Kitabı oku: «La guerre pendant les vacances : récit d'un vieux soldat»
Lemoine
La guerre pendant les vacances : récit d'un vieux soldat

Publié par Good Press, 2022
EAN 4064066316501
Table des matières
I
II
III
IV
V
VI
VII
VIII
IX
X
XI
XII
XIII
XIV
XV
XVI
XVII
XVIII
XIX
XX
ADIEUX DU VIEUX SOLDAT
A SES PETITS AMIS

I
Table des matières
LE PARC
Mettez-vous là, et ouvrez les oreilles de manière à bien m’entendre. Ce n’est point un conte que je vous fais, c’est une histoire que je vous raconte, une histoire dans laquelle tout est vrai, tout jusqu’aux noms, et vous rencontrerez peut-être un jour les petits personnages qui vont figurer dans mon récit; seulement, comme il y a longtemps que ce dont je vous parle s’est passé, les enfants sont devenus des hommes, et c’est sous l’uniforme d’un général avec des épaulettes à graines d’épinard, sous le chapeau à plumes d’un intendant couvert de décorations et sous l’habit d’un médecin en chef de l’armée, que vous les retrouveriez à l’heure qu’il est.
Vous savez que la France est le plus beau pays du monde entier et qu’en France il y a peu de provinces qui puissent être comparées à certaines parties du Jura. Le Doubs, qui coule tantôt entre des coteaux couverts de bois et tantôt entre des prairies pleines de fleurs, a des bords si charmants qu’on ne peut les oublier quand on les a vus et qu’on les regrette toujours quand on les a quittés.
C’était sur les bords de cette belle rivière qu’était situé le château du général Grandjean, qui, après une glorieuse carrière, s’y reposait des fatigues de la guerre. Son fils, colonel d’un de nos braves régiments de chasseurs d’Afrique, avait été tué en chargeant contre les Bédouins. Le vieux général avait horriblement souffert de cette perte;. mais, comme c’était un homme d’un caractère très énergique, il était parvenu à surmonter sa douleur et avait tourné toutes ses pensées vers l’éducation des quatre enfants de son fils qui étaient venus habiter avec lui, ainsi que leur mère, après la mort du colonel. L’aîné de ces enfants était un beau garçon de quatorze ans nommé Georges; Marie, sa sœur, n’en avait pas encore neuf; Robert venait ensuite; enfin Louis, qu’on appelait habituellement M. Lolo, à cause de son air sérieux et réfléchi, fermait la marche.
Je vous laisse à penser quelles parties tout ce monde-là faisait dans le pare qui s’étendait derrière le château du général et descendait jusqu’à la rivière. Quand Georges, qui était déjà au collège, revint chargé de prix passer ses premières vacances auprès de ses parents, ce fut une fête complète. Ses frères l’aimaient beaucoup; Georges le leur rendait bien. Il avait cependant un peu d’amitié de plus encore pour sa sœur Marie. Il disait souvent que, tout jeune qu’il était, il se sentait la force de manger un homme de six pieds, s’il faisait la moindre peine à sa petite Marie. Ce fut justement cette grande amitié qui fut la cause de la guerre dont le parc fut le théâtre pendant les vacances de 18.., et dont je veux vous raconter les différents événements.
CE N’EST POINT UN CONTE QUE JE VOUS FAIS.

De l’autre côté du mur du parc, il y avait un jardin au milieu duquel s’élevait une jolie maison en forme de pavillon. Elle servait de demeure à M. Fontaine, avocat célèbre du barreau de Paris, qui venait y passer le peu de temps que ses occupations lui laissaient de libre, à l’époque où les juges et les tribunaux suspendent leurs travaux et où la justice, elle aussi, prend ses vacances. M. Fontaine était ami du général Grandjean, et chaque soir ils se réunissaient tantôt chez l’un, tantôt chez l’autre, avec quelques personnes des environs. Ils faisaient leur partie de whist, — jeu difficile, mes chers petits amis, que tout le monde croit savoir jouer et que peu de gens jouent bien.
