Kitabı oku: «Les Chansons De Bilitis»

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Pierre Louÿs

Les Chansons De Bilitis


Publié par Good Press, 2020

goodpress@okpublishing.info

EAN 4064066074524

Table des matières

I BUCOLIQUES EN PAMPHYLIE

1 — L'ARBRE

2 — CHANT PASTORAL

3 — PAROLES MATERNELLES

4 — LES PIEDS NUS

5 — LE VIEILLARD ET LES NYMPHES

6 — CHANSON

7 — LE PASSANT

8 — LE RÉVEIL

9 — LA PLUIE

10 — LES FLEURS

11 — IMPATIENCE

12 — LES COMPARAISONS

13 — LA RIVIÈRE DE LA FORÊT

14 — PHITTA MELIAÏ

15 — LA BAGUE SYMBOLIQUE

16 — LES DANSES AU CLAIR DE LUNE

17 — LES PETITS ENFANTS

18 — LES CONTES

19 — L'AMIE MARIÉE

20 — LES CONFIDENCES

21 — LA LUNE AUX YEUX BLEUS

22 — RÉFLEXIONS (non traduite)

23 — CHANSON (Ombre du bois)

24 — LYKAS

25 — L'OFFRANDE À LA DÉESSE

26 — L'AMIE COMPLAISANTE

27 — PRIÈRE À PERSÉPHONÊ

28 — LA PARTIE D'OSSELETS

29 — LA QUENOUILLE

30 — LA FLÛTE DE PAN

31 — LA CHEVELURE

32 — LA COUPE

33 — ROSES DANS LA NUIT

34 — LES REMORDS

35 — LE SOMMEIL INTERROMPU

36 — AUX LAVEUSES

37 — CHANSON

38 — BILITIS

39 — LA PETITE MAISON

40 — LA JOIE (non traduite)

41 — LA LETTRE PERDUE

42 — CHANSON

43 — LE SERMENT

44 — LA NUIT

45 — BERCEUSE

46 — LE TOMBEAU DES NAÏADES

II ÉLÉGIES À MYTILÈNE

47 — AU VAISSEAU

48 — PSAPPHA

49 — LA DANSE DE GLÔTTIS ET DE KYSÉ

50 — LES CONSEILS

51 — L'INCERTITUDE

52 — LA RENCONTRE

53 — LA PETITE APHRODITÊ DE TERRE CUITE

54 — LE DÉSIR

55 — LES NOCES

56 — LE LIT (non traduite)

57 — LE PASSÉ QUI SURVIT

58 — LA MÉTAMORPHOSE

59 — LE TOMBEAU SANS NOM

60 — LES TROIS BEAUTÉS DE MNASIDIKA

61 — L'ANTRE DES NYMPHES

62 — LES SEINS DE MNASIDIKA

63 — LA CONTEMPLATION (non traduite)

64 — LA POUPÉE

65 — TENDRESSES

66 — JEUX

67 — ÉPISODE (non traduite)

68 — PÉNOMBRE

69 — LA DORMEUSE

70 — LE BAISER

71 — LES SOINS JALOUX

72 — L'ÉTREINTE ÉPERDUE

73 — REPRISE (non traduite)

74 — LE CŒUR

75 — PAROLES DANS LA NUIT

76 — L'ABSENCE

77 — L'AMOUR

78 — LA PURIFICATION

79 — LA BERCEUSE DE MNASIDIKA

80 — PROMENADE AU BORD DE LA MER

81 — L'OBJET

82 — SOIR PRÈS DU FEU

83 — PRIÈRES

84 — LES YEUX

85 — LES FARDS

86 — LE SILENCE DE MNASIDIKA

87 — SCÈNE

88 — ATTENTE

89 — LA SOLITUDE

90 — LETTRE

91 — LA TENTATIVE

92 — L'EFFORT

93 — MYRRHINÊ (non traduite)

