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Kitabı oku: «Œuvres complètes de lord Byron, Tome 10», sayfa 18

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Cette dernière circonstance donna naissance à la petite difficulté entre le noble poète et son libraire, à laquelle le billet précédent fait allusion.

À M. MURRAY

Janvier 1814.

«Je répondrai à votre lettre ce soir; en attendant, qu'il me suffise de vous dire qu'il n'y a pas eu de ma part la moindre intention de vous faire de la peine: je voulais seulement rendre service à Dallas, et me disculper de toute accusation possible d'écrire pour autre chose que la gloire. Si je retire quelque profit de ma peine, soyez sûr que je ne l'applique pas à mes propres nécessités, du moins je ne l'ai pas encore fait, et j'espère ne le faire jamais.

»P. S. Je répondrai ce soir et j'arrangerai tout avec Dallas. Je vous remercie de l'estime personnelle que vous me témoignez; soyez sûr que j'en fais le plus grand cas.»

LETTRE CLV

À M. MOORE

6 janvier 1814.

«J'ai sous presse une grande diable d'histoire, en vers alexandrins, intitulée le Corsaire; c'est une île de pirates peuplée de gens sortis de mon cerveau. Vous pouvez aisément supposer que, dans les trois chants, ils se permettent une multitude de petites peccadilles: maintenant je vous dédie ce chef-d'œuvre, si vous voulez bien l'accepter. C'est bien positivement la dernière fois que j'essaie l'opinion littéraire du public, jusqu'à trente ans, si je vis toutefois jusqu'à cet âge où commence la décadence. .......................

»Thomas, vous êtes un homme bien heureux, mais si vous voulez que nous le soyons aussi, il faut venir à Londres, comme vous l'avez fait l'année passée. Nous aurons une foule de choses à dire, à voir et à entendre. Donnez-moi de vos nouvelles.

»P. S. Arrive que pourra, vous êtes sûr de votre dédicace; elle est faite et je la copierai au net ce soir, si quelque affaire ou quelque plaisir ne m'en empêche d'ici là. Amant alterna Camænæ

À M. MURRAY

7 janvier 1814.

«La dédicace ne vous plaît pas, fort bien, en voilà une autre; mais vous enverrez la première à M. Moore, afin qu'il voie bien que je l'avais écrite. Je vous envoie aussi des épigraphes pour chaque chant. Vous conviendrez que si un éléphant peut avoir plus de sagacité, il ne saurait être plus docile que

»Votre, etc.»

BYRON.

»P. S. Le nom est changé de nouveau, ce sera Médora 94.»

Note 94: (retour) C'était d'abord Génèvra et non Francesca, comme le prétend M. Dallas.

LETTRE CLVI

À M. MOORE

8 janvier 1814.

«Comme il ne serait pas juste de vous forcer à accepter une dédicace sans vous en avoir prévenu, je vous en envoie deux; je vais vous dire pourquoi deux. M. Murray, qui se donne quelquefois des airs de critique, ce que je souffre de pur étonnement, prétend que la première pourrait vous faire du tort. Dieu m'en préserve! voilà la seule raison qui me fait l'écouter. Le fait est que c'est un damné tory, et je parierais bien qu'il y a de l'égoïsme au fond de ses objections. C'est l'allusion à l'Irlande qui n'a pas l'avantage de lui convenir; que le diable l'emporte, tout bon homme qu'il soit! Il est vrai que sans cela le diable ne voudrait pas se donner la peine de l'emporter.

»Faites votre choix; il n'y a que Murray et Dallas qui aient vu l'une ou l'autre; Dallas est entièrement de mon avis et préfère la première 95. Pour moi, mon seul but est de donner à vous et au monde un témoignage de l'admiration et de l'estime que j'ai pour vous. En fait de prose, je n'y connais rien; je ne distinguerais pas celle d'Addisson de celle de Johnson: toutefois, j'essaierai de corriger ma cacologie. Voyez, je vous prie, examinez; dans tous les cas, ne prenez en mauvaise part ni l'une ni l'autre dédicace.

