Kitabı oku: «Bible d'une grand'mère»
Sophie de Ségur
Bible d'une grand'mère

Publié par Good Press, 2022
EAN 4064066306601
Table des matières
INTRODUCTION
I
II
III
IV
V
VI
VII
VIII
IX
X
XI
XII
XIII
XIV
XV
XVI
XVII
XVIII
XIX
XX
XXI
XXII
XXIII
XXIV
XXV
XXVI
XXVII
XXVIII
XXIX
XXX
XXXI
XXXII
XXXIII
XXXIV
XXXV
XXXVI
XXXVII
XXXVIII
XXXIX
XL
XLI
XLII
XLIII
XLIV
XLV
XLVI
XLVII
XLVIII
XLIX
L
LI
LII
LIII
LIV
LV
LVI
LVII
LVIII
LIX
LX
LXI
LXII
LXIII
LXIV
LXV
LXVI
LXVII
LXVIII
LXIX
LXX
LXXI
LXXII
LXXIII
LXXIV
LXXV
LXXVI
LXXVII
LXXVIII
LXXIX
LXXX
LXXXI
LXXXII
LXXXIII
LXXXIV
LXXXV
LXXXVI
LXXXVII
LXXXXIII
LXXXIX
XC
XCI
XCII
XCIII
XCIV
XCV
XCVI
XCVII
XCVIII
XCIX
C
CI
CII
CIII
CIV
CV
CVI
CVII
CVIII
CIX
CX
CXI
CXII
CXIII
CXIV
CXV
CXVI
CXVII
CXVIII
CXIX
CXX
CXXI
CXXII
CXXIII
CXXIV
CXXV
CXXVI
CXXVII
CXXVIII
CXXIX
CXXX
CXXXI
CXXXII
CXXXIII
CXXXIV
CXXXV
CXXXVI
CXIXXVII
CXXXVIII
CXXXIX
CXL
CXLI
CXLII
CXLIII
CXLIV
CXLV
CXLVI
CXLVII
CXLVIII
CXLIX
CL
CLI
CLII
CLIII
CLIV
CLV
CLVI
CLVII
CLVIII
CLIX
CLX
CLXI
CLXII
CLXIII
CLXIV
CLXV
CLXVI
CLXVII
CLXVIII
CLXIX
CLXX
CLXXI
CLXXII
CLXXIII
CLXXIV
SECONDE PARTIE DE L’ANCIEN TESTAMENT
CLXXV
CLXXVI
CLXXVII
CLXXXIII
CLXXIX
CLXXX
CLXXXI
CLXXXII
CLXXXIII
CLXXXIV
CLXXXV
CLXXXVI
CLXXXVII
CLXXXVIII
CLXXXIX
XCX
CXCI
CXCII
CXCIII
CXCIV
CXCV
CXCVI
CXCVII
CXCVIII
CXCIX
CC
CCI
CCII
CCIII
CCIV
CCV
CCVI
CCVII
CCVIII
CCIX
CCX
CCXI
CCXII
CCXIII
CCXIV
CCXV
CCXVI
CCXVII
CCXVIII
CCXIX
INTRODUCTION
Table des matières
(Les enfants s’amusent à regarder des images dans la bibliothèque du château des Nouettes. La grand’mère cause avec les plus grands, et explique les images aux plus petits. Gaston prend un gros livre, l’ouvre, et voit beaucoup d’images.)
GASTON. Grand’mère, qu’est-ce que c’est que ce gros livre? Comme il est beau! tout rouge avec de l’or.
GRAND’MÈRE. Ce gros livre s’appelle la BIBLE, ou la SAINTE BIBLE.
PAUL. Qu’est-ce que cela veut dire? De quoi parle-t-il?
GRAND’MÈRE. Il parle de choses religieuses et saintes.
GASTON. Qui est-ce qui l’a fait?
GRAND’MÈRE. C’est le bon Dieu.
FRANÇOISE. Comment? Le bon Dieu écrit des livres?
GRAND’MÈRE. Il ne les écrit pas lui-même, mais il inspire ceux qui les ont écrits. On appelle ces hommes inspirés les Prophètes, les Apôtres, les Évangélistes.
ARMAND. Mais comment le bon Dieu les inspire-t-il?
GRAND’MÈRE. En leur donnant des idées; en leur faisant deviner et connaître des choses qu’ils ne pourraient savoir sans l’aide de Dieu.