94 — A GYRINNÔ

95 — LE DERNIER ESSAI

96 — LE SOUVENIR DÉCHIRANT

97 — À LA POUPÉE DE CIRE

98 — CHANT FUNÈBRE

III ÉPIGRAMMES DANS L'ÎLE DE CHYPRE

99 — HYMNE À ASTARTÉ

100 — HYMNE À LA NUIT

101 — LES MÉNADES

102 — LA MER DE KYPRIS

103 — LES PRÊTRESSES DE L'ASTARTÉ

104 — LES MYSTÈRES

105 — LES COURTISANES ÉGYPTIENNES

106 — JE CHANTE MA CHAIR ET MA VIE

107 — LES PARFUMS

108 — CONVERSATION

109 — LA ROBE DÉCHIRÉE

110 — LES BIJOUX

111 — L'INDIFFÉRENT

112 — L'EAU PURE DU BASSIN

113 — LA FÊTE NOCTURNE (non traduite)

114 — VOLUPTÉ

115 — L'HÔTELLERIE

116 — LA DOMESTICITÉ

117 — LE TRIOMPHE DE BILITIS

118 — À SES SEINS

119 — LIBERTÉ (non traduite)

120 — MYDZOURIS

121 — LE BAIN

122 — AU DIEU DE BOIS

123 — LA DANSEUSE AUX CROTALES

124 — LA JOUEUSE DE FLÛTE

125 — LA CEINTURE CHAUDE

126 — À UN MARI HEUREUX

127 — À UN ÉGARÉ

128 — THÉRAPEUTIQUE

129 — LA COMMANDE

130 — LA FIGURE DE PASIPHAË

131 — LA JONGLEUSE

132 — LA DANSE DES FLEURS

133 — LA DANSE DE SATYRA (non traduite)

134 — MYDZOURIS COURONNÉE (non traduite)

135 — LA VIOLENCE

136 — CHANSON

137 — CONSEILS À UN AMANT

138 — LES AMIES À DÎNER

139 — LE TOMBEAU D'UNE JEUNE COURTISANE

140 — LA PETITE MARCHANDE DE ROSES

141 — LA DISPUTE

142 — MÉLANCOLIE

143 — LA PETITE PHANIÔN

144 — INDICATIONS

145 — LE MARCHAND DE FEMMES

146 — L'ÉTRANGER

147 — PHYLLIS (non traduite)

148 — LE SOUVENIR DE MNASIDIKA

149 — LA JEUNE MÈRE

150 — L'INCONNU

151 — LA DUPERIE

152 — LE DERNIER AMANT

153 — LA COLOMBE

154 — LA PLUIE AU MATIN

155 — LA MORT VÉRITABLE

LE TOMBEAU DE BILITIS

156 — PREMIERE ÉPITAPHE

157 — SECONDE ÉPITAPHE

158 — DERNIÈRE ÉPITAPHE

BIBLIOGRAPHIE

Bilitis naquit au commencement du sixième siècle avant notre ère, dans un village de montagnes situé sur les bords du Mélas, vers l'orient de la Pamphylie. Ce pays est grave et triste, assombri par des forêts profondes, dominé par la masse énorme du Taurus; des sources pétrifiantes sortent de la roche; de grands lacs salés séjournent sur les hauteurs, et les vallées sont pleines de silence.

Elle était fille d'un Grec et d'une Phénicienne. Elle semble n'avoir pas connu son père, car il n'est mêlé nulle part aux souvenirs de son enfance. Peut-être même était-il mort avant qu'elle ne vint au monde. Autrement on s'expliquerait mal comment elle porte un nom phénicien que sa mère seule lui put donner.

Sur cette terre presque déserte, elle vivait d'une vie tranquille avec sa mère et ses sœurs. D'autres jeunes filles, qui furent ses amies, habitaient non loin de là. Sur les pentes boisées du Taurus, des bergers paissaient leurs troupeaux.

