Kitabı oku: «La Corse et son recrutement : études historiques, statistiques et médicales»

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François-Marie Costa de Bastelica

La Corse et son recrutement : études historiques, statistiques et médicales


Publié par Good Press, 2022

goodpress@okpublishing.info

EAN 4064066320263

Table des matières

AVANT-PROPOS.

PREMIÈRE PARTIE

PREMIÈRE PÉRIODE.

DEUXIÈME PÉRIODE.

TROISIÈME PÉRIODE.

QUATRIÈME PÉRIODE.

DEUXIÈME PARTIE

CHAPITRE PREMIER.

CHAPITRE II.

CHAPITRE III.

CHAPITRE IV.

CHAPITRE V.

CHAPITRE VI.

CHAPITRE VII.

CHAPITRE VIII.

CHAPITRE IX.

CHAPITRE X.

TROISIÈME PARTIE

I

II

III.


A MONSIEUR

Le Baron H. LARREY

Dr COSTA (DE BASTELICA).

AVANT-PROPOS.

Table des matières

«La comparaison par maladies des moyennes générales d’exemptions avec les moyennes particulières de chaque région, donnerait le tableau le plus exact de l’aptitude physique des populations de la France.»

(Du Recrutement de l’armée, par le baron H. LARREY . )

Grâce aux travaux de notre regretté et savant maître, M. Boudin, qu’il faudra toujours consulter quand il s’agira du recrutement de l’armée, nous possédons déjà pour la France entière les moyennes générales des exemptions dont parle M. le baron H. Larrey. Quant aux moyennes particulières de chaque région, elles n’existent que pour un certain nombre de départements, tels que la Seine, la Seine-et-Marne, l’Aude, la Vendée, la Haute-Loire, le Cher, l’Indre, et nous les devons aux patientes et laborieuses recherches de MM. Goze, Sistach, Allaire, Peruy, Lèques, Mouillié, et surtout à celles de M. H. Bertrand, couronnées, à deux reprises différentes, par l’Académie de médecine.

C’est assez dire toute l’importance que ce corps savant attache à ce genre de recherches.

Nous-même, nous avons publié, en 1866, sur le recrutement du Pas-de-Calais, des études statistiques qui furent accueillies avec une extrême bienveillance par le Conseil de santé et par l’Académie.

Les terribles événements militaires dont nous avons été victimes, et les projets de modifications à l’étude, pour ce qui concerne notre système militaire (car la nouvelle organisation de l’armée, c’est-à-dire sa composition et l’assemblage de ses divers éléments, sont à peine ébauchés), nous engagent à publier aujourd’hui le résultat de nos observations sur le recrutement de la Corse, en attendant qu’il nous soit permis de mettre en ordre les documents que nous avons recueillis, dans une tournée de révision, sur le recrutement dans le département du Nord.

Personne n’ignore que «la statistique, en tant que science des faits naturels, exprimée par des termes numériques, est indispensable, qu’il s’agisse d’asseoir un impôt ou de lever des soldats.

«Elle est nécessaire pour apprécier les progrès d’un pays ou juger de sa décadence, pour proposer ou prendre les mesures nécessaires pour l’arrêter .»

C’est dans cet ordre d’idées que nous avons entrepris ces études sur le recrutement de la Corse, persuadé d’ailleurs que la France ne doit chercher l’explication de ses revers que dans ses propres fautes, et les moyens de les réparer que dans les ressources dont la Providence l’a si largement dotée.

A cette condition, il sera encore vrai de dire que: Dieu protège la France!...

Guagno-les-Bains, le 25 septembre 1872.

Dr COSTA (de Bastelica).

PREMIÈRE PARTIE

Table des matières

Coup d’oeil historique.

«Et n’est-ce pas surtout aux époques de défaillance et

«d’humiliation que les peuples doivent chercher dans le

«souvenir des gloires du passé, des encouragements pour

«l’avenir, des consolations pour le présent et principalement

«des enseignements précieux pour hâter le jour de la réha-

«bilitation ?»

L’histoire de la Corse peut être divisée en quatre périodes bien distinctes:

PREMIÈRE PÉRIODE.

Table des matières

La première période remonte aux âges les plus reculés et finit à la conquête de cette île par les Romains, vers l’an 460 de Rome (260 av. J.-C.). Cette période est naturellement la plus obscure. La plupart des peuples navigateurs de l’antiquité (Phéniciens, Grecs d’Ionie, Tyrrhéniens, Carthaginois, Ibères, Liguriens) passent pour y avoir fondé les premières colonies. «La tradition la plus accréditée, c’est que la Corse a été colonisée par les Phéniciens, qui se seraient en même temps établis en Sardaigne. Ils auraient été conduits dans ces deux îles par un fils de l’Hercule conquérant de l’Espagne et de l’Italie .»

Hérodote (liv. I, § 165) nous apprend que les habitants de Phocée, en Ionie, fuyant les armes de Cyrus, abandonnèrent leur pays, vers l’an 562 av. J.-C. et qu’après avoir essayé inutilement de s’établir dans les îles Œnuses, ils cherchèrent un refuge dans l’île de Cyrnos, où vingt ans auparavant, pour obéir à un oracle, ils avaient fait passer une colonie et fondé la ville d’Alalia (Aleria).

