Kitabı oku: «Études sur la géologie, la paléontologie et l'ancienneté de l'homme»
Jacques-Ludomir Combes
Études sur la géologie, la paléontologie et l'ancienneté de l'homme
Le département de Lot-et-Garonne

Publié par Good Press, 2022
EAN 4064066333119
Table des matières
PRÉFACE.
ÉPOQUE SECONDAIRE.
PREMIÈRE ÉPOQUE ANTÉ-HISTORIQUE DE L’AGENAIS.
TERRAINS JURASSIQUES.
TERRAINS CRÉTACÉS.
ÉPOQUE TERTIAIRE.
DEUXIÈME ÉPOQUE ANTÉ-HISTORIQUE DE L’AGENAIS.
DÉPOTS TERTIAIRES D’EAU DOUCE.
DÉPOTS TERTIAIRES MARINS.
ÉPOQUE QUATERNAIRE.
TROISIÈME ÉPOQUE ANTÉ-HISTORIQUE DE L’AGENAIS.
COUP D’ŒIL SUR LA VALLÉE DU LOT.
RÉSUMÉ
DES OBSERVATIONS RELATIVES A L’ÉPOQUE QUATERNAIRE
APPENDICE.
POST-FACE.

PRÉFACE.
Table des matières
Trois époques, antérieures à la période historique et formant comme trois mondes successifs et progressifs, s’offrent aux recherches du naturaliste qui a pris pour champ d’observation les terrains dont se compose le département de Lot-et-Garonne.
Ces époques ont reçu les noms de secondaire, tertiaire et quaternaire.
Leur existence respective est sûrement démontrée par les immenses dépôts marins ou lacustres qui forment les reliefs et les surfaces du sol actuel.
Je me propose d’en donner un tableau sommaire, mais complet, en les étudiant naturellement dans l’ordre de leur succession chronologique. Il me semble toutefois utile de commencer, pour chacune d’elles, par un coup d’œil général sur les êtres dont les dépouilles, providentiellement conservées jusqu’à nos jours, servent à la caractériser, et sur le milieu où ces êtres ont vécu; après quoi, pour chacune encore, viendra l’étude spéciale de sa faune et de ses terrains.
Un double but a inspiré ce travail: rendre de plus en plus accessible aux géologues un coin de terre où chaque étape est marquée par d’intéressantes découvertes, inspirer et entretenir le goût de l’histoire naturelle dans la patrie de Bernard Palissy, de Lacépède, de Bory-de-Saint-Vincent, de Saint-Amans et de Chaubard.
Un double but, ai-je dit? C’est une erreur. Je n’ai qu’un but: servir la science, courageusement et humblement.
Fumel, 1er Juillet 1869.
ÉPOQUE SECONDAIRE.
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PREMIÈRE ÉPOQUE ANTÉ-HISTORIQUE DE L’AGENAIS.
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ÉPOQUE SECONDAIRE.
A ce premier âge des temps anté-historiques de notre région, les animaux d’ordre supérieur ne vivaient pas encore. L’homme, le plus parfait et le dernier en date, ne devait lui-même se montrer qu’après une infinité de siècles.
La température était très élevée. Le soleil, plus lumineux et plus chaud que de nos jours, entretenait, dans une atmosphère saturée de vapeurs aqueuses, une végétation merveilleusement active. C’étaient surtout des coniféres et des cicadées, puis des équisétacées et des fougères.
De vastes mers s’étendaient à la surface des terres, servant d’asile à d’énormes sauriens, sorte de poissons-reptiles qui occupaient le premier rang parmi les êtres vivants d’alors. J’ai trouvé et je possède de nombreux débris de quelques-uns d’entr’eux, notamment de l’Ichthyosaure, du Mégalosaure, du Plésiosaure; ces débris permettent d’assigner aux animaux dont ils proviennent, une. longueur de quinze à vingt mètres.
Il y avait encore le Lépidotus, le Saurocephalus, le Girodus, le Spherodus, le Lemna, l’Asterocanthus, le Pterodactyle, sorte de lézard volant.
Ainsi déjà existaient les vertébrés, mais non encore les mammifères et les oiseaux proprement dits.
Cette époque fut aussi le règne des Ammonites, des Térébratules, des Gryphées, des Rudistes, de nombreuses espèces d’Oursins, de Polypiers, d’Echinadermes, de Foraminifères et de Spongiaires.
