques

4 me LEÇON

Résumé

Lectures

Promenades historiques

5 me LEÇON

Résumé

Lectures

Promenades historiques

6 me LEÇON

Résumé

Lectures

Promenades historiques

7 me LEÇON

Résumé

Lectures

Promenades historiques

8 me LEÇON

Résumé

Lectures

Promenades historiques

9 me LEÇON

Résumé

Lectures

Promenades historiques

10 me LEÇON

Lectures

QUELQUES MONNAIES, POIDS ET MESURES DE SAVOIE


PRÉFACE

Table des matières

M. Ch. FAUBERT, inspecteur d’Académie à Chambéry, Agrégé d’Histoire.

Les manuels d’histoire à l’usage des écoles primaires ne manquent pas, mais, la plupart sont franchement mauvais, et, les meilleurs, eux-mêmes, présentent un défaut qui les rend d’une utilité contestable: ils sont, presque tous, inintelligibles pour les enfants auxquels ils sont destinés.

En vain, les auteurs s’efforcent-ils vers la simplicité et la clarté, en vain, tentent-ils, parfois aux dépens de la vérité historique, de synthétiser les faits et de se mettre ainsi à la portée de leurs jeunes lecteurs, ceux-ci sont rarement intéressés par le texte de leurs manuels, et, si quelques gravures ne leur illustraient ce texte, celui-ci serait souvent pour eux un grimoire indéchiffrable.

L’enfant, en effet, répugne aux généralisations, aux abstractions; le bon écolier d’esprit alerte et éveillé, lui-même, ne fixe son attention que sur les notions qu’il peut contrôler, vérifier par lui même.

Qu’il s’agisse de calcul, d’histoire naturelle ou de morale, si le maître ne lui fait pas constater, par le maniement d’objets matériels, l’exactitude du problème qu’il vient de résoudre, s’il ne lui met sous les yeux l’insecte ou la plante qu’il décrit, s’il ne lui montre chez un individu qu’il connaît, la vertu qu’il loue, si, en un mot, il ne le place en face de la réalité, l’écolier ne comprend pas; s’il est étourdi et léger, il laisse vagabonder son esprit et pense à la récréation prochaine; s’il est sage et laborieux, et s’il a de la mémoire, il tâche de retenir les mots qui ont été prononcés devant lui et de les répéter, mais sans même essayer d’en pénétrer la signification.

Comment, dans ces conditions, l’enfant pourrait-il s’intéresser à l’étude de l’histoire telle qu’elle lui est présentée d’ordinaire par les manuels?

Pour lui qui n’a jamais quitté son village, qui n’a rien vu au-delà du coin de terre dans lequel il vit, il est déjà difficile de comprendre que ce coin de terre qui lui parait immense, n’est qu’un point imperceptible dans ce grand pays qui est le sien et qu’on appelle la France.

Qu’on lui dise après cela que la France ne s’est pas toujours appelée ainsi, qu’autrefois elle a porté le nom de Gaule, qu’elle a été inculte et couverte de forêts au milieu desquelles vivaient des demi-sauvages, nos lointains ancêtres, qu’on mette aux prises ces Gaulois avec les Romains, les Francs, tous les conquérants, dont l’amalgame a formé la race française, qu’on essaie de lui raconter la féodalité, les croisades, le mouvement communal, la Révolution, tous ces grands événements qui jalonnent notre histoire, le laisseront indifférent et inattentif, parce qu’ils n’ont pas de lien avec la réaclité qu’il peut concevoir. Ce sont pour lui des contes, et ces contes, dépourvus de merveilleux, l’intéressent moins que Barbe-Bleue ou Peau d’âne, ou les romans de policiers et de brigands qui, à notre époque, hélas! ont remplacé pour les enfants les contes de fées.

Aussi, les résultats donnés par l’enseignement de l’histoire à l’école primaire sont-ils médiocres et si peu encourageants que des esprits pessimistes ont pu parler de supprimer de nos programmes cet enseignement qui constitue pour eux une surcharge inutile.