MARIE-THÉRÈSE. Il y a donc plusieurs hommes qui ont écrit ce livre?
GRAND’MÈRE. Oh oui! plusieurs; les plus célèbres sont: Moïse, David, Salomon, Isaïe, Jérémie, Daniel, etc.
PAUL. Quels singuliers noms!
GRAND’MÈRE. Ce sont des noms hébreux ou juifs, qui ne ressemblent pas à nos noms français.
Gaston ouvre la Bible et l’examine.
GASTON. Il me semble qu’il y a beaucoup de livres; je vois LIVRE DIX.
GRAND’MÈRE. Oui, il y en a soixante-douze. C’est partagé en deux grandes parties, qu’on appelle l’ANCIEN TESTAMENT et le NOUVEAU TESTAMENT.
PETIT-LOUIS. Qu’est-ce que c’est, Testament? N’est-ce pas quand on meurt?
GRAND’MÈRE. Oui; mais cela veut dire aussi: promesse ou bien traité d’alliance.
L’ANCIEN TESTAMENT, c’est le récit des promesses que le bon Dieu a bien voulu faire aux hommes; c’est l’histoire de ce qui s’est passé entre Dieu et les hommes, surtout avec ses plus grands serviteurs, depuis le commencement du monde jusqu’à la naissance de JÉSUS-CHRIST, c’est-à-dire pendant 4000 ans.
Le NOUVEAU TESTAMENT contient le récit de la vie de JÉSUS-CHRIST, c’est-à-dire l’ÉVANGILE.
LOUIS. Est-ce le même Évangile que vous nous avez raconté, grand-mère?
GRAND’MÈRE. Précisément; mais, outre l’EVANGILE et les ACTES DES APÔTRES, que je vous ai racontés, le Nouveau Testament contient aussi tous les écrits que le Saint-Esprit a inspirés aux Apôtres.
VALENTINE. Combien y a-t-il de livres dans l’ANCIEN TESTAMENT?
GRAND’MÈRE. Il y en a quarante-cinq.
HENRIETTE. Et dans le NOUVEAU TESTAMENT?
GRAND’MÈRE. Il y en a vingt-sept.
PAUL. Sont-ils écrits en français?
GRAND’MÈRE. L’Ancien Testament a été écrit en HÉBREU; le Nouveau Testament a été écrit presque entièrement en GREC et en LATIN.
ARMAND. Est-que ce serait aussi intéressant que l’Évangile?
GRAND’MÈRE. Certainement.
GASTON. Oh! grand’mère, racontez-nous cela comme vous avez raconté l’ÉVANGILE et les ACTES DES APÔTRES à Jacques, à Jeanne et aux autres. — Paul, grand’mère, va nous raconter l’HISTOIRE SAINTE. Venez tous, venez écouter l’HISTOIRE SAINTE.
Les enfants accourent et s’écrient:
Merci, ma bonne grand’mère, merci; commencez tout de suite, nous vous en prions.
GRAND’MÈRE. Pas aujourd’hui, mes chers petits; il est trop tard; demain, avant déjeuner, vous viendrez tous chez moi, et tous les matins je vous raconterai l’HISTOIRE SAINNTE, qui vous amusera, je l’espère.
Le lendemain les enfants furent exacts. A dix heures, Madeleine, Élisabeth, Pierre, Henri en tête de la bande, entrèrent chez leur grand’mère; après l’avoir embrassée, ils rangèrent des chaises en demi-cercle devant le fauteuil réservé à grand’mère; ils placèrent les petits au milieu et se mirent aux extrémités.
PETIT-LOUIS. Pourquoi te mets-tu au bout, Élisabeth
ELISABETH. Pour faire la police et vous empêcher de remuer.
GASTON. Comment! nous ne pourrons pas bouger, même si nous sommes fatigués?
MADELEINE. Si fait; vous pourrez non-seulement bouger, mais aussi parler.
GASTON. Pourrai-je bâiller, si cela m’ennuie?
HENRIETTE. Non; il est défendu de bâiller; si tu t’ennuies, tu t’en iras.
FRANÇOISE. C’est ennuyeux cela; d’abord moi, je bâille très-souvent; et je ne veux pas m’en aller. (Elle bâille.)
LOUIS. Ah! tu commences déjà ? Va jouer avec Mathilde. (Louis, Henri, Jacques et Henriette veulent la faire sortir.)
FRANÇOISE, criant. Grand’mère, grand’mère, au secours!