M. Fontaine avait deux fils, Henri, qui avait à peu près l’âge de Georges Grandjean, et Paul, qui était un peu plus jeune. A l’exemple de leurs parents, les enfants vivaient en bonne amitié et parfaite intelligence, et la petite porte qui donnait du parc dans le jardin était les trois quarts du temps ouverte. On était continuellement les uns chez les autres. On jouait tous ensemble après les heures de travail, car, même pendant les vacances, le vieux général et M. Fontaine, qui savaient combien il est indispensable d’être instruit, exigeaient que leurs enfants travaillassent. Ils n’entendaient pas raillerie là-dessus. Ils prétendaient d’ailleurs, et ils avaient raison, que le temps est moins long et la récréation plus agréable lorsqu’on a pris à la journée quelques-unes de ses heures pour les consacrer à l’étude.
Marie Grandjean, qui ne pouvait pas prendre part à tous les jeux de ses frères et de leurs camarades, avait trouvé une petite compagne bien aimable et d’un bien bon caractère. C’était Louise de Brimont, qui habitait avec sa mère un château situé sur l’autre rive du Doubs et presque en face du parc de la famille Grandjean.
Le château où demeurait Louise s’appelait Azan; il avait appartenu anciennement aux comtes de Reculot, vieille et noble famille du pays, et qui ont une bien belle devise; c’est: «Je ne recule que de nom.» La mère de Louise avait acheté cette habitation et était venue s’y retirer avec sa fille dont elle faisait elle-même l’éducation. M. de Brimont, était bien loin, bien loin, dans des pays dont les noms écorchent les oreilles. Son père lui avait laissé de grands biens en Amérique; ils se trouvaient dans cette partie du Nouveau-Monde où il y a encore des peuplades sauvages, et M. de Brimont s’était décidé, plus facilement qu’un autre, à faire ce voyage. Il en avait déjà tant entrepris! Deux choses l’y avaient poussé : le soin de la fortune qu’il voulait laisser à sa chère Louise d’abord, ensuite la curiosité ; car M. de Brimont, qui avait vu des pays de toutes les couleurs, aurait voulu qu’il ne restât pas sur terre un petit coin qui lui fût inconnu. Quelquefois il disait en riant qu’il ne se consolerait jamais de ce qu’on n’eût pas encore trouvé le moyen d’aller voir dans les étoiles ce qui s’y passe, et que, si jamais on le découvrait, il se dépêcherait d’aller prendre son passe-port. S’il avait été prévenu à temps de l’expédition de la terre à la lune, de M. Jules Verne, il eût certes demandé à en faire partie.
Mme de Brimont trouvait un grand charme et une grande distraction à élever Louise. Du reste, cette jolie enfant avait une santé très délicate qui nécessitait tous les soins d’une mère aussi attentive que la sienne. Louise était si douce, si affectueuse, que Marie aurait voulu être jour et nuit avec elle. C’était avec regret qu’elle la voyait s’éloigner quand elles se quittaient, bien qu’elle fût certaine de la revoir le lendemain.
II
Table des matières
BROUILLE A MORT
Un jour, il arriva chez Mme de Brimont une dame alliée à sa famille et que M. de Brimont avait fortement engagée, avant son départ, à venir passer quelque temps à Azan pour tenir compagnie à sa femme. Mme Wolff, c’était le nom de la nouvelle arrivée, vivait en Suisse avec son mari et ses trois fils; mais M. Wolff n’avait pas beaucoup de temps à donner à sa famille. Il était ingénieur. C’est à peine s’il avait le loisir de prendre ses repas. Dès qu’il avait fini, il courait s’enfermer dans son cabinet au milieu de ses chiffres, de ses plans, de ses équerres et de ses compas, dont il ne se séparait qu’à la dernière extrémité. Il fallait presque employer la force pour l’arracher à son travail. Bien souvent il passait les nuits à travailler, et le jour, en se levant, le retrouvait encore comme il l’avait laissé la veille, le tire-ligne à la main.