Note 95: (retour) La première fut naturellement celle que je préférai. Voici la seconde:

7 janvier 1814.

Mon Cher Moore,

«Je vous avais écrit une longue dédicace que je supprime: elle contenait, il est vrai, sur vous bien des choses que beaucoup de gens eussent été charmés de lire, mais il y en avait trop sur la politique, la poésie, etc.; et elle se terminait par un sujet sur lequel un auteur est toujours trop prolixe, moi-même. J'aurais pu la recommencer; mais à quoi bon? Mes éloges n'eussent rien pu ajouter à votre réputation si brillante et si bien méritée; et quant à ma juste admiration pour vos talens, et aux charmes que je trouve dans votre commerce, ils vous sont suffisamment connus. En profitant de la permission que vous avez bien voulu m'accorder de vous dédier cet ouvrage, j'aurais voulu qu'il fût plus digne de vous être offert, et plus proportionné aux sentimens et à l'estime que je professe pour vous.

»Votre très-affectionné serviteur,»

BYRON.

»Ma dernière épître vous aurait probablement mis à la torture; mais le diable, qui doit être poli dans ces sortes de circonstances, l'a été dans celle-ci et l'a emportée en lieu convenable.

......... ........................

»N'est-ce pas étrange? le sort auquel j'avais dit qu'elle avait échappé avec ***, elle y a succombé avec l'honorable ***. Ne pourrais-je pas élever des prétentions au titre de devin, comme M. Fitzgerald l'a fait dans le Morning-Herald, pour avoir prophétisé la chute de Buonaparte, que, par parenthèse, je ne crois pas encore rendu. Je voudrais qu'il prît le dessus et battît tous vos souverains légitimes; car j'ai une haine mortelle pour toutes, ces royales vieilleries. Mais je m'aperçois que je commence un traité de politique.

»Toujours tout à vous, etc.»

À M. MURRAY

11 janvier 1814.

«Corrigez cette épreuve d'après M. Gifford et le manuscrit, surtout pour la ponctuation. J'ai ajouté quelque chose à Gulnare, pour remplir un peu la scène d'adieux et la renvoyer avec plus de cérémonie. Si vous ou M. Gifford n'en êtes pas content, c'est l'affaire d'un coup d'éponge et d'une demi-nuit mieux employée qu'à bâiller pour miss ***, qui, par parenthèse, pourrait bien me rendre bientôt le compliment.»

Mercredi ou jeudi.

»P. S. Je n'aime pas Mme de Staël, mais soyez convaincu qu'elle bat tous nos auteurs en jupons. Je ne le dirais pas, si je pouvais penser autrement.

»Présentez mes remerciemens à M. Gifford dans les termes les plus propres à lui faire sentir combien je suis pénétré de son obligeance. Je ne veux l'en persécuter de vive voix ni par écrit.»

À M. MOORE

13 janvier 1814.

«Je n'ai qu'un moment pour écrire; mais tout est comme il devait être. Il s'en faut que j'aie dit de vous tout ce que je pense; mais si vous êtes content, cela me suffit. Voulez-vous me renvoyer l'épreuve par la poste? je quitte Londres samedi, et je n'ai pas d'autre copie corrigée. J'ai mis serviteur, comme moins familier dans une lettre publique; car je ne crois pas devoir présumer assez de votre amitié pour négliger les formes reçues. Quant à l'autre mot, soyez sûr que je ne saurais vous l'adresser ou le recevoir de vous trop souvent.

»J'écris dans une agonie de hâte et de confusion. Perdonate

LETTRE CLVII

À M. MURRAY

15 janvier 1814.

