Kitabı oku: «Dissertation sur les psaumes traduite du latin de J.-B. Bossuet»
Jacques Bénigne Bossuet
Dissertation sur les psaumes traduite du latin de J.-B. Bossuet
Accompagnée de notes

Publié par Good Press, 2022
EAN 4064066335700
Table des matières
PRÉFACE DU TRADUCTEUR.
LETTRE PASTORALE, OU ÉPITRE DÉDICATOIRE DE MONSEIGNEUR L’ÉVÊQUE DE MEAUX,
DISSERTATION PRÉLIMINAIRE SUR LES PSAUMES.
CHAPITRE PREMIER.
I. Vertu de la poésie: psaumes chantés dans les assemblées religieuses.
II. Soins donnés par David au chant et à la musique sacrée.
III. Appuis que la foi trouve dans les Psaumes: d’abord le récit des événements passés, ensuite l’histoire des temps présents.
IV. Antiquité de la poésie et des cantiques chez tous les peuples. Exemple de Moïse et autres.
V. Les événements des temps passés rappelés dans les Psaumes.
VI. Réfutation, par les témoignages du livre des Psaumes, de ceux qui attribuent le Pentateuque à Esdras ou autres écrivains que Moïse.
VII. Fondement de notre foi et de notre espérance dans les prédictions de David au sujet de Jésus-Christ.
VIII. Les Psaumes excitent l’espérance: le bonheur de la vie future y est représenté sous des figures.
IX. Explication de ces textes d’où résulte l’espérance des biens futurs.
X. Motifs de charité exprimés dans les Psaumes.
XI. Merveilleux sentiment de la charité envers Dieu répandu dans les Psaumes.
XII. Charité envers le prochain, sans excepter les ennemis.
XIII. Ce que l’on y doit entendre par le mot ennemis, et dans quel sens il faut prendre les fréquentes imprécations que l’on y rencontre.
XIV. Des sacrements de l’ancien peuple, et des pieuses dispositions de David à son égard.
CHAPITRE II.
XV. Du style des Psaumes.
XVI. Du pittoresque de l’expression dans les Psaumes.
XVII. Comparaisons et similitudes; leur sublime précision.
XVIII. Vivacité, chaleur de mouvements.
XIX. Douceur répandue dans les Psaumes.
CHAPITRE III.
XX. Divers genres de Psaumes: pourquoi.
CHAPITRE IV.
XXI. Causes de l’élévation des Psaumes: la première, l’élévation des sujets.
XXII. La seconde, la prophétie; la troisième, l’enthousiasme poétique.
XXIII. Autre cause: le caractère de l’idiome.
CHAPITRE V.
XXIV. Avis nécessaire: les différences qui se rencontrent dans les leçons et les versions n’empêchent pas que ce ne soit par-tout la même substance dans les choses et la doctrine. Règles quant au texte et aux versions: première règle.
XXV. Autre règle: consulter les anciennes versions.
XXVI. Usage à faire de ces règles. Version de saint Jérôme faite sur l’hébreu.
CHAPITRE VI.
XXVII. Titres des Psaumes: leur authenticité.
XXIX. Quels ont été les auteurs des Psaumes.
XXX. Même sujet: titres, auteurs et arguments des Psaumes.
XXXI. Du mot séla, tout-à-fait indifférent au sens.
XXXII. Des danses et du rhythme.
XXXIII. Des instruments de musique.
XXXIV. On n’a rien de précis quant à l’ordre des Psaumes.
CHAPITRE VII
XXXV. Avantages à tirer de l’obscurité des Psaumes: de la foi naît l’intelligence.
XXXVI. Méthode pour la lecture des Psaumes. Quelques mots sur les écrivains auxquels nous nous hommes principalement attachés. Du commentaire de saint Jérôme sur les Psaumes.
XXXVII. Ordre des versets: gloses de la Vulgate: on en rapporte ici un grand nombre.
CHAPITRE VIII.
XXXVIII. Chacun doit se considérer soi-même dans le. Psalmiste. Témoignage de saint Athanase.
XXXIX. Se purifier avec David; porter ses affections vers Dieu: toujours d’après saint Athanase.
XL. Témoignage de saint Augustin.
XLI. Méthode excellente proposée par le saint docteur pour la récitation des Psaumes.

PRÉFACE DU TRADUCTEUR.
