Kitabı oku: «Remarques sur la technique de quelques peintres provençaux»
Ferdinand Servian
Remarques sur la technique de quelques peintres provençaux
J.-A. Constantin, Marius Granet, Camille Roqueplan, Honoré Daumier, Émile Loubon, Gustave Ricard, Adolphe Monticelli, Stanislas Torrents

Publié par Good Press, 2022
EAN 4064066333911
Table des matières
I
II
III
IV
V
VI
VII
VIII
CONCLUSION

I
Table des matières
J.-A. CONSTANTIN
(1756-1844)
Marseille et Aix font époque dans l’histoire de l’art provençal. Dans la première de ces deux villes naquit Constantin et mourut Loubon, tandis que la seconde vit naître Loubon et mourir Constantin.
La facture de Constantin , peintre, quoique solide, ne présente aucune particularité susceptible d’être analysée. Il procédait généralement de la manière des classiques, par touches fondues et noyées dans une tonalité homogène. Les tableaux des musées d’Aix, de Marseille et d’Avignon donnent une idée assez exacte du faire de Constantin qui fut représenté dans des collections de grands personnages. Son œuvre pictural est restreint et dénote une certaine inexpérience en ce qui concerne la justesse des tonalités, paraissant voir parfois la nature de sa province à travers des souvenirs d’Italie.
Une collection riche d’œuvres de Constantin montre un torrent inspiré par la Provence, quelque peu conçu dans le goût de Salvator Rosa. C’est un paysage assez curieux, en ce sens qu’au lieu d’être exécuté avec les tons neutres, suivant la coutume de l’artiste, il s’enlève dans une tonalité délicate qui donne l’illusion d’un pastel. Il est revêtu de la signature du paysagiste provençal, ce qui prouve qu’il en fut satisfait, car Constantin signait rarement ses ouvrages .
C’est surtout dans ses dessins — dessins lavés à l’encre de Chine ou au bistre, lavés à l’encre de Chine avec rehauts de sanguine, à la sanguine et au crayon noir, à la plume —, qu’éclate la personnalité de Jean-Antoine Constantin.
L’air, l’eau, le feu, les éléments déchaînés lui ont fourni des thèmes inépuisables. Il est, par excellence, le peintre du mouvement. Nul n’a rendu avec plus de vérité l’action du mistral sur le feuillage.
Il est, par-dessus tout, le peintre du mistral.
L’Orage; le Torrent; l’Incendie de Vérone; la Forêt en feu; sont des titres d’œuvres où se révèlent avec le plus de force les sensations artistiques de Constantin.
Rien de plus mouvementé que ce tableau (ancienne collection Ricard) dans lequel on voit un ballon en flammes, des hommes anxieux, des chevaux qui se cabrent, des arbres qui se contorsionnent, sous un ciel menaçant et profond où court un troupeau de nuages fouettés par le mistral. Malheureusement, la sensation du mouvement ne correspond pas à la nature de la touche dépourvue de vigueur.
Anatomiste des arbres, notamment des arbres ébranchés, ses études à la plume et à la sanguine sont très remarquables et dénoncent le graveur qu’il fût à ses heures.
Dans la plupart de ses compositions, les arbres sont écrasants, même là où ils ne devraient intervenir qu’à l’état d’accessoire, comme le montrent Œdipe et Antigone et Les Ermites.
Il esquissait rapidement, à la mine de plomb, le sujet qui l’avait impressionné, puis il élaborait l’œuvre à la plume ou au pinceau, sans tenir grand compte de la première pensée. Si l’on pouvait pénétrer dans les dessous de ses œuvres, on pourrait voir deux dessins juxtaposés, non superposés, car il considérait l’ébauche au crayon, uniquement comme une aide-mémoire.
