Kitabı oku: «Souvenirs de Joachim Brunschweiler : les débuts d'un artiste»

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Joachim Brunschweiler

Souvenirs de Joachim Brunschweiler : les débuts d'un artiste


Publié par Good Press, 2022

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EAN 4064066307455

Table des matières

CHAPITRE PREMIER

CHAPITRE II

CHAPITRE III

CHAPITRE IV


CHAPITRE PREMIER

Table des matières

ENFANCE. — LE SECRET. — LE VOYAGE D’ARTISTE. — AVENTURES.

Erlen, village protestant de la riante et fertile Thurgovie, compte treize feux. Il doit en bonne partie sa prospérité industrielle à la famille Brunschweiler, qui vint s’y fixer dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. L’église construite en 1763, le fut presque en entier aux frais des Brunschweiler, générosité qui compromit à tout jamais leur fortune.

Mon père, Ulrich Brunschweiler, était doué de facultés brillantes, passionné du vrai, du beau, du bien, aimé et estimé pour ses connaissances variées; il se plaisait à les mettre au service d’autrui, sans nulle idée de lucre. La fortune qu’il avait à attendre de ses parents le dispensait de gagner son pain. Il épousa, en 1768, une aimable Thurgovienne de la campagne, Barbara Péter, de Hatterschweil: union heureuse, comme je pus m’en convaincre à l’âge de discernement.

Né le 5 mars 1770, je reçus au baptême un prénom rare, celui de Joachim. J’étais un enfant fort éveillé, si j’en crois les auteurs de mes jours: à neuf mois je trottinais tout seul; à deux ans je grimpais au haut d’un cerisier. De bonne heure on me préserva de l’oisiveté et des mauvaises compagnies, je ne restais pas une minute désœuvré, les occupations instructives alternaient avec les jeux innocents de l’enfance. A trois ans j’allais à l’école; au retour, on me donnait du coton à éplucher. A mesure que je grandissais, mes parents exigeaient davantage. Dès l’âge de cinq ans ma tâche quotidienne, après l’école, fut de filer une demi-botte de coton, ce qui était déjà bien honnête. Le reste de mon temps était consacré à l’écriture courante ou au tracé de ces belles initiales gothiques, ornées de traits compliqués et encore usitées alors, dernier vestige de l’art des calligraphes avant l’invention de l’imprimerie. Quel bonheur de dessiner ces lettres majestueuses! Telle était à six ans mon habileté dans ce genre, que mon propre maître d’école, s’avouant dépassé, me-chargea d’exécuter des initiales grotesques d’après ses indications. Cela me valut quelque renom; où que j’entrasse, on s’empressait de me mettre un morceau de craie à la main, car la table (du moins dans les maisons aisées) consistait en une grande plaque de marbre noir entourée d’un cadre; c’était un plaisir de dessiner là-dessus. Comme témoignage de satisfaction, l’assistance allait parfois jusqu’à de petits cadeaux.

Ainsi ma première enfance s’écoula dans un développement harmonique de l’esprit et du corps; mais à partir de ma huitième année, le labeur excéda souvent mes forces. Il fallait aller aux champs en été ; or, si la belle nature offre des charmes ineffables, le travail agricole est rude néanmoins, surtout en Thurgovie où le sol, très-dur, se laboure en général à la main; les charrues attelées de bœufs et de chevaux y sont, en effet, plus rares que dans les cantons qui se livrent à l’élève du bétail. Le poids des outils et la fatigue de la posture m’éprouvaient beaucoup.

Qu’était-ce cependant à côté des ennuis de l’hiver, morne saison qui me confinait dans une sombre et humide cave de tisserand! Mon père, avec son adresse ordinaire, avait arrangé le métier à ma taille, sinon à mon gré, car je ne pouvais me faire à l’idée d’être tisserand. Plusieurs années de cette captivité souterraine n’étouffèrent point mes goûts. Toute la semaine je soupirais après le dimanche, moins par haine du tissage que pour être libre de dessiner soit des fleurs, soit de belles maisons; je les enluminais des plus vives couleurs et vendais ces peintures un pfenning pièce aux enfants du voisinage, qui s’en faisaient des signets; souvent la recette d’un dimanche s’élevait à plusieurs batzen, somme qui me paraissait énorme. Un monceau d’or, aujourd’hui, me rendrait moins heureux.