La grand’mère assoit Françoise à côté d’elle et dit en riant:
«La! Te voilà en sûreté à présent. Tu ne t’en iras que lorsque tu le voudras. Soyez complaisants, mes chers enfants. Quand même elle bâillerait, qu’est-ce que cela vous fait?»
JACQUES. Mais, grand’mère, ce n’est pas poli pour vous.
GRAND’MÈRE, souriant. Je te remercie, cher enfant, de ton observation, qui pourrait être juste pour une autre; mais moi, je ne me choque pas, et je sais que les enfants bâillent sans s’ennuyer. Ainsi, commençons. Placez-vous tous et écoutez.
I
Table des matières
DIEU CRÉE LE MONDE
Avant que Dieu eût créé le monde, il n’y avait ni hommes, ni animaux ni terre.
ARMAND. Qu’est-ce qu’il y avait donc?
GRAND’MÈRE. Excepté Dieu, il n’y avait rien du tout; c’est ce qu’on appelle le vide ou le néant.
PAUL. Et qu’est-ce qu’on voyait dans ce vide?
GRAND’MÈRE. On ne voyait rien; d’abord parce qu’il n’y avait personne pour voir, et ensuite parce qu’il n’y avait rien à voir.
FRANÇOISE. Ce pauvre bon Dieu! Comme il devait s’ennuyer, sans y voir clair et sans pouvoir parler à personne!
GRAND’MÈRE. Non, chère petite; le bon Dieu ne s’ennuyait pas, parce qu’il était, alors comme à présent, infiniment heureux par lui-même.
ARMAND. Comment pouvait-il être heureux sans jamais s’amuser?
GRAND’MÈRE. Cher petit, tu juges le bon Dieu par toi-même; mais il n’y a aucun rapport entre Dieu et nous qu’il a créés. Il est heureux par lui-même, tandis que nous, nous avons besoin de beaucoup de choses pour être heureux.
JACQUES. Alors, pourquoi Dieu a-t-il créé le monde et les hommes, puisqu’il était si heureux?
GRAND’MÈRE. Ce n’est pas pour se rendre plus heureux qu’il a créé le monde; Dieu nous a créés par pure bonté, pour nous donner une partie de son bonheur.
HENRIETTE. Je ne comprends pas bien cela. Et toi, Louis, comprends-tu?
LOUIS. Non, je ne comprends pas; et aucun de nous ne comprend, j’en suis bien sûr.
JEANNE. Moi, je comprends un peu, je crois.
MARIE-THÉRÈSE. Vraiment? Qu’est-ce que tu comprends?
JEANNE. Je comprends que... que... cela est, parce que c’est impossible que ce soit autrement; tu sais que grand’mère, en nous racontant l’ÉVANGILE, nous a dit qu’il y avait des choses vraies qu’on appelle des MYSTÈRES, que nous ne pouvons pas comprendre. Eh bien! je crois que ce que nous dit grand’mère est un mystère.
VALENTINE. Ce qui veut dite que tu ne comprends pas plus que nous.
JEANNE. C’est vrai, et pourtant je crois.
GRAND’MÈRE. Très-bien, ma petite Jeanne; c’est là ce qu’on appelle la FOI, et la foi est la première de toutes les vertus.
HENRIETTE, LOUIS, JACQUES, ARMAND, PAUL, VALENTINE, PETIT-LOUIS, MARIE-THÉRÈSE, s’écriant. Nous aussi, nous croyons; nous aussi, nous avons la foi comme Jeanne.
GRAND’MÈRE. J’en suis bien sûre, mes bons petits enfants, et vous avez bien raison, car vous aurez beau chercher à comprendre et à expliquer l’éternité, le bonheur éternel et parfait de Dieu et le mystère de la création, vous n’y parviendrez jamais.
Et maintenant que nous savons tous que nous ne comprenons ni Dieu ni la création, voyons si nous comprendrons mieux ce que Dieu a fait et comment il a tout créé.
II
Table des matières
LES SIX JOURS DE LA CRÉATION
(4000 ans avant J.-C.)
Au commencement, Dieu créa le CIEL, avec tous les ESPRITS OU ANGES, qui sont les habitants du ciel, et la TERRE, qui devait être habitée par les êtres matériels que Dieu créa ensuite.
PAUL. Qu’est-ce que c’est, matériels?