Tels sont les êtres qui nous ont précédés sur le coin du globe que nous habitons, êtres dont le Haut-Agenais a conservé les innombrables dépouilles dans les couches régulièrement superposées qui forment l’ensemble de ses terrains.
C’est, au reste, le moment de faire connaître l’ensemble de ces terrains, tels que nous les montrent les collines et les plaines de notre région. Ils ont été formés par des dépôts calcaires ou marneux appartenant, comme les êtres vivants dont j’ai dit un mot au début de ce travail, aux trois époques anté-historiques déjà indiquées. On aura une idée exacte de leur ordre de succession par le tableau suivant qui, bien que placé dans le chapitre consacré à l’époque secondaire, doit aussi servir de guide pour l’étude des époques tertiaire et quaternaire:
COUPE GÉNÉRALE DES TERRAINS
DU DÉPARTEMENT DE LOT-ET-GARONNE.


Deux grands ordres ou systèmes de dépôts comprennent les portions les plus basses et aussi les plus élevées du département de Lot-et-Garonne et en expliquent la formation. Ce sont:
1°. Le système des dépôts à coquilles d’eau douce;
2°. Le système des dépôts à coquilles marines.
Au premier de ces deux systèmes appartient la presque totalité du département. Il n’y a d’exception que pour une petite fraction située au nord-est, pour quelques points disséminés au hasard et pour la région landaise où les sables quartzeux et à coquilles marines ont dû être jetés par une irruption de l’océan sur nos terrains d’eau douce et jusques dans les vallons qui découpent la vallée de la Garonne.
Après que les mers eurent déposé le terrain Triasique (qui est le dernier de l’époque primitive et qui confine au Jurassique, le premier de l’époque secondaire et le plus ancien de l’Agenais), il y eut de nombreux soulèvements. Des terres depuis longtemps formées s’abîmèrent dans les flots de l’océan, et de nouvelles émergèrent. D’autres naquirent de sédiments peu à peu superposés. Telle fut l’origine des formations Jurassiques qui s’étendirent fort loin en Europe et dont les limites, partout très-distinctes, marquent celles des mers du sein desquelles elles se précipitèrent.
Au-dessus des formations jurassiques, de nouvelles mers déposèrent les formations Crétacées, non moins étendues et aussi exactement limitées à leur base et sur leurs bords.
Je consigne ici un fait de la plus haute importance. Le terrain crétacé pousse une pointe au nord-est de l’Agenais, par le Périgord et le Quercy. Il fait là sa jonction avec le jurassique. Si l’on veut fixer leurs limites respectives, on les trouve à peu près représentées par une ligne qui passerait sur Biron, La Capelle, Gavaudun, Monsempron, Fumel, Saint-Vite, Péricard, Pec-de-l’Estèle, Tournon, etc; il en résulte que tous les calcaires situés à l’ouest de cette ligne jusqu’à Agen et, par-delà, près des Landes, ne renferment que des coquilles d’eau douce, tandis que ceux qui se trouvent à l’est, le département du Lot presque tout entier compris, sont caractérisés par des coquilles marines.
Mais ces terrains sont-ils contemporains des cours d’eaux qui les traversent? Plusieurs raisons, dont voici les principales, me portent à admettre l’opinion contraire:
1°. Les couches tertiaires d’eau douce des hauteurs du Pec-de-l’Estelle et de Tournon s’étendent dans une parfaite horizontalité sur-des couches marines: d’où la conclusion naturelle et nécessaire qu’elles leur sont postérieures;
2°. Les lits de la Garonne, du Lot et des ruisseaux qui y aboutissent ont été faits par érosion dans les couches jurassiques, crétacées et tertiaires. Ces terrains préexistaient donc aux cours d’eau qui devaient les diviser;
3°. Ce que j’ai dit plus haut des sables des Landes et des coquilles marines qu’ils renferment, établit jusqu’à l’évidence l’antériorité des deux grandes vallées et des vallons latéraux, à la surface desquels ils se sont déposés.
TERRAINS JURASSIQUES.
Table des matières
ÉTAGE KIMMÉRIDGIEN ( D’ORB. ).
Le département de Lot-et-Garonne ne renferme qu’un seul des nombreux étages qui constituent le groupe jurassique: c’est le Kimméridgien de d’Orbigny, portion de l’étage supérieur du système oolitique de MM. Dufrénoy et Elie de Beaumont. L’étage Portlandien, le dernier et le plus élevé du même groupe, manque, et avec lui les trois étages du terrain crétacé, formant la série dite inférieure, qui, dans l’ordre complet et régulier des faits, devraient lui être immédiatement superposés . Il résulte de ces lacunes que l’étage Génomanien, le premier du crétacé supérieur, se juxtapose immédiatement à l’étage kimméridgien, qui est l’avant-dernier du groupe jurassique dans sa série supérieure.