En 1782 (j’avais douze ans), nous reçûmes la visite d’un parent, peintre de portraits à Stuttgard. J’examinai d’un œil curieux ses crayons, ses couleurs. tout son attirail, et la vue de ses ouvrages, quoique je n’entendisse rien à l’art, fortifia ma vocation. Le travail manuel m’inspirait du dégoût, tandis qu’un peintre me semblait un être surnaturel, initié aux secrets de la divinité. Je m’en ouvris à mon père qui, je dois le reconnaître, s’empressa de favoriser mes projets. Il requit les conseils et l’aide de nos parents plus aisés. mais leur avis me fut contraire. «Donnez à votre fils un métier, dirent-ils; faites-en un ébéniste ou bien un tourneur, cela vaut mieux que la peinture.» Plusieurs refusèrent net de s’occuper de mon avenir. Toute la bonne volonté de mon père demeura donc sans résultat, et je retombai dans la cave du tisserand comme le pauvre Jonas dans le ventre de la baleine.

Je n’en crayonnais pas moins à chaque instant de loisir; les murs de ma prison détestée se couvrirent de dessins. Frappé d’une telle persévérance, un de mes cousins, M. le docteur d’Erlen, crut tout concilier en suggérant l’idée de me faire apprendre l’horticulture. J’y consentis sans trop de peine, dès que je sus qu’un jardinier avait à peindre les fleurs. Mon père écrivit à un fameux horticulteur de Stuttgard; la réponse qu’il reçut n’était guère encourageante. «Un jardinier, y disait-on, doit réunir des connaissances très-variées, être versé dans l’histoire naturelle, la météorologie, l’agriculture, et surtout posséder sur le bout du doigt la botanique, dont les détails vont jusqu’à l’infini. Quant à la profession elle-même, elle procure rarement une position indépendante; il faut servir chez autrui et gagner son pain à la sueur de son visage; les places à la ville ou à la cour sont rares, à la campagne la besogne est rude et mal rétribuée. L’apprentissage dure trois ans, il coûte 50 florins.» A cette perspective peu séduisante se joignit une réflexion: le jardinier ne travaille qu’en été et par le beau temps; que faire en hiver ou lorsque la pluie persiste? S’enterrer vivant dans une cave de tisserand? Non, jamais! Mes parents ayant réfléchi de leur côté, il ne fut plus question de l’horticulture.

Bien que désespérant d’être jamais peintre, je saisis la première occasion venue de quitter mon souterrain. Un de mes cousins était maître serrurier à Erlen; j’entrai chez lui à l’essai et montrai autant d’ardeur au travail qu’un véritable apprenti. Mais mes parents firent le raisonnement bien simple que notre village était trop petit pour deux serruriers; je renonçai donc à cette profession qui, du reste, ne convenait pas mieux à ma constitution qu’à mes goûts. Enfin, mon père, qui savait tous les métiers et fabriquait à l’occasion des meubles, pensa que le meilleur état serait celui de tourneur-ébéniste. Je me dis aussitôt que cette occupation présentait plus de variété et d’intérêt que le tissage. Me voilà donc au tour et à l’établi, réussissant assez bien les outils de tisserand, les rouets, les quenouilles, les tables, les chaises, les commodes; j’utilisais le plus possible mes talents de dessinateur et de peintre.

Il paraît que le gain était médiocre, car vers la fin de 1788 mes parents changèrent d’avis et m’envoyèrent en apprentissage chez MM. Frédéric Girtanner & Cie, négociants à Saint-Gall. Je n’y appris absolument rien, si ce n’est à faire les étiquettes et les ballots. Je me voyais condamné à n’être, ma vie durant, qu’un pauvre manœuvre, tout au plus un copiste. La situation me rappelait trop mon passé de tisserand, pour ne pas me faire soupirer après la délivrance.