La connaissance de l’histoire nationale ne doit pourtant pas être réservée à quelques privilégiés; il n’est pas admissible que, dans un pays de suffrage universel, la masse des citoyens ignore ce passé dont les événements multiples réagissent avec tant de force sur le présent, il n’est pas possible que les Français ne sachent pas comment s’est faite la France.

Au lieu de supprimer l’étude de l’histoire, il fallait donc réorganiser cette étude de façon à la rendre plus facile, plus attrayante, de façon à la mettre à la portée des écoliers.

Commencée en 1905, lors de la réforme des programmes des écoles normales, cette réorganisation a été accomplie définitivement par M. Maurice Faure, ministre de l’Instruction publique. La circulaire adressée aux Recteurs le 25 février 1911 par M. Maurice Faure trace à l’enseignement de l’histoire un programme qui, appliqué avec intelligence, a déjà, dans un grand nombre de régions, renouvelé complètement cet enseignement.

M. Maurice Faure s’est souvenu du mot de Michelet: «L’histoire est une résurrection» ; il ne faut pas raconter les faits aux enfants, il faut lés faire revivre devant leurs yeux, et ces faits ne peuvent renaître que dans le cadre où ils se sont déroulés.

L’histoire est une résurrection, et «comment réussira-t-on mieux à la rendre telle aux yeux de l’enfant, qu’en la plaçant dans le cadre de son existence quotidienne, qu’en lui rappelant les faits dont sa région a été le théâtre, en lui racontant la vie de ceux de ses aïeux dont la mémoire a mérité de survivre, en lui montrant, tout près de lui, des sites, monuments, ruines, vestiges divers, propres à faire naître des visions évocatrices et de fortes impressions? La montagne qui borne l’horizon, la rivière qui traverse la plaine, la mer éternellement changeante, les mille aspects de la nature environnante, feront le sujet d’intéressantes causeries géographiques et fixeront dans son esprit les premières notions générales. Le dolmen de la lande évoquera le souvenir de la préhistoire. A la vue de l’antique château dont la silhouette se profile sur le ciel, de la cathédrale ou de l’abbaye, de la modeste église de village, de la vieille maison commune, un commentaire sobre, mais imagé, fera apparaître et revivre en quelque sorte le moyen âge. La statue du glorieux soldat, qui se dresse sur la place publique, illustrera le récit familier des épopées héroïques de la Révolution et de l’Empire. Ainsi placés, non dans un cadre imprécis et vague, mais dans leur milieu même, les faits deviendront plus impressionnants, les personnages plus réels. Ainsi, nourrie pour ainsi dire des sucs du terroir, l’étude de l’histoire nationale sera plus vivante et mieux comprise».

L’appel de M. Maurice Faure a été entendu, et, dans la plupart des départements, se sont fondées des «Sociétés des études locales dans l’enseignement public», ayant pour but de faire connaître l’histoire locale aux maîtres et aux élèves des écoles et d’éclairer par elle l’étude de l’histoire nationale.

L’une des plus prospères de ces sociétés a été organisée près de nous, à Lyon, par un maître éminent de l’Université, M. Kleinclausz, professeur d’histoire du moyen âge à la Faculté des lettres. Sous sa direction, sept conférences ont été faites pendant l’hiver 1911-1912, qui, réunies en un petit volume, constituent un résumé excellent de l’histoire de Lyon et du Lyonnais.

Jusqu’ici rien de semblable n’avait été fait en Savoie. Il existait bien des histoires de Savoie, mais quelle que fût leur valeur, aucune d’elles n’était spécialement destinée aux instituteurs et aux élèves, aucune d’elles n’était le manuel clair et pratique, permettant aux écoliers de bien connaître l’histoire de leur province et de comprendre par elle l’histoire de France.

Pourtant ce manuel était ici plus nécessaire que partout ailleurs. Dernière venue à l’unité française, la Savoie, il est inutile de le démontrer, a une originalité supérieure à celle de n’importe quelle région. Etat indépendant jusqu’à une époque que bon nombre de nos contemporains ont encore connue, tantôt ennemi, tantôt allié de la France, parfois réuni à elle, elle a subi le contre-coup de tous les événements, qui se sont succédés chez sa puissante voisine, et, rien ne peut mieux faire saisir à nos élèves ces grands événements, que l’étude de la répercussion qu’ils ont eue chez leurs ancêtres savoyards. C’est donc ici surtout que devaient être appliquées les instructions de M. le Ministre de l’Instruction publique.

