Kitabı oku: «Notice biographique sur Notre Saint-Père le pape Pie IX»
Henri Bretonneau
Notice biographique sur Notre Saint-Père le pape Pie IX

Publié par Good Press, 2022
EAN 4064066321345
Table des matières
ÉLECTION DE PIE IX.
HISTOIRE DE PIE IX
PRISE DE POSSESSION DE PIE IX.
ASSENTIMENT GÉNÉRAL A L’ÉLECTION DE PIE IX.
PORTRAIT DE PIE IX.
CARACTÈRE DE PIE IX.
TENDANCES DE PIE IX.
PREMIERS ACTES DU NOUVEAU PAPE.
RÉSULTATS IMMÉDIATS DES RÉFORMES PONTIFICALES.
OPPOSITION CONTRE PIE IX.
URGENCE D’UNE RÉFORME.
LIGNE DE CONDUITE DE PIE IX.
RÉCAPITULATION.

ÉLECTION DE PIE IX.
Table des matières
Deux grands événements se sont accomplis pendant le cours de l’année 1846: Dieu a appelé à lui le Pontife éminent qui, sous le nom de Grégoire XVI, gouvernait l’Église depuis quinze ans; et, après deux jours seulement de conclave et seize jours de vacance du Saint-Siège, la Chaire de saint Pierre était occupée par le cardinal Jean-Marie Mastaï Ferretti, archevêque-évêque d’Imola, proclamé Pape sous le nom de Pie IX .
Au moment d’expirer, Grégoire XVI avait dit: Je veux mourir en moine, et non en souverain: Voglio morir da frate, non da sovrano; — De son côté, Pie IX écrivait à ses trois frères, le soir même de son élection, un quart d’heure avant minuit:
«Il a plu à Dieu, qui exalte et qui humilie, de m’élever de mon insignifiance à la dignité la plus sublime de la terre. Que sa volonté soit faite! Je sens toute l’immensité de ce fardeau et toute la faiblesse de mes moyens. Faites faire des prières et priez, vous aussi, pour moi.
«Si la ville voulait faire quelque démonstration publique à cette occasion, je vous prie, car je le désire, de faire en sorte que la totalité de la somme destinée à cet objet soit appliquée à des objets jugés utiles à la ville par le gonfaloniere (maire) et par les anziani (adjoints).
«Quant à vous-mêmes, mes chers frères, je vous embrasse de tout mon cœur en Jésus-Christ. Ne vous enorgueillissez pas, mais prenez plutôt en pitié votre frère, qui vous donne sa bénédiction apostolique.»
Telles sont les véritables grandeurs du Vatican: elles projettent sur le monde l’ombre de la croix; le roseau du Christ est le sceptre de la Papauté, et sa couronne d’épines se fait sentir sous l’éclat de la tiare.
Cette élection de Pie IX, l’une des plus extraordinaires dont l’histoire des Papes fasse mention, manifeste visiblement l’assistance de l’Esprit-Saint. En proclamant Pie IX d’un accord presque unanime, les membres du Sacré-Collège ont prouvé au monde combien les intérêts de l’ambition, que la politique se plaît toujours à mettre en jeu, sont demeurés étrangers à leur choix. A peine si les puissances temporelles ont eu le temps d’ourdir leurs intrigues accoutumées; à peine ont-elles pu dicter leurs instructions à leurs ambassadeurs et envoyer à Rome les cardinaux des Couronnes.
Le premier jour, en effet, un parti nombreux s’était groupé autour d’un cardinal puissant, le cardinal Lambruschini, et avait semblé lui promettre la triple couronne; mais la Providence avait choisi son candidat, et en quelques heures elle a opéré un changement qu’aucune puissance humaine n’aurait eu le temps de combiner.
Il y avait longtemps qu’on n’avait vu un conclave durer si peu, et un pape si jeune revêtu des insignes du souverain Pontificat.
