Kitabı oku: «Notes diverses pour servir à l'histoire de la ville de Melle»
Henri Beauchet-Filleau
Notes diverses pour servir à l'histoire de la ville de Melle

Publié par Good Press, 2022
EAN 4064066307899
Table des matières
AVERTISSEMENT
P..... Avril 1883.
§ 1 er
§ 2.
§ 3.
§ 4.
§ V.
§5.
§ 6.
§ VIII.
§ VIII.
§ IX.
§ X

AVERTISSEMENT
Table des matières
L’auteur des NOTES POUR SERVIR A L’HISTOIRE DE LA VILLE DE MELLE qui ont paru dans le journal Le Mellois, n’avait jamais espéré pour ce petit travail les honneurs du livre; le plan qu’il s’est tracé et les allures de son style en sont la preuve; mais cédant au désir exprimé par M. Ed. Lacuve, directeur de ce journal, qui en a pensé autrement et qui espère, peut-être à tort, que le nom de l’auteur fera valoir son petit volume, je renonce à mon incognito et signe
H. BEAUCHET-FILLEAU.
P..... Avril 1883.
Table des matières
A M. LE RÉDACTEUR DU JOURNAL LE MELLOIS.
MONSIEUR LE RÉDACTEUR,
J’étais dans votre ville il y a quelques semaines, chez un de mes amis, et pour utiliser mes heures de loisir, il me remit le Précis Historique de la Ville de Melle, dû à la plume de M. GABRIEL LÉVRIER.
Tout en rendant hommage aux bonnes intentions de l’auteur, je ne puis comprendre qu’il n’ait pas tiré un meilleur parti d’un pareil sujet; il a négligé bien des détails qu’il eut été, à mon avis, intéressant de relever, et s’est trop laissé aller au facile labeur de transcrire les notes réunies par d’autres écrivains, sans essayer de les compléter, ni de les contrôler par ses propres recherches.
Permettez-moi, M. le Rédacteur, de venir offrir par votre entremise, à vos concitoyens, ces quelques et simples notes que depuis mon retour à P..... j’ai réunies sur votre ville; elles serviront à combler quelques-unes des lacunes qui, d’après mon humble avis, déparent le travail de M. G. Lévrier.
Nous ne nous occuperons pas ici des Mines de Melle, nous n’avons recueilli rien de bien nouveau sur ce point important de l’histoire melloise. Tout le monde, dans votre ville, connaît le travail de l’estimable M. Rondier, et je n’ai ni les connaissances ni réuni les documents nécessaires pour approuver ou contredire ses opinions. Nous passerons donc à une époque relativement plus moderne et nous ne partirons que du IXe siècle, époque où dans le Poitou, l’histoire indique l’existence des Vigueries.
§ 1er
Table des matières
PAGUS DE MELLE
M. Lévrier, dans le cours de son travail, ne fait que citer incidemment le Pagus de Melle (p. 18), et ne mentionne l’existence de la Viguerie de cette ville, qu’à propos de celle de MEDOC dont M. de La Fontenelle veut faire un second établissement judiciaire (p. 15 et 63). Il se contente de relater dans une note (p. 158), sans observations ni détails, l’existence du Pagus, ne spécifie pas le nombre des vigueries qui en dépendaient, citant seulement le nom des villa qui, d’après lui, relevaient du Viguier de Melle, tout en y mêlant les noms de quelques-unes appartenant à d’autres juridictions, et intercalant dans cette liste, des lieux dont personne jusqu’ici n’avait trouvé de traces.
Essayons de dégager la vérité sur ce point d’histoire:
«Le Pagus de Melle avait une petite étendue,
«dit M. de La Fontenelle dans ses Vigueries du
«Poitou, c’était, on peut le croire, un démembre-
«ment du vaste pays de Brioux. Ce démembre-
«ment aura été le résultat de l’importance de la
«localité de Melle et de ses abords, par suite de
«l’exploitation de la mine de galène argentifère
«qui y existe.»
