Kitabı oku: «Historique de l'église Notre-Dame des Victoires»
Narcisse-Eutrope Dionne
Historique de l'église Notre-Dame des Victoires
Basse-ville de Québec: deuxième centenaire, 1688-1888

Publié par Good Press, 2022
EAN 4066338052834
Table des matières
DEUXIÈME CENTENAIRE
NOTRE-DAME DES VICTOIRES
1680-1688
1688-1690
1690-1711
1711-1759
1759-1855
1855-1888
1888
Décorations intérieures
EX-VOTO
SERMON
M. L'ABBÉ CÔTÉ
LE 23 MAI 1888
DEUXIÈME CENTENAIRE
NOTRE-DAME DES VICTOIRES, Basse-Ville.
BASSE-VILLE DE QUÉBEC
DEUXIÈME CENTENAIRE
Table des matières
1688-1888
PAR N. E. DIONNE
QUÉBEC
TYPOGRAPHIE DE LÉGER BROUSSEAU
9, rue Buade, haute-ville
1888
NOTRE-DAME DES VICTOIRES
Table des matières
1680-1688
Table des matières
Mémoire de 1680.--M. l'abbé de St-Valier.--L'emplacement du vieux magasin concédé pour la construction d'une église à la basse-ville.--Ses bornes.--Mgr de Laval.--Mgr de St-Valier en Europe.
Les antiques églises de Québec ont ceci de commun avec les monuments profanes que le temps et les guerres ont respectés, d'avoir une histoire particulière, très intéressante pour les catholiques, surtout ceux de la vieille cité de Champlain. A chacune d'elles se rattachent des évènements remarquables et des noms illustres dans nos annales. Tantôt ce sont des gouverneurs, des intendants, des magistrats, des citoyens portant un grand nom, et tantôt des évêques, des prêtres ou des religieux chez qui le zèle de la maison de Dieu a fait opérer ces œuvres restées comme autant de monuments impérissables.
Parmi ces églises, il en est une fort modeste d'apparence, située dans un endroit assez retiré, mais dont l'historique réveille tout un monde de souvenirs glorieux pour les armes canadiennes-françaises. L'Eglise catholique du Canada lui doit une large part de sa brillante et héroïque épopée, commencée avec les Récollets et les Jésuites, continuée sous les illustres évêques de Laval et Saint-Valier, pour se terminer deux siècles après, par le règne plus remarquable encore du premier Cardinal canadien français.
L'église de Notre Dame des Victoires compte aujourd'hui deux siècles d'existence. Aussi loin que nous pouvons remonter dans nos archives, nous trouvons que l'idée de sa construction en revient à Mgr de Laval, premier évêque de Québec.
A la date de 1680 fut adressée à Sa Majesté Louis XIV un mémoire qui se lit comme suit:
"Mémoire touchant une place de la basse-ville de Québec pour y bastir une chapelle qui doit servir d'ayde à la paroisse.
"Comme les rigueurs de l'hyver sont cause bien souvent qu'on ne peut pas porter les sacremens aux malades de la basse-ville de Québec sans s'exposer à de grands accidens, et que les vieillards, les enfans, et les infirmes ne peuvent aller à la haute-ville pour y entendre la messe, l'évêque de Québec a été obligé de permettre une chapelle en la basse-ville pour servir d'ayde à la paroisse et qu'on se serve pour cela de la maison d'un particulier, en attendant qu'il y ait une chapelle et d'autant qu'il n'y a plus de place vacante en ce lieu là, Sa Majesté est très humblement suppliée d'accorder une place appelée le vieux magasin du Roy pour y construire la dite chapelle qui doit servir d'ayde à la dite paroisse."
Le vieux magasin du Roy dont parle ce Mémoire n'est autre que celui de la Compagnie des Cent associés, anéanti en 1682 par une conflagration qui détruisit presque toute la basse-ville. Il ne faut pas le confondre avec la première Habitation de Québec érigée en 1608, et détruite par l'incendie en même temps que la Chapelle de Québec, durant l'absence des Français de 1629 à 1632, alors que la colonie subissait le joug des frères Kertk.
