Kitabı oku: «Mémoire sur les plis cérébraux de l'homme et des primatès»
Pierre-Louis Gratiolet
Mémoire sur les plis cérébraux de l'homme et des primatès

Publié par Good Press, 2022
EAN 4064066322106
Table des matières
AVANT-PROPOS.
PREMIÈRE PARTIE.
§ I er .
§ II.
§ III.
§ IV.
§ V.
DEUXIÈME PARTIE.
§ VI.
§ VII.
§ VIII.
§ IX.
§ X.
§ XI.
§ XII.
§ XIII.
§ XIV.
§ XV.
§ XVI.
§ XVII.
§ XVIII.
§ XIX.
§ XX.
§ XXI.
§ XXII.
§ XXIII.
§ XXIV.
§ XXV.
TROISIÈME PARTIE.
§ XXVI.
§ XXVII.
§ XXVIII.
§ XXIX.
§ XXX.
§ XXXI.
§ XXXII.
RÉSUMÉS GÉNÉRAUX.
§ XXXIII.
§ XXXIV.
§ XXXV.
§ XXXVI.
§ XXXVII.

A M. E. Chevreul.
Hommage d’admiration, de respect et de reconnaissance,
L’Auteur.
AVANT-PROPOS.
Table des matières
Il est dangereux, dans les sciences, de conclure trop vite. Quand on raisonne d’après un nombre insuffisant d’observations, il est facile, avec un peu d’esprit, d’imaginer quelque système auquel ces observations s’accordent, et, comme les génies diffèrent, il n’est pas rare de voir s’élever sur les mêmes faits cent hypothèses différentes. Ce sont là jeux de finesse et de patience qui peuvent séduire l’imagination, mais qu’une saine méthode réprouve. Cet art plus ou moins brillant de se satisfaire en créant des fantômes, est pernicieux dans la recherche de la vérité, et le sort du fabuleux Ixion n’est pas rare parmi les philosophes.
Ces réflexions trouvent au commencement de ce travail, sur les circonvolutions des singes, une place naturelle. On a reproché à l’auteur de s’être renfermé dans un cercle trop restreint, en se bornant à une seule famille naturelle. Il semble, en effet, à beaucoup de gens qu’il est plus beau de disserter légèrement de omni re scibili que d’approfondir un seul point; car, séduits par ce qui brille, enchaînés aux habitudes des sens, les hommes se laissent, en général, attirer aux surfaces bien plus qu’au fond des choses. Le livre que nous offrons au public est une protestation contre cette tendance; on espère y montrer qu’en concentrant son attention sur un ordre particulier de faits, qu’en observant de toutes ses forces, on arrive à des résultats utiles, et qu’une course à travers champs n’eût jamais fait atteindre.
J’ai, dans ce travail, étudié scrupuleusement les plis cérébraux des singes. Plusieurs raisons m’ont engagé à traiter en premier lieu ce sujet: non-seulement la ressemblance singulière du cerveau des singes avec celui de l’homme donnait à cette étude un attrait tout particulier, mais, en outre, la collection des cerveaux de singes que possède le muséum d’histoire naturelle de Paris ne me présentait qu’un très-petit nombre de lacunes, et de toutes les familles de mammifères c’était celle qui m’offrait les conditions les plus favorables à la recherche d’interprétations positives, par le grand nombre de comparaisons que je pouvais établir; en effet, à l’exception des Gorilles, des Colobes, des Alouattes et des Sakis, il est peu de groupes qui ne soient point représentés dans mon travail, encore ai-je pu, à l’aide de moules pris dans l’intérieur des crânes de notre collection, combler, à certains égards, ces lacunes. Ainsi, dans cette grande chaîne de l’Homme aux Hapalinés, j’ai pu étudier l’arrangement des plis cérébraux, et j’ose espérer que, par le nombre de figures originales et observées avec le plus grand soin que renferme mon atlas, je paraîtrai en avoir donné une idée suffisante.
On pourra aisément remarquer, en examinant dans notre pl. 12 la série comparative des cerveaux d’Homme et de Singes, l’analogie singulière que présentent, dans tous ces êtres, les formes cérébrales. Le cerveau plissé de l’Homme et le cerveau lisse du Ouistiti se ressemblent par ce quadruple caractère, d’un lobe olfactif rudimentaire, d’un lobe postérieur recouvrant complètement le cervelet, d’une scissure de Sylvius parfaitement dessinée, et enfin d’une corne postérieure au ventricule latéral.