Si cet historien, avant d’écrire ces lignes, se fut, en appliquant sur la carte le nom des villa dépendant du Pagus de Melle, rendu un compte exact des limites que la position de ces lieux imposait à ce pays, il n’eut point prétendu que sa circonscription était aussi restreinte qu’il veut bien le dire. Ce Pagus, en effet, touchait du Nord au cours de la Sèvre-Niortaise, du Midi à celui de la Boutonne et à la forêt de Chizé ; à l’Ouest, il allait aux portes de Niort, et à l’Est jusqu’à Pliboux et Sauzé-Vaussais, dépendant des vigueries de Caunay et de Sivrai. Son étendue, on le voit, était au moins égale au tiers de votre arrondissement.
Nous n’avons pas à rechercher le chef-lieu du Pagus Metullnsis — c’est la ville de Melle — ceci n’est pas contestable et n’a jamais été contesté. Quatre Vigueries, au dire de M. de La Fontenelle, se partageaient son territoire: la Vicaria Metulinsis (de Melle), la Vicaria Medulinsis (de Médoc en Melle), La Vicaria Tillo, Tiliolo ou Tilliolensis (Tillou), et la Vicaria Briosto (.....?). Nous les passerons successivement en revue, en faisant dès maintenant nos réserves au sujet de la seconde et de la quatrième.
Avant d’entrer en matière, disons tout d’abord qu’il nous siérait mal de faire de l’érudition, et du reste, en général, ce n’est pas ce que l’on recherche dans un journal, nous voulons seulement essayer de vulgariser quelques notions historiques puisées directement aux sources. Nous n’entrerons pas dans les longs détails des citations, nous nous contenterons pour cette partie de notre travail, de préciser autant que possible la positron actuelle des villa citées dans les chartes .
VIGUERIE DE MELLE
C’était la plus importante du Pagus, sous le rapport du nombre des villa, et de l’étendue de sa circonscription. Nous trouvons la ville de Melle elle-même qui est relatée dans quatre chartes dont voici une courte analyse.
Au mois de décembre 968, Cadelon, vicomte (d’Aunay), et Ermenfroy, abbé de Saint-Maixent, font un échange de terres sises dans la Viguerie de Melle et au lieu même de Melle.
Vers 960, nous voyons un prêtre nommé Jean, donner à l’Abbaye de S. Jean d’Angély quelques héritages situés dans le faubourg du château de Melle.
En janvier 969, Rainaud, abbé de S. Jean d’Angély, cède à complants des terres sises à Melle. (Manuscrits de D. Fonteneau; Bibliothèque de la ville de Poitiers, t. 13, p. 63, 81, et t. 15, p. 597.)
Nous relèverons encore dans le travail de M. de la Fontenelle sur les Vigueries du Poitou (Mém. de la Société des Antiquaires de l’Ouest, p. 425, note 3), les notes suivantes:
Indication de l’existence du château de Melle, castrum Metulinse, dans une charte de S. Jean d’Angély, de 987, puis dans un titre de l’abbaye de S. Maixent (date omise), villa de Metulo in vicaria Metulinse in pago Pictavo.
Nous croyons inutile de rappeler ici que ces deux monastères possédaient dans votre ville: S. Jean d’Angély, le prieuré de S. Hilaire, et S. Maixent, celui de S. Pierre, vos deux remarquables églises paroissiales actuelles.
Nous ne savons si l’on peut bien retrouver dans le hameau de votre commune le Petit Chaigneau, la villa Casnia relatée dans une donation faite de l’an 986 à 999, à l’abbaye de S. Cyprien de Poitiers, par un chevalier nommé Airaudus de Prisciaco, car elle n’est dite que du Pagus de Melle, ce qui offre plus de difficultés pour fixer sa position, et on peut également la trouver aux fermes dites la Chagnée, communes de Brûlain et de Chef-Boutonne, à la Chaignauderie commune de Souché ou à tout autre nom situé dans l’étendue de votre Pagus, ayant pour racine le latin, casnus, chêne.