Pie IX n’avait que cinquante-quatre ans. Vers la fin du siècle dernier, une noble et illustre famille des États Pontificaux s’était rendue, selon sa coutume, dans les jours d’automne, à une maison de campagne qu’elle possédait à environ six milles de la ville. Parmi les membres de cette famille se trouvait un vif et charmant enfant qui s’appelait Giovanni. Un jour l’enfant s’en va chercher un jeune contadino de vingt ans attaché au service de sa famille, et, tout en se promenant à travers la campagne, ils arrivent sur le bord d’un fossé d’une assez grande profondeur, rempli d’eau stagnante. L’enfant s’arrête, aperçoit des petits poissons qui se remuaient dans l’eau, s’amuse de leurs ébats, veut les prendre dans ses mains, s’approche de plus en plus du bord sans s’apercevoir du danger, fait quelques pas sur ce terrain glissant et fangeux..... tout à coup le pied lui manque, il tombe dans l’eau et disparaît! Il allait se noyer, mais la Providence, qui dans le secret de ses conseils veillait sur cette vie précieuse, l’arrache au péril. Le brave paysan le sauve et le ramène au bord.
Ce nouveau Moïse sauvé des eaux, c’était GIOVANNI DES COMTES MASTAI, c’était le Souverain-Pontife Pie IX, actuellement régnant.
Certes, le pauvre contadino de Mondolfo ne se doutait guères du service immense qu’il rendait à Rome et à l’univers catholique.
Aujourd’hui cet enfant est investi de l’autorité la plus auguste qui ait jamais été confiée à l’homme; il est le deux-cent-cinquante-cinquième successeur légitime et direct de saint Pierre; il règne sur la Ville Éternelle, prédestinée depuis des siècles à devenir le centre de l’unité, le dépôt de la tradition, la chaire de la doctrine infaillible. Le monde entier a les yeux sur lui; il en attend sa délivrance et sa régénération.
HISTOIRE DE PIE IX
Table des matières
AVANT SON PONTIFICAT.
Jean-Marie Mastaï Ferretti appartient à la noble famille des comtes Mastaï. Il est né à Sinigaglia , dans la légation d’Urbino-et-Pesaro (États de l’Église), le 13 mai 1792.
Les premières années de sa jeunesse se passèrent dans le monde, où sa naissance, sa fortune, ses talents, la distinction de ses manières et de sa personne lui donnaient le droit de prétendre à tout.
Il a fait une partie de ses études classiques au collége de Volterra, où il est demeuré six ans consécutifs en qualité de pensionnaire. Aussi a-t-il permis que ce collège fut placé sous sa protection spéciale.
Vers l’âge de vingt ans, le jeune Mastaï, qui avait été destiné à l’état militaire, servait dans les gardes-nobles. Des accidents nerveux survinrent, qui firent craindre en peu de temps qu’il ne tombât dans l’épilepsie. Déjà les médecins le déclaraient incurable. Pie VII, ému de pitié, engagea le jeune homme à faire le voyage de Lorette, pour implorer le secours de la Sainte Vierge. Mastaï Ferretti suivit le conseil de la foi: il fut radicalement guéri, et, accomplissant le vœu qu’il avait fait, entra dans l’état ecclésiastique.
Il suivit ses cours de théologie à l’Institut des Jésuites, qui ne le crurent pas appelé à leur Ordre; néanmoins, après l’avoir minutieusement éprouvé, ils lui conseillèrent d’accepter les ordres sacrés. On raconte même qu’à cette occasion le supérieur du collège lui dit, comme par prévision de l’avenir: «Si la Providence vous réserve à de hautes destinées, n’oubliez pas les Jésuites.»
Ordonné prêtre, l’abbé Mastaï prit la direction de l’hospice Tata Giovanni: on nomme ainsi une maison qu’avait fondée, pour faire vivre et élever chrétiennement de petits et pauvres orphelins, un vieillard chrétien, maçon de son métier, dénué de toutes ressources, mais riche des trésors de la charité. Le jeune prêtre, touché de son dévouement, lui associa le sien; il consacra son temps, son travail, son argent, tout ce qu’il avait, à cette œuvre de piété et de bienfaisance. Le nouveau Pape a fait ainsi son apprentissage auprès des ouvriers, des pauvres et des orphelins; il l’a continué par l’apostolat.
Sous le pontificat de Pie VII, Mgr Muzi, aujourd’hui évêque de Città di Castello, ayant été envoyé vicaire apostolique au Chili, l’abbé Mastaï Ferretti le suivit en qualité d’auditeur (conseiller ou théologien). D’où résulte pour lui le rare avantage d’avoir visité l’ancien et le nouveau monde, et touché aux limites les plus éloignées de l’Église dont il devait être le chef.