Il était chargé de percer je ne sais quelle montagne; il avait promis qu’il s’occuperait de ce travail gigantesque de manière qu’il fût terminé dans un temps qu’il avait fixé, et lorsqu’on lui disait que sa santé se ressentirait de la grande fatigue à laquelle il se soumettait sans relâche, il répondait que les peines et la santé devaient être comptées pour rien quand il s’agissait de tenir sa promesse et de remplir un engagement.
Mme Wolff était la meilleure femme du monde; mais elle n’avait pas dans le caractère la fermeté nécessaire pour conduire ses trois garçons. Il en était arrivé que, sans être méchants, c’étaient de vrais diables à quatre, et que dans leurs jeux ils avaient l’air de chevaux échappés. L’aîné se nommait Franck, le second Rodolphe, le troisième Albert.
Une fois installés à Azan, ils firent vite connaissance avec les petits Grandjean et les petits Fontaine, et pendant que Louise et Marie cueillaient des fleurs, soignaient leurs jardins, travaillaient à des trousseaux qu’elles donnaient ensuite aux enfants pauvres de la campagne, ou se promenaient en causant des choses qu’elles avaient lues ou entendues, les garçons des trois familles faisaient des courses, des sauts, des bonds. C’étaient des parties de balle, de cerceau, de chat-coupé et de barres interminables. Ils y mettaient un tel entrain qu’on entendait leurs cris joyeux d’un bout du parc à l’autre et que le père Mélin, garde-chasse du général Grandjean, disait en branlant la tête et en secouant la cendre de sa vieille pipe: «A-t-on jamais vu! a-t-on jamais vu! (c’était le dicton du père Merlin.) — A-t-on jamais vu, disait-il donc, des gaillards comme, ça! ils sont capables de mettre le feu à la rivière; c’est pas des enfants, à proprement parler, c’est des lions déchaînés.»
Le domestique qui avait soin des chevaux du général, et qui avait servi sous ses ordres comme soldat, avait toujours soin le dimanche de fermer à double tour la serrure de l’écurie et de mettre la clef dans sa poche. Il craignait que les diablotins (c’était le nom qui était définitivement et généralement adopté pour exprimer la troupe de garçons qui prenait ses ébats dans le parc et qui se composait de Georges, de Robert et de Louis (M. Lolo) Grandjean, de Henri et de Paul Fontaine, de Franck, de Rodolphe et d’Albert Wolff), il craignait, dis-je, que les diablotins ci-dessus désignés n’allassent tourmenter les chevaux, qui étaient très vifs, et ne reçussent quelque coup de pied. On ne prenait pas la même précaution pour l’armoire où étaient les fusils; le général avait un jour réuni tous les enfants et leur avait raconté l’histoire de tant de malheurs arrivés par des imprudences ou des maladresses de gens qui ne savent pas se servir des armes, qu’ils avaient donné leur parole d’honneur que jamais ils n’approcheraient de l’armoire aux fusils. Le général, qui leur avait souvent fait comprendre que la parole d’un homme d’honneur et d’un enfant bien élevé est une chose sacrée, voulait, en laissant la clef à l’armoire, leur faire voir qu’il avait confiance dans ce qu’ils lui avaient juré solennellement. Il disait qu’il ne reverrait de sa vie celui qui, sans sa permission, aurait eu seulement l’idée d’approcher de l’armoire défendue.