GRAND’MÈRE. Matériel, est tout ce qui n’est pas esprit; c’est tout ce qu’on peut voir, ce qu’on peut toucher, ce qu’on peut sentir, ce qui s’use, se décompose, se gâte, c’est-à-dire tout ce qui vit sur la terre, les arbres, les plantes, les animaux, et enfin l’homme, non pas l’âme de l’homme, qui ne meurt jamais, mais son corps, qui est matériel, qui meurt et tombe en pourriture.
La terre était nue et informe; et il y faisait tout noir.
PAUL. Qu’est-ce que c’est, informe?
GRAND’MÈRE. Informe, veut dire qui n’a pas de forme.
Alors Dieu dit: «Que la lumière soit.» Et la lumière fut.
Dieu vit que la lumière était bonne, et il sépara la lumière d’avec les ténèbres. Il donna à la lumière le nom de JOUR, et aux ténèbres le nom de NUIT. Et du soir et du matin ce fut le PREMIER JOUR?
HENRI. Est-ce que c’était un jour de vingt-quatre heures comme les nôtres?
GRAND’MÈRE. On n’en sait rien; il est presque certain que par le mot jour il faut comprendre une époque plus ou moins longue.
Dieu dit ensuite: «Que le firmament soit fait, et qu’il sépare les eaux d’avec les eaux.»
PAUL. Qu’est ce que c’est, le firmament?
GRAND’MÈRE. C’est ce que nous appelons le CIEL.
Et Dieu sépara les eaux qui étaient sous le firmament d’avec celles qui étaient au-dessus. Et cela fut fait.
GASTON. Comment! mais il n’y a d’eau que sur la terre, il n’y en a pas dans le ciel.
GRAND’MÈRE. Il y a de l’eau partout, cher enfant, mais divisée en si petites parcelles que nous ne la voyons pas; il y en a dans l’air; s’il n’y en avait pas, nous ne pourrions pas respirer; il y en a donc dans le ciel. Avant le péché du premier homme, il ne pleuvait jamais, il faisait toujours beau; mais depuis que le péché d’Adam a fait entrer le mal dans le monde, il y a de la pluie; et d’où vient-elle? du ciel, des nuages, qui ne sont pas autre chose que des petites gouttelettes d’eau qui se rencontrent, se réunissent et finissent par devenir trop lourdes pour se soutenir en l’air; alors elles tombent sur la terre, et font la pluie.
Dieu donna au firmament le nom de ciel. Et du soir au matin se fit le SECOND JOUR.
Dieu, voyant que les eaux qui couvraient la terre ne formaient qu’un immense amas de boue, dit encore: «Que les eaux qui sont sur la terre se rassemblent en différents endroits, et que l’élément aride paraisse.» Et cela se fit ainsi.
PETIT-LOUIS. Qu’est-ce que c’est, aride?
GRAND’MÈRE. Aride, veut dire sec, dur. Dieu donna à l’élément aride le nom de TERRE; et il appela MERS et rivières toutes les eaux rassemblées. Et il vit que c’était bon.
ARMAND. Qu’est-ce que c’est, élément?
GRAND’MÈRE. On appelle élément ce qui compose le monde, la terre, l’eau, le feu et l’air, sans lesquels nous ne pourrions pas vivre: sans terre, on ne pourrait avoir rien de solide, qui porte, qui soutienne; sans air, rien ne pourrait vivre, ni les hommes, ni les arbres, ni même les plantes; sans feu, tout périrait par le froid; sans eau, tout mourrait par la sécheresse.
PAUL. Mais, grand’mère, il n’y a pas de feu dehors, et pourtant il n’y fait pas froid.
GRAND’MÈRE. Il n’y a pas de feu visible comme dans nos cheminées; mais il y a le feu du soleil, qui chauffe toute la terre; il y a le feu du milieu, du centre de la terre, dont la chaleur se fait sentir sur le monde entier.
VALENTINE. Comment sait-on qu’il y a du feu dans la terre?
GRAND’MÈRE. On le sait d’abord par les volcans.
GASTON. Qu’est-ce que c’est, les volcans?
GRAND’MÈRE. Les volcans sont de hautes montagnes au haut desquelles il y a un énorme trou comme un puits; et de ce trou, qu’on appelle un cratère, s’élancent presque continuellement des flammes immenses, des pierres brûlantes, du métal fondu...
FRANÇOISE. Qu’est-ce que c’est, du métal?
GRAND’MÈRE. C’est du fer, du cuivre, du plomb, de l’argent, de l’or, etc.