Ces caractères ne se rencontrent simultanément que dans l’Homme et dans les Singes. Dans tous les autres animaux, le cervelet demeure à découvert; il y a, en outre, le plus souvent, un lobe olfactif énorme, même dans l’Éléphant, et, à l’exception des Makis, nul ne présente de scissure comparable à une scissure de Sylvius enfermant un lobe central.
Ainsi, il y a une forme du cerveau propre aux Singes et à l’Homme, et il y a en même temps dans les plis du cerveau, quand ils apparaissent, un ordre général, une disposition dont le type est commun à tous ces êtres.
Cette uniformité dans la disposition des plis cérébraux dans l’Homme et dans les Singes est digne, au plus haut point, de l’attention des philosophes. De même, il y a un type particulier de plissement cérébral dans les Makis, les Ours, les Felis, les Chiens, etc., dans toutes les familles d’animaux enfin. Chacune d’elles a son caractère, sa norme, et dans chacun de ces groupes les espèces peuvent être aisément réunies d’après la seule considération des plis cérébraux.
Il serait utile d’examiner successivement chacune de ces séries partielles. De cette comparaison attentive de tous les individus qui composent une même famille naturelle résulterait ce grand avantage de pouvoir substituer, dans la comparaison générale de tous les groupes entre eux, des abstractions précises, des unités idéales, à des multitudes confuses. Mais la légitimité de ces abstractions a une condition nécessaire, c’est de reposer sur un nombre suffisant d’observations exactes. Voilà pourquoi des travaux entrepris sur le même sujet dans le groupe des Lémuriens ne seront point encore publiés, le système des observations nécessaires n’ayant pu être complété ; aussi, laissant de côté pour quelque temps les Makis et les Insectivores, aborderons-nous, dans un prochain travail, l’étude du cerveau des Carnassiers, nos séries étant, sur ce point, plus complètes. Ce ne sera qu’après avoir achevé la suite de ces monographies que nous essayerons d’aborder la recherche d’une question importante, mais insoluble dans l’état actuel de la science, celle de la détermination des plis cérébraux homologues dans des animaux appartenant à des familles différentes. L’ouvrage que nous publions aujourd’hui est un premier effort dans cette voie.
Nous osons espérer que ces recherches seront de quelque utilité aux hommes que l’étude du cerveau intéresse. Je serais heureux si, en appelant l’attention sur ce sujet, j’inspirais aux voyageurs et aux psychiatres la pensée de reprendre cette étude, et de la compléter, en ce qui touche l’espèce humaine, par une étude approfondie des variétés que les plis cérébraux présentent, aux différents âges de la vie, dans les différentes races de la famille humaine, et dans ces cas de monstruosité si fréquents, hélas! parmi nous.
Qu’il me soit permis de rendre ici un hommage de reconnaissance à la bienveillance avec laquelle mes maîtres en science ont accueilli ce travail. Il m’a été rendu facile par l’extrême générosité avec laquelle feu M. Laurillard en premier lieu, et depuis, M. le professeur Duvernoy, ont confié à mon examen les cerveaux de la riche collection du muséum. Enfin un philosophe illustre a daigné m’éclairer de ses conseils, et, en me permettant de mettre ce livre sous le patronage de son nom, met aujourd’hui le comble aux bontés dont il m’honore.
PREMIÈRE PARTIE.
Table des matières
§ Ier.