Suivant Diodore de Sicile, qui florissait vers l’an 44 av. J.-C., les Tyrrhéniens étaient maîtres de la Corse vers le milieu du Ve siècle, à l’époque où les Syracusains ruinèrent leur marine. Diodore représente l’île comme montagneuse et couverte de forêts , peu abondante en cours d’eau d’une certaine importance, mais pourtant riche en produits naturels, et habitée par des indigènes dont il vante la droiture, l’humanité et surtout l’esprit de justice. «Les esclaves que l’on tire de là sont les meilleurs esclaves du monde.....

«Les habitants se nourrissent de miel, de lait, de viande que le pays leur fournit largement. Ils observent entre eux les règles de la justice et de l’humanité avec plus d’exactitude que les autres barbares. Le même esprit d’équité paraît les conduire dans toutes les rencontres de la vie.»

Strabon, qui écrivait un demi-siècle après Diodore, nous a laissé, au contraire, un affreux tableau de la Corse et de ses habitants. Le croirait-on? un des principaux griefs de l’illustre géographe contre les montagnards corses, c’est leur répugnance invincible pour l’esclavage.

«L’île est peu peuplée. Le terrain y est âpre et généralement d’un difficile accès. Les montagnards corses vivent de brigandages... Ils sont plus sauvages que les bêtes mêmes... Toutes les fois qu’un général romain, après s’être avancé dans l’intérieur des terres et y avoir surpris quelque fort, ramène à Rome une certaine quantité d’esclaves, c’est un spectacle singulier que de voir leur férocité et leur stupidité. Ou ils dédaignent de vivre, ou ils restent dans une insensibilité absolue; ils fatiguent leurs maîtres et font bientôt regretter la somme, quelque petite qu’elle soit, qu’ils ont coûté...»

«On voit, dit Robiquet, qu’il y a opposition complète entre les deux tableaux...

«Strabon parle des prisonniers faits dans l’intérieur du pays, des montagnards idolâtres de la liberté. Les premiers esclaves faits en Corse habitaient sans doute les parties les plus voisines des côtes; leur commerce et leur mélange avec les étrangers avaient dû leur donner des mœurs bien différentes de celles des habitants des hautes montagnes, des vrais Corses... On trouverait encore parmi les derniers beaucoup d’hommes qui préféreraient la mort à l’esclavage ...

Ils pouvaient être justes entre eux et piller les Romains, leurs ennemis, les ennemis de leur liberté .»

Sénèque le philosophe n’est guère plus flatteur que Strabon, dont il semble emprunter le pinceau, dans ses appréciations sur la Corse et ses habitants. Relégué, sous le règne de Claude, à la suite d’une intrigue de cour, sur un rocher du cap Corse, et enfermé dans une tour qui porte encore son nom; aigri par les souffrances et par les privations d’un long et douloureux exil, et peut-être aussi par le châtiment que les femmes du cap infligèrent, dit-on, à son libertinage, le futur précepteur de Néron ne craignit pas de calomnier le pays et ses habitants, sans doute «afin d’intéresser les Romains en sa faveur et de rentrer en grâce à la cour impériale». Toutefois son opinion touchant l’origine du peuple corse est intéressante à connaître.

«L’île où je demeure a souvent changé d’habitants. Sans parler de l’antiquité, enveloppée dans la nuit des temps, je me bornerai à dire que les Grecs établis aujourd’hui à Marseille s’arrêtèrent d’abord dans cette île, après qu’ils eurent quitté Phocée. Les motifs de leur départ sont incertains: peut-être sont-ils dus à l’insalubrité du climat, aux progrès de la puissance italienne, à la pénurie de bons mouillages; mais on ne saurait les attribuer à la férocité des indigènes, puisque, en quittant la Corse, les Phocéens passèrent au milieu des peuplades les plus grossières et les plus sauvages de la Gaule...

«Aux Phocéens succédèrent les Liguriens , puis les Ibères, comme on peut s’en convaincre en étudiant les coutumes, l’habillement et la langue des habitants .»

Ainsi un premier fait historique bien avéré, c’est l’arrivée en Corse des Grecs d’Ionie, fondateurs d’Alalia (Aleria), qui tomba plus tard au pouvoir des Étrusques. En effet, nous savons par Diodore de Sicile que les Étrusques étaient maîtres de la Corse vers le milieu du Ve siècle avant l’ère vulgaire. «Il y a, dit-il, en Corse deux villes remarquables: Calaris (Alalia?) et Nicœa: Calaris, fondée par les Grecs d’Ionie, qui, après un assez long séjour dans cette île, en furent chassés par les Tyrrhéniens; Nicœa, qui fut bâtie par les soins des Tyrrhéniens après qu’ils eurent conquis l’empire des mers.»

Quant aux Carthaginois, «tout porte à croire qu’ils eurent en Corse des comptoirs, s’ils n’y dominèrent point en maîtres, comme en Sardaigne.» (Marmocchi.)

