Kitabı oku: «L'incendie du Palais de Paris en 1618»

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Raoul Boutrays

L'incendie du Palais de Paris en 1618


Publié par Good Press, 2022

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EAN 4064066328764

Table des matières

INTRODUCTION

I

II

L’HISTOIRE DE L’INCENDIE ET EMBRAZEMENT DV PALAIS DE PARIS,

L’EMBRAZEMENT de la grande Sale du Palais de Paris.


INTRODUCTION

Table des matières

I

Table des matières

LA GRAND’SALLE AVANT L’INCENDIE

LA Grand’Salle du Palais, comme on disait jadis, incendiée en 1618, avait été construite et inaugurée au commencement du XIVe siècle, par ordre du roi Philippe-le-Bel, sous la direction d’Enguerrand de Marigny, son premier ministre. Elle avait à peu près les mêmes dimensions que la salle actuelle du Palais-de-Justice dite des Pas Perdus, était dallée en marbre blanc et noir, divisée en deux parties par une suite de sept piliers soutenant deux nefs de charpente rehaussées d’or et d’azur et éclairée par de hautes fenêtres en ogive ornées de vitraux. On y voyait figurer, dans des niches surmontées de dais de style gothique, adossées aux parois latérales et aux piliers de soutien, les statues peintes et dorées des rois de France, œuvres des plus fameux ymagiers en pierre de l’époqne; au-dessous de chacune d’elles était une inscription commémorative rappelant la date de l’avènement et celle de la mort de chacun de nos rois, depuis Pharamond jusqu’à Charles IX. «Henri VI, » Roi d’Angleterre, usurpateur du Royaume » (dit Sauval, Histoire de Paris, t. II, p. » 347), y mit sa figure à qui Charles VII » depuis fit taillader le visage: ce qui est si » vrai qu’en 1618, lorsque par malheur la » Salle du Palais fut brûlée, le Conseiller » Peiresc reconnut aussitôt cette figure parmi » les ruines, et fit remarquer aux Curieux » qu’elle étoit mutilée.» Un compte de la Prévôté de 1471 inséré ibid. (t. III, p. 400), nous apprend comme suit qu’une de ces statues, celle de Louis XI, avait été transférée, de son vivant, de l’hôtel Saint-Paul à la Grand’Salle du Palais: «A Martin Gentiel, » Maçon et Tailleur de pierre, et Estienne » Hinselin Huchier et Menuisier, la somme » de neuf livres quatre deniers parisis, qui » due leur étoit par le Roi, pour avoir par » eux et leurs Aides été querir en l’Hostel de » la Reine (Isabeau de Bavière) à St Pol, et » mené seurement en la grant salle du Palais » la representation du Roi notredit Seigneur, » qui à present est, et icelle avoir montée et » assise au pillier étant en ladite salle près du » lieu où est la representation de feu le Roi » Charles (Charles VII) son pere, cui Dieu » pardoint, etc.» Trois portes donnaient accès à la Grand’Salle: deux d’entre, elles communiquaient au sud, l’une dite des petits degrés, par un escalier, avec la Cour du Mai, l’autre dite du Perron royal, par quelques marches, avec la Galerie aux Merciers (anciennement Mercerie du Palais) qui s’étendait sur une longueur de quatre-vingt pieds de la Grand’Salle à la Sainte-Chapelle, et la troisième, percée en 1550, s’ouvrait au nord sur la Grand’Chambre ou Chambre dorée. «Audict an (1550), lit-on dans les Antiqvitez » de Paris de Gilles Corrozet (édit. 1586, » f° 172), fut faicte ouuerture en la grosse » muraille de la salle du Palais et dressee vne » porte pour entrer de front en la chambre » doree de Parlement.»

Les jours de grandes solennités, on arrivait dans la Grand’Salle après avoir franchi la porte dite de Philippe-le-Bel (portail gothique servant d’entrée à la Galerie aux Merciers et précédé d’un perron monumental dit grands degrés, au fond de la Cour du Mai), la partie septentrionale de la Galerie aux Merciers et la porte dite du Perron royal. Sauvai (Hist. de Paris, t. III, p. 446) insère ce qui suit dans les Comptes de la Prévôté de Paris de 1484: «Robin Possepain, Mercier,

» demeurant à Paris, pour un Estai assis au

» Palais en la gallerie du Palais, joignant de

» la porte du beau Roi Philippes qu’ils tiennent

» aux vies de lui, de Jaqueline sa femme

» et Estienne leurs fils.» La gallerie du Palais signifie la galerie aux Merciers, et la porte du beau Roi Philippes la porte de Philippe-le-Bel. Cette porte tirait sa dénomination d’une statue de ce roi qui y figurait comme fondateur du Palais ainsi que celle d’Enguerrand de Marigny (V. G. Corrozet, édit. 1586, f° 98, et Sauval, t. II, p. 348). Celle-ci qui avait été placée par son ordre au-dessous de celle du roi, fut précipitée par le peuple du haut en bas des grands degrés, dans la Cour du Mai, en signe d’infamie, lorsque ce ministre fut pendu en 1315, par ordre du roi Louis-le-Hutin, pour avoir dérobé le trésor royal, au gibet de Montfaucon qu’il avait fait construire. Cette statue survécut encore fort longtemps aux mutilations qu’elle dût subir dans sa chûte. Saint-foix dit à propos de la statue d’Enguerrand de Marigny dans ses Essais historiques sur Paris (Paris, 1767, t. I, p. 238):