Table des matières
L’importance des couches corticales du cerveau et de leurs plis est depuis longtemps reconnue. Depuis Érasistrate, les plus illustres anatomistes ont tour à tour examiné cette question. Quelques-uns, comme Vésale et Thomas Bartholin, se rangent aux opinions de Galien, et attachent peu d’importance à des plis que le cerveau des brutes présente aussi bien que celui de l’homme. Th. Bartholin résume fort bien cette opinion: Superficies externa cerebri, anfractuosa est, atque circonvolutiones, gyrosque varios, instar intestinorum habet: quos non ad intellectum factos dicendum cum Erasistrato, cum et Asini habeant; nec ad levitatem, ut Aristoteles voluit; nec absque fine vel usu esse, ut alii putant; sed ut vasa cerebri per hos anfractus ducerentur tutius, nec ex motu assiduo ruptionis periculum esset, PRÆSERTIM IN PLENILUNIO, quando in calvaria cerebrum maxime turgescit (Th. Barth., Anatomia reformata, p. 319; 1656). Ainsi la seule utilité qu’on leur donne, si toutefois ils en ont une, c’est d’aider à la distribution normale du sang dans le cerveau. Mais l’un des plus grands anatomistes des temps modernes, Willis, revient à l’idée d’Érasistrate; il dit, en effet (Cerebri anatome cap. x, § 3, p. 294; Opera medica et physica, Lugd., 1676): «Si inquriitur quid
«cerebro gyri et circonvolutiones præstant sive quem ob finem tota ejus compages an-
«fractuosa existit, dicimus cerebrum ita fabricari, tum propter UBERIOREM ALIMENTI
«spirituosi RECEPTIONEM, tum ob commodiorem spirituum animalium, in quosdam
«usus, dispensationem.» Et plus loin: «Attamen haud minoris momenti ratio et
«necessitas anfractuum in cerebro à spirituum animalium dispensatione petitur:
«cum enim spiritus animales, propter varios imaginationis et memoriæ actus, intra
«certos et distinctos cancellos commoveri, motusque istos per eosdem tractus sive
«orbitas sæpe iterare debent: idcirco propter hasce diversimodas spirituum anima-
«lium diataxes, multiplices cerebri plicæ ac convolutiones requiruntur, nempe ut in
«istis, tanquam in diversis cellulis et apothecis, sensibilium species reservari, atque
«illinc pro data occasione evocari queant. Hinc, plicæ seu circonvolutiones istæ longe
«plures ac majores in homine sunt quam in quovis alio animali, nempe propter va-
«rios et multiplices facultatum superiorum actus; incertâ autem et quasi fortuitâ serie
«variegantur, ut functionis animalis exercitia sint libera, et mutabilia, nec ad unum
«determinata. Gyri isti in quadrupedibus pauciores sunt, ac in quibusdam, uti Fele,
«sub certâ figurâ et diataxi reperiuntur: quare hæc bruta vix alia quam quœ naturæ
«instinctus et exigentiæ suggerunt, meditantur aut reminiscuntur.»
Ainsi, selon Willis, chaque circonvolution paraît avoir, dans l’histoire de l’intelligence, un rôle particulier: de la simplicité, de la pauvreté de ces plis, de leur uniformité dans les animaux inférieurs, résulte l’uniformité des actes intellectuels dans tous les animaux d’une même espèce; de leurs variations infinies résultent dans l’Homme non-seulement les variétés des aptitudes individuelles, mais encore, jusqu’à un certain point, la liberté morale.
Sectateur des idées de Willis, Malpighi a essayé la démonstration de quelques-unes de ces grandes hypothèses. Suivant cet illustre anatomiste, les couches corticales sont composées de petites glandes dont les tubes nerveux sont les conduits excréteurs; et cette idée, longtemps acceptée, se retrouve dans les exagérations de Cabanis, et semble renaître sous une forme nouvelle dans les travaux de MM. Purkinje et Valentin.
Il suffit de citer Willis et Malpighi pour montrer quelle importance on a attachée, dès le XVIIe siècle, à la considération des couches corticales, de leur structure et de leurs plis. Toutefois, quelque opinion qu’on s’en fasse, nul anatomiste, avant la fin du dernier siècle, n’a essayé de découvrir dans l’Homme la loi de leur arrangement. La nature capricieuse semble, en effet, se jeter, à cet égard, dans des écarts infinis. Qui pourrait assigner une forme à ces contours indéterminés comme ceux d’un nuage? Qui pourrait décrire ces méandres irréguliers, pareils, dans leur complication, aux circonvolutions intestinales? Aussi l’anatomiste les néglige, et le peintre les dessine au hasard. Les figures données dans les plus beaux ouvrages, barbouillées plutôt que dessinées, ne méritent point d’être étudiées un seul instant.
En vain le génie de Willis avait deviné, sous cette complication, un certain ordre; cette curieuse étude reste abandonnée, si bien, qu’il faut arriver à Sœmmering et à Vicq-d’Azyr pour apercevoir quelques progrès appréciables. Quelques plis sont bien décrits par Vicq-d’Azyr. La figure que Sœmmering a donnée des plis internes de l’hémisphère humain mérite encore aujourd’hui d’être consultée.