C’est ce qu’ont compris MM. Christin et Vermale, et c’est de ces instructions qu’ils se sont inspirés, en écrivant pour les écoliers de Savoie, le petit manuel d’histoire de Savoie qu’ils m’ont fait l’honneur de me présenter.

Fruit de la collaboration d’un maître expérimenté, pratiquant avec succès dans sa classe les bonnes méthodes pédagogiques, et d’un érudit passionné pour les études historiques dont la compétence est attestée par des travaux remarquables sur l’histoire de la Savoie, ce manuel, sans haute prétention scientifique, peut être donné en modèle, tant par le choix heureux du plan et la clarté de l’exposition, que par la sûreté de l’information.

Présenté sous la forme de leçons habilement découpées et bien composées, il constitue un cadre dans lequel les instituteurs pourront facilement faire entrer les différentes périodes de l’histoire nationale. Les lectures, parfaitement choisies, qui accompagnent chaque leçon, les gravures qui illustrent le texte, tout contribue à faire de ce petit ouvrage une œuvre excellente qu’on trouvera bientôt, je l’espère, dans toutes les écoles des deux départements savoyards où elle «facilitera la tâche du maître et le travail de l’élève, fera mieux connaître à l’un et à l’autre la petite patrie, et, par la petite patrie, fera mieux connaître et aimer la grande».

Ch. FAUBERT.

1re LEÇON

Table des matières

LES ORIGINES SAVOISIENNES

L’Arc de Campanus

L’Arc de Campanus, aujourd’hui complètement dégagé, décore d’une façon pittoresque la place des Bains, à Aix.

Ce monument, que vulgairement on appelle arc de triomphe, parce qu’il en a la figure, n’était que la sépulture d’un particulier appelé Pompeïus Campanus et de toute sa famille.


Caducée en bronze

d’un dessin et d’un travail remarquables, beau spécimen de l’art romain trouvé à Lémenc (Chambéry).


1. La Savoie préhistorique. — Les lointains ancêtres, qui vivaient aux temps préhistoriques et sur lesquels nous ne possédons aucun document écrit, avaient leurs habitations construites sur les bords de nos lacs savoisiens. Les emplacements de ces villages lacustres ont été retrouvés de nos jours. Des fouilles dans le lac du Bourget (baie de Grésine), dans le lac d’Annecy, dans le lac Léman, ont permis de repérer des pilotis qui supportaient ces habitations primitives (palafittes), des débris de poterie, des ustensiles de ménage, des étoffes, des armes datant de ces temps reculés.

Tous les objets provenant de ces fouilles forment des collections importantes, que l’on peut visiter au Musée départemental de Chambéry et au Musée d’Annecy. La Savoie et la Haute-Savoie sont au premier rang des départements français par la richesse des collections préhistoriques de leurs Musées.

2. Les Allobroges. — Au temps des menhirs, puis des druides, la Savoie fut habitée par une tribu de Gaulois appelés Allobroges. Les Allobroges donnèrent leur nom à la région comprise entre le lac de Genève, le Rhône et l’Isère.

Les Allobroges nous sont connus par les historiens romains. Durant les grandes luttes entre la République romaine et la République carthaginoise (Tunisie actuelle), les Allobroges facilitèrent aux troupes d’Annibal, général carthaginois, qui voulait détruire la puissance romaine par la prise de Rome, le passage des Alpes.

Lorsque la République romaine fut en proie à la guerre civile et que les bandes du conspirateur Catilina se disposaient à marcher sur Rome pour s’emparer du pouvoir par la force, ce furent des ambassadeurs allobroges qui prévinrent Cicéron, alors consul, des desseins de Catilina. A la suite de ces événements, les Allobroges devinrent les amis du peuple romain.

Plus tard, les Allobroges essayèrent de s’opposer à la conquête de la Gaule par Jules César en s’alliant aux autres tribus gauloises, mais leur défense courageuse fut inutile. Ils furent obligés d’accepter la domination romaine après que Vercingétorix eût été fait prisonnier. Seules les tribus des hautes vallées, comme celle des Centrons en Tarentaise, continuèrent à résister et ne se soumirent qu’un siècle après.