«J’ai eu la curiosité d’aller la voir dans une

» petite cour de la prison de la Conciergerie

» où elle est sans piédestal, et appuyée contre

» le mur; elle m’a paru d’une bonne attitude;

» la taille est en courte et assez fournie;

» le visage est riant et agréable; l’habillement

» descend au-dessous des genoux; elle

» a sur la tête une espece de chaperon dont la

» pointe, qui n’est pas rejettée en arriere, mais

» entortillée, revient sur l’oreille gauche;

» on remarque sur l’habit un baudrier brodé

» auquel l’épée est attachée.» Dulaure en parle ainsi à la p. 261 du t. II de sa Nouvelle description des curiosités de Paris (Paris, 1787, pet. in-8°): «A un bout de cette

» grand’salle (des Pas-perdus) proche la

» chambre des Eaux et Forêts, on voit une

» statue colossale et mutilée appuyée contre

» le mur; c’est celle d’Enguerand de Marigni,

» Ministre accusé de vexation, condamné

» au supplice, mais innocent, et dont

» la mémoire a trouvé des défenseurs dans

» ce siècle-ci.» Qu’est-elle devenue depuis? C’est ce que nous ignorons. Il y avait au Palais, outre cette statue, un portrait d’Enguerrand de Marigny. On lit dans Gilles Corrozet (Antiq. de Paris, édit. 1586, f° 110):

«Sa pourtraicture est encores en platte peinture

» deuant l’Image nostre Dame, contre

» vne muraille, aboutissant à vne Tour, ainsi

» qu’on monte les degrez de la grand salle:

» et près de là est graué en pierre:

«Chacun soit contant de ses biens

» Qui n’a suffisance il n’a riens.»

Une vue perspective du perron qui donnait accès à la porte de Philippe-le-Bel, restauré à l’aide d’anciens plans du Palais et de deux dessins de la collection Lassus, se voit à l’article Perron, t. VII, p. 119 du Dictionnaire raisonné de l’architecture française de M. Viollet-le-Duc (Paris. A. Morel, 1864, in-8°).

La Grand’Salle du Palais servait aux réceptions des princes étrangers et des grands vassaux de la Couronne, aux audiences des ambassadeurs, aux entrées solennelles des rois de France dans leur bonne ville de Paris, aux publications des traités de paix, aux noces royales, aux festins publics et aux représentations théâtrales des clercs de la Bazoche.

Sauval (Hist. de Paris, t. II, p. 3) la décrit ainsi: «Le dessous de la grande salle

» est bâti avec beaucoup de solidité et portoit

» une salle qui passoit pour l’une des

» plus grandes, et des plus superbes du

» monde; elle étoit pavée de marbre blanc

» et noir, lambrissée et voutée de bois, accompagnée

» dans le milieu de piliers de

» même, tous rehaussés d’or et d’azure, et

» remplis des statues de nos Rois, représentés

» de sorte que pour les distinguer, ceux

» qui avoient été malheureux et faineans

» avoient les mains basses et pendantes; les

» braves au contraire et les conquerans,

» avoient tous les mains hautes. A un des

» bouts étoit placée une Chapelle, qu’avoit

» fait faire Louis XI en 1477 qu’il borda de

» deux colomnes, où étoit sur l’une la figure

» de Charlemagne, et sur l’autre celle de

» St Louis, pour qui il avoit beaucoup de

» dévotion. A l’autre bout de la salle étoit

» dressée une table, qui en occupoit presque

» toute la largeur, et qui de plus portoit tant

» de longueur, de largeur et d’épaisseur,

» qu’on tient que jamais il n’y a eu de tranches

» de marbre plus épaisses, plus larges

» ni plus longues. Elle servoit à deux usages

» bien contraires: pendant deux ou trois

» cens ans, les Clercs de la Bazoche n’ont

» point eu d’autre theatre pour leurs farces,

» et leurs momeries; et cependant c’étoit le

» le lieu où se faisoient les festins Royaux,

» et où on n’admettoit que les Empereurs,

» les Rois, les Princes du sang, les Pairs de

» France, et leurs femmes, tandis que les

» autres Grands Seigneurs mangeoient à

» d’autres tables.»

La chapelle élevée par Louis XI qui s’y était fait représenter agenouillé aux pieds de la Sainte Vierge, pour être orientée comme tous les édifices religieux l’étaient à cette époque, était située à l’orient, du côté de la rue Saint-Barthélemy, dite depuis de la Barillerie, aujourd’hui boulevard du Palais: elle était construite toute en bois, avait été dédiée à Saint-Nicolas et servait chaque année, à la rentrée solennelle du Parlement, à la célébration de la messe du Saint-Esprit dite messe rouge, à cause de la couleur des robes des assistants. Les deux statues de Charlemagne et de Saint-Louis avaient été descendues de leurs places, dans la Grand’-Salle, par ordre de Louis XI, pour être dressées sur des colonnes de chaque côté de cette chapelle.

