Kitabı oku: «Napoléon III - Poésies»
Martial Bretin
Napoléon III - Poésies

Publié par Good Press, 2022
EAN 4064066328641
Table des matières
I.
II.
III.
IV.
V.
VI.
VII.
VIII.
IX.
X.
XI.
XII.
XIII.
XIV.
XV.
I.
Table des matières
RÉVEIL.
Muse, pourquoi venir de mon humble chaumière
Chasser encor la nuit d’un rayon de tes yeux?
Pourquoi venir encor me rouvrir la carrière
Où me guidait jadis ton doigt du haut des cieux?
J’avais dit: c’en est fait, loin des vains bruits du monde,
J’irai m’ensevelir dans la paix des déserts,
Et, seul avec le Dieu dont l’amour pur m’inonde,
J’élèverai vers lui mon âme et mes concerts.
Bois touffus, frais vallons, grottes, riants bocages,
Dans vos abris secrets accueillez un ami;
Je viens me reposer sous vos charmants ombrages:
Répandez vos parfums sur mon front endormi.
Tel un prudent pêcheur voit en paix sur la plage
L’Aquilon soulever le vaste sein des mers
Là, je ne craindrai plus que l’aile de l’orage
Roule encor dans mon ciel la nuit et les éclairs.
Là, je me nourrirai du trésor de l’abeille;
J’irai me rafraîchir à l’onde du rocher;
Des voix d’Anges viendront enchanter mon oreille
Sous les berceaux fleuris où j’irai me cacher.
Là, je trouverai mieux l’idéal que j’adore,
Ce Dieu, l’objet vivant de mes ardents soupirs
Je le verrai briller dans les pleurs de l’Aurore,
Je l’entendrai parler dans l’accent des Zéphyrs.
Les yeux tout éblouis de sa magnificence,
Je redirai sa gloire aux feux naissants du jour;
Ma voix des nuits planant dans le vaste silence,
Sous les cieux étoiles, chantera son amour.
Des sphères écoutant la nocturne harmonie
Je monterai vers lui sur leur pas cadencé ;
De la Foi dans mon sein le céleste Génie
Versera l’espérance et l’oubli du passé ;
Jusqu’au jour où s’ouvrant sur un plus beau rivage,
Tel le lys du vallon aux rayons de l’été ,
Mon âme, sous l’éclat d’un soleil sans nuage,
Ira s’épanouir dans son éternité.
Mais voilà, tu reviens me bercer dans tes rêves,
Muse, comme un enfant dans les bras maternels;
Vers tes brillants sommets mon front que tu soulèves
Se revoit couronné de tes feux immortels.
J’entends, tout éperdu, ta voix qui me gourmande,
Qui me dit: pour dormir est-ce déjà le soir?
Faut-il de mes hauteurs qu’aujourd’hui je descende
Pour te courber, ingrat, sous le joug du devoir?
L’Aigle un jour, je le sais, te toucha de son aile,
Se pencha sur ta lyre et bénit tes transport;
Son œil laissa sur toi tomber une étincelle,
Et toi, tu resterais sans âme et sans accords!
Pour elle t’inondant de mes plus doux sourires
Je posai sur ta lèvre un baiser fraternel;
Tu lui dois et le jour et l’air que tu respires;
Et tu n’éclates pas en un hymne éternel!
Voyons, replonge-toi dans son feu qui t’embrase
Comme elle, oiseau des Dieux, dans l’orbe du soleil,
Et tel qu’un cœur bercé dans une sainte extase
Sur mon sein qui t’attend viens chanter ton réveil.
— Muse, je suis toujours ton serviteur fidèle;
Toujours j’ouvre mes yeux à tes rayons si doux.
Dans mon obscurité puisque ta voix m’appelle,
Regarde, me voilà t’adorant à genoux.
Il est vrai, dans ma nuit je voulais disparaître,
M’échapper pour jamais de ton parvis sacré :
Hélas! je n’osais plus élever vers le Maître
Les accents sans éclat de mon luth ignoré.
Quelle voix devant lui ne tremble et ne s’arrête,
Disais-je, et, contemplant son astre à l’horizon,
Qui ravivant sa bouche au charbon du prophète
Pourrait jeter un chant digne encor de son nom?
Viens donc purifier mes lèvres à ta flamme.
Pour lui puisque tu veux que mon luth vibre encore,
Dans ton splendide azur viens emporter mon âme
Comme un cygne flottant sur un nuage d’or.
II.
Table des matières
LE POUVOIR.
O vous, nautoniers sans étoile,
Qui dans la nuit cherchez le port,
Qui croyez gouverner la voile
Sans guide intelligent et fort.