Ce fut sur ces entrefaites que le sort mystérieux changea ma destinée d’une manière irrévocable, sinon des plus heureuses.

Depuis dix-huit mois environ j’étais apprenti dans la maison Girtanner, lorsqu’en juillet 1790 je reçus la visite de mon frère aîné. Avec quelle enfantine impatience je le questionnai sur le compte de nos parents! Il m’apportait de bonnes nouvelles, mais à sa respiration bruyante, au décousu de ses réponses, à son air à la fois joyeux et préoccupé, je pressentis une communication d’une importance exceptionnelle et plutôt réjouissante. Enfin, mon frère, avec un franc sourire: «J’ai, dit-il, quelque chose à t’apprendre qui te fera plaisir.» — «Qu’est-ce? Parle! Notre père me permet-il d’étudier la peinture?» — «Non, non, il ne s’agit pas de cela. Imagine-toi que M. notre cousin Ulrich Brunschweiler, le doreur, a découvert un vernis blanc qui donne aux tableaux, aux estampes, à toute espèce de bois, le brillant et la transparence du cristal. En outre, ce vernis a le grand avantage de se préparer facilement, vite et sans feu. L’inventeur a fait fortune à Zurich, à Berne et dans presque tous les cantons; comme il nous a communiqué son secret et qu’après lui plusieurs ont déjà ramassé de belles sommes, voulons-nous tenter aussi la chance?» Nous eûmes sur ce point une longue délibération, mais nous nous séparâmes sans rien décider.

Peu après, visite d’un parent qui s’en allait colporter le vernis. Plus un seul jour que je n’entendisse chanter merveille du nouveau produit; chacun brûlait de posséder le précieux secret. Et je pensais, moi naïf: «Quel admirable moyen d’acquérir la richesse, de s’instruire par de beaux voyages et d’apprendre la peinture!» J’écrivis à mes parents que j’abandonnais M. Girtanner pour le vernis. Mais comment quitter le patron? Si je l’avertissais, il me retiendrait; d’autre part, une évasion clandestine présentait de nombreuses difficultés. Une manœuvre quelque peu jésuitique me tira d’embarras. Un samedi, je demandai à M. Girtanner la permission d’aller, le lendemain, voir un parent à Hérisau; la requête fut accordée, comme je m’y attendais. Restait à faire mes paquets sans éveiller les soupçons. Après souper, je me glissai en tapinois dans ma chambre, ramassai mes effets et dormis quelques heures d’un sommeil agité. Je me vis seul en pays lointain, au milieu d’hommes trompeurs, en butte à mille dangers. «Serait-ce un présage?» me demandai-je anxieux à mon réveil. «Bah! les songes ne sont que chimères enfantées par nos espérances et nos craintes. » Et la sérénité rentra dans mon âme.

L’horloge de l’abbaye à la voix grave avait sonné 3 heures, le guet venait de saluer l’aurore, un calme solennel régnait. J’ouvris avec précaution la porte de ma chambre, descendis furtivement l’escalier et sortis. A 4 heures je me trouvais en rase campagne; un ciel d’azur, le soleil qui se levait dans sa majesté, la verdure étincelante de rosée, les notes harmonieuses des chantres ailés, tout semblait applaudir à mon coup de tête. Le ravissement et l’espérance rendirent mes pas si légers qu’à 9 heures, malgré le poids de ma valise, j’avais franchi les quatre lieues qui me séparaient du village natal. Mes bons parents furent heureux de me revoir, mais quant à mon dessein, je leur paraissais trop inexpérimenté. Je ne perdis pas courage; je priai mon père de me mettre bien au fait du secret; après quoi, ma résolution fut plus que jamais inébranlable.