En effet, Polybe nous apprend qu’ils s’étaient emparés de toutes les îles des mers de Sardaigne et de Toscane quelque temps avant les guerres puniques.

Pomponius Mela, qui écrivait peu d’années après Strabon, va plus loin; il admet que les habitants de l’intérieur de l’île étaient d’origine carthaginoise, tandis que Pausanias, dans sa géographie phocéenne, les désigne sous le nom de Libyens indigènes . Les écrivains nationaux Jean de la Grossa, P. Cyrnœus, Filippini, Limperani et cent autres après eux, ne font que répéter ou commenter les récits et quelquefois les fables plus ou moins ingénieuses des auteurs anciens, touchant l’origine du peuple corse. Nous ne nous y arrêterons pas davantage.

En résumé, de l’examen rétrospectif qui précède, il résulte à l’évidence que la plupart des peuples navigateurs de l’antiquité, qui se disputaient la prépondérance dans la Méditerranée, ont dû avoir, dès les temps les plus reculés, des représentants dans une île que sa position géographique rendait si importante au point de vue commercial et militaire; mais rien ne prouve que ces premières colonies n’aient trouvé en Corse des habitants aborigènes ou autochthones. En effet, la Corse étant, au dire des géologues, une des terres européennes émergées des premières de l’Océan primitif, a dû être peuplée de fort bonne heure, s’il est vrai que l’espèce humaine, loin de descendre d’un couple unique, couvrait la terre dès l’origine sous forme de peuplades, comme la science moderne tend à le démontrer .

DEUXIÈME PÉRIODE.

Table des matières

An 260 avant J.-C., 460 de Rome.

Cette période commence avec la conquête de la Corse par les Romains et finit à la chute de leur Empire. Entreprise sous la conduite du consul L. C. Scipion, pendant le cours de la première guerre punique (an 494 de Rome), poursuivie avec des alternatives de revers et de succès par C. Lic: Varus, Cl. Glycias, Spurius Carvilius, C. Papirius, C. Servilius, M. Pinarius, C. Cicereius, cette conquête ne fut menée à bon terme que par Juventius Thalna, qui obtint les honneurs du triomphe, et par Scipion Nasica, après une lutte qui dura plus d’un siècle, et pendant laquelle les légions romaines subirent plus d’un affront, toutes les fois qu’elles essayèrent de pénétrer dans l’intérieur du pays .

Attaqués sans motifs , les féroces indigènes dont parle Sénèque se défendirent, un siècle durant, avec l’énergie du désespoir; mais à la longue la discipline romaine finit par triompher de leur courage, et les insulaires, faisant de nécessité vertu, se soumirent à la loi du vainqueur, qui les faisait entrer comme alliés dans la confédération des peuples latins, c’est-à-dire que, tout en payant un tribut, ils étaient libres de se régir par leurs propres lois .

Bientôt l’influence romaine, qui apportait partout son contingent au progrès, ne tarda pas à inaugurer en Corse une ère de prospérité inconnue jusqu’alors, et qu’elle n’a jamais atteinte depuis. Pline l’Ancien, qui florissait vers le milieu du premier siècle de notre ère, signale, dans notre île, l’existence de 33 villes (civitates) et de plusieurs colonies florissantes .

Ptolémée, qui vivait vers l’an 138 de notre ère, indique le nom et la position géographique de 27 villes dont 13 étaient situées sur la côte et 14 dans l’intérieur de l’île. En un mot, la Corse était devenue une province romaine; ses habitants adoptèrent peu à peu les mœurs, les coutumes, la langue du vainqueur, et s’identifièrent avec lui de telle sorte que l’élément romain, en dépit des vicissitudes ultérieures, constitue, même de nos jours, le fond indélébile du caractère nationale .

Plus tard, dans les terribles bouleversements des premiers siècles du moyen âge, la Corse ouvrait son sein à un grand nombre de fugitifs italiens qui reculaient devant les invasions des barbares du Nord. C’est au milieu de ses rochers et de ses forêts que sont venus se réfugier, comme dans un asile impénétrable, les derniers partisans de l’Empire romain.

TROISIÈME PÉRIODE.

Table des matières

Depuis la chute de l’Empire romain jusqu’à l’établissement des Génois en Corse (476 à 1347).

«Pendant cette longue période, la Corse eut à subir le contre-coup des malheurs sans fin qui résultèrent, pour l’Occident, de la décadence et de la dernière catastrophe de l’Empire romain.» Tous les fléaux qui arrêtent le développement d’une nation et entravent sa marche vers le progrès, — guerres civiles et étrangères, invasions, peste, famine, — fondirent sur elle, au souffle des tempêtes déchaînées par les hordes du septentrion. Vandales (457), Goths (567), Lombards, Byzantins, l’envahissent et la désolent à tour de rôle. Puis viennent les incursions des Sarrasins (713 à 810), qui sèment partout la dévastation et la ruine. Cet état de choses ne fit qu’empirer après la mort de Charlemagne (814), dont les pâles successeurs précipitèrent le naufrage de la puissance française en Italie. Alors aux désastres des invasions étrangères viennent s’ajouter les horreurs des guerres intestines, suscitées par l’ambition des seigneurs, ou barons du pays, en lutte permanente les uns contre les autres et contre leurs vassaux révoltés. Ces barons étaient pour la plupart les descendants des guerriers venus, dit-on, en Corse du temps de Charlemagne, pour combattre les Sarrasins sous la conduite d’un noble seigneur romain, le fameux Hugues Colonna . Ces barons, s’étant ainsi procuré des châteaux forts, des domaines et des titres féodaux, furent la souche de tous ces petits tyrans qui, faisant de leurs manoirs des places de guerre, et de leurs domaines des champs de bataille et de rapine, dominèrent en Corse jusqu’au commencement du Xe siècle et la remplirent d’agitations et de ruines.