3. La Savoie sous la domination romaine. — L’Allobrogie bénéficia, comme les autres pays soumis à Home, des bienfaits de la longue paix que les empereurs romains procurèrent pendant de très nombreuses années à la plus grande partie de leur empire.

L’administration des préfets romains favorisa le travail des populations. De grandes routes furent construites pour faciliter les relations économiques de l’Allobrogie avec les autres parties de l’empire. La plus importante de ces routes reliait, par le Petit-Saint-Bernard, Milan en Italie avec la capitale de l’Allobrogie romaine, qui était Vienne en Dauphiné. Une autre voie importante se détachait de cette route vers Gilly-sur-Isère, en aval des confluents de l’Arly et de l’Isère, pour aboutir à Annecy, puis à Genève, et plus tard à Strasbourg.

4. Les vestiges de la civilisation romaine en Savoie. — La terre de Savoie porte encore de nombreux vestiges de cette civilisation romaine qui fut partout si grandiose. Au col du Crucifix, entre Aiguebelette et Chambéry, la route emprunte le tracé de l’ancienne voie romaine dont on voit encore quelques dalles. Le Musée de la ville de Chambéry possède le «caducée», magnifique exemplaire de l’art antique, retrouvé sur l’emplacement de Lémenc où s’élevait une ville romaine, et une merveilleuse statuette en bronze, celle d’une Vénus, retrouvée à Détrier (canton de la Rochette).

Annecy a, dans son Musée, des collections précieuses d’inscriptions, de fragments de monuments, de statues, etc., mises à jour par les fouilles pratiquées dans la plaine des Fins, sur l’emplacement de Bauta, l’Annecy des Romains.

La Tarentaise avait à Aime la résidence d’un fonctionnaire romain. On y a retrouvé des inscriptions curieuses, en particulier celle d’un fonctionnaire impérial qui se plaint que ses supérieurs le laissent trop longtemps dans ce poste de montagne. Il demande aux dieux d’intervenir pour qu’il soit nommé dans sa province natale.

Aix-les-Bains était déjà célèbre à cette époque pour ses sources thermales. L’arc de Campanus encore debout témoigne de celle ancienne renommée, ainsi que les ruines d’un temple de Diane. Des inscriptions nous font savoir qu’Aix-les-Bains était alors, comme aujourd’hui, une station mondaine très à la mode.

5. Invasions barbares: 1° Les Burgondes. — Quand l’empire romain fut envahi et conquis par les Barbares qui venaient de l’Est, les Burgondes occupèrent l’Allobrogie. Ils incorporèrent, en 436, au royaume de Bourgogne qu’ils fondèrent, la Sabaudia (pays des sapins). C’est la première fois que la Savoie est désignée à part de l’Allobrogie. Les Burgondes firent un moment de Genève leur capitale. Le premier royaume de Bourgogne dura un siècle. Le Musée d’Annecy possède beaucoup d’objets datant de cette époque.

2° Les Franes. — Au VIe siècle de l’ère chrétienne, ce royaume fut anéanti par les Francs. Les nouveaux conquérants s’emparèrent du Genevois, du Faucigny, du Chablais, et le reste de la Savoie passa aux Ostrogoths, maîtres de l’Italie.

Les successeurs de Clovis ne tardèrent pas à chasser les Ostrogoths de la Tarentaise, de la Maurienne. Ils soumirent le pays au régime des coutumes franques. Ces coutumes, qui étaient celles des Germains, accordaient beaucoup de liberté aux guerriers des tribus. Ainsi la justice ne pouvait être rendue à ceite époque que par l’ensemble, pour une région, des hommes libres ou guerriers francs qui s’y trouvaient établis et que le représentant du roi des Francs réunissait périodiquement en assemblée.

Ces habitudes de liberté persistèrent longtemps dans les mœurs des habitants des hautes vallées des Alpes savoisiennes.

Résumé

Table des matières

1. Aux temps préhistoriques, la Savoie était habitée par des populations qui vivaient sur les lacs savoisiens dans des habitations bâties sur pilotis (palafittes). Les musées de Chambéry et d’Annecy possèdent de riches collections d’objets provenant de ces époques lointaines.

