Kitabı oku: «Милый друг. Уровень 1 / Bel-Ami», sayfa 2

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Ils arrivèrent au boulevard Poissonnière, devant une grande porte vitrée, derrière laquelle un journal ouvert était collé sur les deux faces. Trois personnes arrêtées le lisaient.

Au-dessus de la porte s'étalait, comme un appel, en grandes lettres de feu dessinées par des flammes de gaz:La Vie Française.

Forestier poussa cette porte: «Entre», dit-il. Duroy entra, monta un escalier luxueux et sale que toute la rue voyait, parvint dans une antichambre.

– Assieds-toi, dit Forestier, je reviens dans cinq minutes.

Et il disparut par une des trois sorties qui donnaient dans ce cabinet.

Duroy demeurait immobile, un peu intimidé, surpris surtout. De temps en temps des hommes passaient devant lui, en courant, entrés par une porte et partis par l'autre avant qu'il eût le temps de les regarder. C'étaient tantôt des jeunes gens, très jeunes, l'air affairé, et tenant à la main une feuille de papier qui palpitait au vent de leur course; tantôt des ouvriers compositeurs, et ils portaient avec précaution des bandes de papier imprimé, des épreuves fraîches, tout humides3. D'autres encore arrivaient, graves, importants, coiffés de hauts chapeaux à bords plats, comme si cette forme les eût distingués du reste des hommes.

Dès que Forestier finit ses affaires de travail, ils allèrent au Napolitain pour boir un peu ensemble et bavarder davantage.

Forestier cria: «Deux bocks!» et il avala le sien d'un seul trait, tandis que Duroy buvait la bière à lentes gorgées, la savourant et la dégustant4, comme une chose précieuse et rare.

Son compagnon se taisait, semblait réfléchir, puis tout à coup:

– Pourquoi n'essaierais-tu pas du journalisme?

L'autre, surpris, le regarda; puis il dit:

– Mais… c'est que… je n'ai jamais rien écrit.

– Bah! on essaie, on commence. Moi, je pourrais t'employer à aller me chercher des renseignements, à faire des démarches et des visites. Tu aurais, au début, deux cent cinquante francs et tes voitures payées. Veux-tu que j'en parle au directeur?

– Mais certainement que je veux bien,

– Alors, fais une chose, viens dîner chez moi demain; j'ai cinq ou six personnes seulement, le patron, M. Walter, sa femme, Jacques Rival et Norbert de Varenne, que tu viens de voir, plus une amie de Mme Forestier. Est-ce entendu?

Duroy hésitait, rougissant, perplexe. Il murmura enfin:

– C'est que… je n'ai pas de tenue convenable.

Forestier fut stupéfait. C'était une chose indispensable à Paris, il déclara qu'il vaudrait mieux n'avoir pas de lit que pas d'habit. Et il donna à Duroy deux louis pour en acheter les vêtements comme il fallait.

Les amis décidèrent de flâner encore un peu. Et ils se remirent en marche vers la Madeleine.

– Qu'est-ce que nous ferions bien? demanda Forestier. On prétend qu'à Paris un flâneur peut toujours s'occuper; ça n'est pas vrai. Moi, quand je veux flâner, le soir, je ne sais jamais où aller. Où veux-tu aller?

Duroy, perplexe, ne savait que dire; enfin, il se décida:

– Je ne connais pas les Folies-Bergère. J'y ferais volontiers un tour.

Forestier et Duroy arrivèrent aux Folies-Bergère, illuminées et animées. Duroy rappela qu'ils avaient oublié de passer au guichet, mais Forestier répondit avec assurance qu'il ne payait jamais. Lorsqu'ils arrivèrent au contrôle, les trois contrôleurs les saluèrent chaleureusement. Forestier demanda si la loge était bonne, et les contrôleurs confirmèrent que tout était en ordre.

À l'intérieur, une légère brume de tabac enveloppait l'espace. Forestier, sûr de lui, se fraya un chemin à travers la foule. Il s'approcha d'une ouvreuse, demanda pour la loge dix-sept, et elle le guida sans hésitation.

Et on les enferma dans une petite boîte en bois, découverte, tapissée de rouge, et qui contenait quatre chaises de même couleur, si rapprochées qu'on pouvait à peine se glisser entre elles. Les deux amis s'assirent: et, à droite comme à gauche, suivant une longue ligne arrondie aboutissant à la scène par les deux bouts, une suite de cases semblables contenait des gens assis également et dont on ne voyait que la tête et la poitrine5.

Sur la scène, trois jeunes hommes en maillot collant, un grand, un moyen, un petit, faisaient, tour à tour, des exercices sur un trapèze.

Mais Duroy ne s'occupait guère du spectacle, et, la tête tournée, il regardait sans cesse derrière lui le grand promenoir plein d'hommes et de prostituées.

Forestier lui dit: «Remarque donc l'orchestre: rien que des bourgeois avec leurs femmes et leurs enfants, de bonnes têtes stupides qui viennent pour voir. Aux loges, des boulevardiers; quelques artistes, quelques filles de demi-choix6; et, derrière nous, le plus drôle de mélange qui soit dans Paris.»

Duroy n'écoutait plus. Une de ces femmes, s'étant accoudée à leur loge, le regardait. Elle appela, d'un signe de tête, une de ses amies qui passait, une blonde aux cheveux rouges, grasse aussi, et elle lui dit d'une voix assez forte pour être entendue:

– Tiens, v'là un joli garçon: s'il veut de moi pour dix louis, je ne dirai pas non.

Forestier se retourna, et, souriant, il tapa sur la cuisse de Duroy:

– C'est pour toi, ça: tu as du succès, mon cher. Mes compliments.

L'ancien sous-off avait rougi; et il tâtait, d'un mouvement machinal du doigt, les deux pièces d'or dans la poche de son gilet.

Le rideau s'était baissé; l'orchestre maintenant jouait une valse.

Duroy dit:

– Si nous faisions un tour dans la galerie?7

– Comme tu voudras.

Ils sortirent dans une espèce de jardin couvert, que deux grandes fontaines de mauvais goût rafraîchissaient. Sous des ifs et des thuyas en caisse, des hommes et des femmes buvaient sur des tables de zinc.

– Encore un bock? demanda Forestier.

– Oui, volontiers.

Ils s'assirent en regardant passer le public et burent encore de bière.

– Est-ce que tu restes encore? Moi, je vais rentrer, j'en ai assez.

Georges murmura:

– Oui, je reste encore un peu. Il n'est pas tard. Forestier se leva:

3.tantôt des ouvriers compositeurs, et ils portaient avec précaution des bandes de papier imprimé, des épreuves fraîches, tout humides – иногда это были наборщики, они осторожно несли полоски печатной бумаги, свежие, влажные, с оттисками
4.il avala le sien d'un seul trait, tandis que Duroy buvait la bière à lentes gorgées, la savourant et la dégustant – он осушил свой стакан залпом, в то время как Дюруа пил пиво медленными глотками, смакуя и дегустируя его
5.une suite de cases semblables contenait des gens assis également et dont on ne voyait que la tête et la poitrine – в ряду похожих ячеек также сидели люди, которых можно было увидеть только по пояс
6.Aux loges, des boulevardiers; quelques artistes, quelques filles de demi-choix – В ложах – гуляки, кое-кто из художников и несколько кокеток
7.Si nous faisions un tour dans la galerie – Может быть прогуляемся снаружи