Comme surcroît de précaution, le père Mélin, qui, en sa qualité de garde-chasse, avait les fusils sous sa direction, s’arrangeait pour qu’il n’y en eût jamais de chargés quand on les remettait en place. Le potager et la basse-cour étaient ouverts aussi; aucun des enfants n’était gourmand, et il y avait tant de fruits qu’ils ne pensaient pas à prendre en cachette ceux qui étaient sur les quenouilles, puisqu’on leur donnait ceux qu’ils désiraient, pourvu qu’ils fussent mûrs. Dans la basse-cour, messieurs les diablotins faisaient quelquefois, à la vérité, courir les canards et les oies un peu plus vite qu’il n’eût fallu; ils s’amusaient aussi trop souvent à imiter le cri des dindons, et ne s’arrêtaient, dans cet étrange exercice, que quand ils étaient aussi rouges que les crêtes de leurs modèles; mais ils n’approchaient pas des poules qui avaient des poussins, parce qu’ils savaient par expérience que ces pauvres bêtes, auxquelles leur amour maternel donne un grand courage, vous sautent très joliment aux yeux quand elles craignent qu’on ne fasse du mal à leurs petits. Ils n’approchaient pas de la faisanderie, parce qu’à la porte qui y conduisait il y avait un gardien qui s’appelait M. Turc. C’était un énorme chien des Pyrénées à poils longs et rudes, jaunes et blancs; il avait une gueule et des dents à ne faire qu’une bouchée de celui qui aurait voulu violer sa consigne. Le souvenir était resté d’un imprudent polichinelle qui ne s’était tiré de ses crocs qu’avec un bras de moins. Ils n’allaient point non plus tourmenter les lapins ni les empêcher de manger leurs carottes; il y avait tout près de la cage aux lapins une petite maisonnette où logeait Mlle Rose, qui ressemblait un peu plus à un grenadier qu’à une fleur. Mlle Rose était chargée du soin de la basse-cour, et quand on venait faire enrager ses élèves et qu’elle n’était pas de bonne humeur, elle empoignait son grand balai, un balai formidable, mes chers enfants, et courait les bras levés sur l’imprudent, quel qu’il fût, qui venait troubler la paix de son royaume; elle était forte comme trois hommes ordinaires et disait qu’avec son balai elle mettrait un escadron de Cosaques en déroute.


Un certain dimanche, après avoir entendu la messe à Azan, on s’était réuni chez le général qui, pour fêter l’arrivée de Mme Wolff, donnait un grand déjeuner. Tout le monde, c’est ainsi que le général appelait sa société habituelle, devait se trouver autour de sa table à manger, qui fut bien servie et bien entourée surtout. Ce jour-là, outre les personnes raisonnables, et dans ce nombre je comprends Mlles Louise et Marie, il s’y trouvait huit garçons qui, à peine le repas commencé, auraient déjà voulu être au dessert, pour le dessert d’abord, mais surtout pour aller reprendre leurs parties. Le dimanche il y avait repas général et cessation de travail sur toute la ligne.
A la fin du repas, qui fut gai et animé, les enfants s’envolèrent comme une volée de perdreaux, les. uns sur la pelouse, les autres dans les allées du parc.
On était au mois d’août. Malgré la chaleur, les enfants, habitués au grand air, s’occupaient peu de chercher l’ombre; ils allaient, sans autre protection pour leur teint que leurs chapeaux de paille ou leurs casquettes. — Ils auraient bien ri si on leur avait fait voir un de nos soi-disant élégants d’aujourd’hui, un de ceux qui ont imaginé de se mettre des voiles verts, comme les dames, pour se préserver le visage quand ils vont à la campagne, et qui n’osent pas se déganter de peur de se brûler les mains aux rayons du soleil, un de ceux qui mériteraient qu’on leur coupât la barbe et qu’on leur mît un jupon, si toutefois de pareils efféminés n’étaient indignes d’en porter un. — Toute la bande de nos garçons avait la figure et les mains un peu hâlées, mais ils n’en étaient que plus beaux, et avec leurs yeux vifs, leur air de santé et leur vivacité, ils réjouissaient le cœur de tous ceux qui les voyaient. Quand ils revenaient ayant bien couru et souvent en nage, on ne les grondait pas, et leurs mamans, fières de les voir si forts et si adroits, se bornaient à leur essuyer le front avec leur mouchoir et à leur donner un bon baiser par-dessus le marché, prétendant qu’il n’y avait rien de tel pour finir de les sécher.
Tout allait pour le mieux dans notre petite colonie; mais, comme disent les marins, quand le ciel est trop pur, quand la mer est trop calme, il faut s’attendre au tonnerre et à la tempête.