Table des matières
Dans l’avertissement d’un ouvrage nouveau , qui, nous dit-on, jouit d’une grande vogue, on lit: «Nous avons placé à la tête de ce livre
«une dissertation sur les Psaumes, de Bos-
«suet: elle est tout entière de lui, et traduite en
«grande partie du latin. Nous croyons que nos
«lecteurs nous en sauront gré, parcequ’elle est
«très peu connue. Elle est divisée en huit cha-
«pitres;nous n’en donnerons que trois .»
Ce peu de lignes pourroit fournir matière à bien des observations: en voici quelques unes.
La dissertation de Bossuet est tout entière de lui: que veut dire cette réflexion? Avons-nous de l’évêque de Meaux des ouvrages qui ne soient pas entièrement de lui?
Publier, comme simple dissertation, un ouvrage que Bossuet adressa au chapitre de son Église, aux curés et communautés religieuses, à tout le clergé de son diocèse; un mandement vraiment épiscopal, servant d’introduction à la savante édition des Psaumes et des cantiques qu’il mettoit dans les mains de tous les fidèles: n’est-ce point, en la détachant de son majestueux ensemble, la dépouiller de son plus noble caractère? On pouvoit conserver à l’ouvrage le titre de dissertation, puisque Bossuet n’a pas dédaigné de l’employer: on ne devoit pas, du moins dans un avertissement, négliger d’instruire le lecteur des circonstances qui attachent à l’ouvrage une si haute importance.
M. Genoude l’a, dit-il, traduite en grande partie du latin. Traduite? confrontez avec le texte: vous n’en avez pas même l’abrégé. Pas l’ombre, pas le moindre sentiment de cette plénitude de doctrine, qui, sous la plume du nouveau Chrysostome, se répand dans les plus heureuses citations de l’Écriture et des Pères, de cet élan continu, toujours progressif, des transports de l’ame, qui montre l’orateur sublime là où l’on ne croyoit trouver que l’érudit: rien qui puisse retracer à la mémoire du lecteur ni cette élévation et cette perspicacité de pensée, qui non seulement embrasse chacun des objets dans son vrai point de vue, mais en aperçoit les conséquences les plus éloignées; ni cette abondance et cette vigueur pittoresque de style, dont Bossuet sait empreindre toutes ses compositions, quelque langue qu’il parle; en un mot, ce qu’un illustre écrivain de nos jours appelle sa sublime simplicité et sa prodigieuse magnificence .
Si la traduction du Psautier ressemble à celle de la dissertation, l’auteur peut se vanter d’avoir enrichi la littérature d’une théorie toute nouvelle de l’art de traduire.
Sur les huit chapitres qui composent l’ouvrage de Bossuet, M. Genoude n’en donne que trois. Les autres ne méritoient-ils pas la même faveur? Il y suppléera, dit-il, par des notes rejetées à la fin du volume . Nous affirmons qu’elles sont incomplètes et infidèles.
Pour nous borner aux trois chapitres qu’il suppose avoir traduits, M. Genoude réduit à quatorze lignes les quatre premiers numéro de ce premier chapitre, formant la valeur d’au-delà quatre pages in-octavo.
Bossuet commence son livre par un hommage rendu au caractère de l’inspiration divine qui a dicté tous les livres de l’Écriture, et à l’énergique efficacité de ses opérations sur l’esprit et le cœur de l’homme: inspiration qui se manifeste plus sensiblement encore dans celui-ci, par le charme particulier qui s’attache à la poésie dans laquelle il est écrit. Tout ce début est omis. Le dessein du chapitre, énoncé par Bossuet, d’après un beau texte de saint Augustin, et développé avec éloquence, n’est-pas même indiqué.
La seconde page est tout entière de l’invention du soi-disant traducteur; et l’on y fait parler au grave, au saint évêque de Meaux un langage fait pour inspirer plus que de l’étonnement: «Ces chœurs (de musique) étoient des
«troupes d’hommes et de femmes, de jeunes
«filles et de jeunes garçons, vêtus de la même
«manière, chantant le même air, en dansant
«le même pas, etc.» On croit lire l’auteur du Voyage d’Anacharsis décrivant les danses lesbiennes. Bossuet, qui, dans ce commencement de son ouvrage, ne dit pas un mot des danses dont les chants étoient accompagnés, ne pourra point éviter d’en parler dans la suite, au chapitre VI, n° 33; mais comment? Dès le titre, il prépare l’esprit du lecteur en les annonçant par une épithète qui éloigne toute idée profane, De choreis et piâ saltatione. Rigoureux observateur de toutes les bienséances, Bossuet se gardera bien de préjuger la question, long-temps agitée parmi les savants , si les, femmes chantoient dans le temple avec les hommes; moins encore si les jeunes filles dansoient un même pas avec les jeunes garçons. Il s’enferme dans ces expressions simples: In canendo, priscum illumpopulum sacras egisse choreas, atque ab ipso Davide fuisse frequentata, sacra narrat historia: «Nous apprenons des livres
«saints que, dès la plus haute antiquité, les
«Hébreux avoient des danses religieuses, que
«nous y voyons encore célébrées fréquemment
«par David lui-même.» Et encore a-t-il la précaution de faire intervenir le grand nom de S.- Grégoire de Nazianze, pour écarter par cette image auguste toute pensée profane de l’esprit du lecteur.