«Avant d'envoyer aucune autre épreuve à M. Gifford, il vaudrait autant revoir celle-ci, où il y a des mots omis, des fautes commises, et le diable sait quelles autres bévues! Quant à la dédicace, j'ai retranché la parenthèse de monsieur 96, mais pas un mot n'en bougera plus, si ce n'est pour faire place à un meilleur. M. Moore a vu les deux dédicaces, et décidément il préfère celle que, dans votre accès de bile tory, vous ne pouviez souffrir. Quand chaque syllabe y serait un serpent à sonnettes, chaque lettre une peste ambulante, il n'y sera rien changé. Ceux qui ne peuvent avaler mes expressions sur l'Irlande n'ont qu'à les bien mâcher; que M. Croker s'arme, s'il veut, de toutes pièces contre elles, je ne me soucie d'aucun de vous, excepté M. Gifford; et lui ne m'attaquera que si je le mérite, ce qui m'empêchera de murmurer contre sa justice. Quant aux poésies, dans l'ouvrage de M. Hobhouse, la traduction du Romaïque est assez bien: mais ce qu'il y a de mieux dans l'autre volume, je veux dire de ce qui est à moi, a déjà été imprimé. Faites, après tout, comme il vous plaira; seulement, comme je ne serai pas là quand vous paraîtrez, je vous conjure, vous et M. Dallas, de prendre garde à la correction des épreuves.

Note 96: (retour) Il avait d'abord, après les mots Scott seul, mis entre parenthèse: «Il m'excusera de ne pas dire M. Scott; nous ne disons pas M. César.»(Note de Moore.)

»Tout à vous.»

À M. MURRAY

16 janvier 1814.

«Je crois que Satan n'a jamais créé ou perverti un diable de sot comme votre compositeur 97; je suis obligé de vous envoyer ci-joint la seconde épreuve, heureusement pour moi, corrigée, car il a pour les bévues un génie tout particulier. Imprimez d'après cette seconde épreuve.

Note 97: (retour) Les rages amusantes dans lesquelles le mettaient les fautes des typographes, il leur donnait carrière, non-seulement dans des billets séparés, mais souvent sur les épreuves elles-mêmes. Ainsi, le compositeur ayant mis dans un passage de la Dédicace: «Le plus estimé de ses bandes,» il écrivit en marge, «bardes, et non bandes! Vit-on jamais une faute d'impression si absurde?» Et en corrigeant un vers tronqué: «Ne passez pas de mots; c'est bien assez de les changer et de les mal orthographier.»(Note de Moore.)

»Brûlez l'autre.

«Corrigez aussi celle-ci sur l'autre pour certaines choses qui pourraient m'avoir échappé. Il avait fait une faute telle que je lui eusse certainement cassé les reins si elle fût demeurée.»

LETTRE CLVIII

A M. MURRAY

Newsteadt-Abbey, 22 janvier 1814.

«Vous, apprendrez sans doute avec plaisir que je suis arrivé ici bien portant. Mon retour dépendra du tems, qui est si mauvais que cette lettre aura à traverser autant de neiges que l'empereur en a trouvé dans sa retraite. Les routes sont impraticables, et le retour impossible, quant à présent; ce qui ne m'afflige nullement, car je suis ici fort à mon aise, et j'ai aujourd'hui vingt-six ans, un joli âge, s'il pouvait toujours durer. Notre charbon de terre est excellent, nos cheminées grandes, ma cave bien garnie, et ma tête vide, et puis je ne suis pas encore bien remis de ma joie d'être sorti de Londres. Si quelque chose d'inattendu survenait de la part de mes acquéreurs et que la vente ne tînt pas, je crois que je ne sortirais plus guère d'ici et que je laisserais croître ma barbe.

«J'oubliais à dire, et je crois en effet que je pouvais m'en dispenser; les vers qui commencent par Remember him, etc, ne doivent pas paraître avec le Corsaire. Vous pouvez les glisser parmi les petites pièces nouvellement jointes au Childe-Harold: mais, sous aucun prétexte, ne les accolez au Corsaire. Ayez la bonté de faire bien attention à cette recommandation.

»Les livres que j'ai apportés avec moi me sont d'un grand secours dans ma solitude, et j'en ai acheté d'autres chemin faisant. Enfin, je ne consulte jamais le thermomètre, et ne ferai pas de prières pour le dégel, à moins que je croie qu'il doive être la perte des envahisseurs de la France. A-t-on jamais rien vu de semblable à la proclamation de Blücher?

