Kitabı oku: «Un chapitre de l'histoire des enfants trouvés»

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Léon Lallemand

Un chapitre de l'histoire des enfants trouvés : la maison de la Couche à Paris (XVIIe et XVIIIe siècles)


Publié par Good Press, 2021

goodpress@okpublishing.info

EAN 4064066338275

Table des matières

AVANT-PROPOS

CHAPITRE PREMIER

FONDATION. — ADMINISTRATION. — REVENUS.

§ 1 er . — LES ENFANTS-TROUVÉS A PARIS ET SAINT VINCENT DE PAUL.

§ 2. — L’ADMINISTRATION DE LA MAISON DE COUCHE DE 1670 A 1791 .

§ 3. — PROPRIÉTÉS ET REVENUS DE L’HOPITAL.

I

II

III

IV

CHAPITRE II

ADMISSION ET MISE EN NOURRICE DES ENFANTS TROUVÉS.

§ 2. — CHIFFRES DES ADMISSIONS.

§ 3. — LE SÉJOUR DES ENFANTS A LA COUCHE.

§ 4. -- ENVOI DES ENFANTS EN PROVINCE: LES MENEURS ET MENEUSES.

§ 5. — ENVOI DES ENFANTS EN PROVINCE. LES NOURRICES.

§ 6. — LA VISITE DES ENFANTS EN PROVINCE.

CHAPITRE III

MISE EN PLACEMENT ET EN APPRENTISSAGE DES ENFANTS-TROUVÉS.

2. — LA MISE EN APPRENTISSAGE DES ENFANTS RAMENÉS A PARIS.

§ 3. — SORTIE DES ENFANTS DE TUTELLE. RETRAITS PAR LES PARENTS.

CHAPITRE IV

LA MORTALITÉ DES ENFANTS, — LE SERVICE MÉDICAL ET L’HOSPICE DE VAUGIRARD.

§ 1 er . — LA MORTALITÉ DES ENFANTS TROUVÉS.

§ 2. - LES ENFANTS GASTEZ ET L’HOSPICE DE VAUGIRARD.,

PIÈCES JUSTIFICATIVES

ANNEXE N° 1

ANNEXE N° 2

PROCÈS-VERBAUX D’EXPOSITIONS ET D’ABANDONS.

PIÈCE n° 1.

PIÈCE n° 2.

PIÈCE n° 3.

PIÈCE n° 4.

PIÈCE n° 5.

PIÈCE n° 6.

PIÈCE n° 7.

PIÈCE n° 8.

PIÈCE n° 9.

PIÈCE n° 10.

PIÈCE n° 11.

PIÈCE n° 12.

PIÈCE n° 13.

PIÈCE n° 14.

PIÈCE n° 15.

PIÈCE n° 16.

PIÈCE n° 17.

PIÈCE n° 18.

ANNEXE N° 3

ANNEXE N° 4

ANNEXE N° 5

ANNEXE N° 6

ANNEXE N° 7

ANNEXE N° 8

ANNEXE N° 9

ANNEXE N° 10

ANNEXE N° 11

PIÈCE N° I.

PIÈCE N° II.

PIÈCE N° III.

PIÈCE N° IV.

PIÈCE N° V.

PIÈCE N° VI.

ANNEXE N° 12

ANNEXE N° 13

PIÈCE N° I.

PIÈCE N° II.

ANNEXE N° 14

PIÈCE N° 1.

PIÈCE N° 2.

PIÈCE N° 3.

ANNEXE N° 15

AVANT-PROPOS

Table des matières

L’Académie des sciences morales et politiques a couronné, il y a quelques mois, un mémoire que nous lui avions adressé sur l’Histoire des enfants abandonnés et délaissés. Ce mémoire, à l’impression en ce moment, renfermant quatre chapitres relatifs à la Maison de la Couche au parvis Notre-Dame, composés d’après des documents en partie inédits, il nous a paru intéressant de les publier à part, en y joignant les pièces justificatives qui en forment le complément.

