Kitabı oku: «La petite Sainte-Famille du Louvre et le tableau original de la petite Sainte-Famille, par Raphaël»

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Félix Notté

La petite Sainte-Famille du Louvre et le tableau original de la petite Sainte-Famille, par Raphaël


Publié par Good Press, 2022

goodpress@okpublishing.info

EAN 4064066306588

Table des matières

PETITE SAINTE-FAMILLE DU LOUVRE

I

II

III

GRAVURE DE CARAGLIO

IV

V

VI

VII

VIII

IX

X

PETITE SAINTE-FAMILLE DE DUSSELDORF

XI

XII

XIII

TABLEAU ORIGINAL DE LA PETITE SAINTE-FAMILLE PAR RAPHAEL

XIV

XV

XVI

PETITE SAINTE-FAMILLE DU LOUVRE

Table des matières

(COPIE ATTRIBUÉE A JULES ROMAIN)



I

Table des matières

FELIBIEN

Voici ce que dit Félibien, touchant les œuvres de Raphaël qui se trouvaient de son temps en France, dans ses

« Entretiens sur les vies et sur les ouvrages des plus excellents peintres anciens et modernes.» Il s’adresse à un interlocuteur imaginaire :

« Vous sçavez à quel prix l’on met ses ouvrages, et vous pouvez considérer ceux qui sont au Louvre. Il y a deux petits tableaux sur bois qui sont de sa première manière: l’un représente un Saint Michel, qu’il fit pour François Ier, et l’autre un Saint Georges, qu’il peignit pour Henri VIII, Roy d’Angleterre. Vous y verrez encore une Vierge, assise dans un païsage avec le petit Jésus devant elle et saint Jean à costé. Ce tableau est de sa seconde manière. Celuy où il a représenté la Vierge, Nostre-Seigneur, saint Jean et sainte Élisabeth , que le Roy a eû depuis peu de M. l’abbé Brienne, est d’une manière plus forte.»

Ainsi débute Félibien.

Arrêtons-nous un instant ici pour faire remarquer que, dans ce premier passage, long de quelques lignes seulement et contenant une double affirmation, Félibien commet une double erreur. Ce n’est pas pour François Ier, en effet, que le Petit Saint Michel a été peint, mais pour le duc d’Urbin, Guidoboldo de Montefeltro ; en 1504, d’ailleurs, date à laquelle ce tableau appartient par son exécution, celui qui devait être François Ier n’avait que dix ans, et il ne fut roi qu’en 1515. — Et ce n’est pas non plus pour Henri VIII que le Saint Georges a été peint: d’abord, parce que le Saint Georges du Louvre n’est pas celui qui était destiné au roi d’Angleterre; ensuite, parce qu’en 1504, date également de ce second petit tableau, Henri VIII n’était pas roi, n’étant monté sur le trône qu’en 1509 .

Cette entrée en matière n’est pas heureuse, on le reconnaîtra, et elle n’est pas faite non plus pour forcer la confiance dans ce que l’auteur peut dire ensuite.

« N’est-ce pas — fait-il demander à son interlocuteur — ce tableau que j’ay veû autrefois chez M. le duc de Roûanez, et qu’on disoit n’estre que la copie d’un autre, que M. le marquis de Fontenay-Mareuil apporta de Rome lors de sa première ambassade, et dont il fit présent à M. le cardinal Mazarin? Il est vray que cette copie (le tableau du Louvre) ne laisse pas d’estre considérable, puisqu’on la croit de Jule Romain: il y a mesme quelque petite diférence dans le païsage et dans les figures.»

La question est précise et il suffirait d’un mot pour y répondre, en supposant fondé le dire de l’interlocuteur touchant l’existence d’un tableau semblable chez le duc de Rouanez. — Voyons ce que répond Félibien.

« Il n’y a point de tableaux ... dont l’on ne fasse quelque histoire; et lorsqu’il s’en rencontre deux à peu près semblables, aussitost chacun prend parti pour faire que l’un soit l’original et l’autre la copie. Mais il faut que je vous dise ce que j’ay appris d’un sçavant homme en cet art touchant ces tableaux, après, toutefois, que je vous auray rapporté ce que je sçay de leur origine.»

Que de détours pour ne dire ni oui ni non; Félibien ne désigne même pas le «sçavant homme» dont il prétend avoir appris quelque chose touchant les tableaux. Pourquoi? Serait-il imaginaire comme son interlocuteur?

Mais continuons.

« Celuy dont je vous parle 2, et qui est présentement dans le cabinet du Roy, a esté longtemps dans la maison de Boisi, où il avoit esté laissé par Adrien Gouffier, cardinal de Boisi, à qui Léon X donna le chapeau l’an 1515, et qu’il envoya légat en France en 1519.»

Ici, Félibien parle très affirmativement. Pas d’hésitation, pas de doute: le tableau provient d’Adrien Gouffier, cardinal de Boisy, et il a été longtemps dans cette maison. — Mais cette affirmation vaut-elle plus que celles qu’il articulait quelques lignes plus haut avec la même netteté, relativement au Petit Saint Michel et au Saint Georges? Donne-t-il, plus que pour ceux-ci, aucune preuve, aucune raison à l’appui de ce qu’il avance? Non. Il dit, voilà tout.