«Rien de plus triste à lire que les pages où Jean de la Grossa raconte les luttes intestines, les guerres sans motifs, les trahisons infâmes, les cruautés inouïes qui eurent lieu pendant deux siècles entre ces seigneurs .» Profitant de l’état d’anarchie dans lequel le pays était tombé, déjà le plus puissant d’entre eux, le comte de Cinarca, vainqueur de ses rivaux, s’apprêtait à soumettre l’île entière à sa domination, lorsqu’une diète nationale (premier parlement populaire dont l’histoire corse fasse mention) se réunit à Morosaglia et se donna pour chef le valeureux Sambucuccio d’Alando, en lui confiant la mission de remédier aux maux de la patrie et de châtier l’insolence de ses oppresseurs. Après avoir repoussé dans ses États le seigneur de Cinarca, Sambucuccio songea à établir entre les divers districts de l’île une ligue ou confédération qui devait plus tard servir de modèle aux montagnards suisses. En conséquence, tous les droits seigneuriaux furent abolis et remplacés par un gouvernement populaire, dans toute l’étendue du pays affranchi, qui prit le nom de Terre de commune. «Chaque commune désignait à la pluralité des suffrages un podestat et deux juges ou pères de commune .» Ils étaient chargés de l’administration civile et de la police locale. On les renouvelait tous les ans; mais il était loisible aux électeurs de les maintenir dans leurs fonctions. Un suprême conseil (magistrat des Douze, du nom des 12 districts qui avaient adhéré à la ligue) était élu par eux, avec mission de faire les lois et les règlements. Enfin les pères de la commune choisissaient dans chacun des Etats émancipés un fonctionnaire, une sorte de tribun populaire qui, sous le nom de caporale, devait défendre les intérêts des pauvres et des faibles. Ce fait notable eut lieu au commencement du XIe siècle, en 1007 . «Ces germes une fois implantés dans l’île ne fu- «rent jamais étouffés, mais ils grandirent au milieu des «orages, ils ennoblirent la rude énergie d’un peuple véritable «enfant de la nature, et perpétuèrent un sentiment de patrie «et de liberté sans précédents dans l’histoire; et, à une «époque où tous les peuples civilisés du continent ne con- «naissaient que des formes de gouvernement despotiques, «ils donnèrent à la Corse la possibilité de créer la constitu- «tion de P. Paoli , née bien avant que l’Amérique eût «songé à revendiquer son indépendance et avant que la «France se fut mise en révolution.

«L’île n’eut ni serfs ni esclaves, chaque Corse était

«libre et participait à la vie de la nation par le tran-

«quille fonctionnement de la commune et de l’assemblée

«nationale, ce qui, à part l’amour de la patrie et le senti-

«ment du droit, forme la base de la liberté publique.

«Toute l’Europe les admirait (les Corses) et célébrait

«leur constitution comme le modèle de la liberté natio-

«nale.....

.....

«comme le meilleur monument que la sagesse politique

«ait élévé à elle-même dans le siècle de l’école de l’hu-

«manité.

«Ainsi une petite nation sans culture, sans industrie, et

«abandonnée à ses propres forces avait, dans le recueille-

«ment et le silence, surpassé en sagesse politique tous les

«peuples civilisés de l’Europe. Son gouvernement était

«issu, non de systèmes philosophiques, mais des besoins les

«plus intimes et les plus réels de l’âme humaine .»

La mort de Sambucuccio, arrivée en 1018, releva le courage des seigneurs, et l’anarchie recommença de plus belle. C’est alors que le saint-siége essaya de faire revivre les droits qu’il prétendait tenir de Charlemagne sur la Corse; «mais,

«trouvant les Corses difficiles à maintenir dans l’obéis-

«sance, parce qu’ils ne se laissaient pas entamer par les

«foudres canoniques, les papes s’avisèrent de les vendre,

«et les acheteurs ne manquèrent pas .» Pise et Gênes se mirent sur les rangs. Ce fut là le point de départ de la lutte acharnée qui s’engagea bientôt après entre les deux républiques rivales, lutte qui finit par la défaite des Pisans à la bataille navale de la Meloria (1284) et par l’établissement consécutif des Génois dans l’île de Corse (an 1347).

«Et voilà comment par une porte de derrière, mais, dont

«la clef était d’or, il est vrai, la papauté introduisit les

«Génois dans cette île .»

QUATRIÈME PÉRIODE.

Table des matières

1347 à 1769.