Nous dédions ce modeste travail à nos collègues de la Société de l’histoire de Paris et de l’Ile-de-France, en les priant d’en agréer l’hommage.

LÉON LALLEMAND.

Paris, 5, rue des Beaux-Arts.

CHAPITRE PREMIER

Table des matières

HISTOIRE DE LA MAISON DE LA COUCHE A PARIS


FONDATION. — ADMINISTRATION. — REVENUS.

Table des matières

§ 1er. — LES ENFANTS-TROUVÉS A PARIS ET SAINT VINCENT DE PAUL.

Table des matières

A Paris, aux XVe et XVIe siècles, les doyens, chanoines et chapitre de Notre-Dame s’occupaient plus ou moins directement des enfants trouvés, «qu’ils ont accoutumé de recevoir et faire nourrir pour l’honneur de Dieu», disent les lettres patentes de 1536, portant création de l’hôpital des Enfants-Rouges.

L’arrêt de Parlement en date du 11 août 1552, obligeant les seigneurs justiciers de la ville et faubourgs à contribuer à l’entretien de ces enfants, décida que pour la régularité des opérations «les deniers adjugez pour ladite nourriture et autres qui seroient aumosnez ausdicts enfans seroient mis ès mains des maistres et gouverneurs de l’Hostel Dieu de la Trinité », à charge de commettre une femme pour recevoir les enfants exposés «soit en ladicte église de Paris ou ailleurs». «Laquelle femme, continue l’arrêt, faira résidence et recevra lesdicts enfans en la forme et manière qui parcy-devant a esté gardée en la dicte église de Paris, et iceux par elle retirez seront par lesdicts administrateurs baillez à sages femmes honnestes et connues pour iceux eslever et nourrir. Et néantmoins a la dicte cour ordonné et ordonne que le berseau et bouette estans en la dicte église de Paris pour recevoir les enfans exposez et aumosnes a eux faictes demoureront en icelle église; et que la femme que cy-devant a eu la charge de recevoir lesdicts enfans exposez en la dicte église, aura les salaires qui par cy-devant luy ont esté ordonnez par lesdicts doyen et chappitre, à la charge que s’il y a aucuns enfans mis et exposez en la dicte église, elle sera tenue iceux recevoir et faire apporter audict hospital de la Trinité .»

Bouchel, qui vivait au commencement du XVIIe siècle, trace le tableau suivant de la manière dont se faisait la levée des enfants trouvés (édit de 1671, t. Ier, p. 1013):

«Quand il se trouve par les ruës de Paris quelque enfant exposé, il n’est loisible à personne de le lever, fors au commissaire du quartier, ou à quelque autre passant son chemin. Et se doit porter aux Enfants trouvez a Nostre-Dame, en la maison destinée pour les nourrir et allaicter, qui est auprès la maison épiscopale et fait le bas d’une ruelle decendante à la riviere... Et quant à lever l’enfant trouvé, si le commissaire ou autre ne s’en entremet, craignant la dérision et soupçon l’enfant estre de son fait, on envoye quérir la dame des enfans-trouvez qui ne fait difficulté de l’enlever, en luy payant cinq sols pour le domicilier, à la porte ou estau du quel ledit enfant aura esté trouvé .»

Ces maisons du port Saint-Landry avaient été affectées à cette destination par le chapitre de Notre-Dame «moyennant récompense raisonnable», et en 1570 le Parlement, désirant rendre plus efficace son arrêt de 1552, fit visiter ces immeubles et ordonna des réparations, en décidant que les personnes ecclésiastiques, seigneurs justiciers de Paris, dénommées en l’arrêt précité, «s’assembleroient aux jours, lieux et heures qui leur seroient préfix et assignez par ledict evesque de Paris pour conférer et dresser mémoires et articles de la police qui leur sembleroit bonne et devoir estre gardée et observée pour la nourriture, gouvernement et administration desdicts enfans trouvez...»