Des différends survenus entre le vicaire apostolique et les gouvernants du Chili l’obligèrent bientôt, ainsi que Mgr Muzi, à quitter ce pays, et l’on dit que dans ces circonstances difficiles le jeune auditeur montra un courage et une fermeté qui frappèrent singulièrement le grand Pape Léon XII. Ce pontife le nomma prélat, chanoine de Sainte-Marie-in-Via-Lata, et puis président du grand hospice de Saint-Michel, à Ripa-Grande. Cet établissement, l’un des plus beaux du monde, est comme l’Hôtel-Dieu de Rome; le président en a la direction active.
Le 21 mai 1827, Léon XII le donna pour premier pasteur à Spolete, sa patrie, qu’il avait érigée en évêché. Mgr Maslaï occupa ce siège jusqu’en 1832. Il y mérita la confiance générale à ce point qu’une députation de son diocèse supplia Grégoire XVI de ne pas lui enlever son archevêque.
Nonobstant cette manifestation, il fut transféré, le 17 décembre 1832, à l’évêché d’Imola, poste important et qui, au milieu des agitations auxquelles était alors en proie la Romagne, demandait un homme de choix, un caractère aussi ferme que sage. L’évêque remplit les espérances de Grégoire XVI, et tout le monde savait en Italie combien il était vénéré et aimé dans tout son diocèse.
Pie IX occupait encore ce siège, lorsqu’il donna une preuve non douteuse de ses sympathies pour les idées françaises, en publiant le mandement célèbre du cardinal de Bonald, archevêque de Lyon, sur les Libertés de l’Église, écrit pour le carême de 1846.
Réservé in petto dans le consistoire du 23 décembre 1839, et proclamé le 14 décembre 1840, il était cardinal du titre des saints Pierre et Marcellin. Sa réputation de talent et de piété était grande dans tous les États de l’Église, et à Rome, le peuple, qui l’avait connu, qui l’avait vu à l’œuvre, d’abord dans le pauvre établissement du pieux maçon, puis à Saint-Michel , le peuple, lorsque quelque devoir appelait dans la capitale de la chrétienté l’évêque d’Imola, qui bien rarement toutefois quittait son diocèse, disait en le voyant passer:
Voilà le futur Pape, Dieu nous le donnera!
PRISE DE POSSESSION DE PIE IX.
Table des matières
Le peuple romain avait dit vrai: l’évêque d’Imola est assis sur le trône pontifical, et nous allons assister à sa prise de possession du siège apostolique.
Cette cérémonie a eu lieu le 8 novembre 1846.
D’après les anciens usages, les prélats composant le tribunal de la Rote devaient figurer à cheval dans le cortége; mais Pie IX a voulu réduire le cérémonial à la forme suivie par Pie VII: au lieu de se rendre à cheval à la basilique de Saint-Jean-de-Latran, les membres du Sacré-Collége s’y rendront en voiture. La solennité ne perdra rien pour cela de sa pompe; plus conforme à l’esprit des temps modernes, elle n’en sera que plus grave et plus imposante.
Vers les deux heures, le Pape est arrivé sur la place de Saint-Jean-de-Latran. Le prince Orsini, sénateur de Rome, accompagné des conservateurs, des principaux magistrats du Capitole, de toutes les personnes de leur suite et d’un bataillon de la milice urbaine, attendait Sa Sainteté à l’oratoire de l’archiconfrérie du Très-Saint-Sacrement, près de la Scala Sancta, où une espèce de portique richement décoré avait été dressé. Le grand-écuyer a ouvert la portière de la voiture du Pape, et le prince-sénateur, au nom du peuple romain, a exprimé à Sa Sainteté, dans un discours latin, l’hommage d’obéissance et de fidélité. A quelques pas de là, le vénérable chapitre de Saint-Jean-de-Latran est venu à la rencontre du Pape; la chaîne qui ferme l’entrée du grand escalier de la basilique s’est abaissée; le Saint-Père est descendu de voiture et s’est avance jusqu’à la grille du grand portique. Là le cardinal Barberini, archiprêtre de la basilique, lui a présenté la croix, qu’il a respectueusement baisée à genoux, tandis que le clergé chantait l’antienne: Ecce Sacerdos magnus.