Le matin, dès le chant du coq, elle se levait, allait à l'étable, menait boire les animaux et s'occupait de traire leur lait. Dans la journée, s'il pleuvait, elle restait au gynécée et filait sa quenouille de laine. Si le temps était beau, elle courait dans les champs et faisait avec ses compagnes mille jeux dont elle nous parle.

Bilitis avait à l'égard des Nymphes une piété très ardente. Les sacrifices qu'elle offrait, presque toujours étaient pour leur fontaine. Souvent même elle leur parlait, mais il semble bien qu'elle ne les a jamais vues, tant elle rapporte avec vénération les souvenirs d'un vieillard qui autrefois les avait surprises.

La fin de son existence pastorale fut attristée par un amour sur lequel nous savons peu de chose bien qu'elle en parle longuement. Elle cessa de le chanter dès qu'il devint malheureux. Devenue mère d'un enfant qu'elle abandonna, Bilitis quitta la Pamphylie, d'une façon assez mystérieuse, et ne revit jamais le lieu de sa naissance.

Nous la retrouvons ensuite à Mytilène où elle était venue par la route de mer en longeant les belles côtes d'Asie. Elle avait à peine seize ans, selon les conjectures de M. Heim qui établit avec vraisemblance quelques dates dans la vie de Bilitis, d'après un vers qui fait allusion à la mort de Pittakos.

Lesbos était alors le centre du monde. À mi-chemin, entre la belle Attique et la fastueuse Lydie, elle avait pour capitale une cité plus éclairée qu'Athênes et plus corrompue que Sardes: Mytilène, bâtie sur une presqu'île en vue des côtes d'Asie. La mer bleue entourait la ville. De la hauteur des temples on distinguait à l'horizon la ligne blanche d'Atarnée qui était le port de Pergame.

Les rues étroites et toujours encombrées par la foule resplendissaient d'étoffes bariolées, tuniques de pourpre et d'hyacinthe, cyclas de soies transparentes, bassaras traînantes dans la poussière des chaussures jaunes. Les femmes portaient aux oreilles de grands anneaux d'or enfilés de perles brutes, et aux bras des bracelets d'argent massif grossièrement ciselés en relief. Les hommes eux-mêmes avaient la chevelure brillante et parfumée d'huiles rares. Les chevilles des Grecques étaient nues dans le cliquetis des periscelis, larges serpents de métal clair qui tintaient sur les talons; celles des Asiatiques se mouvaient en des bottines molles et peintes. Par groupes, les passants stationnaient devant des boutiques tout en façade et où l'on ne vendait que l'étalage: tapis de couleurs sombres, housses brochées de fils d'or, bijoux d'ambre et d'ivoire, selon les quartiers. L'animation de Mytilène ne cessait pas avec le jour; il n'y avait pas d'heure si tardive, où l'on n'entendît, par les portes ouvertes, des sons joyeux d'instruments, des cris de femmes, et le bruit des danses. Pittakos même, qui voulait donner un peu d'ordre à cette perpétuelle débauche, fit une loi qui défendait aux joueuses de flûtes trop fatiguées de s'employer dans les festins nocturnes; mais cette loi ne fut jamais sévère.

Dans une société où les maris sont la nuit si occupés par le vin et les danseuses, les femmes devaient fatalement se rapprocher et trouver entre elles la consolation de leur solitude. De là vint qu'elles s'attendrirent à ces amours délicates, auxquelles l'antiquité donnait déjà leur nom, et qui entretiennent, quoi qu'en pensent les hommes, plus de passion vraie que de vicieuse recherche.