Par manière de provision il était statué «que Marie de la Croix, veufve de feu Philippe le Jay, Anne Guyon, veufve de feu M. Pierre d’Estampes, docteur en médecine, et Catherine de Moussy, veufve de feu Denis Guillebon, cy devant nommées par ledict procureur général, auroient intendance sur la nourriture et entretenement desdicts enfans trouvez; et que Pierre Hotman, marchand orfevre bourgeois de Paris, recevroit les deniers ez quels les dénommez audict arrest avoient esté cottisez.» De plus le nommé Thibault Choisi devait continuer «la garde et nourriture desdicts enfans.» (Felibien et Lobineau, Histoire de Paris, preuves, t. II, p. 831.)

On peut présumer que ces sages dispositions du Parlement, déjà fort tardives en comparaison de ce qui se passait dans certaines provinces, tombèrent partiellement en désuétude au milieu des guerres sanglantes de la fin du XVIe siècle; la Saint-Barthélemy est de 1572 et les sièges de Paris par Henri III et Henri IV n’étaient certainement pas faits pour permettre le développement des maisons du port Saint-Landry, près la rue d’Enfer, en la Cité ; aussi les historiens s’accordent-ils pour peindre au XVIIe siècle la situation des enfants exposés comme fort triste, et c’est alors qu’apparaît l’initiative et le dévouement de Monsieur Vincent.

La veuve qui avait succédé aux femmes désignées dans l’arrêt de 1570 s’occupait avec deux servantes du soin des trouvés; le nombre en était grand, les ressources plus que minimes; aussi ces pauvres petits mouraient-ils presque tous. Les servantes les soignaient du reste fort mal, leur donnant des narcotiques pour les faire dormir, les vendant même moyennant vingt sols à des mendiants, des bateleurs, des gens qui les faisaient servir à des opérations magiques.

Un pareil abandon émut l’âme compatissante de saint Vincent; il envoya les dames qu’il formait à l’exercice des bonnes œuvres, visiter la maison de la Veuve. Le spectacle qu’elles eurent sous les yeux les épouvanta et elles décidèrent de se charger de quelques-uns de ces pauvres enfants. Une maison fut louée à la porte Saint-Victor, en 1638, et Mlle Legras en prit la direction avec ses Filles de la Charité. D’un autre côté le saint sut émouvoir la Cour, et Louis XIII, «quoiqu’il n’eût que la moindre de toutes les justices de la ville ,» consentit à donner quatre mille livres prises sur le domaine de Gonesse ; Louis XIV alloua plus tard huit mille livres sur le revenu des cinq grosses fermes . Mais les dépenses croissaient chaque jour, et les dames, effrayées de leur tâche, étaient presque décidées à y renoncer. C’est alors que se place cet épisode si connu de la vie de saint Vincent de Paul.

La délibération est ouverte; il expose à l’assemblée qu’elle n’a pris aucun engagement; il montre cependant le bien réalisé, les résultats plus consolants à obtenir encore, et enfin s’écrie, avec l’abondance de ce zèle qui a déjà fait tant de merveilles: «Or sus, Mesdames, la compassion et la charité vous ont fait adopter ces petites créatures pour vos enfants; vous avez été leurs mères selon la grâce, depuis que leurs mères selon la nature les ont abandonnés; voyez maintenant si vous voulez aussi les abandonner. Cessez d’être leurs mères pour devenir à présent leurs juges; leur vie et leur mort sont entre vos mains; je m’en vais prendre les voix et les suffrages; il est temps de prononcer leur arrêt et de scavoir si vous ne voulez plus avoir de miséricorde pour eux. Ils vivront, si vous continuez d’en prendre un charitable soin, et au contraire ils mourront et périront infailliblement si vous les abandonnez; l’expérience ne vous permet pas d’en douter .»

L’assemblée répond par son acquiescement unanime, et la maison des enfants trouvés de Paris peut être considérée comme fondée.

On obtient du roi le château de Bicêtre; l’air est trouvé trop vif pour ces poitrines délicates, on ramène les enfants dans Paris au faubourg Saint-Denis , puis dans deux maisons, sises l’une devant Notre-Dame, l’autre au faubourg Saint-Antoine. Ces dernières acquisitions, faites par les directeurs de l’hôpital général, appartiennent à la période administrative qui date de 1670 .