La table de marbre était à l’extrémité opposée, au couchant, du côté de la cour de la Conciergerie. Jean de Jandun s’exprime ainsi, au chapitre II de la seconde partie de son ouvrage intitulé Tractatus de laudibus Parisius (1323): «Sed et marmorea mensa, sue

» politissime planitiei uniformitate refulgens,

» sub occidentalium vitrearum lumine fixa,

» sic tamen quod ad oriens respiciunt convivantes.

» Gilles Corrozet (Les Antiq. de Paris, édit. 1586, chap. XIII) commence ainsi son énumération des statues des rois de France: «Pource qu’il se voit ordinairement

» controuerse entre les Historiographes,

» en tant que touche l’ordre des Roys

» (mesmement des anciens) et le temps de

» leurs regnes, ie les mettray cy en la propre

» maniere qu’il est escrit sous leurs effigies,

» en la grande salle dudict Palais, le commencement

» desquels est entre les deux

» verrieres, au chef de la table de marbre

» vers Occident, du costé du parquet des

» Requestes.» Ce renseignement est très

exact: le parquet des Requêtes était situé dans la Grand’Salle du Palais, près de la porte de la Grand’Chambre ou Chambre dorée, au dire d’Etienne Pasquier (Chapitre III du second livre des Recherches de la France. Paris, 1617. In-4°). L’assertion suivante, émise au f° 28 (verso) d’un récit contemporain de l’entrée de Henri II à Paris en 1549 , détermine l’emplacement de la table de marbre et confirme les indications précédentes. Après avoir fait une énumération détaillée des Princes et Seigneurs qui prirent place, pour le souper royal, à la table de marbre, l’auteur (Hardouin Chauveau) ajoute: «au dessoubs de ladicte table de

» marbre à main droicte tirant iusques à la

» porte de la salle des merciers fut dressée

» vne autre table ordonnée pour les autres

» Princes, Ambassadeurs et Cheualiers de

» l’ordre.» Or la porte de la salle des merciers, dite du Perron royal, s’ouvrait près de l’extrémité occidentale de la Grand’Salle, non loin de la table de marbre.

«Tante perfecto magnitudinis existit,

» quod, si mensuram ejus absque probatione

» proponerem, timerem michi non credi». Elle est si grande, que, si j’en donnais la mesure sans preuve, je craindrais de ne pas être crû, dit Jean de Jandun (loc. cit., p. 15) au sujet des dimensions de la table de marbre. On lit dans la Description de la ville de Paris au XVe siècle, par Guillebert de Metz (Ch. XXI. Du Palais): «La salle du palais » a de long six vingt piés et de large cinquante » piés... là est la table de marbre de » neuf pièces.» Cette table était donc en neuf morceaux et non en un seul comme l’affirme Sauval (t. II, p. 347), lorsqu’il dit: «la plus grande tranche de Marbre qu’il y » ait jamais eu.» Elle était en marbre noir et de forme oblongue. Dulaure, qui n’indique pas d’ailleurs la source où il a puisé ce document, commet, à ce sujet, une erreur inexplicable dans une note de la p. 34 de ses Singularités historiques sur Paris: » Grande table ronde, dit-il, placée à une » extrémité de la grand’salle où les Rois » donnoient des festins dans les grandes cérémonies.»

La table de marbre servait à différents usages. Ce n’était pas une estrade destinée à recevoir une table, comme l’ont cru jusqu’ici quelques archéologues, mais une table, dans le vrai sens du mot, autour de laquelle siégeaient de droit, comme convives, les jours de grandes cérémonies, le roi et tous les membres de la famille royale, tandis que les autres dignitaires ou grands personnages prenaient place à des tables inférieures dressées sur les dalles de la Grand’Salle; «de plus

» (dit Sauvai, Hist. de Paris, t. II, p. 644),

» on donnoit à boire et à manger à tout ve

» nant, et ceux qui vouloient se mettre à

» table, y étoient servis très-largement par

» les serviteurs du Roi, des vins et viandes

» d’icelui.» C’était aussi sur cette table que les clercs de la Bazoche édifiaient leur théâtre, pour être plus en vue, quand ils y jouaient des mystères, farces, soties ou moralités. Un serment prêté au roi devant la table de marbre devait être inviolable. En voici un exemple tiré du Journal parisien de Jean Maupoint, prieur de Sainte-Catherine-de-la-Couture, publié par M. G. Fagniez au t. IV des Mémoires de la Société de l’Histoire de Paris (Paris, 1877, in-8°), p. 82: «ledit de Luxembourc, conte de

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17 ocak 2025
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58 s. 15 illüstrasyon
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4064066328764
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