2. Au temps des Gaulois, la Savoie était habitée par une tribu gauloise, les Allobroges, qui nous est connue surtout par les récits des historiens romains.

3. L’Allobrogie comme la Gaule fut conquise par les Romains. Les empereurs de Rome favorisèrent le développement économique du pays en faisant régner la paix, en construisant des routes, etc. Nos musées possèdent de nombreux vestiges de cette civilisation romaine.

4. Quard l’empire romain fut envahi par les barbares, la Savoie fut occupée par les Burgondes qui, à leur tour, furent vaincus par les Francs.

Lectures

Table des matières

I.

Les habitations lacustres en Savoie.

«Longtemps après les hommes de l’âge de la pierre, remontant le cours du Rhône sur leurs frêles embarcations taillées dans des troncs d’arbres, arrivèrent les peuples de l’âge du bronze dont les établissements placés sur l’eau à une faible distance des rives, ont été retrouvés dans les lacs d’Annecy, du Bourget et du Léman, de même que dans ceux de la Suisse et de l’Italie. La découverte de ces habitations élevées sur pilotis et l’étude des vestiges recueillis à leur base ne remonte qu’à 1854 en Suisse et dans l’Europe centrale et à 1858 en Savoie, où la première exploration organisée par la Société Florimontane eut lieu sur le lac d’Annecy.

Les importantes collections formées dès lors permirent de se faire une idée assez complète de la vie, de l’industrie et des mœurs de ces populations établies au-dessus des eaux de nos lacs et de se représenter à peu près leur état social.

L’industrie des habitants des palafittes était très développée; ils fondaient et moulaient le bronze et pratiquaient l’élevage du bétail et la culture de quelques plantes, graminées et légumineuses. Leurs habitations, construites en branchages revêtus de terre glaise pétrie et ornée de dessins réguliers, s’élevaient sur des planches que portaient des pilotis enfoncés dans la vase, à quelque distance du rivage auquel elles étaient reliées par des ponts mobiles, ou au moyen de canots, ce qui assurait les femmes et les enfants contre toute invasion de l’homme ou des animaux lorsque les hommes s’éloignaient pour la chasse. Le foyer était établi sur des dalles au centre de la cabane, percée à la partie supérieure d’une ouverture pour le passage de la fumée.

Leurs armes, outils et ornements étaient en bronze, composé de cuivre et d’étain, artistement travaillés et enjolivés de traits, de dents de loups et de coquillages disposés avec goût. Tous ces objets étaient fondus par eux dans des moules en pierre ou en grès, dont on a retrouvé un grand nombre sur l’emplacement de la plupart des stations.

Leur poterie est d’une pâte fine. Les grandes dimensions de leurs vases et leur régularité indiquent l’emploi du tour à potier. Les surfaces en sont revêtues d’une ornementation symétrique de dessins, de lignes et de creux.

Les habitants des palafittes cultivaient deux espèces de blé, l’orge, le millet, les pois, les fèves, le lin dont on a retrouvé des tiges, des fragments d’étoffe et de filets. Ils récoltaient des pommes sauvages, coupées en quartiers et desséchées pour les conserver, et de grandes quantités de glands de chêne qui paraissent avoir été employés pour obtenir une liqueur fermentée.

A l’aide des ossements recueillis, on a pu déterminer les animaux domestiqués par eux: le chien, un cochon de petite espèce, la chèvre, le mouton à cornes droites, le bœuf, et, parmi les animaux sauvages, l’ours, le sanglier des marais, le cheval.

On présume que les populations de l’âge de bronze habitèrent pendant une longue période les rives de nos lacs; le très grand nombre d’objets de leur industrie, les restes des repas et les ossements d’animaux réunis dans nos musées en sont une preuve convaincante. Elles ne disparurent qu’à l’arrivée d’une race d’envahisseurs plus forte et munie d’armes plus puissantes. Des bords des lacs, une partie de ces tribus s’étaient successivement établies dans les vallées, mais leurs constructions primitives, placées sur les plateaux ou dans des positions faciles à défendre, ont disparu par suite des travaux de culture, ne laissant des traces que sur quelques points isolés où des objets en bronze ont été découverts à diverses époques.»

