Kitabı oku: «Comment on construit une maison», sayfa 7
CHAPITRE X
M. PAUL COMMENCE À COMPRENDRE
Malgré les nouvelles de la guerre qui, chaque jour, prenait un caractère plus menaçant, M. de Gandelau tenait à ce que les travaux ne fussent pas interrompus, et les habitants du château trouvaient dans l’exécution des projets dressés par le grand cousin et M. Paul, une distraction utile aux tristes préoccupations qui les assiégeaient.
Le soir, après la lecture du journal qui enregistrait, hélas! désastres sur désastres, chacun demeurait silencieux, les yeux attachés sur le foyer; mais bientôt, faisant un effort de volonté, M. de Gandelau demandait où en était la maison. C’était Paul, en sa qualité d’inspecteur des travaux, qui rendait compte des opérations du jour, et il commençait à s’occuper de cette tâche avec assez d’exactitude et de clarté. Il montrait ses carnets d’attachements qui, grâce aux corrections du grand cousin, n’étaient pas trop mal rédigés, et qui, à l’aide d’un résumé journalier, indiquaient les dépenses faites.
Le sol fouillé avait fourni jusqu’alors assez de matériaux pour qu’il n’eût pas été nécessaire d’en faire venir des carrières voisines. Vers le 15 septembre, on voyait déjà les murs des caves se dessiner dans la fouille, et il était temps de songer aux soubassements extérieurs en élévation et aux voûtes des caves, pour la construction desquelles il fallait des cintres en bois. Le charpentier fut donc invité à faire venir des scieurs de long pour débiter des troncs de peupliers qui, coupés depuis quelque temps, étaient tenus en réserve. La meilleure partie du bois fut sciée en planches minces pour faire de la volige qui serait employée en son temps, et les dosses, c’est-à-dire les parties voisines de l’écorce, furent disposées pour faire les cintres des caves. Comme les plans ne donnaient que deux berceaux dont les arcs fussent différents, les épures furent bientôt faites, et le charpentier prépara ces cintres qu’on mit au levage au moment où les murs des caves atteignaient le niveau des naissances des voûtes. Ces cintres furent taillés conformément à la figure 25, c’est-à-dire composés, chacun, d’un entrait A, d’un poinçon B, de deux arbalétriers C, et de moises D, qui vinrent pincer les courbes formées de dosses de peuplier clouées, comme il est tracé en E, et fixées en G et en H sur le poinçon, au moyen d’une entaille F, et sur l’entrait par une broche de fer. Sur ces cintres portés sur des chevalets K, et espacés l’un de l’autre de 1m,50c, on posa des couchis46, c’est-à-dire des madriers L de 8 centimètres d’épaisseur, pour recevoir les voûtes que l’on fit en tuffeau exploité le long du ru, et auxquelles on donna 20 centimètres d’épaisseur, avec bonne chappe de mortier par-dessus. Il fallut ménager dans les reins de la voûte les pénétrations des soupiraux, travail qui donna beaucoup de mal à Paul, ou plutôt qu’il eut quelque peine à comprendre et à rapporter sur ses attachements; car, pour le père Branchu, il ne parut pas s’inquiéter beaucoup de cette besogne.
Fig. 25.

Le grand cousin avait donné le tracé des soupiraux en même temps que le profil du soubassement de 1m,50c de hauteur au-dessus du sol extérieur.
Fig. 26.