Dans la commune de S. Léger-lès-Melle, nous trouvons la villa Masdre, bien facile à reconnaître puisqu’il n’y a que l’s à supprimer pour avoir le nom moderne de Madre. Elle est citée dans un don fait en août 961, par un nommé Etienne, à Guillaume, son oncle, d’un alleu situé dans le pays de Poitou, dans la Viguerie dite Mello et dans la villa appelée Masdre, avec les vignes et le moulin (farinarium) qui en dépendait. (Mém. de la Société des Antiquaires de l’Ouest, an. 1847, p. 34). On voit que le moulin de Mardre peut se vanter de remonter assez haut dans l’histoire.
M. de la Fontenelle cite bien une villa Mardo placée près du château de Melle, mais il n’indique pas la date de la charte à laquelle il emprunte sa citation (Mém. Antiq. Ouest, 1838, p. 426, n. 1).
L’existence du bourg de S. Martin-lès-Melle remonte à la même époque, car nous le trouvons désigné en mars 974, dans une vente faite à des particuliers par Gerbert, abbé de S. Jean d’Angély, d’un demi journal de vignes sis villa Sancti Martini de la Viguerie de Melle, pour la somme de treize sous et une redevance annuelle de deux deniers de cens. (Dom. Fonteneau t. 15, p. 161.)
De toutes les communes des environs de Melle, celle de S. Genard dut être, dès le principe, une des plus peuplées, car nous ne trouvons pas moins de six noms en dépendant, mentionnés dans les chartes des IXe, Xe et XIe siècles. Nous allons les passer successivement en revue:
1° La villa Nauciacus de la vicaria Metulinsis, que M. de la Fontenelle, et bien d’autres d’après lui, placent à S. Genard sur le vu d’une note de D. Etiennot, est citée dans deux chartes de l’abbaye de Noaillé, de juin 824 et d’avril 830, relatives à des ventes de terres, (D. Fonteneau, t. 21, p. 105 et 107) et dans une autre du monastère de S. Cyprien, datée vers 1030, dans laquelle elle est ainsi désignée: Villa Nociaco in pago Metulinse, in ipsa vicaria, et il est donné à cette abbaye, duas partes molindini in aqua Viobria par un nommé Itérius et sa femme Arsendis. (Cartulaire de S. Cyprien, p. 300.)
Malgré toute l’autorité qui s’attache au nom du savant bénédictin D. Etiennot, nous croyons avec le docte M. Redet, que cette mention concerne Nossay et non S. Genard, l’identité des deux noms est trop frappante, surtout dans la charte de 1030, pour que l’on puisse hésiter.
S. Genard doit son nom à un saint solitaire, autour du tombeau duquel vint s’agglomérer la majeure partie de la population, surtout lorsque le prieuré fondé par des moines de Nouaillé, devint également l’église paroissiale, et nous croyons trouver la justification de notre manière de voir, dans une bulle du pape Gélase II, du 28 octobre 1119, dans laquelle on voit le prioratus S. Genardi de Notiaco, mentionné comme dépendant de Nouaillé.
L’aqua Viobria est le ruisseau de Coubortige qui met en mouvement le moulin de Nossay.
2° Villa S. Fazioli in vicaria Metulinse. (Charte de S. Maixent, datée de 945 à 964.) (Mém. de la Société des Antiq. de l’Ouest, 1838, p. 426, n. 5.)
Nous n’avons pas pu retrouver cette charte, et dans le Cartulaire de S. Cyprien où S. Faziol, dont l’église fut donnée à ce monastère vers 1095, est plusieurs fois nommée, on n’indique pas si elle faisait partie de la Viguerie de Melle, bien qu’il soit évident qu’elle fut placée dans sa circonscription.
3° Bonneuil. — M. de la Fontenelle, en citant une charte de 967 de l’abb. de S. Maixent, où l’on trouve ce passage: Villa Bonolio in vicaria Metulo, (Mém. de la Société des Antiq. de l’Ouest, 1838, p. 426, n. 4.) place cette villa au château de Bonneuil commune de S. Génard. Nous croyons que cette mention se rapporte plutôt au village de Bonneuil commune de Verrines, dont nous parlerons tout à l’heure, et qui est en effet indiqué dans une charte de 1033 comme appartenant au monastère de S. Maixent.