»Au moment où j'allais quitter Londres, Kemble a eu la politesse de m'engager à écrire une tragédie: je voudrais le pouvoir faire, mais ma rage d'écrire est apaisée; tant mieux, il en était grand tems. Si ma lettre se prolongeait davantage, vous croiriez qu'elle me reprend; ainsi adieu.

»Toujours tout à vous.

BYRON.

»P. S. Si vous apprenez quelque bataille, quelque retraite des alliés, comme ils ont l'effronterie de s'appeler, donnez-m'en avis, je vous prie. Je souhaite de tout mon cœur que les champs de la France s'engraissent du sang de ses envahisseurs. Je hais tous les envahisseurs, et je ne puis supporter de voir ces lâches se glorifier si fort des revers de celui dont le nom suffirait pour les rendre plus pâles que les neiges auxquelles ils doivent leurs triomphes.

»Je rouvre ma lettre pour vous remercier de la vôtre que je reçois à l'instant. Les vers À une dame qui pleure doivent paraître avec le Corsaire; je me soucie peu des conséquences à cet égard. Mes principes politiques sont pour moi, comme une jeune maîtresse à un vieillard; pires ils deviennent plus j'y suis attaché. Puisque M. Gifford aime la traduction de la romance portugaise 98, ajoutez-la aussi, je vous prie, à la suite du Corsaire.

Note 98: (retour) La jolie chanson portugaise, Tu mi chamas, etc. Il essaya de donner de cette idée ingénieuse, une autre traduction, peut-être encore plus heureuse, et qui, je crois n'a jamais été imprimée:

«Vous m'appelez toujours votre vie! Ah! changez ce mot; la vie est passagère comme le soupir de l'inconstant. Appelez-moi plutôt votre ame, ce mot serait plus juste; car l'ame, amie, ne saurait mourir!»

»Dans tous les cas où M. Gifford et M. Dallas ne seraient pas d'accord, suivez toujours l'opinion du premier, faites de même toutes les fois qu'il y aura contestation entre M. Gifford et M. Qui-que-ce-soit. Si je me trompe, je ne saurais qu'y faire; mais j'aimerais mieux, je crois, avoir tort avec lui, que raison avec un autre. Ainsi, voilà qui est convenu. Après toute la peine qu'il s'est donnée pour moi et mes ouvrages, je serais bien ingrat de penser et d'agir autrement. Outre qu'en fait de goût il n'y a personne à qui on le puisse comparer sans lui faire tort. En politique, il se peut qu'il ait aussi raison, mais chez moi, la politique est une affaire de sentiment, et je ne saurais toryfier mon naturel.»

LETTRE CLIX

À M. MURRAY

Newsteadt-Abbey, 4 février 1814.

«Je n'ai pas besoin de dire que votre lettre obligeante m'a été d'autant plus agréable que je l'attendais moins. Je suis certainement charmé que notre final ait plu, et qu'ainsi le rideau tombe avec grâce 99. Vous méritez ce succès, par la promptitude et l'obligeance que vous avez mises dans votre arrangement avec M. Dallas. Je puis vous assurer que je vous ai personnellement beaucoup d'obligations d'avoir pris la chose si fort à cœur et de vous être si fort empressé de m'annoncer le succès. Nous allons maintenant nous quitter, et, je l'espère, satisfaits l'un de l'autre. J'étais et suis encore sérieux dans la promesse consignée dans le Corsaire, de ne plus importuner le public: ce n'est pas une affectation puérile; je suis convaincu que c'est le meilleur parti à prendre, c'est du moins le plus respectueux envers mes lecteurs, puisque c'est leur montrer que je ne m'exposerai pas davantage à perdre, par des ouvrages postérieurs, la faveur avec laquelle les miens ont été accueillis jusqu'à ce jour. J'ajouterai que j'ai d'autres vues, d'autres desseins, et que je tiendrai, je crois, ma résolution, car depuis que je suis ici, quoique j'y sois confiné tantôt par la neige, tantôt par le dégel, que j'aie du papier de toutes les qualités, l'encre la plus sale, et les plumes les plus mauvaises qu'il se puisse imaginer, je n'ai jamais été tenté de les mettre en usage combiné, si ce n'est pour des lettres d'affaires. Ma rage de rimer est presque passée: je suis comme à Patras quand la fièvre m'avait quitté; je me sens faible, mais bien portant et ne craignant rien qu'une rechute. J'espère cependant avec ferveur que je n'en aurai pas.