Alors, Sapphô était encore belle. Bilitis l'a connue, et elle nous parle d'elle sous le nom de Psappha quelle portait à Lesbos. Sans doute ce fut cette femme admirable qui apprit à la petite Pamphylienne l'art de chanter en phrases rhythmées, et de conserver à la postérité le souvenir des êtres chers. Malheureusement Bilitis donne peu de détails sur cette figure aujourd'hui si mal connue, et il y a lieu de le regretter, tant le moindre mot eût été précieux touchant la grande Inspiratrice. En revanche elle nous a laissé en une trentaine d'élégies l'histoire de son amitié avec une jeune fille de son âge qui se nommait Mnasidika, et qui vécut avec elle. Déjà nous connaissions le nom de cette jeune fille par un vers de Sapphô où sa beauté est exaltée; mais ce nom même était douteux, et Bergk était près de penser qu'elle s'appelait simplement Mnaïs. Les chansons qu'on lira plus loin prouvent que cette hypothèse doit être abandonnée. Mnasidika semble avoir été une petite fille très douce et très innocente, un de ces êtres charmants qui ont pour mission de se laisser adorer, d'autant plus chéris qu'ils font moins d'efforts pour mériter ce qu'on leur donne. Les amours sans motifs durent le plus longtemps: celui-ci dura dix années. On verra comment il se rompit par la faute de Bilitis, dont la jalousie excessive ne comprenait aucun éclectisme.

Quand elle sentit que rien ne la retenait plus à Mytilène, sinon des souvenirs douloureux, Bilitis fît un second voyage: elle se rendit à Chypre, île grecque et phénicienne comme la Pamphylie elle-même et qui dut lui rappeler souvent l'aspect de son pays natal.

Ce fut là que Bilitis recommença pour la troisième fois sa vie, et d'une façon qu'il me sera plus difficile de faire admettre si l'on na pas encore compris à quel point l'amour était chose sainte chez les peuples antiques. Les courtisanes d'Amathonte n'étaient pas comme les nôtres, des créatures en déchéance exilées de toute société mondaine; c'étaient des filles issues des meilleures familles de la cité, et qui remerciaient Aphroditê de la beauté qu'elle leur avait donnée, en consacrant au service de son culte cette beauté reconnaissante. Toutes les villes qui possédaient comme celles de Chypre un temple riche en courtisanes avaient à l'égard de ces femmes les mêmes soins respectueux.

L'incomparable histoire de Phryné, telle qu'Athénée nous l'a transmise, donnera quelque idée d'une telle vénération. Il n'est pas vrai qu'Hypéride eut besoin de la mettre nue pour fléchir l'Aréopage, et pourtant le crime était grand: elle avait assassiné. L'orateur ne déchira que le haut de sa tunique et révéla seulement les seins. Et il supplia les Juges « de ne pas mettre à mort la prêtresse et _l'inspirée d'Aphroditê_ » . Au contraire des autres courtisanes qui sortaient vêtues de cyclas transparentes à travers lesquelles paraissaient tous les détails de leur corps, Phryné avait coutume de s'envelopper même les cheveux dans un de ces grands vêtements plissés dont les figurines de Tanagre nous ont conservé la grâce. Nul, s'il n'était de ses amis, n'avait vu ses bras ni ses épaules, et jamais elle ne se montrait dans la piscine des bains publics. Mais un jour il se passa une chose extraordinaire. C'était le jour des fêtes d'Eleusis, vingt mule personnes, venues de tous les pays de la Grèce, étaient assemblées sur la plage, quand Phryné s'avança près des vagues: elle ôta son vêtement, elle défit sa ceinture, elle ôta même sa tunique de dessous, « elle déroula tous ses cheveux et elle entra dans la mer ». Et dans cette foule il y avait Praxitèle qui d'après cette déesse vivante dessina l'_Aphroditê de Cnide_; et Apelle qui entrevit la forme de son _Anadyomène_. Peuple admirable, devant qui la Beauté pouvait paraître nue sans exciter le rire ni la fausse honte!