Antérieurement, les seigneurs hauts justiciers, vu les charges croissantes pour l’entretien des enfants, avaient été condamnés par le Parlement à payer quinze mille livres annuellement; nous sommes loin, comme on le voit, des 960 livres de l’arrêt de 1552. Le charité de saint Vincent avait su triompher de tous les obstacles.

§ 2. — L’ADMINISTRATION DE LA MAISON DE COUCHE DE 1670 A 1791 .

Table des matières

Jusqu’en 1670, l’administration de l’œuvre des enfants trouvés avait été laissée à l’initiative privée; pour en assurer le développement, il parut utile de la fondre en quelque sorte dans ce vaste rouage créé en 1656 et qui avait nom l’hôpital général.

L’édit du roi, de juin 1670, déclare cependant l’établissement: «l’un des hôpitaux de notre bonne ville de Paris,» pouvant «agir, contracter, vendre, aliéner, acheter, acquérir, comparoir en jugement et y procéder, recevoir toutes donations et legs universels et particuliers, et généralement faire tous les autres actes dont les hôpitaux de notre dite ville et fauxbourgs sont capables.»

Afin donc de rattacher la maison de la Couche à l’hôpital général, tout en lui laissant une vie propre, l’édit l’unit à cette administration puissante. «Ordonnons, dit le roi, que la direction dudit hôpital des enfants trouvés sera faite par les directeurs de l’hôpital général, auquel nous l’avons uni et unissons par ces présentes. Mais comme cela ne désire pas un si grand nombre de personnes , voulons que le premier président, notre procureur général en notre parlement de Paris, en prennent soin, avec quatre directeurs dudit Hôpital Général, qui seront nommés au bureau d’icelui, ainsi que les commissaires des autres maisons dudit Hôpital Général et y serviront pendant trois ans, s’il n’est trouvé à propos de les continuer... et feront pendant ce temps toutes les choses nécessaires pour ladite administration, à la réserve néanmoins des acquisitions d’immeubles ou aliénations... lesquels ne pourront être arrêtées que dans le bureau dudit Hôpital Général.»

Il devait y avoir de plus un receveur rendant ses comptes au bureau de l’hôpital général, et les dames étaient exhortées à continuer a leurs zèle et charitables soins envers les enfans».

Un arrêt du conseil d’État (21 juillet 1670) régla les bases de l’administration des directeurs conformément à l’édit de juin. La première séance eut lieu le 5 septembre 1670 «en la maison des Filles de la Charité où est la Couche des enfants trouvés vis-à-vis l’église de Notre-Dame, sur les deux heures de relevée».

S’y étaient rendus: «Mesdames la duchesse d’Aiguillon, la présidente Nicolay, d’Aligre, Jolly, Violle, Teste et Petit. De la part de l’hospital général: Messieurs Loyseau, de Mouhers, Berryer et Pinette; et M. Parent receveur.

«A esté commencée par la prière et l’invocation du Saint-Esprit et lesdites dames prirent leurs places à main droite et messieurs les directeurs à la gauche .»

La séance du 16 septembre se tint «en la maison des enfants trouvés au faubbourg Saint-Denis». Plus tard ces réunions devinrent hebdomadaires, mais les dames n’assistaient souvent qu’à l’assemblée générale qui fut] mensuelle ; deux d’entre elles se trouvaient cependant «tous les mardy et après disné au bureau desdits enfans, rue Neuf Notre-Dame.» En 1676 elles établirent à ce sujet une sorte de roulement pour ces séances du mardi .