Ses dessins lavés au bistre et à l’encre de Chine sont des chefs-d’œuvre. Dans ce genre, il est le premier, en Provence, non seulement de son époque, mais de tous les temps. La mélodie de son clair-obscur est inimitable. La symphonie de ses ombres est pleine de charme. Magicien du gris, ses tons sont argentés et veloutés. On devine le soleil derrière les nuages. Ce ne sont pas des teintes aussi plates que ternes enfermées dans un réseau de lignes froides et sèches. Quoiqu’il eut été professeur de dessin, il avait pour la géométrie une aversion bien marquée. Son dessin est vivant, heurté et expressif, plein de sursauts rythmiques, accusés par les dominantes. Il a des modelés par hachures, des diagonales énergiques, des zigzags fiévreux, des résilles linéaires criblant l’ombre qui lui sont particuliers et qui signent, pour ainsi dire, chacun de ses dessins.
Il tenait son papier toujours humide, de sorte que lorsqu’il revenait à son travail les nouvelles teintes se fondaient avec les anciennes, dût, quelquefois, la facture devenir un peu cotonneuse.
Monticelli qui n’avait sur sa palette que quatre couleurs fut un habile coloriste. Constantin trouva le moyen d’être coloriste en broyant du noir.
D’un petit manuscrit anonyme détachons le passage suivant:
«Agé de près de 80 ans, la hardiesse est toujours la même, son pinceau court sur le papier avec emportement, laissant, ça et là, et comme au hasard, des flots d’encre et des torrents d’eau; la planche n’est qu’un chaos de noir et de blanc, mais aussitôt que l’eau se dessèche on voit apparaître distinctement les touches significatives et les images que l’artiste y a déposées... Le maître de Granet a une grande qualité interdite à nos artistes de la capitale; il est profondément ignorant. Je soutiens que sans une sainte ignorance, on ne peut rien faire dans les arts, pas plus que dans la voie du salut. Le maître de Granet ne sait rien, ne voit rien et ne veut rien voir que de belles campagnes, ce que ne lui permettent plus malheureusement deux jambes rhumatismales».
Il ne faudrait pas exagérer l’ignorance de Constantin qui, après avoir été un des plus brillants lauréats de l’Académie de peinture, de sculpture et d’architecture de Marseille (1773), alla passer trois années à Rome (1778-1781) et devint successivement directeur de l’Ecole de dessin d’Aix (1785-1792) et de celle de Digne (1798-1804). Certes, en bon décentralisateur qu’il était, il demeura insensible aux courants artistiques de la capitale; mais il serait inexact de le considérer comme ayant été uniquement un élève de la nature, un génie inconscient, comme on a osé le dire de Puget.
Pour lui, le dessin était une seconde nature; il était inséparable de sa vie. Aussi, ne faut-il pas s’étonner que ses filles, Mlles Aglaé et Françoise, de même que son fils Sébastien, soient devenus des dessinateurs habiles. Et tel est, dans sa simplicité, le caractère personnel de sa vision, qu’un œil à peine exercé peut reconnaître, tout de suite, un dessin de Constantin.
L’auteur du travail précité dit, ailleurs, avec justesse:
«Cet habile homme sait tirer un parti incroyable d’un procédé assez pauvre en lui-même; il est consommé dans la connaissance de la perspective et de tout ce qui tient à la représentation de la nature inanimée, ainsi que dans les délicatesses de l’exécution; mais ses qualités dominantes sont l’invention et la composition; il est sous ce rapport inépuisable de variété, toujours original, souvent grandiose, quelquefois sublime» .
David, de Marseille, son maître, resta toujours fidèle au style Louis XV. Constantin inaugura une atmosphère provençale, ouvrant la voie à Granet et à Loubon qui furent suivis, eux-mêmes, par Engalière, Guigou, Aiguier et la pléiade contemporaine.
Bien qu’il se soit complu à représenter la campagne romaine et des scènes de la mythologie, il a été le premier à regarder en face la nature provençale qu’il a introduite dans son œuvre, grâce à sa fidélité au sol natal . Avant lui, Joseph Vernet s’était laissé impressionner par la Provence, notamment par Marseille, mais ses œuvres, circonscrites à la marine, sont souvent impersonnelles et toujours systématiques.
Pour être véritablement personnel, un artiste doit être de son temps et de son pays.