Note 99: (retour) On se rappellera qu'il avait annoncé le Corsaire, comme le dernier ouvrage qu'il dût donner, au moins de quelques années.

»Je vois dans le Morning-Chronicle qu'il y a eu des discussions dans le Courrier, et je lis dans le Morning-Post une lettre virulente contre M. Moore, où un lecteur protestant prend fort singulièrement l'Inde pour l'Irlande.

»Vous ferez comme il vous plaira quant aux petits poèmes; mais je crois que, si nous les séparions en ce moment du Corsaire, nous aurions l'air d'avoir peur: ce qui, vous me permettrez de le dire, n'aurait rien d'agréable pour moi. J'ai lieu de supposer aussi après que la grande colère de messieurs les journalistes sera un peu calmée, que ces petits poèmes pourront amener un plus grand débit du Corsaire, objet plus important pour vous, ce me semble, qu'une septième édition de Childe-Harold. Du reste, faites comme vous voudrez, pourvu que la disparition de la pièce en question ne m'attire pas le reproche de crainte.

»Présentez, je vous prie, mes complimens respectueux à M. Ward; je fais, comme vous le savez bien, le plus grand cas de l'approbation qu'il veut bien m'accorder. Ce sont les éloges d'hommes tels que lui qui donnent seuls du prix à la renommée. Loin de diminuer, ma reconnaissance pour M. Gifford n'a fait naturellement qu'augmenter. Adieu donc le métier d'auteur.

»J'ai passé mon tems ici à courir sans but ou à dormir; somme toute, je ne m'y suis pas ennuyé. Vous apprendrez sans doute avec plaisir que je suis parvenu à établir dans la forme voulue tous mes titres pour la vente, que mon acquéreur a été obligé d'accepter mes conditions, qu'il les remplit ou les remplira dans peu. Il est ici en ce moment; nous vivons fort bien ensemble, lui dans une aile de l'abbaye, moi dans l'autre, et nous en partons dimanche, moi pour Londres, et lui pour Cheshire.

»Mrs. Leigh est avec moi, fort contente de ce domaine, fort mécontente de ce que je m'en défais, ce dont rien ne la peut consoler, pas même le prix élevé que j'en retire. Votre paquet n'est pas encore arrivé, du moins les Magazines, car j'ai reçu Childe-Harold et le Corsaire. Tous deux paraissent bien imprimés, ce qui me fait beaucoup de plaisir.

»Je vous remercie de désirer me voir à Londres; mais je crois qu'on jouit mieux d'un succès à distance: pour moi, je savoure ici mon importance personnelle, et mon nouveau triomphe avec un égoïsme auquel la solitude ajoute un nouveau charme: le tout sur la foi de votre lettre, dont je vous remercie encore une fois.

»Je suis bien sincèrement, etc.

»P. S. Ne pensez-vous pas que la première publication de Buonaparte coûtera cher aux alliés? La lettre de Paris, publiée hier par Perry, ranime mes espérances. Quelle hydre! quel Briarée! Je voudrais qu'ils fissent la paix; cette guerre n'a pas de fin.»

LETTRE CLX

À M. MURRAY

Newsteadt-Abbey, 5 février 1814.

«J'ai entièrement oublié de vous dire hier, en vous répondant, que je n'ai aucuns moyens de vérifier si ce forban de libraire à Newark s'est, comme vous le dites, permis de réimprimer les Hours of Idleness. S'il l'a fait, c'est un malheureux, un infâme misérable, et si son offense peut être atteinte par les lois ou par le pugilat, il sera mis à l'amende et battu. Essayez de découvrir quelque chose; de mon côté je vais prendre des informations ici. Peut-être quelque autre aura-t-il continué l'impression à Londres, et mis un faux titre.