L’édit de 1670 continua à régir l’hôpital des enfants trouvés, jusqu’en 1791. Au nombre des attributions du bureau non mentionnés dans les arrêts ou déclarations, il faut indiquer qu’en vertu du règlement général de 1742, et après entente avec le supérieur des Lazaristes, la nomination des sœurs supérieures des maisons de la Couche et de Saint-Antoine, se faisait au choix de l’administration. En effet, dit une délibération de 1782. «dans un hôpital tel que celui des enfants trouvés les fonctions de supérieure ne se bornent pas à régir simplement une communauté ; les premiers soins doivent avoir pour objet la conservation des enfants abandonnés; il s’agit de maniment d’argent, de comptabilité réglée, de correspondance avec les dames de charité et autres personnes charitables; sans compter la surveillance pour faire observer les règlements et les délibérations du bureau; enfin il faut tenir plus à la chose même de l’hôpital qu’à l’observance de règles particulières, ou du moins savoir allier les exercicees de communauté avec les règlemens hospitaliers .»

§ 3. — PROPRIÉTÉS ET REVENUS DE L’HOPITAL.

Table des matières

Un asile aussi considérable que celui des enfants trouvés nécessitait des revenus importants; ils provenaient de sources diverses: subventions royales; concessions de droits d’octroi et de loteries; réunions d’œuvres déjà existantes; dons et legs, quêtes et produits de propriétés foncières.

L’examen rapide de ces ressources permettra de se rendre compte de la fortune totale de la fondation de saint Vincent de Paul.

I

Table des matières

Subventions et concessions royales.

L’édit de 1670 portait confirmation expresse des donations antérieures, ainsi que de la part contributive mise à la charge des justiciers par les arrêts de 1667. Quatre ans plus tard, le 1er décembre 1674, le roi ayant par son édit du mois de février précédent réuni à la justice royale des Châtelets de Paris «toutes les hautes justices de l’archevêché, du chapitre de Notre-Dame et des abbayes, prieurés et chapitres dans la ville, fauxbourgs et banlieue de Paris», se chargea de l’acquittement des sommes dues de ce chef à l’hôpital des enfants trouvés, en portant la redevance à vingt mille livres, eu égard aux charges croissantes de l’établissement .

Cette libéralité maintenue jusqu’à la Révolution n’empêchait pas les dons extraordinaires dans les circonstances pressantes. Ainsi, le 9 mars 1767, comme il résultait de l’examen des états remis au contrôleur général qu’un secours de 120,000 livres était absolument nécessaire, le roi autorisa l’allocation annuelle de cette somme, indépendamment du secours de 150,000 livres déjà assigné le 1er janvier 1767 sur la caisse d’escompte et qui prit fin avec cette caisse en 1769 .

En vue de favoriser une maison d’une telle utilité, une part lui était attribuée également dans les droits perçus sur les objets entrant dans Paris.

L’arrêt du conseil (7 juin 1695) ordonne notamment qu’il sera opéré distraction au profit de l’hôpital des enfants trouvés sur l’octroi du vin (trente sols par muid), «la quatorzième partie de ce qui est touché par l’Hôtel-Dieu et la cinquième partie de ce qui est reçu pour l’hôpital général .» Au siècle suivant ces droits furent étendus à maintes reprises concurremment avec ceux établis pour l’hôpital général. Une des dernières déclarations faites dans ce sens est du mois de juin 1783 .

Un des moyens le plus fréquemment employés au siècle dernier pour constituer, en dehors des octrois, des revenus aux établissements hospitaliers, était la concession de loteries. Ce mode de subvention; qui tend à reparaître en ce moment dans des proportions désastreuses, est condamné par l’expérience et la science économique. L’argent ainsi recueilli en vue d’un gain trompeur sert pour une forte part à solder les intermédiaires; il est prélevé sur l’épargne du pauvre; en outre l’espoir d’une chance favorable, continuellement entretenue par la fréquence des tirages, détruit chez lui toute idée de travail et de prévoyance, seul véritable moyen d’améliorer son sort.

Quoi qu’il en soit, la loterie était un moyen usité et les enfants trouvés eurent la leur.