Avec de tels devanciers, nul doute que Gall, s’il n’eût été préoccupé de son vain système, n’eût enfin donné à cette partie de l’anatomie cérébrale une précision plus grande. Mais il ne s’agissait point, à ses yeux, de découvrir les faits dans leur vérité absolue, il s’agissait (tendance trop commune, hélas!) de les plier à la démonstration de son hypothèse. Aussi, par une sorte de contradiction, au premier abord inexplicable, l’étude des circonvolutions, languissante et inféconde parmi les sectateurs de Gall, a-t-elle dû ses plus grands progrès aux adversaires les plus déclarés de la plirénologie.
§ II.
Table des matières
L’étude des plis cérébraux peut être abordée sous un double point de vue: 10 au point de vue de leur structure intime; 2° au point de vue de leur arrangement et de leurs relations réciproques.
A. Les premières observations relatives à la structure des plis cérébraux sont dues à Vicq-d’Azyr. Il remarque qu’à la partie postérieure du cerveau la substance blanche est distribuée en stries flexueuses à la manière des rubans rayés. (Anat. du cerveau, pl. IV, fig. 1.) Meckel signale, dans la corne d’Ammon, une disposition semblable.
Ces observations incomplètes ont été singulièrement étendues par MM. Causauvielh et Parchappe; mais on doit à M. le docteur Baillarger un beau travail qui a fait oublier tous ses devanciers. (Mém. de l’Acad. roy. de méd., t. VIII, 1840.)
M. le docteur Baillarger admet, dans toute l’étendue des couches corticales, l’existence de six couches distinctes.
Ces couches, alternativement grises et blanches, se succèdent dans l’ordre suivant:
La première, c’est-à-dire la plus profonde, est de couleur grise; la deuxième est blanche, la troisième noire, la quatrième blanche, la cinquième grise; la sixième, enfin, est blanchâtre.
Les faits que M. Baillarger a signalés sont d’une exactitude irréprochable. J’ai varié mes préparations de toute manière, et toujours mes recherches ont confirmé les résultats qu’il a publiés.
Toutefois, je me suis assuré, par des préparations nombreuses, qu’aux couches qu’il a signalées il faut en ajouter une septième.
Cette couche, formée de fibres blanches, double dans toute son étendue le système des couches corticales. Ses fibres ne paraissent avoir aucun rapport d’origine avec les faisceaux rayonnants de l’axe. La vraie structure des couches stratifiées au-dessus d’elle est moins facile à découvrir.
En effet, si la distinction de ces couches est nettement exprimée quand on observe à l’œil nu des tranches amincies de la substance corticale, il n’est pas aussi aisé de découvrir, à l’aide du microscope, la raison de ces différences. Car, toute distinction s’efface alors, et l’œil n’aperçoit plus qu’un milieu diaphane traversé par des fibres d’une excessive ténuité.
M. Baillarger a essayé d’expliquer la formation des couches stratifiées, en supposant que les fibres rayonnantes qui pénètrent de toute part dans l’écorce du cerveau subissent toutes à la fois des renflements et des rétrécissements successifs. De là des lignes alternativement opaques et grises; les lignes opaques correspondant aux points renflés des fibres, les lignes grises transparentes correspondant, au contraire, aux séries des points rétrécis.
Notre habile anatomiste propose encore une autre hypothèse.
Suivant cette hypothèse, les couches opaques sont formées de fibres propres constituant des plans parallèles que séparent des couches de substance grise. Ces couches de fibres horizontales sont coupées à angle droit par les fibres rayonnantes. Les unes et les autres sont surtout visibles dans les couches corticales du lapin.
Toutes les probabilités me paraissent se ranger autour de cette dernière hypothèse; mais M. Baillarger n’a jamais employé de microscopes assez puissants pour qu’on puisse la regarder comme absolument démontrée. Quant à la première, les faits ne me permettent point de l’admettre.
Bien que les observations de M. Baillarger n’aient point complètement résolu la question, les faits qu’il a découverts n’en ont pas moins une haute importance.
Ces faits permettent de démontrer que les couches corticales constituent un système indépendant des fibres rayonnantes. Il y a entre ces couches et ces fibres un rapport d’harmonie. Il n’y a point un rapport de continuité, et, si j’ose le dire ainsi, les fibres rayonnantes de l’axe se comportent avec les couches corticales, comme les nerfs cutanés avec la peau.