Pendant cette période, qui commence avec l’établissement des Génois en Corse et finit à la réunion de cette île à la France, «la Corse fut un champ de bataille où les Génois, les Aragonais, plusieurs Princes italiens, les Papes, les Rois de France, les Allemands, les Anglais, armant les insulaires les uns contre les autres, les excitaient sans cesse à s’égorger pour savoir à quels maîtres ils appartiendraient .»

Cette période est marquée par l’apparition de deux hommes célèbres qui devaient exercer une influence décisive sur les destinées de leur pays. Le premier en date est Sampiero de Bastelica, plus connu sous le nom de Sampiero Corso, l’implacable ennemi de Gênes la superbe; un des hommes les plus extraordinaires qui aient jamais existé et dont le nom, après 300 ans, excite encore parmi nous l’enthousiasme et, si j’ose dire, l’effroi de l’admiration .

Le second est Pascal Paoli, législateur, diplomate, guerrier, le précurseur de Washington, un homme de Plutarque, l’ornement de son siècle et la gloire de son pays .

«Paoli le dernier héros de cette lutte gigantesque qui a duré quinze siècles, le dernier descendant de cette race de guerriers qui eussent figuré dans l’histoire à côté des Turenne et des Condé, si leurs exploits avaient eu un plus vaste théâtre. Rousseau a dit, en parlant de la Corse: «J’ai quelque pressentiment que cette île étonnera un jour le monde.» Rousseau s’est trompé : elle avait déjà étonné le monde, et ses destinées étaient déjà accomplies, lorsqu’elle lui demanda une constitution; ses jours étaient comptés, la défaite de Ponte Novo devait bientôt la jeter expirante aux pieds du vainqueur .

Mais, vaincue comme nation, la Corse triomphait comme mère de l’idée qui devait présider à l’accomplissement de cette mémorable genèse qui a nom: Révolution française; et comme pour la consoler de sa liberté perdue et clore la série de ses longs malheurs, la Providence réservait à un enfant de cette île la gloire incomparable de faire triompher, peut-être à son insu, les principes de cette immortelle révolution qui devait changer la face du monde et émanciper le genre humain.

DEUXIÈME PARTIE

Table des matières

Topographie.

CHAPITRE PREMIER.

Table des matières

LIMITES, SITUATION, ÉTENDUE, ETC.

Comprise entre le 41e et le 43e degré de latitude septentrionale, et le 6e et le 7e degré de longitude orientale, l’île de Corse est située dans le grand bassin occidental de la Méditerranée, à 11 kilomètres de la Sardaigne, à 180 kilomètres des côtes de France, 85 kilomètres de celles de l’Italie, 450 kilomètres de l’Espagne et 460 kilomètres de l’Afrique française. Très-importante au point de vue politique et militaire , la situation de cette île est exceptionnellement avantageuse sous le rapport des relations commerciales, entravées malheureusement par les obstacles que le fisc et la douane opposent à leur libre développement, ainsi que nous le verrons dans le cours de ce travail.

Forme. — Étendue. — Population. — Description physique.

L’île de Corse a la forme d’une ellipse irrégulière dont le plus grand diamètre est dirigé du nord au midi.

Sa longueur, de l’extrémité du cap Corse aux bouches de Bonifaccio, est d’environ 45 lieues sur 20 de largeur, et sa superficie totale est évaluée à 874,741 hectares. Cette étendue territoriale lui donne le 7e rang parmi les départements de la France, mais sa population clair-semée (259,841 habitants) la rejette au 79e rang. Cette population a néanmoins plus que doublé depuis la conquête, puisque d’après le recensement fait en 1770 elle s’élevait à peine à 119,120 habitants.

«A proprement parler, la Corse n’est qu’un entassement de rochers dont les nombreux chaînons s’élèvent brusquement des bords de la mer, pour aller, vers le centre de l’île, se joindre à une ligne centrale qui court du midi au nord; on la suit sans interruption depuis les croupes arides de Cagna, en face de Bonifacio, jusqu’aux sommets nuageux de Monte Grosso, sur Calvi; dans tout cet espace, elle marche sur une hauteur de 800 à 1400 toises, marquant de loin sa route par les pointes élevées de Coscione, la Capella, Renoso, d’Oro, Rotondo, Pagliorba et Monte-Grosso . «Là même elle se replie à l’est jusqu’aux montagnes de Tenda et d’Asto, où elle tombe sur une branche inférieure de 6 à 700 toises de hauteur, qui vient du cap Corse et va se terminer, par les sommets de San-Pietro et Sauf Angelo, à la vallée de Tavignano. De ces deux lignes de sommets, mais principalement de la première, les eaux des neiges et des pluies, se versant à droite et à gauche, plongent dans les vallons, qui vont, en forme de conques, se perdre à la mer; et si l’on remarque que de ses rivages au comble des monts il n’y a pas quelquefois quatre lieues de ligne droite, et jamais plus de douze; que par conséquent la pente du terrain est excessivement inclinée, on concevra que les eaux s’y précipitent plutôt qu’elles n’y coulent; que leur marche s’y fait par sauts et par bonds; que tantôt, par la fonte des neiges, et par les grandes pluies, elles forment des torrents qui débordent à pleines vallées; et que, tantôt épuisées, elles laissent à sec un lit de pierres et de cailloux; que par ce jeu les terres légères sont emportées, les pentes déchirées, les cimes dénudées, les rochers minés, renversés, et que la nature y présente partout une scène à grands mouvements violents; ajoutez à ce tableau le coloris d’une bande supérieure de sommets neigeux, durant l’hiver, grisâtres l’été ; d’une moyenne région de pentes, tapissée d’arbres et d’arbustes toujours verts, et d’une plage maritime souvent marécageuse, où les eaux s’égarent dans des sables qu’elles n’ont plus la force de rouler: jetez sur ce paysage des blocs de granit, de jaspes roux et gris, des cascades, des sapins, des châtaigniers, des chênes verts, des lentisques, des azéroliers, des myrtes, des bruyères, et vous aurez de la Corse une idée pittoresque aussi juste qu’en puisse procurer le souvenir des objets passés .»