4° Mont. — Au mois de janvier 956, Airaud et sa femme Constance cèdent à Robert et à Ingelburge, des terres sises dans la Vicaria Metulinsis in villa Monte. Le même lieu est encore cité dans un acquêt fait par un prêtre nommé Thierry, de deux journaux de prés et de quelque bois, in villa Monte, (D. Fonteneau, t. 21, 279. 283, abbaye de Nouaillé).
L’église de S. Génard appartenait à ce monastère, ce qui justifie l’attribution faite par M. de La Fontenelle de la villa Monte au village de Mont, dans cette commune.
3° Chancelée. — Nous le retrouvons dans la villa Cancelada rappelée dans une vente faite à l’abbaye de Nouaillé par un prêtre nommé Théodoric, d’héritages situés sur la rivière dite Viopera (D. Fonteneau, t. 21, p. 301), ce que nous venons de dire au sujet de la villa Monte s’applique également à Chancelée.
6° Montabert. — La villa de Monte Acberto est relatée dans la même charte dont nous avons donné un passage à l’article Nossay.
Au nombre des signataires de ce document nous trouvons un Petrus Vicarius qui pourrait bien être le Viguier exerçant la justice à Melle, à cette époque.
M. Lévrier traduit Mons Acbert par Montalembert, il ignorait l’existence dans la commune de Saint Génard du petit village de Montabert, autrement, il n’eut pas été chercher si loin, ce qu’il avait, pour ainsi dire, sous la main.
Nous voici en présence d’une montagne, c’est la troisième que nous trouvons sur notre chemin. Le terrain des environs de votre petite ville présente bien quelques mouvements de terrain auxquels on peut donner le nom de collines, mais de montagnes! Toujours est-il, qu’au mois de mai 971 un nommé Robert et sa femme Gélie, donnent à l’abbaye de S. Jean d’Angély, des vignes, une maison ayant cave et grenier, cour et puits. Les vignes et la maison bien éloignées les unes des autres, car les unes étaient situées devant le château de Niort, et l’autre dans le Pagus et Vicaria Métulinse in monte qui vocatur Belmontem (D. Fonteneau t. 13, p. 87). Nos recherches dans les dictionnaires et sur les cartes, ne nous ont fait connaître dans la circonscription de votre Viguerie, aucun lieu portant le nom caractéristique de Beaumont.
Le bourg de Chail remonte au Xe siècle tout au moins, car nous trouvons la villa Chelio indiquée vers 955 dans une donation, faite à l’abbaye de S. Maixent, d’héritages situés in pago Metulo, in vicaria Metulinse, in villa Chelio (D. Fonteneau, t. 15, p. 121). M. de La Fontenelle cite (Mém. de la Société des Antiquaires de l’Ouest, année 1838, p. 426, n. 5), une charte du même monastère qu’il date de 945 à 964, que nous n’avons pas retrouvée et dans laquelle il est également question de la villa Chelio.
La paroisse de Chail remonte également à une haute antiquité, car nous la trouvons sous le nom de Ecclesia de Chait in castellania Métulinse, relatée dans une charte du monastère de S. Cyprien de Poitiers, dont elle relevait, qui est datée de 1097 à 1101 (Cartulaire de S. Cyprien, p. 209).
Verrines sous Celles. — Nous trouvons rappelées, comme appartenant à la Viguerie de Melle, deux localités de cette commune. D’abord le chef-lieu lui-même, mentionné en ces termes, dans une charte du mois de juin 966, par laquelle Rainulfe, abbé de S. Maixent, afferme un moulin super fluvium Belane, placé dans la villa Vedrina in vicaria et pago Melulinse D. Fonteneau, t. 15, p. 141).
Et le village de Bonneuil. — Villa Bonolio in vicaria Metulinse rappelé dans une donation faite vers 959 à la même abbaye, par une dame nommée Adalgarde (D. Fonteneau t. 15, p. 127).