Je voudrais que cette histoire fut celle de Bilitis, car, en traduisant ses Chansons, je me suis pris à aimer l'amie de Mnasidika. Sans doute sa vie fut tout aussi merveilleuse. Je regrette seulement qu'on n'en ait pas parlé davantage et que les auteurs anciens, ceux du moins qui ont survécu, soient si pauvres de renseignements sur sa personne. Philodème, qui l'a pillée deux fois, ne mentionne pas même son nom. À défaut de belles anecdotes, je prie qu'on veuille bien se contenter des détails qu'elle nous donne elle-même sur sa vie de courtisane. Elle fut courtisane, cela n'est pas niable; et même ses dernières chansons prouvent que si elle avait les vertus de sa vocation, elle en avait aussi les pires faiblesses. Mais je ne veux connaître que ses vertus. Elle était pieuse, et même pratiquante. Elle demeura fidèle au temple, tant qu'Aphroditê consentit à prolonger la jeunesse de sa plus pure adoratrice. Le jour où elle cessa d'être aimée, elle cessa d'écrire, dit-elle. Pourtant il est difficile d'admettre que les chansons de Pamphylie aient été écrites à l'époque où elles ont été vécues. Comment une petite bergère de montagnes eût-elle appris à scander ses vers selon les rythmes difficiles de la tradition éolienne? On trouvera plus vraisemblable que, devenue vieille, elle se plut à chanter pour elle-même les souvenirs de sa lointaine enfance. Nous ne savons rien sur cette dernière période de sa vie. Nous ne savons même pas à quel âge elle mourut.

Son tombeau a été retrouvé par M. G. Heim à Palaeo-Limisso, sur le bord d'une route antique, non loin des ruines d'Amathonte. Ces ruines ont presque disparu depuis trente ans, et les pierres de la maison où peut-être vécut Bilitis pavent aujourd'hui les quais de Port-Saïd. Mais le tombeau était souterrain, selon la coutume phénicienne, et il avait échappé même aux voleurs de trésors.

M. Heim y pénétra par un puits étroit comblé de terre, au fond duquel il rencontra une porte murée qu'il fallut démolir. Le caveau spacieux et bas, pavé de dalles de calcaire, avait quatre murs recouverts par des plaques d'amphibolite noire, où étaient gravées en capitales primitives toutes les chansons qu'on va lire, à part les trois épitaphes qui décoraient le sarcophage.

C'était là que reposait l'amie de Mnasidika, dans un grand cercueil de terre cuite, sous un couvercle modelé par un statuaire délicat qui avait figuré dans l'argile le visage de la morte : les cheveux étaient peints en noir, les yeux à demi fermés et prolongés au crayon comme si elle eût été vivante, et la joue à peine attendrie par un sourire léger qui naissait des lignes de la bouche. Rien ne dira jamais ce qu'étaient ces lèvres, à la fois nettes et rebordées, molles et fines, unies l'une à l'autre, et comme enivrées de se joindre. Les traits célèbres de Bilitis ont été souvent reproduits par les artistes de l'Ionie, et le musée du Louvre possède une terre cuite de Rhodes qui en est le plus parfait monument, après le buste de Larnaka.

Quand on ouvrit la tombe, elle apparut dans l'état où une main pieuse l'avait rangée, vingt-quatre siècles auparavant. Des fioles de parfums pendaient aux chevilles de terre, et l'une d'elles, après si longtemps, était encore embaumée. Le miroir d'argent poli où Bilitis s'était vue, le stylet qui avait traîné le fard bleu sur ses paupières, furent retrouvés à leur place. Une petite Astarté nue, relique à jamais précieuse, veillait toujours sur le squelette orné de tous ses bijoux d'or et blanc comme une branche de neige, mais si doux et si fragile qu'au moment où on l'effleura, il se confondit en poussière.

PIERRE LOUYS

Constantine, Août 1894.

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Litres'teki yayın tarihi:
21 ocak 2025
Hacim:
82 s. 4 illüstrasyon
ISBN:
4064066074524
Yayıncı:
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Bookwire
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