CHAPITRE II.

Table des matières

DIVISIONS PRINCIPALES. — CONFIGURATION DU SOL, ETC.

La Corse peut être comparée à une feuille de chêne aux contours découpés d’un côté, unis du côté opposé ; feuille dont le cap Corse serait le pétiole et dont la nervure représenterait la chaîne centrale qui, dirigée du nord au sud, partage l’île en deux régions bien distinctes (orientale et occidentale) désignées vulgairement sous le nom de pays d’en deçà et pays d’au delà les monts.

Cette comparaison est frappante quand on jette les yeux sur une carte de la Corse renversée. Séparée à bon droit, en 1793, par la Convention nationale en deux départements et en six districts, la Corse ne forme plus aujourd’hui qu’un seul département et cinq arrondissements, savoir: Ajaccio, Bastia, Corte, Calvi et Sartene. Les arrondissements d’Ajaccio et de Sartene, qui embrassent presque tout l’occident et toute la partie méridionale de l’île, forment le delà des monts.

Quoique situé à l’ouest de la grande chaîne, l’arrondissement de Calvi est compris dans le pays d’en deçà des monts avec l’arrondissement de Corte, qui occupe le centre de l’île, et celui de Bastia, qui embrasse tout le nord-ouest et une partie de la côte orientale. Pendant son trajet du nord au midi, la grande chaîne centrale envoie, à droite et à gauche, une multitude de chaînons qui vont, les uns, par une succession de plateaux et de terrasses fort élevés, se perdre dans la mer qui baigne l’île au couchant; tandis que les autres s’inclinent vers la côte orientale, par des pentes plus graduées, ou vont rejoindre la chaîne secondaire qui, partant du cap Corse, vient se terminer à la vallée du Tavignano. Tout l’espace compris entre cette vallée et celle de la Solenzara et entre les pentes orientales de la grande chaîne centrale et la mer Tyrrhénienne, est occupé par la plaine d’Aleria. Comme aux plages romaines dont cette plaine forme le pendant, la mer baigne ici de longues maremmes insalubres que l’absence forcée de l’homme a livrées, depuis des siècles, à la fièvre et à une stérilité toute factice. La nature grasse et limoneuse du sol, venant se joindre au défaut de pente, convertit en marécages la plupart des cours d’eau qui traversent cette plaine, pendant que les montagnes, qui la dominent à l’ouest, neutralisent l’action des vents d’est et de sud-est, qui règnent dans ces parages et produisent des contre-courants qui laissent à peu près sur place les produits miasmatiques du sol, auxquels est due l’insalubrité notoire de cette contrée.

«Il n’y reste personne, et la plus affreuse solitude règne dans toute la plaine, en dépit de sa fécondité et du magnifique ciel bleu qui la couvre. Tous les soirs, au coucher du soleil, une vapeur épaisse et grisâtre s’élève du sein des marais couverts de joncs et de roseaux; elle plane lourdement sur l’horizon et recèle dans ses flancs le principe de ces fièvres intermittentes pernicieuses qui brisent les constitutions les plus robustes quand elles ne donnent pas la mort.

«L’ennemi, qu’on n’a point osé attaquer de front, a gagné du terrain, et la Corse s’est vu mettre au ban de l’Europe, par la négligence de tous les gouvernements à remplir envers elle le premier de tous les devoirs, celui d’assurer la sulubrité de son territoire .

La côte occidentale a aussi des marais situés la plupart aux environs de Saint-Florent, de l’Ile-Rousse, de Calvi, d’Ajaccio, et sur les plages malsaines de Propriano, de la Monacia et de Porto-Vecchio dans l’arrondissement de Sartene. Mais ces marais ne sont nullement comparables, comme étendue, à ceux de la plaine orientale. De plus, grâce à leur élévation et à leur disposition en pentes plus ou moins prononcées, les rivages de la côte occidentale, dentelés, coupés de rades et de golfes et balayés sans cessse par les vents d’ouest et du sud-ouest, jouissent en général d’un climat relativement très-salubre.

