Kitabı oku: «Voyage à Bourg-la-Reine et à l'Hay»

Yazı tipi:

Saint-Bresson

Voyage à Bourg-la-Reine et à l'Hay


Publié par Good Press, 2022

goodpress@okpublishing.info

EAN 4064066329532

Table des matières

AVIS DE L’AUTEUR.

VOYAGE ET SOIRÉES

OMISSIONS ET OUBLIS.


IMPRIMERIE DE BACQUENOIS,

RUE CHRISTINE, N° 2.


AVIS DE L’AUTEUR.

Table des matières

Je suis aveugle, presque octogénaire et accablé de graves infirmités: dans cet état on a le plus grand besoin de se distraire et de s’occuper. Selon moi, la plus douce des occupations est de faire le bien quand on le peut et comme on le peut. J’ai cru le faire en écrivant mon petit voyage à Bourg-la-Reine.

J’ai d’abord voulu parler de Mme de B***, chez laquelle j’ai été souvent en pension depuis la révolution de 1830; j’ai voulu faire connaître la charmante maison de cette aimable dame, qu’un caractère heureux, une extrême bonté, une humeur toujours égale rendent chère à ceux qui la connaissent, et plus particulièrement à ceux qui habitent chez elle.

J’ai voulu aussi désigner aux personnes qui vont annuellement passer la belle saison à la campagne, un des plus jolis endroits des environs de Paris, une commune où se trouvent réunis aux charmes de la nature, tous les avantages nécessaires à une vie paisible et commode; une commune calme et tranquille, qui n’a jamais partagé les excès ni les erreurs presque inséparables des temps de troubles et de désordres, une commune enfin dont les habitans sont remplis d’attention et d’obligeance pour les étrangers qui viennent les visiter.

Si, dans mon récit sans art, je me suis permis d’entremêler parfois, quelques-uns de mes souvenirs antérieurs à ma cécité et quelques personnalités qui ne sauraient offenser, je puis assurer que tout est puisé dans l’exacte vérité ; je dois donc espérer obtenir toute l’indulgence dont j’ai besoin et que je réclame avec instance de mon lecteur.

NOTA. La seconde partie de cet opuscule se composera des Soirées de Bourg-la-Reine, et paraîtra très-incessamment.


VOYAGE ET SOIRÉES

Table des matières

A BOURG-LA-REINE.

Long-temps avant le mois de juillet 1830, l’horizon politique s’était fort obscurci; chaque jour enfantait un nouveau danger pour le gouvernement et une nouvelle crainte pour les amis de la légitimité ; tous les journaux retentissaient d’invectives, de récriminations, de plaintes et d’accusations contre les ministres et contre le roi même.

La capitale était inondée de brochures virulentes, les unes plus que les autres; tout, en un mot, dans ce moment d’effervescence, annonçait une explosion prochaine; l’oscillation du gouvernement, l’anxiété dans laquelle étaient ses partisans, rendait le séjour de Paris insupportable; j’avais pris la résolution de le quitter pour me retirer à jamais à la campagne, lorsqu’un matin, en parcourant les journaux et les Petites Affiches, comme à mon ordinaire, je lus l’annonce suivante:

A Bourg-la-Reine

Est un manoir,

Que l’on peut voir,

Sans nulle peine,

Matin et soir;....

Où, noble dame,

Dont la douceur,

L’égale humeur

Dévoile l’ame,

Avec bonté

Offre sa table,

Et fort passable,

Vin de santé,

Aux gens aimables

Qui sont capables

De préférer,

Sans différer,

Charmant asile,

Calme et tranquille,

Aux embarras

Et aux fracas

De grande ville:

Petit salon,

Chambre proprette,

Hôtesse honnête,

Et sans façon,

Grâce, simplesse,

Et politesse,

Voilà le ton

De la maison.

Voyez l’adresse,

Un peu plus bas,

Et chez l’hôtesse

Portez vos pas.