B. Exprimons maintenant les faits à l’aide d’une comparaison grossière, mais faisant image.
Comparons l’écorce de l’hémisphère cérébral à une grande bourse portant une large ouverture. Cette ouverture donne passage à toutes les fibres qui pénètrent dans l’intérieur de la bourse, à toutes celles qui sortent de sa cavité
Ces fibres, attachées au noyau cérébral qui termine l’axe, ne forment point des rayons réguliers et uniformément étalés autour de lui; mais elles se réunissent en feuillets plus ou moins compliqués, plus ou moins flexueux, dont le limbe est plus ou moins divisé, plus ou moins profondément échancré. De ces feuilles, et surtout des parties les plus voisines de leur limbe, se détachent toutes les fibrilles nerveuses, qu’on peut suivre dans l’épaisseur des couches corticales.
La disposition de ces plans foliacés n’est point arbitraire; elle est, au contraire, dans ce qu’elle a de général, très-constante dans tous les animaux d’une même espèce; mais tantôt la feuille demeure simple, tantôt elle se divise en feuillets secondaires. Le limbe de la feuille est alors formé de plusieurs lames; on observe, à cet égard, des variétés nombreuses dans les divers animaux d’une même espèce. En général, ces variétés sont d’autant plus apparentes, que l’animal est plus élevé dans son groupe.
Dans les animaux inférieurs de chaque famille, les feuilles sont, en général, moins grandes, moins élevées que dans ceux qui occupent les premiers rangs. Quand les feuilles sont très-peu élevées, elles pénètrent, immédiatement et tout entières, dans l’épaisseur des couches corticales. Ces couches, appliquées sur le noyau cérébral et moulées, en quelque sorte, autour des ventricules latéraux, sont alors absolument lisses.
Mais, si les feuilles sont plus élevées, leur limbe soulève les couches corticales, et ainsi se forment dans ces couches des plis plus ou moins apparents, dont la disposition relative traduit assez fidèlement l’arrangement intérieur des feuillets fibreux.
Ainsi, qu’il y ait ou non des plis, l’arrangement des feuillets peut être le même. Les feuillets sont-ils peu développés, il n’y a point de plis; les feuillets s’élèvent-ils davantage, les plis se dessinent et se multiplient. Ce n’est point là une différence essentielle. Cette remarque est très-importante.
Quand les plis existent, on leur donne, en général, le nom de circonvolutions, gyri seu convolutiones. Ces dénominations sont impropres. Le nom de procès entéroïdes, plis entéroïdes, préféré par Malacarne et Rolando, est fort convenable; mais il ne s’applique parfaitement qu’au cerveau de l’Homme parmi les Primatès. A ces dénominations fausses ou insuffisantes je substitue le nom plus simple de plis cérébraux, qui convient à la description du cerveau de tous les Mammifères, et qui, d’ailleurs, présente un grand avantage, celui d’exprimer un fait et non une analogie plus ou moins éloignée, plus ou moins grossière.
Je me hâte de dire que ce nom de plis, plicæ, n’est point de mon invention; il est plusieurs fois employé par Willis dans sa belle anatomie du cerveau, et sur les pas d’un si grand maître je ne crains point d’être accusé de néologisme.
En résumé, 1° le sommet des plis répond au limbe des feuillets fibreux; les sillons plus ou moins profonds qui séparent les plis correspondent aux intervalles des feuillets.
2° Dans les points rentrants des plis, les couches corticales n’ont aucune adhérence avec les fibres qui émanent du noyau cérébral; au sommet des plis, au contraire, les fibres pénètrent dans les couches, et l’adhérence est intime.
Ainsi les plis cérébraux indiquent, d’une manière fidèle, les séries des points où les fibres rayonnantes de l’axe sont en relation avec l’écorce du cerveau.
Sous ce point de vue, l’étude des plis cérébraux intéresse éminemment le physiologiste, et leur disposition mérite d’être scrupuleusement examinée.
Je ne veux, pour le moment, aborder aucune de ces questions dangereuses de localisation des facultés, et de pluralité des organes. J’étudierai les plis en eux-mêmes. Puisqu’ils se développent régulièrement, je rechercherai le type le plus simple de leur arrangement. Puisqu’ils peuvent présenter des variations, je rechercherai suivant quelle loi ces variations s’expriment, m’efforçant sans cesse de distinguer avec le plus grand soin ce qui est essentiel et constant, d’avec ce qui est changeant et accessoire.