Le centre de l’île, qui comprend la plus grande partie de l’arrondissement de Corte, constitue une série de bassins très-resserrés, superposésles uns aux autres, et dont la pente et les ouvertures sont du côté du levant, suivant la direction des torrents qui vont se jeter dans la mer Tyrrhénienne (le Golo, le Tavignano, le Fiumorbo). Le plus vaste et le plus élevé de ces bassins est celui du Niolo, regardé à bon droit comme la citadelle de la Corse, et fermé, presque de tous côtés, par des montagnes inaccessibles, l’Artica, le Tafonato, la Pagliorba, le Capobianco, toute une armée de Titans dont le Monte Cinto est le suzerain .

CHAPITRE III.

Table des matières

CONSTITUTION GÉOLOGIQUE.

Les montagnes de la Corse appartiennent presque toutes aux terrains primordiaux granitoïdes et aux terrains intermédiaires ou de transition. Les premiers occupent toute la partie occidentale et méridionale de l’île. Les seconds comprennent tout le cap Corse et la région orientale. La ligne qui sépare ces deux espèces de terrains, partant de la côte nord-ouest, entre l’Ostriconi et l’Ile-Rousse, va passer un peu à l’ouest de Castifao et de Corte, à l’est de Ghisoni, à l’ouest de Prunelli, et vient se terminer au rivage, entre Porto-Favone et Porto- Vecchio (Robiquet). La roche principale de tout ce terrain intermédiaire ou de transition est le schiste talqueux.

«Il renferme peu de couches subordonnées près des rivages, mais à mesure qu’on monte vers la chaîne centrale, ces couches subordonnées deviennent très-fréquentes. Elles consistent en calcaires généralement d’un gris bleuâtre plus ou moins veinés et saccaroïdes; en talc, en masse, en ollaires, serpentines, euphotides; en calcaire noirâtre semblable au plus ancien des Alpes; en roche de quartz et en feldspath et porphyres» . Gueymard rapporte aux terrains secondaires les grès et les calcaires qui se rencontrent entre le Fiumorbo et Porto-Vecchio.

Les terrains tertiaires ne se rencontrent que sur quelques points, par lambeaux isolés; au fond du golfe de Saint-Florent et au nord de celui de Porto-Vecchio. On en trouve aussi quelques échantillons sur la rive gauche du Golo, près de Volpajola (Jaussin. Mémoire), ainsi que sur le territoire de l’antique Aleria et dans l’espace compris entre Bonifaccio et le golfe de Santa-Manza .

Enfin les plaines de la côte orientale doivent être rapportées aux terrains quaternaires ou d’atterrissement diluvium) qui se confondent avec les terrains modernes formés par les dernières alluvions, depuis que la terre a acquis sa forme actuelle (alluvium).

CHAPITRE IV.

Table des matières

MINÉRALOGIE.

Quoique de nature plutonique, les roches qui composent l’axe géologique des Alpes corses présentent généralement un caractère métamorphique très-remarquable, particulièrement sur le versant oriental de l’île, où l’on rencontre de nombreux gisements de minerais de fer, de cuivre, d’antimoine, de plomb argentifère. Les mines les plus importantes sont:

1° La mine d’antimoine sulfuré située près d’Ersa dans le cap Corse;

2° Les mines de fer d’Olmeta et de Farinole, dans la même province;

3° La mine de manganèse, de Valle d’Alesani;

4° Enfin, la mine de cuivre et de plomb argentifère, située dans la vallée de Luzzipeo, canton de Calenzana, et qui assure déjà de magnifiques revenus à son propriétaire M. Colas.

Mais rien n’égale, au dire des géologues, la richesse de cette île, en matière de roches précieuses, telles que granits, porphyres, marbres statuaires, serpentines, etc. Gueymard, dans son enthousiasme, l’appelle l’Elysée de la belle géologie. «Les pays de Tallano et d’Olmeto possèdent de belles syénites...

«Le granit orbiculaire de Sainte-Lucie et les porphyres globuleux de Galeria, de Girolata et de Curzo sont connus du monde entier...

«La belle formation de porphyre de la vallée du Stagno ne connaît pas de rivale...

«Le jade et le diallage de Stazzona (vert antique), roche unique en son genre, se trouvent dans tous les pays d’Orezza et d’Alesani...» (Gueymard).

Cette roche précieuse forme le plus bel ornement de la chapelle des Médicis à Florence. On sait que le granit oriental qui formait le soubassement de la colonne Vendôme a été tiré des carrières d’Algajola, près de l’Ile-Rousse; mais ce que l’on ignore assez généralement, c’est que les marbres qui décorent la principale loge du nouvel Opéra à Paris (serpentine, vert de mer) sortent des carrières du Bevinco, près de Bastia, et qu’ils ont été achetés par l’entrepreneur comme venant d’Italie (vulgus vult decipi). Voilà assurément des richesses naturelles dont l’exploitation offrirait de grandes ressources à l’industrie moderne, si la France savait ou voulait les utiliser.

CHAPITRE V.

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HYDROLOGIE.