M. de La Fontenelle (Lieu cité, p. 426 place, comme nous l’avons déjà dit, la villa Bonolio au château de Bonneuil commune de S. Génard). Nous croyons qu’il s’agit plutôt ici du village de la commune de Verrines. En effet, au mois de décembre de l’année 1083, Guillaume le Gras, comte de Poitou, étant à Melle, rendit un jugement sur des plaintes formulées par les moines de S. Maixent contre des officiers de justice qui abusaient de leur autorité, exerçant les fonctions judiciaires contre tous droits, sur leurs sujets, dans la paroisse de Verrines au lieu dit..... Bonolio..... et ce, conformément aux décisions d’un Concile tenu à Poitiers quelques années auparavant.
La villa Bonolio n’étant connue que par ces deux chartes, la seconde établissant que c’est de Bonneuil de la commune de Verrines dont il s’agit en 1033, et l’une et l’autre en attribuant la pro-propriété à l’abbaye de S. Maixent, nous croyons qu’il n’y a pas à hésiter, d’autant plus que rien ne vient démontrer que le château de Bonneuil ait jamais appartenu à ce monastère.
Le bourg et la paroisse de Vitré ne remontent pas à une moindre antiquité : Villa Vitriaco in paya Metulinse, in ipsa vicaria. (Mém. Antiq. Ouest, 1838, p. 426, n. 3.) Cette mention se trouve dans une charte de vers 987, portant une donation faite à l’abbaye de S. Cyprien par un nommé Guy, de son alleu situé in villa Vitriaco. Cette donation comprenait l’église fondée sous le vocable de S. Pierre apôtre et de tout ce qui en dépendait. (Cart. de S. Cyprien. p. 297.)
Il ne peut y avoir de doute sur ce point, car l’église de Vitré est encore sous le patronage de S. Pierre, et dépendit jusqu’à ces derniers temps de l’abbaye de S. Cyprien de Poitiers.
Le bourg de Tillou fut pendant quelque temps le siége d’une viguerie du Pagus de Melle, mais le 6 janvier 817, un prêtre nommé Bernier, donne à un nommé Rainaud, des terres situées dans la vignerie de Melle, in villa Tilliolo, (Charte de l’abbaye de Nouaillé, dans D. Fonteneau, t. 21. p. 101.)
La villa dite Blaziaco ou Blanziaco (Blanzais commune de Prahec) est citée dans deux chartes de l’abbaye de S. Cyprien; l’une de 1021, relate un don que lui fait Beltrudis, d’un alleu nommé Blaziacus, situs in pago Pictavo, in vicaria Metulinse (Besly, Comtes de Poitou, p. 359); l’autre datée de vers 1030 est encore un don de terres et de maisons sises également in villa Blanziaco in pago Metulinse, mais dans laquelle la viguerie n’est pas indiquée (Cartulaire de S. Cyprien, p. 300).
Le bourg de Souché, malgré sa situation aux portes de Niort, pour ainsi dire, dépendait cependant, non seulement du Pagus, mais encore de la Viguerie de Melle, comme il ressort de deux chartes du monastère de S. Cyprien, datée l’une et l’autre de vers 990. Par la première, Leterins donne aux moines de cette abbaye, in pago et vicaria Metulinse, in villa Scupchiacus, unum juctum de vinea. (Cartulaire de S. Cyprien, 282), et par la seconde, Atcherius, Atteldis sa femme et leurs cinq fils, font donation de: Alodium..... situm in pago Metulense in villa Cobcheio. (Cartulaire de S. Cyprien, p. 300.)
La villa Votallo et non Votallio (comme l’impriment par erreur les Mémoires de la Société des Antiquaires de l’Ouest, an. 1838, p. 427, en note), que nous croyons reconnaître dans le village de Vaution, commune de Pliboux, est relatée dans une main-ferme de quelques héritages situés à Pliboux et à Caunay, consentie par Constantin, abbé de Nouaillé, à un clerc nommé Adelelme (D. Fonteneau, t. 21, p. 335).
Nous trouvons encore dans cette partie de l’arrondissement une autre villa qui vers 1020, est dite également de la viguerie de Melle et dont la position est facile à déterminer. C’est le village de la Pommeraye, désigné en ces termes dans un don fait au monastère de S. Cyprien par Girbert, de: unum mansum cum curte et orto et vinea, et est in vicaria Metulinse, in villa que vocatur Pomeria; les objets donnés sont dits confronter d’un bout et d’un côté à la terre de S. Médard, et du quatrième côté à la voie publique .