Vaincus par tant d’obstination, mes parents cédèrent à contre-cœur, se rappelant peut-être le proverbe: Qui ne veut entendre, pâtira. Mon départ fut fixé au 11 août 1790. On m’acheta un trousseau à la mode campagnarde: deux bonnes chemises, deux cravates, une paire de bas, une paire de culottes courtes de velours noir, une redingote gris clair de drap fin, un tricorne; en guise de valise, une toile cirée neuve. Mais le secret que j’avais dans la tête était ma principale richesse, le bien qu’on ne pouvait me dérober, la pierre philosophale qui devait me procurer le bonheur; comme le sage, j’avais le droit de m’écrier: Je porte tout avec moi. J’étais, en outre, muni d’une planchette reluisante de vernis, preuve matérielle de l’excellence de ma marchandise. Enfin, comble d’opulence, ma bourse contenait un louis d’or, qui aurait fait un gros volume en kreutzers de Constance, mais le changer eût été de l’ostentation.

Mes parents m’engageaient à ne pas dépasser Bâle, afin de revenir aisément au logis, surtout si les affaires allaient mal. J’avais formé des plans beaucoup plus vastes, et la certitude de causer tôt ou tard de l’inquiétude à ma famille par des pérégrinations prolongées, empoisonna les derniers moments. L’heure fatale des adieux sonna; mon père et ma mère répétèrent encore une fois leurs conseils, ils me bénirent, puis il fallut partir. Je sanglotais. Mon père adoucit un peu mon désespoir en me faisant la conduite. La veille, j’avais pris congé des parents et voisins, tous me souhaitèrent bonne réussite.

Ce fut à 5 heures du matin que je quittai le toit paternel. La journée s’annonçait radieuse, le soleil inondait de ses rayons champs, prairies et forêts; la splendeur divine pénétrait la nature entière; mon cœur restait accablé ! Selon sa promesse, mon père m’accompagna plusieurs jours. A Wigoldingen, nous dînâmes chez ma. tante F. Brauchli; l’après-midi nous fûmes à Klingenberg vers notre bailli, qui me délivra l’attestation suivante:

«Le porteur du présent, J. Brunschweiler, natif d’Erlen, possède le secret de fabriquer un vernis des plus fins, qui, sur le bois ou sur les estampes, simule le plus beau cristal, etc. (Sceau et signature.)»

Ce certificat officiel couronnait mon entreprise; il devait porter chez tous la conviction; ma fortune était faite. Le seul défaut de la pièce était une écriture presque indéchiffrable, même pour les savants; il y avait de quoi me nuire auprès des illettrés.

Nous allâmes ensuite à Frauenfeld, siège du gouvernement, pour le passeport. Je me fis inscrire comme peintre-vernisseur, bien que j’eusse été fort embarrassé de manier un pinceau.

A Hatterschweil, lieu de naissance de ma mère, demeurait mon oncle, M. le docteur Péter; quoique opposé à mes projets, il me gratifia de deux écus neufs. Non loin de là, mon père me dit adieu, en me recommandant à la Providence.

Je ne l’eus pas plus tôt perdu de vue, que je sentis un vide immense; de sombres pensées envahirent tout mon être et m’absorbèrent au point que j’atteignis Winterthur sans savoir comment. Je pris logis à l’Aigle, où personne ne m’honora d’un regard, et le cœur me manquait pour lier conversation. «Quelle froide indifférence! me dis-je. Que devenir, s’il en est ainsi partout?» Fatigué de cette première étape, en proie à la mélancolie et las des humains, je gagnai ma chambrette. Malgré un bon lit, le sommeil fut agité.

Le jour parut, mais il ne changea pas le cours de mes idées. Morne, abattu désespéré, j’atteignis Zurich. Mon cousin Péter, à l’exemple de son père, combattit mon aventureux dessein: «Ton secret est éventé ; que veux-tu faire à Zurich, à moins que M. le pasteur Lavater ne te donne de l’ouvrage? Il occupe beaucoup de jeunes artistes, allons le trouver demain.»