Une coupe de ces terrains aidera à l’intelligence d’une démonstration que je voudrais rendre simple et claire pour tous.
Si, des bords du Lot, à Fumel, on s’élève jusqu’au sommet des plus hautes collines qui dominent la ville dans la direction du Lot, on rencontre une série de couches indiquées dans le tableau suivant qui les représente de haut en bas:
COUPE AU NORD DE FUMEL.

Ces quatre étages sont très-distincts et l’on peut aisément les étudier sur plusieurs points de la colline.
Mais revenons à l’étage kimméridgien, le plus ancien de tous, et observons-le particulièrement aux environs de Fumel.
Il commence à se montrer au-dessous du niveau du Lot, s’élève aux deux tiers en moyenne de la hauteur des coteaux, puis, s’infléchissant de nouveau suivant un angle de seize degrés, dans la direction de la rivière, finit par y disparaître à trente mètres environ de la chaussée. Cette singulière évolution de ses couches s’aperçoit d’ailleurs on ne peut mieux des deux rives opposées du Lot.
Avec l’étage kimméridgien finit tout ce que la région possédait de calcaire jurassique.
La parfaite régularité de ses strates parallèles et le petit nombre de fossiles qu’on y trouve, accusent la profondeur de la mer au sein de laquelle se sont déposées ses couches remarquables par leur étendue et par leur puissance. On juge, au reste, que cette mer devait être agitée, en constatant que, dans certaines portions, les strates, bien que parallèles, sont ondulées et même arquées.
Leur épaisseur, moindre dans le bas que dans le haut, varie entre vingt et cinquante centimètres. La couleur va du jaune au gris verdâtre ou bleuâtre. Elle passe au roux d’autant plus qu’on approche davantage de l’ouest.
La direction générale des collines jurassiques aux abords de Fumel, est de l’ouest à l’est. Le calcaire qui les constitue possède une grande dureté. Il est ordinairement argilifère. Des veines spathiques s’y montrent parfois et l’oxyde de manganèse y dessine assez souvent de fines arborisations.
Les assises dont la teinte est gris-verdâtre, sont particulièrement abondantes. On en tire un ciment-romain d’excellente qualité. L’exploitation s’en fait sur une assez grande échelle, c’est l’unique emploi de ce calcaire, qui est humide et gélif. On pourrait, à la rigueur, s’en servir sous forme de moellons, mais avec addition d’un prompt et solide crépissage; sous l’influence de la gelée, il se délite, si dur qu’il soit, et sa dégradation est rapide.
J’ai retiré de ce terrain jurassique une infinité de fossiles que je conserve dans ma collection et dont on me permettra de citer les plus caractérisques.
1°. Sauriens et poissons:
Ichthyosaure: — Plusieurs dents et un maxillaire inférieur, côté droit, mesurant 66 centimètres de longueur; — Mégalosaure: Plusieurs dents, très-belles; — Lepidotus et Girodus: Mâchoires entières et parties de mâchoires armées de toutes leurs dents; — Saurocephalus, Spherodus gigas, Lemna parodoxa: dents; — Asterocanthus, deux variétés: plaques ou écailles des vertèbres, divers gros ossements, dents (non encore suffisamment étudiées).
2°. Coquilles:
Ammonites longispina; Ammonites decipiens; Ammonites Lallieranus, etc., etc.: Pterocera Ponti et autres; Chemnitzia gigantea; Mactra; Pinna granulata: deux espèces, de proportions différentes; Pinnigena; Ceromya excentrica; Céromya obovata; Arca; Trigonia; Pholadomya; Mya rugosa; Panopœa; Natica; Nucula; Tellina; Pecten; Terebratula sella; Terebratula subsella; Exogyra ou Ostrea Virgula; Thracia suprajurensis; Fucoïdes, etc., etc.
3°. Végétaux indéterminés, sous forme de lignite.
En terminant ce rapide exposé de l’étage kimméridgien, je crois devoir faire remarquer que les coquilles qui le caractérisent le plus sûrement, c’est-à-dire la Terebratula subsella et l’Exogyra, s’y rencontrent en grande abondance.
Le soulèvement de la Côte-d’Or mit fin à la période jurassique.
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