M. l'abbé de Saint-Valier, arrivé en Canada au mois de juillet précédent, en qualité de vicaire épiscopal de Mgr de Laval, fit des démarches auprès du gouverneur et de l'Intendant pour obtenir la concession de l'emplacement du vieux magasin, ainsi que de la place qui se trouvait au devant et qui servait de cour. Ces négociations ne traînèrent pas en longueur, le Roy ayant ordonné en faveur de cette donation dont la communauté devait bénéficier. Et le 12 août de la même année le Marquis de Denonville, lieutenant général pour Sa Majesté dans tout le pays de la France Septentrionale, et Jacques de Meules, seigneur de la Source, chevalier, et intendant, passèrent, devant Mtre Genaple, notaire, le contrat de donation, de l'emplacement, à la seule condition qu'on y ferait construire une chapelle et un presbytère.
Cet emplacement était borné d'un côté, par la rue Notre-Dame, de l'autre, par une petite rue qui séparait la maison du Sieur de Villeray, premier conseiller au Conseil Souverain du pays et autres qui suivaient d'avec l'emplacement, d'un bout, la rue Sous le Fort, et de l'autre, la place publique.
Un acte tiré des minutes du sieur Rageot, notaire, passé en date du 29 octobre 1686, nous fait voir que Mgr de St-Valier transporta alors cet emplacement au Séminaire de Québec. Cette concession fut faite par ordre du Roy, à la demande de Mgr de Laval. M. de St-Valier était sur le point de passer en Europe, et avant son départ, il laissa par écrit une déclaration, dans laquelle il exprimait son intention formelle que la cure de Québec devrait faire construire une chapelle succursale et un presbytère, sur le terrain en question. Voilà pourquoi il le donna au Séminaire de Québec, qui avait charge de la cure, aux conditions qu'il l'avait acquis lui-même des représentants de Sa Majesté, dans la Nouvelle-France.
M. l'abbé de St-Valier retourna en France, le 18 novembre 1686, et lors du séjour qu'il y fit, pendant près de deux années, il ne perdit pas de vue son projet qu'il semblait caresser d'une manière toute particulière.
Le 22 janvier 1688, un an après sa consécration épiscopale, Mgr de St-Valier écrivait à M. de Champigny, qui avait succédé à M. DeMeules comme intendant en 1686:
"Vous voulez bien que je vous demande, Monsieur, votre protection pour nos églises.
J'envoye un entrepreneur et six massons et trois charpentiers. Voilà bien du monde capable de travailler, je leur ay fait de grandes avances, je voudrais bien qu'elles ne fussent pas inutiles et quelqu'un tint la main à les faire agir."
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Je crois que nous aurons du monde suffisamment pour travailler à la cathédrale et à la succursale.
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Mgr de St-Valier écrivait en même temps au gouverneur, M. de Denonville:
"Je vous escrit ce petit mot, monsieur le marquis, par un entrepreneur de bastiment que j'envoye au Canada avec six massons et trois charpentiers, pour travailler à nostre église cathédrale et succursale."
1688-1690
Table des matières
Pose de la première pierre.--Pièces justificatives.--Le curé de Québec.--Guerre avec les colonies anglaises.--Siège de Québec par Phipps.--Sa défaite.--Vœu des dames de Québec.--Fêtes à Québec.--Médaille commémorative.
Mgr de St-Valier arriva à Québec le 1er août de l'année 1688, et Mgr de Laval, qui était aussi passé en France l'année précédente était de retour depuis le trois juin précédent au milieu de ses ouailles, à qui il avait annoncé l'arrivée prochaine de son successeur. Ce fut pendant cette absence simultanée des deux prélats que fut posée la première pierre de la chapelle succursale à la Basse Ville.
Le premier jour de mai 1688 fut choisi pour la cérémonie. Le gouverneur y assistait, comme le prouve le document suivant que nous avons trouvé dans les archives de la paroisse:
Anno Domini MDCLXXXVIII Innocentio XI Summo Pontifici, Francisco de Laval primo Episcopo Quebecensi, regnante in Galliâ Ludovico Magno XIV, primarius Ecclesiæ Succursalis Infantis Jesu urbis inferioris item Quebecensis positus est ab Illustrissimo viro Domino D. Jacobo Renato de Brizay, Marchione de Denonville in Nova Francia Pro Rege.
En l'année de Notre Seigneur 1688, sous le souverain Pontificat d'Innocent XI, François de Laval étant premier évêque de Québec, sous le règne de Louis XIV le Grand en France, la première pierre de l'église succursale de l'Enfant Jésus de la basse-ville de Québec a été posée par l'Illustrissime Seigneur Jacques René de Brizay, marquis de Denonville pour le Roi en la Nouvelle France.
La première dédicace de cette chapelle était donc à l'Enfant Jésus.