Pour la villa dont nous allons nous occuper, il n’y a aucune incertitude à avoir sur sa position, car cette localité (Les Fosses) est désignée dans les chartes par un nom latin dont le français est la traduction littérale, et même ces documents nous font connaître le nom qu’elle portait plus anciennement encore.
Cette terre fut donnée à l’abbaye de S. Florent de Saumur, vers 1042, par Adèle, jadis comtesse de Poitou et alors épouse de Geoffroy Martel, comte d’Anjou. Voici les termes de cette donation d’après le Livre-Noir de S. Florent: Terra sita in pago Pictavo, in vicaria Metulinse, quæ ab antiquis vocabatur Beltronum, nunc vero Fossa nuncupatur.
Au nombre des signataires de cette donation, nous voyons un Constantinus de Mello (de Metulo) qui est peut-être le même que Constantinus Vicarius Metulinsis qui abandonne à son tour, au mois de juin 1043, à l’abbaye de S. Florent, tous les droits de viguerie qu’il tenait de Guillaume V, comte de Poitou, et qu’il exerçait sur cette terre des Fosses. (Chartes Poitevines du Monastère de S. Florent de Saumur. Archives Historiques du Poitou, t. 1.)
Secondigné, Sart, et une autre localité, Velvetus, dont nous n’avons pu déterminer la position, sont dits du Pagus de Melle, dans un diplôme du roi Lothaire, de l’année 962, confirmant à l’abbaye de la Trinité de Poitiers, les possessions que lui avait donné sa fondatrice, Adèle d’Angleterre, femme d’Ebles Manzer, comte de Poitou. Voici les termes de cette pièce reproduite par Besly, Comtes de Poictou, p. 260, et D. Fonteneau t. 27, p. 28: Altera vero cors, vocata Secundiniaca, cura capella in honore sancti Petri, in pago Metulensi et duos alodos, quorum unus Velvetus, alter Sartum vocatur. Bien que ce document ne donne que le pagus, comme une charte de l’abbaye de S. Jean d’Angély, rappelée par M. de la Fontenelle Lieu cité, dit que le moulin de Sart, même lieu que celui cité dans le diplôme de 962, était in pago Metulo, in vicaria Medulinse, nous croyons être autorisé à faire l’application de cette citation à Sart et à Secondigné, d’autant plus que l’église de cette paroisse est encore aujourd’hui sous le vocable de l’apôtre S. Pierre et sa fête patronale celle de Saint Pierre ès liens.
Ce n’est qu’avec la forme du doute que nous présenterons les attributions qui vont suivre:
. Ainsi M. de La Fontenelle (Lieu cité, p. 426, n° 5), M. Redet, (Cartulaire de S. Cyprien, Archives Historiques du Poitou, t. 3), placent à Vanzay, canton de Lezay, la villa Venziacus, dite in condita Briocense, in vicaria Meturinse, dans une charte de ce Cartulaire datée de 983 ou 984. Malgré l’avis de ces deux savants, dont nous ne nous dissimulons pas toute l’autorité, nous ne pouvons nous résoudre à reconnaître comme eux dans la villa Venziacus le bourg de Vanzay, car elle se fut trouvée séparée de son chef-lieu par toute l’étendue de la Viguerie d’Exoudun, et l’on n’a pas d’exemple, à notre connaissance du moins, de pareilles enclaves, nous préférerions Vezançay, commune de Paizay-le-Tort, à peu de distance et à l’est de la voie romaine de Poitiers à Saintes.
Dans une charte de 1044, un viguier nommé Rainulfe donne à l’abbaye de S. Jean d’Angély, plusieurs héritages, les uns situés dans le Pagus Sanctonicus et la Viguerie d’Aunay, puis dans celle de Melle (Metulinse-Castro), le Masus Romaniacus situé près d’un lieu nommé Rochefollet (D. Fonteneau, t. 13, p. 165).