La Fontaine de Vaucluse; la Foire en Provence; le Lancement d’une Montgolfière à Aix; la Vallée de Saint-Pons; la Vallée de l’Arc; le Château Borély; la Bastide; la Moisson en Provence; Intérieur de ferme; Vue prise de la Barben; le Pont de Saint-Chamas; le Lavoir; Environs d’Aix; Vues de Digne témoignent de cette tendance de Constantin qui a été, en quelque sorte, le père du paysage provençal.
L’Ecole provençale n’existera réellement qu’à partir du jour où les artistes puiseront leur inspiration aux sources vives de leur petite patrie et où ils cesseront d’aller demander à la capitale la consécration de leur talent.
De même que Constantin vécut pendant 44 ans au XVIIIe siècle et pendant le même nombre d’années au XIXe siècle, de même, il partagea sa vie artistique en deux parties distinctes, l’une consacrée à l’étude du passé, l’autre à l’étude du présent et de l’avenir.


II
Table des matières
MARIUS GRANET
(1775-1849)
La vie et les œuvres de Granet sont connues, mais il y a place pour une page concernant son procédé pictural et les intentions morales de son pinceau.
Le dessinateur se souvint toujours de son premier maître, car ses dessins lavés à l’encre de Chine et de bistre rappellent assez exactement la manière de Constantin. Le peintre s’efforça d’atteindre au style, comme David, chez qui il avait étudié, mais il ne songea ni à la mythologie, ni à l’histoire ancienne, préférant prendre ses sujets dans la vie intellectuelle du Moyen Age, de la Renaissance et des temps modernes. Nombre d’artistes ont été mis en scène dans ses tableaux, tels: Le peintre Sodoma porté à l’hôpital; Bernardo Strozzi, peintre et moine faisant le portrait du général de son ordre; Le Padre Pozzo, de la Compagnie de Jésus peignant parmi les religieux; Stella dans sa prison; Le Dominiquin chez le cardinal Aldobrandini; La mort du Poussin, dont il a su tirer des effets saisissants et rendre la beauté optique de la pensée. Le Dominiquin chez le cardinal Aldobrandini était considéré par Thiers comme l’œuvre la plus parfaite au point de vue de la luminosité.
Sa tendance à instruire se manifeste dans presque toutes ses œuvres et il ne craint pas d’oublier les règles élémentaires de son art lorsqu’il s’agit de donner un détail qu’il juge intéressant et c’est ainsi que dans son tableau ayant pour titre: La célébration de la messe à Notre-Dame de Bon-Secours (1846), on peut lire l’inscription du maître-autel, malgré la petite dimension des personnages. Quant aux tableaux: Godefroy de Bouillon dépose dans l’église du Saint-Sépulcre les trophées d’Ascalon et Chapitre de l’ordre du Temple tenu à Paris en 1147 (Musée de Versailles), ils ne sont autres que des pages d’histoire, mises au service des yeux autant que de l’esprit, comme aussi Saint Louis délivrant des prisonniers français à Damiette.
L’Italie fut pour lui une seconde patrie, et Rome, notamment, lui a fourni des thèmes inépuisables. Ingres a eu raison de le représenter, à l’âge de 30 ans, au moment où sa Vue intérieure du Colisée, commence à appeler l’attention sur lui. On le voit en marche, un cartable sous le bras , en quête d’impressions, la prunelle enflammée, le corps se détachant sur un fond de monuments et de maisons de l’a Ville Eternelle . Granet, d’ailleurs, a cherché à perpétuer son amour pour Rome en instituant une rente de 1.500 francs, afin d’entretenir un jeune Aixois dans cette ville. Il a voulu ainsi faire passer dans l’âme de jeunes compatriotes les émotions qui avaient bouleversé la sienne à l’aspect des grands spectacles de l’art.
Sa maison de campagne à Malvallat (Les Granettes) avait été aménagée à la romaine. On y accédait par un élégant escalier, et le portail était flanqué de deux pieds droits surmontés de deux jarres formant urnes. C’est ce que l’on aurait pu appeler un style italoprovençal.
Par le choix des sujets, il ne fut, du moins d’une manière générale, ni de son pays, ni de son époque, car ce sont surtout les cloîtres du Moyen Age, les aqueducs, les villas célèbres, les fabriques, les monuments antiques, les temples, les ruines, les cascatelles, tous ces témoins du passé qui, en Italie, ont plus particulièrement attiré sa vision et sollicité son pinceau.