Sur la demande faite en 1717 par M. de Mesmes, premier président du parlement de Paris et l’un des chefs de l’administration de l’hôpital général, basée sur les dépenses croissantes de la maison, le Roi, de l’avis de Monseigneur le duc d’Orléans, accorda une loterie à vingt-cinq sols le billet dont on devait retirer cinq sols au profit de l’établissement «digne d’une charité et d’une attention particulières » .

Cette disposition fut ensuite modifiée avant d’avoir été exécutée et la loterie ne commença en réalité qu’au mois de mai 1721. Le billet étant fixé à 20 sols avec 15% de bénéfice pour les enfants trouvés ce qui produisait annuellement, en moyenne, plus de 240,000 livres.

Un arrêt du conseil d’Etat attribua en outre à l’hôpital les lots non reclamés .

Cette situation prospère continua jusqu’en 1755, où les abbés et chanoines réguliers de Sainte-Geneviève dont l’église menaçait ruine obtinrent du roi que les billets des trois loteries qui se tiraient alternativement chaque mois dans la ville de Paris en faveur de l’église Saint-Sulpice, des enfants trouvés et de plusieurs communautés religieuses seraient augmentés d’un cinquième et fixés à 24 sols, «pour être le produit de la moitié de cette augmentation appliqué sans déduction d’aucun frais à la reconstruction de la dite église .»

Cette mesure fut désastreuse et les recettes baissèrent dans des proportions énormes.

«Les sages et pieuses intentions de Sa Majesté (disent les administrateurs de la maison de la Couche ), pour la reconstruction d’une église précieuse aux habitants de la ville de Paris, la vénération et la confiance que ces habitants ont de tout temps eues dans la patrône de cette ville, sembloient promettre qu’ils redoubleroient leur ardeur et leur empressement à faire le fonds de ces loteries et à l’augmenter; mais le public, attentif à son interrest particulier et à ce qui peut luy être avantageux... plusieurs dès le premier mois de l’établissement de cette augmentation ont borné leur interret, d’autres ont cessé de s’interresser à ces loteries, ce qui depuis la dite augmentation des quatre sols a occasionné une diminution considérable... plus de 144,000 livres par année.»

Des palliatifs furent essayés sans succès, et en 1762 l’hôpital devait à l’abbaye de Sainte-Geneviève pour les sept années écoulées depuis l’établissement de cette augmentation une somme totale de 584,238 I. 17 s. qu’il était dans l’impossibilité de payer, la réduction des recettes coïncidant avec une augmentation du chiffre des admissions, et les administrateurs ayant appliqué cet argent au fur et mesure des besoins à la subsistance des enfants et à leur placement en nourrice dans les provinces .

L’abbaye ainsi lésée se pourvut au Conseil, qui, en présence du texte formel de la concession, ne put que rendre des arrêts ordonnant le paiement (9 décembre 1754, 20 janvier 1762), les directeurs formèrent opposition le même jour, et répandirent un mémoire exposant leur triste situation financière. Des secours royaux comblèrent en partie le déficit, ainsi que nous l’avons vu plus haut, et en 1776 la question perdit de son intérêt par la suppression de toutes les loteries et la création d’une seule dite loterie royale de France, à laquelle était unie celle précédemment accordée aux enfants trouvés . La part faite à l’hôpital, basée sur la moyenne des dix premières années et qui ne devait être alors que de 97,602 I. 5 s. 4 d., fut, sur les réclamations des directeurs, et afin de venir en aide à la maison, augmentée et portée à 140,234 1. 17 s. 8 d. .

Ces loteries occasionnaient, en dehors de la part réservée pour les lots, des frais très élevés: bureaux de placements dans les provinces, remises, etc. Au moment le plus florissant de l’institution, alors qu’elle produisait 240,000 livres par an de bénéfices, il fallait placer 1,600,000 billets à 20sols, pour obtenir cette somme; que d’argent inutilement employé, au détriment de la fortune publique et de l’épargne du peuple!

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Yaş sınırı:
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Litres'teki yayın tarihi:
17 ocak 2025
Hacim:
139 s. 16 illüstrasyon
ISBN:
4064066338275
Yayıncı:
Telif hakkı:
Bookwire
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