M. de la Fontenelle place ce masus Romaniacus à Romans, bourg du 2me canton de S. Maixent. Nous croyons à une erreur, car Romans, villa Rotmancio dans une charte devers 942 (D. Fonteneau, t. 15, p. 106), est dite de la Viguerie de Chaurais (Vicaria Calriacensis); plus tard, en 1094, Ecclesia Sancti Symphoriani de Rotmancio (l’identité de la forme du nom employé dans les deux chartes dont nous donnons les dates vient confirmer notre opinion) fut donnée à l’abbaye de S. Maixent (D. Fonteneau, t. 15, p. 455), et vers 1091, Guillaume le Vieux, comte de Poitou, donne à ce monastère la Viguerie de Rotmancio, de Romans.
Maintenant, ce masus Romaniacus dont nous recherchons la position, peut-il bien être placé à S. Romans lès Melle? Ce qui contrarie cette attribution, c’est ce lieu de Rochefollet que nous n’avons pu retrouver ni identifier avec aucune des localités placées autour de S. Romans.
Nous trouvons dans une charte datée vers 998, relatant une donation faite à l’abbaye de Saint Maixent: une villa Montiaco de la Vicaria Metulo.
Est-ce bien du bourg de Montigné qu’il s’agit ici, ainsi que dans le jugement de 1033 dont nous avons parlé à l’article de Verrines?
Ce qui nous jette dans l’incertitude, c’est que dans une charte du mois d’octobre 925, du même monastère, Montigné est dit de la Viguerie de Nanteuil (Natolinense Vicaria). (D. Fonteneau, t. 15, p. 91).
La villa ad Kabannas indiquée dans une charte de 1021-1029, donnée par D. Fonteneau, t. 6, p. 607 et le cartulaire de S. Cyprien, p. 999, comme dépendant de la vicaria Metulinse, est placée par M. Redet, mais avec un point d’interrogation, au village de Chabannes. commune de Rom. Cette attribution nous paraît fautive, car il en serait de Chabannes comme de Vanzay, cette villa serait séparée de son chef-lieu par la Viguerie d’Exoudun, et sa proximité de Rom l’eut placée tout naturellement dans la viguerie de ce dernier lieu.
Quant aux villas dont les noms suivent, nous n’avons pu retrouver leur position actuelle, et nous nous contentons d’indiquer ici leurs noms comme une invite aux recherches des amis de l’histoire.
La villa Bibiaco, nommée dans une charte de l’abbaye de Nouaillé, du mois de juin 969 (D. Fonteneau, t. 21, p. 295).
Nous pensons qu’il ne faut voir qu’un seul et même lieu, sous les deux formes de Firmiliaco et Firminiaco, cité : Firmiliaco dans une charte datée vers 948, dans un acte de donation faite à l’abbaye de S. Maixent par Pierre et Arsendis sa femme, d’héritages situés dans la viguerie de Melle, in villa Firmiliaco (D. Fonteneau, t. 15, p. 201), et Firminiaco dans le document d’où nous avons déjà extrait ce qui concerne les villa Nociaco, Mons Acberti, etc., et dans lequel on lit que les donateurs abandonnent encore à l’abbaye de S. Cyprien, in vicaria Metulinse... et in Firminiaco terram arabilem et silvam... 1030. (Cart. de S. Cyprien, p. 300.)
La villa Hestivalis mentionnée dans une charte de 988 à 1031, par laquelle Leterius concède au monastère de S. Cyprien, alodium suum, situé in pago et in vicaria Metulinse, in villa Hestivali, etc., ne me paraît pas pouvoir être placée aux Vaux commune de Chef-Boutonne, comme le fait M. de La Fontenelle (Lieu cité), et identifiée à la villa Stivalis qui est dite de la Viguerie de Tillou, dans une charte de 928. La forme Hestivalis donne en français, non pas Vaux mais bien Etivau, et nous ne connaissons dans le département des Deux-Sèvres que, le grand, le petit et le haut Etivau, trois fermes de la commune de Voultegon, canton d’Argenton-Château, arrondissement de Bressuire, dont il ne peut être question ici.