Les pages suivantes, jusqu’à la page 8, ne sont encore que des analyses, point du tout des traductions.
Tout-à-coup M. Genoude abandonne, non plus seulement le texte, mais jusqu’au livre lui-même, pour se jeter à travers le Discours sur l’histoire universelle, dont il copie de longs passages sur les prédictions concernant le Messie: comme si Bossuet avoit été réduit à se répéter lui-même; tandis que, dans les endroits de sa dissertation où il parle des prophètes, comme par-tout ailleurs, son inépuisable génie se montre, jusque dans l’expression, toujours original, toujours divers .
Il faudroit un volume pour relever toutes les inexactitudes de détail échappées au nouveau traducteur dans la simple esquisse bornée à ses trois chapitres.
«Le livre des Psaumes est la collection des
«plus anciens hymnes.» Bossuet ajoute, et odarum. Tous les interprètes et grammairiens auroient appris à M. Genoude que ces mots ne sont pas synonymes,
Les premiers Hébreux les chantoient. N’étoient-ce que les premiers Hébreux? leur postérité en a-t-elle laissé perdre l’usage? Bossuet: Prisci illi Hebræi: «Ces Hébreux, remontant à
«une si haute antiquité.»
Les chantoient dans l’intérieur de leurs maisons et dans les assemblées solennelles. Bossuet: Privatim ac publicè, atque inter ipsa sacra, solemnesque conventus: non seulement dans l’intérieur de leurs maisons et dans les assemblées solennelles, niais dans le temple et dans les cérémonies de religion; mais dans toutes les réunions solennelles, même civiles; par exemple, ajoutent les monuments de l’histoire, «pour
«une victoire d’un prince, ou pour lui sou-
«haiter une heureuse expédition, ou pour son
«mariage, ou pour son nouvel avènement à la «couronne .» Bossuet indique tout cela dans
une expression générale: la rapidité de sa marche ne lui permettoit point les détails.
M. Genoude: «Le premier ( des cantiques
«de Moïse) nous met devant les yeux le pas-
«sage triomphant de la mer Rouge, et les en-
«nemis de Dieu, les uns déja noyés, et les autres
«à demi vaincus par la terreur.»
Bossuet, à la suite de diverses circonstances, que M. Genoude supprime: Cùm undis obruti hostes adhuc in conspectu essent, et marinis fluctibus jactata cadavera volverentur. Donc naufrage universel, plus d’ennemis existants: ils sont donc plus que à demi vaincus par la terreur. Bossuet ne dit rien de plus ni de moins que le texte sacré.
«Il n’y a, à proprement parler, que le peu-
«ple d’Israël où la poésie soit venue par ent-
«housiasme.»
Réflexion oiseuse, démentie par l’histoire, et qui ne s’est pas même présentée à la plume de Bossuet.
M. Genoude ajoute, retranche même dans ce qu’il conserve , mutile à son gré, se donne droit de vie et de mort sur le texte sacré, sur les originaux les plus respectables. Il étoit réservé à notre siècle de voir une pareille licence accueillie, encouragée. Bossuet ne s’est jamais cru plus savant que l’Esprit-Saint: M. Genoude se croit plus inspiré que Bossuet!
C’en est assez pour juger le travail du nouveau traducteur.