Ce tracé donnait, en coupe A et en plan B, la figure 26. Il fallut que le grand cousin expliquât ce tracé à son inspecteur, qui ne le comprenait pas du premier coup. «La lumière venant du ciel suivant un angle de 45° en moyenne, c’est suivant cet angle qu’il faut éclairer les caves, dit le grand cousin. Le soubassement se composant: d’une assise D à moitié engagée sous le sol, de deux assises franches E F, et d’une assise portant la retraite, nous donnons au mur de cave, portant naissance des berceaux, 0m,90c. Le mur au-dessus du sol intérieur ayant 0m,60c, ce mur donne 0m,30c de chaque côté de l’axe invariable; mais le soubassement ayant 0m,10c de saillie extérieurement, de l’axe au parement extérieur de ce soubassement, il y aura 0m,40c. Intérieurement, le mur descend à plomb jusqu’au sommier qui porte les berceaux. Il faut 0m,20c pour recevoir ceux-ci. Donc, de l’axe au-dessous de la naissance des berceaux, il y aura 0m,50c intérieurement, et 0m,40c extérieurement: total, 0m,90c. L’assise basse se dégageant au-dessus du sol extérieur de 0m,15c, puisque le soubassement doit avoir 1m,50c, il reste au-dessus de ces 0m,15c, 1m,35c; laquelle cote divisée en trois donne pour chaque assise 0m,45c. Je prends l’ouverture du soupirail dans la seconde assise, j’entaille la troisième de 0m,10c par un chanfrein, pour prendre du jour, ainsi que nous l’indique la face extérieure M, et la coupe. Je taille la première assise en retraite à 45°, comme il est tracé en I, en laissant un tableau a de 0m,25c, ainsi que vous le voyez sur le plan. Puis, en arrière de ce tableau, je pose un linteau avec un chanfrein de même, comme il est tracé en O, et j’ai le soin de laisser en b deux feuillures47 de 0m,05c, pour poser des châssis ou grilles si l’on veut. Du fond de ces feuillures, j’ébrase le soupirail, qui n’a que 0m,80c d’ouverture à l’extérieur, jusqu’à 1m,00. Je trace en coupe une ligne inclinée m n 0m,20c au-dessus du linteau O, lesquels 0m,20c seront la flèche de l’arc du voûtain qui pénétrera dans le berceau et dont la courbe en projection horizontale donnera le tracé X. Ainsi, cet arc X recevra la poussée des claveaux du berceau et la reportera sur les deux joues P. Le père Branchu n’aura qu’à tracer cette courbe X sur les couchis des cintres pour former son voûtain.»
Il n’était pas bien certain que Paul saisît parfaitement cette explication répétée plusieurs fois, et il ne la comprit parfaitement que quand il vit le père Branchu maçonner les soupiraux et que ceux-ci apparurent décintrés (fig. 27).
Fig. 27.

«Je vous sauve les difficultés, dit le grand cousin, qui voyait bien que Paul comprenait difficilement la construction des caves, car la structure des voûtes, de leurs pénétrations, est une affaire qui demande d’assez longues études. Nous n’avons fait que des berceaux simples, et vous remarquerez que les portes des caves donnent toutes dans des tympans et non sur des murs recevant des retombées de voûtes. Avec les difficultés, j’évite aussi des dépenses inutiles. Nous poserons de la pierre dure en soubassement, mais vous remarquerez que, sauf dans les angles et pour les soupiraux, elle n’est qu’en revêtement, ne fait pas parpaing, c’est-à-dire ne prend pas toute l’épaisseur du mur. Nous avons d’excellent moellon, qui, avec le bon mortier que nous employons, est plus résistant qu’il n’est nécessaire pour porter deux étages et un comble. En laissant ce moellon former des harpes saillies à l’intérieur, nous les relions mieux aux reins des berceaux (fig. 28), et nous économisons ainsi la pierre de taille. En élévation, au-dessus du soubassement, vous verrez encore comme on peut, quand on veut, épargner la pierre de taille, tout en faisant d’excellentes constructions. Nous trouvons d’ailleurs sur les plateaux environnants, des bancs minces de calcaire, qui se délient régulièrement suivant une hauteur de 0m,15c à 0m,20c et qui sont excellents pour faire du moellon smillé. Nous appelons moellon smillé ou piqué, celui que l’on pose avec parements vus, lits et joints taillés d’une façon quelque peu rustique. Derrière ce moellon parementé qui donne un petit appareil agréable à l’œil, et dont la rusticité contraste avec la pureté de la pierre de taille, on pose du moellon ordinaire. Ainsi obtient-on, dans les contrées où ce moellon se trouve naturellement en carrière, des maçonneries peu dispendieuses. Mais il est puéril de s’amuser à poser du moellon piqué là où la pierre de taille tendre abonde et où il la faut débiter en petits morceaux pour obtenir cette apparence. Vous comprenez que ce n’est pas procéder suivant le sens commun, de s’amuser à couper en petits morceaux de gros blocs de pierre, et que, quand les carrières ne donnent que de ceux-là, il est raisonnable de les employer en raison de leurs dimensions et de conformer la construction à la nature et à la hauteur de ces pierres. Ici, nous avons, quand nous voulons les demander, de gros blocs, mais ils ne sont pas communs. Nous devons donc nous en tenir, autant que possible, à la qualité des matériaux que le sol nous fournit en abondance.»