A Bourg-la-Reine, Grande Rue, n°

Ce genre d’annonce, inconnu jusqu’à ce jour, me parut fort singulier; mais néanmoins me donna, je ne sais pourquoi, une idée agréable, si ce n’est avantageuse, du lieu qu’elle désignait; dès ce moment, je formai le projet d’aller le reconnaître; mais l’état des affaires, les événemens multipliés et toujours renaissans qui s’amoncelaient, me forcèrent à rester encore quelque temps pour en voir l’issue. Hélas, je n’attendis pas long-temps! les fatales ordonnances qui détruisirent dans un instant un trône qui existait depuis huit siècles, et avec lui l’amour d’un peuple distingué jusqu’alors par son attachement inviolable à ses souverains, vinrent bientôt porter la consternation partout, et peu après, le trouble, le désordre et la mort sur tous les points de la capitale bouleversée de fond en comble.

Le spectacle affreux dont je fus le témoin pendant les trois journéesde juillet, le sang dont toutes les rues de Paris furent abreuvées, portèrent dans mon cœur et dans mon esprit une épouvante et une horreur qu’il me fut impossible de supporter plus long-temps.

Alors revint à ma mémoire l’annonce que j’avais lue dans les Petites Affiches.

Je résolus de partir le lendemain pour Bourg-la-Reine; je rêvais à mon petit voyage, lorsque me survint l’inspiration que je transcris ici:

Sur les bords sanglans de la Seine,

Je ne puis désormais goûter aucun repos;

A chaque instant, un coup d’oeil me ramène

Au souvenir de tous mes maux.

Dans le vallon charmant du joli Bourg-la Reine,

Sur ces rians et fertiles coteaux,

J’irai chercher à soulager ma peine

Qui doit m’acompagner dans-le sein des tombeaux!

Muse, jadis ma protectrice,

Source unique de mes plaisirs,

Dans mon divin séjour daigne m’être propice

Et présider à mes loisirs.

Cette invocation m’eût conduit tout naturellement, sans doute, à un poème sur l’étonnante révolution de 1830, si mon esprit uniquement occupé de quitter Paris, et désireux de me rendre le plus tôt possible à Bourg-la-Reine, n’eut interrompu tout ce que mon imagination aurait pu dire sur ce qui venait de se passer. Je commençai donc mon voyage; je partis de la rue de Vaugirard où je demeurais, je passai par le Luxembourg pour aller à la barrière d’Enfer; en traversant ce beau jardin, je vis auprès du bassin, un homme fort bien mis, assis sur un banc, qui semblait écrire sur ses genoux; quand je fus à deux pas de lui, il leva machinalement la tête, ses yeux se fixèrent sur moi, et il me dit: — Bonjour, Salvador, où allez vous? — A la campagne, où je vais me fixer; je quitte tout-à-fait Paris.

Mais vous, Fioretti, que faisiez vous là, vous écriviez? — Eh! mon ami, vous le savez, j’aime à m’occuper d’histoire, d’anecdotes, d’événemens curieux. Je compulsais dans ma mémoire tous ceux qui se sont passés dans ce beau palais, ainsi que les grands personnages qui l’ont habité depuis Henri IV. Mais vous, mon cher ami, dans quel lieu allez-vous, demeurer à la campagne? — Je vais m’établir à Bourg-la-Reine; on dit que c’est un très bel endroit, que ses environs sont charmans; je me propose de les parcourir, même de. les observer quand j’y serai; en attendant, je m’arrêterai, chemin faisant, à tous les lieux remarquables que. je trouverai sur ma route avant d’y arriver.