Le Sacré-Collége, le corps diplomatique, plusieurs membres de la noblesse romaine étaient déjà réunis sous le portique, autour du trône qui avait été élevé près de la Porte-Sainte. Dès que le Pape y a été assis, le cardinal-archiprêtre s’est avancé, a fait une inclination profonde, a harangué le Saint-Père et lui a présenté les clefs de la basilique, qu’un prélat portait à côté de lui, dans un bassin d’or. Sa Sainteté a tendu la main pour les recevoir, et ensuite les a rendues au même prélat. Les cardinaux-évêques portant la chape et la mitre blanches, les cardinaux-prêtres la chasuble, et les cardinaux-diacres la dalmatique de la même couleur, se sont rangés, ainsi que les évêques et les prélats, autour du trône du Pape, pendant que le chapitre et le clergé de Saint-Jean-de-Latran étaient admis au baisement du pied.
Après l’adoration, le Pape est entré dans la basilique par la porte majeure, où le doyen du Sacré-Collége est venu lui présenter l’encens et l’eau bénite. La procession s’est avancée dans l’intérieur de l’église; le Pape était porté sur son trône, placé sous le baldaquin, comme dans les grandes solennités. Le chœur de la chapelle pontificale a entonné le Te Deum. Arrivé devant l’autel de Martin V, où le Saint-Sacrement était exposé, Pie IX est descendu de son trône, s’est mis à genoux sur le prie-dieu et a adoré quelque temps le Seigneur, tandis que le chœur chantait le verset Te ergo quæsumus. La procession remise en marche s’est arrêtée une seconde fois devant la tribune où reposent les têtes de saint Pierre et de saint Paul. Après avoir vénéré ces insignes reliques, le Saint-Père est allé s’asseoir sur le trône pontifical, au centre de l’abside de la basilique. Les cardinaux se sont avancés par rang d’ancienneté, pour la cérémonie de l’obédience, et, au moment où ils lui ont baisé la main, le Pape a déposé dans leur mitre entr’ouverte deux médailles que monseigneur le trésorier, à genoux près du trône, présentait à Sa Sainteté. L’obédience terminée, le Pape est allé de son trône à l’autel papal; il y a déposé l’offrande d’usage renfermée dans une bourse brodée en or. La munificence de Pie IX s’est montrée en cette circonstance: il a fait don à l’église d’une somme de 4,000 piastres (environ 24,000 fr.) et d’un calice en or massif. Après cette offrande, le visage tourné vers le peuple et la tête découverte, il a donné la bénédiction apostolique, puis il est remonté sur le trône portatif: c’est alors qu’il a pris pour la première fois la tiare. Il a été ainsi porté processionnellement, précédé de la prélature, des évêques, des patriarches et des cardinaux, jusqu’au grand balcon de la principale façade de la basilique. En ce moment, l’aspect de l’auguste Pontife, apparaissant pour la première fois avec la triple couronne sur sa tête, a électrisé l’immense multitude qui couvrait au loin la place de Saint-Jean, les larges avenues de Sainte-Croix-de-Jérusalem, jusqu’au mur d’enceinte de la ville. L’enthousiasme populaire a éclaté avec un élan qu’il est impossible de rendre.
Ces vives acclamations de tout un peuple ivre de joie, cette masse de plus de cinquante mille hommes agitant des mouchoirs ou des drapeaux de toutes les fenêtres, de toutes les tribunes élevées sur la place, de tous les côtés de cette immense enceinte, avaient quelque chose d’électrique; puis toutes ces voix ont fait silence, tout ce peuple est tombé à genoux: le Pape, debout sur son trône, la tiare en tête, les bras étendus, était bien en réalité le Pontife pacificateur suspendu entre le ciel et la terre: il a béni Rome et le monde, et cette bénédiction solennelle, reçue dans un profond recueillement, a été suivie de nouvelles et plus vives acclamations mêlées aux fanfares militaires, au son des cloches, au bruit de seize pièces de canon rangées sur la pelouse de Sainte-Croix-de-Jérusalem.
On évalue à plus de cinquante mille le nombre des étrangers qui sont arrivés à Rome à cette occasion, de toutes les parties des États pontificaux et des États voisins.
Ücretsiz ön izlemeyi tamamladınız.