Fig. 28.

L’égout était fait, les voûtes se fermaient; les descentes de caves étaient posées; le soubassement s’élevait à plus d’un mètre au-dessus du sol. Il fallait songer à l’étude des détails des élévations. Celle sur le jardin n’était projetée qu’en croquis. Paul espérait qu’elle aurait un aspect plus régulier que n’avait celle sur l’entrée. Il en fit l’observation, car M. Paul avait vu dans les environs de Paris quantité de maisons de campagne qui lui semblaient ravissantes, avec leurs quatre poivrières aux angles, leur porche bien au milieu de la façade, et leur crête en zinc sur le faîtage. Il avait trop bonne opinion du savoir du grand cousin pour se permettre de critiquer la façade de la maison de sa sœur, ainsi qu’elle était projetée du côté de l’entrée; mais dans son for intérieur, il eût préféré quelque chose de plus conforme aux lois de la symétrie. Ces baies de toutes formes et dimensions choquaient quelque peu son goût. Lorsque la façade sur le jardin (fig. 29) fut tracée, façade qui, cette fois, présentait un aspect symétrique, Paul déclara en être satisfait, et le soir, la famille étant réunie, il demanda pourquoi la façade du côté de l’entrée ne donnait pas les dispositions symétriques qui le charmaient du côté du jardin. «Parce que, répondit le grand cousin, le plan nous donne, du côté du jardin, des pièces en pendant, dont les dimensions sont pareilles et la destination équivalente, tandis que du côté de l’entrée nous avons, juxtaposés, des services très différents. Vous soulevez là, petit cousin, une grosse question. Deux méthodes sont à suivre… Ou bien vous projetez une boîte architectonique symétrique, dans laquelle vous cherchez, du mieux que vous pouvez, à distribuer les services nécessaires à une habitation… Ou bien vous disposez ces services en plan, suivant leur importance, leur place relative et les rapports à établir entre eux, et vous élevez la boîte en raison de ces services sans vous préoccuper d’obtenir un aspect symétrique. Lorsqu’il s’agit d’élever un monument dont l’aspect extérieur devra conserver une grande unité, il est bon de chercher à satisfaire aux règles de la symétrie et de faire que cet édifice n’ait pas l’air d’avoir été bâti de pièces et de morceaux. Dans une habitation privée, la règle impérieuse est de satisfaire d’abord au besoin de ses habitants et de ne pas faire de dépenses inutiles. Les habitations des anciens, non plus que celles du moyen âge, ne sont symétriques. La symétrie appliquée quand même à l’architecture privée est une invention moderne, une question de vanité, une fausse interprétation des règles suivies aux belles époques de l’art. Les maisons de Pompéi ne sont point symétriques; la maison de campagne, la villa dont Pline nous a laissé une description complète, ne donnait pas un ensemble symétrique. Les châteaux, manoirs et maisons élevés pendant le moyen âge ne sont rien moins que symétriques. Enfin, en Angleterre, en Hollande, en Suède, en Hanovre et dans une bonne partie de l’Allemagne, vous pourrez visiter quantité d’habitations merveilleusement appropriées aux besoins de leurs hôtes, qui sont construites sans souci de la symétrie, mais qui n’en sont pas moins fort commodes et gracieuses d’aspect, par cela même qu’elles indiquent clairement leur destination.