Le motif qui l’a porté à l’entreprendre, c’est, dit-il, que la dissertation de Bossuet est très peu connue. Elle ne l’est point autant que les Oraisons funèbres et le Discours sur l’histoire universelle, devenus, par le caractère du sujet, des ouvrages classiques, même pour le commun des littérateurs; cela peut être: mais étoit-il; même avant que le digne historien de Bossuet, M. l’évêque d’Alais, ne publiât la vie de l’évêque de Meaux, qui nous fait si bien connoîtra et son histoire et ses ouvrages, étoit-il un ecclésiastique, tant soit peu instruit, à qui il fallût apprendre qu’il existoit un commentaire excellent de Bossuet sur les Psaumes, précédé d’une introduction admirable, sur-tout dans le dernier chapitre, qui traite de l’usage que l’on peut faire des Psaumes dans tous les états de la vie? Ce sont les propres termes d’Arnauld . Un ouvrage publié par Bossuet dans un vaste diocèse voisin de la capitale pouvoit-il rester obscur? Non, sans doute: aussi avoit-il été célèbre dès sa naissance. Le ministre La Roque l’avoit annoncé à l’Europe savante, dans ces paroles: «M. Bossuet a mis en tête de l’ou-
«vrage une savante dissertation, où il éclaircit
«les principales difficultés qui se rencontrent
«dans les Psaumes. Les notes ajoutées au texte,
«pour son éclaircissement, sont tout ensem-
«ble claires et courtes .» Tous les interprètes et commentateurs des Psaumes venus après ont puisé à cette source commune. Bellanger, entre autres, a emprunté de cette dissertation dix-sept pages in-quarto, dont il a fait le plus bel ornement de sa préface sur les Psaumes . Un autre: «J’ai pris pour guides
«en cette partie tous les grands hommes que
«Dieu a suscités dans ces derniers temps pour
«mettre à notre portée les trésors des saintes
«Écritures;» et il cite particulièrement Bossuet .
Lefranc de Pompignan n’a pas manqué de payer à la mémoire de Bossuet cet honorable tribut dans sa traduction des odes sacrées: «Ce
«prélat à jamais célèbre, qui a été lui-même
«le plus sublime et le plus éloquent des hom-
«mes, a fait, dans le chapitre second de sa pré-
«face latine des Psaumes, une analyse admi-
«rable de la poésie de Moïse et de David: cet
«examen littéraire est plein de justesse et de
«sagacité .»
Dans une de ses harangues, prononcée en 1695, à la tête du corps enseignant, Rollin rappeloit les travaux de Bossuet sur l’Écriture, comme l’un des plus beaux titres à la gloire dont jouit dans le monde ce génie vaste et profond qui a su faire marcher de front toutes les sciences ecclésiastiques, a marqué par autant de chefs-d’œuvre chacun de ses pas dans la carrière littéraire, et n’est nulle part inférieur à lui-même . (Nous ne faisons que traduire M. Rollin.) Il fait plus encore: dans son Traité des Études, il en rapporte un assez long passage tiré du second chapitre, qu’il propose tout entier comme un modèle achevé de la manière dont il faut lire l’Écriture . Quel est l’écolier qui n’ait pas lu le Traité des Études, et qui par conséquent ne connoisse pas les principaux ouvrages qui s’y trouvent cités, sur-tout quand ils le sont d’une manière aussi remarquable?
Le livre de Bossuet sur les Psaumes n’est pas moins célèbre chez les étrangers qu’en France. L’auteur du traité De sacrâ Hebræorum poesi, devenu classique, Lowth, en a fait le plus magnifique éloge en l’imitant. Un autre écrivain, qui a porté plus loin encore que Lowth ses vues et ses découvertes sur la poésie des Hébreux, a profité non moins avantageusement dans ses notes et ses traductions de l’ouvrage de Bossuet, qu’il cite fréquemment . Est-ce donc là un ouvrage dont on puisse dire, comme d’une médiocre production, qu’il est très peu connu?
Disons donc hardiment que cet ouvrage réclame sa part dans la célébrité dont jouit son auteur; et ne craignons pas de lui appliquer ce mot que les auteurs du Gallia christiana étendent à toutes les productions de cet incomparable écrivain: Quis enim rerum nostrarum tam alienus, etc.: «Est-il un homme assez étranger
«à notre gloire littéraire, pour ne pas con-
«noître, au moins par la renommée, tout ce
«qui est sorti de cette plume qui donnoit à tout
«l’immortalité ?»
On a prétendu que le latin de Bossuet étoit dur et embarrassé. S’il n’y avoit, en faveur de cette assertion, d’autre autorité que les noms de Faydit, du satirique abbé de Longuerue, elle ne seroit que méprisable. Mais l’abbé Trublet, mais l’abbé Ladvocat, l’ont dit , et ils ont trouvé des échos. Le latin de Bossuet dur, embarrassé ! Ceux qui le disent ne l’ont pas lu. Ce n’est point, si l’on veut, la grace de Cicéron: c’est l’énergie de Salluste et de Tacite, avec ,plus de souplesse et d’abondance. Talbèrt a répondu à ce reproche: «C’est, en latin comme
«en françois, la même magnificence de style,
«l’effet étonnant et toujours inattendu d’ex-
«pressions qu’il crée, toujours cette sorte de
«poésie sublime qui respire dans chacune de
«ses compositions .»