Prenez garde: votre imprudence
Va recevoir sa récompense,
Le ciel confondra votre orgueil,
Car la tempête sous son aile
Prendra le navire infidèle
Pour le broyer sur un écueil.
Tel de l’erreur dans la nuit sombre
Quand un peuple précipité
Vient de sa main briser dans l’ombre
Le flambeau de l’autorité ,
Son heure arrive, il faut qu’il tombe;
Il peut désormais dans sa tombe
Dormir son éternel sommeil:
Son souffle a déchaîné l’orage;
Il a perdu loin du rivage
Et sa boussole et son soleil.
Mortels, qu’emportent vos chimères,
Qui vous arrache ainsi du port?
Pourquoi ce trouble et ces colères,
Ces cris de combats et de mort?
Dans la nuit qui vous environne
Quand le rayon que Dieu vous donne
Seul peut éclairer vos déserts,
Pourquoi votre fureur impie
Vient-elle vous fermer la vie
En l’éteignant sur l’univers?
Hélas! de la nature humaine
Telle est l’invariable loi,
Un rien nous irrite et nous gêne
Et l’orgueil seul est notre roi.
Au sein de sa propre faiblesse
L’homme aveuglé cherchant sans cesse
Son levier et son point d’appui,
Veut être en son indépendance
Le rayon de son existence,
Son guide et son pouvoir à lui.
Et maintenant de vos doctrines
Contemplez tous la vanité ;
Au moins d’entasser des ruines
Vous avez eu la liberté.
Dans vos efforts sans harmonie
Vous consumiez votre génie,
Et d’être seuls, ô matelots,
Quand vous tentiez l’expérience,
Le vaisseau qui portait la France
Courait s’abîmer sous les flots.
Mais, s’arrêtant dans sa carrière,
Souvent le pouvoir à son tour
Ferme lui-même sa paupière
Aux rayons éclatants du jour.
Son esprit trompé sur sa route
Laisse se flétrir dans le doute
Ses principes conservateurs,
Et de la tête populaire
Eloignant sa main tutélaire
Il s’assoupit sur ses hauteurs.
C’est peu. Mais prendre un diadème,
Le sceptre et le royal manteau
Pour dire au Mal: sois mon système!
Comme à l’Erreur: sois mon drapeau!
Au culte impur de la matière,
De foi, d’amour et de lumière
Livrer un peuple dépourvu,
Puis le lancer dans un abîme,
Ah! direz-vous, c’est un grand crime;
Et ce crime, vous l’avez vu.
Alors, dans nos jours de tempêtes.
Nous nous levions pleins de courroux;
La foudre éclatait sur nos têtes,
Le sol tremblait autour de nous.
Nos pieds broyant une couronne,
Nous nous disions: Son heure sonne,
Il fut sans justice et sans foi,
Frappons sur sa figure immonde;
Sur son cadavre que le monde
Dise: des Juifs voilà le roi!
Mais de sa France bien-aimée
Dieu, pour lui rendre son époux,
Soulevait la tête calmée
Et la berçait sur ses genoux.
D’un signe apaisant ses orages,
Son doigt écartait les nuages
Groupés sur son front obscurci;
Puis, la redressant sur sa voie,
C’est temps, disait-il; dans ta joie
Que tes bras s’ouvrent, le voici!
Et toi, prophète au front de flammes,
Renversant nos temples impurs,
Du vaste Ilion de nos âmes
D’un mot tu relevais les murs.
Les esprits, fatigués d’eux-mêmes,
Jetaient aux vents leurs vains systèmes,
Plongés dans ton sein paternel,
Et notre monde politique
Dans ta région pacifique
Retrouvait son axe éternel.
Le pouvoir à son agonie
Se redressant à ton côté ,
Dans les sources de ton génie
Repuisa sa vitalité.
Sur nous tu lui rendis sa place:
De cet astre suivant ta trace
Tu fus le centre et le soutien,
Et plus dans sa céleste voûte
Ta main élargissait sa route,
Plus les peuples criaient: c’est bien!
Tu le revêtis sur son trône
De son antique dignité ,
Et tu lui donnas pour couronne
La Justice et la Vérité.
Dans ta gloire aujourd’hui s’il passe,
Vers nous s’il incline sa face
Du haut de son brillant séjour,
La foule avec respect s’arrête
Et tout à coup l’écho répète
Un cri d’allégresse et d’amour.
La force avec l’intelligence,
Voilà le mot de son drapeau;
La paix du monde est sa science
Et ta sagesse est son flambeau.
De ses destins dépositaire,
Seul il peut réchauffer la terre
Dans sa calme sécurité :
Pour talisman de sa durée,
N’a-t-il pas dans sa main sacrée
Ton nom plein d’immortalité ?
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