Fig.29—Façade sur le jardin.
«Je sais qu’il est bon nombre de personnes très disposées à souffrir une gêne de chaque jour pour avoir le vain plaisir de montrer au dehors des façades régulières et monumentales; mais je crois que madame votre sœur n’est point de ces personnes-là, et c’est pourquoi je n’ai pas hésité à procéder suivant ce que je crois être la loi du sens commun, lorsque nous avons fait les projets de son habitation. Avec son sourire tranquille et un peu ironique, je la vois me demander:
«Pourquoi donc, cher cousin, m’avez-vous percé dans cette petite pièce une si grande fenêtre? Il faudra en boucher la moitié…» Ou: «Pourquoi ne m’avez-vous pas ouvert une baie de ce côté, où la vue est si jolie?…»
«Si je lui répondais que ç’a été pour satisfaire aux règles de la symétrie, son sourire pourrait bien passer au rire le plus franc et, in petto, peut-être penserait-elle que monsieur son cousin est un sot avec ses lois de symétrie.
–Hélas! dit M. de Gandelau, ils sont trop nombreux dans notre pays ceux qui font avant tout passer les questions de vanité, et c’est bien une des causes de nos malheurs. Paraître est la grosse affaire, et tel petit bourgeois retiré qui se fait bâtir une maison de campagne veut avoir ses tourelles régulièrement disposées aux angles d’un bâtiment symétrique, mais dans lequel il est fort mal logé, et entend-il qu’on appellera cette bâtisse incommode… le château, et sacrifiera-t-il le bien-être intérieur à la satisfaction de montrer au dehors de mauvaises sculptures de plâtre, des ornements de zinc sur les toits et quantité de colifichets que tous les printemps il faudra remettre à neuf. Faites-nous donc, cher cousin, une bonne maison, bien abritée contre le soleil et la pluie, bien sèche en dedans, et où rien ne soit donné à ce luxe de mauvais aloi, mille fois plus offensant encore dans nos campagnes qu’il ne l’est à la ville.»
CHAPITRE XI
LA CONSTRUCTION EN ÉLÉVATION
«Il est entendu que nous élevons nos murs extérieurs en pierre de taille et moellon piqué,» dit le grand cousin pendant qu’on arrasait le rez-de-chaussée. «Nous avons sur le sol une bonne partie des matériaux. Pour les pierres de grand échantillon, nous les ferons venir des carrières du Blanc, qui ne sont qu’à quelques kilomètres d’ici. Nos angles, nos tableaux de portes et de fenêtres, nos bandeaux, corniches, lucarnes et rampants de pignons, seront faits en pierre de taille. Commençons par les angles; voici comment vous allez donner l’appareil au père Branchu, c’est bien simple. En ce pays, on débite les pierres d’échantillon, c’est-à-dire que les carrières les envoient d’après une mesure donnée d’avance, et le prix est d’autant moins élevé par cube que ce débit est plus uniforme et facile. Or, nos murs, dans la hauteur du rez-de-chaussée, ont 0m,60c d’épaisseur: donc (fig. 30), soit A un angle; vous demanderez toutes les pierres pour les élever, du même échantillon, ayant 0m,85c de long sur 0m,60c de large, et une hauteur moyenne de 0m,46c, qui est la hauteur la plus ordinaire des carrières du pays. Et ces pierres d’angles seront posées ainsi que je vous le marque ici, l’une a b c d, l’autre au dessus a e f g, d’où il résultera que chaque pierre formera alternativement d’un côté et de l’autre une harpe48 de 0m,25c. Le moellon smillé ayant une hauteur de banc de 0m,15c environ, nous aurons trois rangs de ce moellon dans la hauteur de chaque assise de pierre, et la construction se montera comme nous l’indique le tracé perspectif B. Entre le socle et le bandeau du premier étage, nous avons 4m,20c; donc neuf assises de pierre, plus les lits, feront la hauteur. Voyons comment nous allons disposer nos tableaux de fenêtres. Il faut songer à placer les persiennes, dont, à la campagne, on ne saurait se passer et qui, développées sur les façades, produisent un fâcheux effet, se détériorent très promptement et sont embarrassantes lorsqu’il s’agit de les fermer ou de les ouvrir, en imposant aux habitants une gymnastique dont on se passerait volontiers. Il faut des ébrasements intérieurs suffisants pour que les croisées n’affleurent pas les murs et laissent un espace entre elles et les rideaux. Nos fenêtres les plus larges ont 1m,26c entre tableaux; nos murs à rez-de-chaussée ont 0m,60c d’épaisseur; nous ne pouvons donc ranger les persiennes dans les tableaux qu’à la condition de diviser chacun de leurs vantaux on deux ou trois feuilles. Seules, les persiennes faites de lames de tôle nous permettront d’obtenir ce résultat, parce que trois lames de tôle repliées sur elles-mêmes n’ont qu’une épaisseur, y compris les vides laissés par le jeu des charnières de 0m,05c.