Les plus hautes montagnes de la Corse, telles que le Rotondo, le Renoso, le Campotile, etc., sont couvertes de neige pendant les deux tiers de l’année, et possèdent un certain nombre de lacs et même quelques petits glaciers, réservoirs naturels des sources et des torrents qui, se déversant à droite et à gauche de la grande chaîne centrale, vont porter la fécondité et quelquefois la dévastation dans les vallées et dans les plaines du littoral. Parmi ces cours d’eau, les plus importants sont, dans la région orientale:

Le Golo, le Tavignano, le Fiumorbo. Dans la région occidentale: le Liamone, la Gravone, le Prunelli, le Taravo et le Rizzanese ou Tavaria.

Région de l’est.

Le Golo ( Tovola des Latins) prend sa source à une très-grande hauteur, dans les montagnes de la chaîne centrale, entre la Pagliorba et le Tafonato, et va se jeter dans la mer Tyrrhénienne, au sud de Bastia (Tovolæ fluminis ostia) après un cours de 84 kilomètres; son volume d’eau, grossi de celui de ses deux tributaires, l’Asco et la Tartagine, dépasse 111,000 mètres cubes par minute, même pendant la saison la moins favorable.

Le bassin du Golo comprend quelques vallées littorales, dont les plus importantes sont: sur la rive gauche, la vallée du Bevinco, torrent qui va se perdre dans l’étang de Biguglia; sur la droite, la vallée du Fiumalto, qui se jette directement dans la mer Tyrrhénienne.

Le Tavignano (Rhotanus flumen). — La source principale du Tavignano sort du lac de Nino ou d’Ino dans la montagne de Campotile; reçoit dans son cours la Restonica, le Vecchio, le Corsigliese, le Tagnone, et va se jeter dans la mer près des ruines de l’antique Aleria; son volume d’eau est évalué à 80,000 mètres cubes par minute.

Le Fiumorbo (Hierus flumen) sort des montagnes de la Serra d’Ese, qui sépare le canton de Bastelica de celui de Ghisoni, et il va déboucher également dans la plaine d’Aleria un peu plus au sud que le Tavignano. Les petits torrents de Sainte-Lucie, de l’Oso et du Stabiaccio ou Guardiena qui succèdent, dans cette direction, au Fiumorbo, font partie du bassin du golfe de Portovecchio.

Région de l’ouest.

Le Liamone (Cercidius flumen), qui mérite presque le nom de fleuve à son embouchure, est une grosse rivière qui sort des flancs du Monte Retto un des principaux contre-forts du Campotile, reçoit dans son cours le Grosso, la Castagna et le Cruzini, et vient se jeter dans le golfe de Sagone.

La Liseia et la Sagone, qui arrosent les deux vallées littorales de même nom, méritent à peine d’être mentionnées.

Après le Liamone, les cours d’eau les plus importants de la région occidentale sont, en procédant du sud au nord:

L’Ortolo, qui naît dans les montagnes de Vacca Morta, au-dessus de Sartene, et vient se perdre dans le golfe de Roccapina, après un cours de 28 kilomètres.

Le Rizzanese ou Tavaria (Ticarus flumen) et le Taravo (Pitanus flumen), qui versent leurs eaux dans le golfe de Valinco, après être sortis, le premier, des flancs de l’Incudine, montagne qui domine le canton de Serra, et le second, du col de Verde, au-dessus de Zicavo.

Le petit torrent le Baraci, qui, après avoir arrosé la vallée de ce nom, vient se perdre dans la partie la plus profonde du golfe de Valinco, mérite à peine d’être mentionné.

Le Prunelli et la Gravone, qui descendent tous deux du mont Renoso, arrosent les vallées jumelles de Bastelica et de Bocognano et viennent se perdre dans le golfe d’Ajaccio.

Notons en passant, dans le canton d’Evisa, le petit torrent le Porto, qui donne son nom au golfe dans lequel il vient se jeter.

En Balagne, le Fango et la Sposata, la Ficarella et le Secco, qui aboutissent, les deux premiers au port de Galeria, les deux autres au golfe de Calvi.

Dans cette même région, le Regino et l’Ostriconi, qui arrosent les deux vallées de même nom; et enfin, dans le Nebbio, le torrent l’Aliso (Valerii amnis), qui descend de la gorge de Tenda et vient se perdre, à travers des marais, aujourd’hui desséchés en partie, dans le golfe de Saint-Florent.

Le cap Corse forme une région hydrographique séparée, dont les nombreuses petites vallées sont arrosées par une multitude de ruisseaux, qui ne méritent guère d’être mentionnés, mais dont les industrieux habitants de cette contrée savent tirer un parti merveilleux pour l’irrigation.

Dans les montagnes et les vallées de l’intérieur, les eaux de toute provenance — sources, lacs, torrents — sont vives, limpides, légères et, pour tout dire en un mot, excellentes. Il n’en est pas de même dans la zone maritime, et notamment dans les plaines de la côte orientale; ici les eaux vives font souvent défaut, et quant aux torrents qui descendent des montagnes, nous avons vu que leur cours se ralentit par suite de la faible inclinaison du sol; que les eaux stagnent, se corrompent et contribuent ainsi à la formation des nombreux marais et des étangs dont cette région est semée.

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Yaş sınırı:
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Litres'teki yayın tarihi:
17 ocak 2025
Hacim:
193 s. 73 illüstrasyon
ISBN:
4064066320263
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