»Vous avez omis le fac-simile dans Childe-Harold, ce qui fait un effet d'autant plus singulier qu'il y a une note expressément à ce sujet. Replacez-le, je vous prie, comme à l'ordinaire.

»Après y avoir pensé deux et trois fois, je crois qu'en séparant les poésies fugitives du Corsaire, même pour les annexer au Childe-Harold, nous aurions l'air d'avoir peur et de reculer devant tout le bruit que les Torys ont fait pour l'une de ces petites pièces. Remettez-les donc, je vous prie, à la suite du Corsaire. Je suis fâché que le Childe-Harold ait besoin d'un pareil secours pour se soutenir; mais, si vous vous le rappelez, je vous ai dit que sa vogue ne serait pas de longue durée. Il est très-heureux pour un auteur de s'être fait d'avance à l'idée que son succès n'aurait qu'un tems. La vérité est que je ne pense pas qu'aucun des écrivains contemporains, du moins de ceux qui n'ont point flatté l'espèce humaine, doive attendre beaucoup de la postérité. Vous le prendrez peut-être pour de l'affectation; mais le succès de mon nouvel ouvrage et celui des précédens m'ont toujours paru chose fort extraordinaire, étant obtenus en dépit de tant de préjugés. Je crois en vérité que les gens aiment à se voir contredire. Si le Childe-Harold mollit, peut-être ne vaut-il plus la peine que vous fassiez les frais des gravures: comme il vous plaira; je ne me mêle plus de rien, et les vers suivans, composés il y a quelques années, et gravés sur ma coupe taillée dans un crâne humain, sont les derniers dont je vous importunerai de long-tems. S'ils sont de votre goût, ajoutez-les à Childe-Harold, ne fût-ce que pour leur donner une nouvelle occasion de crier. Ma réponse d'hier était si longue que je n'abuserai pas plus long-tems de votre patience, et me contenterai de vous renouveler l'assurance des sentimens avec lesquels je suis

»Votre, etc.

BYRON.

»P. S. En réimprimant, si vous avez occasion, vous prendrez naturellement garder à la correction. Cette édition n'en manque pas, excepté pourtant dans la dernière note au Childe-Harold, où le mot responsible se trouve deux fois répété, très-près l'un de l'autre; changez le second en answerable 100.»

Note 100: (retour) Les deux mots responsible et answerable répondent au mot français responsable, et sont synonymes en anglais, avec cette différence que le premier est plutôt un terme du palais, et le second plus généralement employé dans la conversation usuelle.(N. du Tr.)

À M. MURRAY

Newark, 6 février 1814.

«Me voici arrivé ici, en route pour Londres. Maître Ridge, l'imprimeur en question, convient qu'il a réimprimé quelques feuilles pour compléter un petit nombre d'exemplaires restans. Je lui ai lavé la tête comme il faut, le menaçant, s'il y revient, de le poursuivre en contrefaçon, en dommages et intérêts, etc; j'en ai le pouvoir, n'ayant jamais aliéné mon droit de propriété; enfin de lui faire éprouver tous les désagrémens que mérite son mauvais procédé. Si le tems ne se gâte pas de nouveau, j'espère être en ville demain ou après.

»Tout à vous, etc.»

À M. MURRAY

7 février 1814.

........................

«Ces huit vers ont mis tous les journaux singulièrement en émoi, particulièrement le Morning-Post, qui a découvert que je suis une sorte de Richard III, difforme d'esprit et de corps. Cette dernière injure n'a rien de nouveau pour un homme qui a passé cinq ans dans une école publique.

»Je suis réellement fâché que vous ayez retranché ces vers pour les mettre à la suite du Childe-Harold; reportez-les, je vous prie, à leur ancienne place, à la fin du Corsaire

Yaş sınırı:
12+
Litres'teki yayın tarihi:
25 haziran 2017
Hacim:
412 s. 4 illüstrasyon
Tercüman:
Telif hakkı:
Public Domain