Fig. 30.

Voici donc, en plan, comment nous tracerons les jambages des fenêtres (fig. 31): le dehors étant en A, nous laisserons un renfort B pour masquer les feuilles de persiennes repliées dans les tableaux de 0m,10c. Nous donnerons 0m,27c pour le logement de ces feuilles en C. Puis viendra le dormant49 de la fenêtre, 0m,06c d’épaisseur; total, 0m,43. Il nous restera encore 0m,17c d’ébrasement à l’intérieur, en D.
Fig. 31.

«Voici en E comment nous appareillerons ces baies: une pierre d’appui d’un seul morceau en F, puis une assise G de 0m,40c à 0m,45c de hauteur faisant harpe dans le moellon; une pierre en délit H, n’ayant que l’épaisseur du tableau; une troisième assise I comme celle G; enfin le linteau. Nous ne donnerons à celui-ci que l’épaisseur du tableau, c’est-à-dire 0m,37c; il nous restera par derrière 0m,23c, juste la place pour bander un arc de briques K (celles-ci ayant 0m,22c et avec le joint 0m,23c). Cet arc portera nos solives, s’il y en a qui doivent s’engager sur les murs de face, et il empêchera la rupture des linteaux. D’ailleurs, nous passerons un chaînage L sous ceux-ci. Je trouve le chaînage plus efficace à ce niveau qu’à la hauteur du plancher. Un chaînage est un nerf de fer qu’on pose dans l’épaisseur des murs pour relier toute la construction et la brider. On n’en place pas toujours dans les maisons que l’on construit aux champs, et on a tort, car c’est une bien faible économie que l’on fait là; et une construction non chaînée est sujette à se lézarder facilement. Mais quand il en sera temps, nous reparlerons de cela. Mettez ces croquis au net, faites-les-moi voir, et nous donnerons ces détails au père Branchu.
Fig. 32 et 32 bis.