Lorsque j’aurai,choisi ma retraite, je recueillerai toutes mes notes et j’en formerai un petit ouvrage sous le titre de Voyage et Soirées à Bourg-la-Reine. — Parbleu, reprit alors avec vivacité Fioretti, la rencontre est heureuse pour vous et pour moi. Je veux être du voyage, en faire une petite partie du moins avec vous; je vous accompagnerai jusqu’à la barrière, et dans cet espace, qui n’est pas long, nous trouverons plus que dans toute autre partie de la capitale, des souvenirs à recueillir qui ont été consacrés par l’histoire: le Luxembourg, les Chartreux, les Sourds-Muets, le Val-de-Grâce, la Maternité, l’Observatoire, les Enfans-Trouvés, enfin, l’hospice de Marie-Thérèse, nous en fourniront assez pour donner un intérêt de plus à votre voyage et lui servir d’introduction. Asseyons-nous, ajouta-t-il, et commençons; par un entraînement que je ne saurais exprimer, j’obéis, je m’assieds à côté de lui, il me donne son crayon et j’écris.

LUXEMBOURG. — C’est au Luxembourg qu’habita, en 1617, cette Galigaï, maréchale d’Ancre, sortie de la poussière, disposant à son gré des dignités de la France; puis, précipitée du faîte des grandeurs et expiant sur l’échafaud sa scandaleuse fortune et les soupçons sur la mort de Henri IV.

C’est au Luxembourg que Marie de Médicis appela auprès d’elle Rubens et le fit venir d’Anvers pour peindre cette suite magnifique de tableaux, connue sous le nom de galerie du Luxembourg, qui met sous les yeux toute la cour de Henri IV.

Ce chef-d’œuvre du pinceau magique du plus célèbre artiste, fut transporté à l’époque de la restauration, du Luxembourg dont il faisait l’ornement, au Musée du Louvre où il se trouve aujourd’hui. C’est encore au Luxembourg qu’habita, en 1668, cette Henriette d’Angleterre, duchesse d’Orléans, aimée de Louis XIV, qui fit lutter les génies de Corneille et de Racine, et mourut de poison à la fleur de son âge, dans les bras de Bossuet.

Le Luxembourg fut aussi témoin, en 1670, des amours romanesques de M. de Lauzun et de Mademoiselle de Montpensier. Ce fut dans ce palais qu’en 1676 Madame de Lafayette composa la Princesse de Clèves, conjointement avec Segrais et M. de Larochefoucault. Enfin, en 1720, Madame la duchesse de Berri, fille du régent, habita le Luxembourg qui, depuis cette époque, devint la demeure des frères aînés des rois de France; c’est en cette qualité que le comte de Provence, devenu depuis Louis XVIII, l’habitait en 1790, lors de l’émigration de la famille royale.

Après le départ de ce prince, le Luxembourg fut transformé, dans le temps de la terreur, en prison des suspects, et c’est de là que furent envoyés à l’échafaud les hommes du rang le plus élevé, les savans les plus illustres et les plus célèbres artistes.

Après la terreur, le Luxembourg devint le siége du gouvernement, composé des cinq sires, connus sous le nom de Directoire; lorsque ce gouvernement fut renversé par Bonaparte il y plaça le Consulat dont il était le premier membre, et lorsqu’il fut empereur, il y établit le Sénat Conservateur sous lequel ce palais prit une toute autre figure.

Les bâtimens furent changés et embellis, les jardins agrandis, augmentés et décorés comme ils le sont aujourd’hui, sous la direction du fameux architecte Chalgrin.

Enfin, après la chute de Bonaparte, Louis XVIII ayant créé la chambre des Pairs, lui donna le Luxembourg en toute propriété.

C’est pendant son règne que cette chambre remplissant les fonctions de haute cour nationale, jugea et condamna le maréchal Ney, et plus tard l’infâme Louvel, assassin du duc de Berri.

Après la mort de Louis XVIII, pendant le règne de Charles X, son frère et son successeur, le Luxembourg fut constamment le siège de la chambre des Pairs.

Dans le commencement des troubles qui précédèrent la révolution de 1830, le jardin de ce palais fut souvent le rendez-vous des rassemblemens des élèves des différentes écoles qui préludaient, par leurs clameurs, aux événemens qui ont occasionné tous les changemens opérés par cette nouvelle révolution.