Dans certaines œuvres inédites, il a fait preuve d’une sensibilité extrêmement aiguisée en interprétant la nature en poète subtil, soit qu’il eut été impressionné par les paysagistes de l’école de 1830, soit qu’il eut voulu réagir contre son propre système. Mais il commençait à vieillir et il demeura fidèle à la marque de fabrique par laquelle il devait passer à la postérité. Ses œuvrettes sont demeurées à l’état d’exception, comme certaines petites compositions d’un caractère amusant (non divulguées) mettant en scène des ecclésiastiques...
Qui le croirait? Un effet de neige par Granet donne comme un frisson d’impressionnisme. Il a été réaliste à ses heures. Alors il prend ses sujets autour de lui.
Je me souviens avoir vu une toile représentant la cour d’un cloître très lumineux. Un capucin est sur le pas de la porte. Un autre, venant du dehors, prend de l’eau bénite dans une conque qui s’arrondit sur le mur. Tous deux regardent ce mur derrière lequel rien ne semble se passer. Quelques jours après, le décor avait changé. Une main sagace venait de faire s’écrouler la partie inférieure du mur, à l’aide de l’alcool (qui ne commet pas toujours des méfaits) et, à cette même place, apparaissaient des poules picorant sous les flots d’une lumière aveuglante.
La cour se transformait ainsi en basse-cour; une main ennemie du réalisme avait fait disparaître la lumière, une main amie de la vérité l’avait rétablie.
Un vrai faux Granet!
Cependant, la Provence a été pour lui, de loin en loin, une source d’inspiration. On lui doit un Nostradamus donnant des consultations; le Cloître de Saint-Sauveur, à Aix, et quelques paysages des environs de sa ville natale.
Le musée d’Aix et la collection du marquis de Forbin La Barben possèdent deux peintures représentant la campagne de Granet au Malvallat. On peut citer la Récolte des Citrouilles; la Campagne d’Aix; Environs d’Aix; le Mont de Sainte Victoire; Cour de ferme; la Maison de campagne de Granet au Malvallat et, parmi les dessins, Vue panoramique de la ville d’Aix; plusieurs Vues de Valmousse, près de Lambesc; Au Tholonet; Intérieur du Cloître de Saint-Trophime, etc.
Quelques paysages exécutés à Rome ressemblent à ceux que Corot peignit en Italie. Le vieil artiste subit-il l’influence du jeune? J’incline à le croire . Granet fut un fervent de la langue provençale, mais la Provence n’inspira pas souvent son pinceau.
De tous ses ouvrages c’est le Chœur des Capucins, acheté par la reine Caroline, qui obtint le plus de succès. Il mit le comble à sa réputation. Aussi, crut-il le répéter à l’envi, oubliant qu’en art une sensation ne peut pas être revécue.
Comme les grands producteurs, il a été inégal et a puisé autant dans ses souvenirs que dans le livre toujours vivant de la nature. Ainsi pour son Intérieur de la Basilique basse de Saint François, il alla passer plusieurs mois à Assise. Le permanent s’allie au passager, la rigidité de l’architecture ogivale, au pittoresque des détails, et le réalisme se manifeste sous la forme d’un personnage à quatre pattes tenu en laisse, au milieu de l’église, non loin d’un paysan ayant à ses côtés une guitare, parmi des femmes agenouillées, tandis que le prêtre dit solennellement la messe. Un esprit moins systématique a présidé à l’élaboration de cette œuvre, une des plus importantes de Granet.
Ce tableau obtint un succès énorme à Rome.
Un auteur italien, le Père Domenico Bruschelli, dans une étude publiée dans cette ville, en 1822, après avoir fait un éloge extrêmement pompeux de l’œuvre et du Cérébrimo signor Granet, conclut en ces termes:
«D’altronde il farlo sarebbe stato superfluo: giacché l’autore é notissimo ad ogni genere di Persone sapienti, e forma per esso l’élogio maggiore di.tutti quanti gli elogi l’applauso universale di Roma Capitale del mondo, e di un numero assai grande di culti ed intendentissimi forestieri, i quali han mostrata et mostrano giornalmente la lor sorpresa, nel fare analisi ad una tela, contanta arte ed industria mirabilmente perfezionata».