«Il est nécessaire aussi que nous sachions comment nous ferons les planchers. À Paris, aujourd’hui, on fait tous les planchers en fer à double T, et, pour des portées de 5 à 6 mètres, on prend du fer de 0m,12c à 0m,14c de section verticale. On hourde ces fers espacés de 0m,70c environ et réunis de mètre en mètre par des entretoises en fer carré de 0m,018, par des remplissages en plâtras50 noyés dans du plâtre; cela est bon assurément, mais nous n’avons ici ni de ces fers que l’on se procure aisément dans les grands centres, ni ce plâtre de Paris dont on abuse peut-être dans la capitale, mais qui n’en est pas moins une excellente matière lorsqu’elle est bien employée, à l’intérieur surtout. Il nous faut faire des planchers en bois. Mais je vous ai dit déjà que les bois qui n’ont pas longtemps été lavés et qui n’ont guère que deux ans de coupe, se pourrissent très rapidement lorsqu’ils sont enfermés, principalement dans leurs portées, c’est-à-dire à leurs extrémités engagées dans les murs. Il faut, pour que nos planchers ne nous donnent pas d’inquiétudes sur leur durée, que nous laissions ces bois apparents et que nous ne les engagions pas dans les murs. Nous adopterons donc le système des lambourdes51 appliquées aux murs, pour recevoir les portées des solives, et, comme nous possédons des bois de brin, nous nous contenterons de les laver à la scie sur deux faces et nous les poserons sur la diagonale ainsi que je vous l’indique ici (fig. 32). Pour des portées de cinq à six mètres qui sont les plus grandes que nous ayons, des bois carrés de 0m,18c seront suffisants. Si nous jugeons qu’ils ne le soient pas, nous poserons une poutre intermédiaire; ce sera à voir. Ces solives posées sur leur diagonale ont d’ailleurs leur maximum de résistance à la flexion. Nous les espacerons d’axe en axe de 0m,50c. Leurs portées reposeront dans les entailles pratiquées dans les lambourdes, ainsi que je le marque en A, et les entrevous52, qui sont les intervalles entre les solives, seront faits en briques posées de plat, hourdées en mortier et enduites. On peut décorer ces plafonds de filets peints qui les rendent légers et agréables à la vue (voir en H et fig. 32 bis). Ces solives, ainsi posées, ne donnent pas des angles rentrants difficiles à tenir propres et entre lesquels les araignées tendent leurs toiles. Un coup de tête de loup nettoie parfaitement ces entrevous.
«Quant aux lambourdes B, appliquées contre le mur, comme vous l’indique la section C, elles seront maintenues en place par des corbelets D espacés de 1m,00 au plus et par des pattes à scellement I pour empêcher le dévers de ces bois. Cela nous tiendra lieu de ces corniches traînées en plâtre, qui ne sont bonnes à rien et que nous ne pourrions faire exécuter convenablement ici, où les bons ouvriers plâtriers font défaut. Quand il faudra supporter des cloisons supérieures, nous poserons une solive exceptionnelle dont je vous trace la section en E composée de deux pièces a et b, avec un fer feuillard entre deux, le tout serré par des boulons d de distance en distance. Ces sortes de solives sont d’une parfaite rigidité.
«Les solives posant sur des lambourdes, nous n’avons pas besoin de nous préoccuper des baies, mais il nous faudra des chevêtres53 au droit des tuyaux de cheminée et sous les âtres, et, pour recevoir ces chevêtres, des solives d’enchevêtrure54. Vous comprenez bien qu’on ne saurait sans danger poser des pièces de bois sous des foyers de cheminée. Alors, on place des deux côtés des montants55 de ces cheminées, à une distance de 0m,30c des âtres, des solives plus fortes qui reçoivent à 0m,80c ou 0m,90c du mur, pour franchir la largeur du foyer, une pièce qu’on appelle chevêtre, dans laquelle viennent s’assembler les solives.
Fig. 33.—Enchevêtrures de planchers.

Comme solives d’enchevêtrure, nous prendrons le type précédemment indiqué en E; nous renforcerons (fig. 33) cette solive à sa portée d’une doublure D portant sur un bon corbeau de pierre. Nous relierons les deux pièces E et D par un étrier56 en fer F, puis nous assemblerons le chevêtre par un tenon H dans la mortaise G. Ce chevêtre recevra, comme les lambourdes, les portées des solives en I. L’espace G K sera le dessous de l’âtre de la cheminée supérieure; il aura 0m,80c de largeur et sera hourdée en brique avec entretoises de fer L. Ces solives d’enchevêtrure E devront être engagées dans le mur de 0m,10c environ pour les raidir et relier la structure, mais dans le voisinage des tuyaux de cheminée nous n’avons pas à craindre les effets de l’humidité sur le bois. En résumé, voici l’aspect de ces solives et chevêtres au-dessous des foyers de cheminée (fig. 34).»
Fig. 34.—Enchevêtrure posée persepective.

Tout cela, il ne faut pas le dissimuler, paraissait quelque peu étrange à Paul, habitué à l’immuable plafond uni et blanc, et qui ne s’était jamais douté que ces surfaces planes puissent masquer une pareille ossature.