Depuis les journées mémorables de juillet, la nouvelle chambre des Pairs, présidée par le baron Pasquier, s’est formée en haute cour pour juger les derniers ministres de Charles X, et les a condamnés à la réclusion perpétuelle, qu’ils subissent depuis cette époque, au château de Ham.

Nous quittâmes le Luxembourg après avoir recueilli tous ces souvenirs; quand nous eûmes passé la grille qui est en face la rue Saint-Dominique, Fioretti s’arrêta subitement: — Nous laissons derrière nous, me dit-il, trois monumens remarquables: la Sorbonne, Sainte-Geneviève et la tour Saint-Jacques-du-Haut-Pas;je vais vous en dire un mot.

SORBONNE. — Le cardinal de Richelieu en fut le fondateur, il y forma une réunion de savans théologiens, connue dans la suite sous le titre de collége de Sorbonne; les hommes qui le composèrent, fort habiles en controverses, furent long-temps les arbitres et les juges des différens qui s’élevèrent dans presque toutes les églises de la chrétienté.

A l’époque de la révolution de 1789, cette célèbre société subit le sort de tous les corps enseignans et religieux; les membres en furent dispersés, leur asile bouleversé, leur église profanée au dedans et totalement-dégradée au dehors.

Sous l’empire, la Sorbonne devint une succursale de l’école de droit, et l’église fut changée en amphithéâtre, où vinrent se ranger les élèves pour entendre les leçons des différens professeurs.

Sous la restauration, le gouvernement essaya de faire revivre le collége de Sorbonne: il rassembla quelques docteurs qui existaient encore, fit réparer leur ancienne demeure et les y installa; leur église fut restaurée, embellie, décorée avec goût et enrichie de nouveau du tombeau de son fondateur, dont le vendalisme l’avait dépouillée. Le culte y fut rétabli avec la dignité convenable, et pour lui donner plus d’éclat, l’école de chant de M. Chauron fut appelée à exécuter tous les dimanches dans cette jolie chapelle, à la messe et à vêpres, des morceaux de musique des meilleurs compositeurs, ainsi que ceux qu’avait appropriés leur habile maître au temps et aux lieux. Cette exécution musicale attira pendant plusieurs années la foule aux offices divins et particulièrement à vêpres, qui était, à la fin du règne de Charles X, le rendez-vous de tout ce que la capitale avait de femmes les plus élégantes et de petits-maîtres.

Les trois journées de juillet ont fait évanouir tous ces prestiges; mais il reste encore à la Sorbonne un objet bien digne d’attirer les étrangers et les connaisseurs: c’est le tombeau du cardinal, qui se distingue par sa simplicité, l’élégance du style, le fini des accessoires, et surtout par la pôse et la pureté du dessin de la figure principale, qui est à demi-couchée sur le tombeau.

SAINTE-GENEVIÈVE. Louis XV pendant sa maladie à Metz, fit vœu d’élever un temple à la patronne de Paris; il en posa la première pierre le 6 septembre 1757; le célèbre Soufflot en fut l’architecte; il mourut avant de l’avoir achevé, par suite des chagrins que lui firent essuyer les contradictions qu’il éprouva en le construisant.

Cette église n’était pas encore finie que la révolution de 1789 éclata; peu après, Sainte-Geneviève fut débaptisée et prit le nom de Panthéon français, destiné à renfermer les dépouilles mortelles des hommes illustres du temps. Mirabeau fut le premier qui fut inhumé dans cette enceinte; les cendres de Voltaire y furent portées avec une pompe inconcevable; Marat enfin eut aussi les honneurs du Panthéon, d’où le peuple vint l’arracher pour le jeter dans l’égoût Montmartre.

Ücretsiz ön izlemeyi tamamladınız.

Türler ve etiketler

Yaş sınırı:
0+
Litres'teki yayın tarihi:
16 ocak 2025
Hacim:
61 s. 2 illüstrasyon
ISBN:
4064066329532
Yayıncı:
Telif hakkı:
Bookwire
İndirme biçimi:

Benzer kitaplar