On posa aussi, probablement le même jour, la première pierre de la chapelle dédiée à sainte Geneviève, comme il appert par le document suivant:
Anno Domini MDCLXXXVIII regnante Ludovico Magno XIV primarium lapidem sacelli Sanctæ Genovefæ dicati in Ecclesia succursali Infantis Jesu urbis inferioris Quebecensis posuit Illustrissimus vir Dominus D. Joannes Bochard, D. de Champigny, Noroy, Verneuil, etc., in nova francia juris rei politicæ et ærarii supremus præfectus.
En l'année de notre Seigneur 1688, sous le règne de Louis XIV le grand, l'Illustrissime M. Jean Bochard, Sieur de Champigny, Noroy, Verneuil, etc, intendant des affaires politiques et des finances dans la Nouvelle France, posa la première pierre de la chapelle dédiée à sainte Geneviève dans l'église succursale de l'Enfant Jésus dans la basse-ville de Québec.
Notons que le curé de Québec était alors M. François Dupré, qui n'appartenait pas au chapitre, et qui remplit les fonctions curiales jusqu'en 1707.
Quand le nouvel évêque de Québec mit pied à terre dans sa ville épiscopale, l'église de la basse-ville était à peine commencée, et elle ne fut terminée que l'année suivante, l'année du massacre des Français à Lachine par 1500 guerriers Iroquois.
La guerre venait d'être déclarée entre la France et l'Angleterre. C'était une bonne occasion pour les colonies anglaises de l'Amérique d'envahir le Canada dont ils avaient l'intention de s'emparer. "C'était là, dit Bancroft, leur passion dominante." Les sauvages des Cinq-Nations avaient contracté une alliance avec les ennemis des Français. M. de Frontenac qui venait de succéder à M. de Denonville, eut donc à lutter à la fois contre les colonies anglaises et contre la confédération iroquoise. Son courage et sa valeur sauvèrent la colonie d'une ruine, qui suivant toute prévision humaine, semblait inévitable. Cette courte période de notre histoire fut fertile en évènements militaires importants, et les actes d'héroïsme militaire ne manquent pas à cette époque. Les annales canadiennes ont conservé le souvenir de plusieurs défenses héroïques. Une des plus célèbres est celle de madame de Verchères. Les exploits de M. D'Aillebout de Mantet et Lemoine de Ste-Hélène qui s'emparèrent de Corlar, dans la nuit du 8 février 1690, le courage de Hertel qui à la tête de 50 hommes, mit 2000 ennemis en complète déroute, sont autant de faits militaires qui prouvent jusqu'à quel point M. de Frontenac, en prenant les rènes du gouvernement, avait su inspirer le courage à toute la population, et la terreur aux ennemis.
Les Anglais avaient résolu de prendre le Canada par terre et par mer. Le chevalier Guillaume Phipps reçut le commandement de la flotte destinée à s'emparer de l'Acadie et de Québec. Celle-ci parut en vue de la ville le 16 octobre au matin. L'amiral détacha immédiatement un officier pour sommer la place de se rendre. Le gouverneur, piqué du manque de convenance dans les tenues de la sommation, lui dit: "Allez, je vais répondre à votre maître par la bouche de mes canons; qu'il apprenne que ce n'est pas de la sorte qu'on fait sommer un homme comme moi."
Le 18 octobre, l'ennemi tenta une descente entre Québec et Beauport. Mais il fut repoussé avec perte. Le même soir, les canons de la flotte de Phipps commencèrent le bombardement de la ville, qui fut continué le lendemain.
"Cependant à mesure que le danger augmentait, les prières publiques redoublaient dans toute la ville. Les citoyens avaient pris pour patronne et pour protectrice la très Sainte Vierge. Une de ses bannières avait été apportée de Montréal, par M. Joseph Serré de la Colombière, aumônier des milices, qui, lors de sa descente, l'avait placée comme un signe de salut à l'avant du canot qu'il montait. Cette bannière était portée chaque fois en procession dans toutes les églises.... Les dames s'étaient engagées par un vœu solennel à se rendre en pèlerinage à l'église de la basse ville, si la sainte Vierge obtenait leur délivrance." 1
Un tableau de la Sainte Famille, appartenant aux Ursulines, fut exposé au haut du clocher de la cathédrale. "Cependant la confiance était telle, à Québec, écrit Ferland, que les dévotions publiques se continuaient comme dans les temps ordinaires. De la rade l'on voyait les hommes, les femmes et les enfants, se rendant aux offices de l'église sans paraître s'occuper de l'artillerie des Anglais." 2
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