LETTRE PASTORALE, OU ÉPITRE DÉDICATOIRE DE MONSEIGNEUR L’ÉVÊQUE DE MEAUX,
Table des matières
AU CHAPITRE ET AU CLERGÉ DE SON DIOCÈSE,
EN LEUR ADRESSANT SON OUVRAGE SUR LE LIVRE DES PSAUMES.
JACQUES-BÉNIGNE BOSSUET, évêque de Meaux, à nos vénérables et très chers frères les doyen et chanoines de l’Église de Meaux, aux pasteurs des paroisses, aux communautés religieuses, et à tout le clergé du diocèse, salut dans le Seigneur.
Nous vous présentons, nos très chers frères, un nouvel aliment à votre sainte ferveur, dans ces notes que nous avons composées sur le livre des Psaumes, afin que, déja accoutumés à chanter au Seigneur avec une décence et une régularité si édifiantes, vous appreniez de plus en plus à chanter avec goût, c’est-à-dire avec connoissance et sentiment. Ce qui vous recommande notre ouvrage, peu considérable d’ailleurs par son étendue, c’est l’avantage d’avoir été aidé dans notre travail par des hommes supérieurs, profondément versés dans les langues hébraïque, grecque et latine , dont les uns ont passé à une meilleure vie, les autres, nos contemporains, également distingués par une haute réputation de piété et de doctrine, remplissent au milieu de nous les fonctions épiscopales ou les emplois les plus importants. Appelés et retenus à la cour, les uns par diverses causes, moi, comme chacun sait, parles ordres de notre auguste monarque, qui a bien voulu m’attacher à l’éducation du jeune prince dont les vertus nous donnent de si heureuses espérances, réunis par l’attrait des mêmes études et par le charme d’une amitié douce et du commerce le plus fidèle, nous nous sommes appliqués en commun à la lecture des livres saints , assurés que, dans le concours d’objets ou flatteurs ou incommodes qui se rencontrent à chaque pas dans la vie que nous menons, ces livres nous fourniroient une source féconde de consolations et de leçons, comme aussi de délices et d’avantages pour nos relations journalières et nos entretiens familiers. Pour cela, nous avons eu bien des volumes à parcourir: les voici réduits à quelques pages. Le résultat de notre travail est cet exposé de notre psautier, ou plutôt du vôtre, puisque moi-même je suis à vous. «Tout
«est à vous, dit l’apôtre, soit Paul, soit Apollo
«ou Céphas..... Oui, tout est à vous, et vous
«à Jésus-Christ, et Jésus-Christ à Dieu .» Accueillez donc, nos très chers frères, avec bienveillance, ce livre comme un bien qui vous appartient. Ce n’est point là de ces commentaires où l’auteur se livre à des spéculations profondes, trop relevées et pour la plupart stériles, mais proportionnés et réduits à une explication simple et littérale; où enfin nous avons cherché à être utiles plutôt qu’à étaler la pompe d’une ambitieuse érudition. Recevez-les, consultez-les avec un esprit d’indulgence et de droiture. Le ministère que nous remplissons dans l’Église de Dieu nous faisoit un devoir de servir non seulement les plus forts, mais les plus foibles d’entre vous. Recevez donc cet envoi en témoignage public de l’estime que nous faisons de vos personnes, de votre piété, de vos talents, et des travaux qui vous font nos coopérateurs. On verra aussi avec quelle touchante harmonie nous habitons tous ensemble la maison du Seigneur. Nous vous ferons parvenir successivement et sans interruption nos commentaires sur les prophètes, et sur tout l’ancien Testament , ce qui nous aménera, si la vie et nos bonnes résolutions ne nous manquent pas, sous l’aide et la direction du Seigneur, aux livres du nouveau Testament. Du moins le plus ardent de nos desirs est que la vieillesse et la mort nous trouvent occupés de ces exercices utiles à la piété ; féconds, nous aimons à le reconnoître, en sentiments délicieux; dignes enfin de tous les vœux, et bien faits pour nous mériter le secours de vos prières, si vous avez quelque charité pour nous, ainsi que nous l’espérons et que nous vous le demandons .
Donné à Meaux, le 8 juin 1690.