Ce métal fondu s’appelle lave; elle sort du cratère comme une rivière de feu; elle coule le long de la montagne, et elle brûle tout ce qu’elle touche. Une autre preuve du feu qui existe au centre de la terre, ce sont les sources d’eau chaude qui se trouvent dans une multitude de pays.
HENRIETTE. Je n’ai jamais vu cela, grand’mère.
GRAND’MÈRE. Il y a bien des choses que tu n’as pas encore vues, ma chère petite, et qui existent pourtant, mais plusieurs de tes cousins et cousines ont vu des sources d’eaux chaudes. Il y en a de fameuses dans les montagnes des Pyrénées, au midi de la France; il y en a une très-renommée à Carlsbad, en Bohême; elle s’appelle le Sprudel; elle est tellement bouillante qu’on y fait cuire des œufs, de la viande même.
HENRIETTE. En êtes-vous bien sûre, grand’mère?
GRAND’MÈRE. Très-sûre, car j’ai vu de mes propres yeux de pauvres femmes qui faisaient cuire des œufs dans le Sprudel.
ÉLISABETH. Tu as l’air de ne pas croire ce que dit grand’mère; c’est très-mal.
HENRIETTE. Pas du tout; je crois tout ce que dit grand’mère; seulement, j’aime à avoir les preuves qu’elle me donne. Lorsque grand’mère a vu elle-même, je crois bien plus solidement que lorsqu’on lui a dit.
GRAND’MÈRE, riant. Tu as bien raison, chère enfant, de vouloir croire solidement; en croyant solidement, on fait mieux croire aux autres.
Une dernière preuve du feu qui est au centre de la terre, c’est la chaleur toujours croissante qu’on trouve en creusant la terre.
LOUIS. Est-ce qu’on a percé la terre jusqu’à l’autre côté ?
GRAND’MÈRE. Non, ce serait impossible, puisque la terre a environ trois mille deux cents lieues d’épaisseur, c’est-à-dire douze mille huit cents kilomètres; il serait impossible de creuser jusqu’ au milieu.
VALENTINE. Alors, comment sait-on qu’il y a du feu?
GRAND’MÈRE. Parce qu’en creusant des puits pour avoir du charbon ou des métaux, comme le cuivre, l’argent, l’or, etc., à mesure que l’on creuse, la chaleur augmente: dans les mines d’or, d’argent, etc., il y a des puits qui ont jusqu’à un kilomètre (mille mètres) de profondeur; il y fait tellement chaud qu’on ne pourrait creuser plus loin sans étouffer.
Revenons à la Création. Dieu dit encore: «Que la terre produise de l’herbe verte qui ait de la graine, et des arbres fruitiers qui portent des fruits, chacun selon son espèce, et qui renferment leur semence en eux-mêmes pour se reproduire sur la terre.» Et cela se fit ainsi.
PAUL. Pourquoi Dieu veut-il qu’il y ait de la semence et de la graine?
GRAND’MÈRE. Pour multiplier les plantes et les arbres par un mystère que nous ne pouvons pas comprendre: tu sèmes un gland, l’humidité de la terre en fait un chêne; tu sèmes un grain de blé, cette même humidité en fait du blé ; et ainsi de toutes les semences, et par la seule humidité de la terre. Cela nous montre bien clairement qu’il y a des mystères partout; c’est-à-dire des choses que nous ne pouvons pas comprendre, et que nous croyons pourtant, puisque nous les voyons partout et toujours.
Et Dieu vit que cela était bon. Et du soir et du matin se fit le TROISIÈME JOUR.
Dieu dit aussi: «Que le soleil, la lune et les étoiles soient dans le firmament, afin qu’ils séparent le jour d’avec la nuit, et qu’ils servent de signes pour marquer les temps et les saisons, les jours, les mois et les années; qu’ils luisent dans le firmament, et qu’ils éclairent la terre.» Et cela se fit ainsi.
VALENTINE. Grand’mère, comment les étoiles peuvent-elles marquer les temps, les saisons, les années?
GRAND’MÈRE. On compte parmi les étoiles de la création le soleil, la lune et d’autres astres (ou étoiles) que tu connaîtras quand tu seras grande. Mais tu peux déjà comprendre que le soleil, en se levant, commence les jours; qu’en se couchant, il les finit. Tu sais que la lune apparaît nouvelle tous les mois, c’est-à-dire qu’il lui faut un mois pour faire le tour de la terre. Il en est de même pour les étoiles; elles apparaissent régulièrement à certaines heures, à certains temps.