« On dit, reprend-il, que ce fut un présent que Raphaël luy fit en reconnoissance des bons offices qu’il luy avoit rendus auprès du Roy François Ier. Quoy qu’il en soit, ce cardinal le gardoit chèrement; et Raphaël luy-mesme avoit pris soin qu’il fust bien conservé, car il est couvert d’un petit volet de bois peint, et orné d’une manière aussi agréable que sçavante.»

Nous ne sommes plus ici en présence d’une affirmation, mais d’un simple on dit, [dans lequel Félibien ne paraît pas avoir lui-même grande confiance, puisqu’il ajoute immédiatement: Quoy qu’il en soit... Nous ne nous y arrêterons donc pas, d’autant plus que nous verrons plus loin qu’il est complètement dénué de fondement.

La double affirmation qui suit cet on dit, que vaut-elle? Où, comment Félibien a-t-il su que le cardinal de Boisy, mort près d’un siècle et demi avant l’époque où il écrivait, « gardoit chèrement» son tableau? Nous voulons bien admettre que le fait soit vrai, mais la preuve? Cette preuve ne consisterait-elle pas uniquement dans une simple déduction tirée de l’existence du volet signalé par l’auteur? Félibien n’indique pas, d’ailleurs, comment, de la maison de Boisy, à laquelle appartenait le cardinal qui, selon lui, le «gardoit si chèrement», ce tableau est passé dans les mains de l’abbé de Brienne, de qui le tenait Louis XIV, — en supposant qu’il y soit passé, bien entendu.

Nous savons que le duc de Rouanez, chez qui son interlocuteur imaginaire dit avoir vu autrefois le tableau, était un membre de la famille de Boisy, Boisy et Roanne ayant été érigés en duché, sous le nom de Roannais, en 1519 et 1566; mais la question n’en reste pas moins entière.

Et elle aurait d’autant plus besoin d’être résolue par des indications précises, certaines, qui font complètement défaut, que si le cardinal de Boisy «gardoit chèrement» son tableau, la famille devait le garder avec une égale sollicitude, et que son passage dans les mains de l’abbé de Brienne s’explique dès lors d’autant moins.

Non pas que nous prétendions que l’abbé de Brienne n’a pas eu ou pu avoir, en sa possession, le tableau de la Petite Sainte-Famille qui est au Louvre: le catalogue des tableaux possédés par son frère, le comte Louis-Henri de Loménie de Brienne, dressé en 1662 et remis en lumière en 1873 par M. Ed. Bonaffé, semble le mentionner; mais ce catalogue ne donne ni la provenance ni la dimension des tableaux qu’il décrit, et la question reste ainsi à résoudre.

Elle s’aggraverait même de l’existence dudit catalogue, car il ne fait aucune mention du panneau de l’Abondance qui a recouvert le tableau du Louvre, chose cependant visible, tandis que Félibien, dans ses Entretiens publiés en 1666, et Lebrun dans son «Inventaire des tableaux du Roy» dressé en 1683, en parlent expressément tous deux.

Au fond, Félibien ne sait ni comment ni de qui Adrien Gouffier, cardinal de Boisy, tenait son tableau, — si tant est qu’il en ait effectivement eu un, ce qui est encore une question. Il rapporte à ce sujet un on dit, puis fait un racontage, voilà tout; et comme il a pris soin de nous prémunir lui-même, dans le paragraphe cité, contre les histoires que l’on fait courir sur tous les tableaux, nous savons quelle créance on doit leur donner.

Mais que penser de l’affirmation de Félibien, car c’est là une affirmation positive, que Raphaël lui-même aurait pris soin que ce tableau fût bien conservé, etc., lorsque l’on sait, comme on le sait pertinemment aujourd’hui, que ledit tableau et le volet mentionné n’ont été, ni l’un ni l’autre, peints par Raphaël ?

Félibien n’a pas été heureux, jusqu’à présent, dans ses histoires; voyons s’il le sera davantage dans ce qui va suivre.

« Quant à celuy, continue-t-il, qui est aujourd’huy dans le cabinet de M. le duc de Mazarin , le chevalier del Pozzo que vous avez connu à Rome, le fit acheter par M. le marquis de Fontenay pendant qu’il estoit ambassadeur auprès du pape Urbain VIII, prétendant que c’estoit l’original que Raphaël avoit commencé et sur lequel celuy dont j’ay parlé avoit esté copié par Jule Romain.»

Félibien donne ici un renseignement sur la provenance du tableau possédé d’abord par le cardinal, puis par le duc de Mazarin, un renseignement bien circonscrit toutefois. L’ambassade de François Duval, marquis de Fontenay-Mareuil, auprès d’Urbain VIII, a eu lieu dans les années 1641 à 1644, date de la mort de ce pape, et c’est à cette époque, conséquemment, qu’il faudrait placer l’acquisition du tableau mentionné : mais, puisque Félibien .s’occupe des origines, de qui le marquis de Fontenay-Mareuil le tenait-il?