En attendant, j’offris ma marchandise à plusieurs ébénistes; tous dirent: «Ce vernis est archi-connu!» Le célèbre Lavater était donc ma dernière espérance.

Le lendemain matin, Péter me conduisit jusqu’à la porte du grand homme, me la montra comme il l’aurait montrée à un étranger et s’éclipsa. Jugez de mon embarras! Seul, inconnu, sans recommandation, j’allais me présenter à l’illustre savant qui, d’un coup d’œil, assurait-on, lisait sur la physionomie la condition, les habitudes, les pensées de chacun, secret auprès duquel le mien perdait singulièrement de son importance.

Je l’avoue, à mon entrée Lavater, qui examinait des estampes et des peintures, ne se dérangea nullement pour étudier mes traits. Mon vernis même manqua son effet. Tremblant d’émotion, j’exhibai ma planchette; à peine si Lavater daigna la regarder, puis il murmura d’un ton méprisant: «La recette ne vaut rien, absolument rien; j’ai déjà ce vernis.» Et il retourna à ses cartons. Cette réponse dédaigneuse me transperça le cœur; qu’espérer avec un pareil génie contre soi? Mon premier mouvement fut de jeter loin tout l’attirail et de regagner le toit paternel. Je me ravisai: «Bah! des Lavater, on n’en trouve pas partout; ailleurs la chance sera plus propice.» J’aurais voulu demander à ce juge sévère un conseil et même un peu d’ouvrage, mais la crainte d’une rebuffade, d’un brusque congé, me retint. Décidément, mon extérieur honnête n’avait produit aucune impression sur l’éminent physionomiste.

Je n’eus plus qu’une idée, quitter Zurich. Mais où aller? et comment vivre, si le guignon me poursuivait? «Courage! me dis-je; désespérer de soi, c’est se perdre sans retour. Mon secret n’est pas connu hors de Suisse, il y a de l’argent à gagner.» Après une terrible lutte intérieure, je résolus de pousser jusqu’à Bâle. L’hôte du Cygne m’informa qu’un bateau partait pour Baden à midi; c’était une occasion de voyager commodément et à bon marché. Quantité de personnes s’embarquèrent avec moi. En deux heures, la rapidité du courant nous porta à Baden; sans m’y arrêter, j’atteignis Bâle d’une seule traite.

Dès que j’eus repris haleine, je m’occupai de colporter ma préparation, en commençant par les ébénistes, les plus intéressés à mon secret. J’entre dans un atelier; au premier mot on me rit au nez: «Maître, maître! crie un compagnon, venez voir! encore un marchand de vernis!» Le maître arrive, l’air renfrogné, et pour tout salut me lance cette apostrophe: «Je sais faire votre vernis; c’est une attrape. J’ai payé cher la recette et, comme tant d’autres, j’ai été dupé. A cette heure votre drogue ne coûte plus rien.» Quels déboires me présageait cette algarade! J’acceptai néanmoins la lutte avec la destinée.

Par Mulhouse je gagnai Colmar, où je pouvais espérer quelques jours de repos, grâce à la lettre de recommandation qu’un M. Haag, de Frauenfeld, m’avait donnée pour son beau-père, M. le docteur Volmar. Celui-ci m’accueillit avec bienveillance. Je lui racontai mon histoire, sans dissimuler que mon secret ne m’avait encore rien rapporté. Après avoir lu la recette, le docteur me conduisit à sa pharmacie: «Vous trouverez ici, me dit-il, les ingrédients nécessaires. A l’œuvre donc!» Puis il ajouta: «Restez chez moi quelque temps; votre vernis finira bien par être connu et recherché. En attendant, je tâcherai de vous rendre le séjour agréable.»

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Yaş sınırı:
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Litres'teki yayın tarihi:
15 ocak 2025
Hacim:
75 s. 9 illüstrasyon
ISBN:
4064066307455
Yayıncı:
Telif hakkı:
Bookwire
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