FRANÇOISE. Oh! grand’mère, je ne sais pas tout cela; je voudrais bien savoir.
GRAND’MÈRE. Tu le sauras quand tu seras plus grande, chère enfant, et que tu apprendras ce qu’on appelle l’ASTRONOMIE, c’est-à-dire l’étude des astres ou des étoiles. A présent, il faut me laisser continuer l’histoire de la Création du monde.
Dieu vit que ce qu’il avait fait était bon. Et du soir et du matin se fit le QUATRIÈME JOUR.
Dieu dit encore: «Que les eaux produisent des animaux vivants qui nagent dans l’eau, et que des oiseaux vivants volent sur la terre, sous le firmament.»
Dieu créa donc les poissons et tous les animaux vivants qui vivent dans l’eau et qui volent dans les airs. Il vit que cela était bon. Et il les bénit en disant:
«Croissez et multipliez, que les poissons remplissent les eaux, et que les oiseaux se multiplient sur la terre.»
Et du soir et du matin se fit le CINQUIÈME JOUR.
Dieu dit aussi: «Que la terre produise des animaux vivants, chacun selon son espèce, les animaux, les reptiles et les bêtes sauvages.»
PETIT-LOUIS. Qu’est-ce que c’est, les reptiles?
GRAND’MÈRE. Les reptiles sont les animaux sans pattes, qui rampent sur la terre, comme les serpents, les vers, les limaces, etc.
Et Dieu vit que c’était bon.
GASTON. Quelles sont les bêtes sauvages?
GRAND’MÈRE. Ce sont les bêtes qui vivent dans les forêts, comme les lions, les tigres, les ours, les loups, les renards, etc.
Dieu dit ensuite: «Faisons l’homme à notre image et à notre ressemblance, et qu’il commande aux poissons de la mer, aux oiseaux du ciel, aux bêtes, à toute la terre, et à tous les reptiles qui se meuvent sur la terre.»
Dieu créa donc l’homme à son image: il prit de la terre, la pétrit et en fit un homme; ensuite il souffla dessus, et lui donna par ce souffle la vie et une âme immortelle et intelligente, le rendant ainsi semblable à son Créateur. Dieu appela cet homme ADAM. Il lui présenta les animaux qu’il avait créés pour lui; les arbres, les fruits, et tout ce qui avait été créé. Adam vit tous les animaux vivants; ils étaient deux par deux de chaque espèce, et il leur donna à tous un nom. Mais lui était seul de son espèce.
Le Seigneur envoya à Adam un profond sommeil, et, pendant ce sommeil, Dieu tira d’Adam une de ses côtes, et il en fit une femme.
JEANNE. Pauvre Adam! cela a dû lui faire très-mal.
GRAND’MÈRE. Non, il ne l’a pas senti, puisqu’il ne s’est réveillé que lorsque le Seigneur lui présenta la femme qu’il avait créée pour être sa compagne et son amie. Dieu, qui avait fait le monde de rien, avait certainement la puissance de prendre une côte d’Adam sans le faire souffrir.
MARIE-THÉRÈSE. Mais pourquoi Dieu n’a-t-il pas fait la femme avec de la terre, comme il avait fait pour Adam?
GRAND’MÈRE. Pour montrer l’union intime qui devait exister entre l’homme et la femme.
Dieu les bénit et leur dit: «Croissez et multipliez; remplissez la terre, dont vous serez les maîtres; commandez aux poissons de la mer, aux oiseaux du ciel et à tous les animaux qui vivent sur la terre. Je vous ai donné toutes les herbes, toutes les plantes, tous les arbres et tous les fruits de la terre, pour qu’ils vous servent de nourriture. Et à tous les animaux du monde, à tout ce qui vit sur la terre et dans le ciel, j’ai donné de quoi se nourrir.
VALENTINE. Est-ce qu’Adam pouvait commander même aux bêtes féroces?
GRAND’MÈRE. Oui, mon enfant. Ce n’était pas alors comme maintenant. Depuis le péché, dont je vous parlais tout à l’heure, l’homme a perdu sa puissance; il n’a plus le pouvoir qu’il avait alors.
Dieu vit que toutes les choses qu’il avait faites étaient très-bonnes. Et du soir et du matin se fit le SIXIÈME JOUR.