Quant à l’histoire du chevalier del Pozzo, quelle créance lui donner? Bien que formulée sous forme positive, vaut-elle plus que les dires précédents? — Si l’on veut considérer que ce riche personnage était un archéologue célèbre par sa nombreuse collection d’antiquités romaines et par la protection qu’il accordait aux artistes; si l’on tient compte qu’il poussait l’amour des œuvres d’art et en particulier des tableaux, jusqu’à faire travailler le Poussin spécialement pour lui, ne sera-t-on pas conduit à admettre que s’il s’était trouvé en présence d’un Raphaël quelconque, son premier, son unique soin eût été de l’acquérir pour lui-même et pour sa collection?

Pour agir comme le fait agir Félibien, pour qu’il pût prétendre que le tableau possédé par le cardinal ou plutôt par la famille de Boisy, — car il y avait alors plus d’un siècle que le cardinal était mort, — n’était qu’une copie et une copie faite par Jules Romain, il fallait, en outre, que le chevalier del Pozzo connût l’existence de ce tableau; et non seulement qu’il en connût l’existence, mais qu’il l’eût étudié, apprécié, de manière à pouvoir établir une comparaison, au moins par souvenir, entre lui et celui dont il recommandait soi-disant l’acquisition au marquis de Fontenay-Mareuil. Or, avait-il jamais vu le tableau de la famille de Boisy? — Où ? — Quand?

Sans se préoccuper d’aucune de ces questions, Félibien continue:

« Mais ce que j’ay sceû depuis , c’est que Raphaël sur les derniers temps estant accablé d’ouvrages, faisoit quelquefois ce que beaucoup d’autres peintres pratiquent souvent, qui est d’arrester un dessin fort correct, de le donner à leurs élèves pour le peindre, et lorsqu’ils l’ont fini autant qu’ils ont pû, de le retoucher eux-mesmes, et en faire un ouvrage qui passe pour estre de leur main.»

Ici, nous nous trouvons en présence d’un lieu commun qui n’offrirait aucune espèce d’intérêt, n’était la conséquence que Félibien prétend en déduire. Mais voyez quel habile parti il tire immédiatement de ce qu’il vient de dire:

« Raphaël, continue-t-il, a desseigné ces deux tableaux et les a fait peindre par deux de ses élèves. Mais ayant eû plus d’inclination à finir celuy qui est dans le cabinet du Roy, il l’acheva entièrement, et laissa l’autre imparfait.»

L’affirmation tirée des prémices posées est-elle assez formelle, assez absolue? — Que vaut-elle?

En supposant qu’aucun des deux tableaux ne fût de la main de Raphaël, qui donc a fait connaître à Félibien qu’il les a «desseignés», et que ce sont deux de ses élèves qui les ont peints? Pourquoi n’en aurait-il pas existé un troisième, inconnu de lui, sur lequel les deux dont il parle auraient été copiés par les mêmes élèves? Serait-ce impossible? Jules Romain, en particulier, qui avait, à l’époque à laquelle appartient la composition — 1518 à 1520 — de 26 à 28 ans, n’était-il pas à même de copier exactement un tableau de Raphaël sans que Raphaël lui en fît le dessin? En vérité, on ne peut que s’étonner de pareilles affirmations aussi légèrement et, en même temps, aussi doctoralement émises.

Félibien a laissé entendre, par les paroles placées dans la bouche de son interlocuteur imaginaire, que le tableau de Louis XIV était de Jules Romain; il n’indique pas le nom du second élève de Raphaël auquel il attribuait celui que possédait le duc de Mazarin. Pourquoi? Lui était-il plus difficile de se prononcer sur l’un que sur l’autre?

Il déclare que Raphaël laissa ce dernier imparfait, mais sans dire en quoi consiste son imperfection: ne la voyait-il pas ou n’en avait-il pas souvenir? — Et qu’ayant eu plus d’inclination pour celui du roi, il l’acheva entièrement. Mais, sur quoi encore repose cette nouvelle affirmation? Dans quelle partie du tableau qui est au Louvre, Félibien voit-il la main, le pinceau de Raphaël? Il n’en dit rien, et pour cause. — On est donc autorisé à considérer et l’on doit donc considérer ses allégations comme ayant pour seul, pour unique objet de flatter l’orgueil et l’amour-propre du roi, rien de plus.

Car il ne faut pas perdre de vue que Félibien était, en quelque sorte, lié par ses fonctions. Position oblige; or, en sa qualité de «Conservateur des antiquités du cabinet du Roy», pouvait-il, décemment, condamner ou critiquer un tableau que Louis XIV possédait et qu’il avait peut-être contribué à lui faire acquérir? — Il faudrait, pour l’admettre, lui supposer une bien grande indépendance de caractère, qu’il n’avait probablement pas, à en juger par la dédicace de son livre: si cette dédicace témoigne de quelque chose, en effet, elle témoigne surtout à quel degré il était doué du sentiment d’adulation.

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Yaş sınırı:
0+
Litres'teki yayın tarihi:
15 ocak 2025
Hacim:
53 s. 6 illüstrasyon
ISBN:
4064066306588
Yayıncı:
Telif hakkı:
Bookwire
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