Nous n’avons pu retrouver non plus la vigne sise ad Montem Airardi, in pago et in vicaria Metulinse, donnée vers 990 à l’abbaye de S. Cyprien, par Rotrudis (Cartulaire de S. Cyprien, p. 298.).
Nous n’avons pas été plus heureux pour la villa Osma, relatée par M. de La Fontenelle (Lieu cité, p. 426, n. 6.), et M. Marchegay, dans les Mémoires de la Société de Statistique des Deux-Sèvres, année 1875, p. 278), et voici ce que dit ce dernier d’après une charte de l’abbaye de S. Jean d’Angély, datée de vers l’an 1000: Villa quæ vocatur Osma ou Osnia, in vicaria Metulo, in pago Metulo.
M. Marchegay hésite à croire que la villa Osma ou Osnia, soit Caunay, il retrouve ailleurs, dit-il, ce nom d’Osma écrit d’une manière plus correcte Cosma ou Cosnia; mais comme cette correction n’est par le fait qu’une faute d’impression du premier travail de M. de La Fontenelle (Lieu cité, p. 427.), et qu’il faut lire Cosnia d’après le cartulaire de S. Cyprien (p. 266), l’attribution d’Osma à Caunay n’a pas de raison d’être.
Nous avons relevé plus haut cette villa Casnia, dont la position est toujours pour nous incertaine, car Caunay ne peut venir de Casnia, et il était du reste lui-même à la même époque (en 999), chef-lieu d’une viguerie du Pagus de Poitiers.
M. Lévrier y voit un lieu appelé les Oumes, situé près Périgné, dit-il. Nous avons inutilement cherché cette localité tant dans le Dictionnaire Géographique des Deux-Sèvres que sur les cartes de Cassini et du dépôt de la guerre, et du reste nous croyons que cette traduction serait fautive, car Osma n’a pu faire Oumes qui dérive de la forme Ulmus, ormeau, que nous retrouvons dans vos environs dans les villages de l’Houmeau, l’Houmes, les Houmeaux, communes de Maisonnay, Paizay-le Chapt et Clussay.
M. Marchegay transcrit dans le même Cartulaire le texte d’une donation faite vers l’an 1000 par Atchérius à son épouse Raingalde, d’héritages situés in Pago Pictavo, in vicaria Metulo et in villa quæ vocatur Posolio. Il croit, dans cette villa, reconnaître le village de Pouzillon, commune de Caunay (Mém. de la Soc. de Statistique, an. 1875, p. 278 et suiv.).
Cette attribution peut avoir pour elle les apparences de l’exactitude philologique, mais nous nous demandons comment et pourquoi, Pouzillon n’aurait pas dépendu plutôt de la Viguerie de Caunay, que l’on trouve exister à la même époque Voir notamment une charte de 999, relative à la villa Pliboccio, Pliboux D. Fonteneau, t. 21, p. 335), que de celle de Melle dont le chef-lieu est assez éloigné.
Enfin nous n’avons pu fixer la situation de la villa Saziliaco dont l’existence nous est révélée par une charte de vers l’an 1021, par laquelle Beltrudis donne à l’abbaye de S. Jean d’Angély tout ce qu’elle possède in villa quæ vocatur Saziliaco, in, vicaria Metulo. Au nombre des biens donnés est une partie de pré située in prato qui vocatur Novum, p.
On pourrait peut-être?? y voir la Sauzée, hameau de la commune de S. Léger lès Melle, si l’on pouvait croire le mot Saziliacum, synonyme de Saliciacus, lieu planté de saules... mais...
VICARIA MEDULINSIS
Nous avons laissé entrevoir, en commençant cet aperçu géographique, que contrairement à l’opinion émise par M. de La Fontenelle (Lieu cité, p. 427), nous ne pouvions admettre l’existence simultanée de deux vigueries à Melle: la vicaria Metulinsis et la vicaria Medulinsis. D’abord l’existence de ce château de Médoc nous paraît au moins problématique, et si, comme le dit le même auteur, le castrum Medalinse est cité dans un titre de 1035, ceci n’implique pas nécessairement l’existence de la Viguerie de Médoc qui serait, comme le fait très judicieusement remarquer l’auteur du Précis Historique (p. 164), «l’u-