(Histoire de la Savoie.)

A. PERRIN.

II.

Passage d’Annibal en Savoie.

L’armée carthaginoise, venant d’Espagne, traverse le Rhône entre Orange et Valence. Pendant la traversée, qui est longue et dangereuse, un detachement de Carthaginois est envoyé en observation le long du Rhône. Il est surpris et détruit par les éclaireurs romains de l’armée de Cornélius Scipion, dont la mission était de surveiller Annibal. A cette nouvelle, l’armée punique hâte sa marche en remontant le cours du fleuve et, quatre jours après, elle arrive au confluent du Rhône et de l’Isère. Elle pénètre dans l’Ile, région fertile et bien peuplée, encadrée par ces deux fleuves.

C’est ici qu’Annibal prend contact avec les Allobroges. Ils le reçoivent non pas en ennemi, mais en arbitre. A ce moment, la nation allobroge était divisée en deux camps prêts à en venir aux mains, par suite d’un dissentiment survenu au sujet de l’élection d’un chef. Deux frères se disputaient le pouvoir. L’aîné sollicite l’appui d’Annibal qui appuie ses prétentions de toute l’autorité de son nom et de sa nombreuse armée. Par cette décision, Annibal s’attirait l’estime des vieillards, partisans de l’aîné, et, en même temps, se faisait un allié dont la généreuse reconnaissance lui fut très avantageuse. En effet, le nouveau chef non seulement lui offre des guides, mais il fournit à son armée les provisions de bouche nécessaires, renouvelle les vêtements et les chaussures des soldats et même leurs armes en grande partie hors d’usage. Comment Annibal poursuit-il sa route?

Nous sommes arrivés au point obscur du voyage d’Annibal qui a suscité tant de discussions. La difficulté du problème tient à diverses causes: l’opposition des récits de Polybe et de Tite-Live, l’absence de toute inscription, de tout monument pouvant servir à interpréter et à contrôler le texte de ces historiens, la fragilité des raisons tirées des traditions locales qui se retrouvent un peu partout dans les Alpes, enfin notre ignorance presque complète des routes gauloises, les seules qui existaient au temps d’Annibal.

Il faut cependant préférer le récit de Polybe l’Historien à celui de Tite-Live. Or, voici d’après Polybe la suite de l’itinéraire d’Annibal.

En quittant l’Ile, l’armée punique traverse avec sécurité la distance qui la sépare des Alpes. Les petits chefs allobroges de ces régions n’osent s’opposer à son passage par crainte des éléphants et de la cavalerie numide. Après une marche de dix jours le long d’un fleuve, les Carthaginois, arrivés aux Alpes, commencent à en gravir les premiers contreforts, mais au milieu des plus grandes difficultés. Car les chefs des tribus allobroges des Alpes occupaient toutes les hauteurs avec une nombreuse armée qui fait rouler des blocs de rocher sur l’armée punique impuissante à se défendre contre ces avalanches et contre ces ennemis toujours invisibles. Annibal réussit cependant à faire avancer son armée et à livrer aux assaillants un combat meurtrier. Neuf jours après avoir quitté la plaine, l’armée d’Annibal atteint le sommet des Alpes. Pour ranimer le courage de ses soldats éprouvés par tant de fatigues, le général carthaginois leur rappelle qu’au pied des Alpes ils vont trouver des ressources abondantes chez leurs amis et alliés, les Gaulois cisalpins.

D’après certains historiens, la route suivie ainsi par Annibal serait celle du cours de l’Isère, du Grésivaudan, de la Maurienne et du Mont-Cenis, ou la Tarentaise et le Petit-Saint-Bernard. D’autres prétendent qu’Annibal a remonté le Rhône jusqu’à sa source et a passé le Grand-Saint-Bernard.

D’après J. BURLET.

(La Savoie avant le christianisme.)

Yaş sınırı:
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Litres'teki yayın tarihi:
16 ocak 2025
Hacim:
204 s. 25 illüstrasyon
ISBN:
4064066332945
Yayıncı:
Telif hakkı:
Bookwire
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