Dans un autre ordre d’idées, la crypte de l’église Sainte Irénée, à Lyon , peut passer pour une de ses meilleures toiles (Collection du marquis de Forbin La Barben).
Architecturiste impénitent, Granet annoblit les plus humbles demeures. On ne se croirait pas dans une boulangerie en examinant sa composition ayant pour titre: La Fornarina, car cette boutique a des allures d’église, avec ses voûtes à pénétration, son énorme pilier devant lequel Raphaël et la Fornarina semblent prier. N’était le four qui dessine son demi-cercle, l’illusion serait complète .
Ce classique aux vues larges fut un artiste d’avant-garde, un éclaireur, j’ose dire, puisque, l’un des premiers, il s’attacha à résoudre picturalement le problème de la lumière. Il entrebâilla la porte aux impressionnistes, mais ne s’engagea pas dans leur voie, demeurant, avant tout, le peintre des intérieurs, non des extérieurs, du plein air, comme nous disons aujourd’hui. La vibration du soleil, la palpitation des reflets, l’incessante circulation des fluides, la féerie des crépuscules, toutes ces apothéoses de la lumière ne trouvèrent pas un traducteur en Granet qui s’ingénia à produire les effets lumineux, à l’aide d’oppositions savantes plutôt que par la décomposition du ton. Il aimait le soleil et se plaisait à répéter qu’il voulait en être le peintre.
Il existe un tableau Intérieur d’église conçu dans une tonalité blonde que traverse un rayon de soleil impalpable, donnant l’illusion de la réalité. Il appartenait à un provençal de peindre ce rayon de soleil qui restera pour lui comme un rayon de gloire.
En général, la lumière se réfugie sous les voûtes d’un cloître ou entre les murs d’un appartement, filtrant par les soupiraux et les fenêtres, entrant par les portes, lorsqu’elle ne provient pas d’un flambeau, d’un cierge ou d’une lampe, tantôt en gerbes, tantôt assoupie, tantôt ourlant les contours des personnages. A Aix, dans sa campagne du Malvallat, aujourd’hui transformée en école, il avait ménagé dans les caves et les cuisines des soupiraux et des carreaux, combinant ainsi des feux et des courants de lumière. Il est telle œuvre où la lumière naturelle est mêlée à la lumière artificielle, où les clartés du jour luttent avec les flammes d’un luminaire pour former des effets troublants.
Nul n’a poussé plus loin l’étendue de la perspective. Elle creuse la toile à l’infini. L’illusion est complète. Sur une toile d’un pan, des kilomètres courent rectilignes. La lumière ne bondit pas, elle est distribuée d’une manière précise. Cette lumière est-elle toujours distribuée en conformité des lois de la nature? Parfois, non, souvent, oui, et dans ce dernier cas il a toute la sincérité et l’esprit d’observation d’un petit maître hollandais.
Thoré, toujours impitoyable envers les classiques, lui décocha des phrases dans le goût de celle-ci:
«M. Granet a stéréotypé des papiers peints» et trouve sa couleur jaunâtre et fausse, tandis que Thiers, conservateur en art, comme en toutes choses, trouve que tout est pour le mieux dans l’œuvre du maître provençal. Ecoutons-le:
«Ce qu’il faut admirer chez M. Granet, autant que la distribution de la lumière, c’est l’extrême vérité de la couleur, et ce qu’on peut appeler la vigueur du ton. La localité des nuances est rendue avec une surprenante fidélité, et jamais on ne trouve dans son tableau, ni des tons salis par des mélanges, ni une enluminure de reflets. M. Granet peint, si l’on peut dire, avec des espèces de teintes plates qui s’étendent souvent sur une grande surface, sans aucun mélange et avec une telle uniformité de couleur et d’ombre, qu’aucun peintre n’oserait hasarder d’en faire autant, de peur d’être monotone ou froid. M. Granet, au contraire, avec ce moyen, est simple et vigoureux et vrai».
Ücretsiz ön izlemeyi tamamladınız.