Kitabı oku: «Auguste Lepère, peintre et graveur»
Jean-François-Louis Merlet
Auguste Lepère, peintre et graveur

Publié par Good Press, 2022
EAN 4064066306809
Table des matières
“ ART ET SCIENCE ”
Justification du Tirage
AUGUSTE LEPÈRE

UNION DE LITTÉRATURE ET D’ART
LIBRAIRIE F. TASSEL
44, RUE MONGE (PARIS)

Cette étude est ornée de dessins
et de compositions
gravés sur bois par
AUGUSTE LEPÈRE
A. LEPÈRE

ET CETTE CONFÉRENCE SUR AUGUSTE LE PÈRE FUT FAITE AU GRAND PALAIS DES CHAMPS-ELYSÉES PAR M. J.-F.-LOUIS MERLET (SALON DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE DES BEAUX-ARTS), LE DIMANCHE 24 MAI 1908, SOUS LES AUSPICES ET AVEC LA COLLABORATION DE LA SOCIÉTÉ DE PROPAGANDE ARTISTIQUE ET DE VULGARISATION SCIENTIFIQUE “ ART ET SCIENCE ” FONDÉE EN 1905.
“ ART ET SCIENCE ”
Table des matières
Il n’est de culture réelle et féconde que si une vision harmonieuse et désintéressée complète et anime une connaissance exacte et profonde des choses.
Nous croyons, non seulement à une alliance possible, mais à une pénétration nécessaire de la méthode scientifique et de l’éducation esthétique pour qui veut juger et jouir pleinement des faits et des œuvres. Nous aimons et nous étudions les oeuvres maitresses du passé parce qu’elles sont belles, mais aussi parce qu’elles nous apprendront à mieux comprendre celles de notre temps qu’il faut aimer, malgré tout, parce qu’il est l’action et la vie, parce qu’il est nôtre. Nous n’admettons ni la suprématie absolue de telle formule ou de telle école sur toutes les autres, ni la distinction des arts mineurs et autres dogmes artistiques: il y a des artistes sincères et novateurs et d’autres qui ne le sont pas.
A tous ceux que la science dans toutes ses manifestations intéresse et que l’art sous ses formes diverses attire, notre groupe est ouvert; chacun peut, s’il le désire, coopérer à l’œuvre commune.
Justification du Tirage
Table des matières

Tous droits de reproduction et de Traduction réservés pour tous pays, y compris la Hollande, la Suède, la Norvège, le Danemark, la Finlande.
AUGUSTE LEPÈRE
Table des matières
Peintre et Graveur

MESDAMES, MESSIEURS,
C’est un très grand honneur pour moi que d’avoir été choisi par notre groupe «Art et Science», afin de parler au Salon de la Société nationale des Beaux-Arts.
Et cet honneur se double d’une joie profonde, d’une joie émue et reconnaissante, puisque je dois parlerd’Auguste Lepère, un desplus nobles artistes de ces temps de veulerie, de théoriciens anémiants, de ficeliers et d’officialisme à outrance.
Soyez remerciés, mes chers camarades, pour m’avoir permis, en faisant un choix si précieux du sujet de cette causerie, d’exprimer des idées qui me sont chères. Si quelquefois l’éloge est maladroit, si au cours de mon étude les amertumes sont trop précisées, n’y voyez que la preuve de mon absolue sincérité, sans concession aucune, même, et surtout, ici.
Notre civilisation meurtrière, qui, pour l’assurance d’un bonheur problématique moyen, laisse s’effriter et, souvent, aide de la pioche l’effondrement des monuments du Passé, ne peut guère donner aux artistes le temps et le moyen de s’occuper uniquement de la seule Beauté.
Malgré la fièvre dévorante de nos cités, malgré cette hâte des foules vers un labeur que l’on rend aride parce qu’il est mal présenté, — et qu’il y a toujours, aussi, une part d’esclavage dans le paiement consenti, — l’humanité sent sourdre et jaillir d’elle-même, en ruissellement de fleurs, comme une extase longtemps endormie, le besoin impérieux de la Beauté.
Étroitement unie à la suite de nos jours, la Beauté doit être pieusement servie.
Des éducations savantes nous ont renseigné sur la valeur des siècles passés; les histoires de l’art nous ont édifié sur le souci des hommes, à travers les années, d’une esthétique qui gardât à la Beauté sa jeunesse éternelle.
Il nous est doux de saluer ici un des artistes qui ont, avec foi, porté leur force et le génie qu’ils avaient en eux sur l’autel consolant.
C’est, dans la pénombre des antiquités disparues dont on retrouve les vestiges, le témoignage admirable de cette vertu divine comme léguée par un autre Dieu que celui des inutiles mortifications, de cette vertu qui jette ses fruits en oeuvres immortelles, vertu qui n’a pas de nom, mais qui resplendit, telle un soleil de Juin.
Hélas! nous ne sommes plus aux temps glorieux où le sourire de Pallas Athéné remplissait le monde, où le printemps de l’Hellade versait au cœur des hommes le pardon et l’harmonie. Et nous ne pouvons évoquer ces époques mortes sans que frémisse notre chair, sans que vibre comme une harpe notre âme tumultueuse que de nouveaux soucis voulurent séparer de la cause des élus.
Nous savons très bien, et cette vérité est pénible, que le siècle n’est plus où les vieux poètes chantaient leurs vers au seuil rose des temples pour l’enseignement des adolescents, où le songe d’Adonis était prisé à l’égal du baiser de Vénus, où les foules adoraient dans un même élan de gratitude et d’amour, la beauté de l’âge qui crée la force et la vie.
Nous ne voyons plus les grands associer leur fortune à l’œuvre des artistes. Et nous ne savons pas que des maîtres du monde, à l’exemple de Néron, ce monstre admirable qui promenait par les rues de Rome l’esthétisme de Pétrone, se soient faits les amis fidèles et simples de ceux que la postérité consacrera.
On s’effarouche, on raille la dame de haut nom ou la courtisane fêtée qui va se dévêtir chez un sculpteur ou chez un peintre afin que ce dernier fixe d’une allure impeccable «l’argile idéale» que célébra Hugo.
Et cependant, quelle tâche admirable que servir la Beauté, par quelque moyen que ce soit. Si la société moderne affinant ses désirs ne suit pas d’un hommage ceux qui passent en effeuillant leur jeunesse studieuse, éprise de nature et de vérité, c’est que la Beauté est trop haute pour la couardise et l’hypocrisie de nos mensongères institutions.
Mais il reste un espoir au cœur des artistes, c’est le renouveau inéluctable, la Renaissance éternelle, le printemps radieux qui se lèvera sur le monde dans un resplendissement d’aurore.

LE CENTAURE

Jamais on ne criera assez haut le danger de la spécialisation, confinant un artiste à la monotonie d’une manière qui l’a signalé à l’attention du public et des critiques.
Cette horreur de parquer un peintre comme on numérote une pièce de musée, est une atteinte à la liberté de créer qui, à mon sens, demeure la seule richesse, le seul patrimoine d’un être que des forces secrètes ont doué. La méthode de classification, de spécialisation à outrance est fausse, et les vrais amoureux de l’art intégral doivent s’élever contre cette coutume qui anémie l’artiste et le réduit à un instrument parfait, du genre des multiplicateurs automatiques.
Ücretsiz ön izlemeyi tamamladınız.