Ce fut du jardin de Mlle Marie que partit l’éclair qui devait tout mettre sens dessus dessous, et voici comment cela arriva:
MARIE, s’adressant en pleurant aux garçons formés en cercle autour d’elle. Qui est-ce qui a saccagé mon parterre de fleurs que j’arrosais si précieusement? Celui-là ne peut être qu’un méchant.
FRANCK, entrant dans le cercle et se posant fièrement devant Marie. C’est moi! pas d’autres. Qu’on n’accuse personne, et je ne me crois pas un méchant garçon parce que j’ai pris quelque méchantes fleurs dans le jardin de Mlle Marie pour les donner à Louise. Il n’y a pas de quoi pleurer. Ne dirait-on pas que c’est un grand malheur, ma foi! Il faut être de bien désagréable humeur, pour faire tant de bruit pour si peu. — Ça n’est pas beau d’être avare de ses fleurs!!! Mademoiselle! !!
MARIE, piquée. Puisque vous m’appelez mademoiselle, je vous dirai, monsieur Franck, qu’il est encore moins beau de prendre ce qui est aux autres et de détruire tout un parterre pour faire un bouquet avec des fleurs qui ne vous appartiennent pas. Il me semble, monsieur, que vous pouviez bien au moins me demander la permission si vous aviez envie de donner mes fleurs à Louise.
FRANCK. Oui, pas mal! vous m’auriez donné la permission de prendre... les plus laides... les fanées!!! Je connais ça!
MARIE. Oh! si on peut parler ainsi! Tenez, allez-vous-en, monsieur Franck, je vous défends de me parler.
LOUISE, embrassant Marie et lui tendant le bouquet que lui a donné Franck. Je suis bien fâchée, ma chère Marie, je ne savais pas d’où venaient les fleurs que Franck m’a données. Si j’avais su qu’il les eût prises dans ton jardin, je ne les aurais pas acceptées. Veux-tu que je te les rende et que nous allions réparer le désordre que Franck à mis dans ton parterre?
FRANCK. J’irai avec vous; vous verrez, Louise, qu’il n’y a pas tant de dégât qu’on veut bien le dire. En cinq minutes je veux qu’on n’y voie plus rien, et que ce soit plus beau qu’avant. Allons, venez-vous?
MARIE. Monsieur Franck, je vous prie de rester où vous êtes; je n’ai pas besoin de vous. Louise gardera son bouquet si elle le veut; moi, je rentre à la maison, et je vais prier ma mère de faire mettre autour de mon jardin une barrière bien haute et une bonne serrure pour empêcher les pillards d’y entrer.
LOUISE, retenant Marie. Tu es fâchée, ma chère Marie, ne me quitte pas ainsi! Il n’y a pas de ma faute. Ce serait la première fois que nous nous bouderions. Voyons, sois bien gentille. — Franck...
QUI EST-CE QUI A SACCAGÉ MON PARTERRE?

MARIE, se dégageant. Je vous dis que M. Franck est un méchant garçon. Si vous le soutenez, tant mieux pour lui! Moi, je vous le répète, je vais tâcher, si c’est possible, de mettre mon parterre à l’abri des...
FRANCK. Des... des... de quoi?... Voulez-vous dire qu’on vous les a volées, vos vilaines fleurs?... Je m’en moque pas mal de vos fleurs... D’abord je ne sais pas pourquoi je les ai cueillies; elles étaient affreuses, vos fleurs! Vous faites bien votre fière! Voyez donc madame la princesse, avec son parterre! Son parterre! Vous pouvez bien y faire mettre des barrières à votre beau parterre; ce n’est pas ça qui m’empêcherait d’y entrer, si je voulais. En attendant, apprenez, mademoiselle, que je ne suis pas un voleur, comme vous aviez envie de le dire, et que vous, vous êtes une pimbêche.
MARIE, en sanglots. Pimbêche! Je ne vous pardonnerai jamais ce mot-là... Oh! c’est affreux! c’est affreux! Ils sont tous là à se regarder, et personne ne prend mon parti.
(Elle s’en va en mettant son mouchoir sur ses yeux.
Louise la suit en cherchant à la consoler.)
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